POMPON A CE
fait l'historien et le juge : il dit non- animant esse immortalem , minusquc seulement que Pomponace, ayant tâ- probantes animant esse mortalem, siché de prouver que selon les senti- eut quamplures doctores tenentes eam
mens dAristote l'âme de l'homme immortalem déclarant quapix>pler
n'est pas immortelle, s'exposa aux dicemus sicut Plato , / de Legibus, persécutions de la moinerie , mais certificare de aliquo cùm multi ambiaussi que c'est la doctrine la plus gunt solius est JJei ; cùm itaque tam pernicieuse qui se puisse voir, et la illustres viri inter se ambigant, nisi plus capable de corrompre la jeunes- perDeum hoc certi/icari posse existise et la morale chrétienne. 11 a sans mo.... (8) Quapropter dico quod antè doute infiniment plus de raison lors- donum vel adventum gratiœ , multi" qu'il rapporte que lorsqu'il se mèlè fariam ver prophetas, et bona superde juger \ car il n'est d'aucune irapor- naturalia liane quœslionem Deus tertance qu'Aristote ait cru la mortalité ndnavit, ut manifesté per vêtus Tesde l'âme, ou qu'il ait posé des prin- lamentum est videre; novissimè aucipes selon lesquels il n'est pas possi- tem per Filium, quem constituit Jueble de bien soutenir qu'elfe ne soit redem universorum, per quemjecit et pas mortelle. Si donc Pomponace a saecula eam quœslionem dilucidavit , soutenu seulement qu'en se tenant sicut scribit Aposlolus, Epist. ad Heaux principes d'Aristotc on ne sau- brœos (9) Quantb lux distat a tarait s'empêcher de dire qu'elle meurt cido, et veritas à vero , et quanta avec le corps , son opinion n'est point causa injinita est potior effectu Jinipernicieuse , pourvu que d'ailleurs il to , tanto efjicaciùs hoc demonstrat reconnaisse 1 immortalité dë l'âme, immortalitatem animas ; quarè si auœ Or c'est ce qu'il reconnaît expressé- rationes probare videntur mortalitament et formellement. 11 examine les tem animœ, suntfalsœ et apparentes, hypothèses d'Aristote : il rapporte ce cùm prima lux, et prima verilas osqui se peut dire pour et contre ces tendant oppositum, si quœ verb vihypothescs ; il se propose les raisons dentur probare ejus immortalitatem , philosophiques qu ou alléguait en ce verœ quidem sunt et lucidœ , sed non temps- là comme des preuves , ou de lux et veritas : quarè hœc sola via inl'immortalité de notre âme , ou de sa concussa et stabilis est , cœlerœ vero
mortalité : il remarque de part et sunt fluctuantes (10) quarè indd-
d'autre le fort et le faible, et puis il biè (1 1) ipsam immortalem esse asseconclut que n'y ayant aucune raison rendant est : verùm ed non via incequi prouve démonstrativement , ou dendum atqudhujus seculi sapientes que l'âme soit mortelle , ou qu'elle incesscrunt , qui cùm sapientes se ne le soit pas , on doit regarder cora- dixerunt stulti facti sunt, quisquis me un problème cette question. Or, enim hâc vid procedet ut existimo comme c'est à Dieu , ajoute-t-il , à semper incertus et vagus fluctuàbit. décider les problèmes sur quoi les En conscience , peut-on accuser d'imhommes disputent , cherchons s'il dé- piété un homme qui règle ainsi ses cide pour l'immortalité de notre âme, sentimens? Peut-on l'accuser de ne et tenons nous- en à sa décision com- pas croire l'immortalité de l'âme? me à un arrêt définitif et infaillible. Sur le même fondement ne pourrait- Ensuite il prouve par l'écriture du on pas soutenir que tous les théolo- Vieux et du Nouveau Testament, eiens révoquent en doute la Trinité, qu'il v a une autre vie après celle-ci, l'Incarnation, la Transsubstantiation, et il déclare qu'il fonde sa foi là-des- la Résurrection , et tous les dogmes sus. Voici ses paroles : (7) His itaque en général dont on ne tire les preusic se habeniibus , mdii (salvd saniori ves que de la révélation, sans qu'on sententid) in hâc materid dicendum prétende que les lumières naturelles vtdelur , quod questio de immorlalila- nous les puissent découvrir? Quoi! te animœ est neutrum probletna . sicut etiam de mundi œternitale : mihi (8) Idem, ibidem, pag. ia5. namque videtur qubd nnllœ rationes (g)^"^ ibidem, pag. 126. naturales adduci possunt cogentes (10) Idem , ibidem , pag. 1*8.
(11) Notez que le titre de son dernier chapitre Oj) Petru* Poraponatins , de Immortalitate Ani- en : in qno ponitur ullima coticlusio in Ii;k malr- ">>* , cap. XF et ultimo, pag. m. n\. riâ ,quœ sentcnUa mca videtui in«lul>iè j>u»lii.tM<la.
sï3o POMPONACE.
FÉcriture Sainte, reçue une fois fer- » favorables (i3). » Je croirais plutôt mement comme la parole de Dieu, au 'il allégua à ses juges la distinction n'est-elle pas aussi capable qu'une ue la foi et de la science, que le démonstration géométrique de nous distinguo entre la science et l'opipersuader l'immortalité de l'âme (12)? nion ; c'est-à-dire, qu'il leur avoua Mais contentons-nous de dire que qu'il ne savait point par démonstra- Paul Jove a très-mal juçé de cet ou- tion que l'âme fût immortelle , mais vrage de Pomponace. S'il avait dit en qu'il le croyait comme un article de général que la doctrine qui nie l'im- foi révélé dans l'Écriture , et décidé mortalité de l'âme est la ruine des par les conciles (iA). Quoi qu'il en bonnes mœurs, il aurait dit une chc— soit, on prétend qu il ne trouva pas se oui panse pour notion commune, mauvais qu'on léiulât son ouvrage, mais qui n'es! pas peut-être aussi et qu'il souhaita que le pernicieux certaine dans le fond qu'elle le pa- venin'qu'il y avait répandu fût enterrait ; car si l'on examine les mœurs rainé par l'antidote de la réponse de des chrétiens , leurs imnudicités , Javellus. C'est ce que le jésuite Anleurs médisances , leurs fourberies , toine Sirmon observe contre celui et tout ce qu'ils font ou pour gagner qui avait fait imprimer en France , de l'argent , ou pour obtenir des sans cette réponse, le Traité de Pomcharges, ou pour supplanter leurs ponace. Quem , répugnante au tore , concurrens , on trouvera qu'ils ne nescio quis curiosus , aut impius , nosauraient être plus déréglés, quand fis typis jusserat in lucemexire soliméme ils ne croiraient point une au- tarium et sinè responsione Javelli , tre vie. On trouvera . généralement quant ipse Pomponatius scriptd ad parlant, qu'ils ne s'abstiennent que eum epistold ila olim comprobdrat , des actions exposées ou à l'infamie , ut paVam rogaret edicit se quoque ou à la main du bourreau; deux suffra gante , perspersum libro suo uefreins qui arrêteraient la corruption nenum hoc antidoto nîsi diluatur , d'un impie , cœteris paribus , aussi pestiferum esse , ac toti humano geaisément que la leur. Mais c'est une neri extimescendum (i5). Je crois que matière qui demanderait un traité ce philosophe s'avisa bien tard de cet particulier. office de charité; car il soutint son
Quand je considère l'aveu public premier ouvrage deux fois contre Nide Pomponace, que les raisons natu- phus, et une fois contre Ambroise , relies ne peuvent point nous donner archevêque de Naples. Le même Sirune certitude légitime de notre im- moud vous l'apprendra (16) ; mais il mortalité, je ne sais ce que je dois ne vous dira rien du livre que Condire de la distinction que l'on pré- tarin publia , l'an i5i6, contre celui tend qu'il allégua une fois devant de Pomponace, et qui parut tresses juges. Voiei l'affaire selon le rap- solide à ce philosophe. Edidil juments port de la Mothe-le-Vaycr. « Une odhitc {trigesimum enim tertium œta- » pareille dextérité réussit plus heu- annum tune agebat) librum contra » reusement, il y a peu, au philoso- judicium Pétri Mantuani doctoris
» phe Pomponatius , lequel pour s'é- argumenta autem Ma firma
» tre laisse entendre avec une licen- ad probandum et graviafuis.se ,op us- » ce et chaleur péripathétique , qu'il que totum ualdè elabortitumperspici- » ne croyait pas l'immortalité de t,ir <luia acutissimus Me physicus in 1» l'âme, se vit entre les rudes mains libro quo défendit opinionem illam >» de l'inquisition, dont il échappa suam acriter oppugnatam ab eo quem >» pourtant avec cette interprétation, » qu'il ne la croyait pas voirement,
«puisqu'il la Savait apodestique- dernier des cinq Dialogues J'ÔÏ**iu; Tnbero. i> ment, comme il s'en expliqua par (14) Animam este immortalem est articulas fi - » lin fort long dlSCOUrS à des juges àei, uti-atetperSvmlfolumapostolonunet Atha-
ï) autrefois ses écoliers, et qu'il eut £»P«»«tiu.f de Inmortalitate Anim* ,
» besoin de trouver a cette fois assez (l5) AnlonllJS slrnion<ÎIIS f ac iœmorU,„at<,
Anima; , pag. i et 7 : son livre fut imprime à (1a) Voyez, tom. XI, pa/;. 646, V article Pu- P«rû , t an i635, «n-8«. *ot (Nicolas), citation* (fi) et (4;\ (16) Hem, ibidem, in Appendice, p. 19 et io
f i3) La Mothe-le-Vayer, Dialogue de U Diverte des Religion*, pas. m. aoâ. ao5. C'est le
POMPONACE. a3i
instruxerat, tradit eum librum et » bles et sophistiques qu'ils fussent*
doclissimum omnium et uberrimum » afin de voir si 1 on se contenterait
esse qui omni lempore materiam illam » de quelqu'un. Le bon est, qu'il
persecuti sunt : additque uideH pror- » n'était question que de l'opinion
sus eum divinâ operti et* manu f abri- » d'Aristote , laquelle en tout cas ne
catum fuisse (17). Pourquoi donc ne » peut pas être plus préjudiciable à
souhaita-t-il pas que cette réponse j» la vérité que ce qu'il a écrit de
de Contarin fut imprimée désormais » l'éternité du monde, ou de la quin-
avec son traité, comme on dit qu'il » tessence des cieux, dont on se mo-
souhaita une telle chose quant à la » que dans les collèges (10).» M. de
réponse de Javellus? Niphus avait Sponde ayant rapporté la défense qui
écrit contre Pomponace par ordre de fût faite par Léon X aux philosophes, Léon X. D'autres disent, au contraire, d'enseigner que l'âme de l'homme
rayer les réfute. Je rapporte que
un peu au long ce qu'il a dit là-des- cette bulle. (Jccasioncm autem prœ-
sus j on y verra quelques remarques dictœ de philosophis sanclioni aedis-
qui illustreront mon texte. « 11 n'est se dicitur Petrus Pomponatius, Alan-
» pas besoin d'étendre plus loin ces tuanus , Jouit in philosophid prœ-
» considérations (18), puisqu'on peut ceutor : qui enarmns sfristotelem et
» voir ce qu'ont écrit là-dessus ces jivenx>ëm Bononiœ, animas post cor-
u deux grands adversaires , Pompo- poris mortem interituras ex senlentid
» uace et Niphus, il y a plus de -Artstotelis probare conalus , juven-
» cent ans. Sur quoi il faut être tutem valde corruperat ; se eo tuens
» averti de mettre entre les rêveries quodphilosovhicè loquerelur ,sed ali-
» de Postel , qu'on sait avoir eu de ter , ciim cliristianus esset , stnliret
» fort dangereux intervalles d'esprit, (ai). Ces paroles ne sont pas exemp-
» ce au'il a osé dire , que le premier .tes de faute ; car elles supposent que
» nés était engagé dans cette dispute, 'Pomponace enseignait, comme Aver-
>» que pour complaire à un souverain roè's, l'unité d'âme dans tous les hom-
» (*) pontife dont il parle en de mes à certains égards. Or il n'y a
» très-mauvais termes. Car la vérité rien de plus faux : lisez son ouvrage,
» est que tout au contraire le der- vous y verrez qu'avant exposé dans
» nier fut choisi par le pape Léon X le chapitre JII l'opinion d'Averroës ,
» à q^ui il dédie son ouvrage , et de il déclare, dès le commencement du
» qui Postel entend parler, pour IVe., qu'elle est absurde et mon-
» 1 un des plus savans de son temps , strueuse ; et que s'il ne la réfute point
» et des plus capables de défendre c'est à cause aue Thomas d'Aquin
» un parti autant qu'il était soutena- en a démontré l'extravagance, et n'a
» ble. Aussi faut-il avouer qu'il a fait laissé aux averroïstes aucun moyen
» tout ce qui se pouvait en faveur de chicane; il les a tellement battus,
» d'une cause qui recevait de si grands dit-il, qu'il ne leur reste pour tout
» désavantages, dans les termes du asile que de vomir des injures con-
» pur péripatétisme dont ils avaient tre lui (22). Renvoyant donc ses lec- » convenu. Pomponace le gausse là-
» dessus, disant qu'il avait imité un (x9) L* Motbe-le-Vayer , de PImmorUliUte de
«médecin de Milan, qui ordonna \ JtTfiîf 136 ' ,3? duIV*' to,nedese' Œu-
» quon mit dans un bain de toutes (m) J'ai rapporté les paroles de la Bulle, dans
» les herbes d'un pré , Se promettant l'article de Swnou , tom. XUI , remarque (P),
» qu'il s'y en trouverait quelqu'une (a/n* j a * ■ j
» propre à guenr son malade ; et num'^pac. m. 3o8.
» qu'il s'était Servi de même de (") Tarn luculenter , tam eubtiliter adversité
» toute Sorte d'argumens, pour fai- (,fl"c opinionem inwhitur , utsentcntidmednikU
° 7 1 mtactum^ nullamque responsionem quam quis
t«7) Johann. Casa , in Vilâ Gupiri. ConUrini, ^TT* «^«f* impugnalam relin-
' ' a, ' m» u»)-i»wui«ihu; quat; totum entm impustnat . dissipât . et antu-
auat; totum enim impugnat , dissipât , et annihilât , nullumque J verrou lis refugium relictum
{iS) Ce,tra-dtre d exanuner si Amlote enseï- „t> „lfl convitia et maledictà in divinum et gnei immortalité de l dme. sanclissimum virum. Pomponat., de ImmortaU
{ ) Lib. 1 de Orb. Concord. laie A niant , pag. 8 et q.
a32 POMPONACE.
teurs à Thomas d'Aquin , il se con- toire chronologique de la dispute qui tente de montrer qu'Averroè's n'a s'éleva au sujet de cet écrit. Tout point trouve' dans Aristote cette chi- ce que je puis faire est de me servir mère. Quamvis hœc opinio tempes- de la narration de AI. le Noble. Je tate nostrd sit multùm celebrata , et ne la crois pas tout-a-fait exacte , j'v Jerè ab omnibus pro constanti habea- entrevois beaucoup d'omissions, mais
. tur eam esse Aristotelis , mihi tamen je m'imagine que les choses qu'elle videturqubdnedùminsesitfalsissi- contient sont vraies- et il faut se ma , verum inintelligibilis , et mon^ contenter de cela quand on ne sausiruosa, et ab Aristotele prorsùs alie- rai t avoir davantage. « (a6) Ce traîna ; imb existimo qubd tanta fatuitas » té (37) fit beaucoup de bruit , et nunquam fuerit nediun crédita , ue~ ràm excogitata : Et primo quidem de ejus falsitate nihit novi iatendo
, adducere, sed tantiim lectorem remiltere ad ea quœ lutinorum decus divus Thomas Aquinas.... sed quoad secundùm hœc paucula quœ mini plénum Jidem faciunt adducere statui , videltcet hoc alienum esse ab Aristo-
» ayant paru à Venise , Pomponace » ajoute que les religieux qu'il exv prime sous le mot de Cucullati » s'élevèrent avec chaleur contre sa
» doctrine (28) Ces Cucullati
» se déchaînèrent dans leurs ser- » mons contre Pomponace , comme » contre un hérétique formel $ fip rent interdire la lecture de ce trai-
tele , ueriim hoc esse figmentum , et » té par le patriarche , que ce phi-
monstrum ab Averroë conficturn (a3).
Cela n'empêche pas qu'on ne puisse dire qu1 il fut l'un de ceux qui donnèrent lieu à la bulle de Léon X. Il n'y déféra pas beaucoup. Elle fut lue, et approuvée par les pères du concile de Latran à la huitième session au mois de décembre i5i3, et il composa son livre de l'Immortalité de
m losophe appelle un homme très- » saint dans les mœurs , mais très- » ignorant dans la philosophie et » dans la théologie ; et ensuite , par » décret du sénat, il fut défendu aux
» libraires de le débiter Un
» homme de lettres écrivit con-
» tre ce traité avec beaucoup de mo- » dération (ag) Pomponace,
l'Ame l'an i5»6(a4); d'où nous re- » pour répondre à cet auteur, fit un
cueillerons en passant que M. Moréri , » traité qu'il intitula Apologie. Dans
Konig, et plusieurs autres, se troro- » les deux premiers livres de cette
peut, quand ils mettent sa mort â » Apologie, il répond article pour ar-
l'an i5t2. Selon sa figure de nativité, rapportée par Gauric, il était né l'an 1462- Or selon Paul Jove il mourut dans sa soixante et troisième année :
il faudrait donc dire qu'il mourut l'an ï5a5. Paul Fréher(a5) le fait fleurir en i53o. C'est un abus.
(C) Il répliqua plus d'une fois , et au lieu de reculer il alla toujours plus avant , jixé néanmoins sans variation a son premier correctif, ~] N'ayant aucun autre livre de Pomponace que celui de Immortalitate
*» ticle à tous les raisonnemens faits » contre sa doctrine , les réfute , et prouve tout de nouveau qu'Aristote n'avait pas cru l'immortalité de l'âme, et qu'on ne pouvait pas la prouver par des raisons natulles. Dans le troisième livre , il » blâme beaucoup l'emportement de » frère Ambroise de Naples, de l'or- » dre des ermites de Saint-Augus- » tin , et qui depuis peu de jours » avait été fait évêque. Il se plaint » de ce que, prêchant le carême dans
» re
Antmœ * , je ne puis donner l'his- » l'église cathédrale de Mantoue , il (*3) Pompons, de ImmortaUt. Anime, p. s » avait en pleine chaire parlé très- «*.9«.. . . . * » injurieusement contre lui; qu'il
(•j4) Finis impontus est huic tractaUii per me Prtrutn Jilium Johannis Nicolai Pomponalii de Mnntud die a4 mentis septembres anno Chrisli i5i6 Bononict. Pomponatius , ibidem, (a5) In Tbeatro, pas. 1 44 1 * * Joly renvoie au royale littéraire , par Jordan , seconde édition , pafjc 36. Le Voyage de Jordan n'a eu qu'une édition ; mais les frontispices ont été rajeunis. Jordan parlant du Traité de /Pomponace , de Immortalitate Anima , dit : • M. Baylc ne l'a pas vn , à ce que je crois. » Il paraît que Jnrdan n'avait pas lu en entier l'ar-
ticle de Bayle , qui cite plusieurs fois l'ouvrage et rapporte même ( voyez note (a4) ) sa souscription. Le renvoi fait par Joly ne devient-îl pas a sou tonr ridicule ?
(*6) Le Noble, Tableaux des Philosophes, lom. IIy pag. 8o.
(a-) C est-à-dire celui de l'Immortalité de l'Ame.
(28) Là même , pag. 81 .
(39) Là mfmet pag. 87.
POMPONACE. 233
» l'avait publiquement appelé héré- » immortelle. Or il est certain que
* tique et impie, et lui avait fausse- » Jésus-Christ est ressuscité, donc il m ment imputé qu'il ne croyait ni la » est constant que Pâme est immor- » résurrection ni l'immortalité des » telle. Voilà , dit-il , le seul raison- » Ames. Il déclare donc qu'il croit » neraent solide par lequel on peut >• l'immortalité des âmes , et qu'il » prouver l'immortalité de l'âme : » est prêt de mourir pour soutenir » quiconque en cherche d'autres est » cette vérité : mais (3o) qu'il l'a ré- » indigne du nom chrétien ; il ne » véléc aux nommes , et non pas » connaît pas l'excellence de la foi , » parce que la lumière naturelle l'en- » qui doit tenir le premier lieu dans » seigne , et que si le frère Ambroise » tous nos raisonnemens , et qui » le veut instruire pour lui faire » suffit seule pour établir solidement » changer d'opinion , il est prêt de » ce qui ne peut se soutenir par m recevoir ses instructions.» Ensuite » d'autres voies. »
il rapporte que le patriarche de Ve- Nous verrons ci-dessous la censure
nise écrivit à Pierre Bembo , qui que M. le Noble fait de quelques-
était à Rome , pour le prier Je faire unes de ces pensées de Pomponace. condamner par le pape ce traité (D) Son livre des Enchantement
de l'immortalité de lâme. Bembo le passa aussi pour fort dangereux.']
lut , et n'y trouva rien de contraire II y fait paraître qu'il ne croit rien
a la vérité : néanmoins, selon le de- de tout ce qu'on conte de la magie
voir de sa charge, il le communiqua et des sortilèges j et il fait valoir ex-
au maître du palais apostolique, qui, trêmement je ne sais quelles vertus
après l'avoir lu, jugea comme Bembo que certains hommes ont eues de
qu'il ne contenait rien qui ne fût con- produire des effets miraculeux. Il en
forme au sentiment des plus célèbres entasse des exemples ; mais on ne
docteurs de la religion chrétienne (3i). lui accorde pas qu'ils soient vrais,
« (3a) Après cela , comme peu à ou sans magie , et l'on s'étonne que
» peu à force de disputer on s'é- Zacutus se fasse une religion d'y
»> chauffe jusqu'à passer les bornes , ajouter foi. Écoutons Théophile Ray-
» il (33) soutient et tâche de prouver naud (35). Exempla quœ ad specia-
» que l'immortalité des âmes répu lem aliquorum hominum propriela-
* gne aux principes naturels , et tem inaividualem ad miros effectus » qu'il n'y a rien de plus injurieux prœstandos, prœsertim sanationum , » à la foi que de vouloir la prouver a Pomponatio addensantur ; vel fa-
» par des raisons naturelles (34)« bulosa sunt, vel magica, ut Andréas
» Après que Pomponace eut fait cette Laurentiu* capite (36) Mo 4 conten-
>» Apologie, il parut contre son pre- dit. Ridicule autem Zacutus (3^) die-
» nner traité de l'Immortalité de ta q. 53. inter magnos autorcs qui-
» l'Ame, un nouveau livre fait par bus fidem abrogâsse piaculum propè
» un philosophe nommé Augustinus esse dicit , numerat Pomponatium
» Niphus , et Pomponace y répondit in opère de Incantationibus , exem-
» par un autre traité appelé Defen- pla Ma recensentem. 11 nous renvoie
* avait avancé , et finit enfin cet ou- Pomponatii culpa , qui (3t)) idem
» vrage par ces paroles : Si Jésus- conatus inoperede Incantationibus ad
» Christ est ressuscité nous ressuscite- extremum tamen subjicit opus suum
» rons, si nous ressuscitons l'Ame est correctioni ecclesiœ , a qud ut reele
(30) II manque ici quelques tnots , que c'est à (35) Theophil. Raynaudus , de Sligmalismo sacau«e de l'autorité de Dieu, et qu'il Ta, oh quelque cro et profano , sect. II, cap. IV, pag. m. chose de semblable. 3ai,3aa.
(3t) Le Noble, Tableaux des Philosophes, lom. (3G) C'estrà-dire du I-r. livre de Strumis.
pae. 83.^ Cest-a-dire du /«. livre Mcdicorum prin-
(31) L 'a même , pag. 84- cipum Historia:. *
(33) C'estrà-dire Pomponace , dam son Apo- (38) Idem, in Tbeolog. nalurali , distinct- Il /, l°8'e' quant. II, art. V. nwn. 1 3g, pag. m. 200, soi.
(34) Le Noble, Tableaux des Philosophes, tom. (3c)) C'estrà-dire de rejeter toute l'opération
85, 66. des démons.
234 POMPONACE.
supra divinavit (4°)* Carpentarius en cet état. Pomponatium antèreddi— aliud expectore non poluit , quam tum spiriiûs extremi halitum resipuisunam lineam h principio ad finem se ex singulari Dei mheralione , ncc usquè ductam. Ita enimfactum est, permansisse £Qiov,sperarevolo. Talent collocnto antè aliquot annos , inter etenim fuisse , h clarissimo medicinœ rcprobata , Mo opère , in quo Buccaf- ornamento D. Helidwo Foroliviensi , ferr. I. de Difinat. per somnium lect. ejus olim discipulo non semel auditum qq. ait asseri h Pomponalio , multa ei* (43).Voè'tiusva nous apprendre que falsa , et mu! tas ac magnas nugas Gratarol s'est déclaré l'apologiste de Un confrère de ce jésuite s'était ex- Pomponace , et il a eu l'équité de ne primé encore plus fortement. Pom- pas suivre le torrent. Il reconnaît ponatii de Incantationibusopusoulum que la foule des écrivains catholicertè miratus fui tam diù tolerari ab ques, et quelques auteurs protestans, ccclesiâ, nunc recens et mérita in traitent d'athée ce philosophe (44)- Romano Indice damnatur , verissi- II donne quelque chose à la remarque mum enim quod ab Antonio Miran- de l'apologiste , que Pomponace n'é-
quod fœdus christianum bonum dire que cela est décisif pour exhibuisse , ciim effectus omnes miri- lution de cet auteur , à moins qu'il Jicos cœlorum injîuctionibus adscri- n'eût voulu couvrir son venin sous bit adeo ut velit et religiones et leges cette enveloppe. Voétius allègue cetcarumque latores ab lis dependere. te restriction. Gui. Gratarol us , me- Quod prorsus impium(^i). ^ Porapo- dieu s i talus {quem propria scripta nace , en parlant des guérisons que uno volumine in-8°-, Basi/eœ édita , l'on attribue à la vertu des reliques, ei testimonium Bezae in epistolis , ut a dit une chose qui paraît d'aoord et in dedicatione libelli cujusdam , choquante , mais qui pourrait rece- aUorumque prœterea doctorum virovoir un fort bon tour selon l'hypo- rum sujjjagia , quorum familiaritate thèse commune. Il a dit que les os Basileœ et alibi usus est, h pielatis d'un chien ne produiraient pas moins ieiQ commendant), eum contracalumsûremcntlaguérison, si le malade qui niatores tuetur , et piè pro eo tempose confie à la vertu des reliques, for- n vitam chm morte commutdsse scrimait la même imagination touchant mt « in epistol. dedicator. Oueribus ces os , que touchant les ossemens ou Pomponatii, anno 1 56^, Basil . editis
les cendres des martyrs (4a). Les con- prœfixd Illud penilus conside-
troversistes de l'église romaine ne pou- randum , quod respondel : Eum ex vaut nier qu'il n*y ait eu des reliques mente Aristotelis negâsse animœ ùitsupposées qui ont opéré des mira- mortalitatem : quod , ut Mi cum cles, à ce qu'on prétend , disent que a[us philosophis ac theologis ita judila bonne intention de ceux qui y re- cantwus commune fuit ( Flutarcho , courent a obtenu de Dieu cette ré- Galeno , Aphrodisœo , Justino Marcompense. tyre , Theodoreto , Origenc , Nys-
(E) Quelques-uns ne le sauvent seno , Nazianzcno , Cajetano in 3. qu'en supposant qu'il se convertit de de Aniin:! ) ; sic non débet hiefraudi l'athéisme "] Héliclée, fameux médecin esse : nisi probari posset Mum sub de Forli, disait que son maître Pom- hoc scemate subdolà et tutb uoluisse ponace était athée. Jean Wier espè- hune alheismum spargere in animos re que ce philosophe ne mourut point auditorum. Nisi itaque alia ex dictis,
scriptis , factis ejus certior démon- (4o) C'est-à-dire digr. 4, in Alcino. stratio suppetat , utique in benignio-
(*) Lib. 6 de Singulari Certamine. J ' ;,,
40 Mart. Ddri?, Disait. Magicar., lib. Iy rem partem, imo in oj imam aérien?, m, pag. m. ». pienda sunt illa , quœ Me pro modu-
(40 Pomponatius dicere non veretur in sana- [0 ei cOllditioiie Sltd de fatO , plWl-
tiane acquiùui ex vénération* osiitun dixi* a- } . £ q . prœdeStinatione COtl-
gcnnlumin , si essntt ossa eams et tnnta et laits . > r .
tic eh hubcreluHmafiimtùo non min'iu subsetpte- Scrtpslt : M qillbus SI non TVl dlgmlarelur setnitas. Joli. Wioru*, de PrsBstig. Dremo-
Dum
, lib. V, ca»\ XVII \ puff. >n. 4.,,. // ci<* (43) Wicru» ibiJ. , lib. FI, im Fpilogo Of*~ le II*. livrv de Poiupoiucc , de Incantainentis , ru . pii*.in.5to.
eapm ia. ^ (44) Vocl. , DispuUl. tbcolog. torn, /, pag. iy: