‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 36 sur 142 · partie de l'Acarnanie. C'était se · texte numérisé non relu

partie de l'Acarnanie. C'était se

celle qui était échue à son père (</) Justin' ubi suPrà'

dans un partage de conquête (A ) Sa mère fit empoisonner une

. »*i ••. - m«m maîtresse au U avait. 1 Elle était de

qu il avait fait avec eux. Olym- Leucade ? / 1 se nominJait Tigris ( f }

pias eut recours a Demetnus , m. de Boissieu (a) rejetant toutes les

roi de Macédoine ; et pour l'en- interprétations qu'on a données à ces

gager plus fortement à la secou- deux vers d'Ovide.

Hr, elle lui donna en mariage Vtaue nepox dicW , nosUo modb carminé régis

n, . . . . , - P. Cantharidtun succos danlc parente Inhas ,

PlUhia sa fille. L'historien (a)

(i) Atlien. , lib. XIII, png. 58<).

(a) JustimiS, Ub. XXVIII, cap. /, Ct scq. (a) In Ibin, png. 65.

î26 PISTORIUS. 1

a conjecturé qu'il s'agit là de notre Pyrrhus , et qu'Olympias sa mère ne lui fit pas plus de quartier qu'à Tigris sa concubine. Si cela est, Justin a été bien bon d'imputer la mort de cette princesse au regret d'avoir perdu ses deux fils. Il ne faut pas donner un nom honorable au désespoir aui accablerait une mère bourrelée des remords de sa conscience , après avoir fait mourir son fils.

PISTORIUS (Jean), surnommé Niddanus , à cause qu'il était né à Nidda au pays de Hesse , s'acquit beaucoup de réputation par son savoir et par ses ouvrages. Jean Pistorius , son père , avait été chevalier de Malte ; mais il embrassa de très-bonne heure la réformation de Luther , et il fut l'un des ministres qui assistèrent à la lecture de la confession d'Augsbourg, dans la chambre de l'empereur, le 25 de juillet i53o. Il fut le premier qui eut la surintendance des églises du comté de Nidda , et il mourut le s5 de janvier 1 583, à l'âge de quatre-vingt et un an (a).

Son fils , qui est le sujet de cet article, naquit le 4 de février i546. Il se destina à la médecine et y fut reçu docteur ; mais il s'attacha ensuite à la jurisprudence.

(a) Ex Frehero , in Theatro , pag. 348.

PYTH AGORAS , est le premier des anciens sages qui ait pris le nom de philosophe (A). II florissait au temps de Tarquin , dernier rof de Rome , et non pas au temps de Numa (B) , comme plusieurs le débitent. Il se rendit fort illustre par sa science et par sa vertu , et il travailla utilement à réformer et à instruire le monde. Il fallait que son éloquence eût beaucoup de force ,

YTHAGORAS.

puisque ses exhortations portèrent les habitans d'une grande ville plongée dans la débauche à fuir le luxe et la bonne chère , et à vivre selon les règles de la vertu (a). Il obtint même des dames qu'elles se défissent de leurs beaux habits et de tous leurs ornemens (C), et qu'elles en fissent un sacrifice à la principale divinité du lieu. U obtenait de ses disciples les choses les plus malaisées à pratiquer :

car il leur faisait subir un noviciat de silence (D), qui durait pour le moins deux ans , et il le faisait durer jusqu'à cinq années pour ceux qu'il reconnaissait les plus enclins à parler {b). Ce que j'ai dit en un autre endroit {c) , nous persuade du pouvoir de sa censure. Il les faisait vivre tous en commun {d) : ils quittaient la propriété de leur patrimoine, et apportaient leurs biens aux pieds du maître. On interpréta criminellement cette concorde , et cela leur fut très-funeste (E).

L'un de ses principaux soins fut de corriger les abus qui se commettaient dan6 le mariage (F) :

il ne crut point que sans cela la paix publique, la liberté, une bonne forme de gouvernement , et semblables choses auxquelles il travaillait avec un grand zèle (G) , pussent rendre heureux les particuliers. II est surprenant qu'un philosophe aussi habile que lui en astronomie , en géométrie et dans les autres parties des mathématiques , se soit plu

(<i) Justin, lib. XX, cap. IV. Je rapporte ses paroles dans la remarque (C).

{b) Aulus Gellius , lib, I , cap. IX.

(c) Ci- dessus, citation (27) , de l'article HiPPONAX.fom. VIII. pag. i53.

(d) Voyez U rem. (E) , à la fin.

à débiter ses plus beaux préceptes apparemment il eût poussé l'or-

sous le voile des énigmes. Ce thodoxie beaucoup plus loin

voile était si épais, que les inter- s'il eût eu assez de courage pour

prêtes y ont trouve une ample s'exposer au martyre. Les cir-

matière de conjectures (H) , et constances de sa mort sont rap-

autant de sens mystiques qu'il portées diversement (P). Je noin-

leur a plu. Quelques-uns pren- nierai quelques auteurs qui ont

nent au pied de la lettre l'ordre traité de ses dogmes (Q) Ce qui

qu'il donnait de ne manger point le concerne en tant que médecin

de fèves (I). Il n'y a guère de se voit dans l'Histoire de la Mé-

gens de ces siècles-là qui aient decine(^).

fait autant de voyages que lui y . . ,

M. Il passe dans l'esprit de quel- ^Z^l^ ZZVÛ

ques personnes pour un insigne „n ^ . . . ""«ws (i)

- - /trv D un contequeie viens de Ire rîanc

magicien (K) : nous verrons sur u^ nouvej]istJ /pY

quel fondement. Nous dirons aus- ^ si que le sieur Naudé l'en justifie

fL}. Il me resterait Cent choses ^ Imprimée à Genève, tan 1606, et

xi me resterait ceni cnoses empotée par d. l. c. , d. m. , c 'esïï-dirl

a Observer; maiS je SUIS COn- Daniel le Clerc, docteur médecin. Il est

traint d'être court, et j'évite {£medeM' le Clerc à Amsur-

tout ce qui se peut trouver dans Dans la remarque (L). M. Moréri. Cependant quoique

l'on y trouve la métempsycose , (A) u est le pnmier . ait

je ne laisserai pas de m y ar- h nom de philosophe.] Avant lui ceux

réter un peu (M). Je pense qu'à <jui excellaient dans la connaissance

cause de cette opinion il désap- °ela naturJv et <ïai 8e rendaient re-

nrouvait les sacrifices de bêtes * com,maildable9 par une vie exemplai-

prouvait les sacrifices de Detes . re etaient noraraés sages , Ce

et 1 on remarque qu il adora un titre lui paraissant trop superbe , il

autel ou jamais aucune victime cn Çrit un autre qui faisait voir qu'il

n'était immolée ; qu'il l'adora , ne s attriDuait pas la possession de la

d- • i- -, sagesse , mais seulement le de'sir de

is-je, comme un lieu qui n'a- iabçoss^der. „ 5,appela ^fpïilo?

vait pas ete profane ou pollue sophe , c'est-à-dire amateur de la

(N). Je n'ai point marqué la pa- sagesse. Ce nom est demeure depuis

trie de Pythagoras , parce que ce. teraPs-la a«* professeurs de la

. • • J 0 . n r. y science naturelle et de la morale

les opinions varient fort laides- Cicëron va nous apprendre

sus : les uns veulent qu il soit natal de ce nouveau titre , l'occasion

Tyrrhénieu , d'autres le font Sy- <Iui le fit naître et sa signification. A

rien, d'autres le font naître dans (iuibus ducli deinc*P* omnes , qui in niedeSanjos et d'autres dans

I lie de Cepnalonie (j) , etc. (g), minabantur: idque eorum nomen us-

On ne peut rien voir de plus beau qUG a^ Pythagorœ manavit œtatem :

dans des philosophes païens que Vt€m-' utJcribi^ taudi^r Platonis

vi j* •» j i\- s j u Ponticus Heraclides, t>ir doctus in

ce qu il disait de Dieu , et du but primis y Phliuntem yerunt uenisse f

où nous devons tendre (0); et eumque cum Leonte , principe Phlia-

(f) Voyez Apulée, in Floridis. siorum , docte , et copiosc disseruisse

{f)ASumos, ville de cette Ue. quœdam : cujus ingenium , et elo-

(ff) Voyez Farnabe , in Ovidium , Métaro . , quentia m cum admiratus esset Léon ,

lib. Xf, vers. 6a. quœsivisse ex eo , qud maxime arle

ia8 PYTHÀGORÀS.

confiderct : atillmn artem quidem se nem ( de immorfalitatc animne ) disscire Qiillam , sed esse philosophum , cipulus ejus (4) Pythagoras maxime admiralum Leontem novitatem nomi- confirmait , qui ciirn régnante Tarnis , quœsisse : quinam essent philo- quinio superho in Italiam uenisset , sophi , et quid inter eos , et reiiquos tenait magnam illam Grœciam cum interesset , Pythagoram autem res- honore et disciplindytUm etiam authopondisse , SI MI LE M sibi uuleri vi- ritate. (5) Pythagoras fuit in Italid tam hominum, et mercatum eum, qui temporibus iisdem quibus L. Brutus haberetur maximo ludorum apparatu patriam liberavit. L'erreur de ceux totius Grœcice celebrilate : nam ut qui ont dit qu'il passa en Italie au illic ahi corporibus exercitatis glo- temps du roi Nu ma (6) , lui est gloriam, et nobilitatem coronœ peterent, rieuse : car on ne tomba dans cette aluemendij aut vende ndi quœstu, et pensée , que parce qu'on crut que lucro ducerentur : esset autem quod- Nu ma n'aurait pu être si habile et si dam genus eorum , idque vel maxime philosophe, s'il n'avait e'té disciple de ingenuum , qui nec plausum , " nec Pythagoras. Quinctiam arbitror , dit lucrum quœrerent , sed visendi causd Cicéron , propter pythagoreorum venirent , studiosèque perspicerent , admirationem , JYumam quoque requid ageretur , et quo modo : ita nos gem , pylhagoreum a posteriotibus quasi in mercatus quandam celebrita- existimatum : nam citm Pythagone tem ex urbe a tiqua , sic in hanc fi- disciplinant, et instituta cognoscerent, tam ex alid vitd, et naturd profectos; regisque ejus œquitatem , et sapienalios gloriœ servire , alios pecuniœ , tiam a majoribus suis accepissent , raros esse quosdam , qui , cœteris œtales autem et tempora ignorarent ; omnibus pro nihilo habitis , rerum propter vetustatem , eum , qui sapiennaturam studiosè intuerentur : hos tid excelleret, Pythagoras auditorem se appellare sapientiœ studiosos , fiasse crediderunt (7). Notez que Ciid est philosophos : et ut illic li- ce'ron ne se fonde que sur de légères beralissimum esset, spectare , nihil conjectures, quand il tâche de persibi acquirentem , si in vitd longé suader que les Romains surent quels omnibus studiis contemplationem re~ e'taient les dogmes, et quelle e'tait la rum , cognitionemque prœstare. Nec réputation de Pythagoras (8). Il n'eût vert) Pythagoras nominis soliim in- point parlé de cette manière , si ce venter , sed rerum etiam ipsarum am- philosophe avait été honoré de la pli ficator fuit (1). bourgeoisie romaine, comme Épichar-

(B) Il florissait au temps de Tar- nus le débita (9). Disons en passant quin . . .'. et non pas au temps de qu'un oracle ayant ordonné aux Ro- JYuma.] Quant au jour natal du mot mains d'ériger une statue au plus philosophe , nous ne pouvons le mar- brave et au plus sage des Grecs , ils quer : l'année même de sa naissance eu fireut dresser une en l'honneur nous est inconnue. On s'est contenté d'Alcibiadc , et une autre en l'honde nous dire que Pythagoras tint ce neur de Pythagoras (10). Nous allons discours avant qu'il passât en Italie apprendre de Pline en quel temps (3) $ et l'on ne marque que d'une cela se fit. Invenio , dit-il ( 1 1 ) , et manière vague en quel temps il y Pythagoras et Alcibiadi, in cornibus passa. Ce fut, nous dit -on , sous le comitii positas , cum bello (11) Samrègne de Tarquin. ( 3 ) liane opinio- niti Apollo Pyûiius fortissimo Graiœ # . , , , gentis jussisset et altcri sapientissimo,

(,) C,cero, Tuscubm. <W. , lit. V , cap. simulacm celebvi loc0 dicari . ea £ III. Ihogènc Lacrce raconte a peu près la même

chose. Voyelle in Procmio, uuw. la , ou il cite Cestrà-dire de Phén-cydcs.

ffrraclides Ponticus «V T» TTtpt THÇ A7T»0l/, (5) Ciccro, TuM-ulan. , lib. IV, cap. I.

l?.*lh™ î*^mr. f'P.'™ £C.bU* dit (6> 9vid e a tuivi cette fausse tradition au XV*.

IV, cap. T.

pag. 65.

(io) Idem, ibidem.

(i i) Plin., lib. XXXIV, cap. VI, pag. m. gtj.

r quœ

magna dicta est , et privatim et publiée , prarttnntisùmis et institutis et artibus. Ciccro , Tus-

oilan QursU, Uh V, cap. IV. (,-.) Cette gurrre fut longue , et commença

(!) Idem, Tiiwulan. , lib. I, cap. Ml. .fat de Home.

PYTHAGpRAS. „

fn,t,neCJrU<' diCtat("' 'n Curiam S"'*in eûl cr» «<"» P«inc q«r Numa facere. Ahrnmaue est ,Uos paires Fut l'un des disciple? de Py hasor™

iï Ali- TLtll. . ,.7

^ . V- "—"'"T"' r* pures nu i un des disciples de Pythasons •

Socrati cunctis abeodemdeo sapientid car il dit crue ThalA* a ~ 8 j 2

r £ ,i £ r/ Alcibiadem , savons a.i« ThaIAa »♦ D^i^de ont

ie Pythagosyde. Oiielnt que Thaest pour le ander , disagoras , ont • Aucun des

(i3) : ils connaissaient moins Socrate ne nous avertit de la mauvaise voZ que^ythagoras ; car celui-ci avait .ion de ces paroles *™^~xJu

• r° — ' — — "* « » «ii. Biun ue ces paroles vixa9a<m«/> jv«

enseigne long-temps en Italie avec y,yi,*„ t> Jtlf, i T. £.?*a? / j

beaucoup de réputation: et il, étaient L„ 7J i ïtl ûul '

prevenus en faveur de Pvthagora, ÎZùv LLZ , fem^oîo'

avait ete son disciple. C était l'opi- altéra ab Anaximandro *b™ A

qXllcTûtlaTe2,imUaA'2ULfarSe fr^^XZ&iï^

queue rut , les magistrats ne lais- /e* aatfW /W* (ao ). Il est visible

aient pas de a fomenter. Cela parut cru'elles signifient non pas que Thaïes

lorsqu'on prétendit avoir trouvé le ?ut disciple d'Anal m

tombeau de Numa et ses livres (,4) . cru'au contraire AnSander le fu

car on divulgua au'ils concernaient 3e Thaïe s. «"«nander le tut

la philosophie pythagoricienne, et il Finissons ceci par un passai d« a£Ùttce^^^^

%~^"Z.W™?lAa4 Zed,tar Cei?« ' q-ûnd on se souvient que

i«. n • • • m".uuc \**J- P«re nardotnn (ai) a cru le-

pourquoi les Romains aima^nt mieux ver U AittlnnU*; — ^ ; "

croire que Numa eût é,é dLipl/de P^goraf 1 ù e'n Maïï"

Pjrthagoras que d'attribuer* l'Italie g£e d'imasis , et qu^ly f t "ssez dô

Si^dW^ng^fe sC„Vc:irrtnalsd%?emn,ÏSerî<!uS 8°n

pond,', ... qu'apparemmenî IVne cSue £ "ffi^^o™

songea pas à cet .ntérét de la patrie , apprend que Camhyse ubi„"ua PÉ

quand on commença de donner cour» ^i>»-.;. jjï . 1 ?"

randoncommenÇadedo„^co^ ^S^J^H^

le mérite de ce prince , en lui don- r W Eot™ régnante Thaïes musiu»

nant un si fameux précepteur. Était- Z'^Td* ^^3/7^"^ il aisé de croire qu'un barbare sans tJ£L % ' llb'XriII> C°P- XXfr.

Me desGrecs^ eût pu parvenir" -ÎSffl-fe^r^TÎ;^ ce haut point de capacité ? Saint Au - (l9) D.ogène Uërce , M,, ir, dit qu'JLn

tnaiider a Jleuri principalement du temn, J~ o ~ (i3) Vo«i«u , de Pbilosoph. »«ct. , pag, m. 3o. l*crate » * ^

/.«^ . • (ao) Uértiu.jl„Pr«mio, l3>

U4) ^nq cent cinquante-cina ans depuis le («) Is obeliscus quem divus Aueuitus in *i~A

cnTÇÏlTZ t0" 8ne' Plin* ' XI1I> maen° SUltUith "F" "< « regJ SrZèserTo cap. XIII; et non pas ennron quatre cents après au0 ^nantr Pjlhagoras in Eetpto fait PU ° *

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