ADRIEN
(77) Conclave di Leone XI, pag. 454.
(58) Celui de Paul F. | (Jo) Conclave di Paolo V, pag. 512,
conscienza delicata , lo rendevano poco amabile appresso molti, li quali mossero ogni pietra per rovinarlo..…..
Fu rinovata e sparsa per tutto la memoria del disgresso dato a Bellarmino da Sisto V che gli fece prohibire l'opera sua de Potestate Papæ : furono discorse al vivo tutte le conseguenze , che potevano deviare dall esaltatione di un giesuita; ed in somma s’adoprarno in maniera , che s'aquietd af- Jatto il tutto (80). Mettons ici un passage de. M. Ancillon. « J’ai toujours » oui dire que la cour de Rome n’a » garde de mettre un jésuite sur le » siége papal, et que l’Europe ne le » doit point souhaiter, parce , dit- » on, qu'ils se rendraient infailiible- » ment les maîtres du saint siége, en > sorte que touslesautres ordres pour- » raient s’en tenir exclus pour tou- » jours, et qu’ils rendraient ainsi leur » puissance, qui est déjà très-grande, » presque infinie et sans bornes. Il » semble que cette maxime ne soit ». pas nouvelle à la cour de Rome , > si on en croit ceux qui écrivent sur » ce sujet. Il y a long-temps qu'ils » s’y défient des jésuites, et qu'ils sont » sur leurs gardes contre eux à cet » égard : en effet, nous voyons dans » la Vie de Bellarmin même que » Clément VIII, parlant de ce car- » dinal, qui s'était déjà rendu célé- » bre, disait: Dignus, sed jesuita » est (81). » Nous avons ici une preuve de la témérité des jugemens qui ne sont fondés que sur les premières apparences. N’examinez pas profondément les objets , arrêtez-vous aux impressions qu’ils font d’abord sur l'esprit, vous jurerez que pour obtenir une dignité c’est avoir de grandes avances que d’être d’un corps trèspuissant ; mais si vous prenez la peine de réfléchir, vous trouverez là un obstacle presque invincible, et non pas une ressource assurée. Nous avons vu depuis dix ans (82) deux exemples de cela. Rien n’a tant contribué à exclure de l’archevêché de Cologne le cardinal de Furstemberg , et de l’évéché de Liége le cardinal de Bouillon, que d’avoir été recommandés et protégés par la cour de France, dont le
(80) Conclave di Paolo V , pag. 519, 520.
(81) Ancitlon, Mélange de Littérature, pag.
(82) On éerit ceci l'an 1698.
BELLARMIN
pouvoir était supérieur à celui des autres états. Rapportons ici ce que J'ai dit dans la remarque (H) de l’article d’'Inxocenr XI; et souvenezvous de cette pensée de Florus, /psa sibi obstat magnitudo : j'en ai déjà fait l'application à un tout autre sujet (83).
Notez que M. Godeau observe que Baronius ayant fait quelque ouverture à Bellarmin de la pensée qu’il avait, avec quelques cardinaux , de le fuire pape, il recut celte proposition comme une injure, sen mit tout de bon en colére, et dit constamment que, si pour être pape il ne fallait que relever un fétu de terre, il ne le reléverait pas (84). Je m'étonne que M. Ancillon n'ait point parlé du vœu solennel que fit Bellarmin , en cas que la dignité papale, qu'il ne souhaitait pas, lui fût conférée :1l s’engagea à n’enrichir point ses parens. Voici les termes de son vœu: Die 24 septembris, anno 1614, fer, 6, in domo novitiorum S.
Andreæ degens, et exercitüs spiritualibus vacans , matur4 præhabitd deliberatione in sacrificio missæ , cum sumpturus essem S, Dom. nost. corpus, votum vovi Domino in hæc verba : Ego Robertus, cardinalis Bellarminus , è societate JESU religiosus professus , voveo DEO omnipotenti, in cônspectu B. VW. Mariæ, ac totius cœlestis curiæ , quôd si forté , guod non cupio , et precor Deum ui non accidat, ad pontificatum assumptus fuero , neminem ex consanguineis vel affinibus meis exaltabo ad cardinalatum , vel temporalem principatum, vel ducatum, vel comitatum , vel quemcunque alium titulum, neque eos ditabo, sed solum adjurabo , ut in statu suo civili commode vivere possint. Amen, Amen (85).
(Y) M. Ancillon avance touchant Bellarmin deux faits qui ne sont pas véritables. ] Tout le monde sait que le cardinal Cajetan, légat de Sixte V en France, ne travaillait qu’à faire exclure de la couronne Henri IV. Ce ne fut pas à la cour de ce monarque que Bellarmin , le théologien de ce lé-
(83) Ci-dessus, dans l'article AcuiLLEA, tom. Ier., citation (29). 2.
(84) Godeau, Éloge du cardinal Bellarmin, cué par Ancillon, Mélange de Liliérature , Loin. TI, pag. 332.
(85) Fuligattus, in Vità Bellarmini.
BELLARMIN
gat, acquit l'estime du roi ; car il n’y fut point : il fut à Paris parmi les ligueurs, et il s’employa de son mieux pour l'intérêt des rebelles. C’est ce que les ministres n’ont pas manqué d’objecter : lisez ce passage de M. Drelincourt. D'où vient que ceux de la redigion estoient au camp du roy, cependant que Bellarmin, Panigarole, et telles gens estoient a Paris a corner la sédition, et que le pape envoyoit des légats pour authoriser la ligue, et jerer de l'huile dans un brasier qu’il devoil esteindre de ses larmes et de son propre sang (86)?
… Pour ce qui regarde le Traité des Ecrivains ecclésiastiques, c’est en son espèce un bon ouvrage ; mais il s’en faut bien que ce soit le meilleur livre de Bellarmin. 11 y a dans ses volumes de Controverse plusieurs traités qui font connaître bien plus noblement son esprit, son érudition, sa capacité. Vingt petits ouvrages, chacun aussi bon que celui de Scriptoribus ecclesiasticis, ne l’eussent point élevé au degré de gloire qu’il mérita par la seule forme dont il revêétit le corps de ses Controverses ; car voici la louange qu’un savant Anglais lui a donnée à ce sujet : Jr erat, haud inficior, admirandeæ industriæ , doctrinæ , lectionis stupendeæ , Bellarminus : qui ut primus ita solus immanem illam molem, et immmensum chaos controversiarum ; Stupend& ingeni dexteri felicitate , artificio singulari excoluit, in ordinem redegit confusum prius : accuraté diligentié , et multorum annoru studio eleganter expolivit : præripuit ille palmam secuturis omnibus , et sibi desponsatam vel destinaiam cuicunque laudem abstulit. Nam ab illo , qui tractant hodië Controversias, ut ab Homero poëtæ, sua omnia ferè mutuantur (87). On a remarqué des défauts considérables dans le traité que M. Calixte et M. Ancillon prétendent être le meilleur de tous les écrits de ce jésuite (88). Voyez Bosius au chapitre Il de son {ntroductio in IVotitiam Scriptorum ecclesiasticorum ,
(86) Drelincourt, Triomphe de l'Église, ZZ°.
part., pag. 444.
(87) Montacut., Præf. ad Apparat., Sect.
LVT, apud Pope Blount. Censuræ Authorum , pag. 638.
(88) Paillet, Jugemens des Savan ticl LXRRP I de Criiques. EL
avec les Notes de M. Crenius. Librum, dit-il (89), omnium quos Bellarminus edidit optimum vocat D. Calixtus, tractatu de Conjugio Clericorum , sectione 202, Au reste, si nous en croyons le père Labbe, la première édition de cet écrit de Bellarmin est de l’an 1617 (90). Le père Sirmond en prit un grand soin, comme l’auteur l'en avait prié (91). Elle fut suivie de plusieurs autres, que les imprimeurs gâtérent extrémement; mais enfin on en donna une trés-correcte , à Paris, chez Cramoisi, Van 1658 , in-octavo. Le pére Labbe, qui en revit les épreuves , forma là-dessus le plan d’un ouvrage (92), que de fort bons connaisseurs prennent pour le meilleur qu'il ait fait : je parle de sa Dissertatio de S'criptoribus ecclesiasticis | qui fut imprimée à Paris, en deux volumes in-8°., Van 1660. Les bibliothécaires des jésuites n’ont rien su de la première édition de ce traité de Bellarmin : lun d'eux, savoir Alegambe , n’en indique aucune, et Sotuel ne fait mention que de celle de Cologne, en 1622, in-8°, On en fit une nouvelle dans la même ville Pan 1684, in-4°., et Von y joignit la continuation qu’André du Saussai avait publiée l’an 1665.
Les omissions de Bellarmin furent très-considérables : cela paraît par le Supplementum du père Oudin, dont on fit mention dans les Nouvelles de la République des Lettres, au mois d’avril 1686.
Notez une faute de Bosius. Il a dit qu'on ne peut pas se fier au jugement de Bellarmin touchant les écrivains grecs, vu que c’est un homme qui n’entendait rien dans la langue grecque ; et que cette ignorance , que ses autres livres avaient témoignée, a paru surtout par le Traité des Ecrivains ecclésiastiques, comme Casaubon l’a remarqué. Græcarum litterarum prorsus uunroy fuisse , sicut omnia tllius scripta, sic eximiè hic liber novissimé ab eo profectus , Casaubono judice ,exercitat. XVI, sect. CL, osten-
(89) Joh. Andreas Bosius, Schediasm. de comparandâ Notitià Seriptorum ecclesiasticor., cap. IT, pag. 425, edit. Crenianæ , Lugd. Bat. an,
(90) Labbe, Præfatione Dissert. de Seriptor.
ecclesiast,
(91) Zdem, ibidem.
(92) Zdem, ibidern.
dit, ut proindè judicüs illius de græcis scriptoribus satis tutd fidi non possit (93). Bosius venait de dire que la préniens édition de cet ouvrage de ellarmin est de lan 1616 (94) : devait-il donc croire que Casaubon en eût parlé de la sorte dans un livre qui fut imprimé l’an 1614? Mais au fond, demanderez-vous , est-il vrai que Casaubon ait parlé de cet ouvrage; car, en ce cas-là, l’erreur de Bosius sera très-petite ? Je réponds qu'il y a beaucoup d'apparence qu’il a eu en vue ce traité de Bellarmin. On en marque une édition de Cologne en 1613, dans le Catalogue d'Oxford ; et j'en ai vu une de l’an 1613 , in-4°., revue et corrigée par l’auteur : ainsi c'était caractériser assez cet ouvrage, que de dire dans cet endroit-là de Casaubon que c'était le dernier livre qui eût paru de Bellarmin. Assurons done que le père Labbe se trompe d’en mettre la première édition à l’an 1617 *.
(Z) Il souffrait que les mouches. .….
l’incommodassent beaucoup] Ceci mérite d’être rapporté dans les propres termes de nr Inter insignes Bellarmini virtutes , alii ponunt miram ejus in perferendis vexationibus patientiam, quam Jacobus Faligatus laudat sequentibus verbis : « Culices, » modicellas ‘aviculas , sicut et alia » parva naturæ incommoda, velut à » DEO traditas ad exercitium pa- » tiendi, vullu aded miti perferebat, » ul necipse opposité manu , nec ex- » ciente ventulum aliquo eas conare- » tur abigere. Aliquando Clementi » Merlino R. Rotæ auditori, dum ser- » mones familiares , ut fit, post nego- » ia decisa, sererent, retulit, se noc- » Le ejus diei, qui est Catharinæ vir- » gini sacer, adeo ad renes à bestiolis » quibusdam nequäm , ac damnificis, » mOrsu fuisse vexatum , ut magno » sensu conversus ad Christi præpen- » dentis à cruce Domini simulacrum » dixerit : à Domine, si hoc quicquid
(93) Jo. Andr. Bosins, Schediasm. de compar. Notit. Script. eccles., cap. IT, pag. 425.
(94) Le père Labbe dit l'an 1617 : Voyez ci-
dessus , cilation (go). | # Le père Labbe, dit Joly, n’indique pas l’édition de 1617 comme la première de l'ouvrage,
mais comme la première qui ait été donnée par Sirmond. Au reste, Joly reconnaît que la phrase
de Labbe est un peu louche, Il ajoute que la pre-
aière édition de Bellarmin est celle de Rome, 1613, in-40., réimprimée la même année à Cologe, in8°.,età Lyon, in-40,
BELLARMIN
» est damni, quod certè parüm est , » mihi tantum affert molestiæ , ec- » quænam erunt supplicia damanato- » rum ? si apud gehennam impios ma- » nent tormenta tam ærumnosa , ne, » precor, in ea me projicias, etenim » impar ero iisdem sustinendis. Car » dinalis Crescentius addit, Bellar- » minum ila se patientiæ velut victi- » mam destinässe, ut muscas à vultu » ne depelleret quidem , tametsi odio- » sæ nimium essent, sicuti Romæ in » æstu solent ; cumque hoc miraren- » tur qui aderant , ipse suaviler :
» Haud æquum esse, ajebat , pertur- » bare animantes illos, quibus non » utique superesset paradisus alius , » quàm volitandi libertas , ac potes- » tas ubi malunt, commorandi (95). »
IL est sûr qu'il y a une certaine manière d’enfiler les conséquences des préceptes, oudes conseilsevangéliques, qui conduit presque nécessairement à cette patience que l’on attribue à Bellarmin ; mais néanmoins le bon sens nous montre qu'il n’y a nulle apparence que l’intention de Jésus-Christ, ni celle de ses apôtres, en nous recommandant si expressément le mépris des commodités de la vie , aient été de nous interdire le droit de nous délivrer des vexations des punaises , et de chasser une mouche qui nous incommode.
(AA) Je ne pense pas que le pape l'ait envoyé jamais à Louvain pour mettre fin aux disputes de Baïus, ou pour en faire rapport à Rome. M. Leydecker assure, 1°. que Bellarmin y fut envoyé pour s'informer de ces disputes , et pour les pacifier , ou en tout cas pour en rendre compte au pape ; 2°. qu'il s’acquitta bien de la commission; et qu'après avoir oui Michel Baïus , il s’en retourna à Rome fort en colère de l’avoir entendu traiter de pélagiens plusieurs sentimens des scolastiques qui étaient les op1nions de lui Bellarmin (96): Je ne trouve nulle trace de cette députation dans les écrivains de l’histoire de ce jésuite , et je sais qu’il ne faisait cncore guère de bruit lorsqu'il alla à
(95) Andr. Carolus, Mefnorab. ecclesiast. , pag. 535.
(96) Melchior Leydecker, Disputat. historicotheologica II de vario jansenistarum Fato. Woyez la préface de l'édition des OEuvres de Bains , en 1006, ec la page 213 de lu TI°. partie.