‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 4)Chapitre 7 sur 109 · BALTHASAR · texte numérisé non relu

BALTHASAR

mis n’était plus en vie l'an 1523. M.

Simon dit que la version de, cette grammaire est mot à mot , et fort barbare (5); qu'il y a , à la vérüé, peu de méthode dans cet auteur , mais qW’il fait paraftre d'ailleurs une grande érudition , et qu’il reprend en une infinite d’endroits Les erreurs des grammairiens qui ont écrit avant lui (6). M. Huet rapporte très-fidèlement ce qui concerne la version latine (7). Il dit que Balmis la commença, et que Calos Calonymos l’acheva , et que le premier la fit barbare et plus obscure que l'original ; mais que le second, voulant éviter les défauts de l’autre , ée jeta dans l'extrémité opposée.

(C) IL se plaisait beaucoup plus à réfuter… qu'à établir quelque chose de certain. | Munster lui fait ce reproche. Abraham de Balmis , dit-il , (8) nihil aliud augere mihi visus est quüm veterum docirinam perpetud convellere atque impugnare , magis in insectando occupatus, quam in docendo.

At in dubium tantum vocare priscorum præceptiones , cum interim nihil cerii statuas , non dicere est , sed ridere.

(5) Simon, Hist. critique du Vieux Testament, pag. 536.

(6) La même, pag. 278.

(7) Huetius de Clar. Interpretibus, pag. 186 et 187. M. Baillet, Jugement des Savans, tom, TI, num. 724, pag. 206, lui fait dire que cette vérsion fut faite par un anonyme.

(8) Munster, in Præfai. Grammat. Eliæ, apud Spizelii Felicem Litteratum, pag. 958,

BALTHASAR (CuriSToPHLE) a été un homme d’érudition et de mérite dans le XVIT®. siecle. Il s’appliqua principalement à l’étude de l’histoire ecclésiastique , et ce fut cette application qui lui donna un fort grand dégoût pour la religion romaine, et un grand désir d’embrasser la religion protestante. Il avait une charge considérable dans le présidial d'Auxerre (a), et comme il fallait se résoudre à la quitter, ou à ne changer pas de religion, 1l fut quelque temps dans l’embarras de cette alternative ; mais

(a) C’était celle d’avocai du roi.

Gr

enfin la conscience gagna le dessus, et l’obligea de quitter Auxerre , ses biens , sa charge , ses parens , ses amis , et de s’en aller à Charenton , où il s’agrégea publiquement à l’église réformée *.

Il y a persévéré jusques à sa mort, et a édifié ses freres, tant par sa bonne vie , que par ses discours.

La dépense qu'il fallait faire à Paris étant trop grande pour l’état où 1l se trouvait, et sa con— version le commettant trop dans une ville comme celle-là, 1l crut qu'il ferait bien de se retirer dans quelque province, et il fut ravi de se voir attirer à Castres , par un jeune et riche ‘conseiller de la chambre mi-partie de l’édit (à), qui le logea dans sa maison , et qui lui donna une pension raisonnable. Ce conseiller s’est:

mait heureux d’avoir chez soi un savant homme qui, par ses instructions et par sa conversation , lui pouvait apprendre mille belles choses. Mais comme M. Balthasar voulait travailler pour le public , ‘il souhaita d’avoir tout son temps en sa propre disposi— tion , et ainsi il se sépara de son conseiller. Son dessein fut favarisé par le synode national de Loudun l’an 1659, car cette assemblée lui accorda une pension de sept cent cinquante livres , payable par toutes les églises de France selon la répartition qui en fut faite (c). Il avait préparé,

* Joly, d’après des mémoires qu'il garantit très-sürs et très-fidèles , dont toutefois il n'indique ni les auteurs nile titre, prétend que Balthasar n’embrassa la religion réformée que de dépit de n'avoir pu faire casser à l'officialité de Paris un mariage en secondes noces qu'il avait contracté avec la fille du concierge de l’hôtel de Soissons.

(b) Il s'appelait M. de Faur.

(c) Ce fut à la requête et sur le bon te-

avant la tenue de ce synode, un bon nombre de dissertations sur des matières importantes, contre le cardinal Baronius (d). Il en mit quatre ou cinq entre les mains d’un pasteur de Castres , l’un des députés de la province du Haut-Languedoc et de la Haute-Guienne. Elles furent présentées à M. Daillé, modérateur de ce synode national, et celui de tous les ministres qui pouvait le

mieux juger de la bonté de ces

pièces. M. Daillé en fut fort content , et en rendit un témoignage fort avantageux à toute la compagnie. 11 les emporta à Paris, où l’on espérait qu’elles se— raient imprimées ; car on les jugea dignes de voir le jour. Mais l’événement a fait voir , ou qu’on ne prit point de mesures pour cela, ou qu’on n’en put prendre.

L'auteur , qui était fort vieux , et travaillé de la pierre, vint à mourir. M. Daillé mourut aussi, et apres cela, l’église de Castres a eu beau écrire lettres sur lettres pour retirer ces dissertations, elle n’a pu seulement savoir ce qu’elles étaient devenues.

M. Balthasar en laissa d’autres, qui n’étaient pas encore achevées, et quantité de recueils qui consistaient presque tous en des billets séparés, où 1l avait mis les autorités et les témoignages dont il devait se servir contre le cardinal Baronius. C’est dommage que tout cela soit demeuré dans un coffre, qui est au pou-

amoignage du synode du Haut - Languedoc et de Haute-Guienne. Il jouissait déjà d’une pension de trois cents livres. Voyez ts Actes du Synode national de Loudun, dans le Synodicon de M. Quick , tom. IT, pag. 572. |

(d) IL leur donnait le titre de Diatribes.

Son ouvrage était en latin.

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