‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 3 sur 142 · PHEDRE · texte numérisé non relu

PHEDRE

(C) Tous les critiques ne convien- Mais les critiques n'ont pas manqué

nent pas qu'il soit le même que celui *de juger que ce pre'lat se l'attribuait

que l'on rencontre dans une epigram- injustement. Quoi qu'il en soit , l'on

me Je Martial. ] Voici les paroles a raison d'être surpris qu'un livre de ce poète :

Die musa

quid agat Canius meus Hufus , Vtrumne chartis tradit Me victuns Eegenda temporum acta Claudianorum ?

An qua Neroni faltus adstruit scriptor?

An cpinulatur improbi jocos Phadri (4)?

d'autant d'agrémens que celui de Phèdre ait été s ipeu connu pendant plusiers siècles. Posons le cas que Alartial en parle, nous n'aurons que deux auteurs qui aient parlé de lui (9). J'ai dit ailleurs (10) que Sénèque La note de Scrivérius sur le dernier n'en avait nulle connaissance , et je de ces cinq vers est la nlus injurieuse m'en vais dire que Casaubon a été du monde a ceux qui pensent que long-temps dans les mêmes termes. Martial parle de notre Pnèdre : Pos- Cela doit diminuer un peu notre adsunt ne magis decoquere de judîcio , miration à l'égard de l'obscurité qui ac magis ludere de otio suo viri docti, a couvert pendant tant d'années le auiexistimantFabulatoremPhœdrum nom et la .gloire de Quinte Curce. a clarissimo Pithceo editum , et eu jus Ajoutons que Paterculus a eu le mê- A vie nus quidam, sive A via nus , in me destin. Voyez ci-dessus l'article prœfatione Fabularum suarum Mso- de Paterculus , remarque (D) , citapiarum ad Theodosium meminit,hunc tion (a3).

eundem esse , de quo loauitur Mar- (D) Casaubon. . . . n'apprit qu'il y tialis ? Volunt nos credere scilicet , eut un Phèdre.... que lorsque Pierre hbertum illum Augusti Cœsaris fuis- Pithou publia les fables de Phèdre.] se , stilo alaue tempore parent proxi- Voici ce qu'il écrivit à Pierre Pithou : mumve Laberio vel Publia Mimo , et Ex epistold tuâ primùm de Phtedro yuidem , quantum conjiciunt , sub Augusti liberto cognovi ; nom plané Tiberio uixisse , atque adeb post mihi antè id nomen incognitum, pror- Sejanum damnatum , IVugœ. Ceitè , sùsque de eo quâ scriptore,qud scripto nisivehementerJallor,œvoillodignus %>el legi nihil. vel si est aliter non censere minime potest scriptor iste , me vu ni. Cette lettre de Casaubon fut cuicui tandem ille alapas et libertatem écrite l'an 1596, qui est le temps où debeat(5). Scrivérius se vante de Pierre Pithou publia à Troyes les Fapouvoir prouver son sentiment par bles de Phèdre. 11 en envoya un plusieurs raisons, et il observe entre exemplaire au père Sirmond,qui était autres choses que Pérot , archevêque alors a Rome. Ce jésuite le montra aux de Siponlo , est l'auteur de l'une des 8avans de Rome,et ils jugèrent d'abord fables qu'on a publiées sous le nom „ue c'était un livre supposé ; mais de Phèdre (6). Il est certain que la Payant examiné de plus près, ils chanfablc que Pérot assure qu'il a tirée gèrent de sentiment;ils crurent y rend'Aviénus, et mise en vers ïarabiques, COntrer les caractères du siècle d'Aune diffère presque en rien de l'autre. guste.On va voir cela en latin . Me mi ni Allusit ad fabulant , dit-il dans son eqUidem JacobumSirmundum narracommentaire sur l'épigramme LXXVII ^ mihi solitum , cùm Pelrus Pithœus du I". livre de Martial (^quamnos ex Hos Phœdri JE sopiarum fabularum A vie no in Fabellas nostras adoles- quinque libros Lutetiœ (n) edidisset ; ; r / / ? . primùm , et ad se Romam pro veteri

amicitid muneri misisset ; percussos illico Romanos novitate voluminis , atque , ut gens est emunctae naris , natura nunquàm verba cui potuit dare, suspicaricœpisse num quidnam

centes iambico carminé transtidimus ;

,01im quas relient esse in toteli sa»

Divi legerunt arbores, etc. (8).

(4) Mart. , epigr. XX, lib. III.

(5) Scrivérius , in Martial. , epigr. XX , lib. ///, pag. m. 88.

(6) C'est la XVUI*. du III*. livre , dans l édition dont je tne sers, qui est celle de Hambourg , 1673.

(7) Et non pas la XX*. du III*. livre , comme l'assure M. Ménage , dans ses Mescolanie , pag, 380.

(8) Fous trouvères, toute la suite dans M. Ménage, ibidem.

(9) Aviénus en parle rins dans les paroles rapport

(10) Dans l'article d'Esoi

l'observe Scrirè- >les rapportées cirdessus.

(10) Dans l'article d'É»Qrt. , tom. VI pag. 387 , remarque (M). Vaye* ci-dessous les paroles du jésuite Vavasseur.

(11) Ce fut a Troyes en Champagne qu 'il le* publia.

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