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» veux établir pour maxime , » dit- » de prendre beaucoup de petite
» #('9) > que quand je voudrai par- » pour le prouver. Il suffit que Dieu
» 1er de Dieu avec exactitude , une » ait dit une chose , pour nous faire
» faudra pas me consulter raoi-mê- » comprendre qu'il ne veut point
» me , ni parler à l'ordinaire , mais » tromper. Je dis qu'il ne veut point
» m'élever en esprit au-dessus de » tromper , afin que Ton ne croie
y toutes les créatures , pour consul- » pas qu'il ne le puisse , s'il voulait.
» ter l'idée vaste et immense de » Car comme un chacun qui entre-
» l'Etre infiniment parfait ; en sorte a prend de tromper un autre , est
» qu'il me sera bien permis, dans un » censé être en quelque façon au-
» traité de morale , de dire que Dieu » dessus de lui en cette chose-là , et
» s'est repenti , qu't/ s est mis en co- » le surpasser soit par l'adresse de
» 1ère , etc. Mais ces expressions , ou » son esprit , soit par la force , soit
» d'autres semblables , ne me seront » par quelque autre faculté que ce
» point permises dans un traité pu- » soit , et que tant la sapience de
» rement métaphysique , dans lequel » Dieu, que sa puissance et tous
» il faut parler exactement.». » ses autres attributs sont infinis,
Souvenons-nous que si l'Ecriture » qui ne voit que les créatures , me-
représente Dieu très -souvent sous » mêles plus parfaites, parce que,
des idées populaires , et par consé- » par cela même que ce sont des
rat être mpar le créa-
nous fournit ailleurs le correctif dont » teur qui est infini ? Mais je nie
on peut avoir besoin , je veux dire » pourtant qu'il le veuille faire. Car
la description de l'Être infini dans sa n à peine pouvons nous comprendre
majesté immuable et infiniment par- m cette volonté de tromper , que
faite. » nous ne jugions, ou qu'il y ait quel-
(G) On cria beaucoup en Hollande » que malice jointe , par laquelle
contre un ministre qui avait dit la » nous tâchons d'abuser celui que
même chose , mais avec des restric- » nous n'avons pas l'assurance d'at-
paraître
intitulé : Philosophia S. Scriplufœ » choses marquant une grande im-
Interpres, Exercitatio paradoxa. Les » perfection \ il faut entièrement les
théologiens orthodoxes le trouvèrent » éloigner de celui que nous consi-
Êernicieux , et pis que socinien. » dérons comme très-parfait par l'as- T. de Wolzogu| fut un de ceux le réfutèrent, mais ce
auspices si peu favorables , que l'on Ceux q
cria contre sa réfutation (20) autant zoguc(a3) firent beaucoup de vacar-
. ou plus que contre le livre même mes au sujet de cette proposition,
qu'il réfutait. Voici l'une des choses Dieu pourrait tromper s'il voulait.
dont on se choqua le plus : je la rap- Il est certain qu'elle sonne mal , et
f>orte en français selon la version de qu'encore que l'explication que l'au-
'auteur (ai). « Il s'ensuit, en troi- teuryapposa la ramenât au sentiment
*> sième lieu , que je prouve que Dieu ordinaire des théologiens orthodoxes, » ne veut pas même tromper person-
i> sonne. Quoiqu'il ne soit pas besoin (22) WoUogne, Apologie pour le synode de
Naenlcn , part. IV, pag. 160.
(19) Régis, Système de Philosophie, tom. /, (a3) Voyez M. Vander Wacyen , a la page
pag. 168 , édition de , 1/1-12. île son livre pro verâ et geooniâ Reformatorum
(10) Elle est intitulée : De Scripturaram la ter- Sententiâ , Prœsertim in negotio de InUnprcte
Srete advcrsns L'xercilatorcm paradoxum libri Scriptura;. vW. Vogelsang , au II*, chapitre du
uo , et fut imprimée l'an îGG";. Necessaria RcsponMO ad praifationem Ludovici
(ai) Ile latin est à la page 24 de son livre , à Wolioaii. Jean Broun , ministre écossais , à ta
'a première édition, «t h la page 11 du la seconde pape 61 de son Woltogins Causa? PttxUtor , et
edttton. plusieurs autres.
u'il est impossible que Dieu trompe , » et fais qinsi. Maintenant donc voici aurait mieux fait de s'abstenir de >» que l'Eternel a mis un esprit menées paroles choquantes % qui au fond » songer en la bouche de tous ces ne servaient de rien à l'aii'airc ; et ce » tiens prophètes , et F Étemel a pron'était qu'une parenthèse entièrement » nonce du mal contre toi. Lorsque inutile. Il me semble qu'en agissant » Dieu a voulu et qu'il a commandé de sang-froid on eût borné à cela » qu'Achab fdt séduit , et qu'il a mis toute la censure, si ce n'est peut- » un esprit mensonger ( car voilà, être que Ton y eût ajouté cette » comme parlent Junius et Tremelcritique : Un auteur qui paraît si » lius), aoit-il être accusé en aucune attaché à M. Descartes , ne doit » façon de faiblesse d'esprit ou de point prendre de circuits pour dire y* malice (24) ? Voyez la note (a5). crue Dieu ne peut pas tromper. 11 le Citons encore un passage qui nous doit dire en trois mots , et non pas apprendra que cette témérité de Laavec des détours qui aient besoin badie ne choqua point les adverd'analyse. Ceux qui s expriment aiusi, saires de M. de Wolzogue. C'est un Les reprouvés pourraient aimer Dieu passage bien long , mais puisqu'il s'ils voulaient , mais leur corruption contient une doctrine qui développe est si grande qu'ils ne peuvent pas solidement la proposition censurée, vouloir aimer Dieu , disent au fond il ne faudra pas trouver étrange que la même chose que ceux qui assu- je le rapporte. Cela sert à l'instrucrent rondement qu'il est impossible tion du lecteur et quant au droit et aux réprouvés daimer Dieu. Cette quant au fait. Voici donc ce que dernière proposition étant plus cour- M. de Volzogne étale dans V Avantte est préférable à l'autre. Tout de Propos d'un recueil de Juge mens même , puisqu'il est plus court de qu'il fit imprimer l'an 1669 (36). dire, Dieu ne peut pas tromper, que « (37) La principale objection, et de dire il pourrait tromper s'il vou- » celle qui fait le plus d éclat , est lait, mais sa sainteté est si grande » ce que j'ai dit, que Dieu peut tromqu'il ne peut pas tromper, à quoi s'a- » per s'il veut. Car il semble par-là musait ML de Wolzogue de chercher » que je veuille soutenir que Dieu tant de circuits , et tant d'ambages ? » est capable de tromper. Mais je quoi qu'il en soit, il y a plus de rai- » crois qu'il n'y a rien de si innocent son de s'étonner qu'on n'ait pas ré- » que ce que j'ai dit, et que quand duit â cela toute la critique , que de » on veut prendre la peine de le bien voir que le sieur de Labadie, qui, » examiner, on trouvera qu'il est au nom de l'église wallonne de Mid- » très-orthodoxe. Car si l'on y trouve delbourg , fit un prflcès dans toutes » quelque chose à redire , ce doit les formes à M. de Wolzogue devant » être ou au sens , ou aux paroles, le synode wallon, osa l'accuser d'hé- » Pour ce qui est du sens , je pose térodoxie pour avoir dit que Dieu nç » qu'il est impossible que Dieu trompouvait pas vouloir nous tromper. » pe jamais, comme il est impossi- « M. de Labadie m'a objecté,dans son » ble qu'il mente , ou qu'il se renie » écrit latin, comme une erreur con- » soi-même : je le dis expressément » traire à l'Ecriture , non pas ce que » en plusieurs endroits de mon livre, » je dis que Dieu pourrait nous trom- » j'en fais le fondement de toute ma » per s'il voulait, mais ce que j'y » dispute , et je tiens cettevérité si » ajoute que Dieu ne.peut point vou- » importante, que je crois que sans » loir nous tromper. 11 m'accuse de , w , » , • , j