‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 32 sur 142 · HUS · texte numérisé non relu

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combats fut contre Eurypyle , fils de Télèphe (e). Il le tua ; et cette victoire lui plut si fort , qu'à cette occasion il institua la danse qu'on nomma Pyrrhique {f)> Les danseurs devaient être armés de toutes pièces. Il fut plus hardi que tous les autres quand il fut question de se mettre dans le cheval de bois {g) ; et par l'exemple de son intrépidité , il les délivra de la crainte dont ils se trouvaient saisis. La nuit de la prise il fit un carnage épouvantable (h) , et massacra même barbarement le roi Priam (D) , sans respecter ni sa vieillesse , ui la sainteté du lieu où il le trouva réfugié. Avec la même barbarie, il précipita du haut d'une tour le petit Astyanax , fils d'Hector (/) , et ce fut lui qui immola de ses propres mains Polyxène sur le tombeau d'Achille (k). Il n'eut pas la même dureté pour Andromaque , veuve du vaiLlant Hector ; il s'accommoda de quelques restes de beauté qu'il lui trouva , et en fit sa femme ou sa concubine (/). Les auteurs sont partagés sur le pays où il alla après le saccagement de Troie : les uns disent. qu'il s'alla mettre en possession du royaume paternel , qui était Phthia dans la Thessalie (m) ; les autres soutiennent qu'il

(e) Quintns Calab., ibid.

{/) Hésycbius, et ScholiastesPiodarii, in Pytbion.,Od. II.

(g\ Homère , Odys. XI.

(h) Virg., ^En., lib. II. vs. 5oo , 55o. Quint. Calab., libr. XI IL Vide etiam, Pausan., lib. X . pag. 343.

(i) Pausan., lib. X, pag.

(k) Eurip. , in Hecub. Lycophr. Ovidius, Metamorph., libr. XIII. Scoeca, Jn Troad. Hygin., cap CX.

(/) Virgile, jEncid., lib. III , vs. 319, et ibi Servius.

(m) Euripid., in Troad. Dictys , lib, VI. Homer., Odys., lib. IV.

PYRRHUS. n3

s'en alla tout droit en Épire , nage(/), et qu'il lui ôta ou lui qu'il s'y établit , et qu'il y fonda fit ôter la vie dans le temple un état (n). On dit qu'Hélénus , même de Delphes (F). II est fils de Priam , et bon devin , qui assez certain que Pyrrhus y fut lui échut dans le partage des tué. Il n'est pas si certain qu'il y prisonniers , lui conseilla de s'en ait été enterré (G). Il avait eu retourner par terre à cause des trois femmes , Hermione dont il horribles tempêtes dont il pré- n'eut point d'enfans, Lanasse et voyait que la flotte grecque serait Andromaque : il en eut de ces battue (o). On trouve assez appa- deux dernières; mais on ne sait rent que Pyrrhus suivit ce con- pas si les rois qui ont possédé seil , quand on voit que durant î'Épire jusques à celui qui sera sa route, il fit la guerre à Harpa- la matière de l'article suivant, licus dans la Thrace (p). Il épou- descendaient des fils de Lanasse, sa la belle Hermione, fille de ou de ceux d'Andromaque (H) : Ménélas et d'Hélène (q) ; mais il y a partage sur cela entre les ce mariage ne futpoint heureux : auteurs. On convient seulement Hermione n'eut point d'enfans , qu'ils descendaient de notre Pyret devint jalouse d'Andromaque rhus.

qui avait donné un fils à Pyr- .x ^ y.. . . „ n

\ . . . (t Ovidius, Epistola Herm. ad Orestem.

rhus (r). La jalousie lui inspira

le dessein de se défaire de sa ri- (A) Nonobstant les pleurs de son

, , * i > • j i -4 aïeul maternel. J Licéron nous an-

vale(*), et de joindre la mort prend cette particularité dans le cha-

du fils avec celle de la mere : pjtre XX de son livre de Amicitid,

mais elle y trouva des obstacles ; à la page 5i5 de l'édition de M.

et comme son dessein avait écla- Gramua. Bectè eûam, dit -il, prœ-

. M , ,1 • ». cipi potest in amicitiis , ne intempe-

te, et quelle craignait le ressen- Za quœdam violentia (quod persœ-

timent de son mari, elle prêta ^ fa impediat magnas militâtes

volontiers l'oreille à Oreste , qui amicorum , nec enim (ut ad fabulas

lui proposa de l'enlever, de la redeam) Trojam Neoptolemus capere

r r , , . * ni potuisset , si Lycomedem , apud quem

remener a son pere , et de l e- ^ ^^u*, mulds cum'lacrymis

pouser. Aussi bien lui avait-elle iter SUum impedientem , audinvoluis-

été promise avant qu'à Pyrrhus set. Laugius prétend qu'il y a là une

(E). D'autres disent qu'Oreste, erreur ou volontaire, ou mvolontai-

v ' . , n . i re; mais il se trompe. Voici ses pa-

voulant se venger de son rival , roleg . on les trouve à la pa^ 5l5 de

recourut à des moyens beaucoup édition de M. Graevius. Quod de

Î>1 us funestes que n'aurait été de Ncoptolcmo Lœlius ait, omnes de

ui enlever une femme avec la- Achille narrant. Itaque uel errât per

ui cincvci uiiç « , memoriam Cicero : uel, quod potins

quelle on ne faisait pas bon me- credo^ de industrid j^lio , ut illâ

M Pa«»anM libr.I, pag. io. Pindar. , œtale , Grœcanicarum fabularum

Ncm., VII. Justin, lib. XVII. ignoradonem concéda : quod eliam in

(o) Servius , in JEneid.. lib. IL Calone majorée factum vide mus ; ta-

(p) Voyez le succès de cette guerre, dans metsi iste jam senex Grœcis litteris

l'article d Harpaxicus , tom. VU, pag. 5o5, sedulam operam navavent. et apud Hyginnm, cap. CXCIII. (B) Sa grande jeunesse fut cause

:<]) Hygin. cap. CXXI1I. qu'on lui donna le nom de Néopto-

lr> Phcrecydeu , apud Schol. Eurinid., in lèmc. ] Pausanias (i) en rapporte une

Oreste. Pausan lib. I, pag. io. „ '

>,)Eurip.. in Androm. (0 T'ib- * W 3*3*

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