‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 4)Chapitre 60 sur 109 · PAS · texte numérisé non relu

PAS

(30) M. Sallo, dans le Journal des Savars du 26 de janvier 1065, pag. 48, édition de” Hellande,

BENSERADE

(31) : et elle s'est tellement échauffée, qu'il s'est fait des gageures considéerables en faveur de l’un et de l’autre.

Mais il est à craindre qu'il n'arrive à ces deux pièces la méme chose qui est arrivée à ces deux sonnets qui divisèrent Le Parnasse en deux factions si célèbres, sous les noms de jobelins et d'uranins. Car étant examinés de plus près, ils perdirent beaucoup de leur prix et de leur estime.

L'auteur de l’Épître qui sert de préface à la traduction nouvelle de Perse et de Javénal (52) débite une particularité curieuse, que je ne saurais omettre. « C’est ainsi (33) qu'un grand » prince qui savait beaucoup, mais » qui avait encore plus de goût pour les » bonnes choses que de capacité, ju- » gea sijuste, en deux petits vers des

eux fameux sonnets qui amusèrent » autrefois toute la cour , et qui la » partagérent en deux cabales de beaux » esprits, dont la guerre fut fort in- » nocente. Voiture eut pour lui de re- » doutables partisans, et Benserade » aussi: mais en vérité, la décision » du prince de Conti, que lui dicta la » nature seule, donna gain de cause » aux jobelins , et cela sans appel.

» Voici Parrêt :

» L'un est plus grand , plus achevé ; » Mais je voudrais avoir fait l'autre *.

» Le premier vers regarde Voiture, et » le second regarde Benserade, qui » fut , je pense , alors bien content du » souhait qu'avait formé un juge d’au- ® tant plus incorruptible, que tout le » monde expérimente , en lisant les » termes dont ils’est servi, qu'il a jugé » sans prévention. » M. l'abbé Tallemant u’a rien dit de ces deux vers de M. le prince de Conti, quoiqu'il rap-

(31) C’est celle qui s’éleva sur la Joconde de M. de Bouillon, secrétaire de feu M. le duc d'Orléans, et sur la Joconde de M. de la Fontaine.

(32) Faite par le jésuite Hiérôme Tarteron, et imprimée à Paris, l'an 1689.

(33) C’est-a-dire, en jugeant par ce qui se passe en nous-mêmes lorsque nous lisons.

# Le sonnet qui finit par ces deux vers est de P. Corneille, hit Leclerc, et non du prince de Conti. Le père Tarteron s'était sans doute aperçu de sa faute ; car dans la nouvelle édition de son Perse et Juvénal, en 1706, il supprima le passage. Un prince de C.... (que Leclerc croit être Condé et non Conti) est auteur d'un quatrain qui finit ainsi :

Le grand est le plus admirable, Le petit est le plus galant,

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