‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 4)Chapitre 30 sur 109 · Foyez aussi pag · texte numérisé non relu

Foyez aussi pag

(45) Epist, LXXXVI, centur. Te, pag. 28e

rent cette pièce de poésie, Penè mihi stetit exilio hæc editionis festinatæ temerilas, nisi Sanior pars inspeclo carmine me omni culp liberdsset (46).

Une infinité d’autres gens auraient prononcé qu'on ne pouvait louer ce marquis sans être traître à l’état, et pensionnaire de la cour d’Espagne.

Pravo et sinistro ingenio nati sunt qui crimen et pene perduellionis scelus putant, siquis assurgere audeat in laudem hostis. Tales multos alit hæc ætas , et quidem inter eos sunt qui sedent ad clavum reip.sub quorum maxillis edendum (43). Is eussent cru, du moins extérieurement, que quiconque ne parle pas selon leurs passions et selon leurs préjugés, est nécessairement un traître : et voilà ce que c’est que de ne pas considérer que la raison a diverses faces, et qu’elle ne se présente pas du même côté à toutes sortes d’esprits. Il y avait même des raisons particulières pour Baudius : il était bon poëte ; il lui venait des pensées sur tous les sujets remarquables ; l’arvivée du marquis de Spinola en Hollande était un sujet de cette nature :

il était donc très-possible que Baudius ne fit des vers sur ce marquis que pour exercer sa muse sur une belle matière sans aucune mauvaise intention contre l’état. Non- seulement cela était très-possible , mais même très-vraisemblable. D'ailleurs l'espérance de quelques pistoles, en récompense de quelques vers, est fort compatible avec une âme bien intentionnée pour la patrie. Le mal qu’on pouvait dire de lui, c’est qu'il n’avait pas la passion du temps, c’est-à-dire , un tour d'esprit à s’emporter, à s’effaroucher à la seule ouie du mot Espagnol. Il conservait son sang-froid : il souhaitait le bien public tranquillement, sans passion, par raison seulement.

Ægo tamen si lentum hoc negotium

sperato pacis eventu concludetur, ut

ex intimis sensibus voveo , non dubi-

tabo virum ( marchionem Spinolam ) affari, et quidquid hujus est muneris meque omnem ipsi offerre, salvo jure patriæ libertatis (48). Or, le public a besoin de toute autre chose, et d’une haine machinale et aveugle. Les dis-

(46) Epist. LXXXVI, centur, IT, pag. 288.

(47) Tbidem. Voyez aussi la lettre XCV de ta TIC. centur., pag. 302.

(4$) Tbidem.

BAUDIUS.

cours qui nourrissent cette passion sont pour le moins la petite oie des maximes d'état, arcanorum imperii.

(H) C'était une gréle réciproque et un bombardement alternatif entre l’académie de Leyde et le collége d’Anvers,] Voyez le livre intitulé : 7’æ victis, Lusus rhetorum Ædvaticorum adversus Leydenses eructationes, muñerario Godefrido Wrancken. C'est le véritable nom d’un jésuite dont Alegambe fait mention (49); cependant il attribue le V’æ victis au jésuite Maximilien Habbeque (50). Il fut imprimé lan 1609. On y fait mention d’un écrit que je n’ai point vu , que les jésuites d'Anvers avaient publié l'année précédente contre un certain Schlaflius. On ferait une longue liste, si l’on cotait tous les écrits imprimés en ce temps-là au Pays-Bas espagnol, contre les professeurs de Leyde, et dans la Hollande contre les jésuites. Baudius était un de ceux que les jésuites attaquaient de la manière la plus sanglante. Il est horriblement déchiré dans le /’æ victis, Scribanius l’accommoda d’une étrange sorte , l'an 1607, dans son Dominici Baudii Gnome , Commentario. illustratæ. Baudius ne nijait point qu’il n’eût écrit avec trop d’emportement contre les jésuites , et il témoignait du chagrin de lavoir fait : il espérait même que les personnes équitables ne prendraient pas à la rigueur ce qu'il avait accordé aux licences poétiques : Utinam rebus integris, c’est ce qu’il écrit à Swertius (51), te monitore et consiliario essem usus ! Liber noster si non melior, saltem securior et lætioribus auspiciis extsset in lucem. Multaque nimis licenter effusa , vel privatis laribus inclusissem ne temerè erumperent , vel, quod iutissimæ cautionis genus est, tardipedi deo commisissem. [Nune post culpam admissam serid ringor , verüm haud gravatè veniam impetraturus confido apud elegantioris notæ Judices et benignos rerum æstimatores, qui non abrepti præjudicio aut partium studiis , in causæ cognitione diligenter expendent , quantum publicis legibus ac moribus licenti& poëtarum concedatur.… Ænte omnia et vellem ,

(49) Bibliothec. societ. Jes,, pag. 162.

(50) Tbidem, pag. 337.

(51) Voyez la lettre LXXXVI de la II®°, centur., pag, 286, 287.

BAUDIUS.

et fuerat melius, non tetigisse unctos.

IVec. prudentissimo consilio factum esse confiteor , quod tela strinxerim in universam WSotericorum sodalitatem.

Sunt enim ex iis multi, quos ob doctrinam et virtutis ac probitatis indolem revereor atque observo. Dans une autre lettre , où il avoue que son style a été strop emporté , il espère que l’emportement dont on use contre lui l’excusera auprès des personnes équitables.« Je viens de lire, continue- » t-il, un livre fait contre moi, qui » est tout tissu de mensonges ridicu- > les , quoique le titre ne semblât » promettre que la plume d’un bon » ami (52). » Serid pœnitet quædam nimiæ acerbitatis foras erupisse, quæ domi continuisse , et vellem et fuerat melius..….. Verlm ut rem natam intelligo , non erit mihi sollicité causa dicenda apud æquos judices. Ipsa enim adyersariorum procacitas et convitia sine more effusa largam materiam mihi præbent non tantum: ad sperandam absolutionem , sed ad consequendam laudem moderationis ac modesuüiæ. Vidi enim et evoloi hesterné die à capite ad calcem librum in me conjectum , etc.

(53). Plusieurs raisons montrent que le livre qu’il venait de lire est le Commentaire in Gnomas (54). Or ce Commentaire est un ouvrage de Scribavius (55) : cependant Baudius le donne sans balancer à Rosweide , et avec tant de persuasion , qu’il déclare que rien ne saurait lui ôter cette croyance :

car , dit-il , {es autres livres de ce jésuile et celui-ci se ressemblent comme deux gouttes d’eau: méme génie, méme humeur , méme style, méme caractère.

Concluez de läen passant ; que les plus grands clercs se trompent au jugement de ces sortes de conformités, et aux conséquences qu’ils en infèrent par rapport à l'attribution des livres.

IVon possum demoveri ab ed sentenlid quin existimem ac prorsüs persuasum habeam , editorem hujus preæclari fœtüs esse patrem Heribertum Rosweidum. IVam non ovum ovo , nec aqua è puteo tam similis est aquæ,

(52) II dit la même chose pag. 276 touchant le Commentar. in Gnomas.

(53) Baudius, epist. LXXV , centur. IT, pag.

260, datée du 10 de novembre 1607,

(54) Voyez touchant ce livre, et par occasion touchant Baudius, le Journal chronologique de St.-Romuald, au 17 de juin.

55) Voyez Alegambe, pag. 72.

quam Liber iste refert nobis indolem , genium , et characterem aliorum librorum qui ab eodem paire sunt expositz (56), Ce qu'il y a de remarquable, c’est qué Baudius, qui craignait de voir dans le Commentaire sur ses Gnomes les infirmités Gont il se sentait coupable , eut , à ce qu'il dit, la consolation de n’y trouver que des faussetés notoires à tous ceux qui le connaissaient. Ÿ’erebar ne curiosus alienarum papularum observator, ea mihi ex vero objiceret quæ serid conscientiam remorderent , et diligentius vivendi necessitatem imponerent. ÎVunc queæ de me inclementer dicit , pleraque talia sunt ut risum non bilem moveant iis qui me nôrunt , nec ad alios judices provocandum habeo , quäm qui oculis et sensu communi nondestituuntur (57). Pour l'ordinaire, c’est le défaut des satiriques ; ils ne dépensent pas assez en espions : ils imputent des crimes qu’on peut réfuter, et n’imputent point ce qui est incontestable.

Au reste , Baudius désavoue l’auteur allemand , qui avait fait son apologie en chaire contre le commentateur des Gnomes. Quidam parasitaster parvulus è Germanid huc adveniens , me mulitum reclamante, impetravit a senatu nostro academico , ut sibi liceret publicè pro med dignitate scilicet adversus illum declamare. Ac ne quid ad sumimam sinisteritatis deesset, aut ut caput unctius referret , eliam orationem illam in vulgus edendam curavit. Testari possum ex animi sententi& , mihi factum istud vehementer displicuisse. Satius enim erat me desert ab omni patrocinio, quüm à tam infirmo tibicine causam nostram sustentari (58). J'ai encore à dire que les emportemens , dont Baudius témoigne le plus de repentir , sont ceux qui concernent les princes et les têtes couronnées. Îl ne fit pas même quartier au roi de France , qui était allié de la république. Sed horrifica dictu sunt quæ in Lojolitas , in editorem Amphitheatri , in impurissimum Schoppium stringimus, Aique utinam hoc fine sese cohibuisset styli nostri procacitas. $ed in Pontificem , in Philippos, in Ar-

(56) Baudius, epist. LXXV, centur. TI, page 270. d

(57) Zdem, epistola LXXXVI, centur. LE, pag. 288.

(58) Zbidem.

chiduces , in partium duces evomit vtrus acerbilatis suæ, nec parcit ipsi Liligero regi (59).

(1) ZZ se maria pour le moins deux fois. ] 11 parle de la mort de sa femme dans une lettre du 10 de mars 1610 (60) ; etiléctit le 21 de février 1613 qu'il s’est remarié. Opinor jam te ex amd audiisse me choro maritorum iterüm esse adseriptum (61). Je n’ai pas eu le temps de consulter toutes ses léttres page pour page : ainsi je ne saurais bien répondre s’il fait mention du temps où il épousa sa première femme , ni s’il dit qu'il ait eu des enfans, où non ; mais je sais bien que cette femme en avait eu d’un autre mari : car Baudius fait mention d’an fils et d’une fille de sa femme (62), et il se plaint même de la mauvaise économie de cette fille (63). Le gendre , que Théophile donne à ce professeur (64) , pourrait bien être le mari de cette mauvaise ménagère.

Peut-être aussi que, par un défaut d'attention, Théophile appela gendre celui qui n’était que privignus.

L'auteur du V’&æ victis remarque que Baudius n'avait point d’enfans.

Natura quamvis liberos neget tibi,

Effoœie BurDi, nec tibi Baunr, tua Similes parentis Hecuba filios creet (65).

(K) Le vin et les femmes ont été les deux écueils sur lesquels sa réputation a fait naufrage. | Comme cette remarque sera un peu longue , jy ferai des alinéa.

1. Sur le premier chef , il ne niait point la dette : voyez trois beaux passages sur ce sujet à la tête de ses lettres, tirés de ses propres lettres. Je ne rapporte que le premier et le second : Concurrant omnes, dit-il (66), non dicam ut ille Satyricus, augures , haruspices, sed quidquid est ubique

(59) Baudius , epist. LVIIT, centur. IIT, pag. 406.

(60) C’est la XIVe. de la III. centur.

(61) Baudius, epist. ITT, centur. IF,

(62) Idem, epist. VIIL, centur. IV, pag.

486, et alibi. : UT + Tdem, epistola XXIT, centur. III, pag.

(64) Voyez ci-dessus la fin de la remarque (4) de l'articie de (J.-L. Guez de) Barzac.

(65) Zn Epicitharismate, pag. 13.

(66) Baudius, in epistolâ quédam ad Curatores Academiæ. C'est la XXXIIIe. de la IIT°.

centur. dans l'édition de 1650 : Le passage est pag. 361.

BAUDIUS,

hominum curiosorum , qui in aliorum acta tam seduld inquirunt , ut ea fingant quæ nunquam fuerunt , nihil inveniet quo in nobis carpere possit livor , quam quod interdum , ad exentplum prisci Catonis, liberalius invitari nos patimur , nec semper consistimus intra sobrielatem veterum Sabinorum. Huic quoque peecatulo indies moderariconamur , et pulchrè procedit.

Il exprime plus galamment cela au second passage : Malignitas obtrectatorumunihil aliud in nobis sugillare potest quam quod nimis commodus sim convivator , et interdum largius adspergor flore Liberi Patris (67). Puisqu’il confesse son péché , on n’a que faire de produire contre lui le témotgnage de Scriverius , qui suppose que Charon ayant mis au choix de Baudius, ou de demeurer dans l’autre monde , ou de retourner en celui-ci, à condition de boire de l’eau, et de reprendre sa première femme, Baudius choisit le premier parti (68).

Voici déjà quelque chose qui concerne le second chef: Scriverius n’eût point fait une telle sapposition , si Baudius eût été en bon ménage avec sa premire femme.

I. Jamais homme n’eut moins de besoin que lui de consolation , quand il la perdit. Son bon ami Heinsius ne put s'empêcher d’en faire des plaisanteries en vers et en prose, qu’il lui adressa : il écrivit à Grotius sur la même chose ; il lui dit que notre siécle ne cédait point à celui qui avait vu un Xénophon continuer le sacrifice , nonobstant la nouvelle de la mort d’un fils; ni à celui qui avait vu Q. Martius aller de lenterrement de son fils au sénat. « Baudius , lui » dit-il, s’est enivre le jour qu'il a » enterré sa femme : il n’a rien laissé » à faire aux consolateurs ; il s'était » dit efficacement avant leur venue » tout ce qu’ils auraient pu imaginer.

» Le vide qui est dans sa bourse lui » pèse infiniment plus que le vide » que son lit vient de souffrir. Je lui » ai fait toucher quelque argent : cela » lui a récréé tous les esprits ; car au » lieu de cet air sombre, et de ces » yeux fichés en ‘terre , qu’on lui

sr Idem, epist. XNVI, centur. III, pag.

(68) Foyez le livre intitulé Dominici Baudi Amores, pag, 34. ;

BAUDIUS.

» voyait, tout comme si sa femme » eût vécu encore: au lieu, dis-je, » de ce grand abattement, je l'ai vu » passer tout d’un coup à une espèce » de gaieté ». Baudius noster eo ipso quo uxorem extulit die vinum gustare voluit..…. omnia solatia quæ exulceratis adhiberi mentibus solent ipse occupavit. ÎVihil amicis in luctu reliquit quod vel imputare illi possent..…. Stabat antex demisso vultu ac tristi, uxorem ejus vivere adhuc credidisses (69). fix spes melior affulsit, respirare cœpit , et constanter multa de fragilitate vitæ disputare : nemo funus esse in ædibus existimdsset (70). Toutes ces pièces d’Heinsius sont divertissantes. Mais cette stoicité n’est pas le plus grand sujet de blâme pour Baudius, par rapport au sexe. Nous allons voir de plus fâcheux incidens.

Dès qu’il fut entré en France, ül s'arrêta si long-temps à Caen , que le bruit courut qu'il ne pouvait se séparer d’une femelle qu’il y aimait. Von posse me hinc à mulierculd divelli quam impotenti amore depeream (71).

Îl le nia, et dit que les risques qu’il aurait courus dans le voyage avaient été cause d’un si long séjour. I dit aussi que malgré les oppositions des professeurs, 1l aurait pu enfin enseigner le droit à Caen , s’il ne se fût engagé d’ailleurs. Il donne une trèsmauvaise idée de cette université, quant à la faculté de droit. Timuerunt sibi juridici professores ne ego...

eos de imperitiæ possessione dejicerem... Præses de quo retuli verbis acribus homines istos castigavit eosque assimilavit draconi Hesperidum hortorum. Tenes quorsum. Quid multa ?

Jfrementibus miseris istis leguleis par- ‘tim odio religionis , partim conscientié inscitic suæ perfectum est ut qui Leidæ gradum accepissent , legitimè promoti viderentur (52).

Scriverius a cru que Lipse parlait de Baudius, lorsqu'il écrivait à Barclai, l’an 1599: Seribit ad me, queritur, sed parum apertè, etulcus aliquod sermonum eû veste legi equidem odoror. Si leve curatu, parkm est : sin

(69) Tbidem, pag. 12 et

(70) Thidem.

(7x) Baud.epist. XVI, centur. I, pag. 36.

(52) Tbidem, epistola XXIIT, centur. Ie, pag. 45. Voyez aussi son poëme in tres Juris Perversores, là même, pag. 35.

cape

pravum aliquod et dvciarovy ( insanabi-

le) doleo caussé præclari ingenii quod sese ( ah temerè, ah stultë in bara-

thrum et præceps dedit. Quisilligatum

te triformi Pegasus expediet Chimeræ ?

Sed meliora opto (73). Cela sent un

homme embarqué ou embourbé dans quelque mauvaise galanterie, .

Afin de finir par l'endroit le plus

vilain, j’anticiperai sur l’ordre du temps, et je dirai ici qu’il avait fait des promesses de mariage qu’il n’avait pas tenues. Quand il se vit veuf, et pressé par sa misère et par son tempérament de chercher une autre femme , il chargea deux de ses amis de Vinformer en quel état étaient les biens de cette ancienne maîtresse, et leur déclara que pourvu qu’elle fût riche il était tout prêt à l’épouser préférablement à une autre. !l ne doutait point qu'il n’en fût encore aimé.

Veteribus amoribus meis ex animo volo, nec ullam præoptaverim, si ad cæteras dotes accedat etiam copiosus imber qui olim per impluvium influxié in sinum Danaes..….. IVisi molestum est , velim aliquid temporis impartiare disquisitioni, quo loco res ejus sitæ sint. am quin vivat nostrt memor, et non immunis amorum , nullus dubito (74). La réponse qu’on lui fit fut une preuve qu'il avait eu trop bonne opinion de lui-même : la dame déclara qu’elle n’aimait point les grands buveurs. Baudins comprit de reste ce que cela voulait dire , et trouva dans ce refus un soulagement de conscience ; car il se faisait un scrupule de w’avoir pas tenu sa promesse , et il se voyait alors dégagé, puisqu'on ne voulait point de lui. Z1si sincero af- Jectu nympham illam prosequor , 1amen magis liberandeæ fidei religione , et veterum repromissionum ultro citroque stipulatarum memori& adductus sum , ut consortium ejus ambire non dedignarer , quam formæ lenocinio, vel divitiarum conditione.… (75).

Gaudeo me bon4 cum nymphæ ejus gratid liberatum esse nexu veteris promissi, nai dITAEUpOU UVAAALYUATOS , cujus adhuc me nonnulla incessebat

(73) Woyez cement.

(74) Baudius, epist. XXII, centur. III, pag.

345, datée du 1°*. de juin 1610.

“a Idem , epist. XXVI, centur. IIT, page 49:

Amores Baudi, au commen-

184 BAUDIUS.

superstitio (56). Remarquez bien que tous ces scrupules de conscience ne Vempêéchaient pas de mettre une condition au dessein d’exécuter sa promesse. Cette condition était que son ancienne maîtresse fût riche (77) ; car autrement il déclarait qu'il ne

Pépouserait point : et pour adoucir ce qui pouvait être de trop dur dans

cette résolution , il ajoutait qu’en ce-

la il ne considérait que l’intérét de

cette femme ; « car , disait-il, ne se- » rait-ce pas un grand inconvénient » pour elle si nous faisions des enfans » qui n'auraient à espérer de nous » d'autre succession que la misère et » la faim ? » Tu vero me tacente satis intelligis quam parum ex usu utriusque foret, TÔy Ayuoy ai Thy Teviav (78) , infelici contubernio invicem sociart, Quocirca nisi tam benë fundatum sit patrimonium amicæ, quam unicè diligo , ut sine notabili incommodo nostris difficultatibus mederi queat , in rem communem est ut aliud mihi subsidium prospiciam. Quod ne in eam partem velit interpretari, quusi quidquam detrimenti ceperit amor tlle pristinus, quo juvenculam formé et œtate florentem sum complexus, 1estor ex amini sententid me hoc ejus causé facere, ne liberos educemus in spem egestatis atque esuritionis (79).

Il jeta ses vues ailleurs, savoir, sur une certaine Sophie , en qui il ne trouvait rien de bon que les richesses.

Elle avait un père très-brutal, dont il reçut mille duretés ; et il fut un temps qu’elle secondait son père , et qu'elle se plaignait d’avoir été enlevée. Apparemment elle avait fait une promenade de quelques jours avec Baudius ; car c'était alors une des galanteries du pays. Baudius trouvait cette plainte fort ridicule, et trèspropre à flétrir l’honneur de Sophie ; et il disait par allusion au procès que Fimbria fit à Scévola, qu'elle ne se devait plaindre que de ce que le poignard n’avait pas été enfoncé jusqu’au bout. JVihil habet quod de nobis queratur, nisi fortè velit eam intentare accusationem quam adversùs Scævo-

(76) Baudius, epist. XXVI, cent, IIT , pag.

Ie on Elle était alors veuve.

(98) C'est-à-dire, famem et sitim, la faim et Ta soif.

2,079) Baudius, epist. XXIV , cent. III, pag.

dam... quod scilicet nôn totum telure corpore recéperit ( 8o ). Sophie se radoucit, et parut désapprouver les brutalités de son père. Baudius, ravi de cela, ne parlait que de mariage, quoiqu'il connût bien que cette mattresse n'avait nul mérite, mais seulement une bonne dot. Le dernier obstacle fut enfin levé: c'était la promesse de mariage que Baudius avait faite à une servante prostituée , qui le sommait en justice de lui tenir sa parole (81), et je crois qu'après cela le mariage avec Sophie s’accomplit.

Voici quelques passages qui prouvent les mauvaises qualités de cette femme, et la brutalité de son père. Hesternd die graviter apud reciorem questus sum de... Renovavi etiam veteres of- Jensas quod me in causé desipientis Sophiæ allocutus esset tanquam vitæ iratum , et candidatum patibuli. Sed S'ophiam istam suis moribus ulciscendam permitio, si quidem rata habet quæ barbarus parens in me rusticè et inciviliter designavit : nam contrarit rumores ad me deferuntur. Nonnulli dicunt tam honorificè et amicè de nobis loqui : quod si ita est, rectè et ordine facere ipsam arbitror, nai yày Toyé Awioy sin, et lunc paratus sunt omnium præteritorum memoriam fideli amnestid ex animo delere | nai pu pvnsinauei. Vin talia flagitia probat , nunquüm eam sermone fuero dignatus. Sunt enim qui dicant me ab ipsé proscindi tam cruentis conviliis, quasi crimen sit quod vivam (82). Voilà un homme assez débonnaire : il avait déjà marqué qu’on pouvait l’apaiser facilement. Reversus domum,… optata omnia comperi de med Sophiä, quæ me absente ancillam lecti et arcanorum sociam misit ad patrem scitatum .…. super nostré majestate, an durius accepissem plenam familiaritatis repulsam, et an fera bestia factus essem. amissé voluntate revertendi. Ego verd oculum mihi exsculpi malim, quäm pati ut tam optima conditio elabatur à manibus (83). Cette débonnai-

(80) Idem, epist. ad Grotium, in Baudi Amoribus,pag. 85.

(81) Voyez la XCHII°. lettre de La TIT®, centur., pag. 465, et la XVIII. de la IP®., pag. 496. .

(82) Epist. XCIX, ceniur. IFI, pag. 472, datée du 2 juillet x612.

(83) Baudius, epist. XCIL, centur. III, pag.

463, datée du 30 mars 1612.

… BAUDIUS.

relé seraît moins honteuse sans la misére où Baudius se trouvait réduit , et sans les grands biens de sa Sophie.

Voici des paroles qui se trouvent à la page 95 du Dominici Baudii Amores, et dans la l"e. lettre dela 1V°.centurie, page 479. Cette lettre fut écrite le 21 de juillet 1612. Plerique putant hanc labem non alid conditione deletum iri, quam si insulsum pecus uxorem duxero, cui præter Sophiæ nomen nihil adest humani cordis. An ideù pereundum erat Pompeio magno, si Lucullus non esset luxuriosus ? Ego invitam cogere non possum ut velit esse conjux invicti Jovis, et tanti non est ut velilli, vel furioso parenti supplicem. Dos tamen non esset adspernanda, nisi marita foret, et posset absque muliebri capite contingere. Postquäm +. Teversus fuerit, persuasu amicorum decrelum est mihi jacere novissimam aleam , et exquirere an mecum lege fidelis nai àdorov duvnseiacs paeisci velit, Paraius sum ex animi sententi& conceptis verbis jurare ph pavnor= xaxsiy : dum et ipsa levitatis culpam agnoscat , et parentis furias non approbet. Si tergiversabitur , relinquam illam ulciscendam suis moribus, et aliam consortem invenero quæ meliùs intelliget suam felicitatem. Quelques Jours auparavant, il avait eu plus de cœur. Îl avait bonne opinion de luimême : il dit dans la même lettre qu’il n’est pas si épuisé qu’il ne puisse trouver une femme de mérite, encore qu’il ait été assez fou pour rechercher long-tempsuneimpertinente Xantippe. Von aded exarui ex amoribus et humoribus , ut bona mea sapienti fœminæ venditare non possim , eliamsi tam insipienter circa S'ophiam deliraverim ut mihi Socratica fides objecta sit (8%). Il voulait faire une dernière tentative, mais il souhaitait presque d’être encore refusé, tant cette sotte créature et son brutal de père lui déplaisaient. Heri mihi Heinsius noster adfuit, et rogatu meo adductus , partim su& sponte incitatus, rècepit in se munus colloquendi serio cum Festo Hommio rep} rüs Zogiac. Îs tenet clavum imperii, et patris animum habet in su& manu. Sed summé cum æquitate exspecto quemlibet eventum, et propè est ut malim re-

(84) Tbidem, pag, 480.

pulsam , ita me iædet et contumeliarum parenlis , et insulsorum filiæ morum, quæ præter nomen non possidet micam salis (85),

Nous voici à la plus honteuse scène.

Baudius entretint assez long - temps une concubine. C'était une servante qui servait de plastron à quantité d’ecoliers, et qui se sentant grosse jeta le paquet sur la tête du seul Baudius.

Elle soutint même qu’il lui avait fait une promesse de mariage, et lajourna devant les juges, pour le faire condamner à lui tenir sa parole. Cette affaire fut scandaleuse et risible en méme temps : il faudrait connaître peu le public pour ignorer qu’elle fit plus rire qu’elle ne causa de scandale. Les supérieurs de Baudius ne purent pas dissimuler, ni s'empêcher de le flétrir en le suspendant de sa charge. Les railleries où il se voyait exposé l’obligèrent à faire un voyage à Gand. /nter alias causas quæ me moverunt ut in viam me darem hæc fuit non infima, ut prudenti absenti& subterducerem me ab importunis conjugit disparis congratulationibus , quibus quotidie aures meæ circumsonabantur (86).

Il paraissait douter que cette servante fût grosse ; mais il craignait qu'elle ne jurât en accouchant qu’il était le père du poupon : c’est pour cela qu’il suppliait ses amis de faire en sorte qu’une carogne comme celle-là ne fût point reçue à faire serment ; et il offrait de faire de son bon gré ce que les lois de l'humanité demandent , c’est-à-dire, d’avoir soin de la créature qui naïîtrait , mais il lui était dur d’y être contraint. Periculum enim est in mord, nam propingua partitudo appétit, siquidem paritura est, nam permulti dubitant num sit gravida, quod si est,

Sublimi feriam sidera vertice.

Cuperem inseri mandato, non esse élli scorto publicè diffamatissimo de- Jerendum jusjurandum tempore partionis , nec habendam fidem in designando parente tam multorum capulum ,

Cum suis vivat valeatque mœchis,

Quos simul complexa tenet trecenios.

(85) Epist. ultima, cent. TIT, pag. 475, 496 datée du 11 juillet 16x2. re s

(86) Epist. XC, centur. III, pag: 462, datée de Gand le 4 décembre 1611,

106 BAUDIUS. …

Ego nihilominus sponte me& incitatus faciam quod officium humanitatis

injungit. Sed cogi Baudium non de- ©

cet, non oportet, à tam prostituii pudoris scorto (87). En tout cas, il aimait mieux nourrir l'enfant d'autrui que d'abandonner une créature humaine ; et il se consolait par la raison

que ce serait une preuve de sa vi-

gueur masculine, et que cela ne nuivrait point à l'avenir à Sophie, sa future femme, qui serait un champ à la culture duquel il réserverait désormais toutes ses forces. Ut ut res cadet, nihil mihi evenire potest tristius aut deterius quam quod animo preæcepi, et mecum antè peregi. IVempè Juturum , ut perjurio caput alliget , et üroGomuaæioy obtrudat heroi Baudio. Quid tum postea ? Malo agnoscere alienum, quam fœtum humanum non ali. Testimonio erit me marem esse , et viri munia posse fungi. INihil indè abradetur in posterum meæ Sophie, cujus arvo familiari reservabitur Quidquid in arte meà possum promittere curæ (88).

Îl écrivait cela le 29 mars 1612, lorsqu'on disait que la servante était préte d’accoucher : Fertur esse y odévn , sed nullus credo , licet illi plurima manet lacryma. S'unt enim quibus non potesl persuaderi eam esse gravidam , et ego quidlibet credo posse cadere Jalsimoniæ , fraudis, et malitiæ in tam profligatam , perditam, atque in- Lestabilem foœminam. Il ne niait point qu'il n’eût promis mariage à cette servante ; mais il prétendait qu'une vilaine créature comme celle-là ne méritait point d’être comprise sous le bénéfice des lois : il ne croyait pas qu’on fût obligé de garder la foi à cette espèce d’hérétiques; et il se souvenait de lavoir lu jee le code : et comme il ne pouvait point citer l’endroit, il supplia Grotius de faire citer cette loi par son avocat , afin que ce fût un coup de foudre qui fit cesser les poursuites de sa putain. Et parce qu'il n’y avait que les prétentions de cette servante qui empêchassent la maîtresse de Baudius de donner les mains au contrat de mariage, il priait instamment son ami de se hâ-

(87) Epist. XCIIL, centur. TITI , pag. 465,

datée du 28 mars 1612.

(88) Epist. XCII, centur. III, pag. 464.

ter. Domum reversus audivi nuncium perquam optabilem de meis amoribus.

mnia eveniunt ex animi sententid , nec quidquam deest ad votorum summam, nisi ut eximam scrupulum de pollicitatione matrimonii cum exoleto isto propudio, labe et tabe meæ famæ et existimationis. Hanc tu pestem ac perniciem si amolitus fueris pro dignilate muneris quo fungeris, et pro auctorilate qud merito vales plurimium, solidiorem captes gloriam, quam

++... Diram qui contudit hydram, Notaque fatili portenta labore subesit.

Tam viles personæ | tam diobolares victimæ publicarum libidinum , non sunt dignæ observatione legum , ut memini aliquando legere in corpore juris, sed locus non occurrit memoriæ.

uæso te ut hisce lüteris perlectis continuo cures accersendum advocatum vander W'erven, qui legem horrendi carminis dictet, cujus obnunciatione fulminari possit fatalis illa Jundi nostri calamitas. Hoc ego bene- Jficium tanti faciam, ut nemini plus invité simunquam debiturus. Sed matures oro , nam amanti, et animO Cupienti nihil satis festinatur (89). Voilà ce qu’il écrivait le 28 de mars. Il n’était pas hors d’affaire au mois de juin :

la servante espérait toujours d’être épousée, ou de gré ou de force; et Baudius n’osait se produire devant sa maîtresse, pendant le procès de la concubine. Hoc nisi fundamentum præstruatur, non sinil Oups dyñvæp ut via affectem ad meam divam quæ non intelligit sua bona : nec ideè tamen ‘emovebor ab amandi proposito , quandiù spes aliqua superérit expugnandi ferreum istud pectus (90). Hi voulait faire une transaction avec celle-ci , et il pria Grotius de la dresser : il espérait que la créature , intimidée par des menaces, signerait cette transaction. 4 tuo discessu nec patrem Tüs drogov Zodias allocutus sum , nec me comveniendum curavit Mercurii mater, nisi quod audio eam adhuc pascere ebriosas , futiles, et furiosas spes de matrimonio :

. .. sed prius Appulis Jungehtur capreæ lupis.

(89) Baudius , epist. XCIIT , centur. TITI, pag. 465, datée du 28 mars 1612.

(go) Epist. XCVI , centur. TITI, pag. 468,

datée l'onzième juin 1652,

BAUDIUS.

Quid mihi auctor es ut faciam ? Exspectem litis eventum ? Hoc spissum est amanti , cujus animo nihil satis festinatur. Quanquam hisce nugis jam longum valedixi, sallem inducias pepigi. Cuperemi ad me mitti per hunc ipsum nuncium formulam transactionis, quam ipse concepisti. Sperome effecturum injecto metu majoris malilatis ut cupide subsignet, et voluniariam condemnationem subeat (1 ). L'affaire était encore indécise au mois de juillet suivant (92), et Baudius trouvait fort étrange qu’on ne chassât pas hors du pays cette coquine.

Tot justiiæ Antistites unicam male- Jficam Circen quæ meos sensus venenavit amoliri non possunt, saltem ut Leidam contagione sud et ædes meas noxid vicinitate non infestet (93). Il crut qu'on Jui laissait cette voisine afin que l’indignité de tant d’affronts le portât à se retirer. Video hoc agi ut contumeliis haud tolerandis àyñvopr fvu® adigar ad dispiciendam pedum viam , et quærendam haud inglorii atque inopis exilii sedem (04). Enfin , il termina cette affaire, non pas par une sentence de juges, maïs par voie d’accommodement , le 10 d’octobre 1612. 11 donna le moins qu’il put, redemi me captum quäm potui minimo (95) ; après quoi il ne tarda guère à se marier. Îl écrivit à Pierre Rubens (06) qu'il était fort content de sa femme : je ne sais point s’il changea de sentiment ; mais, quoi qu'il en soit, ce mariage ne fut pas de longue durée. Baudius mourut le 22 d’août 1613, réduit à un misérable état par un délire. Delrio ac vigiliis continuis miserè atirilus , omnique tandem robore exutus (97). Ses meilleurs amis se moquerent de ses folies d'amour.

L’un d’eux le propose pour exemple à tous les imncontinens, et les exhorte à se réfréner par les remèdes les plus austères ; plutôt que de lâcher la gi à leurs convoitises comme Bauius :

(ox) Zbidem. À

(92) Voyez la lettre XCIX de la IIIe.

centur., pag. 473, et la I'e. de la TV. centur.,

(03) Epist. I, centur. IV,

(04) Zbidem.

(95) Epist. XVIII, centur. IF.

(96) C’est la IIS. lettre de la IV, centur.

pag. 482, datée du 21 de février 1613,

(97) Zn Vità ejus,

Quisquis &s, exemplo tanii moveare marili ; Parce libidinibus , luxuriose , tuis.

Addita sit potins lascivo fibula membro, Ut vindicta tuamitranseat ista domum (98).

Voyez le recueil intitulé Baudii Amores, publié par Scriverius, l’an 1638.

Vous y verrez, à la page 77, un Cen- 10 Virgilianus de Daniel Heinsius ad Dominicum Baudium, qui postquäm ignarus cum ancillé, cum qué lum alit, tum plurini scholastici consuerant, aliquandiu congressus esset, s0lus præter expectationem prole ab e& est donatus.

Plusieurs, sans doute, diront qu'il eût mieux valu indiquer en marge où l’on peut trouver les choses, que de citer tant de passages de cet auteur ; mais plusieurs autres seront bien aises qu’on leur épargne la fatigue de chercher. C’est pour l’amour des paresseux, dont le nombre n’a jamais été aussi grand qu’il l’est dans ce siècle, que J'ai pris la peine de ramasser ce bouquet de plusieurs passages de Baudius. Hs sont imprimés en différens caractères: qui ne voudra pas les lire connaîtra facilement ce qu'il doit sauter. On aurait tort de se plaindre que je trouble le repos des morts ; car je ne dis rien que les amis de Baudius n'aient publié, et que d’autres auteurs m’aient appris au public en divers temps. Voyez Spizelius (99), qui cite un livre que j'aurais bien voulu consulter : il fut imprimé lan 1675 (100).

(L) Il ne faut pas croire... tout ce que le satirique Scioppius en a publié. | Il en dit trop pour mériter d’être cru : le maquerellage le plus infâme et la magie sont les exploits qu’il lui attribue. On ne peut honnétement mettre en français son latin.

Voici donc l'original : Baudius, Parisiis, ubi multis annis in concubinatu summd cum infamid, el velut quadruplatoris filium decebat, vixit, non tantum magiæ deditis, incantatoribus, et sortilegis ædes suas aperuit, et concubinæ suæ filiolam ad peragenda nefaria sacra commodavit , dcæmoniumque de thesauris reconditis ,

8) Scriverius, in Epitaphio Baudii, pag.

35 Ne À on. sup ha (99) Theoph. Spizelius, in Infelice Litterato , pag. 11 (100) Sous ce titre, Specimen Bibliosophistarum Gedanensium , editum à Schelgvigio.

imprimisque de Petronio utrüm is alicubi integer exstaret, consuluit; sed etiam amicis quibusdam majorem quondam ingenit divinitatem præferentibus ejusdem concubinæ filium, puerum non inelegantem turpissimus deno prostituit , ut cum postea tumentibus pueri mariscis scelus propalatum iri metueret, quomins eum veneno contubernales tollerent , minimè impedivit, actumque jam de misello puero Juerat , nisi unius contubernalium acumine expediti fuissent, aniculd , quæ morbo mederi sciret , inventé, Hœc nequaquam à me fingi, neminem pauld humaniorum Parisiis ignorare puto (101), Mais si ces choses étaient si conaues à Paris, d’où vient que le premier président donne Baudius à son fils, pour secrétaire dans une ambassade ? Scioppius inventa cela, ou l’apprit par des contes mal fondés, et le divulgua pour se venger des injures que Baudius lui avait dites, dès avant même que le Scaliger Hypobolimæus eût paru (102).

: (M) Z{ crut que les disputes de l’arminianisme feraient changer le gouvernement ; il s’est trompé. | Il faut l'entendre lui-même : il déclare que si la conscience et la religion ne l’eussent retenu , il serait allé ailleurs depuis long-temps, et que les violentes disputes des théologiens, et plusieurs autres desordres, fui faisaient craindre que l’ouvrage de la réformation ne devint dangereusement malade, IVisi me in his locis conscientiæ scrupulus , et religionis vinculum attineret, jampridem caplum esset augurium de migrando , nec Leida spes meas includeret. Quanquam non pessimè mecum agitur. Sed nec ea nostrt ratio habetur , quam oportuit. Theologorum etiam nostrorum dissidentes sententiæ , et virulentæ concertationes, odia fratrum quæ ne morte quidem finiuntur , aliaque nostræ militic flagitia, penè efficiunt ut et illud superbum nomen reformatæ religionis, et ipsa causa incipiat mihi esse dubiæ sanitatis.…... Præsagit mihi animus imminere his provinciis fatalem rerum commulationem, et ex intestinis vitiis rediturum aliquando veteris imperit desiderium. Suspectus sum

(101) Amphotides Schioppianæ, pag. 166.

(102) Forez la LXXIX®. Lettre de Baudius de La TI. centur., pag. 276,

Page 1