ROBERVAL
J'ai lu dans l'Histoire ecclésiastique (C) Et j'en parlerai encore ci-des-
de Théodore de Béze , que la femme sous»'] Ce Pierre Robert était Parisien
d'un avocat , chez qui ceux de la re- (16) : Voyons ce qu'on dit de lui
ligion avaient tenu quelques assena- dans le Dialogue des Avocats du par-
blées à Paris, se constitua prisonnière lement de Paris. « Il se faisait plus
au Chàtelet avec ses deux filles , afin » valoir que les susnommés , non
de convaincre de fausseté le bruit qui » qu'il fût par aventure plus savant
avait couru que ces assemblées étaient » que ses compagnons , car je crois
impures (12). « La cour fit visiter » qu'il n'en savait pas tant : mais il
les filles par plusieurs chirurgiens, » était homme d'une belle présence ,
sages femmes , et à diverses fois.
Mais il ne se trouva visiteur , hors mise une vieille matrone , qui ne les jugeas t entières : encores n'osoit ceste-là resoluement asseurer qu'elles fussent corrompues par attouchement d'homme , et finalement leur demanda pardon après leur délivrance , déclarant comme , et par qui elle avoit esté subornée (i3). » Théodore de Bèzc ne paraît
Ï>oint condamner l'épreuve à auoi eles se soumirent , et dans le vrai c'était une affaire où il y avait des circonstances qui pouvaient les excuser de ce qu'elles s'exposèrent à la visite, malgré la pudeur et le péril qu'elles courraient â cause de la mauvaise foi dont on pouvait soupçonner les visiteurs. Je laisse le fond cles incertitudes de cette manière de procéder; mais enfin si ces demoiselles eussent refusé la visite , elles eussent confirmé les dépositions des faux témoins. Il s'agissait de réfuter les informations que le président de Saint- André avait fait faire, 011 deux témoins affirmaient que dans l'assemblée du Jeudi-saint, composée d'un grand nombre d'hommes , femmes et
Jilles environ la minuict après
avoir presché , fait leur Sabbath , mangé un couchon au lieu de l'agneau pascal, et la lampe qui leur esclairoit , esteinle , chacun s'accou
» voix et action, disait assez heureu- » sèment , et se faisait plus estimer » par son sens naturel que par son » étude et son travail. Il s'avança » principalement par deux actions :
» l'une et la première fut la plaidoie- » rie qu'il fit pour le président d'Op- » péde en cette cause de Cabrières et » Mérindol, dont l'histoire est si bien » décrite par M. de Thou , que je » n'ai que faire de vous en parler » davantage. Feu M. Clément du Puy avait été premièrement charge' ae cette cause ; mais étant devenu malade de la maladie dont il décéda, le président d'Qppède eut recours â Robert, lequel il instruisait de jour en jour de ce qu'il avait à dire. L'autre cause de l'avancement de Robert vint de ce » que s'étant fait de la religion pré- » tendue réformée , il fut employé » par feu M. le prince de Condé , 1» aïeul de Monsieur le prince, au » fait de la déclaration de son inno- » cence : depuis lequel temps il fut » toujours recherené par ceux de » cette religion , ce cjui lui coûta la » vie ; car il fut tue le jour de la » Saint-Barthélemy (17). »
(16) Loisel, Dialogue des Avocat*, p. 517, 356. (i«) Là même , pag» 5 19.