‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 4)Chapitre 17 sur 109 · BARLETTE · texte numérisé non relu

BARLETTE

cusez les gens d’avoir dit précisément ce qu'ils ont dit; mais faites-vous une religion de n’en rien ôter, et deny rien ajouter; marquez-leur les conséquences qui en naissent ; mais n'assurez pas qu'ils aient vu ces conséquences, et qu’ils les aient admises : attendez ce qu'ils diront lorsqu'ils auront oui dire qu’elles sortent naturellement et nécessairement de ce qu’ils ont dit.

Je ne saurais me figurer que Barlette ait été assez impudent et assez extravagant pour avoir débité limpudoratam blasphemiam que son censeur lui impute en si beau latin. Il suflit de l’accuser de n'avoir su ce qu'il disait avec sa troisième marque. J’abandonne donc son critique à la colère d’Altamura. (3) Pessimè igitur a Valle clausé falsavit calumniaturus Barlettæ senientiam exscribendo : respondit S'amaritanam cognovisse Christum esse Judæum videndo eum esse circumcisum. Ubi fraudulento silentio præterivit duas priores illius rationes, etc, * On a éte plus exact dans la censure d’un autre sermon, Il s’agit, dans cet autre sermon, de savoir pourquoi le Saint-Esprit différa dix jours sa venue dans le monde. Barlette attribue cela à la peur d’être traité de la manière que le fils de Dieu l’avait été; et il ne fait finir la dispute entre le Père et le Saint-Esprit que par cet expédient. Le Saint-Esprit s’avisa de prendre la forme de vent et de feu, afin de ne courir aucun risque parmi les hommes. Que peut-on dire de plus bas et de plus indigne de la majesté de Dieu ?

(C) Les dominicains se donnent bien de la peine pour justifier ce prédicateur.] Pour commencer par le sermon de la Pentecôte, je remarque qu’Altamura est si éloigné d’avouer qu'il y

(3) Altamura, Biblioth. Ord. Prædic., pag.

* Bayle a ignoré, dit Joly, que Jean Casalas, qui avait répondu au livre de Th. Raynaud, avait essayé avant Altamura de juan Barlette à ce sujet. L'ouvrage de Casalas est intitulé, Candor Lili seu ordo fratrum prædicatorum a calumniis. et contumeliis Petri & Valle clausé vindicalus , et est imprimé à la suite de la réimpression de l'ouvrage de Raynaud ( De immunitale auclorum cyriaeorum à censuré ) , faite a Lyon, 1664, ën-89. « La Monnaie avait, dit Joly, écrit » ces paroles sur un exemplaire que j'ai vu; » Raynaudus et Casalas incpti; Raynaudo ta- » men Casalas ineptior. Hs sont l'an et l’autre » à l'Index. » 1

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