YO ON Ÿ
CA
LA
Voila, monsieur, ce sont les paroles de M. Des Maizeaux, ce que dit Fuller : j'ai mieux aimé le traduire à la lettre, et parler moins bien, que de courre risque de m'écarter de son sens. Il remarque que tous les Anglais écrivent constamment Baro ou Baroe ; et que dans les pièces originales ce docteur signait Baro. D'où l’on pourrait conclure que j'aurais dû le nommer Baro,et non pas Baron; à moins qu’on ne dise qu’il latinisait son nom quand il signait Baro , et que
les Anglais l’ont nommé selon la ter- :
minaison latine. Ce qu’il y a de certain est qu’en France le nom de famille Baron est incomparablement plus en usage que celui de Baro , qui ny est pas pourtant inconnu, témoin le continuateur de l’Astrée (4).
(B) Voici Les titres de quelques ouvrages de Baron. ] Prœælectiones XXXIX in Jonam , imprimées à Londres en 1570; S'umma trium Sententiarum de Prædestinatione; De Preœstantié et Dignitate divinæ Legis.
(4) Voyez l'Hist, de l'Académie française, pag. 321.
BARON (Vincewr), en latin Baronius , religieux de l’ordre de saint Dominique, s’est fait estimer dans le XVII. siecle par plusieurs livres qu'il a publiés.
Il à eu pour antagoniste le fameux Théophile Raynaud; et je ne sais si l’envie de se battre contre un athlète si renommé ne lui
.a point fait prendre pour des ou-
vrages de ce jésuite ce qui ne l’était pas. Il a reconnu quelquefois qu’il s'était trompé dans ses conjectures sur ce chapitre. Les ouvrages du père Baron , qui sont venus à ma connaissance , sont un livre de la Justification contre la doctrine des Calvinistes *, une T'héologie Morale,
* Le père Baron n'a composé aucun livre sur la justification contre les calvinistes, dit Leclerc qui renvoie au Scriptores ordinis Predicatorum du père Echard , où l’on men-
tionne cependant l’hérésie convaincue où la théologie des luthériens et des calpinistes,
BARON
LRO tu divisée en trois parties (A), e une Apologie de son Ordre (B).
Il a choisi dans la théologie morale les principales matières qui sont en dispute entre les dominicains et les jésuites. Il a été un prédicateur assez célebre.
Voici un mémoire que j'ai recouvré depuis la première édition de cet ouvrage (a). «. Le
père Vincent Baron naquit à » Martres * , au diocèse de » Rieux, en Gascogne. Il fit » profession dans l’ordre des fre- » res prêcheurs à Toulouse , » l’an 1622. Il enseigna la théo- » Jogie plusieurs années avec ap- » plaudissement dans le cou-
» vént de la même ville, et il
» y fut prieur. Il le fut aussi à » Avignon, et au Noviciat gé— » néral du faubourg Saint-Ger- » main à Paris. Il fut défini- » teur pour sa province au cha- » pitre général tenu l’année » 1656, où il présida aux the— » ses dédiées au pape Alexandre » VIT, qui lui acquirent l’es- » time de toute la ville et de » tout l’ordre. Il se trouva à
:» lassemblée où le pape fit dire
» de sa part aux définiteurs et » aux peres du chapitre, qu'il » avait un sensible déplaisir de » voir lamorale chrétienne dans » l’effroyable relâchement où » quelques nouveaux casuistes » l'avaient réduite, et qu'il les » exhortait à en composer une » autre qui füt conforme à la » doctrine de saint Thomas. Ce » fut ce qui engagea le père Ba- » ron à travailler aux ouvrages réduite à quatre principes et réfutée, etc, 1668, in-12. v (a) Par le moyen de M. Pinsson des
Riolles. fi 2 * Ge fut, dit Leclerc, le 17 mai 1604. .
» rendirent témoignage à son » mérite par un acte public. Il » revint à Paris, au Noviciat gé- » néral, et y mourut le 21 de » janvier 1674, âgé de soixante » et dix ans. Outre plusieurs » Poésies latines, qu'il a lais- » sées comme des échantillons » de sa capacité dans les belles- » lettres , ila fait imprimer les » ouvrages que l’on verra ci-des- » sous (C). » Vous trouverez un assage qui lui est fort honorable dans l’Apologie historique des censures de Louvain et de Douai (b). La congrégation dé l'indice ne lui a pas été favorable (D).
(b) Publiée l’an 1688, par M. Géry, bachelier en théologie : ce passage est à la page 243.
, (A) IL fit une Théologie Morale, divisée en trois parties. | La première est destinée contre le dogme de la probabilité , adversus laxiores probabilistas (1). Il y réfute Caramuel, qui avait écrit quatre lettres contre la dissertation que M. Fagnano , doyen des prélats de Rome , avait-insérée dans ses Commentaires sur le droit canon.
M. Fagnano soutient fortement qu’on ne doit jamais préférer l'opinion qu’on croit moins probable à celle qu'on croit plus probable. Caramuel le réfuta , et fut réfuté par notre Vincent Baron. Le père Théophile Raynaud fut réfuté dans le même ouvrage, à Pégard d’un sentiment de Suarès condamné par Clément VII. Suarès avait
soutenu qu'on peut se confesser par … lettres : le père Théophile imagina des expédiens pour défendre son con-
k NE Voyez le Journal des Savans du 8 mars 2686, pag 194.
at. HU
frère contre la censure du pape, et
ce fut contre ces expédiens que le pére Baron prit la plume. Il attaqua en même temps les Jansénistes, vu qu’il soutint à Wendrokius qu'il se rencontre des cas , quoique très-rares, où il peut Y avoir une ignorance invincible, aussi bien contre le droit naturel que contre le droit positif (2), Il attaque dans la seconde partie Amadæus Guimenius, et ne se contente pas de soutenir que les opinions re»
lâchées qu'on impute aux dominicains ne sont pas leurs véritables sentimens ; il montre aussi ce qu'il
faut juger de ces opinions. Il recon-
naît dans sa préface l'erreur où il a été en composant son ouvrage : il avait cru qu'Amadæus Guimenius n’était qu’un faux nom que le père Théophile s'était donné (3). Dans la troisième partie, il traite de la liberté et de la science moyenne, et il soutient que la prescience de Dieu n’a point d’autre fondement que ses décrets, et que cette prescience établit la liberté de la créature, bien loin de la détruire (4). Il ne faut point prendre cela pour un paradoxe ; car qui parlerait autrement ne suivrait point la définition de la liberté que l’on doit donner dans le système de la prédétermination physique. C’est en vertu des différentes idées de la liberté que l’on peut faire durer le com:
bat, et donner tellement le change, qu’un lecteur ne s’apercoit pas quand sa cause ne va pas bien.
(B).....et une Apologie de son ordre. ] Cet ouvrage est en latin, tout comme le précédent; il sert de réponse à la cruelle invective du père Théophile Raynaud , intitulée de 1mmunitate Cyriacorum à Censuris, et à celui qui avait prétendu montrer que de tous les ouvrages qu’on attribue à Thomas d'Aquin, c’est beaucoup si la dixième partie est véritablement de lui. Le père Baron entre aussi en lice avec M. de Launoi , qui a soutenu que plusieurs passages des pères , rapportés dans un traité de Thomas d’Aquin contre les Grecs, sont supposés.
Ce dominicain ne se contente pas de
(2) La même, pag. 198.
(3) Journal des Savans du 12 avril 1666, pag. 36: ù +4 L
(4) Journal des Savaus du 21 juir 1666, pag. 257.
FR
l'apologie de son ordre, il en fait »tem la __» Cette seconde édition fut faite à Pa -
aussi le panégyrique (5).
(C) Zl a fait imprimer les ouvrages que l’on verra ci-dessous.] Ce que je vais copier esb contenu mot à mot dans le Mémoire d’où j'ai tiré l’addition de cet article. « Theologia Mo- » ralis, à Paris, en 1665, en deux » volumes in-8°. ; Primus tomus éjus- » dem correctus, editio secunda, 1667, »in-8°.; Libri Apologetici contra » Theophilum Rainaudum , à Paris, » en 1666, en deux volumes in-69. ; » Mens sancii Augustini et Thomæ de Gratid et Libertate, en 1666, » in-8°. ; EthicaChristiana, à Paris, en 1666, en deux volumes in-8°. ; Responsio ad Librum Cardeneæ , là même , in-80. ; L’Hérésie convaincue, à Paris, en 1668, in-12. ; Panégyriques des Saints, 1à même, en 1660 , in-4°. Le livre intitulé Ethices Christianæ septemdecim loci, composé contre un certain Matthieu Moya, qui avait pris le nom d’Amadée , fut censuré à Rome par les intrigues du cardinal Nitard, qui s’y trouva offensé ; et le maître du sacré palais Capisucchi, > qui l’avait approuvé, fut déposé, et le père Hyacinthe Libelli, depuis archevêque d'Avignon, mis en sa place. Capisucchi a été de- » puis rétabli, et ensuite fait car- » dinal. »
Je ne trouve point dans cette liste des ouvrages du père Baron, lExercitatio, que M. de Launoïi réfute avec une aigreur incroyable , dans l’une de ses lettres (la XIVe. de la Ve. partie.) Voyez la remarque (P) de l’article de (Jean de) Lauror, au commencement.
Deux ou trois mois après que j’eus recu cé Mémoire, on m’envoya ce qui suit « Apologia pro sacrà congrega- » tione indicis , ejusque secretario, » et Dominicanis , contra Petri à » Valle clausâ libellum famosum in- » scriptum de Îmmunitate Æuthorum Cyriacorum à Censurd. Romæ typis. -..,M. nc. Lx, in-4°. Adver- » tat lector præter innumera errata »ex prælo passim sensum et stylum » auctorum mutantia, addita non- » nulla necessaria sermone simplici, » et multa adjecta convitia : has au-
(5) Journal des Savans du 7 mars 3667, PAL. 92
» deux volumes,
LATE tem labes tollet secnnda editio.
» ris DT , l'an 1666, en
» vres. La première, faite à Rome, » à l’instance du cardinal Capisucchi,
» alors maître du sacré palais qui l’ap-
» es , fut cause de la déposition » du même Capisucchi de sa charge » par Alexandre VIF, grand ami des » Jésuites. Elle fut aussi mise dans » l'indice le 28 de février 1664. »
(D) La congrégation de l'indice ne lui a pas été favorable, | Voici un extrait de son décret du 27 de septembre 1672. Duo primi tomi operum Fr. Vinceniii Baronii, inscripti Theo-
logiæ Moralis samma bipartita, pro-
hibentur : tertius verd præfati auctoris suspenditur , donec corrigatur : ulse VE” Ds E , timi autem duo tomi ejusdem aucloris , Scilicet quartus et quintus , quinque libros apologeticos continentes parier prohibentur (6). Voyez la fin de la remarque précédente.
(6) Foyez le pèré Papebroch, Respous. ad exhibit. Errorum , pag. 287.
BARONTI (LÉonorA), dame italienne, l’une des plus belles voix du monde , a fleuri dans le XVII°. siècle. Elle était fille de la belle Anrrana , Mantouane , et se fit admirer de telle sorte, qu'une infinité de beaux esprits firent des vers à sa louange. On a un volume d’excellentes pieces latines , grecques , françaises , italiennes et espagnoles, imprimé à Rome sous le titre d’Applausti Poetici alle glorie della Signora Leonora Baroni (A). Ceux qui voudront savoir en détail les perfections de son chant, n’auront qu’à lire ce qu’en dit un connaisseur qui l’avait ouie chanter (B).
C’est de lui que j’emprunte ce qu'on vient de line. Le
(A) On a un volume de pièces à sa louange , sous de titre d’Applausi Poëtici alle glorie della Signora Leonora
Baroni. ] Nicius Erythréus a parlé de |
cet ouvrage lorsqu'il a dit: Lesi e5o,
ivisée en cinq li-.
in Theatro Éleonoræ Baronc , cantri- | cis eximiæ , in quo omnes hic Rome , quotiquot ingenio et poeticæ facullatis laude præstant , carminibus , tum etruscè tum latinè scripüs, singulari ac propè divino mulieris illius canendi artificio tanquam faustos quosdam clamores et plausus edunt : legi,
inquam , unum Lælii (Guïdiccioni )
Æpigramma, gans, etc. (1).
(B) IT faut lire ce qu’en dit un connaisseur qui l'avait ouïe chanter. ] « Elle est douée d’un bel esprit : elle » a le jugement fort bon pour dis- » cerner la mauvaise d’avec la bonne » musique ; elle l'entend parfaitement » bien, voire même elle y compose, » ce qui fait qu’elle possède absolu- » ment ce qu’elle chante , et qu’elle » prononce et exprime parfaitement »-bien le sens des paroles. Elle ne se » pique pas d’être belle; mais elle » n’est pas désagréable ni coquette.
» Elle chante avec une pudeur assurée , avec une généreuse modestie, et avec une douce gravité. Sa voix » est d’une haute étendue , juste, sonore, harmonieuse; l’adoucissant et » la renforcant sans peine, et sans » faire aucune grimace. $es élans et » ses soupirs ne sont point lascifs , ses » regards n’ont rien d’impudique , et » ses gestes sont de la bienséance » d’une honnèête fille. En passant d’un » ton en l’autre , elle fait quelquefois » sentir les divisions des genres eu- » harmonique et chromatique, avec » tant d'adresse et d'agrément , qu’il » n’y a personne qui ne soit ravi » à cette belle et difficile méthode » de chanter. Elle n’a pas besoin de » mendier l’aide d’un tuorbe , ou » d’une viole , sans l’un desquels son » chant serait imparfait ; car elle- » même touche les deux instrumens » parfaitement. Enfin j'ai eu le bien » de l'entendre chanter plusieurs fois » plus de trente airs différens , avec » des seconds et troisièmes couplets, » qu’elle composait elle-même. Il faut » que je vous dise qu’un jour elle » me fit une grâce particuliére de » chanter avec sa mère et sa sœur, sa » mère touchant la lyre, sa sœur la » harpe, et elle le tuorbe. Ce con- » cert, composé de trois belles voix,
ia purum, ta ele-
10) Nicius Erythræus, Pinacoth. IT, pag, 129.
LA
AR EME »et"de trois instrumens différens,