‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 119 sur 142 · RINUCCINI · texte numérisé non relu

RINUCCINI

Quelqu^unsdisent une Gabriel ^fj^T, Chiabrera donna la naissance aux ^ ratione non perspexerat , sa chansons anacréontiques (e) , et te aijecU , experiendo contempsv qu'Émile Cavéléri , gentilhomme tumque ad pietatis amorem et romain, avait fait des opéra mkm Florentiœ diem obUt extre,, um. avant notre Rinuccini {J ). l^uoi yoici Ia pavaphrase que M. Bau.et a qu'il en soit, on ne peut nier que faite de ces paroles latines : « Ottales pièces dramatiques de celui- » vio Rinuccini .... est connu eu

ci nW surpasseV Ja pompe ; ^«fcllK

des machines , et par les deco- w et ^discrétion de découvrir les

rations des scènes , et par Thabi- » motifs qui Pavaient porté à se

leté des acteurs , tout ce qui avait » mettre à la suite de la reine Marie

été fait auparavant en ce genre- ; ^^^J1^^

là (g). Je ne crois pas qu il ait M §e yie et d'occupations sur la tin

eu raison de dire qu'il apporta » de ses jours , que la vertu et la sa-

en France la première pratique » gesse de notre reine , dont son cœur

j „ i^n«f* rr\ if1*™* POfn,,pni à >» avait été fort mal satisfait, lui ht des ballets (C). Etant retourne a m ,eg ^ efc que s,en éUnt

Florence , il se dégoûta ennn des B retourn^ en Italie avec un repcn-

folies de Pambur pour lesquelles » tir sincère et une honte fort salu-

il avait eu unWchant fortsin- » taire il se jeta dans des exercices

i- /l\ r i„ «'o » de pieté qu'il ne quitta qu avec la

guher (h). Ce que la raison n a- 9 H

vait pu faire , le rassasiement et ^ nj-ut ie premier qui. . . . cornl'expérience le firent , en lui posa des pièces représentées en mudonnant du mépris pour les sique sur le théâtre. ] Nicius Eryi -i • Z. ^ thréus lui attribue quatre opéra , cechoses qui lui avaient trop oc- lui de Daphné(4)> ^lui Eurydice,

cupé le cœur. Il rentra en lui- celui d'Aréthuse, et celui d'Ariadne même et s'attacha tout entier à la (5). Mais M. RilH ne fait aucune raenpiété, et mourut en cet état à tion de T Aréthuse , quoiqu'il ait fait / .v m • i „„„ bien des recheixhes pour 1 article ac

Florence (0- Plusieurs de ses " a poète. Il nous apprend (6) poésies y furent imprimées après „ue la Daphné, représentée devant

, . mariage ae inarw uc wcun,u

(e) Crescimbeni, Istor. délia vol gar Poe- Henri IV, fut imprimée dans la même sia , pag. 149. ville, Tan 1600, m 4° ; que 1 Ariadne ,

(/) Nicius Erythneus, pinac. I , pag. 62. représentée au mariage du prince de {g) Idem, ibidem. Mantou» avec Pinfante de Savoie,

(//) Voyez la remarque (A). fut imprimée dans la même ville, Tan

(t) Nicius ErytUncus , pinac. I , pag. 62. 1608 , in- 4° j que la Mascherata <IcU

Ingrate , ballet dansé au mariage de (A) Il suivit en France Marie de ce prince de Mantoue , fut imprimée Médicis, dont il était amoureux.] à Mantoue, Tan i6o8,m-4°j que les Nicius Érithréus nous apprend cette uersi sacriCantati nella cappella délia particularité. Mariam Medicœam , w dit-il (1), Galliœ reginam, non ma- (») ^jfyj**"*' iUt lesPoëU5s» l3'°jori ambitione quhm vanitate adama- <|) jf ™™' hium , au lieu <fc D.phaem , vit : quam etiam honoris gratta , pro- rf<££ t

'imprimé de Nicius Erythréus.

SecutUS est euntem in Galliam. Sed (5) Nicius Erythi-Bus, pinac. I, pag. 101.

postca wersus in Italiam, omissis (6) J^a^V ^t,

r illusln dcll Accademia UoreaUua, part. 1, y^.

(i) Nie E^Uirwus , pinacolh. I, pag. (ia. /, pag. a58 , 260.

RINUCCINI. 54i

t àssima archiduchessa <T Austria, per difetto délia musioa moderna , di i 'Uchessa di Toscana, et l'Ode gran lunga cdV antica inferiore ; ma V« de' Giuocatori di Pallone , pensiero si fatlo mi toise interamente

ieuite volante, outre des sonnets composta dame, solo perfore una

et dés chansons, etc., inse'rés dans les semplice proua di quello, che potesse

ouvrages d'autrui ; et au'on a en ma- il canto nelT eta\ nostra , clic incre-

nuscrit un très-grana nombre de dibilmente piacque a que* pochi che

pièces qui mériteraient de voir le l'udirono ; onde preso animo , e data

jour. Il cite (7) un passage de Pierre miglior forma alla stessa favola , e

François Rinuccini (8) , qui nous aj>- di nuovo rappresentandola in casa il

prend qu'Ottavio Rinuccini mérita Sig. Jacopo , fu ella non solo dalla

beaucoup de louanges par rajpport nobilita ai tutta questa palria favori-

aux y ersi Sciolti, dans son panegvri- ta , ma dalla Sereniss. granduchessa,

que sur la naissance de Louis XIII, et e dagV illustrissimi cardinali dal

qu'il avait eu dessein de traduire en Monte e Montalto , udita , e com-

cette espèce de vers les six livres de mendata ; ma molto maggior favore,

sainte Catherine \ mais qu'il n'en e fortuna ha sortitoV Euridicc, messa

avait traduit que le premier, et in musica dal medesimo Péri, con

qu'on était résolu de le donner au arte mirabile y e daaltri nonpiit usa-

public, quoique l'auteur n'y ait pas ta, hauendo meritato dalla benignità

mis la dernière main. Voilà ce que e magnificenza del sereniss. grandu-

M. Rilli nous apprend suites œuvres ca d'essere rappresentata in nobilissi*

de notre Ottavio. Aurait-il ignoré nia scena , alla presenza di y, M.

ce qui concerne cet opéra d'Arethuse del cardinal le^ato , e di tanli princi-

dont Érithréus a fait mention (9) ? pi, e signori d Jtalia e di Francia; la

Mais , pour venir au fait , copions onde cominciando io a conoscere

un long passage de l'épUre dédica- yuanto simili rappresentazioni in mu-

toire de 1 Eurydice, (10) ; il nous ap- ilca siano gradite , ho foluto recare

f>rendra que Rinuccini croyait être in luce queste due t perché altri di me

c premier entre les modernes qui, eût piu intendenti s' ingegnino di accre-

tente d'introduire la musique sur le scere, e migliorare si faite poésie di

théâtre. 11 se trompait, et ne savait maniera , che non abbiamo irwirfia a

pas ce que je rapporte ailleurs (1 1). Quelle antichc tanto celebrate da no-

Nous y verrons aussi que Jacques viliscrittori Joignons à cela un

Péri (12) fut celui qui composa la curieux passage du pere Ménestrier :

musique de la pastorale de Dapliné , « Ces musiques dramatiques furent

et puis de l'opéra d'Eurvdice. È sta- » conservées dans les carrousels , et

ta opinione ai moin, enristianissima n dans les ballets , dont les ouver-

regina , che gli antichi Greci e Ho- w turcs se sont presque toujours faites

mani cantassero sulle scène le trage- w Par des dialogues et des récits de

dieinliere ; ma si nobile maniera di » musiciens qui chantaient ou sur

recitarc , non che rinnovata , ma ne » àc& chars, ou sur d'autres machi-

purche io sappia fin qui c stata ten- » nes- Enfin Ottavio Rinuccini, poète

tata da alcuno ; e cià mi credev' io » florentin , ayant un talent particu-

» lier à exprimer dans ses vers toutes

(7) Idem , ibidem , pag. aSq. » sortes de passions , chercha les

(8) Tiré d une lettre à l'académie de gli Alte- >i moyensd'y ajuster tellement Ja mu- MV\ v , • i ,~ 1 • r » sique et le chant , qu'ils notassent

(q) SSotet au a la page 14.1 au pinacolbeca • * • m. 1 . > ~S . .

W7.Ï fait mention des trois autres , mais non H?*'™* Ia beatlte dc ?eS Ver% ™ *

pasdet'\rêi\mse. » 1 intelligence des paroles , qui sont

(10) A Marie de Médiei* , reine <U France. » souvent comme absorbées parles

(Jcai)D|ôm ^r^naraue de l'article SvL^rtv» „ portemcns de Voix , les fugUCS, et

(12) Niriu* ErytWu!., pinac. I , pag. 61 , le (i3) Ottavio Rinuccini , apud Jacobum Rilli,

nomme Jacobus Pera ; mais a la page ifâ du pi- Notiiic intorno a gli Unmini illustri dell'

nacolbeca III , il le nomme Jacobus Peritu. mia florentin*, pag. a58 , a5g.

54a RI 1

» les frétions. Il en conféra avec Gia- » como Corsi, gentilhomme Floren- » tin, qui entendait la musique et se » plaisait aux belles choses , et F un » et l'autre ayant fait appeler Giaoo- » mo Cléri (i4) ♦ et Giulio Caccini , m excellens maîtres de musique , ils » concertèrent ensemble une pièce » qui fut représentée dans la maison » du signor Corsi , en présence du » grand duc et de la grande du- » chesse de Toscane, et des cardi- » naux Monti , et Montalto , avec » tant de succès, que cette pièce, qui » était les amours d'Apollon et de » Daphné, servit de modèle à TEury- »» dice , que Ton représenta pen après » au même lieu. Claude de Monte- » verde, excellent musicien, composa » l'Ariadne(i5) sur ces deux origi- » naux, et étant devenu mattre de la » musique de Saint -Marc de Venise , » il y porta cette manière de repré- » sentations qui sont devenues si cé- » lèbres parla magnificence des théâ- » très et des habits, la délicatesse » des voix , l'harmonie des concerts , » et les savantes compositions de ce » Montcverde de Soriano , de Giova- » nelli, de Tcofilo , et plusieurs aui» très grands maîtres (16). »»

Voilà des citations qu'on lira avec plaisir , si l'on aime à connaître l'origine et les progrès de chaque chose.

Notez que Rinuccini n'était pas un comédien (17).

(C)Je ne crois pas qu'on ait eu raison de dire qu'il apporta en France la première pratique des ballets."] Son fils lui donne cette louange : qualfut dit -il (18), ne' suoi versi la facilita, quale la dolcezza veramente nata ail' amtoniosa mclodia ? Quindi nacque , chc i balli , quali egli encora plimiero condusse in Francia, accompagnati dalla musica , piacquero

(14) Je crois que par une faute d'impression on a mis Cléri au lieu de Pén.

(15) Je ne sais s 'il n'eut point fallu dire aue Claude de Monle\>crile composa , non pas l Ariadnr, mais la musique de V Ariadne du Rinuccini. En tout cas , cette dernière pièce méritait d'ftre citée aussi bien que Daphné et Eurydice.

(16) Méncstricr, Représentation en musiqne, p. i03 et suit:

(17) C'était un comédien de très-grande réputation h Florence. Baille! , Jugem. sur les Poëtcs, nuni 1 3^5.

(18) Dans sa leUre h l'académie de gji Alterati , apud Killi , Notixic iutorno • gli Uomini illustrî dell' Accadcrtii» florentin» , pag. a5g.

IUS.

mirabi Intente. Il vint en Franco avec Marie de Médicis , l'an 1G00. Or nous savons que l'usage des ballets y était déjà établi. J'en vais donner une preuve qui sera très-agréable à ceux qui se plaisent à l'histoire des inventions. « Beaujoyeux était nn Italien » nommé Baltnasarini , l'un des » meilleurs violons de l'Europe , que » le maréchal de Bris sac , étant gon- » verneur du Piémont, envoya à la » reine (19) avec toute la bande de » violons dont il était le chef. La reine » en fit son valet de chambre , et ce » Balthasarini , prenant le nom de » Beaujoyeux, se rendit si illustre à la » cour par ses inventions de ballets , » de musiques, de festins, et de re- » présentations, que Ton ne parlait » que de lui. Ce fut lui qui fit le bal- » let des noces du duc de Joyeuse » avec mademoiselle de Vaudemont, » sœur de la reine, et ce ballet fut » publié sous le litre de Ballet comi- » que de la Reine , fait aux noces de » M. le duc de Joyeuse et madentoi- » selle de Vaudemont sa sœur , par » Balthasar de Beaujoyeux , valet de » chambre du roi et de la reine sa » mère. Un des poètes de la cour fit m ces vers à sa louange.

• Beaujoyeux , qui premier des cendres de » la Grèce

• Fais retourner au jour le dessein et l'adresse » Du ballet compassé en son tour mesuré,

• Oui d'un esprit divin toi-même te devance , » Géomètre inventif, unique en la science;

» Si rien d'honneur s'acquiert , le tien est as- • sure'.»

» Beanlicu et Salomon, maîtres de la » musique du roi , l'aidèrent en la » composition des récits et des airs » de ballet , la Chesnaye , aumônier » du roi , fit une partie des vers , et » Jacques Patin, alors peintre du roi, » le servit pour les décorations (10). * Ce ballet fut dansé Fan i58a (ai).

Voyez dans le père Ménestrier (22) la description de la machine qui en lit le commencement.

(10) C'est-à-dire Catherine de Médicis.

(10) Ménestrier, Représentations en miuiqae, pag. 273 , a»3.

(11) Voyei la remait/ue (C) de l'article Gocdimll, loin VU, pag. 1O4.

(13) Au Traité de» Ballets anciens et modem», pag. a(ï7 , a68.

RITinS (Michel), en italien Riccio , jurisconsulte napolitain

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RITTANGÉLIUS. 543

et auteur de plusieurs livres (A), rcl. purus, candidus, illaboratus (a).

a fleuri au commencement du Louis Vivès témoigne qu'il y a beau-

XVIe si^rli» Il fut rhissé de «m T"P dc Vautc? SUI\les "°ms propres

A Vi . siecie. 11 rui enasse ae son jan8 ces histoires de Rilius. Michael

pays par la faction contraire à la Ritius Reges aliquot christianos col- France, et se retira à la COUr de legit , in quo opère multa sunt loco-

Louis XII , qui l'honora d'un of- rum> h°»«™™ > et familiarum cor-

~ , *.»# r . rupta nomma , vitio credo descrihen-

fice de conseiller au parlement t£m (3) Son' histoire ^f^f^

qu'on Happe) ait vulgairement de Charles-Quint (5). l'avocat de Naples (b). Lorsque

» 1 â 1 • i J (2) ^««f derGcsner, DibUotlicp., folio S\"i.

le cardinal d Amboise entra dans (3) Lnd. vive. . de trad«,du Disdpiini, , m.

Milan après que Lodovic Storce v* P«8' 359 » «*«• , »55i , *n-8*. eut été fait prisonnier, il fit ré- % ^ w

pondre par Michel Ritius à la ha- Colon. , i577, in-&°.

rangue que les Milanais lui firent dîtta wrer ttto , t

pour obtenir le pardon de leur RITTANGELIUS ( Jean

désobéissance (c) Louis XII en- Etienne), juif converti , était de

voya le même Ritius à Gênes, l'an HambeJ£*" Allemagne et a ve-

i5o6, pour offrir une amnistie ™ au XMI ,siecle- 11 P™-

aux habi tans révoltés (d). Les re- £fseuJ au* !Mfr»« orientales

montrances de cet orateur furent df a?. 1 ^ademie de Kœnigsberg ,

inutiles. et .ll Publ,a ?ueI,<ïues ]\™ (A)

qui marquent qu'il avait à cœur H«. du cardinal d AmW, les intérêts de Religion chré-

(h) La Croix du Maine , Biblioth. franç. , tienne , et qu'il était docte. II en

paf : r v xtA mv voulait publier d'autres , et il en-

(c) Voyez Gagum, au livre XI «fe/IIis- . * /r . 1

toirc dc France folio m. 3o8 ^o. trepnt pour cet effet le voyage

(d) Guicciardin , tiv. m, folio m. 192. d'Amsterdam; mais il eut le

(A) Il est auteur de plusieurs li- cruel chagrin de voir déchirer

ures'~\ 11 composa à Blois, en i5o5, un ses manuscrits par des armateurs

Traite du Devoir des Gens de guerre • s'eniparèrent du vaisseau OÙ

et de leurs privilèges, qui fut impri- .* , , «wau. wi*

À Paris, audit an , et qu'il dédia 1» s était embarque. Il nous ap-

au roi Louis XII (1). 11 fit trois livres prend lui-même cette aventure

de Regibus Francorum, trois de Re- dans Pépître dédicatoire de son

gibus Hispaniœ , *n de Rcgibits Hic- Jéziraht QueIques - uns disent rosolymarum , quatre <ie Regibus , . ^ , .1 -r T . ""CIM'

IVea}wlisetSicUiœ9 deux de Regibus qu il était ne juit. Les jouma-

Uungariœ, que Jean Frobcra imprima listes d'Utrecht donnent cela pour

à Baie, l'an i5i7 , m-4°. On y trouve constaut (a), mais d'autres disent

une préface de rautcur, écrite a no- , ^^,,7,^7 «,J£> ^ . ... .

me l'an i5o5 , et une préface dc Janus <Fe <*<* catholique romain i\ était Parrhasius qui assure que le style devenu juif* et que de juif il se de l'ouvrage est pur , franc , et natu- fit protestant. Ce sont les termes

M La Croix du Maine, Bibliothèque franc, , p«if. 33i. -ZVo^t que du Verdier-Vau-Privas n« (a) BiWiolli. Librurutn novorum , mrns. fait point mention de ce Inro. sept, et OCt, 1698 , pag. tyj\.

544 RITTAN des Nouvelles de la République des Lettres au mois d'août 1699 ' page 212. Mais quelques personnes croient qu'il ne fit jamais profession du judaïsme (B). Il était encore en vie le 3i de mai i65i ; car c'est la date de l'épitre dédicatoire de l'un de ses livres (b).

(Jb) Voyez la remarque (A) , vers la fin.

(A) // publia quelques livres.'} Il avait dit dans ses notes sur le livre Jézirah (1), que la paraphrase caldaique de l'Ecriture fournit de bons argumens contre les juifs et contre les antitrinitaires. Cela l'exposa aux attaques d'un socinien qui, sous le nom d' Irénopolita , lit imprimer un ouvrage. Il se défendit par un traité qui a pour titre Libra V eritatis , et qu'il dédia à Jean Casimir, roi de Pologne. AI. Vander Wayen (a) le fit réimprimer à Franeker , l'an 1698 , avec un autre traité du même auteur touchant les cérémonies de la Pâque. Il fit aussi réimprimer au même lieu, en 1699, lelivrejde Rittangélius/Ze y eritale Religionis chrtstia~ nœ , où l'on trouve un grand recueil de passages qui font voir que l'ancienne église judaïque croyait le mystère de la trinité , et la divinité éternelle du Messie (3). M. Wagenseil (4) a publié quelques lettres qne Rittangélius avait écrites à un juif, et qui lui paraissaient excellentes.

M. du Voisin , qui a réfuté le livre du prétendu Irénopolita, n'y a pas si bien réussi que le prosélyte chrétien. C'est le sentiment de M. Vander Wayen (5). Au reste , quelques-uns de ceux qui ne trouvent pas leur compte dans les principes de Rittangélius , n'ont pas plus tôt su que l'on avait fait une nouvelle édition de son

(1) C'est un livre que les juifs donnent au patriarche Abraham. D'autreslc donnent au rabbin Akiba. Notre Rittangélius en fit une traduction avec des noies, qui fut imprimée , l'an 164» , à Amsterdam.

(a) Professeur en théologie à Franeker.

(3) Voyez la préface de M. Van «1er Wayen, au devant du Libra Veritatis.

(4) In Lipmanni Confutatione. Voyc* la même préface,

(5) Voyex la même préface.

GÉLIUS.

Libra V eritatis , qu'ils ont pnblié un manuscrit composé depuis longtemps, et intitulé Bilibra feritatis et Rationis , etc. Ils y ont joint la dissertation de Kerbo Dai à laquelle l'ouvrage de Rittangélius servait de réponse. Consultez les Nouvelles de la République des Lettres (6).

Rittangélius fit imprimer à Konisberg, en i65î, la traduction allemande qu'il avait faite des prières que les juifs font'dans leurs synagogues , le premier jour de chaque année. Il dédia cet ouvrage à l'électeur de Brandebourg. L'épître dédicatoire, qui est datée du 3i de mai i65a,*nous apprend qu'il était malade depuis prés d'un an , et qu'il lui restait peu d'espérance de guérison ; qu'il avait souvent demandé qu'on lui donnât des disciples bien choisis , afin que le talent qu'il avait reçu de Dieu ne mourût pas avec lui , et qu'il le transmît à d'autres; mais qu'il n'avait pu obtenir cette faveur, et qu'ainsi malgré la rigueur de sa maladie , il s'était voulu appliquer à la traduction allemande de quelques prières des juifs.

II critique dans sa préface plusieurs fautes que Kircher, Capel , Sealiger, Vechner, Vorstius , Constantin l'Empereur , Slévogtius , Schickard , ont faites en traduisant des passages hébraïques (7). Le journal que j'ai cité nous fait connaître quelque chose de son entêtement. In eo merito à cordatioribus theo logis reprehendendus , quod ubiquè fere jactat , ne apicem quidem ullum vel litteram in Novo Testamento reperiHt quem non ex Hebrœorum Antiqmta tibus desumtum demonstrare ipse possit , et quidem , ut ipse loquitur , non opinionibus (quia opinio versatur circà illa , quae se aliter habere possunt),scd auctoritatibus omnium seculorum , tam judaiene, quàm christiana? ecclesiœ et antiquitatis (8). Le Nouveau Testament, disait-il, ne contient pas un iota qui ne soit tiré des Antiquités judaïques.

(B) Quelques personnes croient qu'il ne Jit jamais profession du judaïsme.'] On m'a communiqué une lettre ma*

(6) Mois d'août 1G99 , pag. 314.

(7) Tiré du Journal d'iitrecbt , mens. sept, tt octobr. , 1698 , pag. 6^5, G77.

(8) Tiré du Journal d'Utrecht , mens. sept. H

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rittàngélius. 545

nuscrite datée du 10 de septembre s'il se trouve quelque document de

1701, de laquelle je m'en vais don- ce pre'tendu baptême confère à Rit-

ner cjuelques extraits qui plairont tan gel , à Dantzick par Nigrinus , et

sans doute aux curieux. on lui avait marque qu'une telle cé-

L'autcur de cette lettre a connu rémonie aurait e'te' faite avec e'clat,

très-particulièrement notre Rittan- et enregistrée pompeusement dans

gel. Il observe I. qu'llornius, M. Wa- les archives du temple , vu le mérite

genseil, et plusieurs autres écrivains et l'érudition du nouveau chrétien,

ont assuré que cet homme avait été II répondit que Nigrinus fut appelé

i'uif , et peut-être même de naissance, en i63o pour être pasteur des réfor-

I. Que l'auteur anonyme du Bilibra més à l'église de Saint-Pierre, à Dant-

f^critatis assure (*«) , que Rittangel, zick , et que la fonction de baptiser ayant été élevé dans la communion, étant affectée dans cette ville-là aux

zick par le sieur Nigrinus, et s'atta- n'avait pas eu le temps de rechercher

cha à la foi chrétienne. III. Que s'il avait contribué à la conversion de

Christophe Hartknoch, professeur à ce prosélyte. L'auteur de la lettre

Thorn rapporte (**) , que Rittangel , conclut de toutes ces choses , qu'il

à ce qu'on dit , né chrétien et initié est faux que ce personnage-là ait été

par le baptême au christianisme, em- ou baptisé ou rebaptisé à Dantzick :

enfin luthérien j que, contre l'usage, il nuc-t-il, que tant de célèbres écrifut créé professeur extraordinaire en vains aient négligé de s'instruire de langue hébraïque dans l'académie de la vérité du fait, ce qui ne leur eût Konigsbcrg, sans avoir soutenu au- pas été difficile pendant la vie de Ritcune dispute préliminaire ; qu'il fut tangel , homme qui a eu et beaucoup favorisé en cela par M. le grandma- d'amis, et aussi beaucoup d'ennemis, réchal ; et qu'une querelle s'étant On s'est contenté de se copier les uns élevée entre La tterman et Mislcnta, les autres en publiant des discours il s'attacha au parti de Latterman. vagues, sans se donner la peine de L'auteur de la lettre fait d'abord s'informer exactement s'ils étaient une remarque su/ l'incertitude qui fondés en raison, parait dans ces éorivains , et sur leurs 11 raconte qu'ayant demeuré en variations, qui sont telles que si les Prusse l'an 1649 et les deux années uns ne se trompent pas, il fautde toute suivantes , et ayant été logé pendant nécessité que les autres disent un quelques mois chez M. Ahaséérus mensonge. Il rapporte ensuite l'ex- Brana, grand-maréchal, et l'un des trait d'une lettre oju'un sénateur de quatre conseillers de la régence , il Dantzick lui avait écrite le 11 d'avril eut occasion de connaître le sieur 1700. Cet extrait porte que le sieur Rittangel , et de lier avec lui une Hartknoch, parlant sans doute du amitié très- étroite. Le grand-marémême Nigrinus, à qui il attribue chai était son patron , et le priait d'avoir baptisé Rittangel, raconte assez souvent à dîner. Lui et plusieurs (*3) que Nigrinus de luthérien devint autres porsonnes d'honneur et de procalviniste, et prédicateur à Dantzick , bite ont dit à l'auteur de la lettre, et puis papiste à la suggestion du ca- que Rittangel était né catholique , pucin Valérien Magni ; et qu'avant dans la forteresse de Forcheim , en cela il avait dit plusieurs choses se- Franconie, au diocèse de Bamberg ; Ion les principes des sociniens tou- qu'ayant étudié les humanités, il s'en chant la nativité de Jésus-Christ. On alla à Constantinople, où il fréquenta avait prié ce sénateur de s'informer beaucoup les rabbins pendant douze ans; qu'à son retour il embrassa la

#•« fl*'^" „. . . , . . . D religion réformée, et qu'ensuite il se

(**) Dans son Histoire ecclésiastique de Prusse, * o . , v , \ ^ , ,,i '

pàg. 641 , /dit. , 1686. transporta a Konisberg , ou l'électeur

Ibidem , pag. 8*4- de Brandebourg lui donna la charge

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