BOLESLAS
dire en passant, ces manuscrits ne paraissent guère sûrs : il n’y a nulle apparence que Henri VII ait commencé d'aimer cette demoiselle l’an 1519.
On fera fort bien de n’en rien croire, non plus que de ce qu’on trouve dans la page 47 de cet anteur; savoir , qu’Anne passa en France à l'âge de quinze ans, lorsque la princesse d'Angleterre se maria avec Louis XIL Il aurait fallu pour cela qu’elle fût née lan 1499, et non pas, comme dit Camden, l'an 1507. Il est bien étrange qu’on sache si peu en quel temps naquit, en quel temps sortit d'Angleterre , et y retourna, une personne qui parvint d’une manière si éclatante à la royauté,
BOLESLAS I‘. du nom a été le premier roi de Pologne. Le duc Miecislas , son pére, ayant embrassé le christianisme, demanda au pape le titre et la dignité de roi , et ne l’obtint point. Son fils trouva beaucoup plus de facilité auprès de l’empereur Othon ITT, après l'avoir recu magnifiquement à Gnesne, où cet empereur avait été en pelerinage, pour y vénérer le corps de saint Adelbert (A) , martyrisé dans la Prusse depuis quatre ans (a). Ce fut Van 1000 qu'Othon alla faire ce pélerinage. Les honneurs qu'il reçut de Boleslas l’engagerent à lui témoigner sa gratitude par la collation du titre de roi (B). Il l’habilla de ses vêtemens; il lui donna les enseignes de l’empire, et particulierement l’épée et la pomme d’or croisée. Boleslas avait de fort bonnes qualités ; il fut libéral envers l’église, et fort vaillant. Il repoussa les Bohémiens jusqu’au milieu de leur pays ; il châtia les Moraves, et les rendit ses tributaires. Il punit les Prussiens 1dolâtres, qui avaient martyrisé saint Adel-
(a) Voyez Catvisius.
BOLSEC.
bert, dont il racheta le corps; il rétablit Stopolcus , duc de Russie, qui avait été dépossedé par son propre frere Jaroslaüs , etc. Il avait épousé Judith, fille de Geisa, duc de Hongrie , dont il eut des enfans (b).
() Tiré du Voyage de la reine de Pologue, par le Laboureur, pag. 139, 140.
(A) ZI reçut magnifiquement à Gnesne l’empereur Othon, qui y était allé en pélerinage pour T vénérer le corps de saint Adelbert.\ L'empereur Othon HI donnait assez dans ces sortes de dévotions. Après avoir puni Crescentius, et son anti-pape, l’an 998, il passa à Ratisbonne en revenant d’Italie, et fit vœu d'aller en pèlerinage en Pologne au tombeau du saint évéque Adelbert.…. A sonretour de Pologne, il alla à Aix avec Adélaïde sa sœur, visiter de tombeau de Charlemagne, et pour se trouver aussi à une assemblée d’évéques (1). Etant retourné en Italie, son premier soin fut de poser dans l’église de Saint-Barthélemi, en l'ile du Tibre, la main de saint Adelbert avec plusieurs autres reliques de saints martyrs, et le corps entier de saint Barthélemi, qu'il fit apporter de Bénévent.…. La méme année, poussé d’un sérieux repentir de ce qu’il avait fait
mourir le consul Crescence contre sa parole, il satisfit religieusement à la pénitence que saint Romuald lui avait enjointe , et fut à pied jusqu'au mont Gargan, et en d’autres lieux saints (2).
(B) Othon lui corfera le titrederoi.] Baronius veut revendiquer celaau pape Silvestre II, et se fonde sur ce que’ peu après le pélerinage d’Othon II, les Polonais sollicitèrent le pape pour celte qualité de roi. Ils le firent sans doute ad majorem cautelam, et pour ne se pas commettre avec une cour
ui ne cédait pas aux empereurs le Mroie d’ériger des royaumes. Mais, quoi qu'il en soit, les Polonais rapportent à Othon I! la première institution de leur royauté (3).
(x) Blanc, Hist. de Bavière , tom. II, pag.
(2) Ideïn, ibid., pag. 148.
{3) Le Laboureur , Relat. du Voyage de Pologne, pag. 139, 140.
BOLSEC\(JÉRÔME) #1 serait un honime tout-à-fait plongé dans les ténèbres de l’oubli, s’il ne s'était rendu fameux par certains ouvrages satiriques , que les moines et les missionnaires citent encore (A), quoiqu'il faille avouer qu’ils en parlent moins souvent que l’on n’en parlait sur la fin du XVI. siecle, et au commèncement du XVII®. Voici ce qu’on trouve concernant ce personnage dans les livres des protestans.
Jérôme Bolsec était un carme de Paris, qui, ayant prêché un peu librement dans l’église de Saint- Barthélemi, jeta le froc auxortes, et s'enfuit au delà des monts aupres de Renée de France, duchesse de Ferrare (a). C’était le commun asile de ceux qu’on persécutait pour les nouvelles opinions. Il s’érigea en médecin, et se maria promptement , et fiteje ne sais quoi qui fut cause qu’on le chassa (à). Il s’en alla à Génève sur le pied de médecin ; et, ne trouvant pas ul se distinguât assez de ce côté-là, 1l entreprit de trancher du théologien , et dogmatisa d’abord en secret sur le mystere de Ja prédestination , suivant les principes de Pélage * ; et puis, *1 La Bibl. française, XXIX, 190, rapporte que l'épître dédicatoire de la Vie de Calvin est signée Æierosme Hermas Bolsec, et datée du 24 juin 1577. Le frontispice du