TOME XII
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(L) Elle fut mortelle ennemie des » avait qu'une de ses deux fdlcs qui protcstans.\ La cruelle persécution » rcnonc.1t à la foi catholique , elle que les réformes souffrirent sous le » lui donnait l'autre moitié de sa sucrègne de Uenri II est attribuée , par » cession qui lui aurait appartenu Théodore de Bèze , aux conseils de » sans ce changement (55) ; et suptrois personnes , savoir : le cardinal » posé que ses proches n'eussent pas de Lorraine, la duchesse de Valenti- » le soin de faire exécuter sa dernière nois , et le maréchal de Saint- André. »> volonté avec assez d'exactitude, Le cardinal , dit-il (5a), avoit la con- » elle s'adressait au parlement de science du roy comme en sa manche , » Paris, et le conjurait par les offices la duchesse possedoil le corps non » qu'elle lui avait autrefois rendus sans grande apparence de sorcelerie, » auprès du roi Henri II, de suppléer veu quelle avoit desia passé son aage » au défaut de ses parensr » Cet hisen très mauvaise réputation , et n'a- torien remarque que cet article du voit rien en soy qui peust par raison testament ne fut point exécuté : la ( si raison y a en telles passions ) at- duchesse de Bouillon professa ouvertraire ni retenir le cœur d'un tel tement la réforme , et ne laissa pas de prince. Ces trois estant lousjours à partager également avec la duchesse Caureille du roy, pour luy persuader a' Aumale. L'auteur en prend occasion deux poincts , a savoir que la religion de donner des louanges à la généroestoit ennemie de toute monarchie , et sité des Guises, tant il est vrai, principauté, et source de toute confu- s'écrie-t-il , que la maison de Guise sion : Vautre, que le vray moien de a quelquefois pratiqué des actions de couvrir devant Dieu et les hommes désintéi*essement et de générosité que tous les vices, esquels eux-mesmes l'on ne trouve point dans les princes l'entretenoyent, estait à exterminer des autres maisons. Il n'est pas longles adversaires de la religion romai- temps safts réfuter le fondement de ne , foirent en sorte que dés le corn- cet éloge (56) Mais ce n'est pas de mencement de son règne il n'eut rien quoi il s'agit ici. Rapportons un au* en plus grande recommandation, que tre passage qui témoigne clairement de poursuivre a outrance la persecu- l'aversion de la duchesse pour ceux tion et destruction des églises, com- de la religion. « Elle n'avait osé s'en mencée par le fou roy sonpere. Voici » expliquer à d'Andelot ; car encore un témoignage de Brantôme. Sur » qu'elle n'appréhendât pas de vivre tout elle étoitjort bonne catholique et » depuis vingt ans dans un eommerhaissoit fort ceux de la religion, foila » ce avec son souverain, défendu par pourquoi ils Vont fort haïe et mesdit » les lois de l'Eglise, elle ne laissait d'elle (53). Mais rien n'est plus fort » pas de vivre dans une délicatesse que ce que conte M. Varillas (54)* » de conscience qui ne lui permettait » Dans le testament qu'elle fît au » pas même de parler aux personnes » temps qu'elle était le plus en fa- » soupçonnées d'hérésie (57). » Quelle » veur , et qu'elle ne révoqua point extravagance ! Je prie mon lecteur de » en mourant dix on douze ans réfléchir sur cette bizarrerie de zèle » après , elle déclara dans le princi- qui est si commune.
» pal article , qu'elle était si forte- (M) Brantôme a eu la bassesse
» ment attachée â la foi catholique , d'applaudir aux complaisances
» que s'il arrivait par malheur que de Henri II."] Que Brantôme dise
*> les duchesses d'Aumalc et de Bouil- tant a u'il lui plaira que la duchesse
» Ion ses filles, pour quelque cause de Valentinois eut du courage, qu'elle
» ou prétexte que ce fût, l'abandon- fut belle jusqu'à l'âge de soixante et j> n as sent pour suivre nuelqu'une des
» nouvelles Sectes, elle les frustrait (55) L'auteur s'exprime si mal qu'il faut devint de Sa SUCCeSSion, et donnait tOUS ner ce qu'il veut dire.
>» ses biens aux hôpitaux des lieux où (56) 11 Pf-te*v»? «Je Lot-
. , . 1 . y c?vi > raine , qui ne négligeait rien , eut soin de laire
» ils Se trouveraient Situés. S il n y inserer dan* le contrat du comte d Aumale, des
clauses si avantageuses à ce comte , qu'il recueillit
(5s) Histoire ecclésiastique , liv. II, pag. 68. depuis la meilleure partie de la succession de sa
(53) Brantôme , Eloge de Henri II , au IIe. belle-mère.
lente de ses Mémoires , pag. 9. (57) Varillas, Histoire de Henri II , liv. VII ,
{54) Histoire de Henri II, liv. I, pag. 36 et 3-7. pag. 3oi , a l'ann. i558.
«pçrsuadoit a son roi, que toutes tin. Hœe violenta et acerba reeni ini-
» ses..... (58). Qu elle etoit fort de- qui aliéna potiùs quhm suo inLnio «bonnaire, charitable et grande uteretur, facile ministris tributasunt • » aumosmere envers les pauvres , sed prœcipuè Dianœ Pictaviensi su- » fort dévote et encline a Dieu , et peiU et impotentis animi feminœ , » q» aussi porta-t-elle pour devise amul quam plurimumgratià valebant » un tombeau... comme vivante lolharingi j ratios et Santandrea
» seulement en Dieu, et qu'il faut nus Hujusfeminœ arbilrio omnia
» o;ue le peuple de France prie que ngebantur, et Momoranlius ipse, ut «jamais ne vienne favorite de roi auctorilatem et potentiam , quam » plus mauvaise que celle-la m mal- apud regem obtinebat , incolumem » faisante (59) On trouva fort etran- tuevetur , morem gerere, et prudenv ge , ce grand don et immense , que tiam ad turpe obsequium flectere sa- - » celuy uostre roy a son avènement tagebat ; pessimo exemple fsummi im- )> fit à madite dame de Valentinois , perii ad impotentis feminœ libidinem * de la confirmation de tous les offi- prostituti; quœ postrem6 ut jam in » tiers de France, ainsi qu est la homines , sic et in œrarium quod ho- «coustume au changement des re- minibus imperat, potestatem arripuit » gnes et des roys, dont il en sortit expulso Johanne Tallo sanctions œrà- » une grande finance pour le long rii quœstore, et in ejuslocum su/fecto » temps que le roy François avoit re- Blondo Rupicuriano homme suo(6z). »gnc: un tel roy pouvoit faire un H rapporte ensuite plusieurs autres » tel don a une telle dame , car c es- extorsions que cette sangsue du peu- » toit une partie casuelle, qui ne pie employa pour satisfaire son ava- » touchoit point son revenu . ny de rice (63). M. de Me'zerai remarque >» domaine, ny de ses subsides et qu'à la fantaisie de cette rusée, le roi » tailles, et les roys de ce temps-là changea aussitôt toute la face de la m estoient fort libéraux de telles par- cour (64).
» tieSj casuelles comme je tiens de (0) M. de Mézerai n> a point agi en » bon heu , et leur estoit reoroché flatteur. ] Voici ce qu'ifdit en par- « s ils en faisoient estât car ae cela iant de rJtat ou Jes \ostf. furentPré. » ils en recompensoient leurs servi- duites après la mort de Henri II. La » leurs, sinon depuis nos derniers dame de Talentinois ne subsista ffuè- » roys , qui en ont fait party pour re long.tems a la cour Hs ,e Jrde » eux, et les afferment, a cause de des 8<£aux fiertrandi : elle enfut mise >. leurs nécessites. Encore de ces de- dehors h P arrivée d'Olivier qt' elle en » mers cette dame n en abusa point , avait fait chas et Qn Ud fa nndre
«car elle fit bastir et construire honteusement les clef s du ùbinet du
» cette belle maison d AnoL qui ser- ot iOB ~;„^,„r i »
% . • • • j, ,y , roi, et les pieireries de la maison
rTtîonTlTF^ "r*1* 9-iUnt données a la reine
« ration a la rrance (bo). » Un ne ^„fl„?e. Ce n'étoit pourtant nullepeutlirecelasansindignationîonsc m%t satisfait Olivier, mais
choque moins des éloges que François rcontenier % juste ressentiment
de milon lui a donnes, et qui se re- f^h^rinm ; *~..a\~'„ duisent à ceci c'est ciu'elle était de,CatneJtne> qui n eût pu souffrir uuisenr a ceci, c esc au eue était qu'avec honte celle qui lui avoit si
^^Pf0^11^0^16/0'' to*S-tenu dérobé le cœur de son (N) AI. de Thou a foudroyé ma^L yQUS pouuez penser que ceUe
(58, Brantôme , Éloge de Henri H , pag. 9, au princesse ne la laissa pas sortir sans