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primé à Rome, lan 1610. M. Maÿer observe que le roi Jacques écrivit contre ce traité, et que le sénat de Venise, et le parlement de Paris le condamnérent. Il rapporte en latin l’arrêt de ce parlement, et il nous renvoie au Continuateur de M. de Thou (67). 11 dit même que peu s’en fallut que cet ouvrage de Bellarmin ne fût
(65) Mercure Français , tom. III, pag. 32.
(66) Titus Livius, lib. IX, decad. I.
(67) Jo. Fridericus Mayer, S. Reg. Majestat.
Suec.per Germanniam Suecic. Consiliarius insacris Primarius, doct. etprofess. theolog. et ecclesiæ Hamburgensis ad D. Jacobi pastor, Dissert, de Bellarmini Fide ipsis Pontificiis dubi4, p. 180.
BELLARMIN
brûlé à Paris par la main da bourreau :
Faces jam accendebat carnifex, ut pœnas «a scripto et Scriplore sumeret , nisi reginæ animus et ileralis et non desinentibus jesuitarum deprecationibus fractus illas extinxisset (68).
Voyez le II°. tome du Mercure Francais :'on y trouve (69) le précis de la Remontrance de M. Servin premier avocat du roi, et l'arrêt du parlement (70) en ces termes : « La Cour fit inhibi- » tions et deflenses à toutes personnes » de quelque qualité et condition » qu’elles fussent , sur peine de crime » de lèze-majesté, recevoir , retenir , » communiquer, imprimer, faire im- » primer ou exposer en vente ledit » livre : Et enjoignit à ceux qui au- » royent aucuns exemplaires dudit » livre, ou auroyent connoissance de » ceuxquienseroyentsaisis, le déclarer » promptement aux juges ordinaires , » pourenestrefaite perquisition à la re- » queste des substituts dudit sieur pro- » cureur général, et procéder contreles » coulpables, ainsiquede raison (71).»
(T) Personne n'a découvert les lieux faibles de ses ouvrages aussi habilement que Jean de Launoi.] Voustrouverez une ample instruction là-dessus dans l'écrit de M. Mayer. Voyez aussi la remarque (1) de l’article de { Jean de ) Launor.
(U) LL aimait la paix, et n’était pas édifié de l'ambition des cardinaux. ] Pierre de Saint-Romuald rapporte que le plus excellent de tous les ouvrages de Bellarmin , traitant des controverses, fut proscrit à Rome, et inséré dans l'Indice des livres infémes.….
Ce qu’il supporta, ajoute-t-1l, avec La même patience qu'il souffrait les contradictions d’un certain cardinal au conclave , disant à ceux qui s’en étonnaient, qu'une once de paix valait mieux qu'une livre de victoire. Etant aussi enquis ( peut-être au sujet de ce cardinal) d’où venait qu’ily avoit sipeu de cardinaux au Catalogue des Saints :
c'est (dit-il) qu’ils aspirent à être tréssaints: Réponse aiguë pour ceux qui savent que signifient en Îtalie ces mots, perche vogliono esser sanctissimi (72).
(68) Td., ibid, , pag. 183.
(69) Pag. 33 et suiv.
(70) Du 26 novembre 1610.
(71) Mercure Français, tom. IT , pag. 36.
(72) Pierre de Saint-Romuald, Abrègé chron., à d'an 1621, pag. 46, 417.
BELLARMIN
Cela veut dire que le désir d’être pape empêche les cardinaux d’acquérir la sainteté, encore que ce désir soit une envie de porter le titre de Très-Saint Père. Le Mélange critique de M. Ancillon m’apprend que M. Godeau, qui a fait l'éloge de Bellarmin, dit qu’une de ses paroles ordinaires était que les cardinaux ne sont pas saints, parce qu’ils veulent étre très-saints, c'est-à-dire, papes, qu'on appelle Très-saint- Père , sentiment qu’il avait hérité de son oncle Marcelle II, qui s’écria un jour à table : Non video quomodo qui locum hunc altissimum tenent salvari possint (73). « Je ne » vois pas comment ceux qui sont assis » sur la chaire de saint Pierre se » peuvent sauver (54). » Le respect que Jai pour la mémoire de feu M. Ancillon, homme de beaucoup de piété et de savoir, est très-compatible avec la liberté que je vais prendre. Je ne trouve se un juste rapport entre ‘la pensée du cardinal et celle du pape.
L’intention de Bellarmin n’était pas de dire qu’un pape se sauve difficilement ; mais de dire que la passion de parvenir au papat attachait de telle sorte les cardinaux à des soins terrestres , et à des intrigues injustes , qu’ils ne pouvaient point s’avancer dans le chemin de la sainteté. Le pape Marcel IT n'avait pas cette pensée : il ne considérait que les obstacles qu’un homme actuellement pape rencontrait dans le chemin du salut. Il ne me semble donc pas que le bon mot de Bellarmin soit une partie de l'héritage de son oncle, Si l’on m’objecte qu’un pape a besoin d’autant d’intrigues pour soutenir le rôle qu’il joue dans l’Univers, qu’un cardinal pour parvenir au pontificat, je répondrai que c’est une autre question , et que c’est sortir des bornes que l’on doit donner au sens des termes dont Bellarmin se servit. Je vais plus avant, et je soutiens que quand même ce cardinal aurait dit dans quelque autre conjoncture, Les papes ont bien de la peine à se garantir des enfers : tant s’en faut qu’ils
puissent se rendre dignes de la canoni- :
sation, on ne pourrait pas prétendre
ie, PPS in Marcello IT, apud Ancil- ; 120.
(74) Mélange critique d'Ancillon, tom. I, pag, 328.
que les paroles italiennes, que vous avez vues ci-dessus, sont la copie de l’exclamation du pape Marcel, son oncle. Cette exclamation me fait souvenir de la saillie d’un Francais, qui entendait donner des éloges à la piété et à la morale sévère d’Innocent XI l’an 1689. Le catholicisme, dit-il, n’a que faire d’un tel pape : il trouverait mieux son compte dans un souverain pontife qui entendit l'art de s’'agrandir, et de profiter des conjonctures selon toute La rubrique des cours les plus raffinées.
La grandeur ‘et la majesté de l’église catholique demandent un chef qui possède, non pas les vertus d'un prétre, mais les talens d'un fin politique. Elles demandent un chef qui ait le courage de se damner pour le bien et pour l'agrandissement de ses états. C’est la le ‘moyen de faire l'office du bon pasteur, qui met sa vie pour ses brebis. C’est se dévouer pour la république, mieux que (95) Codrus et les Décius ne firent.
Un pape scrupuleux et dévot, comme le bon Hadrien VI, n'est propre qu'a laisser dépérir le temporel de l'Eglise (96), qui est si avantageux pour le maintien du spirituel. Tel fut le discours de ce Français.
(X) IL eut peut-étre été pape , s'il n'eût pas été jésuite, ] I eut plus de ‘voix qu'aucun autre au premier SCrutin du conclave de Léon XI (97):
néanmoins on ne songeait point alors tout de bon à lui. Ce fut dans le conclave suivant (78) qu’on le regarda comme papable, et qu’on travailla sérieusement à lui procurer le pontificat; mais la faction du cardinal Aldobrandin fit évanouir ce dessein. La vertu de Bellarmin , et la trop grande puissance des jésuites furent les deux principales considérations qui l’'empéchérent de succéder à Léon XI. Æ{4obrandino….. fuggiva...… Bellarmino come giesuita scropoloso , e che tal volia haveva improvato molte attiont di Clemente 210, e di lui stesso.s..… (79). Haveva Bellarmino grand amici per esser egli di letteratura , e bonta singolare ; ma l'esser giesuita, e di
(95) Codrus pro patrid. non timidus mori.
Horatius, Od. XIX , lb. ITI.
rt) ME la remarque (Q) de larticle.