‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 46 sur 142 · TOME XII · texte numérisé non relu

TOME XII

Elle rendit plusieurs bons offi- conclure qu'elle mourut Tan ces à Hadrien (D) , et lui procu- 1 29 ; mais jusques à ce qu'il monra l'empire. Le monde a été tou- tre en vertu de quoi il prétend jours si rempli de médisans , que tirer cette conclusion , je ne conla modestie de Plotine , et tant sei lierais à personne de s'y fier, d'autres bonnes et grandes qua- Moréri , qui met la mort de Plo~ lités qui brillaient en elle (E) ne tine à l'année 122, ne saurait la sauvèrent point des mauvais prouver ce qu'il avance. Quant soupçons. On la crut amoureuse à ce qu'il ajoute , qu'Hadrien lui d'Hadrien (F), et Ton imputa à fit bâtir à Nîmes un temple, un cette passion toutes les grandes palais et un amphithéâtre , il dignités auxquelles il fut élevé, ne serait pas plus aisé de le prou- Quelques-uns soutiennent que ver. Spartien ne parle que d'une Trajan ne l'adopta pas (G), mais basilique (/) , sans marquer si que Plotine, tenant cachée sa Plotine vivait ou ne vivait pas mort , fit parler d'une voix lan- alors.

guissante un autre pour lui , afin (/; Pgr ^ ^ fa homm ploUnm

que tOIl en lendit qu Hadrien Basilicam aptul Nemausum opère mirabili était déclaré fils et Successeur de extru*U- Spartfanus, in Adrian. , cap xn ,

Tl a . y xi PaB' m- tt0'

ce prince. Il ne parait pas qu elle

ait lamais eu d'enfans. Lorsqu'el- W Trajan rayait épi

le 'fut morte, Hadriea qui lui

avait toujours témoigne une ex- gyrique de Pline. Idem estis invicem,

trême reconnaissance (H) , ne dit-il à Trajan , quod fuistis : proba-

manqua point de signaler ses re- *** 1**1"° ». "ihiUme vobis félicitas grefllWta, «e deuil pendant

neuf jours; il fat des hymnes temferat. Et un peu après, parlant

pour elle ; il lui fit bâtir un tem-» de Plotine et de Marciana , il remar-

ple (fi-); il la mit au rang des dées- que qu'elles vivaient dans le palais

r /?( ti 1 • •* iâ'\ UA*;. de l'empereur avec la même modesses (ft). Il lui avait dejk fait bâtir tie qu/gi eUes eussent M encore

un palais à Nîmes (1). On ne sait d'une condition privée, neque enim rien de la famille ni de la patrie unquam periclitabuntur esse prù>atœy de Plotine ; et il est bien étrange 1"%™"?™'™*',, . . ,

1 u* * • a J« (B) &tle du qu'elle entrait dans le

que les historiens de ce temps- pa^Aouu telle qn'elU désirait d'mn

là aient ete assez negligens pour sortir. J M. Moréri a défigure' la pen-

n'en rien toucher. Ils n'ont pas sée de Plotine : il dit qu'elle protesta

marqué non plus le temps de sa ^ entrant U première fois dans le

? u j ï-11 * /l\ Palais • • • • qu'elle était en état d'en

mort. M. de Tillemont (A) croit ^ortir touiJUsfois qu>on u sou}lai

avoir trouvé dans Dion de quoi terait. Ce n'était point son sens : elle

souhaitait que la grandeur de sa for- {g) Xiphil., in Adriano. tune ne luichaneeât pointles mœurs ;

/IV rt.. s - Jmm .'.•/i..'.l></i.I e la j. 1 11 .11!..». "ï7

ousee avant ar Nen»a."\ es du Pané-

des

divePlotin». f« Commentaire» de «««r « « weiuo nwwruivn

Tristan , lom. /, pag. $3o. <IU e,,e avait dans cette Pnse de Pos-

(») Spartian., in Adrian. , cap. XII , pag. scssl0.n d« Palais impérial. Ce souhait

m> IIO# est digne dune grande ame , et re-

(A) Hi*t. des emperenw , Vie d'Adrien , garde un bien qui n'arrive que rare-

pag. m. 4»6. ment , honores mutant moivs.

PLOTINE. i;9

(C) Onlinairement il nW a que. . . fections de Trajan aux imperfections des factions entre les femmes et les des autres princes. Il n'oublie pas le soeurs des princes.'] 11 est bon d'ouïr grand point du mariage. 11 dit que là-dessus le Panégyriste de Trajan. plusieurs hommes illustres se sont JVihil est tam ptvnum ad simultates déshonorés par-là ; mais que pour quhmœmutntio,infœminis prœsevtim: Trajan c'est un des beaux endroits ed porro maxime nascitur ex conju.no- de sa gloire. Multis illustribus detletione, alitur œqualilatc , exardescit cori fuit aut inconsultiùs uxor asinvidid,cujus finis est odium. Quo qui- sumpta , aut retenta pu tient ihs , itn dem admimiilius existirnandum est, foris claros domestica destruebat inquod mulieribus duabus in una domo, famia (5) , et ne maximi dues habeparique fortund , nullum certanien , renturhoc çfficiebat quod mariti minulla contenlio est. Suspiciunt inui- notes erant. Tibi uxor in decus et cent y inuictm cedunt : quiimque te gloriam cedit. Quid enim illd sa neulraque effusissimè diligat , nihil sud tius ? Çuid antiquius ? Nonne si putant intéresse , utram tu magis pontijxci maximo deligenda sit contîntes. Idemque utriaue propositum , junx , aut hanc , aut similem (ubi est idem ténor *>ittv , nihilque ex quo sen- autem similis) elegerit ? Quant Ma tias duas esse. On ne peut pas donner nihil sibi exf'oitund tud nisi gaudium une idée plus avantageuse du mérite uendicat ? Quàm constanter non pode deux princesses. Pline s'entendait tentiam tuam , sed ipsum te reveremerveilleusement en portraits , et il tur ? . . . . F.adem quàm modiea cula bien raison de considérer cette con- tu , quàm parca comitalu, quàm civicorde comme un avantage dont il fal- lis incessu l Dans une de ses lettres lait qu'il félicitât Trajan ; car la plu- (6), il lui Ûonne l'éloge de trèspart du temps les souverains sont sainte femme. Injungis mihi jucunmisérables dans leur domestique , dissimum ministetium, ut ad Ploti- '{uelqne heureux qu'ils puissent être nam sanctissimam Jceminam , littéral au dehors , s'ils ont sous un même tuœ perferantur.

toit, mère, femme, sœur, belle- (F) On la crut amoureuse d'Ha-

mère, fille, belle-fille, etc. Il n'en diien.] Dion n'en parle pas en mots

Tant pas tant pour leur donner plus couverts. "E£ tpe$Tixiç <pixi*c, dit-il

d'occupation que leur état ne leur en en un endroit j ipdovç «lùvoZ /ï*$i-

doone : la moitié ou le tiers de cela «o»t»ç , dit - il en un autre. Voilà

suffit. Mais quand je vois aujour- comment le monde est malin. On ne

d'hui des panégyristes qui représen- saurait voir une femme témoigner de

teot les princesses, non pas comme l'affection à un homme, et faire fort

elles étaient , mais comme elles l'empressée pour le combler d'hon-

eustent été si elles se fussent rendues neurs et de biens, qu'on ne >s'ima-

conformes aux idées d'un orateur gine qu'elle l'aime criminellement,

qui s'élève le plus qu'il peut vers le La différence d'âge, bien loin d'im-

sublime ; quand je considère , dis-je, poser silence à la satire , ne fait que

cela, je soupçonne Pline d'avoir bien la provoquer. On soutient que quand

outré les choses. la patronne est sur le retour, grand'-

(D) Elle rendit plusieurs bons ojH- mère si vous voulez , son empresh Hadrien.] Ce fut elle <jui lui sèment à élever un jeune homme

ménagea d'épouser la petite-nièce de est une plus forte marque du com-

Trajan (i), et qui lui procura un merce criminel , que si elle n'avait

gouvernement au temps de l'expëdi- que vingt ans. Elle n'aimerait pas

lion contre les Parthes (a), et puis le tant sur ses vieux ans , dit un satiri-

second consulat (3) , et enfin l'em- que , si elle ne se croyait obligée de

pire (4). payer les nuits qu'on lui donne , et

(E) Us bonnes et grandes qualités (5) fl„c ceU ee dit Tadus au <JM brillaient en elle '} Pline oppose chap. XXlV du III'. livre des Annales. Ut ya- «USsi Souvent qu'il le peut les per- lid" àivo Aoguato in rempablicam fortunt, il*

(«) Spartian. ,» ÀdrUno , cap. II, pag. a3. * 1"" «'b* dqpulit. Voyex l'article de Lovit

(a) Idem, cap. IV, pag. 38. V,1i JX > M» 3gi , citation ($) , et celui

(3) Idtm. par. &o. rfUitow* , tom. PII, pag. 56 I, remarque (G). M làem !plg. 46. (6) La XXriIt*. du U*r* IX.

,8o . POINF.T.

qu'on pourrait passer ailleurs avec Winchester , au XVIe. siècle ( À) *

plus de charmes ; elle s'empresse- s'attacka avec beaucoup de ferrait moins à servir, a recommander, { ^ ré£ormés sous

à débourser, si elle ne voulait faire ; S»/» i j

durerTe trTbat. En un mot , le medi- Je règne d'Édouard , et composa,

sant porte ses vues sur ces vers de entre autres livres, un Iraite sur

Juvénal : le Mariage des prêtres, et une

Citm u summovuant qui testamenta merenlur Apologie de Ce Traité ( a). Il fut

^"^r;r^ri~ contraint d'abandonner son pays

par la lettre de ce ^ reHtate Naturâ atque Subnrince au sénat , laquelle n'était . . ' * *

SSnï signée de sa miin , mais de rtmffrf «wpOT* e/

celle de Plotine ; ce qui n'était Jamais Qiristiin EltchariStlâ (c). Il ta-

arrivë. Voyez comment M. Dodwel chait J'y accorder les controverréfute Dion dans ses doctes leçons de ^Eucharistie , et surtout

™W$'J££^~£ celles des luthériens et des zuinsunt , dit un autre, qui factions Ploti- gliens. Nous parlerons Ci-dessous nœ/mortuojamTrajano,Adrianum je œt ouvrage (B). Poinet enin adoptionem adscitum*sse prodide- ^ à f d ,a langue grecque, rintt supposito qui pro Trajanofessâ lclIuai,,a o P A,,

"oce loPqPueretuhfo). Qu'une médi- et assez bien 1 allemande et isance vraisemblable est malaisée a tahenne (rf). Il traduisit de 1 1réfuter ! talien quelques ouvrages d'Ochin

(H) ZZWnerc /i" «emo/^/irt to«i/ouw f * jj eut de grands talens pour

une extî'éme reconnaissance. J Iris- v ' , . ■» , ,

Tan (Ti) rapporte qu'Hadrien ««rit prêcher , et se fit admirer par-la gratifie' Plotine de grands legs /mr du TOI Edouard (/> Nous raptestàment, en cas qu'il vint a mourir porterons ce qui a été répondu à le premier ; ce que J'apprends ajou- j»accusatjorl qu'0IA Jui intenta te-t-il , de fa loi, Si Augustœ legave- ^ fflmma ,r v

ris , ff. de légat, et Sdeicommiss. d'avoir enlevé une femme (C ) livre*, qui rapporte cela ainsi. Si quoiqu il fut déjà marie. Aucusta? legaveris, et ea inter homi-

nes esse desierit, déficit quod ei re- (a) Epitome , BiMioth. Gesnen, pag. m. lictum est , sicuti divus Hadrianus 4»7» exBûœo.

in Plotinâ et proximè imperator An- (b) Frcher . in Theatro , pag. 109 , ex loninusin Faustina: Aucustœpersonâ Godwino.de Prœs. Angl. conS , cîîm ea antl interhomi- . M" l**™**^****"

nés

esse desiisset quàm testator dece- "'^^ .„ Theatr0 > w l6û.

deret ^ Epitom., Bibliothec. Gesneri, pag.

M Joven. , 9«t. I, V3. 37. m- 487- . c

(8) /n Adri.no , mit. (/) Freher., m Theatro , pag. 169.

(t)PS^rtifn. , cap. IV, pag. tfi. (A) // fut évéque de Rocfaster , et

(11) Comment. HisU,tom. I,pag. 43o. MUi5 Je Winchester , au Xrl*. sie-

~™ , t \ c/e.] Il fut transféré à cette dernière

POINET OUPOISET (JEAN ), prélature le 26 d'avril ï55i , avec

évêque de Rocbester , et puis de dix-huit mille livres de pension pour

P0I1SET. t8i

subsistance (i). Il fut mis à la place traduisit en français assure de Gardiner, qui avait été' déposé préface , adressée au vidante de Charpour n'avoir pas soutenu les droits très , qu'il avait communiqué son de l'autorité royale (a) : mais il fal- dessein à quelques ministres (8). Ils lut à son tour qu'il cédât ce poste à crurent peut-être qu'un ttel livre sc- Gardiner , à qui on le restitua sous rait de saison dans un temps oùd'on le règne de Marie, l'an i553 (3).. cherchai! un milieu pour réuuir les (6) Nous parlerons ci-dessous de catholiques romains et les protestans. cet ouvrage J'en ai déjà marqué le Notez que le traducteur at tri hue cet titre et le temps de l'impression. J'a- ouvrage* à Antoine Cooke qui avait joute qu'on y joignit le fameux traité été précepteur du roi Edouard (a), de Bcrtram de Corpore et Sanguine Vous trouverez une exposition du Dominiy ad Carolum Magnum (4) </»- sentiment de cet évêque daus un peratorem, anlè D. CC. annos edi- livre d'André Rivet (10). Lisez aussi tus. On ne marqua point où il était ces paroles de Jean Cosin , évéque de imprimé. La préface ne fut point Dunelme : Pauto antè liane conscripfuite par l'auteur : il se contenta d'un ta m apologiam (Ecclesiae Anglicanae mot d'avis où il devina fort juste quel à Joh. Juello episcopo Sarisberiensi ) serait le sort de son ouvrage , c'est prodierat Diallaoticon celeberrimi viqu'aucune des parties contestantes ri Johannis Poincti , episcopi Wintonc l'approuverait, et qu'en voulant niensis , de f^etitate, Natura, atque pacifier ceux qui se faisaient, la guer- Substantid Corporis et Sanguinis re, il s'exposerait à rindi^uation des Chtisli in Eucharislia ; quod nonalio uns et des autres, lise compare à un consilio edtdit, quant ut Jidèmet docliorame qui reçoit un coup d'épée en trinam ecclesiœ angLicanas illusUa-^ tâchant de séparer des gens qui se ret. El primo ostendit Eucharistiam battent. Aulhor Lectoii. Pacem alio- uon solùm ttguram esse corporis Dorum quœrere pulchruru est , et habet mini , sed etiam ipsara veritatem , certain promis sionem Dei ; Beau pa- naturam , atque suhstantiam in se ci/ici. Sed vercor hoc dùm cupide sec- comprehendere j ideircù nec.has volor, ne quod Us qui pugnas diruunt ces natura; et substantiœ fugiendas ef entre solel , idem mihi quoqu- acci- esse ; veteres enim de hoc sacramen da{, llli d'uni aliorum saluti consu- to disserentes ita loquutos fuisse. Seluntj ipsi reportant vulnera. El ego cundo quœtit , an voces ilke, Vérifia* id operam do ut dissidentes re- tas , Natura et Suhstantia , commuileant in graliam , ab iisdem fortassè ni more in hoc mysterio à veterihus nullam inibo gratiam. Idsijit, illius intelligebantur , an peculiari et saexemplo me levabo qui dixit, si luimi- crameu lis magis accommoda ratione? nibus placuissem , Chri,sli servus non Nequeenim observaudumessesolùm, essem. t'aie ac stude Christo placere. quibus verhis olim patres usi sint, Nous ignorerions peut être le nom de sed quid istis significare'ac docere celui qui fit la préface , si Jean Stur- voluerint./i£ licet discrimenipse cum niius ne l'eût reconnue pour sienne, palribus agnoscal, inter corpus Chris- Quœre auœ prœfatus sum antè annos n forma m humant corporis naturai iginti in Diallacticum P. (5) Poneti Uni habens , et quotl in sacramento episcopi If^inloniensis (6). Cet ouvra- est corpus mysticum , maluit tamen ue fut inséré au premier tome des discrimen illud ad modum praesentiae Opuscules de Théodore de Bèze, à la et exhibitions , quam ad ipsam rem première édition (7). Celui qui le subjectam , hoc est corpus Christ*

(i)Burnet, Histoire de la Réformation d'An- verum , accommodari ; quùm certtSj(lft*rre, a l'aimée i55i , aussi M. de Lar /, pag. Gao , un

nstoire ne ta nciorraauon a au- verum, «ccornffwwut, «•«•»

mée i55i,j>ag. m. 401. Forez simum gft non aliud corpus in sacrarc'JS^!£ïr#5£ mento /iJeUbu, Jnri, nisi quod a

ai* Ueu de Poinet. Cnristo pro Jidelium salute in mor-

(1) Bumet, là même , pag. 400. lem imditum fuiu Tertio denùjuè , (J) L'a même , à l'ann. i553, pag. 588.

(4)//rtit fallu dire Calvum. ....

ii\ ri r ri . j- tu (8) Idem, ibidem*

(t) Il fallait dire Johannis. K [ . . , , » r^- ..1 l<î) Stnrmiu» , in parte II/, Anti-Panni quarti, (9) ltUm > lhlllem > ct A»"0»»*- > ,n ^on^,,-

pag. l'A tal. de Kcligione, /.rtK.«)|S.

(:) Forez, Kivet, in Grolianar aniiaadv. Dis- (10) Annolat. , in Consultât, de Religione/i/'ir>is». , tout. III, Oper., pag. i»3*. dent.

i8a POINKT.

«piiitualefo hic intelligentiam , juxtà auant à ceux qui souhaitaient que communem et consentientem vete- 1 on admît un miracle dans l'Eucfiarura patrum interpretationem , re- ristie , il pouvait s'imaginer qu'ils quiri s ta luit , et carnalem omnem seraient contens de son hypothèse , cogitationem exclu di ( u ) Poinet poumi qu'ils ne demandassent qu'un n'appuie beaucoup sur l'autorité des grand miracle en général : car ce pères qui ont parlé fortement de la qu'il enseigne est une des choses les présence du corps de Notre Seigneur plus incompréhensibles qui se pusdans les symboles de l'Eucharistie) et sent proposer. Il admet une présence il rejette nettement l'opinion qu'on réelle et substantielle du corps de attribuait aux zuinglins ; mais il ne Jésus-Christ , mais qui ne soit pour-

laisse pas de condamner ceux qui tant que sacramentale ; et il veut admettent la manducation orale du que par la vertu de cette présence , corps de Jésus-Christ. 11 veut bien le pain de l'Eucharistie puisse puriadmettrele mot de transsubstantia- fier nos âmes, et faire que nous ne tion , pourvu qu'on l'entende d'une fessions qu'un corps avec notre récertaine manière , et que l'on exclue dempteur. Qubd si nonnulli miraculé manducation orale. Vident sub- lum requirunt (nam patres atiquot itantiam quoque h nobis prœsentem Eucharistiam ingens ntiraculum noajfirmari, et communiortem no s tram minant) , non minus profecto mirancum Christo naturaliter ,et ut dicam, dum est panem et vinum creaturas substantialiler prœdicari , sed kas terrenas , et corpori tantum pascendo voces , non ut philosophi , sed ut notas , eamque virtule benedictionis theologi loquuntur , intelligi oporte- mjrsticœ vim insitam , adebque potenre. iVec de transsubstantiations vo- tem efficacitatem possidete , ut et cabulo , quamois barbaro minimèque animos et corpora mundent, alant , necessario litigaremus , si modo ta" sanctijicent 7 atque ad immortatitalem substantiarum transmutationem tem préparent, ut nos membra Chrisinterpretentur, qualem veteres agnos- ti et unum cum Mo corpus conficianU eebant , sueramentalem videlicet , Imo plus ponderis habet hoc miracuq u au s etiam in homine fit per bap- lum , plus dignitatis , majorent utilitismutn regenerato , qui no vus homo tatem , ac magis mysteriorum ratio ni factus est , et nova creatura , qualis congruentem f quam ulla potest crassa etiam fit quùm nos in carnem Ôhristi transsubstantiatio, autanimalis ethuconvettimur , quibus patres antiqui mana complecti o-etpKoQ&yiei (i3). Le utebantur exemplis. rocesipsas non Catéchisme des églises réformées, comtantoperè fugimus , quamquam car posé par Calvin, ne s'éloigne pas beaurum quoque ratio habenda estt sed si- coup du sentiment de cet évéque de g nificationemeam quam patres ipsi do- Winchester. Considérez bien ces pacehti atque adeb /lagitant, nos quoque rôles : Ainsi , selon que Jésus-Christ requirimus' : et solam o-xputHÇaLyi&v , id le promet et représente , je ne doute est , carnis vorationem , quam nullo pas qu'il ne nous fasse participons de pacto probant , sed ut stuttam et im- sa propre substance » pour nous Unir piam condemnant , rejicimus ut alie- avec soi en une vie. M. Mais comment namàScripturis, aliénant à patrum in- cela se peut-il faire , vu que le corps terpretationetdcniquècumverdJideex de Jésus-dirist est au ciel, et nous diametro pugnantem , ac spiritualem sommes en ce pèlerinage terrien ? E. sensum in hdc carne edendd necessa- (Test par la vertu incompréhensible hum esse judicamus, ipsum Christum de son esprit , laquelle conjoint bien authorem sequuti , et consens um pro- les choses séparées par distance de batissimorum , qui habentnr , inter- lieu (t 4).

prêtent (la). Il n'avait pas lieu de se J'ai dit ailleurs (i5) que ce Dialproroettre de contenter les catholi- lacticon fut réimprimé avec le livre ques romains par la concession d'un d'un médecin qui voulait pacifier les terme qu'il modifiait ainsi. Mais controverses de l'Eucharistie , et qui

(il) Joh. Connu* , episcopiu Dunelmennt , Idem , folio 8s.

Historié Trenssubstent. Pap.li», cap. II, num. 4. (14) Ce téchUne de Genève , sert. LUI. pag.getseq. (xS) Dan» U remarque (C) de l'article Ha*.

(iï) DUllâcticon , folio m. 81. ci v , tom. Vil, pag. Soi, à lajin.

POITIERS. i83

avait des idées fort particulières sur » aussi-bien que la raillerie qui en ce grand dogme. » dépend , peut passer pour une des

(G) Nous rapporterons ce qui a Té- » fleurettes de la plume de notre au-

ponduk V accusation qu'on lui intenta » teur^ï^). » à 'avoir enlevé une femme quoiqu'il

fût déjà marié."] Sandérus, après avoir («7) Burnet, Histoire de U Réfortnatien d'Audit qu'un certain Poinet occupa Yé- > Ir*' > P«$> *«»3 , > veché de Wincester dont Etienne '*

Gardiner avait été destitué , ajoute : POITIERS ( Diane DE ) , maî-

« ce gentil prélat estimant que cW t t jj ; j, t f n d

» toit peu d'espouser une femme, ir i c . " V. ' " " .

» ores auHI fust evesque, d'abondant comte de 5amt-VaIier (A), abusa

» il enleva la femme d'un certain étrangement de sa faveur , soit

» boueber encore* vivant : mais par pour amasser des richesses , soit

» me ne lui appartenant nullement, Pou>* f«* exclure ceux quelle

» et rendue à son mari. Parquoy com*- trouvait à propos. On avait de la

» mepuisapreslYndespriocipauxdu pejne a croire qu'étant si âgée ,

: K'ï'pSÇï;1^ "1,e.eAlPu ca^er t,e l,e,le sorle

i> par moquerie : vous espérez par- jeune prince , sans le secours

» avanture qu'un temps adviendra , de la magie (B). Mais des gens

» qu'on vous rendra vostre evesché : fort sensés ne recourent point à

: ^--Pe- f>> et font * ^onSes ré-

» rer de recouvrer mon evesebé , que flexions sur le pouvoir dune

» le boucher a recouvré sa femme? vieille Courtisane (C); et ils n'ou-

» Car ce rut le mésme personnage, }y\ient pas de marquer la com-

» qui s empara de 1 evesche d tstien- , j 11 •

»ne Gardiner, et qui a voit enlevé PjfX12n «"OUreuse de celle -ci

» la femme du boucher (16).» Voilà (D). Le plus grand scandale vint

l'accusation , «t voici ce qu^s répon- de ce qu'on ne doutait pas qu'elle

d« 1 M. Burnet : « La fausseté de cette ne se fut abandonnée aux désirs

»> histoire se mauifeste clairement » v . ler .

» par la réponse que le docteur Mar- de François I \ , pour sauver la

» un publia , au commencement du vie à son père {a) (E) ; et ainsi

» règne de la reine Marie, à an livre l'on ne voyait pas sans indigna-

><*ue Poinet avait -écrit en défense tion qU»une femme qui avait ser-

» du mariage du cierge. La réponse * «* , .

» de Martin est écrite avec un si Vl successivement de concubine

erand dépit , et avec tant de ré- au père et au fils , eut la princi-

» lierions si indécentes, que quoiqu'il pale autorité dans le royaume,

•n'y ait point de raison de croire c'est donner dans les visions chi-

» tout ce qu il dit , si est-ce que , . * - ,

» c'est un argument très - certain meriques, que de prétendre que

» que cette histoire touchant Poinet les liaisons de Henri II avec cette

» est un conte fait à plaisir ; puis- femme ne passèrent point la bel-

» que si cela était une chose si pu- le fr, E„e fut connue a

» blurue , comme 1 auteur 1 avance , , i *i

» Martin en devait avoir ouï dire la cour pendant long-temps sous

» quelque chose, et particulièrement le nom de la grande sénechale ,

» puisqu'il demeurait en la maison ei pUjs sous ce\m de la duchesse

» de Gardiner ; et on ne saurait ^e Valentinois. Le premier de

» s imaginer, su Peut sue, qu 11 , . . r . ,

«►Veut cachée : de sorte que cela , ces deux noms lui convenait a

(16) Sandow , do Schisme d'Angleterre, iiV. CaUSe OJU e e aval e C m //, fblio 169 , d'une anctenn* torsion fronçai**

impnmt'e Fan i587. («) > ojrez la ran. (A).

i84 POITIERS.

avec Louis de Brézé, grand se- la mort de Henri II. Elle s'en néchal de Normandie, dont elle servit pour apaiser la reineeutdeux filles qu'elle maria très- mère, et se retira dans sa belle avantageusement (G). Quant à maison d'Ane t; mais non pas, l'autre nom , elle le prit à cause dit-on , sans avoir essuyé une que Henri II lui donna le duché rude mercuriale de la part de de Valentinois. Je ne pense pas Catherine de Médicis (c). Cette qu'au temps qu'elle se rendit chef reine fut épouvantée de l'offre de parti contre la duchesse d'É- que lui fit Tavannes , de couper tampes , sous le règne de Fran- le nez à la duchesse de Yalentiçois Ier. , elle fût aussi âgée que nois. Elle lui remontra que ce M. Varillas l'assure (H). On ra- serait sa perle. Et il répondit conte des choses bien singuliè- qu'il lui serait agréable de périr res , tant sur la fermeté qu'elle pour éteindre le vice , le malheur témoigna après la mort de Heu- durai et celui de la France (d). ri II (I ) , que sur la durée de sa Pour conclusion , j'examinerai le beauté ( K ). Elle fut mortelle récit de ceux qui disent que son ennemie des protestans (L) ; et pucelage sauva la vie à son père ; c'était sans doute l'une des plus et je fournirai des dates qui déciremarquables scènes de la grande deront quelques disputes des his-

.de,

le* femme faisait paraître. S'il des faits aussi modernes que y a quelque chose dans les Mé- ceux-là.

moires , de Brantôme , qui soit Ce que l'on dit dans un livre non-seulement fade , mais digne qui fut imprimé à Baie , l'an d'exécration , c'est la bassesse 1698, que le duc de Guise eut qu'il a eue d'encenser la mémoi- dessein de se marier avec notre re de cette duchesse, et d'ap- sénéchale , n'est point vrai (Q). plaudir aux complaisances excès- C'est une de ces brouilleries qui sives de Henri II (M). M. de se répandent dans les discours Thou s'est bien gardé d'une si de conversation : les personnes indigne flatterie : il a foudroyé dont la mémoire est la plus heucomme il fallait le connétable de reuse y confondent quelquefois Montmorerici(N),qui,avec toute les temps , les pères avec les fils , sa fierté , ne laissa pas de ram- et les filles avec les mères , etc. per auprès de cette impudique.

\ •• 1 hjt ' » • . • (é) V 'oyez la rem. (Q).

M. de Mezerai n a point agi en (V} Mémoires de Tavannes, c.eés par le Laflatteur (0). On l'a louée de n'a- boureur, Addit. à Castelnau , tom. //, pag.

voir pas poussé sa vengeance aus- 573-

si loin qu'elle pouvait contre la (A) Elle était fille du comte de duchesse d'Étampes , après la Saint- Palier. ] ïl s'appelait Jean (1) mort de Frauçois I". ib). Les de Poitiers , et il était d'une ancien- ~~*nA* k;n„5 ' . ne maison ; car un Aymar de Poi-

grands biens qu elle avait acquis tiers (( ain'si 8uraommJe', soit qu'il

lui turent d un grand usage après „ descendît des comtes de Poitiers ,

(A) Varillas , Histoire de Henri II , lU: fy (t) Fa non pas Armar , comme l'appulle Mciepag. m. 33 , 3.|. rat , Histoire «le Henri II , au commcncrmtnt.

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