TOME Ill
n’entendait rien à l’état de la question*.] Après que la condamnation fut prononcée , l’un des accusateurs dit entre les dents , qu’il avait lu dans le livre de l'accusé , que Dieu le père est seul tout-puissant (35). Le légat ayant eu l'oreille assez bonne pour entendre cela , se mit à dire , qu'il ne fallait pas même croire qu’un enfant fût capable de tomber dans une si grande erreur, vu que , selon la foi commune et publique , il y a trois tout-puissans. Un docteur ne put s'empêcher, en se moquant du légat , de citer ces paroles de saint Athanase, et tamen non tres omnipotentes , sed unus omnipotens, Son évêque l’en censura ; mais on lui répondit hardiment par un passage de Daniel , qui regarde les juges ignorans, et plus dignes de condamnation que ceux qu’ils jugent. ic fatui filii Israël, non judicantes neque quod verum est cognoscentes , condemndstis filium Israël, Revertimini ad judicium , et de ipso judice judicate : il ajouta de son crû , qui talem judicem quasi ad instructionem fidei et correctionem erroris inslituistis | qui cum judicare deberet, ore se proprio condemnavit.
(M) Poici ce que M. du Pin a dit sur cette proposition d’AÆbélard, Dieu ne peut faire que ce qu’il fait. ] « Il ne » nie pas non plus que la puissance, » la sagesse et l’amour ne soient des » attributs communs aux trois per- » sonnes divines ; il déclare même le » contraire en termes formels ; mais » il attribue la puissance au Ptre, la » sagesse au Fils, et Pamour au Saint- » Esprit, par appropriation : en quoi » 1l ne semble pas s'éloigner de la » doctrine des pères et des théolo- » giens. Mais il ne s’accorde pas avec » la manière de penser et de parler » des autres dans la troisième propo- » sition , où il soutient que Dieu ne » peut faire que ce qu’il fait , et ne » peut pas faire tout ce qu’il ne fait » pas. Ce n’est pasqu’il ne reconnaisse » que la puissance de Dieu en elle- » même ne pût s'étendre à d’autres » objets ; mais il prétend , qu’étant » considérée comme jointe à la sa-
* Les Mémoires de Trévoux, novembre 1738, mars et août 1739, contiennent l'apologie de Conon et la censure de Bayle. Joly en transerit complaisamment un morceau,
(35) Oper, Abæl., pag. 24.
» gesse et à la volonté de Dieu , il ne » se peut pas faire qu'il veuille , ni » qu'il fasse autre chose, que ce » qu’il veut et ce qu’il fait actuelle- » ment (36). » Vous verrez ceci plus au long, dans le précis que M. du Pin à donné d’un ouvrage d’ Abélard (33).
Dans le troisième livre, il traite particuliérement de La puissance de Dieu, et il soutient que Dieu ne peut faire que ce qu'il fait , et ne peut pas faire tout ce qu’ilne fait pas ; parce que Dieu ne peut faire que ce qu’il veut : or il ne peut pas vouloir faire autre chose que ce qu'il fait, parce qu’il est nécessaire qu'il veuille tout ce qui est convenable :
d’où il s'ensuit que tout ce qu’il ne fait pas n'est pas convenable ; qu'il ne peut pas le vouloir faire; et, par conséquent, qu'il ne peut pas le faire. Il avoue lui-méme que cette opinion lui est particulière ; que presque personne n'est de cet avis ; qu’elle semble contraire à la doctrine des saints et à la raison, et déroger à la grandeur de Dieu. Il se fait la-dessus une objection difficile : « un réprouvé, dit-il, » peut étre sauvé; mais il ne saurait » l'être que Dieu ne le sauve : Dieu » peut donc le sauver, et par consé- » quent , faire quelque chose qu'il ne » fait pas. » Il y répond, que l'on peut bien dire que cet homme peut étre sauvé par rapport à la possibilité de La nature humaine , qui est capable du salut; mais que l'on ne peut pas dire que Dieu peut le sauver par rapport à Dieu méme , parce qu’il est impossible que Dieu fasse ce qu'il ne doit pas faire. Îl explique ceci par divers exemples : un homme qui parle peut se Laire ; mais il ne se peut pas faire qu'un parlant soit dans le silence : la voix peut étre entendue ; mais le sourd ne la peut pas entendre : un champ peut étre cultivé, quoiqu'un homme ne puisse pas le cultiver , etc, (35),
J’examinerai peut-être ce dogme dans quelqu’une des remarques de l’article de Wiczer *.
(N) Les protestans sont plus enclins que beaucoup de catholiques à con-
(36) Du Pin , Bibliothèque des Auteurs ecclésiastiques, tom. IX, pag. 122, édition de Hollande.
(37) Le IIIe. livre de l'Introduction à la Théologie.
(38) Du Pin, Bibliothéque des Auteurs ecclésiastiques , tom. IX , pag. 119, 120.
" Cet article n'existe pas.
BÉRENGER
damner Abélard. ] « Hoornbeeck, au » commencement de son Apparat ad » Contraversias et Disputationes So- * cinianas, remarque les Hérésies d’A - » bélard..Perizomus, dans son Speci- » ‘men Apologeticum Anti-Gualteria- » num(39),accusationibus] acobiGual- » Léri jesuitæ oppositum , dans sa dé- » fense cinquième , de Fide iuplicitd, » fait aussi une description assez am- » ple d’Abélard et de ses sentimens , » et s'étend à faire voir, pontificios , » et nominatim jesuitas , in mullis » cum Abailardo convenire : il en fait » le parallèle, et montre dans un autre » endroit de cette même défense cin- » quième , que, quäm pulchrè soci- » Rianis præluxerit , minimè obscu- » rum est : Becmann , dans ses Exer- » citations théologiques , exercit. II, » dit que , Socizus hunc errorem, » Christum pro peccatis nostris non » esse mortuum , è lacunis veterum » hausit ; quippe anno Christi x140 in » Galliis Petrus Abailardus ( quem » Bernardus et Otho Frisingensis » ÆAbailardum, Platina Baillardum » vocani ) idem docuit (40)... Joly, » chanoine de Notre-Dame de Paris.
» dit dans son Traité des Restitutions » des Grands, que les ennemis d’A- » bélard, jaloux de sa réputation, en » furent tellement accroire au bon » saint Bernard , lequel y procédait » de bonne foi, qu’il se trouve que le » livre des Sentences fut condamné » au feu sous le nom d’Abélard, com- » me en étant l'auteur, quoiqu'il fit » de Pierre Lombard , évêque de Pa- » ris: ouvrage néanmoins , ajoute-t- » il, que l’on sait étre canonisé dans » la Sorbonne , et sur lequel est fon- » dée toute la théologie scolastique.
» Il dit encore, que le méme Abélard » fut fort maltraité et persécuté par » les moines de St.-Denys en France, » et par St. Gildas (41) de Ruys , près » de Vannes en Bretagne ; parce qu’il » reprenait leurs vices (42).
Je remarquerai deux choses sur ce passage de M. Ancillon : l’une , qu’en effet Pierre Abélard est assez con-
(39) Voila un Anti omis par M. Baillet.
(4o) Ancillon , Mélange critique de Littérature, tom. I, pag. 4.
(41) IL fallait dire , et par ceux de Saint- Gildas.
(42) Ancillon, Mélange critique , tom. I, pag. 4.
BÉRÉNICE
forme dans les matières de la grâce aux opinions que les jésuites soutiennent ; mais M. du Pin observe , que si la doctrine de cet auteur n’est pas conforme aux principes de saint Augustin ,.…. aussi n'est-elle pas pélagienne ni sémipélagienne , puisqu'il reconnait la nécessité de la grâce pour le commencement du bien, et qu'il soutient seulement que Dieu a donné une grâce égale à tous les hommes dont chacun peut faire un bon usage ou la rejeter (43). La seconde chose que j'ai à dire est qu’il faudra examiner en quelqu’autre lieu , si le hvre des Sentences, condamné au feu sous le nom d'Abélard , est celui de Pierre Lombard.
(43) Du Pin, Bibliothéque des Auteurs ecclésiastiques, pag. 122.
BÉRÉNICE , nom de plu-
sieurs femmes et de plusieurs villes. Nous parlerons ci-dessous de quelques-unes de ces femmes; et quant aux villes, nous nous contentons de remarquer qu’'Orielius en compte neuf > Ct que les deux principales étaient en Afrique , l’une dans la Pen-— tapole, l’autre sur la mer Rouge. Celle-ci reçut ce nom en l'honneur de Bérénice , mere de Ptolomée Philadelphe (a), et l'autre en l’honneur de Bérénice, femme de Ptolomée 111 du nom (b). Bérénice est un nom grec(À).
(a) Plin, lib. VI, cap. XXIX.
(b) Solinus, cap. XXVII.
(A) Bérénice est un nom grec. Il a été formé de celui de œepevinn , c’est-àdire , Porte-victoire , par les Macédoniens qui changeaient le Phen B.
Voyez Plutarque (1) , et Étienne de Byzance (2). Aussi trouve-t-on des auteurs qui nomment Phérémice celle que d’autres nomment Bérénice. Il y en a qui , au lieu de Bérénice , disent en latin Beronice.
(x) In Quest. Gr., pag. 292, E.
(2) Voce Bépoic.
BÉRÉNICE, fille, sœur et
mère de gens qui avaient rem—
porté le prix aux jeux olÿmpiques (a), obtint, à cause d’une telle singularité, la permission d'assister à ces jeux-là , qui avait été Ôtée aux autres femmes par décret public (A). Quelques-uns disent qu’elle obtint ce privilége avant que son fils eût été vainqueur (B) : on se contenta de savoir que son père et que ses frères avaient remporté cet avantage , et de voir qu'accompagnée de ses frères victorieux elle présentait son fils tout prêt à disputer cette sorte de couronnes. Le narré de Pausanias différe de celui-là, et vaut mieux peut-être.
Pausanias conte que les habitans de l’Élide firent une loi, qui condamnait à être précipitées du haut d’un rocher toutes les femmes qui oseraient se couler aux jeux olympiques, ou passer Al phée (b) pour quelque sujet que ce fût , pendant les jours que cela ne leur était point permis (c). Il n’y en eut qu’une qui contrevint à cette défense. C'était une femme nommée Callipaiira, selon quelques-uns, Phérénice selon quelques autres (C). Elle fit semblant , apres la mort de son mari, d’être un de ceux qui dressaient les jeunes gens aux exercices des jeux olympiques ; et, sous ce déguisement , elle se présenta au champ de bataille avec son fils , qu’elle ÿ amenait comme un athlète qu’elle avait dressé, et qui se préparait au combat.
Ayant vu que son fils avait rem-
(a) Una Berenice, que filia, soror, mater Olympionicarum. Plinius, lib. VII, cap.
XLII ex editione, Harduim, que juxta
MSS. omnes habet Berenice , cùm libri editi habeant Pherenice.
.(b) C’est le nom d’une rivière, auprès de laquelle se célébraient les jeux olympiques.
(c) Pausan., Lib, PV, pag. 153.
porté la victoire , elle sauta pardessus une barrière qui servait de parquet aux maîtres des combattans , et fit connaître son sexe par cette action. On aurait procédé contre elle selon les lois, si les juges n'avaient cru qu'ils devaient l’absoudre, à cause qu'il se trouva que son père et que ses freres avaient gagné le prix de ces jeux , et que son fils venait de le remporter :
tant de gloire dans une famille obtint grâce pour cette femme.
Mais on fit une loi, qu’à l'avenir les maîtres mêmes des athlètes viendraient nus à ces spectacles. Il ne faut pas oublier que la Bérénice dont il s’agit était fille de ce Diagoras Rhodien, qui fit tant parler de lui dans les jeux publics de la Grece (d). Je ne Sals Si aucun commentateur moderne remarque cela. Il est aisé de trouver en quel temps vivait cette Bérénice (D).
(d) Voyez la remarque (C).
(A) Ælle obtint la liberté d'assister aux jeux olympiques , qui avait été étée aux femmes par décret public. ] Cette défense suppose que l’on ne se fia point aux suggestions de la bienséance et de la pudeur naturelle.
Les athlètes étaient tout nus : cela seul devait bannir de ces sortes de spectacles le beau sexe. Néanmoins on ne compta point là-dessus : on fit des lois , et on les notifia , pour interdire aux femmes la vue de ces exercices.
Passe pour cela : on songeait au grand pouvoir de la curiosité ; mais qui pourrait ne pas condamner la rigueur extrême et cruelle de ces nouveaux législateurs ? Ils ordonnérent que si quelque femme était surprise dans ces assemblées , ou si seulementelle passait la rivière en ce temps-là , elle serait précipitée du haut d’une montatagne (1). Il ne faut pas s'étonner
(x) Voyez Pausanias, Liv, F, pag. 153.
BÉRÉNICE
qu'aucune femme n’ait été punie de ce terrible supplice (2). La vue de quelques hommes nus ne devait pas être un charme ou un attrait assez fort pour faire négliger un si grand péril :
et si enfin il se trouva une femme qui n’observa point la défense , c’est qu’elle ne crut rien risquer. Elle s'était déguisée en homme, et ne songea pas qu’un simple saut la trahirait. Apparemment elle fut si transportée de joie, en voyant que son fils vainquait , qu’elle s’élançca un peu trop gaillardement sur la barrière : que sait-on même si ses habits ne s’accrochèrent pas en quelque endroit, par un accident imprévu ? quoi qu’il en soit , elle donna , sans y penser , un nouveau spectacle , qui troubla la fête , et qui fit naître un procès dont elle sortit victorieuse. Je dis sans y penser ; car il ne faut point croire ce
ue dit un savant critique , qu’elle se déshabilla tout exprès, afin de faire montre de son sexe , en voyant la victoire de son fils. Scribit autem ( Pausanias ) nemini fuisse suspectam , donec viso filio victore vestem abjiceret mulieremque se ostenderet (3). Il a tort d’imputer cela à Pausanias , qui n’a voulu dire autre chose , sinon que cette femme , en passant par-dessus la barrière , découvritunenudité qu’il fallait cacher. Voici son grec : To £pu- Ja, £y @ TOUS YUMVAS AS EXOUTI ÉTEIANUpévous, roro dreprndèoa à KanumäTerpa éyvuvobn. Sepimentum in quo magistros seclusas habent transiliens , nudata est (4). Romulus Amasæus a mal traduit , transiluit veste posité, comme l’a remarqué Sylburgius.
(B) Quelques-uns disent qu’elle obtint ce privilège avant que son fils eût été vainqueur. ] Valère Maxime l'assure ; voici ses paroles : Pherenices quoque non vulgaris honos , cui soli omnium foœminarum gÿmnico spectacula interesse permissum est, cum ad Olympia filium Euclea certamen ingressurum adduxisset , olympionico patre genita , fratribus eamdem palmam assecutis Latera ejus cingentibus (5). Élien raconte la même chose, et dit que la cause fut plaidée , et que
(2) Idem, ibid.
(3) Schefferus , in Ælian., Lib. X , cap. I.
(4) Pausan. , Ub. V, pag. 153.
{5) Val, Maxim. , Lib. PTIT, sub fin.
BÉRÉNICE
Phérénice la gagna (6). Il n’y a point lieu de douter qu'Æuclea , dans Valère Maxime , ne soit le nom du jeune athlète qui fut mené sur les rangs par Bérénice. Pausanias ne le nomme point ainsi : il l’appelle Pisidore ou Pisirode (7). On ne doit pas conjecturer qu'£uclea , dans les auteurs grecs qui fournirent à Valère Maxime cet événement , était l’épithète des jeux , et non pas le nom de l’athlète ; mais que Pécrivain latin , n’ayant pas été assez attentif , crut trouver un nom propre où il n’y avait qu’une épithète : on ne doit point, dis-je, avancer cette conjecture , puisque nous trouvons un athlète nommé Euclés, qui était pour le moins le neveu de Bérénice (8). Il faut donc croire qu’il y a des auteurs grecs qui ont donné le nom d’Euclès à son fils : ce sont ceux que Valère Maxime copia. Voyez la remarque suivante,
(C) On a nommé cette femme Callipatira selon quelques-uns , Phérénice selon quelques autres. ] C’est ce que Pausanias remarque dans son V®. livre (9) ; mais dans le VIe. (ro), il dit une chose qui semble prouver manifestement que Callipatira et Phérénice étaient deux sœurs , filles du fameux athlète Diagoras. Il dit que Diagoras eut le bonheur de remporter des victoires et d’avoir trois fils qui en remportérent , et des filles dont les fils en remportérent aussi. Il dit Fizzes au nombre pluriel , d’où il faut conclure que les deux petits-fils de Diagoras, desquels il parle, n'étaient point frères, mais seulement cousins germains, fils de deux sœurs. Il nomme l’un de ces deux petits-fils , Æucles, et l’autre Pisidore. Il dit qu'Euclès était fils de Callianax et de Callipatira fille de Diagoras, Il ne nomme point la mère de Pisidore : il dit seulement que sa mère , déguisée en maître des jeunes athlètes , le mena sur la lice des combattans. Je le répète; puisqu'il a par-
(6) Ælian., Lib. X, cap. I,
(7) Pausanias , liv, V', pag. 153, dit Haoi-*
podos, et liv. VI, pag. 184, Ileioidwpoc : il faudrait corriger l'un par l’autre ; car il est visible qu'en ces deux passages il s'agit d'un seul et même homme. Il vaut mieux mettre partout Pisidore. à
(8) 4pud Pausan., lib. VIT, pag. 183, 184.
(9) Pag. 153.
(50) Pag. 184,
lé-des filles de Diagoras au nombre pluriel , puisqu'il a dit que les deux petits-fils de Diagoras du côté des filles avaient remporté des victoires , il faut qu’il ait prétendu que la mére d’Euclès et la mère de Pisidore étaient deux sœurs. Or la mère d’Euclès se nommait Callipatira : il est donc juste de penser que la mère de Pisidore ne se nommait point Callipatira , et qu’elle se nommait Phérénice ; car c’est le nom que plusieurs lui donnent dans le Ve. livre de Pausanias : et si quelques-uns ont nommé Callipatira celle qui sous l'équipage d’un maître des athlètes mena son fils Pisidore au combat des jeux olympiques, il faut attribuer cela aux mêmes causes qui font que tant d'écrivains peu exacts confondent les actions d’une personne avec les actions d’une autre.
(D) ZI est aisé de trouver en quel temps vivait cette Bérénice. ] Pausanias nous apprend qu’elle était fille de Diagoras , et sœur de Dorieus (11). Or Dorieus se battit pour les Lacédémoniens contre les Athéniens , au temps que Conon était général de ceux-ci (12) : il florissait donc vers la 95°.
olympiade. Consultez la remarque (D) de l’article de Diacoras Rhodien, où je recherche quel est le temps auquel il vivait.
(t1) Pausan. , 4h. VI, pag. 184.
(x2) Idem, ibid., pag. 185.
BÉRÉNICE, femme courageuse et vindicative , ayant perdu son fils par le complot de Laodice , monta bien armée sur un chariot, et poursuivit le meurtrier si vivement qu’elle le tua.
Il s'appelait Cæneüs. Il n'avait fait qu’exécuter un ordre royal, Elle le manqua, en lwi lançant son javelot : mais non pas , en lui jetant une pierre; car du coup de cette pierre , elle le renversa raide mort. Ensuite elle fit passer sur lui son chariot , et se retira à travers les troupes ennemies dans la maison où elle croyait qu’on avait caché le corps de son fils. Voilà ce qu’on trouve
dans Valére Maxime (a). Il y a quelque apparence que cet auteur a joint pêle-mêle ce qui ne convient que séparément à deux personnes. Les commentateurs s’y trouvent embarrassés (A).
Voyez la remarque.
(a) Valer. Maxim., lib. IX, cap. X, sub fin.
(A) Valère Maxime lui attribue apparemment ce qui ne convient qu'à deux personnes. Les commentateurs s'y trouvent embarrassés. 1 Olivier, qui a fait de longues notes sur Valère Maxime , pleines d’une érudition triviale , prétend que la Bérénice dont il est ici question, s'appelait aussi Laodice , et qu’elle était sœur de ce Mithridate qui fit si long-temps la guerre aux Romains. Là-dessus , 1l conte que cette dame fut mariée en premières noces avec Âriarathe , roi de Cappadoce , et en secondes avec Nicomèede, roi de Bithynie ; et que les deux fils
w’elle avait eus d’Ariarathe , ayant été tués par Mithridate , l’un immédiatement , l’autre mediatement , elle s’arma , et poursuivit Cæneüs , qui avaitexécuté Les ordres de Mithridate , et le punit de la manière que Valère Maxime le rapporte. J'ai à dire contre ce récit : 1°. que Valère Maxime a été si éloigné de vouloir parler d’une femme qui se aommât indifféremment Bérénice ou Laodice, qu’il remarque que Laodice fit tuer le fils de Bérénice.
2°, La première partie du récit de notre commentateur se trouve bien dans Justin (1); maison n’y trouve pas que la sœur de Mithridate , femme d’Ariarathe et de Nicomède, eût d’autre nom que celui de Laodice. 5°. On n’y trouve pas que le second'fils d’Ariarathe et de Laodice ait été tué par ordre de Mithridate : on y trouve, au contraire, qu’il mourut de maladie, /Vec mullo post adolescens ex ægritudine collecté infirmitate , decedit (2).4°. La dernière partie de ce récit est contredite et démentie manifestement par Justin ; car voici de quelle manière il rapporte que Laodice tâcha de se venger de son frère , après avoir perdu
(2) Justinus , Lib. XXPTIT , cap. I et II.
{2) Fd., ibid, , cap. TI.
se & "é . "7" dpt ed à Lx
BÉRÉNICE
ses deux fils. Nicoméde, son second mari, Suborna un très - beau jeune garçon , pour faire accroire qu’il restait un troisième fils d’Ariarathe , et il envoya Laodice à Rome , avec ordre de témoigner qu’Ariarathe avait laissé trois garcons, dont le dernier était encore vivant, et demandait au peuple romain le royaume de son père, 5°. C’est une chose trop hardie pour mériter d’être soufferte , que d’avancer plusieurs faits circonstanciés , sans en pouvoir citer de témoins. Où est-ce qu'Olivier a lu que la sœur de:
Mithridate monta sur un chariot , poursuivit Cæneüs , le meurtrier de son second fils , etc. ? Je remarquerai, en passant , que Freinshemius n’a pas eu raison d’accuser Justin de se contredire , ou de brouiller prodigieusement l’histoire (3). Justin a parlé de deux laodices mariées à deux Ariarathes.
La première , après la mort de son mari, tua cinq de sesenfans , et aurait tué le sixième, le seul quiluirestät, si les parens ne l’eussent dérobé à sa barbarie (4). Le peuplese défit de cette mégère, La seconde Laodice épousa ce fils d’Ariarathe qui était seul demeuré de reste. Ou verra ceci amplement dans un autre endroit (5). Plût à Dieu que Justin ne fût coupable d’autres confusions et d’autres contradictions
que de celles-là !
Le père Cantel a observé qu’Olivier avait eu tort de donner à la sœur de Mithridate l’action que Valère Maxime rapporte. Il croit , lui , que Valère Maxime a voulu parler de Bérénice et de Laodice , femmes d’Antiochus Theüs , et filles toutes deux de Ptolomée Philadelphe. Tout le monde ne demeure pas d’accord qu’elles fussent sœurs. Polyænus, cité par un confrère du père Cantel (6), assure que Laodice , femme d’Antiochus Theuüs, était sœur de son mari, et fille d'Antiochus Soter. Pour Bérénice , l’autre femme d’Antiochus Theus , on convient généralement qu’elle était fille de Ptolomée Philadelphe. Néanmoins on ne saurait condamner le père Cantel : il a pour lui l’autorité d’Appien (:).1Il
(3) Poyez le Justin de M. Grævius , pag. 548.
(4) Justin., Lb. XXA VIT, cap. I.
(5) Dans l'article Carravoce , remarque (1), num. TITI, dans l'alinéa.
(6) Par lepère Hardouin sur Pline, liv. VII, chap. XIT, pag. 25
(7) Appian. , in Syriacis , ciroa finem.
BÉRÉNICE
a quelque raison de croire que Valère Maxime a voulu parler des femmes d’Antiochus Theus ; mais il devait le censurer d’avoir mis une pièce de rapport à la triste destinée de Bérénice, La vaillance que cet auteur attribue à sa Bérénice , et le bon succès qu’il lui fait avoir contre lassassin de son fils, ne conviennent point à la femme d’Anthiochus ; car, bien loin qu’elle ait pu venger la mort de son fils , elle fut cruellement massacrée avec lui dans le lieu où elle s'était sauvée. Il est vrai d’ailleurs que ce fat une Laodice qui lui procura ce malheur (8). Mais puisque le père Cantel a cru que lauteur qu'il commentait avait eu en vue l’histoire des femmes d’Antiochus Theüs , il ne devait point marquer en marge l’an 664 de Rome : cette chronologie est trop différente de celle qui convient à ces deux princesses (9).
(8) Voyez Justin. , Lib. XXVTII , cap. I.
(a) Antiochus T'heiüs commenca de régner
environ l'an de Rome 492. Voyez Calvisius, ad ann. mundi 3689.
BÉRÉNICE , fille de Ptolomée Aulètes , roi d'Égypte, succéda à son père, avant qu'il mourût.
Je ne trouve pas qu’elle ait excite les Égyptiens à le chasser (a):
et 1l y a quelque apparence qu'ils se porterent d’eux-mêmés à se délivrer d’un joug incommode, sans qu’elle les y animât ; mais il est sûr qu’aussitôt que le père fut chassé, la fille fut couronnée (A). Ce prince banni im plora l’assistance des Romains, et obtint enfin que Gabinius , gouverneur de la Syrie, travaillerait à le rétablir. Pompée fit ce couplà ; car le peuple romain , appuyé sur quelque vers de la sibylle, ne voulut pas qu’on se mêlât de ce rétablissement. Bérénice , de son côté , fit toutes les diligences possibles , pour se maintenir sur le trône; et quoiqu’elle craignît les Romains, elle ne fit à
(a) Voyez la remarque (C).
son père aucune proposition d’accommodement , ni aucune sorte d’honnêteté (b). Comme elle crut qu'un mari lui serait d’un grand usage, elle attira un prince nommé Séleucus , issu des rois de Syrie, et l’associa à son lit nupPtial et à son sceptre.
Elle en fut bientôt dégoûtée , ne trouvant pas que ce fût un homme d'aucun mérite , et le fit mourir (c) : apres quoi , elle jeta la vue sur Archélaus, fils de celui qui avait quitte le parti de Mithridate, pour se joindre à Sylla. Elle s’offrit à lui en mariage (B), et lui promit de lui faire part de sa royauté. Il était alors dans l’armée de Gabinius, et on l’aurait facilement empéché d'aller trouver Bérénice, si Gabinius n’avait mieux aime pour ses intérêts particuliers lui donner la liberté d’épouser cette princesse (C). Archélaus l’épousa effectivement , etse mit à la tête de ses troupes , afin de repousser les Romains, qui prétendaient rétablir le roi Ptolomée. Il fut tué dans un combat (D). Ptolomée rentra dans Alexandrie, et fit mourir sans pitié sa fille re-— belle (d). Voilà quel fut le destin de Bérénice. Un auteur moderne a tres-bien développé toutes les intrigues qu’on fit à Rome pour le rétablissement de Ptolomée; mais il s’est trompé dans les circonstances de la detention d’Archélauüs (E).
f4* \ \ NN \ eh : # (D) ”Erienes prev oudey pos æuTov , nai-
roi oGouuévn Toûs ‘Pœuaæious, érpafe.
Ea quamquam Romanos inelucbat , nihil tamen mansueii Ptolemæo exhibuit. Dio, lib. XXXIX, pag. 130.
(c) Foyez la remarque (G).
9 Ex Dione, lib. XXXIX, pag. 130, I9I.
(A) Aussitôt que son père fut chassé, elle fut couronnée.] Strabon remarque que ce prince avait trois filles , Kb Vaînée , qui était légitime, fut placée sur le trône (1). Ce narré n’est point exact , si l’on suppose que Porphyre a parlé comme il fallait de cette révolntion ; car 1l assure que Cléopâtre ou Tryphène, et Bérénice , devx filles de Ptolomée , régnérent ensemble la premiére année de la fuite de leur père ,et que, Tryphène étant morte, sa sœur Bérénice régna seule pendant deux ans (+). Cela montre que Bérénice n’était point l’aînée, et fortifie mon opinion qu’elle ne cabala point pour chasser le roi : les soupcons tomberaient plutôt sur sa sœur T'ryphène.
Je ne prétends pas nier qu'il ne soit possible que l’ambition les ait portées à favoriser les mécontens , et à s’ouvrir le chemin du trône par la destitution de leur père : je prétends seulement que les anciens livres ne contiennent point ce fait. M. Baudelot a soutenu le contraire (3); mais je suis sûr qu'en examinant ce qu'il emprunte , ou de Dion, ou de Porphyre, ou de Photius , on n'y trouvera aucune preuve de son opinion. Ce qu’il allègue de plus fort est que Ptolomée , étouffant les sentimens paternels , fit mourir sa fille Bérénice , à cause de ce qu’elle avait commis. Ilest clair que, sans la faire complice de la révolte des Égyptiens , on la jugera assez criminelle aux yeux de son père , pourvu seulement que l’on songe qu’elle accepta la couronne , et qu’elle employa toutes sortes de moyens pour se maintenir dans l’usurpation.
(B) Elle s’offrit à Archélaïüs en mariage. ] J'ai raison de dire cela ; mais le père Noris n’a pas eu raison de le dire. ÆArchelaus à Berenice spe nupdiarum Aiexandriam evooatus , eddem uxore ductä, copias contra Gabinium ducens, victus prælio occubuit, mense regnisexto. Ex Strubone, lib. 12. pag.
385 (4). Si je n'avais eu à citer que Strabon , je n’aurais pas voulu dire, comme à fait le père Noris , que Bérénice l’attira , en lui promettant de l’é-
(1) Strabo , Lib. XVII, pag. 54n.
(2) Porphyr. apud Eusebium, in Chron», pag.
60, edit. Scaligeri, ann. 1658.
(3) Baudelot de Dairval , Histoire de Ptolemée Aulètes, pag. 131, 167 et suiv.
(4) Noris, Genotaph, Pisan., pag, 225.
BÉRÉ NICE. ,
pouser. Je ne trouve point dans Strabon que cette princesse ait songé à Archélaüs ; je n’y trouve, sinon que les Egyptiens, ayant chassé leur roi Ptolomée , chérchaient un prince de sang royal pour le marier avec Bérénice , et qu’Archélaüs , sachant cela, s’offrit à eux sous la qualité supposée de fils de Mithridate Eupator et fut accepté, et régna six mois. Taÿry Énrouuévou dvdpos Bactunoë yévouc éveXcipire éauroy TOS CUMTPÉTTUUS , TporronTauevos Mibpidærou roù Eüréropos vios sivar , nai rapadeyBeic , éCasineucey LE paivac.
Ei cm quæreretur maritus regio sanguine natus , dedit se Archelaus au xiliariis suis , simulavitque se filium esse Mithridatis Eupatoris , itaque receplus , Sex menses regno potitus est (5). On peut voir là un exemple des scrupules que l’on doit avoir en rapportant ce que l’on trouve dans un auteur. La moindre licence qu’on se donne est capable quelquefois de faire tort à l'honneur des gens. Il n’est point de la bienséance , ni de la dignité d’une reine, de s’offrir pour femme et d'attirer un jeune homme par l'espérance qu'il l’épousera.
C’est à ses sujets à lui procurer un parti sortable. Strabon met les choses sur ce pied-là par rapport à Bérénice : il ne fallait donc pas rapporter le fait de la manière que l’a rapporté le père Noris ; ou bien :ül fallait citer d’autres gens que Strabon.
Si l’on avait cité Dion , rien n’eût empêche de décrier Bérénice comme une princesse qui , après avoir usurpé le trône sur celui à qui elle devait la vie, allait à la quête d’un mari et s’offrait elle-même avec sa couronne , pour le prix de la protection qui lui était nécessaire. Voyez la remarque suivante.
(C) ..… Gabinius, qui pouvait l’empécher , aima mieux .… laisser à Archélaüs la liberté d'épouser cette princesse.] Gabinius découvrit d’abord les desseins d’Archélaüs et le mit en lieu de sûreté. Déslors, c’était une affaire finie; mais, comme il craignit de ne
trouver pas assez de dificultés dans
le rétablissement de Ptolomée, poux avoir lieu d’exiger toutes les sommes que ce prince avait promises, il fit en sorte que ce rétablissement fût traversé de quelques obstacles. Dans cette
(5) Strabo, lib. XIT, pag. 384. Voyez aussi üiv, XVII, pag. 548.
ET
BÉRÉNICE
vue, ilne trouva point de meilleur expédient que de laisser mettre Archélaus à la tête des rebelles. Archélaüs passait pour homme de main, et jouissait d’une grande réputation : le chasser d'Alexandrie parut à Gabinius un grand exploit, pour lequel on pourrait honnêtement demander à Ptolomée de magnifiques récompenses, Autre source se profit : Gabinius ne donna la liberté à son prisonnier,
w’après l'avoir bien ranconné (6).
Le ilen prit à toutes mains : il tira de l'argent des deux partis. Belle image des supercheries que l’on fait aux souverains. Îl y a telle campagne qui acheverait une guerre, si les généraux, pour leur profit particulier , ne fourissaient adroitement des ressources à lennemi. Remarquons bien qu’il fallut faire courir le bruit qu’Archélaus s’était sauvé (7). Gabinius ; bien payé de la permission qu’il lui donna de s’enfuir, se mit sans doute dans une feinte colère contre ceux qui le gardaient.
Nouvelle scène de comédie. Mais je remarque que Strabon ne savait rien de tout ce manége de Gabinius. Ce fut à son insu , dit-il, que l’on amena Àrchélaüs à Bérénice. Aabæy dé Toùroy xouiGeras dit rivos (ou Tivæv) eis Thv BaciMocav Lai dvadeixvura Éaoineuc. Eo {Gabinio) nesciente, per amicos quosdam ad reginam deductus rex declaratus fuit (8). C’est ôter un grand opprobre à ce général romain, Strabon décharge beaucoup Bérénice , et nous conduit à juger qu'elle ne fut point coupable de l’expulsion de son père. Il dit nettement que ce prince fut chasse par les habitans d'Alexandrie, qui mirent aprés cela sur le trône Paînée deses trois filles, et firent venir deSyrie un certain Cybiosacte, qui se disait issu des rois de Syrie, et le donnèrent pour mari à la reine. Elle le fit étrangler dans peu de jours, rebutée des manières basses qu’elle vit en lui. On dit qu'il fit mettrele corps d’ Alexandre dans un cercueil de verre, afin de s'approprier celui d’or massif d’où il le tira. J'ai lu ce fait dans un moderne,
qui cite Strabon et Suétone , deux auteurs qui n’en disent mot (9). Le der-
(6) Ex Dione, Lib. XXXIX, pag. 13r.
{7) Dio , cbid.
(8) Strabo, Lib. XVIT , pag. 548.
(9) L'abbé de Saint-Réal, dans le Césarion, Entret. IL, pag. 78.
nier dit en général que ce prince avait été d’une avarice sordide. Æ/exandrini Cybiosacten eum (Vespasianum) vocare perseverdrunt, cognomine unius à regibus suis turpissimarum sordium (10) ; et voici les termes de Strabon :
ToùToy Uëy oÙv OMyæY HUEpOY Tes payan- Mae À Basinara , où oipoura Tà Bavauov avroÿ war To dvercUbepor. Hunc intra paucos dies regina strangulavit, cum ejus sordes illiberalitatemque pati non posset (11).
Vous m’allez dire que cet écrivain, dans la page précédente, avait fait mention d’un Ptolomée qui, étant venu de Syrie, avait enlevé le sépulcre d’or, et n’avait tiré aucun profit de cette action, parce qu’il fut renversé bientôt ; mais qui vous a dit que cela se doit entendre du mari de Bérénice ? Ne voyez-vous pas que Strabon donne seulement à celui-ci le titre de Cybiosacte , et qu’il donne à l’autre le nom de Ptolomée, et le surnom de Coccus, et de Pareisacte ? ’Ecvanse d° aurhv 0 Kouxnc nai IlæpeioæuTos émIRAN— sic Ilronguaisc : aureum Piolemæus cognomento Coccus et Subditicius rapuit (12). Ne savez-vous pas que Dion nomme Séleucus celui qui fut marié avec Bérénice (13)? Doit-on croire que si Strabon avait prétendu parler du même homme dans la page 546, et dans la page 547, il se serait exprimé comme il s'exprime ? On ne voit dans son narré, ni phrase, ni mot, qui insinue que le Syrien qui enleva le tombeau d’or est le même Cybiosacte que Bérénice fit mourir. Lisez néanmoins les savantes Réflexions de M. Baudelot, qui croit avec l’abbé de Saint-Réal, que Cybiosacte et Ptolomée Coccus sont une même personne (14).
(D) Archélais fut tué dans un combat.] Ceci ne s'accorde point avec le XVII. livre de Strabon, où on lit que Ptolomée , ayant été rétabli dans son royaume, fit mourir sa fille et son beau-fils Archélaüs. KaraY8eic do TaGiviou Ilronguaæios , Tôvre ‘ApY£Raæoy dvaupsrna Thv Ouyarépa. Piolemæœus à Gabinio reductus Archelaum ac filiam interimit (15).Mais j'aime mieux m'en
(10) Suetonius, in Vespas. , cap. XIX.
(1x1) Strabo, Lib. XVIT , pag. 548. +
(12) Id., 1bid,, pag. 546. *
(13) Dio,, Lib. XXXIX , pag. 130.
(14) Baudelot de Dairval, Hist. de Ptolomée Aulètes, pag. x
(15) Strabo , Lib. XVTI , pag. 548.
rapporter au XIIe. livre de Strabon, qu’au XVII® ; parce que Plutarque confirme manifestement ce que Strabon a raconté au XIIE. livre: savoir, qu’Archélaüs fut tué dans un combat. Touror aëv 00v à TaGivios dveiney év rapaTaéet, Larry Toy Ironsuaior. Eum Gubinius Ptolemæum reducens in pugné occidit (16). Plutarque débite que Marc Antoine fit plusieurs actions de courage dans l’armée de Gabinius, quand on rétablit Ptolomée, et qu’il fitaussi une action d'humanité qu’on loua beaucoup :
c’est qu’il fit chercher le corps d’Archélaüs son ami, et qu’il lui fit faire des funérailles magnifiques. N'est-ce pas une preuve qu'Archélaüs avait été tué en combattant ? Tsyoyas yàp aÜT® uv #ônç nai Élyos émonêues ue dvaynaiws ÉœvrTs 4 To dé cœua merbyris ésupor, ta) noouioas LRaimnds éutdeuce. IVam qui Jamiliaritas ei cum illo et jus
ospitit intercessisset, bellum cum vivente Sessil necessario , corpus interfecti requisitum regio cultu funeravit (17). Dion raconte la chose avec un tel ordre , qu’il fait clairement entendre qu’Archélaüs fut tué dans le combat qui décida la querelle du pére et de la fille, et qu'après cette victoire de Gabinius, les Egyptiens furent obligés d'ouvrir les portes d'Alexandrie à Ptolomée, qui fit mourir Bérénice, et plusieurs autres personnes.
(£E) Un moderne... s'est trompé dans les circonstances de la détention d'Archélaüs. ] Le moderne dont je parle est l'abbé de Saint-Réal, Voyez le Ie. entretien du Césarion qu’il publia l’an 1685. La méprise que je veux marquer consiste en ce qu’il suppose qu’Archélaüs partit en secret d’auprès de Gabinius, pour aller épouser la reine d'Egypte (18); et qu'ayant été fait prisonnier dans une bataille, après que les Romains se furent rendus les maîtres de Pelusium, Gabinius lui donna les facilités nécessaires pour s’échapper, moyennant grosse rancon {19}. Dion, que l’on cite, remarque très-expressément que Gabinius laissa évader Archélaüs , avant que l’armée eût pris la route de Pelusium , et qu'il y eût eu aucun combat (20).
(26) Strabo, li. XII, pag. 384.
(37) Plutarch. , in M. Aniomio, pag. 9197.
(18) Saimi-Réal, Césarion, pag. 80, édition de Hollande en 1685.
(19) La même, pag: 82.
(20) Dio, lb. XXXIX , pag. 131.
BÉRÉNICE
BÉRÉNICE, fille de Costoba=
rus et de Salomé, sœur d’'Hérode
le Grand (A), fut mariée en premieres noces avec Aristobule, fils du même Hérode et deMariamne, et vécut en assez mauvaise in— telligence avec lui : car à cause qu'il avait un frere marié à la fille d’Archélaus, roi de Cappadoce, il reprochait souvent à Bérénice qu’il s'était meésallié en l’épousant , et qu'il s'était rendu tres-inférieur à son frere. Bérénice allait rapporter en pleurant tous ces discours et plusieurs autres à sa mere, et l’irritait furieusement : desorte que Salomé, qui avait beaucoup de pouvoir sur l'esprit d'Hérode , lui rendit sus-
pect Aristobule, et fut la prin-
cipale cause qui poussa ce cruel père à se défaire de lui (a). Bérénice, mere de cinq enfans (b), ne laissa pas de convoler en secoudes noces : elle se remaria avec un frère de la mere d’Antipater , lequel Antipater était fils d'Hérode. Ayant perdu ce second mari, elle fit un voyage à Rome , et s’y fit considérer par Auguste : mais surtout elle s’insinua dans les bonnes grâces d’Antonia, femme de Drusus(B); ce qui dans la suite servit beaucoup à son fils Agrippa. Au premier voyage que celui-ci fit à Rome, sa mère Bérénice vivait encore (C) ; mais au second , elle était morte. |
(a) Joseph. , de Bell. jud., &b.T,cap. XVII.
(b) Trois fils et deux filles : les fils furent Agrippa I°*.du nom, roi de Judée; Herode, roi de Chalcide; et Aristobule : les filles furent Hérodias et Mariamne. Jos. , de Bell.
jud., lib. 1, cap. XWIIT.
(A) Elle était fille de Costobarus et de Salomé sœur d’Hérode-le-Grand. 7] Josephe le ditexpressément : c’est done