‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 64 sur 142 · TOME XII · texte numérisé non relu

TOME XII

29o PORSENA. PORTUGAL.

de fait ne sont point forts en raison- mauvaises qualités se déborde— nement. Voyez ce que dit M. Simon, rent <je plus en plus : il ne fai-

touchant le père Monn , et touchant * r. . ■»

le père Pétau (•«). 11 est bien sûr sait au™« compte des^ivis de qu'autant que M. Bochart était au- son gouverneur ; il tirait 1 epee dessus de M. Claude, en matière d'é- contre les premiers qu'il renconrudition, autant était-il au-dessous irait, et s>i\ ne |es luait pas ce de lui en ce qu on appelle pousser des , .. . c -,

5«ir iV' ' i',L0 rtK,;^»lrtT10 a* n était point sa faute : il courait diiiicultes, résoudre des objections ac r .

controverse, approfondir une dispute les rues la nuit avec quelques

théologique ou philosophique. M. de garnemens • il faisait mille vio—

Balzac fut un peu surpris de voir un \ences et mil]e exces dans les

discours solide que le pere raure, , . . . -,

eramlPredicateur,av«it£ublié(ia3). lle« de prostitution (A), et il

(„„ Ton,, xi, „. «64, <») *r~ »'f " vanta.'t le "^demain comme tkie Pmtau. d une action glorieuse. Tous les

; (,*3) v D,aaZÏ*r i7/J£e k lafn remèdes que Ton tâcha d'appor-

du Socrat* chrétien , m. 11 et suw. % 1 rr

ter a ces désordres s étant trou- PORSLlSA(CHRiSTOpnLE). vés inutiles , on prit le parti de Cherchez Pirsona , tome XI , ]ui oter ]es personnes qui achepage 65g.

vaient de le gâter, et de vive PORTUGAL ( Alfonse VI*. du force on les enleva de son propre nom , Roi de ) , naquit le 28 appartement. Il en fut fort indid'août i6/j3. A peine avait-il gné , et il sortit de Lisbonne pour atteint l'âge de sept ans, que Ton s'en aller à Alcantara. Il fallut , aperçut en lui des grains de pour prévenir les fâcheuses sui- " folie. Ce dérèglement d'esprit ne tes de cette retraite , que la rédiminua point son ambition ; il gente , sa mère , lui remît le goufit seulement qu'elle se montra vernement de l'état. Cela se fit plus à découvert , car le prince dans Lisbonne avec les cérémodon Théodose, frère aîné d'Al- nies nécessaires, le 23 de juin fonse, étant mort le i5 de mai 1662. Depuis ce temps-là trois i653 , Alfonse ne dissimula point ou quatre grands seigneurs , qui sa joie. Il fit voir qu'il avait par- s'étaient emparés de l'esprit de lé sincèrement, lorsque dès le ce jeune prince , travaillèrent premier jour de la maladie , il fortement à la disgrâce de la avait dit qu*il ne serait pas a/fli- reine (B) , et y réussirent si bien gé qu'elle fût mortelle , puisqu'il qu'il fallut qu'elle exécutât au y gagnerait une couronne. Il se mois de mars i663 , un dessein vit possesseur de cette couronne qui peut-être n'était pas aussi sous la régence de sa mère, le enraciné dans son âme qu'elle le i5 de novembre i656 (a). Sts faisait paraître ; je parle du des- («) FMe s'appelait Louise Françoise de sein de se détacher du monde ,

Gitsman. Son mari, qui de duc de Bragance pour ne Songer plus qu'à l'affaire était devenu roi de Portugal en l'année 16/S0. *i i . ». r mourut le 6 de novembre l656. Consultez OU Salut. ApreS qu elle se fut re-

sur cette révolution un livre anonyme qui tirée dans une maison de campa-

*'« a Histoire de la conjuration de Portugal. D \ i Elle a été composée par M. Vabbt ; Vertot , que jamais à SOU lliaUVaiS natU-

et n'a pas été moins estimée que /Histoire rel , jusqu'à ne faire aucun C3S des révolutions de Suéde, qu'il publia. , ' ' ,» . , . ,. .

ran 1695. de 1 extérieur de la religion (L; :

PORTUGAL. 29f

ce qui marque que ses favoris ge; mais il y rentra d'une mamêmes n'étaient pas capables de nière insultante. L'infant résole gouverner (D) Ils furentquel- lut de le chasser à quelque prix que temps trois otl quatre ; mais que ce fut , et i! se rendit au palais enfin le comte de Castelmélhor (rf;avecune si bonne escorte, que supplanta les autres , et eut l'a- le secrétaire , n'osant plus se condresse de s'affermir en mettant fier à la protection du roi, se sur le tapis la découverte d'une retira. On fit ensuite consentir le horrible conspiration (E). L'in- roi à convoquer les états pour le fant Don Péaro (b) devint sus- 1er. de janvier 1668; mais avant pect d'avoir voulu se faire roi , que ce terme fut venu , la reine et reçut tant de sujets de cha- employa une terrible batterie 1 grin , qu'il se retira de la cour , elle se retira dans un couvent le après que le roi eut fait son en- 21 de novembre 1667, fit savoir trée publique à Lisbonne avec sa au roi qu'elle avait dessein de s'en nouvelle épouse, le 29 d'août retourner en France , et déclara 1666. La reine mère était morte aux darnes qui l'accompagnaient le 28 de février de la même an- que son mariage n'avait jamais née. La nouvelle reine était une été consommé. Elle en faisait princesse française, mais de la mention dans la lettre qu'elle maison de Savoie (c). Elle obligea avait écrite à son mari putatif, par ses prières l'infant à revenir Voilà donc un procès d'impuisà Lisbonne : il y reçut mille cha- sance intenté à don Alfonse (F) , grins Elle éprouva aussi en plu- prince qui avait tant vanté ses sieurs rencontres la mauvaise hu- prouesses par rapport aux femmes meur du roi. Ce ne furent plus [e) Dès qu'il eut appris ce que la que plaintes et que brouilleries. reine lui écrivait, il s'en alla au L'éloignementdu comte de Cas- couvent oii elle s'était retirée, et telmélhor , sur les instances réi- en aurait fait rompre les portes , térées de l'infant, n'avança point si l'infant ne l'eut empêché. Le les affaires de ce prince. Le rap- lendemain il dit à son frère avec pel d'Antoine de Sousa de Macé- beaucoup d'emportement, et en do, secrétaire d'état, fut un termes malhonnêtes , qu'il était coupde foudre si assommantpour plus homme qu'on ne pensait. la reine, qu'elle ne voulut plus La reine déclara devant plusieurs voir personne, excepté le roi, 011/ conseillers d'état, et plusieurs ne lui disait que des choses cho- officiers de la couronne , le sujet quantes et malhonnêtes. Ce secré- de sa retraite , et le dessein où taire d'état avait extrêmement elle était de faire déclarer nul offensé la reine, et elle avait ob- son mariage. Elle écrivit auchalenu qu'il fût privé de sa char- pitre de l'église cathédrale de Lisbonne (/) , pour le prier de con-

(b) il étaufrire unique du roi. naître incessamment de ce pro-

[c) Elle/appelait Marie Françoise Elisa- fc j t aussitol on par|a Je Jft beth , et était Mêle 2i de juin 1646, du ma- * vm* vu F«« i» ^ riage de Charles Amédée de Savoie , duc de , ^

Nemours , avec Isabelle de Vendôme , /lie («0 f« »«>7 ;

du due de ce nom , j!ls naturel dTHen- « r°X** rem. (k).

ri fr. (f) L'archevêché vaquait alors.

marier avec l'infant. Le bref de contient (H) ; et si j'avais en main

dispense ne tarda guère avenir, des mémoires authentiques, et

En un mot , la diligence fut telle anecdotes du parti contraire , je

à tous égards, que le 23 de no- les produirais sans aucune par-

vembre 1667 , don Pédro se mit tialité , ni pour ni contre don

en possession du Palais-Royal, Alfonse, afin que mes lecteurs

qu 11 ranau muai i appeler en- de la sentence qui le déclarait

core. Le chapitre avait prononcé impuissant , y acquiesça tant de

sentence sur la nullitédu mariage vive voix que par écrit. Les nou-

le 28 de mars précédent (G). J'ai veaux mariés , ayant déjà vécu

oublié de dire que quand don quelque temps ensemble , deman-

Pédro prit possession du palais, dèrent pour plus grande précau-

il s'assura de la personne du roi , tion une dispense du pape , con-

qui le même jour signa un écrit firmative de celle que le cardinal

par lequel il reconnaisait que de de Vendôme , légat à lalere en

son propre mouvement il se dé- France, leur envoya avant qu'ils

mettait de son royaume en fa- se mariassent. Le pape leur ac-

veur du prince son frère. Les corda tout ce qu'ils voulurent,

états du royaume reconnurent U est certain que la reine allégua

don Pédro pour prince régent, de grands motifs de conscience

Il ne tint q î": J~ ~ ~ ' ----- ^ - -, clamer roi torité royale

tu , un titre qui ne laisse pas la mélancolie profonde qui parut d'avoir ses usages , lors même sur son visage (K) , dès qu'elle qu'il trouve les gens en posses— eut été convaincue du défaut de $ion de tout le pouvoir monar- son mari. L'ex-roi don Alfonse chique. L'Espagne se servit adroi- fut envoyé dans l'île deTercère , tement de cette révolution pour où il demeura plusieurs années : conclure un traité de paix (g-), mais sur la crainte que l'on eut à quoi la liçue qui avait été con- que les ennemis de l'état ne l'en clue en 1667 entre la France tirassent, pour exciter des trouet le Portugal eût pu apporter bles dans le royaume, on le transde l'obstacle , si la paix ne fût porta en un lieu plus sûr. Ce devenue nécessaire à un royau- fut dans le château de Cintra , à me qui venait de chançer de sept lieues de Lisbonne. Il y moumaître par de telles procédures, rut d'apoplexie le 12 de septein- Voilà ce que j'ai tiré d'un livre bre |6Ô3 (*). (h) imprimé à Amsterdam. Je ne Lareine de Portugal, autrefois me rends point garant de ce qu il sa femme) \e sinvit bientôt après, Or) // fut conclu le i3 de février 1668. car elle mourut à Palhavam , le

Voyez Vicquefort, de l'Ambassadeur, tom. >

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