ROBERVAL
professeur
en
pla avec sa chacune , et qu'entre au- mathématiques à Paris , contem-
rencontrée avec un d'enà, déposans , riana , et M. Baillet (a), il la cognut par deux ou trois fois pour sa part ( 14 )• Ces informations firent un grand bruit, et furent montrées à la reine-mère (i5).
(11) Bête, Histoire ecclésiastique des Eglises, ZtV. HT, pag. *38 , * l'ann. i5Go.
(13) Lu même.
(14) Là même , pag, 3 35.
(15) Lit mêmr.
* Joly ne fait pas la moindre remarque sur cet article. Leclcrc se contente de dire : « 11 » se nommait Gille Personne , sieur de Ro- » bcrval. Voyez More'ri, au mot Personne. -
(a) Baillet, Vie de Descartes , tom. I, pop* 3o4 , où il dit qu'il y a deux fautes dans le dernier volume de Morcri. Voyez aussi Traité des Auteurs déguises , part. It , chap. VI. • .
55o ROCABERTI. ROCCO. ROCHEFOUCAUD.
ROC ABERTT (Jean-Thomas DE), » sur l'airain à «m altesse de Savoie,
archevêque de Valence au XVL. J £° ^^^S^ t
siècle , a ete l un des ornemens M main très-excellemment faites ; ce
de l'ordre des dominicains. Il fut » que vu par ce grand prince , vou-
nrofesseur en théoloeie à -Va- » lut récompenser l'industrie de l'au-
f n • • i (w j^î-l » teur , lui mettant de sa main pro-
lf»nrf» . provincial des ctomini— , . ™
îcncu , p"1" v . » pre au cou une chaîne d or , valant
cains dans la province d Aragon , „ ia5 <<cus » L'auteur parle enet puis général de l'ordre , et Vi- core de la même récompense dans un ce-roi de Valence deux fois, et autre endroit de son livre. C'est au
• r,A„Âra\ J'Fc chapitre de La folie des écrivains
enfin inquisiteur gênerai d Ls- (a) 1^ sera peut^tre bien aise dc
pague. Il s attacha avec un ex— trouver ici le nom de quelques pertrême zèle à maintenir l'autorité sonnes qui ont excellé en cet art , à pontificale ; et non-content d'à- ce qu'il assure. « Nous avons eu dit-
V " » •» ™ » d (3), beaucoup de braves écn-
voir écrit sur cela plusieurs vo- , qui ontimi8 au jour des
lûmes contre les décisions au » iivres de diverses sortes de caractè-
clergé de France , il employa et » res , comme en France le Gagneur,
sessoinsetson argent à recueillir » Lucas Josserand et autres ; en
t, . . «Italie D. Augustin, de Sienne ;
en un corps les traites que d au- n M Mar|in> £ Romagne . Camille
très ont publies sur la même ma- B Buonadio , de Plaisance ; Crései ,
tière. Ce recueil , imprimé à » Milanais ; le Curion , Romain ; le
Rome SOUS le titre de Bibliotheca » palatin le Vérunc , et autres , avec
. t.r . „rtrwirM.0„,l >» le sieur M. Antoine, Génois , qui,
maxima pontifia a , comprend }> ^ pan i6o6< a fai't un livTï âe
vingt volumes in-folio. Rocaberti M piusiers sortes de lettres et carac-
mourut le i3 de janvier 1699 , à » tères, dédié au prince de Mantoue
Taee de soixante et quatorze ans. » et de Monferrat. 1»
0 Voyez la Croix du Maine , pages
ROCCO (Girolawo) excella si 4*4 et 4^5 de sa Bibliothèque fran-
hien dans l'art d'écrire , qu'il est <;aisc-
iuste de faire mention de lui. Il m Marcel, s*gc et déiecubie Folie , Uv.i,p.
», . t -r . „ 106. Il paraît , par l'approl>aùon des docteurs ,
était de Venise, et 11 vivait au
et par le privilège tlti roi , que cet ouvrage fut
commencement duXVIR siècle. «vrw;'« : ie tn* de Ve'dition
. . Lyon , iG5o , in-»°.
On verra ci-dessous les marques ^ cestu ri*, du //•. n™. d'estime que lui donna le duc de (3) Là mé,ne , uv. n,pag. 80.
Savoie (A;. ROCHEFOUCAUD (Alexandre
» r « j> 1 • r»P ta), abbé de Saint-Martin (a).
(A) Les mahjues d'estime que lui Dfc L*i» dUUC wc x '}
donna le duc de Savoie. ] Voici ce frère de ce comte de Kandant
qu'on trouve dans un livre intitulé : qU1* fut tué à la bataille d'Issoire,
La sage et délectable Folie, corapo- . j François , évêque de Cler-
sé par J. Marcel. « Je serais long si îe Jpnnk ordinal
„ voulais parcourir les exemples de mont r qui aete depuis cardinal,
» tous les princes qui ont usé de li- s'engagea trè*-mal a propos dans
» béralité et courtoisie à l'endroit Je^ fourberies de Marthe Bros-
us cette
» des vertueux ; je me contenterai ; prétendue possédée. No » seulement de dire ce que j'ai vu ' 1 , l'JltiVU d#» r^t
» en la personne du sieur Rocco Ci- avons dit dans 1 article de cet
» roïami , Vénitien , très-bon arith- Marthe, qu enfin le parlement
» mélicien , et écrivain si excellent Je paris ? l'ayant fait conduire à y que je ne pense pas qu'aucun de
» son temps lui nul mettre le pied («) Mézeiai, Ahr^é chronol , à Vann.
» devant. Icelui dédia un livre gravé 1599, paF. m. ao5, 206.
RODON. * 55i
Romorantin , par le prévôt, dé- prétendue démoniaque. Ce fut à fendit à son père de la laisser l'abbé à recourir aux supplicasortir hors du lieu sans la permis- tions très-huînbles , tant pour sion du juge. Nonobstant cette lui , que pour son frère , auprès défense , le père et la fille s'en du roi Henri IV. Peu de temps allèrent avec notre abbé en Au*- après il tomba malade , et mouvergue, et puisa Avignon. Le rut de chagrin , à ce qu'on diparlement de Paris eut beau sait , d'être venu de si loin se ajourner par deux fois l'abbé , faire mépriser, Marthe et son et ordonner enfin , vu sa contu- pere> délaissés de tout le monde , inace , la saisie du revenu de ses n'eurent plus a" autre refuge que bénéfices (b); cette troupe ne les hôpitaux (e). laissa point de gagner pays , et (e) M(?terai| A1>r^gg chronoUf à /w d'aller à Rome , s' imaginant que »599 . Pas- yoici ce qu'en du m. de la possédée youeiaU mieux sur sessâ omnin6 wanuit . Samt/artino .
Ce grand théâtre , et qu elle trOU" spe sud falsus in auld Ulâ despectus esse
verait plus de crédulité dans le Wcraf' «y*?. «
. . * . tha patrer/ite ejns ex xenodochiorum stipe
lieu qui est la Source de la miseram tUtamvix tolerantibus.
perte de ses revenus ecclésiasti- Ie8°r4"? ,du r.oij il lui représenta
^ , t „ . , * ^"^*«"« qU»t| etait à craindre que l'action de ues (d). Henri IV , bien averti cct abbe* ne fût un obstacle au rappel
deur, et au cardinal d'Ossat, d'é- combien on ferait de tort aux intéventer la mine , et de prévenir réts de l'église , en commettant tout îe pape avant que cette troupe nouv«au Ie8 cours souveraines du Je comédiens jouât ses pièces. ™£ -son, II» exécutèrent cet ordre soigneusement, et d'ailleurs le (l) 11 tappeUU Aquairiva* cardinal d'Ossat gagna les jé- RODON (David dé) ou plutôt suites (A); si bien que l'abbe' de DE RODON (David), professeur Saint-Martin, à son arrivée à en philosophie, premièrement à Rome, se trouva destitué des Die, puis à Orange, et enfin à principales ressources sur les- Nîmes , était de Ûauphiné. C'équelles il avait compté. Les jé- tait un des plus subtils dialectisuites l'abandonnèrent , et le çiens qui fussent en France ; et pape , que l'on avait prémuni, il n'y avait guère de scolastine fit rien qui donnât atteinte à ques espaguolsou hibernoisqui le l'arrêt du parlement coutre la surpassassent sur le chapitre des
universaux , et des êtres de rai-
(//) Thuanu., lib. cxxui, drcà mit. son> et sur \es spéculations creu-
.4* ^rioe^'8" Cl,rODOl,, * VaM' ses el ab?traites catégories,
(d) Thuanus , ub. cxxii/tcircà init. et des dépendances de la forme
552 RODON.
syllogistique. Mais s'il égalait en ce philosophe , d'avoir été fort cela les logiciens de l'école les ignorant sur les faits de l'anti-" plus raffines , il les surpassait de quité ecclésiastique (C). Il se beaucoup dans les matières de mêla de controverse, et irrita physique ; car il adopta le senti- tellement les adversaires, qu'ils ment des modernes, et l'hypo- obtinrent un arrêt du roi qui le thèse des atomes, pour expliquer bannit du royaume, l'an i663 comme Gassendi, par des princi- (b) ¥l. Il se retira à Genève , et y pes mécaniques , plusieurs effets mourut deux ans après ou envide la nature. Son cours de phi- ron. On ne fut pas toujours salosophie se vendait bien : l'im- tisfait de sa doctrine dans son primeur y fit un gain considéra- parti, et on lui suscita là-dessus ble, et principalement au cours quelques affaires; mais il s'en tiabrégé ; car l'autre rebutait un ra honorablement (c). Je ne sais peu par l'étendue trop prolixe si les synodes ou les consistoires des disputes scolastiques. De Ro- se formalisèrent de ce qu'il niait, don écrivit un livre de Supposi- que la conservation des créatuto*9 où il se déclara hautement res fût une création continuelle pour Kestorius contre saint Cy- (D).
rille; non pas en admettant deux II avait été catholique ro— personnes y mais en soutenant main ** : c'est pour cela que que Nestorius ne les admit point Théophile Raynaud le nomme et que saint Cyrille confondit déserteur de la foi; car c'est de les deux natures de Jésus-Christ, lui qu'il parle dans le passage 11 ne fit en cela que suivre les que je cite de son HoplotMtraces d'un gentilhomme pro- ca (E).
vençal (À) , qu'il avait connu
c%nc A A* (b) Ce fut à cause d'un livre qu'il avait in-
sans doute, et oui de catholique tit)lU: Toînbelu de la ^e\oyei ''Hi*. romain était devenu très— bon toire de védît de Nantes, tomein, p. 563. huguenot. Ce sentiment du sieur {l *™[tp«Mië une Di*?ut* de l'Eucharistie,
1 S , . , à Genève , ton i65ù , w-80.
de Kodon est un incident , ou un Leclerc dit ^ cet arrét esl du 29 jan
épisode de la fameuse dispute vier i663 , et U fait dire à Bajle qu'il est de
qui s'est élevée entre deux mi- . ,m
* . J TJ 11 J /X)x *. • (c) r oyez la remarque (B).
BIStreS de Hollande (B) , et qui •* n cUit në catUoliquc romain, n le re-
ll'est pas encore finie (a). J'en devint en i63o, dit Leclerc. U publU les mo-
tOUcherai quelque Chose dans les ^ de son clxangemenl dans un livre inutule
J. \1 t ; Quatre misons pour lesquelles on doit quil-
remarqueS, etjen Omettrai point ter la religion prétendue réformée, Paris,
l'accusation spécieuse intentée à 163 1 • lu"12,
• Leclerc en donne le titre entier que (A) *f ne .fi1' ' ' 'Iue suiurv {es voici : Disserlatio de Supposito , in quâ plu- traces d un gentilhomme provençal. J rimahactenhsinauditadeNestoriotanquàm II s'appelait Gille Gaillard. Il cmorthodoxo, et de Cyrilloy Alexandrino % brassa la religion réforme'e , environ atiisque episcopis , Ephesi in synodum coac* pan T63ot et se retira à Orange, où tis tanquàm hereticis demonstraHtur , ut -| fit le pan^gyrique du prince Fri-
^^^^!Sî.ltt~fc ft™ ?eori. hyoHublia point de pu-
/ \ s\ tt^t . . blier les motifs de sa conversion,
(a) On parlait ainsi L an iooo , au temps ty , v, • 1 » r»
de la première édition. U fautdire présente- Vo/ez 1? hvre qu il intitula le Priment que cette dispute fut assoupie peu de sélite Lvangélique. Voici ce qu on temps après. trouve touchant son livre de Suppo-
RODON.
sito * , dans une lettre que Sorbière écrivit à Voisius , Tan i6fô , en lui envoyant l'exemplaire dont Fauteur lui faisait présent, llli (£gidio Gaillardo nohili Gallo ) nuper venit in mentent nescio quid circa JYestorium, quasi perperam in Ephesind sjrnodo J'iterit livore Cyrilli hœreseos insimulatus damnatusque ; eâque de re edidit librum , cui titulus est : de Supposito (1). L'apostille de cette lettre est considérable ; car on y voit qu'un des plus doctes ministres a eu la même opinion (a)
(B) Son sentiment. . . . est un ùic'uîent f ou un épisode de la fameuse dispute qui s'est élevée entre deux ministres de Hollande. ] C'est ce qu'on va voir dans un long passage de M. Saurin , l'un des deux tenans de cette dispute, a C'est un admirable » homme que M. Jurieu ! Les erreurs » se purifient en passant par son ca- » nal ; et ce qui est hérésie dans les » autres est orthodoxie en lui , en *> vertu de son zèle impétueux et in- » tolérant. Dans sa première Apolo- » logie , qu'il donna au public après » le synode de Leyde , il fait l'his- » toire de la naissance et du pro- *> grès de cette pernicieuse cabale » a'hérétiques sociniens ou socinia- » nisans, indifférons et demi-athées , » dans laquelle il enveloppe tous » ceux qu'il veut immoler à la baine » publique. Il rapporte plusieurs » particularités de cette cabale, » pour avoir un prétexte honnête de » faire l'énumération de ses vertus; » et le catalogue de ses prouesses.
» Entre les caractères d'hérésie qVil » découvre dans quelques theolo- » giens , il met l'approbation qu'ils » donnaient au livre de feu M, deRo- » don , intitulé de Supposito , lequel » il qualifie deux fois dans une den ini-pagc , le malheureux livre de » Supposito. Il avertit que ce mal- » heureux livre fut brûlé à Tou- » louse : grande réprobation pour t) un livre ! J'avoue que l'auteur » avait été soupçonné de quelques
• Leclerc pense qu'il y a erreur de Sorbière d'attribuer à Gaillard le livre de Supposito , qui est de D. de Rodon. Mais ce livre étant anonyme l'erreur était facile à faire.
(1) Voyez la CPXXXW. des Lettres écrite» à Vossius , pag. a85.
(1) Audio 3 oh. Croium in eddem esse sententid in qud Gaillardus nosier.
m erreurs : peut-être avait-il donné » lieu à ces soupçons, en ne suivant » pas toujours le chemin battu , et » en étendant peut-être un peu trop m loin sa liberté philosophique. On » lui fit quelquefois des affaires sur » sa doctrine, et il en sortit à son » honneur. L'an i66<j je le vis à Ge- » nève,où il était réfugié , ayant été » banni de France pour avoir com- >» posé un livre intitulé : le Tombeau » de la Messe. Je m'entretins souvent » avec lui sur diverses matières , et 1» je le trouvai toujours parfaitement » orthodoxe. Il mourut à Genève la » même année 1664, si je ne me » trompe, peu de temps après que » j'en fus parti pour la Hollande.
» J'appris que sa fin avait été fort » édifiante, et qu'il avait rendu une » confession de foi dont on avait été » satisfait. Mais quoi qu'il en soit des j> sentimens secrets de ce philosophe, » et des choses qu'il peut avoir dites » dans les conversations, ou écrites » dans d'autres ouvrages, le traité /> de Supposito n'en doit pas repou- » dre : il n'est comptable que de ses )> propres erreurs. Quand un homme m est suspect, on doit bien être en » garde sur lui, et bien éplucher » toutes ses paroles , ne lateat anguis » in herbd. Mais il ne faut pas clian- » ger ses sentimens orthodoxes en er- » reurs , ni toutes ses erreurs en bé- » résies. Cette réflexion va, non pas » à justifier pleinement le traité de - » Supposito y mais à l'excuser dans u l'esprit d'un homme qlii a lui- » même besoin d'excuse et de grâce.
» On ne peut guère deviner ce que » M. Jurieu trouve à dire dans cet » ouvrage , si ce n'est la même li- » berté de condamner le titre de mère » de Dieu donné à la Sainte Vierge , m qu'il prend lui-même dans une de » ses lettres pastorales. Ce philosow phe explique le terme de suppositum » d'une manière tout-à-fait ortho- » doxe, tant à l'égard des personnes » divines qu'à l'égard des personnes » humaines. Dans l'explication de la » personne de Jésus-Christ après son » incarnation , il choisit le sentiment m le plus généralement reçu , et le w moins exposé aux mauvaises con- » séquences et aux chicanes des hé- » rétiques. 11 est vrai qu'il prend » le parti de Ncstorius contre Cyril -