TOME IIf
Ut quisque pessimus est, ita de als pessimè suspicatur. Qui fastu tumet, superbos ; qui divitiis inhiat, avaros ; qui sanctitatem qui dolos versat , proditores ; qui nulli Jide et conscientid est, conscientiam pensi non habere unà secum omnes existimat, . . . (49), Si Figilantianis, qui nullos castos ex clero credebant, benè objicit Hieronymus, satis ostendant quäam sancté vivant , qui malè de omnibus suspicantur ; certè satis conscientiam luam , quam jaclas puram , quam sit tetra et impia ostendis, qui de ‘scriploribus romanis , parisiensibus, modernis , antiquis , græcis , latinis , imperatoribus christianis , summis pontificibus antiquissimis , concilits generalibus plenissimis, sex christanis seculis , tetra et impia non suspicaris modo , sed certissimèé affir-mas, ubine levissima quidem justa suspicionis umbra est (50).
Notez qu’il n’y a point de matière sur quoi les catholiques romains se soient plus servis de ce lieu commun, que sur le chapitre de la continence ; car ils ont affecté de dire que ceux qui accusent les ecclésiastiques de ne la point garder, et ceux qui en jugent presque impossible l'observation, sont des impudiques qui jugent d'autrui par eux-mêmes (br). Le jésuite qui, sous le faux nom de Joannes- Baptistu Gallus , écrivit contre M. de Thou, eut l’audace de débiter que ce grand homme ayant la réputation d’aimer les femmes, croyait aisément que les autres hommes avaient le même défaut, et lui allégua Néron. Quod de ÎVerone feruntx, qui cum perditissimè et impurissimè viveret, caslum esse posse neminem censebat (52). Ostendunt, continue-t-il , ajebat S. Hierony mus de hæreticis agens , quam.castë vivant, qui benè de aliis sentire aut loqui nequeunt, nc draclannce diæpeTpelouor ämavrac. Ce grec est, cité comme de Grégoire de Nazianze.
Ce qu’on allégue de Néron se trouve
(49) Fidelis Annosus Verementanus Theologus (c'est-a-dire , Jean Floyd , jésuite anglais, ) in Hypocrisi Marci Antonii de Dominis detectà, pag. 116, 117. Alegambe le nomme, Annosus Fidelis Verimontanus.
(So) Id, , ibid. , pag. 134. Sy
(51) Foyez les Nouvelles Lettreslitontre le Calvinisme de Maimbourg , pag. 687.
(52) Jo.-Baptista Gallus, in Notation. in Jar. August Thuani Historiarum libros, cap. IX.
fingit, hypocritas ;.
La
ME
dans Suétone, et en plus forts termes.
Ex nonnullis comperi, dit l'historien (53), persuasissimum habuisse eum neminem hominum pudicum , aut ullé corporis parte purum esse : verum plerosque dissimulare vitium, et callidi-
” tate obtegere : idedque professis apud
se obscænitatem, cætera quoque concessisse delicta. Si je joins à tout ceci une cruelle et impudente invective de Scioppius contre Théodore de Bèze, ce n’est qu’afin de la réfuter. Il assure que la raison, pour laquelle ce ministre soupeonne de fausseté l’histoire que nous lisons dans le chapitre VII de saint Jean, est parce qu’on y raconte que Jésus-Christ demeura seul avec. la femme accusée d’adultère (b4). Talis Beza, qui in octavum caput. Johannis affirmait, sibi mulieris in adulterio deprehensæ historiam suspectæ fidei ac veritatis esse, quod Christus dicatur solus cum sold femind remansisse : sibi nempe conscius, quid solus ipse cum cardid& su& sold agere consueverit : qui sicut Spartani, quod martiales ac bellatores essent, omnes deorum dearumque imagines aique statuas hastatas faciebant , tanquam deos omnes virtute bellicä præditos existimarent : ita ipse propter suam libidinem et impudicitiam, Chrislum quoque sanclum sanctorum (55).
Je ne puis rapporter la suite ; car on a coupé dans l’exemplaire dont je me sers sept feuillets de suite : j’attribue cela au zèle de quelque bon huguenot. Jamais satire ne fut aussi mal fondée que celle-là ; car il est bien vrai qué l’histoire de cette femme a
paru suspecte à Thégdore de Bèze;
mais ce n’est nullement par la raison que Scioppius rapporte. On en donne plusieurs raisons ; et si l’on se sert de la remarqueque Jésus-Christ demeura seul avec cette femme, ce n’est pas à cause qu'une telle circonstance contient un motif de quelque soupcon déshonnête , c’est à cause que le fait même ne s'accorde, ni avec la suite du texte , ni avec les apparences (56).
(53) Sueton. , in Nerone, cap. XXIX.
(54) Le cordelier Feuardent avait déja dit la même fausseté dans le chapitre XIII du IF®e, livre de sa Theomachia calvinistica, pag. 164.
(55) Scidppins, in Soaligero hypobolim. , folio 15 verso.
(56) Voyez les Notes de Théodore de Bèze sur te VIIIS, chapitre de saint Jean.
BÉME.
BÊME , meurtrier de l’amiral de Châtillon à la Saint-Barthélemi, ne mériterait point de place dans ce Dictionnaire, si ce n’est qu'il y a beaucoup de gens qui, après avoir connu quelqu'un par quelque crime trèes-énorme, souhaitent de savoir ce qu'il devint après cela, et de quel genre de mort il périt. Or ils ne peuvent guere contenter leur curiosité, sans chercher beaucoup, quand il s’agit d’un homme vulgaire : C’est pourquoi on ne peut que leur procurer du plaisir, lorsqu’on leur met en main un livre où ils vont dans un moment à la conclusion du fait. Ceci soit dit une fois pour toutes à l’égard de pareils articles. BÈME donc , allemand de nation (A), élevé chez le duc de Guise, se rendit le principal exécuteur du massacre que l’on avait résolu de faire de l’anural (a). Ce fut Bême qui, dès que la porte de la chambre eut été enfoncée, lui demanda , es-tu l'amiral? et qui, ayant su par sa réponse ce qu'il demandait , lui enfonça l'épée au travers du corps, et puis lui donna un grand coup d’estramaçon sur le visage. Ce fut lui qui répondit , au duc de Guise demandant st la besogne était faite ? que oui, et qui exécuta l’ordre qui fut aussitôt donné de jeter le corps par la fenétre. Il fut pris en Xaintonge, par la garnison de Bouteville , l’an 1975. Il promit une grosse rançon, et de faire sortir Montbrun , que les catholiques avaient pris en Dauphiné. La seule en— vie de sauver Montbrun empécha que l’on ne fit mourir Bèême;
(a) M. de Thou, Lib, LI , pag. 1075.
BÈME. 307
c’est pourquoi il eut belle peur des qu'il eut sut le supplice de Montbrun. 17 corrompit un soldat, qui le sauva sur un bon cheval, un pistolet à l'arçon de
la selle. Bertantville, gouver-
neur de ce Lieu, le sentant eschappé, saute sur un courtaut seul, et empoigne Besme avec le soldat, et n'ayant armes qu’une espée donne à tous les deux : le soldat ne l'attend point ; mais Besme se mità crier, {4 sais que je suis un Mauvais garçon ; et tira son coup de pistolet.
L'autre en répondant , je ne veux plus quetule sois, mit. l’espée jusques aux gardes dans le ventre de son prisonnier. Voilà comment d’Aubigné raconte le fait (db). Beze en dit à peu près autant (c) (B) : mais nous verrons cidessous que M. de Thou rapporte la chose revêtue d’autres circonstances (GC). Mézerai nomme cet assassin N. Dianovitz Besme (d).
(b) D'Aubigné , Hist., tom. IT, div. IT, chap. XVI, pag. 749.
(c) Bèze, Hist. eccl., lie. XVT, pag. 470.
(d) Mézerai , tom. III in-folio, pag. 380 , édit. de 1685.
(A) II était Allemand de nation. ] Il était natif du pays de Wirtemberg, et fils, disait-on, d’un homme qui avait eu la charge de l'artillerie (1).
L'auteur du livre de Furoribus Gallicis (2) remarque qu’on disait que le cardinal de Lorraine avait fait épouser l’une de ses bâtardes à Bême. Il le nomme toujours Benvesius : c’est apparemment une faute d'impression pour Bemesius. Le Cavriana, que je citerai ci-dessous, dit que cet homme avait été page du due de Guise le ère. |
(B) 11 fut tué par Bertantville. . ..
(1) Vie de l'amiral de Coligni , pag: 129.
(2) I s'est déguisé sous le nom de Ernestus Varamundus , Frisius.
Bèze en dit à peu près autant.| Rapportons ce qu’il en dit ; car on y trouve d’autres circonstances. Parlant de
la défaite des reîtres (3) commandés
par Thoré, fils du connétable Anne de Montmorenci , il dit que Clervant y fut arrêté prisonnier, et n’eust esté le crédit de plusieurs seigneurs ses parens , ( joint qu'environ ce mesme temps Besme, l’un des principaux meurtriers de l’admiral, et tant pour celte cause que pour autres grandement chéri du duc de Guise, avoit esté pris par ceux de la religion près de Ponts
en Poictou (4) ,) a grand’ peine eust-il
eu la vie sauve, ... .. Peu après, il Jut conduit à Paris , et beaucoup promené pour essayer d'en faire eschange avec Besme; mais quoiqu'il fust en très-grand danger de sa vie, estant sollicité d'accorder cet eschange, il répondit généreusement, que jamais il ne consentiroit d’estre eschangé avec un tel et si détestable meurtrier : et Dieu le favorisa tellement, qu'ayant esté mis à rançon. . . . , il fut finale-
ment délivré, et Besme se cuidant
sauver du chasteau où il estoit prisonnier , fut ratleint et mis en pièces comme il méritoit, horsmis que ce ne Jut par la main d'un bourreau (5). Le Cavriana, dans ses discours sur Tacite, ayant dit que Bême tua d’un coup de pistolet l’amiral, ajoute que “ce meurtrier fut tué de la même manière quelque temps après en venant d’Espagne. Fu pochi anni dapoi venendo d’Espagna con somigliante spezie di morte del suo faito premiato.
C’est trop envelopper laventure sous des notions peu distinctes. Mais on ne manque pas d'écrivains qui J'ont bien développée.
(C) M. de Thou rapporte la chose revétue d’autres circonstances, ] I] dit que Bême revenant d’Espagne, où il avait été envoyé par le duc de Guise, pour acheter des chevaux, ou pour renouveler sous ce prétexte les intelligences que le feu cardinal de Lorraine avait entretenues avec Philippe H, fut pris auprés de Jarnac ; quil offrit ses bons offices pour sauver Monthbrun, et une somme trés-considérable; mais qu’on n’écouta point
(3) En 5558.
(4) TL fallait dire Xaintonge. # ’ (6) Bèze, Histoire ecelésiast., Liv, XVT, pag. 49°
ses propositions, et qu’au contraire ceux qui l'avaient pris sollicitèrent les Rochellois de le leur acheter mille pistoles , et puis de le punir du deruier supplice pour l’infime assassinat de l'amiral ; que les Rochellois, de crainte de représailles , et par le conseil de Ja Noue, rejetèrent ces offres ; que Bretouville, gouverneur de Bouteville, né voulant point mettre à rancon un tel prisonnier, et craignant que s’il le faisait mourir il ne donnât un exemple qui aurait de fâcheuses suites, imagina un milieu: ce fut de suborner un soldat, pour fournir à Bême les moyens de s'évader, Ce soldat et Bême s’évadérént en eflet; mais ils tombèrent dans les embuscades que Bretouville leur avait dressées, et on tua Béme de plusieurs coups de poignard (6). Mézerai raconte la chose à peu près de la même façon (7) : il remarque que les consistoriaux de la Rochelle voulaient donner mille écus de ce prisonnier, pour le punir solennellement ; mais que les plus sages, et Berioville (8), gouverneur dé la place (9) , appréhendèrent la revanche.
Pierre de Saint - Romuald rapporte que les Rochellois désiraient avoir Béme , à la persuasion de la iVoue, qui Le voulait faire mourir d’unemort également honteuse et sévère , et que Béme , blessé à mort par Bertoville, et puis achevé par les soldats, fut enfin envoyé au baron de Rufec a sa grande prière, qui le fit ensevelir honorablement à Engolesme, et que Le soldat qui avait tâché de le sauver, étant grièvement blessé, en fut quitte pour une rançon, el pour son bannissement hors la place (10).
co) Thuan., Lib. LX, ad ann. 1575, pag.
(7) Mézerai, Histoire de France, tom. III, in-folio, pag. 380.
(8) C'est ainsi qu'il nomme celui qui, dans d'Aubigné , s'appelait Bertantville, ec Bretovilla dans M. de Thou.
(9) C’est-u-dire, de Bouteville.
(10) Saint-Romuald , Journal chronologique, au 24 d'août, pag. 214. x
. BENCIUS ( François ), jésuite italien , naquit à Aquapendente, Jan 1542 (A). Il étudia les belles-lettres à Rome , sous Marc- Antoine Muret *, et il profita si
% à , n 2 * Il avait, dit Joly, commencé ses études sous son père, il les continua quelque temps
BENCIUS.
heureusement des leçons de ce grand rhétoricien, qu'il devint l’un des plus excellens orateurs de ce temps-là. 11 fut aussi un tres-bon poëte latin. La maniere dont on conte qu’il se détermina à prendre l’habit de jésuite tient beaucoup du merveilleux.
(B). Il enseigna la rhétorique plusieurs années à Rome dans le collége de la fsociété, et il y mourut le 6 de mai 1594 (a).
Il avait trois freres, qui étaient aussi jésuites (b) : son père vivait encore l’an 1590 (c). Vous trouverez dans Moréri les titres de quelques-uns de ses ouvrages :
je ne m’arrêterai qu’à ses Harangues (OC).
chez les jésuites ; et ce ne fut qu'en 1562 qu'il entra à l’école de Muret.
(a) Alegambe , Biblioth. societ. Jes., pag.
(b) Tbidem.
(c) Voyez l’épitre dédicatoire des poésies de Bencius.
(A) Il naquit à Aquapendente l'an 1542. ] Les éloges tirés de M. de Thou par M. Teïssier , nous apprennent que Bencius vint au monde dans un village de Toscane, nommé Aquapendente , qui était du patrimoine de son père (1). Les paroles latines de M. de Thou sont Patrimoniali Etruriæ oppido , cui Aquæ-pendenti nomen , natus (2). Le mot oppidum étant équivoque , et signifiant tantôt une ville, tantôt un bourg, il fallait ne le prendre point ici pour un village, mais pour une ville. Je ne sais pas si M. de Thou 2 eu raison de dire que le père de Bencius en était seigneur *. Ale-
(x) Teissier, Eloges dés Hommes savans, tom.
IT , pag. 206, édition de 1606.
(2) Thuani Historiar. Lib. CIX , pag. 612.
* Joly trouve très-ridicule que Bayle ait fait le père de Bencius seigneur d'Aquapendente. Avant Joly, Leduchat avait remarqué que Patrimoniali Etruriæ oppido veut dire, ville située dans la partie de l'Etrurie qui dépend du patrimoine de saint Pierre. L'article BENCIUS parut pour la première fois dans l'édition posthume de 1720. « Bayle, ajoute Leduchat, remarque dans l’arti- » cle de Cuicr ( à la fin du texte) que la prin- » cipauté de Farnèse est située dans le patri-
gi: BENCIUS.. *
gairbe ne le dit pas ; et cemm’est point sa coutume de supprimer ce qui relève la naissance et les richesses des écrivains de son ordre.
Quand jai mis la naissance de Bencius à l’an 1542, je me suis fondé sur deux raisons : l’une est qu'il mourut l’an 1594, cela ne souffre aucune difficulté : l’autre est qu’on trouve dans Alegambe qu’il mourut dans sa cinquante-deuxième année. Alegambe s’est un peu brouillé dans ses chiffres ; néanmoins J'ai cru qu'il n’y avait point d’erreur dans celui-là ; mais je m’étonne, qu’en faisant l’errata de son ouvrage , il n’ait pas rectifié ceux-
ci. Annos natus XX, in societatem
est adscitus xv Cal. Jun anno Christi MDLXX (3)........ AnnoSalutis MD XCIV, migravit è vit, ætatis suæ LIT, postquam venit in societatem X XVII (4). I dit que Bencius, s'étant fait jésuite, en 1570, âgé de vingt ans, courait la cinquantedeuxième année de sa vie, et la vingtseptième de sa profession de jésuite en 1594. Ce sont des calculs qui s’entre-réfutent. Nicius Érythréus ne s’est point brouillé de même; car ayant une fois dit que Bencius se fit jésuite à l’âge de vingt ans, il lui donne cinquante-deux ans de vie, et trentedeux de jésuitisme (5) *.
(B) La manière, ..... dont il se détermina à prendre l'habit de Jésuite , tient beaucoup du merveilleux.] Ceux qui aimeront le détail sur cette aventure prendront , s’il leur plaît, la peine de consulter Alegambe et Nicius Érythréus *?. Ils y verront des apparitions nocturnes du crucifix, et bien d’autres choses. Je dirai seulement que Nicius Érythréus va plus
»+ moine. Il est donc à présumer que, s'il avait » assez vécu pour publier lui-même l'article :» Bencius, il se serait aperçu que patrimo- » niale oppidum s'entend d'une ville du patri- » moine. »
(3) Alegambe , Bibliotheca societ. Jes., pag. (4) Tbidem, pag. 115. (5) Nicii Erythræi, Pinacoth. Il, pag. 115.
*1 Joly dit que Bencius n’entrachez les jésuites qu’à vingt-huit ans ; il n'avait donc que vingtquatre ans de jésuitisme. L'observation de Bayle sur les contradictions d’Alegambe et de Nicius Érythréus ( dont le vrai nom est J.-V. Rossi), n’en existe pas moins dans toute sa force.
4? Joly ajoute que le père Jouvency la raconte aussi dans son Mistoire de la Société, part. V, liv. XXIV , sect. 13.
30q loin que l’autre auteur. Celui-ci se contente de dire que depuis que Bencius se fut confessé pour la prémière fois, ce qu'il fit chez les Jésuites , il lui monta dans l'esprit qu’il serait un jour de leur ordre (6) ; mais, selon Nicius Erythréus, il crut entendre, en se confessant dans l’église des jésuites , une voix qui prononca ces paroles, Toi aussi, tu seras aussi un jour au nombre de ces religieux (7).
Alegambe , comme je l'ai déjà remarqué, n’exténue point ce qui relève l’honneur de sa compagnie. Il est donc à croire que Nicius Erythréus a usé ici d’hyperbole : le fait, en passant de bouche en bouche, s'était enflé avant que de parvenir aux oreilles de cet écrivain.
(C) Je ne m'arréterai qu'a ses Harangues. | Quelques-unes avaient été imprimées séparément, et il courait des copies manuscrites de quelques autres. Ces copies devenaient défec:
tueuses à proportion qu’elles se multipliaient. Cela fit résoudre l’afteur à donner une édition de ses Harangues , en 1590 (8). Il la dédia au cardival Ascagne Colonna. Il publia aussi Ia même année un recueil de Poésies latines | et le dédia au cardinal Francois Sforce. Ses Harangues, au nombre de XXVI, sont accompagnées d’une petite dissertation de Stylo et Scriptione, et contiennent entre autres pièces l’Oraison funébre de Muret, celle d'Alexandre Farnèse, due de Parme, et celle du cardinal Alexandre Farnèse, Les poésies sont divisées en IV livres. On les réimprima, avec les Harangues , à Ingolstad , l’an 1599 , et Fuel joignit deux Poëmes dramatiques du même auteur (9), qui avaient déjà été imprimés à part.
L'édition de Cologne, chez Jean Kinchius , en 1617, in-12, contient tout cela. Elle est assez correcte; mais le papier et le caractère.en sont très-
mauvais. On n’y a point ajoute le
poëme en vers hexamètres, qui a pour:
{6) Ex eo tempore subit animum ea cogitatio, et tu de illis eris. Alegambe, Biblioth., societ. Jes., pag. 114, 115.
(7) Visus est vocem in hæc verba audire : Et iu quoque aliquando religiosorum istorum nu»
merum augebis. Nicius Erythrieus, Pinacoth. II, pag. 155. f
(8) Foyez l'Épitre dédicatoire de cetle éditon.
(o) Intitulés Ergastus et Philotimus.
filtre Quingue Martyres, où Bencius 4 4 4 . er .
a célébré le + que cinq Jésuites
avaient souffert
vres, fut imprimé à Venise l’an 1591, et dédié par Benoît George au cardinal Octavio Aduaviva , neveu de Claude Aquaviva , général des jésuites. J’en ai l’édition d'Anvers, en 1602 , in-12. L'auteur relève par des fictions poétiques la simplicité de l’histoire, et en avertit les lecteurs :
Si qua visa, et quæ speciem habent miraculi inserta sunt , factum est ut poeticum artificium historiæ simplicitati mederetur. Les relations en prose auraient souvent besoin du méme avertissement.
M. Teissier assure que {Vicius Erythréus dit que ce jésuite a fait une traduction de la Rhetorique d’Aristote, si belle, qu’il serait difficile de trouver rien de plus achevé sur cet ouvrage (10). Je n’ai point vu cela * dans l'éloge que Nicius Erythréus nous añdonné de ce jésuite : j'y ai vu seulement que Muret a dédié sa version latine de la Rhétorique d’Aristote à Bencius, et que ce dernier fit des lecons sur le même ouvrage (11).
(xo) Teissier, Eloges des Hommes savans,
tom. IT, pag. 207.
* Joly laisse entendre que Bayle s’en rapporte à ce que dit Teiïssier, ce qui n'est pas, comme on voit. Joly donne un catalogue exact des ouvrages ou opuscules de Bencius, au nombre
de 19.
(11) Nicius ErythrϾus, Pinacoth. II, pag.
257... ÿ BÉNÉDICTIS ( Ezpinio DE) a eu bonne part à l'estime et aux affaires du cardinal Mazarin. Il était son secrétaire pendant la nonciature de France, et 1l fut “depuis son agent à Rome. Il s’acquitta de cet emploi de telle sorte , que le cardinal dans son testament donna des louanges à sa fidélité et à sa bonne conduite , et le recommanda au roi treschrétien. Cette recommandation ne fut pas infructueuse, car l'abbé Bénédictis fut déclaré agent de la France à Rome, et comble de biens. Il fut chargé par les héri-
ans les Indes , l’an 1583. Cet ouvrage, divisé en six li-.
BÉNÉDICTIS.
tiers du éardinal de lui faire faire un service somptueux dans l’église des saints Vincent et Anasta— se, qui avait été la paroisse de cette éminence. Il s’en acquitta admirablement, et publia une description de cette pompe fu-— nebre (a). On lui donna ordre de faire faire un service à la reine-mère (b) avec toute sorte de pompe dans l’église de Saint-Louis qui est celle de la nation : al le fit en homme qui entendait parfaitement ces sortes de cérémonies.
On peut voir la description de ces funérailles dans un livré qu’il publia (c). [l en a fait un autre, qui est un monument authenti-
ue de son zele pour la gloire de son bienfaiteur : car ayant su qu'il courait un livre qui diffamait étrangement le cardinal Mazarin , il publia un Recueil de divers Mémoires qu'il crut propres à réfuter cette satire. Il l’augmenta peu après, et l’accompagna de réflexions politiques. Il a traduit en italien le traité du prince de Conti du Devoir des grands. Je ne dois pas oublier les Tables chronologiques, qu'il a publiées. Ceux qui auront vu la maison et le jardin qu'il a fait bâtir aupres de Rome, ou qui auront lu la description qu’il en a faite sous le titre de Z/illa Benedicta Literaria , conviendront qu’il entendait larchitecture, et que son goût était bon
(a) En voici le titre, Pompa funebre nell' essequie celebrate in Roma al cardiual Mazarini , nellaMchieza dé’ Santi Vincenzo ed Anastasio.
(b) Anne d'Autriche mère de Louis XIF.
(€) Zntitulé 11 Mondo piangente, ed il cielo festeggiante , nel funerale apparato dell’ essequie celebrate in Roma nella chiesa di San Luigi de’ Francesi , alla gloriosa memoria di Anpa d’Austria regina di Francia.