‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 8 sur 142 · PHILOMÈLE · texte numérisé non relu

PHILOMÈLE

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action atroce se partage de cette les apparences qu'en empêchant qu'on

façon ordinairement et celle ^t^ff^^)^

distribution n est pas trop injus- na ordre que pautorité publique ne

te ; car ceux qui contraignent parût pas dans les secours d'homme»

un homme à se porter à un coup et d'argent qu'il fournit au général

de désespoir agissent avec plus Phocéen Comme le succès de l'entre-

uc uck^uii P T - -c *. prise n'était pas sûr, la prudence

de liberté que lui. Fausanias tait 5Amnnjnil. „ans Anute «u'on ne com-

ici aucmciucu»». r^r—--, voulaient subjuguer l'oracle de Delsoit que Dieu les eût aveugles , heg yoiU ^Vigine de la conduite soit que naturellement ils prête- âu roi de Lacédémone. Lorsque le rassent le gain à la religion (/). dessein eut été exécuté , on leva le Il nous apprend fe) que Philo- ^aeÀ on se ligua hautement avec . , . Y t >i ^ n j Plnlomèle, quoiqu'on dût avoir pour mêle était de Ledon, ville de ennemis ceux qui déclaraient qu'ils Phocide , et que le temple fut prenaient les armes afin de remettre pillé Tan 4 de la lo5e. olym- en liberté l'oracle de Delphes, et afin * . i de punir l'impiété et le sacrilège

Piade* des Phocéens. La ville d'Athènes et

celle de Lacédémone furent les plus promptes et les plus ardentes à sou-

Sive âubd mentemDeus a redis consiliis l'administration ae ses succès eu r, ,

aZrtLe" seu qubd is populus suaptè na- qui en profanèrent tous les trésors ,

tmâ religioni solitus esset quasium anUpo- ces anciens et ces riches monumens

nere. Pausanias , lib. X, pag. 3i8. de la piété de tant de nations et de

(g) Idem. , ibidem, pag.317. tant de princes. Cependant la ville

, d'Athènes se piquait de religion} celle

(A) Aux ennemis de sa pairie. ] de lacédémone s'en piquait aussi. C'étaientles Thébains : car ils avaient Les fôtes ^ leg vœux ? |es sacrifices , fait condamnera une amende exorbi- e'taient une grande afliiire. Malheur tante les Phocéens , par le sénat des i quicoaque aurait osé dogmatiser la amphictyons ; et ils étaient sur le moiadrc chose contre le culte des point de faire ordonner que, si i elle dieux : le plus grand philosophe du n'était pas payée , les terres des Pho- mon(Je aurait couru risque de la vie, cc'eus seraient confisquées au profit ^ ayait eu cette audace. D'où vient d'Apollon (i). donc que les Phocéens ont trouvé un

(B) Les Athéniens et les Lacédê- 8{ Don appui et de si fidèles alliés moniens s'allièrent avec lui. ~\ Cette dans ces deux villes, après avoir cornhistoire nous apprend l'une des cou- mjs utlc action impie ; après avoir tûmes de la politique des états. On a profané et désolé le plus grand objet déjà vu (a), que le roi de Lacédémo- (jUe yon put Voir de la dévotion de

(i)Uiodor.Siculus, lib. XVI, cap. XXIII. «-a- (□) Dans le corps de cet artide. (3) Aux Thébains.

PHJLOMELE.

toute la Grèce , et même de la dévotion des barbares? En voici la raison:

c'est qu'ils n'eussent pu être châtiés de leur impiété , sans que la gloire et la puissance des Tbébains devinssent plus formidables qu'auparavant. Or les intérêts politiques du peuple d'Athènes et du peuple de Lacédémone demandaient l'affaiblissement des Thébains : encore donc que l'intérêt de la religion voulût que les Phocéens fnsseut châtiés , on trouva plus à propos de les soutenir , et de se liguer avec eux contre les Thébains chefs d'une espèce de croisade, lavée pour la liberté d'Apollon. De tout temps on a préféré le bien temporel de l'état à celui de la religion.

Diodore de Sicile observe que les Phocéens fournirent à ceux d'Athènes et à ceux de Lacédémone plus de subsides que le paiement des troupes n'en demandait (^). Ce n'était donc pas une alliance onéreuse , mais elle était bien odieuse ; car chacun s'apercevait qu'Athènes et Lacédémone participaient au profit du sacrilège. LUes fournissaient des troupes aux Phocéens, et recevaient d'eux un subside plus que suffisant à la soldedecestroupcs.il y eut une autre affaire oui donna sujet de causer contre les Athéniens. Denys , tyran de Sicile, envoyait en Grèce quelques simulacres d or et d'ivoire qu'il avait dessein de consacrer au temple de Delphes, et au temple de Jupiter Olympien. Iphicrates commandait alors une flotte Athénienne auprès de Corcyre. Il prit entre autres vaisseaux ceux qui portaient ces simulacres, et demanda à ses maîtres ce qu'il en ferait. Le peuple assemblé «ur cette proposition fit un décret qui ordonna à Iphicrates de ne pas examiner de si près ce qui concerne les Dieux , mais d'avoir un soin extrême de la subsistance des troupes.

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(4) Diodor. Siculn» , lib. XVI, cap. L VIII.

[5) Idem , ibidem , pag. 453 : la version latine * cet paroles , dans l'édition in*o, t e$t la P°f * 781.

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