‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 4)Chapitre 26 sur 109 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

présent , pour servir de supplément à Josephe, s’imprime actuellement à Roterdam , en cinq volumes in-12 *,

Son frère puiné , Henri Basnace, sieur de Beauval (4), était recu avocat au parlement de Normandie ,ety marchait sur les traces de son pére ; mais les troubles de religion ont été cause qu'il a mieux aimé se réfugier en Hollande , que de suivre cette route si glorieuse selon le monde. Il était encore fort jeune lorsqu'il publia un petit traité sur la Tolérance des religions , dans lequel on vit régner beaucoup de vivacité et de délicatesse. Îl s’est acquis et il s’acquiert.

tous les jours par toute l’Europe une réputation immortelle, en publiant l’Aistoire des ouvrages des Sarans.

Les démélés qu’il eut avec M. Jurieu le détournèrent souvent de cet ouvrage, et produisirent de part et.

d’autre divers écrits fort vifs et fort piquans. $a révision du Dictionnaire de Furetière, auquel il fit des additions et des corrections considérables, et auquel il ajoute une infinité d'exemples tirés des meilleurs écrivains français, est un ouvrage d’une très-grande utilité. Il le retouche encore actuellement.

Quoique ces messieurs soient pleins de vie, il a fallu nécessairement par-, ler d'eux, afin d'empêcher qu’on ne continue de les prendre les uns pour les autres, comme on l’a déjà fait dans quelques livres. Voyez la remarque (C) de l’article précédent , et ce passage de la Bibliothéque universelle : on ÿ montre que l’auteur de l'Histoire des Journaux ne connaît pas bien messieurs Basnage. « On a déjà » dit que cet ouvrage (5) est néces- » saire ; mais il faut ajouter qu’il le » serait beaucoup plus, si celui qui » l’a fait avait été mieux informé, » puisqu'il a commis diverses fau- » tes qui empêchent qu’on ne puisse » faire fond sur ce qu’il écrit, à

( *) [ L'auteur en donna une seconde édition, augmentée en 1716, imprimée à la Haye en quiuze volumes. Il avait déja publié a Rotterdam, en r711, un volume intitulé Héstôtre des Juifs, réclamee et rétablie par son véritable auteur, M. Basnage , contre l'édiuion tronquée de M. Dupin, faitea Paris en 1710. Add. de l’édit. d’Amsterd.]

(4) IL est né a Rouen, l'an 1656, le 7 d'août.

15) C’est-a-dire M. Chrisuam Junckeri Dres- Jensis Schediasma bistoricum de Éphemeridibus seu Diariis eruditorum,.

TI

» moins qu'on ne les corrige. En » parlant, par exemple, de l'Aistoire » des Ouvrages des Savans, qu’on » sait être de M. de Beauval, avocat, » il dit que c’est un ministre français » réfugié qui en est l’auteur ; et que, » si on lit dans le titre par M. B*T, » docteur en droit, ce n’est qu’afin » de se mieux cacher : que ce mi- » nistre , qui est l’auteur de cet ou- » vrage, est le même qui a écrit con- » tre M. de Meaux , et contre Baro- » nius; confondant ainsi {rois per- » sonnes fort diflérentes. IL est vrai » qu'il semble qu’on doive lui passer » cet article ; il est assez rare de voir » une seule famille si féconde en au- » teurs célèbres : il faut en être bien » instruit pour ne s’y pas tromper » (6). » Cette réflexion est ingénieuse et judicieuse tout ensemble.

(6) Bibliothèque universelle, tom. XXII,

pag. 427, 428.

BASTA (Nicoras), Épirote de mation, a été un bon officier de cavalerie au service des Espa-

nols dans les Pays-Bas, où le duc d’Albe l’avait amené l’an 1667 (a). 11 se signala à la défaite de la Noue, devant Engelmunster, en 1580o(b). Le duc de Parme lui rendit un temoignage fort glorieux (A) quatre ans après, en l’envoyant au secours de lélecteur de Cologne. Son pére, nommé Démétrius, avait porté les armes quarante ans durant, au service de la maison d’Autriche (c). Il était sans doute parent de George Basta(B) ; ce qui doit diminuer l’envie qu’on aura peut-être de censurer cet article.

Lorsqu'un homme est digne d’avoir place dans un dictionnaire, il ouvre en quelque façon la porte à ceuxde sa parenté. Ce qui soit dit une fois pour toutes.

(a) Strada , de Bello belg., dec. T, lib, VI. (6) Idem, dec. IT, lib. I.

(co) Idem, ib., Lib. VIT, ad ann, 1585.

BASTA

(A) Le duc de Parme lui rendit ur témoignage fort glorieux. | Le voici :

Hunc (Blasium Capisuccum ) et Vicolaum Bastam veterem Epirotarum equitum ductorem Coloniam mittens Alexander, Coloniensibus rescripserat, delectos à se fuisse strenuos adeo gnarosque militiæ viros ut horum consilia , si occasio se daret, tuto ipse sequi paratus esset (1).

(B) 11 était sans doute parent de George Basta. | Quelques-uns disent qu'il était son frère (2), et remarquent que quatre célèbres historiens (3) ont donné à Nicolas une action glorieuse de George : c’est le seconrs jeté dans Æ Féère, l’an 1596. Bouteroue Ma point fait cette faute : il donne fort bien le nom de George à celui qui fit cette action (4). I y a peu de guerriers qui soient capables de consentir à ces sortes de transports de gloire : l'amitié fraternelle va rarement jusque -là. L’anonyme, qui a publié l'Histoire de l’archiduc Albert, l'an 1693, donne le nom de Nicolas Basti à celui qui fit entrer un convoi de vivres dans la Fère.

(:) Strad., de Bello belg. , decad. IT, lib. P,

(2) Ang. Galluccius, de Bello helgico , Lib.

PTIT

(3) Campara, Davila, de Thou, Bussières.

(4) Rudolph. Botereius, Commentar. de Reb, in Gallià gestis, Lib. TIT, pag. 272.

BAST À (Gronce), fameux général d'armée, au commencement du XVII‘. siècle, était originaire de l’Épire (a); mais il naquit dans un village nommé la Rocca, pres de Tarente. Il commandait un régiment de cavalerie épirote, ou albanaise, quand le duc de Parme prit possession du gouvernement des Pays-Bas, l’an 1570, et il se perfectionna extrêmement au metier des armes dans l’école d’un aussi grand capitaine que l'était ce duc qui, ayant bientôt reconnu le mérite de George Basta, le fit comnuissaire général de la

(a) Strada, de Bello belg., decad. IT, Lib.

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