‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 4)Chapitre 32 sur 109 · cela’ se trouve aussi dans la 1°. Rép · texte numérisé non relu

cela’ se trouve aussi dans la 1°. Rép

de Baud. à Calvin, folio B 5.

(e) Ex Papyr. Massone, Elog., parte IT, pag..256 , 257.

(f) C’est ainsi qu’il faut dire, el non pas Furingiam, comme a fait Valère André.

tourner à cette université, il s'arrêta à Strasbourg, et y fit des lecons de jurisprudence un an durant. Ensuite il alla à Heidelberg , et y fut professeur en droit et en histoire, pres de cinq ans, jusqu'à ce qu'il fut attiré par Antoine de Bourbon, roi de Navarre (C), qui le fit précepteur de son bâtard. Il mena son disciple à Trente; et ayant appris qu'Antoine était mort d’une blessure reçue au siége de Rouen, il revint en France avec son élève, et trouva ses biens et ses livres dissipés (gr).

Il retourna en son pays où il était attiré pour enseigner la jurisprudence dans l’académnie de Douai (D). On lui promettait de grands avantages; et 1l fut recu tres-civilement par le duc d’Albe, la veille du jour qu’on emprisonna le comte d'Egmont :

mais comme il craignit d’être choisi l’un des juges des personnes qu’on voulait faire mourir, il demanda un congé de quelques jours , sous prétexte d’aller chercher son épouse, et faire transporter sa bibliothèque; et , quand il leut obtenu, 1l s’en retourna à Paris et s’y arrêta. Il y fit des leçons publiques sur quelques endroits des Pandectes avec l’applaudissement d’une foule d’auditeurs (A). Il accepta la chaire de jurisprudence , qui lui fut offerte par l’académie de Besançon ; mais ayant appris , à son arrivée, que l’empereur Maximilien avait défendu à cette académie Vlérection de cette chaire, il ne voulut point faire

(g) Ex Valerio Andreä, Bibliot, belg., pag. 221 , 222.

(k) Voyez la remarque (K).

de leçons , quoiqu’on len solboitât. Il retourna à Paris , et prêta l'oreille à Philippe de Hurault (2), qui lui conseilla de faire fleurir la jurisprudence dans l’académie d’ Angers. Il le fit pres de quatre ans, et jusqu’à ce que le duc d’ Akon, proclamé roi de Pologne, le fit venir à Paris , au temps que l’on y reçut Hatbdiside polonaise (k) (E). Il fut destiné à la profession en jurisprudence dans l'académie de Cracovie (L); et l’on croit qu’il aurait suivi en ce pays-là le nouveau roi, si la mort ne l’eût prévenu. Il mourut entre Îles bras de sa fille unique (EF), dans le collége d’Arras à Paris, le 2À d’octobre 1973 (7) (G). Voilà à quoi se réduit ce que Papyre Masson, Valere André, Aubert le TES Bullart, et plusieurs autres racontent de lui. C’est une chose bien étrange, qu'ils aient si hardiment supprimé tout ce qui concerne ses changemens de religion (n). À peine peut-on recueillir de leur narré qu'il ait vécu une fois dans la communion protestante. M. Moréri, ou par eg | où par dissimulation , a omis ces mêmes fautes. En récompense, il s’est étendussur la querelle de Calvin et de Baudouin. Elle fut tresrude (H) : Beze y entra avec un peu trop d’aigreur, au jugement même de plusieurs personnes de son parti q ). On ne saurait nier qu'il n’y eût beaucoup d’inconstance ; et beaucoup de bizarre-

(i) Chancelier du duc d’Anjou.

(4) Tiré de Papyre Masson , Elog, , part.

IT, pag. 256 et segq.

(à Thuan., Historiæ, Lib. LPII, p. 47.

(m) Papyr. Masso, Elog ., parti, p: 207.

(x) Voyez la rema ‘que (A),

BAUDOUIN

rie dans la tête de Baudouin. Il était, à l'égard des académies, ce que sont en fait de maîtresses certaines gens, qui courent de belle en belle, et les mers d’amour de rivage en rivage. 11 y a bien de l’apparence que lorsqu'il vi— vait à Bourges dans la communion romaine, il avait plus d'affection pour les protestans , que lorsqu'il communiait avec eux dans Heidelberg. On peut soupçonner aussi qu'il n’était content, ni du papisme , ni du Calvin ni du than el et quil eût voulu les refondre, et peut-être bien d’autres sectes ensemble > Pour en faire une nouvelle. Ce qu'il y a de certain est qu’il se méla de la réunion des religions (0). On ne peut nier d'autre côté qu'il n’eüût de fort

beaux ialens, une science tresétendue , une mémoire admirable (p), et une éloquence d’autant plus persuasive qu'il était bien fait de sa personne (g), et que sa voix avait de la force et des agrémens (r). Ne croyons donc pas qu'il ii ait de l’hyperbole dans ce qu’on a dit de son auditoire (K). Il mangeait et buvait peu , et il travaillait beaucoup (s). Il n’approuvait point le supplice des hérétiques (£) et il fit de grands reproches à Calvin à l’occasion de Servet (u).

(o) Voyez les remarques (C) , (D) et (M).

(p) Papyr. Masso, Élogior, part. IT, pag. 261.

(g) Staturé fuit justä, formä eximiä, et per omnes ætalis Pie venustä. Idem, 1bidem.

(r) Vocem canoram , firmissima latera, wt docens, Periclis instar ,Julminare videretur. Masso, Elogior. parte II, pag. 261.

(s) Fini cibique parcissimus...… nunquâm otiosus. Idem , ibid.

(t) Foyez la. remar. que (D).

(u) Foyez sa XI°. Apologie contre Calvin.

BAUDOUIN

11 n’a pas été collègue de Cujas, ‘comme quelques-uns l’assurent (L). Je dirai quelque chose de ses écrits, et du plagiat dont on l’accusa (M). Notez que Théodore de Bèze raconte qu'il mourut, ou à la poursuite d’un procès , ou de chagrin de ce qu’un autre lui avait été préféré pour suivre en Pologne le duc d'Anjou (x). Il ÿ

aurait bien des réflexions à faire

sur la bizarrerie de sa fortune (N).

(œ) Beza, in Vità Calv. ad ann. 1561, pag. 381.

(A). La curiosité, de. connaître, les plus célèbres ministres le fit voyager en Allemagne. | Voilà toute la faute que les catholiques romains aient pu lui reprocher, si l’on s’en rapporte à son élogiste Papyre Masson. J'ai cherché diligemment dans cet écrivain si Baudouin abandonna quelquefois la profession extérieure de l’église romaine; et je n’ai rien pu trouver qui me Fait persuadé : car qu'il ait fait connaissance avec Calvin et avec Bucer , pour entendre d’eux les causes de leur séparation, ce n’est pas un signe qu’il ait été protestant. C'est une simple curiosité, c’est tout au plus une espèce de défiance qui ne signifie rien, à moins qu'on ajoute qu'ayant oui les raisons de ces genslà, 1 les reconnut pour si bonnes, qu'il prit leur parti. Or, bien loin que Masson le fasse, il dit au contraire que Baudouin désapprouva leurs raïsons. {n Germaniant profectus à de- Jensoribus novæ sectæ intelligere voluit quas ob causas à romand et. veteri ecclesid discessissent ... quorum opiniones NON PROBANS, Bucerum tamen et Melancthonem aiebat sibi ob modestiam placuisse : Calvinum displicuisse propter nimiam vindictæ et sanguinis silun quam in eo deprehendisset (1). Je ne nie pas qu'il ne dise qu’il y avait eu autrefois de la famiharité entre Calvin et Baudouin (2).

(x) Papyr. Masso, Elogior. parte II, pag.

(2) Familiaris quondam sui. Zdem, ibidein

pag. 262 à

Page 1