tome II de ses Mémoires
(S9) Là menu: , pag. n. (69) Thnân. , Hîstor. , lib. III, pag. 58.
(»h>) Là même , pag. 10. (63) Voye% sur cela Louis de Reinier , sienr de
(61) Voyez le livre intitule' : Le Fort inexpu- la Planche, dans son Histoire de François II ,
gnable de l'Honneur do>»exe féminin, construit Pag- '4*
par François de Hillon , secrétaire , imprime' l'an (64) Histoire de France , tom. II, pag. io5 , à
i555, folio 170. l'ann. i5^.
ï96 POITIERS.
reproches et sans injures. Le duc s'imaginent que ce ne fut pas sans rai' d ' Aumale, son gendre, obtint qu'elle son que François I«. s'exprima ainsi ne reçut pas un traitement plusfd- dans la rc'mission de Saint -Valier. dieux , et luijit conserver Us grands Comme puis n'agueres nostre cher et biens qu elle avoil amassés de la con- féal cousin conseiller et chambellan fiscatton des criminels, de la vente 'le comte de Maulevrier , erand sedes bénéfices, et par d^autres in- neschal de JVormandie , et les parens justes voies , parce quelle lui promit et amis charnels de Jean de Poictiers de i instituer son unique héritier. Mais sieur de^aint-y alier, nous ayenl en elle fut contrainte de donner a la rei- tres-grandc humilité supplié et requis ne-mère sa superbe maison de Che- avoir pitié et compassion dudit de nonceaux sur le Citer (65). C'est un Poictiers sieur de oaint- Valiev^ etc. extrait mitigé' de la narration du On se garda bien , disent ces spe'cusieur de la Planche (66). Jatifs , de toucher à l'alliance qui
décideront de quelques disputes des femme; on craignit que cela ne fît
historiens. ] Jai su de M. d'Hozier songer aux soupçons et aux médisan-
Su'elle épousa le grand sénéchal de ces qu'on avait à craindre, vu la jeu-
ormandie le 29 de mars i5i4> Ainsi nesse et la beauté de la dame qui
Me'zerai nous débite un grand men- avait sollicite pour la vie de son pè-
songe, quand il rapporte que le roi re. Mais laissons là ces vaincs subtili-
avait envoyé sa grâce à Saint- Valier , tés , et considérons plutôt la remar-
après avoir pris de Diane sa fille , que de Varillas. Il n'a trouvé , dit-il
âgée pour lors de quelque quatorze (70) , aucun catholique qui ait parlé
ans. ce au elle avait de plus précieux de cet inceste: ceux de l'ancienne
(67). 11 est indubitable qu'il veut religion s'en sont abstenus avec audire qu'elle accorda sa virginité à tant d'exactitude , que les calvinistes
vingt ans, et qu'il y avait huit ou trente-sept volumes. Je voudrais avoir
neuf ans qu'elle était femme. Il est le temps d'examiner s'il y eut des
bien apparent que ses paroles ne livres grands ou petits composés par
sont que la paraphrase de celles du des catholiques , sous le règne de
sieur de la Planche que j'ai citées François I"., ou sous le régne de lfen-
(G8). C'est un historien dont il a porté ri II , où il fût parlé de cette cause de
ce jugement. Reinier de la Planche, la grâce qui fut accordée à Saint-
dit-il (69) , était fils du lieutenant- Valier , et j'exhorte à bien éplucher
général de Poitiers , esprit adroit et cela tous ceux qui le peuvent faire,
pétillant, mais malin et imbu des et qui peuvent y avoir quelque inté-
opi nions de Calvin, et d'ailleurs con- rèt. Au moins M; Varillas ne peut-il
qualités fort capables d'em- de François lee. pour la grand» pécher que l'on ne s'informe si la chale. M. le Laboureur ne les nie grande sénéchale était mariée depuis point (71). M. de Me'zerai en parle long-temps , lorsqu'elle sauva la vie plus clairement que la Planche j et à son pere. Ceux qui trouvent du nous avons cité un moderne qui n'a mystère dans les moindres choses , jamais été de la religion , et qui coups) Histoire d, France , tome III, pag. 6. fîj™ ^uâ^it traiter de
(66) A tapage ,5 et ,6 du ZiVr, intitlu : His- libelles huguenots. J'ai rapporté ses
toire de l'état de France , tant de la République paroles (>]l) , mais je n ai pas observé
que de la Religion , «ou» le règne de François II. qu'il dit faussement que la jeune
(6,) Méxerai Abrégé cbrouol., tom. IV, pag. Diane entra au service de la reine
5ao, a l ann, i5a3.
- (68) Dans la remarque (H) , citation (4i). (70) Ci-dessus , remarque (F), citation (a3).
(69) Méxerai, Hirtoire de France, tom. III, (71) Voyez la remarque (F), pag'. 36. (72) Ci-dessus, citation (6).
Claude en qualité de Jille d'honneur.
Cette reine était fille de Louis Xll ; elle épousa François 1er. le i4 de mai i5i4 , et ne fut reine qu'au mois de janvier suivant. Or Diane fut mariée à Louis de Brézé le 29 de mars i5i4 : elle n'a donc point été' fille d'honneur de la reine Claude. Un de mes amis
armes de la chaste Diane, déesse de la chasse ), avec ces mots latins, sur un ruban qui entourait le dard : consequitur qcodcomque petit , elle obtient tout ce quelle demande. Elle témoignait par cette v> devise la faveur qu'elle avait près du roi Henri II , et le pouvoir
(73) a eu la bonté de me marquer » qu'elle avait sur l'esprit de ce prin-
qu'elle perdit son mari l'an 1 53 1 , et » ce, qui ne lui pouvait rien refuser j qu'elle lui fit construire un magnifique mausolée dans l'église de Aotrc-
» comme aussi sur tous les grands de » ce royaume , et vers le roi Fran- » çoisl«r., ayant obtenu de ce monar-
Dame, à Rouen : qu'elle mourut l'an
i566, âgée de soixante -six ans et » que la grâce pour son père , le seivi ' ' 1 ''
vingt-sept jours , et que son corps U à Anet. D'ailleurs , Hilarion de oste (74) remarque qu'elle mourut le 26 d'avril i566. De tout cela il résulte qu'elle était née le 3i de mars i5oo, et que la duchesse d'Etampes hâblait ridiculement lorsqu'elle s attribuait une si grande jeunesse en comparaison de cette rivale. Ceci nous donnera lieu de rectifier ce qui
>» gneur de Saint-Valier , qui, pour » avoir favorisé la retraite de Charles, • » duc de Bourbon , hors de la Fran- »» ce , fut arrêté prisonnier par le » commandement du même roi , et » condamne à avoir la tête tranchée.
» Ce qui toutefois ne fut pas exécu- » te » grâce » (75).
sa majesté lui ayant envoyé sa ce à l'instance de cette dame Diane de Poitiers avait ense trouve peu exact dans les passages » core cette autre devise, de laquelle
» le corps était un tombeau d'où » sortait une flèche entourée de quel- » ques branches et surgeons d'un ar- » bre verdoyant, avec ces mots : So-
que j'ai rapportés ci-dessus touchant l'âge de la duchesse de Valentinois.
Le minime que j'ai cité insinue assez clairement l'inceste. Citons-le un peu au long ; il nous apprendra quelques faits qui appartiennent à
» la vi vit in 1J.LO , en icelui elle vit » seule ; comme voulant dire que la cet article. « Après la mort de Louis » seule espérance de la résurrection » de Brézé son mari, le roi Hen- » nous fait vivre au plus profond des » ri II , qui l'aimait grandement , et » sépulcres. Cette belle devise, ni la » au'eile possédait entièrement , lui » troisième, qui était une Diane vic- » donna le titre de duchesse de Va- » lentinois, dont elle jouit jusqu'au >• jour de son décès, qui fut le rô » avril de l'an i566, et fut inhumée
torieusc de Cupidon , qu'elle avait » terrassé et mis sous ses pieds, avec » cette inscription latine : (*) omnium m victorem viei , j'ai vaincu le vain- » queur de tous, ne furent pas prati- » quées en effet par Diane , duchesse y) de Valentinois : mais bien par Dia-
» dans la belle chapelle qu'elle avait » fait bâtir en son château d'Anet
« (que les çoè'tes de son temps ap- « . u.^u»»w , ra» ^xn-
» pelaient Dianet) après avoir par- » ne, duchesse d'Angoulême (76). » » ta»é ses biens entre sa deuxième Notez que tous les auteurs que je cite » fille Louise, duchesse d'Aumale , représentent mal la faveur que l'on a» et les enfans de l'aînée. Par son tes- obtint pour Saint-Valier : elle ne » taraent elle a ordonné que si elle fut pas aussi grande que l'on s'imagiy> décédait à Paris , son corps fût ne : on ne fit que commuer la peine » premièrement porte à l'église des de mort en une prison perpétuelle , » Filles Pénitentes, et de là à Anet, et tout-à-fait. rude. Voici les termes » et fait voir l'aversion qu'elle avait de sa rémission (77) : S cavoir faisons » de la R. P. R. Les devises de Diane, que nous à ces causes et ayant consi- » duchesse de Valentinois , étaient
(^5) Hilarion de Costc , là même.
(*) Au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque des minimes de la place Rojrale.
(76) Hilarion de Coste , Éloge* des Dame* illustres , loin. /, pag. 5ao.
» plus propres à Diane , duchesse » d'Angoulême. La première était un » dard ou une flèche ( symbole des
(^3) M. Janniqon , avocat au conseil à Paris.
{'t(\) Éloge» de» Daines illustres , loin. I , pag. 5 19.
(77) y«rezle Recueil de divers Mémoires, imprime à Paris, l'an 1623, pag. 58.
deration ausdits services et principa- cause de la division qui est survenue lement a celui que ledit grand sene- entre Vomirai de Coligni et le duc chai nous a faict (78) comme dit est , de Guise, laauelle a causé ensuite ladite peine de mort avons de nostre tant de si prodigieux et de si funestes certaine science , pleine puissance , et effets. Ces deux seigneurs jouant un auifiorité royale , commué et corn- jour à la paume , M. l'amiral dit au muons en la peine cy-aprés déclarée, duc de Guise qu'il s'étonnait qu'un C'est à sçavoir que ledit de Poictiers homme sage et de sa qualité voulût sera mis et enferme perpétuellement e'pouser une putain , en parlant de entre quatre murailles de pierre , cette duchesse. Le duc de Guise , qui massonnées dessus et dessous, es- l'aimait, ne put souffrir ce discours. Il quelles n' y aura qu'une petite fenes- conçut de la haine contre V amiral, et tre par laquelle on lujr administrera depuis s'est déclaré son ennemi , et a son boire et manger, demeurant au cherché a le perdre : de sorte que la reste le contenu en l'arrest de la cour putain , comme l'appelait l'amiral , contre luy donné ou à donner en tou- ou la querelle qui est survenue h son tes autres choses en sa force et vi- sujet , a peut-être eu plus de part au gueur , et en tout et partout exécuté massacre de la Saint' Barthéle mi entièrement. Si vous prétendiez infé- que la religion , qui selon les appâter de là que tout ce qu'on conte des rences n'en a été que le prétexte : faveurs de Diane est faux, on vous Celte Hérodias avait peut-être de*
arrêterait bientôt par les lettres dé mandé la tête de cet amiral (83).
surséance que François Ier. fit expédier Je crois que cette querelle patïiculière au plus vite , ordonnant au parle- a beaucoup contribué au massacre i ment de tenir ledit Saint- alier au Ce qui me le persuade dx autant mieux lieu oit il estoit (79), jusques à ce que est que plusieurs historiens conviensa majesté en ordonnât autrement. On nent que, depuis le massacre, on a ouï vous citera Pasquier qui était persua- dire souvent au duc de Guise qu'on dé , que si Saint-K alier rfeust esté avait fait plus qu'il ne voulait , et prévenu de mort , il eut a la longue qu'il n'en voulait qu'a l'amiral. On
sables sans rémission , on vous fera vent que le massacre de la Saintbien comprendre que la dernière fa- Barthélcmi était allé 'au delà de ses veur accordée par sa fille fut payée intentions. C'est confondre le père et ce qu'elle nouvait valoir , et au delà ; le fils ; car le duc de Guise que l'on car son père se trouvait enveloppé représente comme amoureux de la dans un complot qui regardait même sénéchale était mort depuis plus de la personne du monarque. C'est ce neuf ans lorsque ce massacre fut que le roi déclare dans ses lettres de fait. Mais ce n'est pas là le principal rémission (81). de la brouillerie; la plus grande er-
.Q) Ce que l'on a dit que le duc reur est d'avoir dit que le duc de
de Guise eut dessein de se marier Guise , qui avait été 1 intime ami de
avec notre sénéchale n'est point l'amiral, fut amoureux de la duchesse
vrai.] On trouve dans le IK tome (8a) de Valentinois , etc. Rien n'est plus
du Mélange critique de Littérature, faux ^ voici la source de la méprise,
que la duchesse de V alentinois a été L'amiral déconseilla l'alliance de la
„. ,. .... . . fille de la sénéchale , et l'on crut
fnfi) Un prêtre lui ayant dit que deux gentils- . r . % ,
hommes nonnands s'étaient confessés h lui de cri- qu'il 1 avait fait pour S opposer a 1 é-
me d'état , il en avtvtit la cour , et ouït la dépo- lévatïon des Gtlises , et CC fut l'une
tition des deux gentilstounmes. jes causcs du refroidissement de ces
la^àParft^ '* """"""S*™ a" deux amis. Je vais vous citer un au-
™ô)PaSq™« , RccWhc» de la France, fcv. teur de ce temps-là. « La première
VUï,chap. XXXIX, pag. m. rfr. «cause de linimilie du denunct
(81) Le dit Grand-Senechal... nous a découvert » sieUT de GllVSe fut telle : Dcf-
Us machinations faictes contre nostre versonne , }) £UQct M GuVSe , VOStre perC
nos enfans et nostre royaume. Recueil de Memoi- * 1 res, pag. 58.
(83) d la page n3. (83) Là même, pag. n^.
POLYDAMUS. POLYjENUS. 199
» (84), desiroit que le sieur d'Au- POLYDAMUS ( Vàlentin ) ,
» maie espousast pour mestre vostre médecin italien au XVIe. siècle,
» maison cti crédit, la seconde fille de , , '
» madame de Valentinois. Le sieur publia non - seulement quelques
» de Guyse, vostre frère, ne pouvoit livres de médecine (a) , mais aus-
» approuver ce mariage : n'osant si une histoire dont Bembus par-
» toutesfois , pour la crainte du roy ,e assez de ë • {b)
» Henry ouvertement y résister , r v '
» s'addressa à monsieur l'admirai , (a) Voyez Lindéoius renovatus , pag.
» pour le prier de luy donner advis, io33.
» comme à son ami singulier , sur la (b) Petrus Bombas, Enist. LVI, lib. Vt ,
» réponse qu'il devoit faire lorsqu'on datée du Vx. de mars i535.
« luy en parleroit , ajoustant non V]PWTTC
« sans plusieurs larmes , que à quel- POLYiÇNUî), auteurgrec d un
» que pris que ce fust il nV consen- Recueil des Stratagèmes (A), était
» tiroit jamais. Monsieur Fadmiral , ne- dans la Macédoine II dédia
» desirunt le consoler eu son ennuv. • i
. s'efforça de l'appaisef : et aPr% cet ouvrage aux empereurs An-
» quelques propos tenus d'une part tonin et Verus , dans le temps
»» et d'autre , sa conclusion fut, qu'il qu'ils étaient en guerre avec les
» valloit mieux avoir un poulce dsau- parthes. Il était déjà fort vieux ,
» tfaon te avec honneur qu'une brasse . 1 1 i-. ^ ' > *.»
» sans honneur. Mais sWans après et llJeur él\ 4ue n €U,1 eteison
» ceste resolution départis , tant s'en grand âge , il aurait tres-volon-
» fault que le sieur de Guyse an- tiers porté les armes pour leur
» prouyast ce conseil , sur lequel il service en cette rencontre , mais
» s'estoit le premier o pin îast rement i « ■ > » i ^
- arresté , que pour jetter monsieur <Iue ™\* merme °e 1 empêchera
» l'admirai en l'envie du roi Henry, il pas de leur fournir quelque cho-
» dicta M. le mareschal de Vieille- se de guerrier, savoir les ruses
» Ville, qui estoit leur ami commun, je guerre que les anciens avaien t
«qu'il n'eust jamais estime que • ° ^ T • .
» monsieurl'admiraleustcstéenvie'ux m,s,f en, usaSe' Je ne sais P°.lnt
» de sa grandeur et de son advance- Si Casaubon a eu des autorités
»ment, en voulant destourner ce plus formelles que celle-là , pour
» mariage (85). » soutenir que Polyaenus n'avait
11 était d autant plus nécessaire de . * / j, * .
rectifier ceci , queF de fort habiles Pa* ™oin» e te homme d epee
gens y pouvaient être trompés , et qu homme de robe (a) : mais s il
s'imaginer qu'il y avait là une anec- n'a eu que celle-là , je ne le crois
dote très-curieuse touchant les eau- point trop bien £ondé% La pro
ses du massacre de la ï>aint-BartheJe- £ . ,,r t t . r ,..
mi. Les savans hommes de Leipsic fession d orateur et d avocat qu il
(86), qui ont donné un extrait du lui donne est plus certaine, vu
Mélange critique de Littérature) ont que Suidas l'appelle rhéteur. On
considéré comme un fait trè^remar- t aussi appuyer l'autre pr6-
quable ce qu'on a lu ci-dessus tou- £ , J ,r .
cnantl'amiraldeColigny,etleducde fession de Polyamiis sur le te-
Guise amant de la sénéchale , etc. moignage de Suidas, puisquil
On ne saurait trop prémunir certains lui attribue non -seulement un
lecteurs- ouvrage touchant la ville de Tbë-
Jg) Ce discours s'adresse au cardinal de Lor- ^ ^ mais ^ ljyres de
(85) Réponse à TÉpître de Cbarles de Vaude-
mont , cardinal de Lorraine... , maintenant si m- («) Polytvnus scriptor antiquus , elegans ,
pie gentilhomme de Hainault,im^nWran i565. aculus , ertiditus , et quod ad rtm facit
^'*^l^*M«^«r«i<îeB«n»*0w» yag- ni. haudquaquàm ÀiruT&Mwm , sed qui
i6()<lu III». volume, au discours de l'amiral de ' ' 1,™ V* S » t\
Chdiillon. utramque mihtiam {sagatam inqiiam et to-
(86) VÔret le Journal de Leipsic, mois de juin gatam) seentus est, Casaubon. , Epist. ded.
, pag. agî , «,4. Polyaeni.
tactique , ou de l'art de ranger sous Marc Antoine , et entend par le les armées eu bataille. Cepen- triomphe dont Suidas fait mention, j , x • 4 r celui que Marc Antoine obtint sur
dant, ce n est point une preuve le8 parïhes. Il a dû sous-entendre, et nécessaire qu'un homme ait été il eût bien fait de le dire t que ce soldat. Combien y a-t-il de gens triomphe est celui de Ventidius (a).
oui écrivent sur des matières (a)PlaUnïue, inAntooio,,t VaièreM.xi«e,
dont ils ne Savent que la théo— caP* X> parlent du triomphe de Fentir-
rie ? Suidas fait mention d'un
Poly.enus sophiste , natif de P0LIT1EN ( Ange ) , en latin Sardes , qui vivait sous Jules Cé- Polilianus , naquit à Monte Pulsar (B), et qui publia des plai- ciano (a) dans la Toscane, le 14 doyers , et trois livres du Triom- de juillet 1 4^4* ^e ^ l'un des phe Parthique, etc. Il y a un plus doctes et des plus polis troisième Polyjlnus, qui était écrivains de son siècle (A). II d'Athènes, et qui est cite dans la étudia le grec sous Andronic *■ Chronique d'Eusèbe (b). Je ne de Thessalonique , et y fit de saurais dire quel homme c'était, grands progrès (&). On assure Scaliger même n'en a pu rien qu'il fut élevé aux bonnes lettres dire (c). .Cicéron (d) parle d'un avec Marsile Ficin , aux dépens Poly^enus qui avait passé pour de Corne de Médicis (Bj. Le pregrand mathématicien , et qui , mier ouvrage qui le mit en réembrassant ensuite les sentimens putation fut un poëme *a sur le d'Épicure, soutint que toute la tournoi de Julien de Médicis (C). géométrie était fausse. Tout le monde tomba d'accord , ■ qu'il réussit mieux que Luc Pul-
(*)Eu»ebMChroa.,/iA;/;rtpiidVas8»um, g lustre OU. décrivit
de Histor. gnecis , pag. l\o\. C1 » poeie uiusirç qui uanvu
(c) Notis ïd twn locum Eusebii apud dans un ouvrage semblable le ^TÀTli^T.Jril M' tournoi de Laurent de Médicis ,
{d) Academ., ^>ua»t., Ub. U. , » i
trere de Julien. L Histoire quu
(A) Auteurtfun Recueil de Strata- composa quelque temps après de
sèmes J U est divisé en VJII livres. i r* * * p0 + *3 çn+
Y* u l 1 « •!»•». Ia Conspiration des razzi ^ tut
Casaubon est le premier qui l ait pu- . „ . "r"" . ,
hlié en grec. II le publia l'année infiniment estimée (c) ; et ayant i5&) , avec des notes , et avec la ver- été fait professeur en langue la-
» (lul tîne et en langue grecque à Floavait déjà paru en i55o. Nous en 00^
avons une édition et plus belle et (a) En latin Mous Polilianus.
plus correcte depuis l'an 160/), par les « Leclerc observe que Politien lui-même
Soins de Pancratius MaasviciUS , prin- nomme parmi ses maîtres Christophe Lan-
CÎpal de collège à Delft. dini, Théodore de Gare , Marsile Ficin et
(B) Un Polyœnus SopUste qui Argyropyle , mais qu'il ne fait aucune men-
, * • y i s* • '1 ir • 7/ \ Uon d Andronic.
riva* sous Jutes César.] Vossius (1) (b) Voisill8 de uu fe8
impute a Suidas d avoir dit que ce « Politien lui-même , comme le dit Joly, sophiste a vécu SOUS Caligula. Moréri daprès la remarque de Masson , dit que ce et Konig le mettent SOUS le même furent ses Mélanges qui lui acquirent de la empereur; mais il est certain que réputation et des amis.
1 primée dans 'auteur.
[x)De Iliai. gner., pag. 337. Vojt% au»1 (<) Tir* * Paul Jove , Elog. , capriU
pa^ 480. ' J xxxriu.
rence,il s'attira tant d'éloges et accusé d'être plagiaire (M). Il tant d'applaudissemens , que les eut entre autres adversaires Georécoliers abandonnèrent l'auditoi- ge Mérula (N). Quelques-uns dire de Démétrius Chalcondyle, sent qu'il fut extrêmement mal- Grec de nation (D), et fort sa- traité du poète Manille (0). On vant , mais qui en comparaison Ta mis avec raison dans l'Histoide Politien ne faisait que des re des Enfans célèbres , mais M. leçons sèches et décharnées. Les Varillas , qui en est la cause, n'a autres ouvrages que Politien pu- pas employé un bon calcul chroblia , je veux dire la version La- nologique (P). J'aurai quelque tine d'Hérodien , les Miscella- chose à dire contre Moréri (Q). nées , les Poésies Latines , aug- Au reste , ceux qui ont dit que mentèrent sa réputation de plus Basso ou Bassus était le nom en plus. Si sa vie eût été plus de famille de Politien, se sont longue , il eut enrichi de plu- trompés. M. Ménage (h) , appuyé sieurs compositions excellentes la sur une lettre de M. Magliaberépubliquedes lettres (d); mais il chi, prouve qu'il s'appelait Cimourut âgé de quarante ans , en no et non pas Basso. On le ! 494 (E). 5i ce que l'on conte de la nomme Messer Agnolo da Moncause de sa mort était véritable te Pulciano, dans l'Histoire de (F), il faudrait dire que ses mœurs Florence de Machiavel (*'), et nous répondaient plutôt à la laideur lisons dans une harangue de de son visage qu'à la beauté de Majoragius , qu'il changea son son esprit (G). Quelques-uns de nom de Angélus de Monte Puises poèmes furent trouvés si ad- ciano en celui d1 Angélus Polimirables , que plusieurs savans tianus. Notez que Sannazar, dans s'occupèrent à les commenter deux épigrammes satiriques (k) (H). N'oublions pas qu'il futprê- contre lui, le nomme Puliciatre et chanoine de Florence (e) , nus , pour faire allusion au mot et précepteur des enfans de Lau- pulex , puce *ft. rent de Médicis (/). On l'accuse rt
dt %, j 1 t)m 1 , i«) Voyez ses Origines italiennes , au mot
avoir parle de la Bible très- Polmano , et le chapitre xiv de fAnti-
indignemen t (I) , et sur cela quel- ^Uct.
ques-uns mettent en question .^"j^t^^
8 il le faut Compter parmi les connu avec d'habiles Italiens, que le mot de
athées (K). Il y a des cens qui le Cini éuii corrompu de celui XAmbrojustifient en niant le tait (g). Je (i) Vers u ^ du VIW, /lVrCi paffm m croirais facilement ce que l'on 349.
ajoutée sur la rcmarqi cle Gain , tom. IV , pag. 3o3
(d) Voyez la pré/ace deses Œuvres, faite /t, * ,. „ , , .
par Aide Manuce. Vous en trouverez des (A) Cejut l un des plus doctes et
morceaux dans Gcsner , Bibliothèque ,/o- des plus polis écrivains de son siècle."]
'«» 45. Les jugemens ne sont guère partage's
(e) Voyez la rem. (I). sur cc chapitre ; et jamais peut-être W ) Volaterran., lib. XXI, pag. jjy. aucun auteur n'a réuni à son ayante; l'oyez la rem. (I). tage les sentimens de ses confrères
trouverez cela avec plusieurs autres poemate Juliani Medicis équestres passages avantageux dà'ns Pope Blount ludos celebrdsset, Lucd Pute
y o i i/b»«.v> u«»( , i/ukU X C4i-tZO B0"
.1). Consultez aussi M. Baillet (a), bili poetd omnium confessione supe-
Barthius (3) , et M. Crënius dans la rato , qui Laurentii fratris ludicrum
préface qu'il a mise au-devant de la equestris pugnœ spectacutum, iisdem
nouvelle édition de YHellenismus de modis , et numeris decantdrat (o).
Caninius, faite à Leyde l'an 1700. Ces paroles insinuent que le poème
(B) On assure qu'il fut élevé aux de Luc Pulci précéda celui de Poli-
bonnes lettres aux dépens de tien , et Ton se trouve confirmé dans
Cosme de Médicis.] Boissard me ser- cette pensée , quand on prend garde
vira de témoin : Js sumptu, dit-il que Julien de Médicis était cadet de
(4) , et promotione Cosmi Florenti- Laurent. M. Varillas et M. Baillet les
norumprincipis,cumMarsilioFicino ont ainsi entendues. « Julien de Mé-
boms httens tnstitutus est. Je ne sais „ dicis avait remporté le prix d'un
d ou M. Varillas a pris les circonstan- „ tournoi, et cherchait un paranym-
ces suivantes : « Il était de Florence , » pne , qui ne fut point inférieur à
» et ses parens vivaient dans une si » tuc pulci, qui sVtait signalé en
» grande pauvreté *«, qu'il fut con- „ pareille occasion , a l'avantage de
» tramt de se mettre à la suite de » Laurent de Médicis. Politien l'en-
» Julien et Laurent de Médicis, lors- » treprit ; et comme il avait aperçu
» qu ils allaient au collège , et de „ quc je poëme de Pulci n'était pas
» porter leurs livres , afin d avoir la » partout de même force il pilla
» commodité de s'en servir (5). » Il » fcs plus belles pense'es des panégyn est pas vrai que Politien fût de Florence , comme MM. Varillas et Bullart (6) l'assurent; il était de Monte Pulciano (7). TMez : i°. que
Côme de Médicis mourut l'an ifà : rapporte la même chose ainsi Politien n aurait pu jouir des termes (11). Mais, si Toi
» riojues anciens et fit une si belle
» pièce , qu'après l'avoir lue , Pulci » voulut supprimer la sienne , de » honte et de dépit (io). » M. Baillet
en d'autres
-'on en croit le
bienfaits de ce patron que jusques à même pau| Jove dam un ouvrage ou l:1ge de dix ans *»; que Marsile il a parlé plus amplement de ces deux Ficin était homme fait quand Corne lollrlnois /cclui dle Laurent mourut s'exprime
tournois , cclui de Laurent fut posté-
: c est pourquoi Boissard rieur a celui de JuHen et Pufci n6
î tres-mal. Politien dit, dans fit 8on poéme qu>apres avoir TU celui
lin endroit de ses ouvrages 1 , qu étant de p0tftien Ejus gloriosi laboris
fort jeune (8) il étudia la philosophie prœnuum fuit triumphus PoUtiani
platonique sous Marsile Ficin , et âivini tœ carminihus celebratus.
celle d Ànstote sous Argyropyle. Nec MDLTO ,,OST Laurentius ut fra.
(C) Le premier ouvrage qui le mit termV iaudibus œquaretur, novnm
en réputation fut un poème sur le spectaculum periculosissimœ pugnœ
tournoi de Julien île Médicis. J Utons eJidu Hu-us quoaue Speciosissimi
(1) Pope Blount , Censura Autbor., pag. 357. cerlaminis memoriam Pulcius (l3)
(7) Baillet, Jugemen» sur les Critiques »ramm., {pse Politidni œmulus perjucundo
num. 3i5. Jugemcns sur les Traduct. lat., nunu agJ:tr\ -nnomni* eawnnii^w^^^. Ca.i
817 , et aux Jugcmcns sur les Poëtcs, nom. f™.?0^1? ? ^^""" A ff!:* jlî
(3) Barthias , Adver». , tib. sr.ru, càp. V. auteur , cfue je sache , n'a jamais dit
(4) Boissard. , in Iconib., apml Pope Blount, que Pulci plein de colère et de honte Ceusura Aothor. , pag. 357. ait voulu supprimer son poeme. Ce
•« Leclerc et Joly réfutent ee que dit Varillas , pourrait bien <*trc une invention de
Varillas, comme la prétendue mé-
(5) Varillas , Anecdotes de Florence , pag. ig3. ^ Jovi|lft ^ E)og> ^ cap XXXVIII, pag. 8S. (fi) Bullart, Académie des Sciences, totn. /, (10) Varillas, Anecdotes de Florence , p. ia$.
pvfï- (n) Baillet, Ln fans célèbres, chap. XXVFl.
(") Leand. Albert. , Descripl. Italis , p. m. 8r). (n) Jovius, in Vita Leoois X, lib. It p. m. i5.
m J Leclci-c dit que,d'après cette observa tion,Bay- f^i3) Quelques lignes auparavant il l'avait nom-
le aurait dA rrjetter le témoignage de Boissard. me Aloysius Pulcius. Dans les Eloges il l'appelle
(H) Tenerdadhuc œlalc. Polit. , in fine Miscel- Luc. Û y avait alors it Florence trois bons poc-
lan. , '«ne , Louis, et Bernard Pulci.
POLITIEN. ao3
thode que Politien choisit pour sur* » II les empêcha néanmoins de faire passer un ouvrage qui e'tait encore à » éclater leur ressentiment durant sa naître. » vie. » Tout cela est fondé sur ce
(D) Les écoliers abandonnèrent latin de Paul Jove. Demetrius Chai-
r auditoire de Démétrius Chalcondy- condyles scholam Florentiœ in-
le, Grec de nation.] C'est Paul Jove stauravit , désertant ab Argyropyqui nous l'apprend. Tantos de se lo , et à Politiano deficientibus Grœexcitant clama res fauente juventute, cis occupatam , sed ambitioso , peraut Demetrius Calchondyles , vir crique œmulo , multis bonis, malis- Grœcus , prœslantique doctrcnd , uti que artibus suggestus locum , et noaridus atque jejunus à discipulis de* men defendenti Demetrius cessit ; streretur (i4)- Nous allons voir un latind prassertim facundid inferior , exemple de la liberté effrénée que et ob id rarescente auditorio a juven- M. Varillas se donnait dans ses para- tute destitutus , quandoquidem vel phrases. « Après qu'Argyropyle,Jif- apprimè doctus, facile jejunus , et » il (i5), eut quitté la chaire grec- hebes ; lascivis et delicatis auribus » que de Florence , Politien s'en era- uideri poterat : quibus Politiani de- » paraj et comme c'était un esprit cantantis et varios spargentis flores , » incomparable, qui mettait tout en jucunda argutaque vox, etsalsa comi- » usage pour réussir dans ses entre- tas mird dulcedine placuisset. Sed » prises , il fit si bien valoir son ta- mansit Demetrio honestus gratiœ lo- » lent, et flatta si finement son au- eus apud Laurcntium , uelinfesto , et "ditoire, qu'il donna l'exclusion à obliqué semper incessente Politia- » tous les Grecs qui s'étaient pré- no (*) , qui quitm neminem è Latinis » sentés pour la disputer. Chalchon- sibi parem pateretur , Grcecis ipsis » dyle , quoique fort humble et peu eruditior existimari volebat. Dwisit *» soigneux de sa propre gloire, ne ideirco munera Laurentius , ut œmu- » put digérer l'affront qu on faisait lationis lites dirimeret : et filii pras- » à ceux de sa nation. Il agit auprès ceptorum contentione ad discendurri » de Laurent de Médicis > qui l'avait accenderentur (16). Cherchez tant M déjà destiné pour montrer la lan- qu'il vous plaira , vous ne trouverez » gue grecque à ses enfans, et ob- jamais dans ce passage de PaulJove , » tint permission d'enseigneren con» ni que Politien ait fait donner l'ex- » currence, et dans le même temps clusion à tous les Grecs qui avaient » <iue Politien , afin de voir qui des voulu disputer la chaire , ni que * deux aurait plus de suite . Mais Chalcondy le ait considéré cela com- » l'accent rude dont Chalchondyle me un affront insupportable, ni que n n'avait jamais pu se défaire , et la Laurent de Médicis lui ait ménagé » difficulté qu'il avait à prononcer des auditeurs. La dernière période » quelques mots latins , le rendirent de Paul Jove me semble obscure , elle 8 méprisable en comparaison de Po- signifie que Laurent partagea les char- » litien , dont l'agréable ton de voix <, ges afin de terminer les différends de » et les expressions galantes , ravis- l'émulation , et d'animer à l'étude ses » saient tout le monde. Il fallut que enfans, parles disputes de leurs maî- » Laurent de Médicis, qui voulait en tres. \\ me semble que ces deux mo- » toutes manières retenir Chalcondy- tifs ne sont guère compatibles. M. » le à Florence, lui ménageât des au- Bullart conte que Chalcondy le fut » diteurs , et tâchât d'obliger Poli- contraint de céder sa charge aux bri- » tien à vivre plus civilement avec gUes envieuses de Politien, qui le » lui. Laurent de Médicis se mit plu- déposséda par ses artifices , et que » sieurs fois en état de les réconci- Laurent de Médicis leur donna des
» lier ; mais il reconnut par sa pro- emplois séparés, afin de leur
» pre expérience , qu'il était plus faer ia cause de cette fâcheuse ému-
» facile de donner la paix à l'Italie , lation (17).
» que de la faire entre deux savans. t . r , „ , «
* Joly récuse le témoignage de Paul Jo*c. (i4) P*uUu Jovius, in Elog., cap. XXXVîU , (iG) P*ulu» Jovius , Elog. , cap. XXIX, pag. pàg. m. 88.
(•5) Varillas , Anecdotes de Florence , pag . (xj) Bullart, Académie de« Sciences , iom. I, 179,180. paffiHi.
en
septembi
plus juste que Paul Jove : celui-ci i494 *• prétend qu'il était entré dans sa qua- (F) Si ce que l'on conte de la cause
rante-quatrième anne'e (19) j l'autre de sa mort était véritable. ] Servons-
ne lui donne que quarante ans (10). nous des termes de M. Varillas (16) :
Plusieurs se trompent au temps de a La mort le surprit à quarante-
sa mort : ils la mettent à Pan 1 5oq. » deux (37) ans. La passion crimi- Éber (ai) et Reusnérus (aa) sont de » nelle qu'il avait pour un de ses ceux-là , comme Vossius l'observe. » écoliers de haute qualité , ne pou- Nathan Chytréus rapporte cette épi- » vant être asouvie , lui donna la taphe de Politien, comme copiée dans » fièvre chaude. Dans la violence de l'église de Saint-Marc , à Florence. » l'accès il fit une chanson pour l'ob- D .... , . . » iet dont il était charmé , se leva du
tfohuanus m hoc tumulo mcet Aneelus , \.. .. i »i ,. „ « 1
unum ^ 8 ' » lit, prit un luth, et se mit a la
Qui caput et Ungua* , re$ nova, ms ha- » chanter sur un air si tendre et si
bttitkv. r v , » pitoyable, qu'il expira en achevant
Obut.n. ,5o9,sePtemb.a4. „ Je sJecond ?ouplet , le même jour
C'est ce qu'on lit à la page cent » (a8), que Charles VIII passa les
dixième du v* ariorum in Europd Iti- » Alpes pour aller à la conquête de
nerum Deliciœ, recueilli par Nathan » Naples ». C'est ainsi qu'il a plu à
Chytréus, à la seconde édition qui cet auteur de traduire ce passage de
est celle de l'an 1599 , apud Chrîsio- Paul Jove : Ferunt eum ingenui ado-
phorum Coi\>inum> in-8°. ; mais le lescentis insano amore percitum , fa-
premi fi
glise de Saint-Marc , à Florence , et la tta , ut mox delirantem , vox ipsa ,
mort de I\)litien à l'année 1509, Le et digitorum nervi , et vitalis denique
feuillant Saint-Komuald suit cette spiritus , itwevecundd urgente morte,
chronologie (a4). Elle a été réfutée desererent (ag). Il y en a qui disent
solidement parle docte Vossius , qui que, ne pouvant résister à la violence
s'est servi d'une preuve tirée de ce ae l'amour, il se cassa la tête contre
que Jean Pic de la Mirandole , Her- une muraille (3o). On rapporte d'une
molaiis Barbarus et Politien mou ru- autre manière la mort ae ce bel-es-
rent la même année. Le continuateur prit. « Il ne finit pas ses jours fort
de Palmérius l'assure , et l'on a une » bien. Voici ce qu en dit M. Balzac
lettre de Marsile Ficin où la mort de » en l'une de ses lettres : Nous savons
Politien est déplorée comme ayant » maintenant la véritable mort de
suivi de près celle de Jean Pic. Or j> Politien , que le cardinal Bembe a
tout le monde avoue que ce Jean Pic » déguisée dans l'épitaphe qu'il lui a
décéda l'an ï 494 • Voilà les preuves » dressée. Comme il chantait sur le
de Vossius. On y peut joindre ceci. » luth, au-dessus d'un escalier, une
Pierre Crinitus, disciple de Politien, » chanson qu'il avait faite autrefois
témoigne que les trois savans per- » pour une fille qu'il aimait , lorssonuages ci-dessus nommés mouru- (25) crinitus , de bonestâ Discipl., lib. XV,
cap. IX.
(18) Vossius , de Histor. lat. , pag. 639. « 0n ne peut douter , dit Leclerc , que Politien-
(*9) V'iX quadragesimum quarturn œtatis an- M goit mort en i494- Ses poésies grecques furent
num attirerai. Jovius, Elog., cap. XXXVIII, publiée» après sa mort , par Zénobe Acciaioli , à
r™*-89- la fin de 1495.
(30) Decessit quadragenarius. Volaterr., lib. (36; Varillas , Anecdotes de Florence, p. 196. XXI, pag. V oj'a au passage de Marsile /a„\ // fallait dire à quarante.
F'c.n <W Vossius, de Hist. lat., pag. 639. Cela n'est pas »rai ; Charles VIII passa
(31) In l'asti* , apud Vossium , ubi supra. [cs Alpes avant le ^ septembre 1^.
{ni) In Diario historico , apud eumd. , ibid. ^ jov|US f Elog. , cap. XXXVIlï,vag. 89.
(33) Mabill. , in Musco îtal. , tom. 7, p. ï>j8. (30) Vulgôfcriur obtisse Politianum fizdi amo-
(34) Pierre de Saint-Romuald ; AJjrégi cUroa. , fis imuatientid capitc in parietem ilïiso. Vostom. III, pag. 2G2 , a l'ann. iSog. m ùn» , de Hist. lal. , pag. 629.
» qu'il vint à certains vers fort pa- eut en voyant la décadence de la
» thétiqiics , son luth lui tomba des maison de Médicis. La philosophie
» mains , et lui tomba aussi de l'es- peut bien trouver en cela un de'faut
» calieren bas et se rompit le col. physique, mais non pas un défaut
» Ce cardinal avait dit en son épi- moral. *l
» taphe qu'il était mort en chantant (G) Il faudrait dire que ses9 mœurs
» des vers lugubres sur la mort d'A- répondaient plutôt à la laideur de
» lexandre , duc de Florence , que son visage qu'à la beauté de son es-
» Laurent son cousin avait mécham- prit.] Il est probable que son grand at-
menttué(3i). » 11 y a dans ces pa- tachementàla maison de Médicis l'ex-
roles une fausseté grossière ; car cet posa à des calomnies infâmes pen-
Alexandre , duc de Florence, fut tué dant queles Florentins, entêtés* de la
quarante-trois ans après la mort de liberté républicaine, insultaient cette
Politien. L'épitaphe (3a) de celui-ci, maison exilée, et lâchaient la bride
composée par Pierre Bembus, porte à toutes sortes de pasquinades. N'af-
quil mourut en chantant des vers firmons donc point que le conte de
lugubres sur la mort de Laurent de Paul Jove ait du fondement • mais
Médicis. M. Bullart débite une faus- soyons hardis â dire que Politien
seté, quand il attribue au cardinal avait contracté l'orgueil et Penvie
Bembe d'avoir dit que Politien tom- que la science ne produit que trop.
ha d'un escalier comme il chantait Nous avons vu (35) qu'aiin de se
sur son luth une élégie qu'il avait maintenir contre son émule il
composée sur la mort de Laurent de employa indifféremment les bons
M A- • /os. t — vi T r- v- — — .uultul 1C2f Dons
Médicis {55). Les vers qu'il rapporte moyens et les mauvais. Nous allons
de ce cardinal , ne contiennent rien voir le caractère de sa présomption
touchant cette chute. A quoi songe- et de son envie. +* Erat distortis
t-on quand on allègue des passages sœpè moribus, uti facie nequaquam
qui nous réfutent visiblement ? Notez ingenud , et liberali , ab enornti prœ-
qu'il y a des gens qui disent que le sertim nàso , subluscoque oculo per-
conte dont Paul Jove fait mention absurda , ingenio autem astuto acu-
çst calomnieux. Lisez ces belles paro- leato , occultèque liuido , quùm alie-
d ^e.^'e"us Valérianus : Angélus na sempèr irrideret , neesua, uelnon
Politianus , nullius ignarus eruditio- iniquo judicio expungipateretur (36).
ris, et disciplinai, cum in adversa Si vous aimez mieux la paraphrase*
Medicorum procerum tempora inci- de M. Varillas, lisez ce qui suit : <c II
disset , inclinantibus jam Pétri , quem » était fort laid de visage , il avait le
[pse litteris instituerai , rébus , in eam » nez extrêmement gros et long il
rVeJCj'iS.J:0nfj-- .' ' " ' *" '■ '-'■'"•m ■ n u avec iaim
rus jabulâ maledicentisstmts obtrecta- » d indignation , que les louanges
tionibus pro'scissus , calumniatusque » d'autrui; il était également envieu x
est, utyue ea gens promptissima est » de ses amis et de ses ennemis. Per-
ad insimulandum in ùwidiam Pétri » sonne ne composait rien qui fût à
ipsius ignominiosam aliam mortis vo- » son gré j il n'aimait pas à recevoir
luntariœ causam uuwerso terrarum » de correction , quoiqu'il la fît im-
orbi magnd cum ejus infamid propa- » portunément à toutes sortes de per-
lârunt (3{). Selon cela Politien ne se- » sonnes ; on voyait bien quelque-
rait mort que du chagrin qu'il con- » fois qu'il reconnaissait ses fautes ,
» et que ce n'était que par
(3i) Pierre de Saint-Romuald , Abrégé chron. ,
tom. III, pag. aGa , à l'ann. x5oq. ** Joly dit qu'après la lecture de ceiu .
(3i) Elle est dans Paul Jore , Elogior. , cap. 1ne on ne Peu* q«« suspendre son jugement.
aXXVIII, pag. go , 91. (35) Ci-dessus, citation (16).
(33) Bnllart , Académ. , tom. I, pag. 278. *a Leclerc et Joly récusent ici les témoignages
(3j) Pierius Valérianus , de Lilterator. infelic, de Varillas et de Paul Jove.
«*. H, pag. 7o , 71. (36) Joyiua , Elog. , cap. XXXVIII, pa . 89.