‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 63 sur 142 · TOME XII · texte numérisé non relu

TOME XII

ou lai épargner cette peine; mais il imperator : idem inpace,sijus con- •limamiluxla leur épargner. C'était suleres , pertttssimus ; si causa oranson inclination : on le vit travailler da esset , eloquenussimus : nec is H terre éciuippécomrae eux , et en- tantUm, cujus lingua vivo eo viguesuite se mettre à table avec eux, et rit, monumentum eloquenuœ nullum manger du même pain , et boire du extct. Vint imb, unique eloquenmêrac vin qu'eux (16). Sénèque eût Ua cjus , sacrata scnptts ontnts genenii rapporter une chose encore plus ru. OraUones et pro se multœ , et singulière que celle qu'il a rapportée, pro aliis , et in alios. Nam non so Le^ouverkementdeVisle de Sarda- lum accusando, sed etiam causam -neescheut une fois à Caton estant dicendo fattgavtt tmmtoos. Simultatneteur. et au lieu que les autres tes nimio plures et exercuerunteum , nneteurs avant luy mettoyent le pais et ipse exercuit eas. Necfacdè dtxeen srand frais, à les fournir de pa- ris, utrum magis pressent eum nobi~ lilPons delicts, de robes , et autres litas , an die agitaverU nobditatem. meubles, et chargeoyent les kabitans Asperi proculdubio antmi , ethnguœ d'une erande suite de serviteurs , et acerbœ , et immodtcè Lberœ fuit , sed erand nombre de leurs amis qu'Us invicti cupiditatibus ammi , et ngèdœ trainorent toujours quant et eux , et innocentiœ, contemptor gpatim , divid une grosse despense qu ils faisoyent tiarum , m parsimoma , in paUenud ordinairement en banquets et festoyé- laboris pericultque ferret prope cormens • lui au contraire y fit unchan- ports, ammique , quem ne senectus cernent de superfiuité excessive en quidem , quœ solvit omnia , fregenl ; simplicité incroyable : car il ne leur qui sextum et octogesimum annum fit vas couster pour lui un tout seul agens causam dixerùy ipse pro se denier , pource qu'il allait faisant sa oraverit , scripseritque , nonagesimo Visitation par les villes h pied sans anno Serguim Galbam ad popuh admonture quelconque , et le stuvoit duxerit judicium. Hune , sicut ornm ^idcment un officier de la chose pu- vitd, ita lum (censurant) pelenUm hhaue Qui luiportoit une robe et un premebat nobUitas : consenserantque, vase a offrir du vin aux dieux es sa- prœter L. Flaccum , qui collega in fi es ftn) consulatu fuerat , canditatt omnes ,

Cn(fT Cette circonstance a été admi- ad dejiciendum honore eum , non sorabiement représentée avec son éloge lum ut ipsi potius adipiscerentur : nec „ar le meilleur des historiens latins.-\ quia indignabantur novum hominem Cet endroit de Tite Live est si beau censorem vuiere, sed etiam quod trisaue ic ne saurais obtenir de moi, ni tem censuram, penculosamaue nmldc ne le pas rapporter ici sans dirai- Mrumfamœ , et ab lœso a plemsque , nution nila hardiesse de le traduire Wlœdendi cupido expectabani. Eten français. In hoc viro (M. Porcio) enim turn quoque nunitabundus petetanta vis animi ingeniique fuit, ut bat , refragari stbt qui libérant et forauoeumque loco natus esset, fortu- tem censuram timerent , ennunando nam sibi ipse facturus fuisse videre- et simul L. Valeno suffragabatur : tur nulla ars neque privatœ, nequè illo uno collega castigare se nova vublicœ rei gerendœ ei defuit. Ur- flagitiaf et priscos mores revocare poshanas rusticasque res pariter colle- se.Hisaccensi homines,adversanobat Ad summos honores altos scien- bilitate non M. Porcium rnodà centia' iuris , alios eloquentia , alios soremfeceruntt sed etmm coUegam gloria militaris provexit. Huic versa- ei L. Valerium Flaccum adjecerunt tile ingenium sic pariter ad omnia (18).

statue qu on

nage

Le peu-

rus pusnis : idem posteaquàm ad » pie Romain eut tres-agreable , et maenos honores pervenit , suntmus m loua grandement ce auJUvoit fait

„ » en l'administration de la censure -

5SS£Kîïiy?î: » car u lui fit dre,ser une 8,atue *u

uï&SMr • m- * ~ ~* t.» ««- . «*• »• *«•

PORCIUS. s75

m temple de la déesse Santé, sous en un autre endroit de ses ouvrages

» laquelle il ne fit point escrire ses (a a) , ne devait pas dire simplement

» faits d'armes ni son triomphe , et absolument cjue Caton ne souffrit

» aios y fit engraver une inscription pas qu'on lui érigeât une statue.

» dont la sentence estoit telle à la (F) // inséra dans son Histoire Rô-

u translater de mot à mot, A Thon- maine auelques-unes de ses haran-

» neurde Marcus Cato censeur : pour gués.1] Il la composa étant déjà vieux,

» autant que par bonnes mœurs , et la divisa en VII livres : le premier

» sainctes ordonnances , et sages en- contenait les actions des rois de Ro-

» seignemens , il redressa la disci- me , le second et le troisième con-

» pline de la chose publique romai- tenaient les origines de chaque ville

» ne, laquelle inclinoit desja et se d'Italie , et c'est pour cela qu on croit

sorcum codera rlacco factus , severh de la seconde. Il e n traitait sommai' prafuit ei potestati, nam et in corn- rement et par articles. 11 exposa de plures nobiles animadvertit, et mul- la même manière les guerres suitas res nouas in edietum addidilf qua- vantes jusques à la preture de Serré laxuria reprimeretur , quœ jam gius Galba, le vainqueur des Lusitains. tùm incipiebat puUulare (20). 11 parlait des choses sans nommer (E). // témoignait une grande in- ceux qui les avaient faites. Il faisait

différer ~" '' ' ' • * • mr>nlimi <lcw r-< »•/• ti^s: / r n i » »,-< .

statue.

(D) sont immédiatement suivies de titude (a3). Remarquez bien ces nacelles-ci : « Si est ce qu'aupara- rôles ; de Cornélius Népos, ab adofesn vant que ceste image lui fust dres- centid confecit orationes : Senex his- » sée , il se souloit moquer de ceux torias scribere instiluit (a4) j et sou- » qui aimoyent ou a petoyent telles venez vous aussi que Cicéron marque » choses , disant qu'ils ne s'apper- que Caton travailla à cet ouvrage » cevoyent pas qu'ils se glorifioyent, 1 année même de sa mort (*5). Cela » non de leurs vertus , mais des ou- fournit une raison bien valable de » vrages des fondeurs , peintres et critiquer Tite Live , qui a supposé » statuaires : et quant a lui , que que Lucius Valérius, tribun du peu- » ses citoyens portoyent toujours fie, haranguant contre Caton en 558, » quant et eux de très-belles images lui cita son livte des Origines (26). » et portraitures de lui empraintes Caton n'avait alors que trente-neuf » en leurs cœurs : entendans la me- ans i d'où il faut conclure qu'il n'a- » moire de sa vie et de ses faits. Au vait point fait encore cet ouvrage-là , 3» moyen de quoi il responditune fois et que Tite Live , qui est sans doute » à quelques-uns qui s'esmerveil- le père et le créateur des harangues » loyent comment on dressqit ainsi qu il rapporte , a oublié d'ajuster, en

» de pourquoi l'on n'a point dressé leurs (57) il a observé que la haran-

» de statue à Caton , que pourquoi fue que Caton fit pour les Rhodiens,

» on lui en a dressé.» Araraien Mar- l'an 587 , avait été insérée au V». li-

Cellin a fait mention de cette belle nm'm, quam, quod est graciât, eur impêtra-

réponse Notez que Plutarque, verim mussitare. Amm. Marcell. , lib. Xl/cap.

rlt pOg. m. 31.

(19) Plut., in Marco Catone, pag. 34? : je me <"> ^*JH^ffL **'.» *'

tersde la traduction d'Amyol. „^Jire .àe Cornélius Népo. , ,n fragment*

(10) Cornel. Nepo«, in fragmento Vit« Cato- ^lt* .f^W^*' t-j *\*,pag. m. 384. (*4) IJ*m' lbl<Um'

(11) Ceruoriuj Cato..* interrogatus quamobrem ^V** remarque (A) , citation (<i). inier mxdtos nobiles statuam non kaberet : rnalo, (a6) Liriu» , lib. XXXI V , pag. m. 6i3. inquit , ambigere bonot quamobrem id non me- (37) [dent, lib. XLF} pag. 880.

ois : il n'eût fût bien sou-

s76 PORCIUS.

vre des Origines; n'est-ce pas une in punicd acie , Surum tvadidit vocapreuve que ces Origines n'étaient tum (35). Lisez cette note du *père point encore publiées lorsque le tri- Hardouin (36) : Auctoris mentem asbun Valérins harangua contre Caton ? sequi cùm minime possent Plinii edi- Ou supposerait vainement plusieurs tores , hanc postremam uocem coréditions de cet ouvrage, les unes plus rupiam rati scripsére , cum imperaamples que les autres , puisque aucun torum nomina Annalibus describeret, aucien auteur n'a insinué rien de contra fidem codicum Reg. 1. a. cesemblable , et qu'en tout cas la pre- tewrumque melioris notée, h scriptoraicre n'aurait été faite que lorsque ris mente longissimè aberrantes ycujus l'auteur était avancé en âge (28)- Le hœc sententia est : Cato, inquit, impère Noris(ag) a critiqué Tite Liye peratorum Punicorum nomina Ansur ce sujet : Vossius(3o) avait déjà nalibussuis apponere neglexit : idem fait connaître , qu'il croyait que Tite tamen , quod nomen elephanti esset, Live s'était abusé dans l'objection qui luncjortissimè prœlialus , referre qu'il suppose que le tribun du peu- operœ pretium duxit. 11 a cru que pie (3 1) emprunta des Origines de Ca- Caton n'avait supprimé que le nom ton. Notez que l'épitome du XLlXe. des généraux carthagin livre de Tite Live nous apprend , point cru cela s'il se fi que la harangue de Caton contre venu des termes de Cornélius Népos. Galba se trouvait dans le livre des Notez que les fragmens des Origi- Origines. Or il la fit la dernière an~ nés de Caton publiés par Ânnius de née de sa vie ; voyez ci-dessus ce que Vitcrbe passent pour un écrit supposai cité de Cicéron (3'j). Il avait pu- sé , mais ceux que Riccobon a re- 'blié plus de cent cinquante harangues cueillis, et qui ont paru à la fin de que Cicéron a fort louées , non sans son Traité de l'Histoire , sont Iégitiremarquer que personne ne les lisait mes. Ausonius Popma les a augmen- (33). On les traita sans doute cent tés , et les a joints avec des notes ans après la mort de Caton , comme aux autres écrits de Caton (37). nous traitons aujourd'hui les haran- ^Q) h fut accuse> plusieurs fois et gues qui furent prononcées aux états se défendit. ...et il offrit de se souda royaume , ou aux ouvertures des mettre au jugement d*un de ses enneaudiences au XVIe. siècle. Un aftran- mis j « Comme il travailloit bien les chi de Cicéron critiqua subtilement M autres , aussi n'estoit-il pas lui mesla harangue de Caton pour les R»°- » me sans danger en l'administration diens; mais voyez dans Aiilu-Gelle M de la chose publique : car s'il donce qu'on répondit à cette critique (3^). „ noi|. ]a moindre prise du monde Considérons un pé\i ces paroles de » surlui, il estoit incontinent mis Cornélius Népos, atque horum bello- w en justice par ses malvueillans , de rum duces non nominatif , sed sine „ manière qu'on dit qu'il fut accusé nominibus res notauit. Elles ont ete „ pres de cinquante fois , à la derinconnues aux commentateurs de w njere desquelles il estoit aagé de Pline ; je n'en excepte pas même le quatre vingt six ans : et fut là où père Hardouin. Voici ma preuve. „ il dit une parole , qui depuis a es- Pline remarque que Caton , qui avait „ té j,ien

recueillie et bien notée , supprimé dans ses Annales les noms „ qu^\ estojt mai ^4 de rendre coudes généraux , avait rapporté cora- „ te de sa vie devant les hommes ment s'appelait un éléphant. Certe w d'un autre siècle que de celui au- Cato , cùm imperatorum nomina An- „ quei on aVait vescu. Encore ne fut nalibus detraxerit , eum (elephan- „ pas ce proces-là le dernier de ses tum) qui fortissimè prœliatus esset M combats : car quatre ans depuis,

(«) Cornel. Ncpo,, in fragmenta Vit» CtonU. » ** Paag« de quatre vingt dix ans,

\i9) Nori», Cenoupb. Pisan., pag. 4. » il accusa Servius Galba : ainsi ves-

(3ô) Vosiius, de Hist. lat., Ub. I , cap. V , » cut-il comme Nestor , presque trois

fa% "il ne ,, nomnu.it pas Oppius , comme » aages «Sommes , toujours en con-

y°M*Dans' ta remarque (A) , citation (7). (35) Plin. , lib. VIII y cap. V, pag. m. xfr.

(33) Cicero , in Broto , pag. m. 1 14- (36) Harduin. , in Plin. , tom. II, pag. a53.

(34) Aulus Gelliu* , lib. VII, cap. II I. (37) A Leyde , i5oo , in-8°.

» tinuelle action (38). » Ces paroles hii ci ne fût condamne , et il aurait de Plutarque doivent être corrigées subi cette peine s'il n'avait ému la en quelqees endroits ; car il n'est pas miséricorde du peuple (4a). vrai que la vie de Caton ait été si Pour achever le commentaire de longue , et il aurait mieux valu era- mon texte, il me suffira d'alléguer ployer le nombre précis de quarante- Valère Maxime qui a dit : Cato supequatre dont Pline se sert. Ùato pri- rior sœpenumert) ab inimicis ad eaumas Porciœ gentis , dit-il (3g), très sœ dictionem vocatus , nec ullo unsummasin homine res prœstitisse exis- quam crimine convictus : ad ultimum timatus , utesset optimus orator, opti- tanlum fiducke in sud innocentid re- "mus imperator, optimus senator; quœ posuit , ut ab his in queslionem pub/imihiomnia , etiamsi non priùs , alla- cam deductus, Ti. ùracchum, a quo menclariùsfulsisse in Scipione jEmi- in administratione reipublicœ ad liano videntur y dempto prœterea plu- multum odium dissidebat , jiidicem rimorum odio , quo Cato laboravit. deposceret. Qud quidem animiprœs- Itaque sit proprium Catonis , quater tantiâ pertinaciam eorum inscectandi quadragies et causant dixisse , nec se inhibuit (43).

quemquam sœpiùs postulatum, et sem- (B) II fut contraire aux médecins , per absolutum. Aurélius Victor s'est et aux études qui étaient le plus en servi du même nombre de quarante- vogue parmi les Grecs. } Citons Pluquatre(4o), et en cela il acte plus exact tarque , qui ayant dit aue Caton ne qu'en ce qu'il a dit que Caton âgé de fut pas bien aise crue les trois amquatre-vingts ans fut l'accusateur de bassadeurs philosophes des Athéniens Galba. Il fallait dire âgé de 85 ans .- fussent si goûtés à Rome , et qu'il Voyez la remarque (A) M. Moréri conseilla de les renvoyer au plus tôt s'est furieusement abusé lorsqu'il a (44)> continue de parler ainsi : « Or dit que les ennemis de Caton Z'a- » faisoit-il cela, non pource qu'il eust voient déféré plus de quatre cents » aucune privée inimitié à l'encontre fois en justice. N'oublions pas ces pa- » de Carneades , comme quelquesrôles d'un ancien auteur. Cato sex' » uns ont cuidé , mais pource que tum et octogesimum annum agens , » généralement il haïssoit toute la dum in republied tuendd juvenili » philosophie, et que par une arabianimo perstat , ab inimicis capitali » tion il mesprisoit toutes les muses crimine accusatus , suam causam » et les lettres grecques : veu mesegit. Nequè aut memoriam ejus quis- » mement qru'il disoit que l'ancien quam tardiorem, aut firmitatemlatc- » Socrates n estoit qu'un causeur et

ris ulld ex parte quassatam , aut os » un séditieux Et pour divertir

hœsitatione impeditum animadvertit* v et desgouster son fils d'estudier es Quia omnia ista in statu suo œquali » lettres et disciplines grecques , il ac perpetuâ induslrid continebat. » lui disoit en renforçant et grossis- Quin etiam in ipso diutissimè actœ » sant sa voix plus que sa vieillesse vitœfine disertissimi oratoris Galbœ » ne portoit , comme si par inspiraaccusalioni defensionem suam pro » tion divine il eust prononcé quel- Hispanid opposuit (40- H 7 a deux » que prophétie : Toutes et quantesfautes dans ce passage ; car Caton » fois ciue les Romains s'adonneront n'avait point auatre-vingt six ans » aux lettres grecques, ils perdront lorsqu'il plaida la. première des deux » et gasteront tout. Et toutesfois le causes dont Valère Maxime fait men- » temps a montré sa detraction et tion , et il fut l'accusateur de Galba » mesdisance vaine et fausse : car \adans la seconde , et non pas obligé » mais la ville de Rome n'a tant dede se défendre contre les accusations » ri , ni l'empire de Rome n'a esté si de Galba : peu s'en fallut que ce- » grand , que quand les lettres et les

» sciences grecques y ont esté en

d Amir/01'* ln Vitî' VH' 345 1 Verti0n * honneur et en rris- Mais Caton

ïlin,ï lUf' XXVU\ 4 (40 Cicero , in Bruto , pag. m. ,65.

(4o) Galbant octogenanusaccusavit, ipse quo- « . ... ,,7

dmeies quater accusatus , gloriosè absolu tus. (44) Val. Maxim. , Itb. III, cap. VII, num. 7,

Aurel. Victor. , 3e Vir. illustr. P*e- *°9-

(40Vat..MMun.,ftft. VIII, cap. VU, n. (44) Voyez., tom. IV, pttg. 465, l'article

\, pog. m. 677 , 678* Ca*méad* , remarque (F)., a / alinéa.

» n 'avoit pas seulement en haine les Carnéade avait attaqué lès fondemens » philosophes grecs , ains avoit aussi de la politique romaine , et dévoilé » pour suspects ceux qui faisoyent un mystère qui était la hase de la m profession de médecine à Rome : puissance et de la gloire de cette am- » car il aroit ouï ou leu la response bitieuse république. Ceux qui la gou- » que lit Hippocrates quand le roy vernaient taisaient en sorte que Ton » de Perse l'envoya quérir , et lui fit crût que la raison et la droiture » ofl'rir grosse somme d'or et d'ar- étaient la règle de leurs actions ; mais » gent, s'il le vouloit aller servir, Carnéade en combattant la justice se » quand il jura que jamais il ne ser- servit entre autres preuves de celle- » viroit aux barbares , attendu qu'ils ci , que les Romains seraient obli- » estoyent naturels ennemis des gés de retourner dans des cabanes , i» Grecs. Caton a fier moi t que cela s'ils voulaient agir justement, c'est- » estoit un serment que tous autres à-dire s'ils voulaient restituer les » médecins juroyent semblablement biens dont ils s'étaient emparés (4*7). » au moyen dequoi il commandoit Je crois que cette remarque déplut » tres-expressément à son fils de les à Caton , et qu'il en pénétra bien les » fuir tous également , disant qu'il conséquences ; mais je suis persuadé » avoit fait un petit traicté de mede- que de plus fortes raisons l'animé- » cine, par lequel il euerissoit ceux rent contre ces députés des Athéniens, » de sa maison quand us estoyent ma- C'est ici qu'il faut que je parle » lades, et les entretenoit quand ils d'une fausseté débitée par Agrippa » estoyent en santé (45).» Si vous et par Montaigne , et doctement rétuvoulez voir les propres termes de tée par M. Drelincourt le professeur Caton, lisez ce passage de Pline : Mox en médecine. Romani quondam sub à sœuitid secandi urendique , trans- Calorie censorio medicos omnes et Use nomen in carnificem, et in tee- urbe totd , et totd Italid pepulerunt, dium artem omnesque medicos , quod eorum funesta mendacia , crudelitaclarissimè intelligi potest ex M. Ca- temque aversati. Ce sont les paroles toney cujus auctoritati triumphus at- d'Agrippa (48), et voici celles de que censura minimum conferunt : Montaigne (4q)> Les Romains avoient tantb plits in ipso est. Quamobrem été six cens ans avant que de recevoir verba ejus ipsa ponemus. Dicam de la médecine , mais après Vavoir esistis Grœcis suo loco , Marce fili : sayée , ils la chassèrent de leur uUle quid Athenis exquisitum habeam, et par l'entremise de Caton le censeur» quod bonum sit illorum litteras inspi- On pourrait citer une infinité de mocere, non perdiscere, vincam. iVe- dernes qui ont dit la même chose. quissimum et indocile genus illorum : Jean Langius, médecin allemand , aset hoc outa vatem dixisse : Quando- sure que Caton le censeur fit intercumque ista gens suas litteras dabit , dire la ville de Rome aux médecins omnia coirumpet. Tùm etiam magis, grecs (5o). Caspar â Réiès , médecin si medicos suos hitc mittet. Jurdrunt espagnol, raconte que l'avis de Caton, inter se barbaros necare omnes medi- qu'il fallait chasser tous les Grecs cind. Et hoc ipsum mercede faciunt , et tous les Égyptiens, passa sans nulut fides Us sit , et facile disperdant, le contradiction , et que comme tous JVos quoque dictitant barbaros : et les médecins de Rome étaient ou de spurcius nos , auam alios opicos, ap~ Grèce et d'Egypte, ils furent envepellatione Jcedant. Interdixi tibi de loppés dans l'arrêt que le sénat prome dicis (46). On peut réfuter par-là nonça conformément aux désirs de ce ceux qui prétendraient que la harangue de Carnéade contre la justice fut (^O^ibuspo^isqui^rmntimperioei/t^

le grand mollt qui Obligea Caton a justi velint esse , hoc est si aliéna restituant ad Conseiller de Se défaire promptement casas esse redeundutn , et in nécessitât* ac misede Ces discoureurs athéniens. J'ai riis jacendum. Carneades, apud Lacttnt., lib.

connu un fort habile homme qui s'i- K\îT£j-'£Ht \e \

(4H) Aprippa, de Vanit. »>..kUw..«U/

maginait que ce grand motif fut que LXXXril, pag. m. 196.

(49) Montaigne, Esaaia, l. II, ch. XXX VU (45) Plut. , in Catone majore , pag. 35o : ver- pag. m. 588. «ion «f AtnyoL (5o) Laogio» , Epbt. medic. II t lib. II, pag.

(4G) Plio., lib. XXIX, cap. I, pag. 667, 668. 48a.

sévère censeur (5i). D ajoute (5a) (I) // n'étudia la langue grecque , que cette proscription fut faite l'an dit-on , qu'étant fort dgc. J Je me 5oo de Rome , et qu'elle dura jus- suis servi de ce dit-on , par ce que qu'aux premiers empereurs. Mais ce sur ce fait-là nous trouvons des ausont toutes choses dites en l'air ; car torités pour et contre. Caton, interon n'a aucune preuve , ni que Caton locuteur de Cicc'ron au dialogue de ait agi auprès du sénat ou auprès du Senectute , déclare qu'il se mit dans peuple pourobtenir cet arrêt de pros- sa vieillesse à étudier le grec : Quid , cription, ni qu'il y ait eu de son quod eliam addiscunt (senes) aliquid* temps un tel arrè^t. Au contraire , ut Solonem versibus gloriantem videnous lisons dans Pline, qui de tous mus, qui se quotidie aliquid addisles anciens auteurs est celui qu'on centem senemfieri dicit : utegofeci, peut le plus aisément ciler au désa- qui grœcas litteras senex didici. vaotage des médecins , que le sénat Quas quidem sic avide arripui , quasi le* bannit long- temps après la mort diutumam sitim explere cupiens (58). de Caton. ICt cùm Grœcos ( antiqui) Considérons ce passage de Plutarque: ftalid pe lièrent , dit-il , oiù post Ca- n On dit qu'il se mit bien tard , et T09EM, excemsse medicos (53). Ce » sur l'arriére saison de son aage , à passage semble dire que tous les » apprendre les lettres grecques , et Grecs , à la reserve des médecins, fu- » à lire dedans les livres grecs : eurent bannis d'Italie. C'est le sens c^ue » tre lesquels il s'aida un peu de le docte M. Drelîncourt a donne à » Thucydides , mais beaucoup plus ces paroles (54) ; mais il est certain » de Demostbenes à former son sryqu'il les faut prendre d'une autre » le , et à dresser son éloquence , à manière ; elle» signifient que les mé- » tout le moins ses escrits et ses lidecins furent nommément compris » vres le tesmoignent, qui sont ordans l'arrêt de proscription ; car s'ils » nez et enrichis d'opinions , exemen avaient été exceptés. Pline n'eût-pas » plès et histoires prises es livres eu besoin d'alléguer les raisons qu'il » grecs , et trouve-t'on plusieurs de a étalées avec tant d'exactitude pour » ses sentences et dits moraux , reniustifier et les préjugés de Caton , et » contres et responses aiguës , qui la sévérité du sénat romain. Non » en sont translatées de mot à mot deseram Catonem , c'est ainsi qu'il » (5g). » Cela n'est guère décisif en parle dans la page suivante , tam am- faveur de Cicéron , et semble assez bitiosœ artis invidiœ a me objectum , propre à montrer que Caton ne difaut senatum illum qui ita censebat. fera pas si long-temps à étudier la 11 paraît par les dictionnaires de juris- langue grecque. Ce que je vais dire

a nous coneaucoup plus n ne pense* Plutarque rciute mément et expressément. Notez que ceux qui disaient qu'on trouvait en- Pline n'a pas eu raison d'assurer que core une harangue de Caton pronon pendant six siècles la ville de Rome cée en grec devant le peuple d'Ase passa de médecins. M. Drelin- thènes. Cela est faux y dit Plutarque court fait voir le contraire dans une (60) , car il parla aux Athéniens par harangue qu'il prononça (56) au un trucheman , combien qu'il eust mois de juillet 1671. C'est une fort bien peu haranguer en grec s il eust bonne apologie de la médecine : il voulu. Caton n'avait pas alors qua-

îditions. Woyez rante-cinq ans. Il y a des historiens

qui disent qu'étant préteur en Sardaigne , il y fut instruit aux lettres

Srccques par Ennius. In prœturif 'ardiniamsubegit ubi ab Ennio grœ-

prudence (55), que le mot excipere est encore plus propre à signifie assez souvent, non pas excep- vaincre qu'il l'étudia boa ter ou exclure*, mais enfermer nom- tôt qu'on

«en est fait trois aussi Caspar à Réiès (57)

!5i)C**par à Reîe», in Elyaio jucund. Quzst. C»mpo, quast. I, num. i3 , pag. m.

(Si) Idem, ibidem, vas. n , »3.

53) Plin. , lib. XXIX , cap. /, pag. 668, 6r>g.

54) Drelincartiiu , Apologi» medicâ , pag. 47 , '»*. i6q3.

155) V oj«% tU pire Hardouin, sur ce passage Pline.

(56) Dans l'académie de Lerde.

(58) Cicero, de Smieetote, cap. Vflt, pag. m. 4»6. yqj** aussi cap. I,p*g. 396, et Valèrc Maxime , lib. VHI, cap. Vit, num. 1.

(59) Plut. , in Catone majore , pag. S37 : ver-

(5:) In El,,io Jacund. Quwlioo. Camp» , sion <T Amy*. ï"*t. /, num. 1:. (60) Plut. , ubi supra , pag. 343

a8o PORCIUS.

cis litteris institut us (61). Ce subegit » marie sa fille. » La conclusion fat

d'Aurélius Victor est un mensonge que Caton lui demanda cette fille ,

dont M. Moréri ne s'est point aperçu, et que le contrat de mariage fut

La Sardaigne était déjà subjuguée dressé sur l'heure .... Èt comme on

lorsque Caton y fut envoyé en qua- aprestoit les noces, Caton le fils pre~

lité de préteur. M. Moréri prétend nant quelques-uns de ses parens et

qu'il la subjugua l'an 556. Mademoi- amis avec luy , alla devers son pere ,

selle le Fèvre (6a) a mis cette préture luy demander s'il auoit commis aucu-

à l'an 555. Caton n'avait donc alors ne faute envers luy, ou s' il luy avoit

que trente-six ans : il ne faut donc point fait quelque desplaisir : pour

point dire qu'il apprit le grec dans despit duquel il luy amenast en la

sa vieillesse , ou bien il faut rejeter maison une marastre. Et lors le pere

le témoignage d'Aurélius Victor. Je s'escria : O ne dis jamais cela , mon

rapporterai ci-dessous (63) quelques fils, je trouve bon tout ce que tu fais,

paroles de Ciceron qui témoignent et ne m'en saurois plaindre en sorte

que notre Caton fut destitue des que ce soit : mais je le fais pour au-

sciences grecques. tant que je désire avoir plusieurs en-

(K) Son concubinage ne put de- fans , et laisser plusieurs citoyens

meurer cache . ... il se remaria. ] Ce tels que tu es à la chose publique

ue je m'en vais copier du Plutarque // eust de ceste seconde femme un

'Amyot est un bon morceau d'bis- fils, lequel fut surnommé du nom de

toire. Caton a (64) après que sa pre- la *mere . Caton le Salonien, Celui-

» miere femme fut morte. . . . maria ci fut pere de Marc Caton, qui fut

» son fils à la fille de Paulus JExay- père de Caton d'Utique. Celui-ci par ■

» lius , sœur du second Scipion Afri- conséquent n'étoit pas petit-neveu du

» cain , et lui qui estoit veuf se ser- censeur comme on l'assure dans le

» voit d'une jeune garce servante, Moréri (65), mais son arrière petit-fils.

» qui l'alloit à la desrobéè trouver (L) On prétend qu'il ne trouva

» en sa ebambre : toutesfois cela ne se point dans cette mésalliance les avan-*

» pou voit faire si seorettement en une tages qu'il en avait espérés."] Saint

» petite maison, où il y avoit une Jérôme voulant prouver que ceux qui

» jeune dame mariée , qu'on ne s'en épousent une femme pauvre afin

» apperceust bien : et comme un d être en paix chez eux , ne parvien-

» jour ceste garce par trop audacieu- nent pas à leurs fins , allègue l'exem^

1» sèment fust passée devant la ebam- pie de Caton. La sévérité de ce cen-

» bre du jeune Caton pour entrer en seur ne fut point capable de le ga-

» celle du pere , le jeune homme rantir des mauvais effets de l'humeur

» n'en dit mot : mais son pere ap- superbe de sa femme , qu'il avait

» perçeust qu'il en avoit eu honte, et pourtant choisie de basse condition.

» qu'il l'avoit regardée de mauvais M. Cato Censorius habuit uxorem

» œil : et pource connoissant que Actoriam Paulam , humili loco na-

» cela desplaisoit à ces deux jeunes tam , vinolentam , impotentem , et

» personnes , son fils et sa femme , (quod nemo posset credere) Catoni

v sans s'en plaindre à eux ni leur supçrbam. Hoc ideb dico ; ne quis

» en faire pire chère , il s'en alla un potest si pauperem duxerit , satis se

m matin , comme il avoit de coustu- concordiœ providisse (66). Nous ne

» me, sur la place, avec la troupe trouvons point que Caton se soit ma-

» de ceux qui l'accompagnoyent par rié plus de deux fois. Or nous ne sau-

» honneur, entre lesquels estoient un rions entendre de sa première femme

» Salonius qui avoit autrefois esté cet endroit de saint Jérôme : il faut

» son greffier, et l'accompagnoit com- donc l'entendre de la seconde , quoi-

» me les autres par honneur. Caton que Plutarque ne l'appelle point Ac-

» l'appellant tout haut par son nom, toria Pauta , et qu u la tasse fille

a> lui demanda s'il avoit point encores de Salonius. Voici ce qu'il nous ap-

(61) Aorel. Victor., de Vins iliutr. , ». nu 70. prend des premières noces de Caton.

(61) Anna Tanaquilh Fabrifilia, in Aurel. Vie- f

tor.', ibidem. (65) On a corrige cette faute dans l'édition de

(63) Dam la remarque (U) , citation (i i3). 1699.

(64) Plut., in Catone majore, pa$. 35o: ver- (66) Hieronym. , adv. Jovinianum , tib. lf tiçn et Amyo(. pa#. m. 37.

« Premièrement il espousa une fem- procacissima esse, atque marito tuo » me plus noble que riche , sachant quant immorigera ; imb nec absimilis » tres-bien que Tune et l'autre seroit Actoriœ Paulce, quant [testis est Hiett orgueilleuse et fiere : mais estimant ronym. lib. 1 . in Jovin. ) càm Censo- » aussi, que celles qui sont extraites n'a* Cato, etc. 11 pouvait avoir quel- » de noble sang ont plus de vergo- que raison.

» gne des choses mal-honnestes que (31) // mit sur un si bon pied la » n'ont pas les autres, et que par là conduite de ses valets, que leur lan- » elles se rendent plus obéissantes à gue se contint dans les règles les plus » leurs maris en choses raisonnables sévères. ] Mettons ici tout de suite ce » et honnestes (67). » Nous pouvons qu'il pratiquait à l'e'gard de ses esdonc conclure de là qu'il se résignait claves: «il avoit tousjours grand à souffrir l'orgueil de sa femme , soit » nombre de serfs qu'il achetoit pequ'elle fut noble , soit qu'elle fût » tits et jeunes quand on vendoit les riche, mais qu'il espérait que la » prisonniers de guerre à l'encant, et souffrance serait moindre sous une » les choisissoit ainsi jeunes , pource épouse de bonne maison que sous » qu'ils estoyent en aage de prendre une épouse riche. 11 prit d'autres » pli de telle nourriture qu'il leur mesures dans son secoua mariage ; il » vouloit bailler, et qu'ils en estoyent n'y voulut ni bien ni noblesse , et » plus faciles à dorater ne plus ne néanmoins il y trouva les épines de » moins que petits poulains, ou de l'emportement et de l'orgueil. Tant » jeunes cniens. Mais nul de tous tant il est aisé de se tromper , et de mal » qu'il en avoit n'entra onques en conjecturer sur cette affaire. Voyez » maison d'autrui , sinon que Caton la remarque (G) de l'article d'AvEN- » ou sa femme l'yen eussent envoyé. Tiff. Un fameux auteur a employé ce » Si on leur demandoit que faisoit

Sassagede saint Jérôme , dans un en- » Caton , ils ne respondoyent sinon, roit de ses livres où il condamne la » Je ne sai : et falloit, quand ils escoutume d'exiger des proposans ou » toyent en la maison , qu'ils fissent des ministres, qu'ils épouseraient les » quelque chose de nécessaire , ou veuves ou les filles des pasteurs dont » qu'ils dormissent : car il aimoit on leur offre la chaire. Il prétend » fort ceux qui dormoyent volonque ce sont des conditions un peu » tiers, estimant que les serfs qui tyranniques , et qu'il vaudrait mieux » aimovent à dormir estoyent plus leur laisser la liberté de se choisir » maniables , et que l'on en faiune femme assez bien dotée (68). Ut » soit mieux ce qu'on vouloit que non probo , dit-U (6g), illius patris » de ceux qui estoyent esveillez : institutum (vîdeantup Plutarch. in » et ayant opinion que ce qui inci- Demetr.) ,qui ut persuadere posset » toit les esclaves à entreprendre filio , vetutam locupletem uxorem » et faire les plus grandes meschanducere, ex Euripidis Phœnissis oc- » cetez,estoit pour accomplir leur cinebat (no) : Ubi lucrum suadet, re- » volupté avec les femmes , il ordonluctetur licet natura uxorem ducatis: » na que les siens pourroyent avoir ita neque consultum pastori, ut res- » la compagnie des serves de sa maipectu unius misericordiœ , pauperem » son pour un prix d'argent qu'il uxorem domum ducat. jYam licet » leur taxa , avec expresse défense de poëta grœcus existimet , sponsam si- » n'avoir affaire à autre femme quelnè'dote non habere loquendi liberta- » conque hors de sa maison. Au corntem : talis tamen sœpè deprehenditur » mencement qu'il se mit à suivre

<fe) Plat. , in C.to«e majore , w 347 : «r- » armes , n'estant pas encore rinonVAmyot. » che , il ne se courrouçoit jamais

[&)Optandumpatromnon injicerintcompedes » pour faute que fissent ses SCl*vi-

m, oiioi ad minutetium protnovere Uborant, teurs au service d'alentour de sa duos, aut filial. Quod tamen pro Zolorl nimis » personne , disant qu il trouvait ce-

quàm fréquenter in hoc ipso Jaderato Belgio » la laid et mal-seant à une person-

«mtingit. Scbooctas, ubi infra. » ne d'honneur , que de tancer ses

Jfà) **artln^ Schoockiu$ , Excrcitat. , pag. » serviteurs , »et quereller avec eux

%) rô^Z dàm ce diurne, pag.Zo,ciuuion » pour son ventre : mais depuis, * l'article P«ilia. » quand son bien et son estât furent

a8a PORCIUS.

» augmentez, si d'aventure il fes- tent, et cela fait que leur maître est » toyoitses amis ou ses compagnons, mieux servi , et moins trahi. Assurez m incontinent après le souper , il pu- la même chose à proportion touchant » nissoit et fouëttofy avec une escor- les familles particulières ou il y a un » gée ceux qui avoient failli de sei> grand nombre de domestiques , et » vir à la table, ou d'apprester quel* concluez de là que Caton ne de'men- » que chose que ce fut. Et procuroit tait pas sa prudence lorsqu'il fomen- » tousjours par subtils moyens , qu'il tait adroitement la discorde de ses » y eust noise et dissension entre eux: valets. On a plus de peine à l'excuser >» car il avoit leur amitié et concor- de ce qu'il leur permettait de jouir » de j>our suspecte , et la craignoit. de ses servantes moyennant un cer- » Et si d'aventure il y en avoit quel- tain prix. C'était une suite assez na- » qu'un qui eust commis aucun cas tureîïe delà défense rigoureuse qu'il » digne de mort , il lui faisoit son leur faisait de se divertir hors de sa » procès en présence de tous les au- maison ; mais aujourd'hui l'on con- » très , et puis s'il estoit condamné , damnerait ses reglemens ; il n'v a » le faisoit aussi mourir devant eux point de maison d'honneur où l'on » tous (71^. m On voit là des partien- souffre ce jeu-là , et d'où Ton ne larités qui marquent un tres-grand chasse les servantes qui ne se consens et un maître homme. C'est un tiennent pas , soit qu elles se diverexploit beaucoup plus grand qu'on tissent hors du logis, soit dans le lone saurait dire que d'avoir pu em- gis. Et quant aux valets, on veut pour

{)écher tant de valets de se servir de le moins qu'ils observent la contieur langue pour divulguer ce qui se nence dans l'enceinte de la maison, passait cnez lui. Cest une chose qui (N) L'attachement h faire valoir n'est guère moins difficile que de son bien.... il donnait dans l'usure la trouver la pierre philosophale : elle plus odieuse. ] « A la fin il devint un est d'ailleurs très-avantageuse ; car » peu trop aspre et trop ardent à acquelle plus grande captivité que d'à- » quérir, et abandonna le labourage, voir à craindre le babil de ses do- » disant que l'agriculture estoit de mestiques ? C'est être esclave sous » plus grande délectation que de son propre toit. Juvénal est admira- » grand profit. Parquoi , afin que ble là-dessus : » son argent fust mieux asseuré , et

illi, sedprodere .nalunt » <** P»»* g™d f * P1"8 Cerjam. ^

il se mit a acheter des lacs et lins naturels d'eau places appropriées

\!n7u78iSîrirrT^l»ima » P°ur le' mestier des foulons , des »«rvi. » terres où il y eust force pasturages ,

Deurior tamen hic, qui liber non erit, Mu w taillis et bois revenans , dont ilre-

Quorum ananas et farre suo custodit , et ^ cueilloit de gratlds demers toUS les

» ans : et si Jupiter mesrae, ce di- Caton avait moins à craindre qu'une » soit-il , ne lui en pouvoit diminuer infinité d'autres Romains l'indiscré- » ]e revenu. Davantage il presta son fcion de ses esclaves. Mais enfin il re- » argent à usure, et encore à usure garda leur silence comme une chose „ maritime , qui est la plus reprouvée

3uc le bon ordre d'une maison bien „ ct la plus blasmée de toutes , pour isciplinée demandait. 11 n'est point „ ce qnelle est plus excessive : et le blâmable de ce que leur vivacité lui „ faisoit en ceste sorte : 11 vouloit était odieuse ; car pour l'ordinaire „ qUe ceux à qui il presto it son arplus les laquais sont éveillés et ingé- M gent pour trafiquer sur mer assonieux , plus sont-ils fripons. Quand „ ciassent plusieurs autres marchans les ministres d'un prince nes'entr'ai- » avec eux, jusques au nombre de ment pas , les uns veillent sur la dé- „ cinquante, et qu'ils eussent autant marche des autres , ils s'entre-redou- de navires , et lors il entroit en la , . __ . mtm » société pour une partie seulement,

(7i) Plut., m Catone Majore , pag. 348 , «r- iaaueHe il faisoit manier par un

ston JAmyot, et ainsi des autres paisaaes de » laqucuc 11 wwwiv • « r

Pluurque ci-dessous. » de ses serfs afranchis qui sappel-

(-.2) Juven., «*t. IX,™. n5. » loit Quintion , ct estoit en cela son

PORC IUS. 28*

» facteur, naviguant et trafiquant chevaux, et manier toutes arme» ,

» avec les autres personniers de la mais aussi pour combattre à coups de

» société* à* qui il avoit presté son ar- poings , endurer le froid et te chaud ,

» çent à usure. Par ainsi ne mettoit- passer à nage le courant d'une ri-

» il pas tout son argent au hazard viere impétueuse et roide : et si dit

» de la fortune , ains une petite par- davantage qu'il composoit et escrivoit

» tiède son sort principal seulement, de sa propre main ae belles histoires

» et en tiroit un bien gros profit de en grosse lettre , afin que son fils dés

» l'usure. Qui plus est , il prestoit la maison de son pere eust connois-

» aussi de 1 argent à ses propres es- sance des gens de bien du temps pas-

» claves qui en vouloyent pour a- se , et de leurs faits vertueux , a

» chetter d'autres jeunes serfs, les- Vexemple desquels il peust former sa

» quels ils enseignoyent et dres- vie pour en mieux valoir. Et si dit

» soyent à quelque service aux des- qu'il se donnoit autant garde d* user

^ pens mesmes de Gaton , puis le re- de paroles sales et vilaines en la pre-

» vendoyent au bout de l'an , et sence de son fils , comme il eust fait

» Caton en retenoit plusieurs pour devant les religieuses vestales ("A).

» 8oi-mesme , leur en donnant et Voyez la note (j5). » déduisant autant comme on leur (0) Il était homme a bon mots. }

arg<

» que ce n'estoit point fait en homme phrase et du prologue de Balzac, a Les v de cœur que de diminuer son pa- » censeurs mêmes, Madame, quoi- » trimoine, ains plustost le fait d'une » qu'il semble que la tristesse lût » femme vefve : mais encore estoit- » une des fonctions de leur charge , » ce un signe de plus violente na- » ne renonçaient pas absolument à » turc, et plusaspre à l'avarice, qu'il » toute sorte de raillerie. Ils ne s'ot> osa dire que celui estoit homme » piniàtraient pas dans une e'ternelle » divin et digne de louange immor- » sévérité : et ce fâcheux et insup- » telle , qui par son industrie aug- » portable homme de bien , le pre- » mentoit tellement ses facilitez, que » mier Caton, dis-jc, a cessé quelque- » l'accessoire qu'il y ajoustoit, mon- » fois d'être fâcheux et insuppor- » toit plus que le principal qu'il avoit » table. Il a eu des rayons de joie, » eu et hérité de ses parens (73). » » et des intervalles de belle humeur. Voilà des maximes très-mauvaises : » Il lui est échappé des mots qui ne ce n'était point donner à son fils une » sont pas mal plaisans ; et s'il vous bonne éducation; ses conseils et son »» plaît, Madame, vous jugerez des exemple ne valaient rien en cet en- » autres par celui-ci. 11 avait époudroit-là, et répondaient mal aux » sé une femme fort bien faite : et autres soins qu'il avait eus de l'élever » l'histoire remarque que cette feraen trés-bon père. Il lui enseigna lui- » me craignoit extrêmement le tonméme les lettres , quoiqu'il eût un » nerre , comme elle aimoit extrêesclave qui les enseignait à beaucoup » mement son mari. Ces deux pasd'autres : Mais il ne voulait point » sions lui conseillant une même qu'un esclave tança st son fils, ne » chose , elle choisissait tousjours son qu'il lui tirast Voreille , quand peut- » mari pour son asile contre le tonestreiln'apprendroitpasassezfromp- ^ p, md ^ tement ce qu on lui monstreroit , et si (V5) cétait pratitjUêr une très-belle maxim* ne vouloit point que son filsfust le- que Juvénal exprime ainsi : nu ni redevable à un serf aune si NU dicta fadum ▼Uuaue hmc limioa uag«t , belle et si grande chose comme de lui Inlri <iux P,,er Ml- procul hinc» Procnl indi avoir enseigné les lettres. Au moyen Lenooum'Tet'cant.» pemocund. par.«ti.

de quoi lui mesme lui enseigna la Maxim* debetur puero reverentia : si (jpid

grammaire , les loix , l'escrime , non TurP« P*rM » ncc tu Pucri contemPsen» «

seulement vour lancer le javelot, Scd ^^'JZT ^ïvvTiA.

jouër de tespée, voltiger, piquer froje%aut„ ;pUto„. au FMiwd«

(76) Plut., in Cattme majore , p*g. 34©, etin (73) Plat. , in Caloae majore t pag. 349» Apophtb. , pag. 198.

» lierre , et te jetait entre ses bras injurier et s'entre-tanscr ? se jouer a » au premier murmure du ciel part en secret avec sa femme et la » qu'elle s'imaginait d'avoir ouï. caresser , et puis en public la tanser , » Caton, à qui l'orage plaisait, et la blasmer et picquer de rudes et ai- » qui n'était pas fâché d'être ca- gres paroles devant le monde (80)? » ressé plus qu à l'ordinaire , ne put (P) Le jugement qu'il faisait des » retenir sa joie dans son cœur : il rois , et l'infériorité de mérite qu'il » révéla ce secret domestique à ses leur adjugeait en comparaison des

» amis, et leur dit un jour, parlant grands hommes d'un état ré-

» de sa femme, qu'elle avait trouvé publicain. ] « Une autre fois que le » le moyen de lui faire désirer le » roy Eumenes estoit venu à Rome , » mauvais temps , et qu'il n'était » le sénat lui fit un recueil merveil- » jamais si heureux que quand Ju- » leux , et se perforçoyent tous les » piter était en colère. C'est la sé- » plus gros personnages de la ville à » vérité elle même qui s'est égayée » le caresser et honorer à l'envi l'un » de cette sorte. C'est l'extrême ri- » de l'autre : mais Caton au contraire » gueur, c'est la souveraine justice » monstroit évidemment qu'il avoit » (77). » » toutes ces caresses pour suspectes ,

11 ne sera pas inutile de remarquer w et se gardoit de le hanter : et comen quelle occasion il dit ce bon mot : » me quelqu'un de ses familiers lui ce fut pendant sa censure , lorsqu'il » <*ist : Je m'esmerveille bien comme dégrada le sénateur Manilius qui an- n ™«8 fuyez ainsi Ia fréquentation paremment eût été consul Tannée M du «>y Eumenes, veu que c'est un suivante, et qui ne fut dégradé que » » bon prince , et qui tant veux de pour un baiser qu'il avait donné à sa » bien aux Romains : Je veux bien, femme en plein jour et en présence » respondit-il , qu'il soit ainsi : mais de sa fille (78). Il y a des gens qui M comment qu'il en aille, un roi es* croient qu'à Rome , et en tels autres » tousiours de sa nature une beste pays, il n'est ni de la bienséance ni » ravissante, et qui vit de proye, et de la prudence qu'un mari fasse des » sl n,7 eut onques roy tant fut il caresses amoureuses à sa femme à la M loue et estimé , qui mentast d'estre vue de ses enfansj mais ils ne laissent » comparé à un Epaminondas , un pas de croire que Caton fut trop ri- i} Pericles , un The mis toc les , ni a un gide et qu'il tendait trop les cordes » Manius Curius, ou à un Amilcar de l'éducation des enfans. Ils trouvent » surnommé Barca (81). » Cela me injuste qu'un tel baiser ait tant coûté foit souvenir de ce que j'ai ouï dire au sénateur Manilius. Voyons le ju- a quelques Anglais , que la royauté gement de Plutarque ; il trouve trop est une chose de grande dépense , et sévère la conduite de Caton , et ne qu'avec les frais qu'il faut faire pour laisse pas de blâmer celle de Mani- entretenir un roi , on entretiendrait lius. Caton priva un sénateur romain beaucoup de soldats et de vaisseaux, de la dignité sénatoriale , d'autant pour la défense du pays. Il est sûr que qu'en présence de sa fille il avoit bai- les dépenses que font les rois pour sé sa femme : cela fut lien un peu leur simple domestique sont proditrop violent : mais s'il est laid , gieuses. Combien de sortes de gardes , comme il est, de s 'entrebaiser , em- combien de sortes d'officiers ne brasser et accoller en présence d'au- paient-ils pas ? Un volume ne suffitres (79), comment n'est-il encore rait point pour expliquer toutes les plus laid et plus deshonneste s'entre- charges de la maison des em pereurs

de Constantinople : et quand on ht

Jïi&f^'^JtôSSÎ: 1'*** la Fraoce (8ï) , et qu'on y Avéra. voit tant de bouches inutiles , dont

(78) PlnUrch. , in Catone majore, pag . 346.

(7o) El Ik ttÎTXpoy içïV {jSmr «ri?) tri- (8°) f1**"^ » Precepti. Conjngalibus,

?r«pi)6«ÎXXtiv ÂXXMXOVt. Sed tanum si est ( ut (8a) Cest un livre que l'on réimprime très-iou-

profectà est) turpe conjuges in vrcesenlid aliorum vent. Codinusi c'est Vîgneul-Marrille qui parle ,

blàndiri , oscutari , et amptecti sese invicem. pag. 70 du J/J*. tome de ses Mélanges , édition

Idem , ibidem. Voyc% cirâestQUS les ciUUions de Bouen , 1701 ) dans le récit qu'il fait des cr-

(109) et (110). remanies qui se gardaient à la tabte des empe-

PORCIÙS. 285

la vingtième partie suffirait à ce qu'un admirables. (84) Quô quidem mepro-

1>rincc fût bien nourri et bien servi, ficiscentem (85) haud sanè qubwjacilc e reste n'étant qu'un embarras fas- retraxerit , nequè tanquam Peliam tueux, on ne peut s'empêcher de dire recoxerit (86); et si quis de us mihi que cela seul chargerait un peuple. Iwgiatur, ut ex hâc œtale repueris- On voit à proportion , et avec la seule cam, et in cunis vagiam , valdè reçudifférence du plus au moins , les mê- sem : nec verb velim , quasi decurso mes superfluite'9 dans tous le» lieux, spatio , ad carceres a calce revocari. où un seul commande; et si Ton eût Quid enim habet vita commodi ? quid dit qu'elles servent à imprimer du non potius laboris : sed habeat sanè. respect aux inférieurs, et adonner Habet certè tamen aut satietatem, aut aux étrangers une grande idée de la modum. iVbn lubet enim mihi deplo— puissance du prince , Caton aurait rare vitam , quod multi et ii docti sœrépondu que cela même faisait voir pèfecerunt, nequè me vixisse pœnique de toute nécessité les rois sont ce tet , quoniam ita vixi, ut non frustra qu'il disait. me natum existimem : et ex vitâ ita (<£) Le jugement qu' il faisait des dîscedo, tamauam ex hospitio , non femmes qui commettaient adultère.... tanquàm ex domo. Commorandi enim qu'elles étaient toutes des empoison- natura diversorium nobis , non bobineuses. ~] Quintilien dit que ce juge- taridi dédit. Remarquez bien la liai-

poison. Si caussam veneficii dicat cu sur Ie théâtre de la vie était gl<

adultéra, non Marci Catonis judicio neux, et néanmoins il ne voudrait

damnata videatur, qui nullam adul- Pa.8 Ie recommencer si quelque dieu

teram non eandem esse veneficam *ui en faisait l'offre (87), et il n'in-

dixit (83)? Quintilien a raison de siste pas sur la raison qu'il croyait

croire que cette sentence de Caton très -véritable , c'est que cette vie est

était de poids dans les causes cru'il exposée à mille incommodités , et

spécifie , mais généralement parlant <}u e^e n,ft que fort peu de coramo-

elle n'est pas recevablç. S'il est con- dités.

stant qu'un mari est mo'rt de poison , (S) Ce qu'il dit a un homme noble

et que sa femme avait commis adul- qu'il voyait sortir d'un lieu deprosti-

tère, ceux qui la croient coupable tution est d'une morale relâchée , mais

de la mort de son mari se fondent qu'il aurait pu excuser sur l'axiome

sur de fortes présomptions, et ils que de deux maux l'on doit éviter le

peuvent alléguer son adultère comme pire. ] Je crois qu'Horace est le seul

un très-bon préjugé : mais si Ton qui nous apprenne cette particula-

voulait conclure sans exception , que rite.

puisqu'une femme n'est point fidèle m mtdbm estt s . nolint

a son mari elle 1 empoisonnera, I on nias, e '

se tromperait. 11 V a bien de telles Quorum subsutd talos tegat instita veste :

femmes qui sont bonnes envers leurs Contra> "J^!""11"*' nisi oW *» fornic' »

maris, et qui ont beaucoup de Soin Quidam notushomo cumexiretfornice, Macte

d'eux quand ils Sont malades, et ^irlute esto , inquit sententia dia Catonis.

qui en un mot ne voudraient aucu- m!ï',l2ïlac i enas in^vittet^ '«'*«**, ,

* . 1 . vi Utu ' )uvenes ernuum est descenderc , non alie-

nement les empoisonner , quoiqu us nos

fussent un peu de mauvaise humeur. Permolere uxores (88)

Ainsi la maxime de Caton était ou- C'est-à-dire , selon la version de M.

r<!l\ r. ,.. , „ Dacier , « On ne garde le milieu en

(n) Un suppose qu il n eut pas

voulu rajeunir: ] Les paroles que Ci- ($4) Cjeero , de Senect. , cap. ult. , p. m. &s».

céron lui a prêtées sur ce sujet sont J^^t™ Usim"

(86) Touchant l'erreur qui est ici, voyet la re-

reurs de Constantinople , me fait suer h la vue marque (C) de l'article P Lu a.» t tom. XI.

de tant de mystères. (87) Confére% ce qui sera dit dans l'article

(83) Quintil. , IiuUl. Oral., lib. V, cap. XI , Tullik , iom. XIV, remarque (R) , a la fin.

fH- »• «44- (88) Horat. , Mt. II , lib. I, vs. a8.

286 P0RC1US.

» rien. H y a des gens qui ne vou- crimes qu'elles Dussent commettre » diraient point du tout avoir de ga- étaient de violer la foi conjugale, et » lanterie qu'avec les dames qui por- de boire du vin. Romulus en établis- » tent les longues robes bordées de saut cette loi se persuada qu'après » pourpre : il y en a d'autres qui l'adultère une femme était capable » pour rien du monde ne touche* de tout entreprendre , et que le vin » raient pas à une femme , si elle était le commencement de l'adultère. » n'était publique. Et sur cela , l'on Vous pouvez lire tout cela dans De- » conte que le divin Caton , voyant nys d Halicarnasse (9a). 11 faut croire » un homme de qualité sortir d'un aussi que ce premier roi de Rome eut n vilain lieu, lui dit: Cela est fort bien égard aux anciennes lois de l'Italie ; » fait, mon cher , continuez : c'est et il n'y en avait guère de plus vieille » là qu'il faut aller quand vous sen- date que celle qui interdisait au » tez les feus de l'amour; au lieu sexe l'usage du vin; car nous trou- » de vous amuser à corrompre la vons que le roi Faunus fouetta sa » femme de votre prochain » Voyons femme jusqu'à la faire mourir, parce aussi la note de M. Dacier sur Macte qu'elle en avait bu contre la coutume. virtute esto (89). « Ce mot est de Caton Sex. CloJius in eo libro quemgrœcè » le censeur, qui, voyant un homme scripsit, refert Fanai hanc uxorem » sortir d'un vilain lieu, le loua et fuisse ; quœ quia cowth morem , de- » l'exhorta à faire toujours de même : eusque regium, ciam vini ollam ebi- » mais ensuite ayant remarqué qu'il berat, et ebria facta erat9 virgis » n'en bougeoit, il lui dit: Mon ami , myrieis à viro usquè ad morte m cassa » jeté louais devenir ici quelquefois ; (93). Plutarque a fait mention de ce- » niais non pas d'y faire ta demeure la comme vous verrez ci-dessous, où » ordinaire. Adolescent , ego te lau- je corrige une faute que les critiques, » davi quod interdhm hue venir es ; autant que je m'en puis souvenir, » non quod hic habitâtes* » n'ont point encore observée.

(T) On a tort de le donner pour Inférez de tout ceci que notre Calf auteur de la coutume qu'avaient les ton le censeur n'a point fait la loi Romains de baiser leurs parentes afin dont nous venons de parler. Il y a de connaître si elles avaient bu du donc une grosse faute dans ce passage vin.~\ 11 n'y a point de doute que les de M. Loméier : Apud Romanos.mu- Romains n'aient interdit aux femmes lieres passim osculo salutabantur à l'usage du vin, et que, pour les emnê- propinquis, quo explorarentt an concher d'en boire en cachette, ils tra legem temetum olerent. Institun'aient introduit la mode que les tumhocerat Catonis, teste Plinio, Mb. hommes baisassent leurs parentes XIV , cap. XIII (94). Voilà ce qu'il dit (90) ; mais il est très-faux cjue notre dans une dissertation qu'il a faite sur Caton ait établi ni cette loi ni cette les baisers. 11 a cité Pline sans s'être coutume. Nous lisons dans Pline C91), donné la peine de le consulter; car qu'un certain Egnatius Mécénius, s'il l'avait consulté, il y aurait vu Caayant tué sa femme parce qu'elle ton , non pas comme cause de ces avait bu du vin, fut déclaré innocent coutumes romaines , mais en qualité nar Romulus. Nous lisons la même d'écrivain qui en avait fait mention.

«\ 1 * * • J - C • / ï__îi. » » • . f

doit point sembler un cas étrange , erat , undè et temulentia appellapuisque par la loi de Romulus la pu- tur (95). Je crois que M. Loméier tion du crime des femmes était lais- s'est uniquement fondé sur ce qu'il sée à la discrétion des maris et des trouvait dans Kempius ; mais il n'y a parens, et que le, deux plu» grand. ^ ^ /f> ^ ^

»e <f Horace , tom. chap. XXVI, pag. m. 93.

(93) Lactant. , lib. /, cap. XXII. Voye* aussi Arnobe, lib. V , pag. i65, et Plutarque, in QtiKsU romanis, pag. a6S, D.

(94) Loméier, Geuial. Diernm , part. /, pag. Tertullien , in Apologet. , cap. VI. 35;.

(91) PUn., lib. VIX, cap. XIII . (9*) Idem, ibidem.

(87) Dacier, sur ce passage d Horace VI, pag. i3o, i3i , édition de Hollande.

PORCÎUS. 287

pas été assez attentif. 11 a débite un de ce grec-la le mot fatt/Xi'oc, et mettre mensonge en n'entendant paslesparo- à la place Qclvvou : car non-seulement les de cet écrivain, et un autre en les l'auteur cité par Lactance assure que entendant. Kempius assure aue le vin la bonne déesse avait été mariée a Faufut interdit aux femmes par l'autorité nus, etc. (09) ; mais Plutarque aussi de Caton, et qu'ensuite de cette dé- l'observe dans la Vie de César (100). fense les hommes commencèrent de Le traducteur latin pouvait faire hars'accoutumer à de leur parent*

elles avaient contrevenu à l'édit. il le traduit mal. Il suppose que' Postmodum succès su temporis (96) t arque a répondu que cette exclusion ex auctoritate M. Catonis vinum mu- du myrte venait de ce que la femme lieribus interdictum esset , primùm d'un certain devin Phaulius avait été viricognatarumoscœperuntosculari, fouettée, etc. Ce n'est point suivre ut odor indicium faceret, si bibisseat. l'original. Plutarcruen'a point désigné Affinibus et propinquis osculari eas un personnage qu on puisse traiter méj us est, ut sobrias comnrobent, in- prisa m ment ciqusdam , d'un certain y quit ArnobiuSjlib. II, aa versus Gen- et il a marqué que cette femme fouettes. Vinumenim mulierem bibisse pe- tée était celle que l'on vénérait à rindè emt, ac si in adulterio ac gra- Rome sous le titre de bonne déesse. in crimine deprehensa, capàali sup- Amyota bien évité cette dernière raéplicio plectenda esset , ceu Plinius prise qui était la principale. Est ce habet, \xbroXiy HisU nat., cap. XIII pource, a-t-il traduit , que quelques- (97). Il est évident que la citation uns racontent fabuleusement , que de Pline , par où ce passage finit , ne Jestoit la femme <Tun Flavius devin, concerne pas le commencement $ et laquelle buvoit du vin a cachettes , et néanmoins M Loméier l'a employée y ayant esté surprise par son mari pour prouver ce qu'il copiait de Kern- elle en fut fouettée de verges de

{)ius au commencement de ces paro- meurte. Boxhornius (101) n'a rien es latines que je viens de rappor- observé sur la version de Xylander.

ter. Ce que j'ai dit de la coutume qu'a-

Voici la faute que j ai dit que 1 on vaient les Romains de baiser leurs pan'a point aperçue dans le texte de renteS doit être un peu mieux déve- Plutarque. Cet historien ayant de- l0ppé. Plutarque l'a bien expliquée; mandé pourquoi les dames romaines et x\ paraît, par le détail qu'il en rte faisaient point porter du^rayrte donne, que c'étaient les femmes qui

and des

que les autres

c'était à cause que cette déesse avait «*crivain8 n'ont pas touchées, Pour-

tuse que cette déesse avait «<crivain8 n'ont pas touchées. P> i à un homme qui lavait „uoi est cej demande-t-il (10a), fouettée avec des verges de myrte, les femmes baisent leurs pare ns en la

Tt*ç , oîta» <r« x?***-^* HpuQcLf KAt fx» tumefut introduite, que quand elles xct^overA , p«£<Toiç v7ro to» Àvfyoç «mo\*- rencontroyent leurs parens , elles les o4* ^t/poim (98). Cest-a-dire, selon la oaisassent en ia bouche, pour conversion de Xylander, Ancredendum vaincre ceues qui en auroy ent beu ? estfabulœtquœperliibetFaulù cujus- Qu bien pour ta raison qu'allègue le dam aruspicis uxorem cum cLampoto

vino non fefellisset , a marito virgis (gg) Voy et ci-dessus , citation (93).

myrteis fuisse castigatam. Il faut ôter (IOO) 'Pa^an» <ft vôpQiH f^uAt* Q&ûf»

(66) L'auUur venait de citer U droit canon, et ovm***** '** Romani nynyhamDryadaFau-

do parler de plusieurs choses postérieures à Ca- no nuptam. Flut. , tn Laeaare , pag. 711.

ton : juges, si son postmodum , etc. , est bien ( 101) II publia avec des notes le Trait/ de

plaer\ PluUrque , de Questionibus romanis , en grec et

(07) Martinns Kempius, dissert. XVI, deOt- en latin , Van i63«j , in-p. „ eu h», pag. m. 637. (toi) Plut., tn Qu«st. romanis, pag. *65:

(98) Plut. , in Qu*.t. romanis , pag. 166, D. version d kmjot.

a88 PORCIUS.

philosophe Aristote. (io3).... ouplus- Je finis cette remarie comme je

tost ce privilège là fut donné aux da- l'ai commencée , c'est-a-dire par la

mes , comme chose qui leur apportoit censure d'une faute cjui concerne Ca-

honneur et crédit, si on \>oy oit au elles ton. Le sieur Kemmus lui attribue

eussent beaucoup, et de gens de bien, d'avoir publie' un c'ait défendant aux

qui fussent de leurrace etparenté : ou gens mariés de se baiser en présence

pource qu'il estoitdefendu d'espouser de leurs filles ; et il allègue Plutarque .

ses parentes , elles les pouvoyent ca- Mais il est sûr que Plutarque ne dit

resser jusqu'à les baiser : et leur est point cela. On a vu ci-dessus (107)

demeuré ces te seule marque et com- tout ce qu'il raconte sur ce sujet. Ni-

munication de parenté : car par ci- hilominus tamen parce inter ueleres

devant ils n espousoyent point les maritale osculum f et non nisi admo-

femmes de leur sang , comme encorde diim circumspectè, acremotis arbitrist

ne font-ils pas aujourd'hui leurs tan- ne liberi scilicet indèfurtiuis amorum

nage ofcii * w*mm~*w~~ . — — 17 n,*—..., 7 - —

fort nécessaire d'examiner si ces rai- ritus conjugem deoscularetur in pressons de Plutarque sont bien solides : sentid filiœ, Maniliumque quem omcontentons-nous des faits qu'il rap- nium opinio consulem designabat , porte ; ils sont dignes d'être sus. Nous senatu ejecisse , qubd uxorem coram y voyons assez clairement cette cir- jMâ nubili exosculatus esset, auctor constance, que ces baisers-là se don- est Plutarchus in Catonis Vitâ, pag. naient aux nommes publiquement, 346(109). Il est faux que Caton aittait, selon qu'on les rencontrait ou dans ou qu'il ait fait faire aucune loi làla rue ou ailleurs. La civilité voulait dessus. Il punit Manilius par la seule que les hommes ne fissent pas les autorité de sa charge ; mais cela ne

vin. C'était aux femmes à tendre la point d'autre exemple d'une pareille hmir.he. Cela seul était un signe punition , et il est bien apparent étaient bien certaines de leur qu'une infinité de personnes se ser-

dire mots nouveaux, et serait une et faire craindre la censure. Je crois source inépuisable de galanteries in- que Clément d'Alexandrie ne congénieuses et de mauvais quolibets damnait pas la sévérité de Caton. aussi ; car les cousins se radoucissent Voyez le conseil qu'il donne aux gens beaucoup auprès des cousines. Une mariés de s'abstenir du baiser en prémère sage ne serait pas trop contente Sence de leurs domestiques (no).

elle se donnait de faux parens. (l0^) Dans la remarque (0).

Quin etiamfalsos Jîngù tibi sespe propinquos, (108) II fallait dire censorinm. Il n'est pas

* Oscula rie desint(io5) qui tibi jure Je- vrai que ce Caton fut attache a la secte stmeen-

rant (106). ne : on le confond ici avec son arriere-peUt-fils

* Caton d'U tique,

(xol) Cette raison est vrise de ce que les daines (Ioq) Kempius , de Osculis , dissert. XV,

troyennes ayant brûle les vaisseaux d'Enee , * gl5

apaisèrentles hommes en allant les embrassser et * ClemeoI Ai^ndr. P«d*gog., lib. M,

baiser. Xj[ pag, m. a58.

fioffl Cr nthia et non pas Phrrne, comme Kern- *"r „\%m wrrrr -™ VÎT

pi»! de Osculi.,, p.tâ, suppose faussement. (*") ™. M*«m«s, Ub. VIII, cap. VII,

(105) Les éditions portent «eedesunt, j'ai suivi num' *' . „ , ... , JTJ Incorrection de Gébhard. (»*) 0nt' In9Ut«» Ub' **' ' * W '

(106) Propert. , eleg. VI , lib. IL VH- m' 565.

fcORCIUS.

Cicéron, qui nous fait si bien connaître combien Caton excellait en plusieurs choses. Quid Marco Catoni

tardcorm^pubUcdcapessenSdfau? pour l'ordipaîre sLw^T' 80nt

melior senator, idemYacilè optimus d'hui toutcnmmL.T F u«I»»Jourimperator: Jeniquè nÙUl in hkc cwi- célébra nrS™« T ^' P1*" tau Umporibus îlUs sein , Asc.Ve po- parlant n W»„ J ?' °rd">airement

scvnt, tàm etiam conscripserit (.,3). ?on p ™fc£ nr'o?ôni 7 Tf ' "* ne Le nombre de ceux nui ont joint en- tilrJ 7l„ ti P, „ daDS lcs semhle les plu, beau? dons dTla rhe- lés Toutellt î rfS"- V°*el Ww, torique , et la plus profonde science du caMnismedfM'M ""'f ' Histoire du droit a été toujours si petit, que VoÛ r verrez ?"iM".œbo'»--('>«).

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V /TV r. , „ "a • vis «" Père Gara«w -'r0-»«(A.

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( (« .5) Cicero , de Oratore , lit, II , fcft. , /<,/,<, //< "'J, ^«-P*''»^ , •» MuS*0 physic<) f

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