‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 80 sur 142 · QUIN · texte numérisé non relu

QUIN

Mais je répondrai que Philostrate est moins croyable que Dion, qui dit seulement qu'elle e'tait parente de ce prince. Tov $«t/3io» KMt/mT* jJt*t«w-

0»T* JtAlVfû flt»l4»0T 0»Tflt Hat* yuy&titcL

koli Àutny cuyytvti tAuroû QX&fit&v AojUiT»AXfltV f^o»T«t jtatTé^ot^t» ô Ao/U»- Ttctioç. Fabium Clemenlem consulem ( et si patruelis ejus erat et Flaviam Domitillam Domitiani consanguineam uxorem habebat ) moite ajfecit

(18) . De plus je dirai que Domitilla, sœur de Donatien , n'était pas en vie lorsque Flavius Clémens fut mis à mort, et néanmoins Philostrate assure que la femme de ce Flavius fut reléguée après la mort de son mari. 11 s'abuse donc lorsqu'il assure qu'elle était sœur de Domitien. Nous apprenons de Suétone, que Vespasien n'eut de Flavia Domitilla son épouse que trois enfans, savoir Titus , Domitien et Domitilla, et qu'il perdit sa femme et sa fille avant que d'être empereur

(19) . Je suppose que Domitilla, fille de Vespasien , laissa une fille qui fut femme de Flavius Clémens. Dans cette supposition , les fils de Flavius Clémens , disciples de Quintilien , sont les petits-fils de la sœur de Domitien , qualité que leur précepteur leur a donnée formellement. Il se passa assez d'années depuis la mort de Domitilla jusques à l'empire de Domitien, pour nous permettre de soutenir que les petits-fils de Domitilla étaient en Age de profiter des instructions de Quintilien sous cet empire ; car il nous est fort permis de prétendre que Vespasien perdit sa iilie long-temps avant que d'être empereur. 11 ne le fut qu'à l'âge de soixante ans. L'inscription Flavia Domitilla Imp. Cœsaris Neptis (00) se doit rapporter , comme l'observe Tristan , non pas à une fille de Vespasien , mais a une fille de Domitilla, sœur de Titc. Enfin je dis que celui qui conféra la dignité consulaire à Quintilien s'appelait Clémens. Or il l'a lui conféra en récompense des fonctions de précepteur :

cela paraît par le but qu'Ausone s'est proposé en faisant mention de cela ; il faut donc , ou que le père des disciples- de Quintilien , ou que l'un de ces disciples aient conféré cette ré-

(18) Xiphil., in Doraitiano , pag. m. a36. (ig) Suet. , in Vespas. , cap. III.

(20) Elle est dans G r utérus , png. 355.

ILIEN. 4o5

compense ; d'où je conclus que les élèves de ce rhéteur étaient fils de Flavius Clémens,et qu'ainsi ce Flavius avait pour femme une fille de la sœur de Domitien. Je m'étonne que ni Casaubon (ai), ni son critique Marrilius (m) , n'aient point pris garde à l'erreur de Philostrate : ils approuvent l'un et l'autre qu'il ait dit que la femme de Flavius Clémens était fille de Vespasien, et qu'elle vivait au temps que ce Flavius tut tué. Cela est démenti nettement par Suétone (a3).

(E) On ne sait pas s'il était jils

ou petit-Jils de l'orateur dont Sénèque le père a dit quelque chose ] Cet orateur a dû vivre sous Auguste, car Sénéque le père en parle comme d'un homme déjà mort, et dont la réputation était éteinte (^4). Or Quintilien était fort jeune lorsque Domitius Afer, qui mourut sou» l'empire de Néron , était déjà vieux : on n'est donc pas trop raisonnable quand on le fait fils d'un homme qui a fleuri sous Auguste. Il vaudrait mieux dire qu'il était son petit-fils j mais il faudrait craindre peut-être l'objection qu'on pourrait tirer de ce qu'il a fait mention de son père comme d'un orateur (26) , sans avoir jamais parlé de son grand-père. 11 y a de bons critiques (17) qui ne donnent ni à l'aïeul, ni au père de Quintilien les déclamations que Pithou a publiées. Elles ne sentent point le siècle d'Auguste, disentils ; et il n'y a nulle apparence que les productions du Quintilien dont Sénèque parle soient parvenues jusques à nous, pendant que d'autres ouvrages du même temps et beaucoup plus achevés se sont perdus. Ils observent que , selon Sénèque , toute la réputation de l'orateur Quintilien mourut avec lui (38). S'ils en concluent qu'il n'avait point publié de livres , ils raisonnent mal : combien y a-t-il d'auteurs dont toute la gloire meurt avant eux, ou pour le moins

(ai) Casaubou, in Su et. Doroit. , cap. X.V.

(aa) Theodorus Marcilius , in Suet. , ibidem.

(l'i) In Vespasian. , cap. III.

(i4) Seneca , Controv. , lib. V , in pratfat.

(*5) Domilio Afro quem adolescentulus senem colui. Qnintil. , lib. r, cap. VII, po-g- ai a.

(aO) Idem y lib. IX, cap. II I, pag. 43a.

(2^) Vure% les Notes de Faber sur les Controverses de Sénèque, lib. V tri prœfat.

(a8) Quorum fama cum ipsis exlineta est. Scneca, ubi supra.

en même temps qu'eux ? N'oublions Rome ( 33 ) , ont mal raisonne. Fuit

Sas cette remarque : le père de Quiu- autem, il s'agit de Posthumius le lien plaidait des causes, il deraeu- jeune (quodisolàm memoratu dignum rait donc à Rome , disent quelques- est) , ita in declamationibus disertus, uns : pourquoi donc assure- t-on dans ut ejus controversée Quintiliano dila Chronique d'Eusèbe, que Galba cantur ' inserlœ , quem dcclamalorem, amena d'Espagne à Rome Quintilien? Romani generis acutissimum > vel Etait-ce la mode qu'un homme établi unius capitis lectio prima slatim fronte à Rome laissât ses enfans dans une dèmonstrat (34). Voilà les paroles de

Ï>rovince? M. de Tillemont (aq) vous Trébellius Pollion : elles signifient era voir que ce ne sont pas cles ob- seulement que Quintilien a été' un, iections convaincantes, mais il ne rhéteur latin. On l'oppose, non pas laisse pas d'à vouer l'erreur delà Chro- aux écrivains provinciaux, mais aux nique d'Eusèbe. 11 montrequ'on y as- Grecs (35).

sure faussement que Galba mena à (G) Les déclamations qui Jgolin de Rome Quintilien, l'an 69 ; il le mon- Parme , et ensuite Piètre Pithou ont tre , dis-je , par cette raison : Quinti- publiées."] U n'en publia que CXXXV1. lien entendit à Borne Domitius Afer, Pierre Pithou en fit faire unenoi./cllo qui mourut l'an 69. Notez que M. de édition , l'an i58o, qui fut plus cor- Tillemont ne se sert pas d'une bonne recte, et augmentée de neuf déclamapreuve. Il cite un passage qui porte, tions qui n'avaient jamais paru. Vosnon pas que Quintilien ouït plaider sius le remarque dans l'un de ses li- Domitius Afer, mais qu'on faisait cas vres (36); mai9 dans un autre il ne d'un plaidoyer particulier de cet ora- fait nulle distinction (37), cujus Jeteur (3o). On eût dû citer un autre clamationes CXLV h Tideo Ugolinaendroit (3i). Il ne veut pas qu'on s'ap- primùm éditas, ex veteri codice restipuie sur l'omission de Martial, et j'a- tuit P. Pythœus (38). M. Moréri a voue qu'elle ne peut point passer pour suivi ce guide dans l'endroit où il auune preuve démonstrative; mais c'est rait dû l'abandonner. Au reste, je néanmoins une très-forte difficulté à n'oublie pas de dire, ni que Vossius a proposer contre ceux qui disent; que eu tort de ne marquer pas en quel Quintilien était Espagnol. Martial se temps vivait Ugolin de Parme (39) , plaisait beaucoup à faire mention des ni que Pierre Ayrault publia ($o) les hommes illustres d'Êspague, et à mar- Déclamations de Quintilien avant que quer qu'ils étaient nés en Espagne. PierrePithou les publiât. Il s'en vante Aurait-il oublié de marquer la même dans son Traité de la Puissance pachose touchant un homme aussi cé- ternelle. Quintilien, dit-il (40 , que lèbre que Quintilien? En aurait-il nous avons le premier remis en luparlé d'une manière qui était plus mière, et après nous le docte Pithou. propre à persuader que Quintilien (G) La manière dont Pogge en était de Rome, qu'à persuader le con « trouva le manuscrit vaut la peine traire ? d'être rapportée. ] Ce fut dans Pab-

Quintitiane^agatmoderatorsumme jut ent*, We <*e Saint- Gai , pendant le Con- Gloria Bomanœ, Quintiliane, toga* (3a). (33) Catanée, m Plia. , epist. XIV, lib. IF%

J'en laisse le jugement an* lecteurs : '^r^à^iS^S^i^m,.,^. ce n'est pas sans dire que ce passage 260, tom. Il, Uistor. Augu»u So-iptor.

de Martial ne prouve pas que QlÛn- (35) C'est comme dans ces paroles de Plîne, an

tilien fût né à Rome, et que ceux qui ?" du.liir? 11 ) quidem defec-

n J t- «1/ » lns «tnt^que ( solisaclunn ) un m ils Itnmani ce-

ont conclu d un passage de 1 rebet- nerjs i„ vuigus extulit Sulpicius Gallua... Apad

HllS Pollion qu'il était bourgeois de Gra:ros autem investigavitprimus omnium Thaïes.

(36) Vossius , in Inslitutionibu» oratoriis, lib.

(aq) Tiliemont , Histoire de» Empereurs , tom. 7' ^ vT7' ?T ' » -

(30) II cita U cltap.I du X*. livre de Qumti- fi xait au XV s. siècle. Pbilelphe parte l,en ou d r a ; nob.. puer,. .n».gne. pro Volu- de luL y ReincsiuSi epist. LXuf ad W •eno Calulo Domttu Afn , Crupi Passieni , Deci- pagm x$- r

mi Laslii orationea ferebantur. (/}o) J tf^/j'an i563.

(31) Celui que j'ai rapporte' ci-dtssus t citation (41) Ayrault, pas. m. *jx. Voyak aussi sa

Dissertation de la Nature et Muutioa de* Lois . (3«) M»rtud. , epigr. XC, lib. II. pag. m. 189.

cile de Constance. Le Quintilien tigua beaucoup sur ce mauvais na-

qu'on avait alors en Italie était hor- nuscrit, avant qu'on eut recouvre

riblement mutilé : lia facerum , quelque chose de meilleur (44)» Ob-

ita circumcisum , ut nutta forma , servons une méprise de M. Varillas.

nullus habitus kominisineo recognos- Poegio , dit-il (Ao) , « eut le bonheur

cetietur. Jugez du plaisir qu'on eut » de découvrir les Institutions et les

quaud on apprit que Pogee l'avait » dix-neuf premières Déclamations

trouvé tout entier. 11 le lit savoir » de Quintilien , en furetant dans la

promptement : la lettre qu'il écrivit » boutique d'un épicier allemand

là-dessus n'a pas été imprimée : elle » oui allait les déchirer pour en faire

esta la fin d'un manuscrit de Quioti- » des enveloppes (46). Et ceux qui

lien , dans la bibliothèque de Milan, » savent que c'était là le seul exem-

comme nous l'apprenons de don Ma- » plaire qu'il y eût au monde, en au-

billon, qui rapporte ce curieux mor- » ront d'éternelles obligations à la

ceau de cette lettre, Forluna quœdam » mémoire de Poggio. » M. de Lar-

fuit, cumsua, tiim maxime nostra, roque a fait

ut cum essemus Constantiœ otiosi, qu il n'y eût cupido incesserit visendi ejus loci, quo ille reclusus tenehatur. Est aute m monasterium sancli Galli,'propè urbem hanc millibus passuum viginti.

I laqué nonnulli animi^ laxandi , et

voir qu'il est très-faux monde que cet exem-

Îy eut au Iairc de Quintilien. Voici ses paroes : « Quelque grande qu'eût été cet te » perte(47) , elfe n'eût pas été irrépa- » rable. Un beau manuscrit de ce » rhéteur romain, qui se trouve dans simul perquirendorum librornm, quo- » la riche bibliothèque d'Oxford, de rum numerus maximus ibi esse dice- » plus de cino cents ans, aurait conbalur, gratid eb perreximus. Ibiinter » soie le publie du malheur arrivé conj'ertissimam, librorum copiant , » au précédent : aussi bien que pluquos longum esset recenaere , Quin- » sieurs autres que le savant M. Graitilianum, reperimus , adhhc satvum » vius m'a assuré depuis peu se trouai incolumem, plénum tamen situ, et » ver à Cologne et à Berne, d'une anpulvere resertum. Erant enim in bi- » cienneté considérable. Et si par habliolliccd libri illi> non ut eorum di- » sard ceux-là eussentencore rencongnitas postulabat , sed in teterrimo » tré quelque épicier impitoyable, le quodam et obscuro carcere, fundo » mal aurait encore pu se réparer par scilicet unius turris , quo ne vita qui- » lo grand nombre de ceux qui se dem damnati detruderentur.*. Repe- » trouvent dans la bibliothèque du rimus prœterea libros très primos et n roi très-chrétien, si le catalogue dimidiatum quarii C. V alerii Flacci » que j'en ai vu n'est point infidèle , Argonaulicmn ; et expositiones , tan- » et dans laquelle on en voit quaquàm thema quoddam , super octo » torze ou quinze (48). » Ciceronis orationibus Q. Asconii Pe~ {H) L'édition la plus correcte. . . est cetdiani eloquenlissimi , de quibus ipse le de M. Obrecht. ]Elle a paru en deux meminit Quintilianus. Hœc meâ ma- volumes i/i"4°-> à Strasbourg l'an 1698. nu transcripsi , et quidem velociter , \\ a rétabli le texte en plusieurs enut ea mitterem ad Léonard a? n Areti- droits , ou par le secours des manusnum et JYicolaum Florcntinum : qui crits, ou par ses propres -conjectures cùm a me hujus thesauri adinventio- (fa). Il n'a pas suivi le train ordinaire netn cognouissent, multis a me verbis des critiques, qui renvoient à leurs QuinlUianum per suaslitteras quam- „mV«i.i»™ m. rxr ™„ m „,„ ,

» . . 1 r •.„• j 7„// \ (44) Volatrrran,, lia. A Ai , pag. m. 772 $ «1-3.

prtmumadeOS mittl COntenderunt{^l). (4tf v.rilla, , Anecdotes de Florence, p. i63.

Au reste, pour connaître le mauvais m Paul Jovei IM Eiogior. , cajtm Xj pag. m.

état OÙ était réduit le Quintilien qui 3o, dit seulement ita nt «t ei quoque (Poggio) avait paru avallt Ce temps-là , il ne Quintilianum in salsameaterii Ubernù repertiim « i' 1 t.* j n '» aebere, lateamur. Paul Jove te trompa, et af. Va-

faut que lire une lettre de Pétrarque rilla8 encore plus, & fut ^ Vab^e Je Sainl (43) . Un certain Gaspann de Bergame, Gai qu'on trouva. QuinUlien.

qui enseignait les belles-lettres à Mi- (47) Celle du manuscrit que l'épicier allemand

lan , fut bien à plaindre ; car il se fa- ">ulait déchirer.

( 48) Larroquc , préface des Nouvelles Accusa - (4a) Mabilloo , in Masco Italico, tom. /, part, tion» contre M. Varillas , folio * 4 verso. IrPHfl' 5,1 (4q) f^oyn le Journal de Lcipsic, decemb.

(43) Celle qu'il écrivit à Quintilien. »6g» , pag. 546 et suiv.

4o8 QUINTIN.

remarques ou à la fin de l'ouvrage la les plus rigoureuses contre ceux leçon qui leur paraît la meilleure , et de ]a nouvelle religion , on serait laissent dans le texte celle qui leur 1 ». > j i j paraît corrompue ; il donne le texte plu* étonne de sa demande : mais comme il croit qu'il faut le lire. Ce quelque longue que fut la posfut le conseil que M. Salo donna, Tan session de cet esprit sanguinaire , i665 , a ceux qui publientles anciens on ne t s'empêcher d'être surauteurs. Voyez son Journal des ba- . *, \, . . r* . vans du i6Jde mai i665 (5o). Pns 1U un ecclésiastique se fut

charge dune telle sollicitation (5o) Pag. m. aaa. Quintin n'avait .pas prévu la

QUINTIN ( Jean ) , professeur vigueur que les chefs des protesen droit canonique à Paris, dans tans devaient témoigner dans le XVIe. siècle, était d'Àutun*1. cette assemblée; "encore moins Il ne manquait ni de savoir , ni avait-il prévu la sensibilité qu'il de génie **. Il avait d'abord goû- devait avoir pour la critique de té ce qu'on appelait les nouvelles sa harangue. S'il avait prévu ces opinions *3, et il déclara sa peu- choses, il se fût sans doute tenu see là-dessus dans une harangue, à Paris , et eût mieux aimé exassez clairement pour s'attirer pliquer quelque décrétale à des une tempête qui le contraignit à écoliers, qu'aller faire des leçons décamper de Poitiers (A) ; mais de cruauté au roi son maître , en sa foi, qui n'était qu'à temps présence des trois états du royau- (B) , ne fut point à l'épreuve me. L'amiral de Châtillon se d'une longue persécution, il s'ac- plaignit si hautement de la hacommoda bientôt après d'un bon rangue de Quintin (D), que le bénéfice qu'on lui procura dans roi et la reine mère mandèrent l'ordre des chevaliers de Malte cet orateur pour lui faire ren- (a); et lorsqu'il revint de cette dre raison de ce qu'il avait avanîle, oii il avait été domestique du cé. Il répondit qu'il n'avait fait grand-maître, il fut élevé à la que suivre les ordres et les mé— charge de professeur en droit moires du corps pour lequel il canonique à Paris, l'an i536. avait porté la parole. On ne fut L'action qui donna le plus grand pas content de cette réponse (6): sujet de parler de lui , fut la ha- il fallut qu'il s'engageât à déclarangue qu'il prononça , au nom rer, devant l'assemblée des états, du cierge, dans les états d'Orléans, qu'il n'avait point eu en vue l'aau mois de décembre i56o. S'il mirai de Châtillon; et il s'acquitta n'eût point suivi une route fort de sa promesse. Mais ce qui le battue depuis plusieurs siècles, chagrina davantage fut qu'on en demandant au nom du clergé fit courir des railleries et des que l'on procédât par les voies censures contre sa déclamation

Il MT.it 1. 20 d, jumer .5oo, dit (E)" PUtJ <* >UOl-

joiy. ceau ; il s en affligea de telle sor-

*« Bayle, dit Joly, aurait pu ajouter ni de te,qu'il en tomba malade, et qu'il

P,*3Joly nie le fait par cela seul que Bayle en mourut Vers le COmmencene cite que la Place et Bètc ; mais Joly ne cite

aucune autorité* 1 l'appui de sou avis. (b) Commentaires de IVtat delà religion

(a) Doujat. Prœn. Caaonic, lib. V , cap. et re'puld., livre IF, feuillet XÔ2. Thuauus,

rtU ,paf. 6ao. UbroXXVIL

ment d'avril l56i **. Il fut en— » ayant attrapé un gras bénéfice de ;

terré à Paris au chœur de l'é- M tordre des chevaliers de Rhodes

,1- c*:-» 1 t tvs M se rendit persécuteur en ce qu il

glise de Saint-Jean de Latran (t ). „ peul ♦ „ h[storicn parie de plu-

Je marquerai les ouvrages qu'on sieurs autres personnes qu'il regar-

a de lui (G). Pierre Ramus Je dait comme des gens qui avaient reçu

joie ; mais us n avaient point

tin et l'autre juge (c) choisi par racine en eux-mlmes j ils n'étaient

Bamus ne voulurent pas se mê- *n%à temps ; desorte qu oppression ou 1 , 4i /v» • 1 r ^ persécution avenant pour la parole ,

1er de cette affaire, lorsqu il fut riU étaient incontinent scaruïalisés ; le

question de prononcer la senten- souci de ce monde , et lafallacc des

ce {d)m richesses étouffaient la parole , et la

rendaient infructueuse.

*« Joly croit que ce ue fut pas du chagrin (Q D'une telle sollicitation.] Quind avoir ete raille que mourut Qu.ntin, mais ûn fc demandti que tou8 lcs habide celui devoir I hercsie faire chaque îour *s e n / jmi de nouveaux progrès eu France. La réfleiion ta™ d,U royaume fussent obliges d être de Joly n était pas nouvelle. Voyeala remar- catholiuues ; aue les non-chretiens , que (F). c'est-à-dire les hététiques , ne fussent *a Lise» i5fâ , dit Leclerc. point admis en la conversation et conte) Celait un docteur en médecine nommé gregation des subjets chrestiens (5) , Jean de Beaumont. et que désormais tout commerce de (d) Voyez le livre de Jean de Launoi , De quelconque marchandise (livres ou varia Aristotelis fortunâ , cap. XIII % pag. autre) just interdit, nié et défendu a m. 52. et la remarque (D) de VarticU t0us hérétiques (6), ajouta ces terri- Ramus dans ce volume. bleg paro,e* (? j . (( Djncqiîes est nos-

(A) A décamper de Poitiers,.] Le » tre requeste juste , raisonnable , pre'sident de la Place nous l'apprend » saincte , et catholique , accompaien cette manière:» Plusieurs ayans * gnée de l'exprès commandement de » entendu la harangue dudit Quin- » Dieu, qui vous enjoint , sire, de » tin , furent bien esbahis, ne s'at- M la nous interiner et accorder , re-

; » tendans pas qu'il la deust faire telle, w petant en divers lieux et par diver-

m » pource qu'il avoit este' autresfois " ses fois son dict commandement. 11

» souspeçonné , voire poursuivi , M parle des idolâtres et gentils allie-

» pour le faict de la religion, et con- » nez de la loy : Les hérétiques entre

» trainct s'absenter hors la ville de » les chrestiens sont estimez , prins ,

» Poictiers , pour y avoir faict une » et reputez pour tels j les mots de

» harangue en public bien d'autre » ladicte loy de Dieu s'ensuyvent ,

» sorte que celle qu'il venoit défaire a garde toy bien de jamais faire ami-

• » (1). » Bèze dit la même chose (a). » tié , d'estre confédéré , de contrac-

(B) Sa foi qui n'était qu'à temps. ] * ter mariage avec eux : garde toy Béze(3) parle ainsi de lui : « Quelques » qu'ils n'habitent en la terre ; n'aye » années au paravant un autre esco- » aucune compassion d'eux : Ba-les j » lier natif d'Authun , nomme Quin- M frappe-les jusques à internecion » tin , avait fait aussi une levée de . T 1 . v ,n,

• Jolv tmnvc singulier que ce soit Beze qui re-

» bouclier j mais ayant esté contraint pr0cbc* Quintin d*avoir fait une W de bou-

» de Se retirer, tant S en falut qu'il clier , d'avoir été persécuteur y et d'avoir demao-

ï> perseverast , qu'au contraire il s'en d* ,c •uppïi«,e dcs hérétiques , quand Bèzc lui-mê-

» Hp«(mirna du tr»nf ^niLmani me avait sur cette matière écrit un livre latin (qui

» destourna du tout, et finalement ne se lrouvc pas dan8 w> q&Ww), imprimé

» devenu Célèbre docteur endroit i544, et traduit en français par CoHadon, sous le

» canon en l'université de Paris, et ^lrc Je : Trait? de l'AïUorité des magistrats en

la punition des hr're'uques , x56o , in-8*.

(1) La Place, del'EsUt de la Religion et Repu- (4) Saint Matthieu , XI tl , ao.

blitrue, liv. I V, folio i5i verso. (5) La Place , de TEstat de U Religion et Rcpu-

(i) Bèze, Histoire Ecclésiastique , tom. /, pag. blique .folio verso.

436* (fi) LU même , pag. t^o.

(3) Là mime , pag. 63. (7) Là tnéme , pag. 14 1 .

Je.

» tant qu H ont pu, » le roi... (n) Quand ils sont Tenus » aux dernières extrémités et à la » force ouverte , alors ils se sont ca- » chés autant qu'ils font pu , et ils t fait paraître le roi dans toute

4io . QUINTIN.

» ( qui est la mort). Et s'ensuit la rai- » que dans les acheminemens , tes » son du commandement , afin que » véritables auteurs de la persécution m d'adventure ils ne te face nt pécher » ne se sont point cachés: mais au- » contre moy, si tu crois leurs opi- » tant qu'il ont pu, ils ont lait cacher » nions ; qui te sera une offense et » scandale dont s'ensuivra ma fureur » contre toy , et bientost après je n t'effacerai du tout. Sire , et vous » Madame, pour le salut de vos ames, » ont » pour la manutention de vostre scep- » son étendue. On n'a entendu que » tre , gardez vous bien de ces horri- » ces sortes de discours : le roi le » bles et formidables menaces. Voilà, » veut , le roi en a fait son affaire , » Sire , ce que en toute simplicité, » le roi va plus loin que le clergé ne » obédience, humilité , submission , » souhaiterait. Par ces deux moyens, » et correction vostre clergé de Fran- » ils ont eu l'adresse de ne s'attri- » ce propose et remonstre à vostre » buer de cette persécution que la » majesté, touchant l'honneur et ser- » partie la moins forte et la moins » vice de Dieu en vostre royaume, et » violente, et de chareer de la plus » pour l'extirpation et abolition de » éclatante et de la plus odieuse la » ee qui lui est contraire , sçavoir, » personne môme du roi. » » des sectes et hérésies : le tout plus (D) U 'amiral de Chitillati se plat- » amplementet articulement deduict gnit si hautement de la harangue de » et couché en son cayer, duquel at- Quintin."] Il avait été désigné dételle » tendons response. » On trouve toute sorte dans quelaues endroits de la entière la harangue de Quintin dans harangue , que chacun avait jeté les l'Histoire du président de la Place. Il yeux sur lui ; et d'ailleurs on l'avait est clair que les tres-humbles et de- désigné par des caractères fort chovots orateurs du clergé (8) proposaient quans , et l'on avait assez fait coul'effusion du sang , si elle était néecs- naître cju'on cherchait â l'accabler saire , puisqu'ils ramenaient le roi à d'infamie et à le perdre. Voici l'un l'ordre et à la menace de Moïse $ ou- de ces endroits (la) : « Premièrement, tre que Quintin avait déjà dit très- » Sire, nous supplions que si quelque expressément, que sa Majesté forte et » fossoyeur de vieilles hérésies desja armée de fer devait résister aux héré- » mortes et ensevelies, par impiété tiques , qu'à ceste fin, non autre, » se ingeroit et vouloit introduire et Dieu lui avoit mis le glaive en main , » renouveller aucune secte ja contour défendre les bons , et punir les » damnée ( comme sont in ttniuersum mauvais ; et que nul ne peu It nier que «toutes celles de ce cala miteux et Vheretique ne soit mauvais capitale- » séditieux temps), et à ceste fin prement , ergo punissable capitalement , » sentast requeste , deraandast temet suject au glaive du magistrat (g). » pie et permission d'hàbiter en ce Le clergé de France s (est conduit * royaume ( comme se sont in puplus finement cent vingt- cinq ans » demment et par oultre cuidatice après ; car en haranguant le roi quel- » ingéré n'a gueresaux estats narticuques mois avant la révocation de l'é- » lier* aucunes de vos proviuces ) , dit de Nantes , il déclara qu'il ne * que tel porteur de requestes, comdemandait point à sa majesté l'usage » me fauteur d'heretique , soit luyde sa puissance pour l'extirpation des » mesme tenu et déclaré pour heretihérétiques. Cet artifice n'est pas dans » que , et que contre lni comme tel lç fond fort fin, et je ne sais si la fran- » soit procédé selon la rigueur des cluse trop ingénue de l'an i56o n'est » constitutions canoniques et civiles ,

{jas préférable â la dissimulation de M M* auferatur malum de medio nos-

'an i685. Lisez ces paroles de M. » trî. » En voici un autre(i3):« Gai- Claude (10) : « Tant que l'on n'a été

(8) Cest ainsi que Quintin parle dans la Place, Comment, de l'Estat de la Religion et République, ^/ôlio i3ç).

(<))Zn me me, folio i34 'verso.

(10) Plaintes des Protestât», pag. i3o.

» nas, capitaine gênerai des gens ta ni » à pied que à cheval de l'empereur

(ii) Là même, pag. i3i.

(ta) La Place , de PEsUt delà Religion et République i folio i35 verso.

{i3) La même, folio i36* verso.

QUINTIN. . 4u

» Arcadius Fan 410 on ia machinant » de la harangue, qae ce docteur ,

9 contre la couronne de son roy , le » plus sensible qu'il ne devait être ,

y voulant chasser de Ternaire , pour » se mit au lit après avoir lu ce li-

» couvrir son malin vouloir , et ca- » belle , et n'en releva pas. » Si M.

» cher sa prodition , ne trouva meil- Varillas avait pris la peine de lire ce

» leur moyen que de lui demander libelle, il ne l'aurait pas appelé snn-

» en la ville de Constantinople un glant : c'est un e'crit de trois pages

*> particulier temple , pour prier en forme de remontrance à la reine ,

» (disoit-il ) et chanter avecque les qui ne lui fut point présenté, et qui

» siens , qui tous estoyent hérétiques ne vint qu'en peu Je mains. 11 est tout

«tels que sont aujourd'huy ces de- entier dans l'Histoire ecclésiastique de

» mandeurs d'églises. » Théodore de Bèze (17) , et n'a nulle-

(E) On fit courir des railleries et ment l'air de libelle ou de satire, mais

des censures contre sa déclamation. ] plutôt d'une pièce de procès produite

L'auteur des Commentaires de statu devant les juges, selon le style et les

Relisionis et Rcipublicce in regno formalités ordinaires. On ne fait pres-

Galïiœ , ne décide point précisément que que coter les chefs de plainte ;

que ces railleries et les pasquinades et au bas des calomnies cotées on

qu'on afficha en divers endroits con- ajoute ces paroles : ces accusations

tre Quintin , aient été cause de sa requérons nous eslre prouvées , nous

mort ; il fait une alternative entre offrans a subir justice , à la condition

cela et les troubles de la conscience que les accusateurs soient aussi à faute

(1 4). Le président de la Place et M. de preuve chastiez selon la gravité des

Varillas n'usent point d'alternative, crimes h nous si calomnieusement im-

et celui-là ne tatt point les raisons que posez. Il y a beaucoup d'apparence

l'on alléguait pour justifier Quintin. que le chagrin mortel de cet auteur

Voici ses paroles : « Aucuns dïsoyent procéda de quelques autres écrits. M.

» escript : laquelle aussi il prononça il avait tout de bon songe à la réfor-

» en lisant , l'ayant escripte entre ses mation de l'église (18). Il ne fallait

» mains, sans faire aucun geste ne pas se jouer alors à ceux de la reli-

» mouvement accouslumé auxharan- gion ; ifs avaient trop de bonnes plu-

» gueurs , ayant pour tesmoins et mes de leur côté. Voici un homme à

*> contrerolleursde ce qu'il lisoit , les qui il en coûta la vie, pour avoir

» principaulx prélats du clergé, car- voulu déclamer à tort et à travers

» ainaux et autres. Toutesfois si est contre eux*. Ajoutons-le aux exemples

» ce que tel acte ayant esté faict par de l'article d'HippowAx (19),

» lui, il mourut bien peu de jours (F) Il fut enterré h Paris aueliœur

» après, desplaisant de voir plusieurs île l'église deSainl-Jean-de-Latran,]

» escripts publiez alencontre de luy On y voit son épitaphe en ces termes

» (i5). » Écoutons maintenant l'autre (20) :

historien. « Les zélés calvinistes, dit- QKbubmt doctor> nbrorum/,ue BeUu0 mmmttS>

» il (l6) , ne furent pas SI modères J J)u,n nullddapis al tenus tentatur orexi ,

)» Car ils publièrent un libelle Si San- Diunque fidem prv nudcalamo pugnavitet ore

» elant con tre Ouin tin, d ivisé en trois Z>rLtiter » if1*** ™t acriiu fl âolt,t \ «x hoç

*» .. , y. *., . Orhe y imnUs . non mvttus t migrai anucis.

» parties, dont la première contenait ObUtnond aprilis i5tïi. » les ignorances grossières , la seconde les calomnies manifestes, et la ÇÛi*1*"?/: w,-4?7- ./

. . ., , • ». . (18) Snnc ob id mordacihus libellis ac dicteras

» troisième les omissions malicieuses UntulH dolorem cepil^ ut coiuracio indh

. „ , . . .... ... morbo paxil'o posl de cessent , homo alionui mini-

(ifl Vassïm verb m eum dictena jaetan , lf tnè sed (i.cn.tfl/,-, iuris ^àm rerum agen-

beUos ajfïgi ; die deniquè palam irriden : tan- darutn peritid clarior , et qui serio de emendandd

demqtie seu contumeliarum illarum impatiens , eccle!tid alinucwdô cogitaveraU Thuanus, lib.

seu maie gestas rei conscientia m morbum delap- XXVll.

sus, vilain ctun morte commulavit. Folio 87. « JoIy n<acconie pas à Bayle que les bonne»

(|5) La Place , de l1 Estât de la Religion et Re- plumes fussent du cfilt des protestant.

publique, folio j5» verso. (xg) Remarque (F) tom. VIII, pag. i53.

(16) Varillas, Cbarles IX, tom. f, pag. 18, (ao) Vide Doujatii Pr*n. Canonic, /*'*. V ,

/dilion de Hollande. cap. Yllî, pag. 6ao.

4,2 QUINTUS CALABER.

Voyez comment on attribue au regret CointusSmjrrnœus; car ils croient de voir réélise affligée , ce que les qU>ji ^tait de Smyrne. Ceux qui autres attribuent au regret de s'être a; qu'il yeuseigaala jeunesse vu lui-même personnellement bafoue. 1 J o > u;-n C'est un subterfuge que les faux dé- (C) , ne me semblent^ pas bten votsont depuis long-temps mis à tous fondés. Le docte Reinesius prèles jours. tend qu'il ne le faut pas disti n-

(b) ^s0»vWa.1?°™*t"ï2 Kuer d'un grammairien nommé

Mclitœinsulœdescnptio.Tractatusde S . 6

Sentis , et «auftcd Aixn/tf Kentorum Conntus (D) , dont on a un livre indice. Scholia in Tertullia ni librum Sur les dialectes. La meilleure de Prœscriptionibus Hœreticorum édition * du poëme de Quintus

MgnUatibus.etcap. novit.de Judiciis. (E). Quelques critiques admirent

Le sujet de ce dernier ouvrage est la Cointus j d'autres en parlent avec

pluralité des bénéfices, et Taristocra- kg^coup de mépris. Voyez les tie de la religion chrétienne Octo- Jc{ih Lorenzo Crasso

ginta (jutngue Régulas seu Canones j»o»»ag«» ^- r .

Apostolorum , cum *>e<u5*« Johannis (a)y et les jugemens de ^M. ISaif-

Monachi Zonarœ scholiis lalinèmodo jet Un certain Udénus Ni—

www. SpeculumSacenloiii. Synodus §-|us |fi ]QUe en certaineà choses ,

Zn^"^^Piï. et le blâme e» quelque* autres

Hœreticorum catalogus et historiœ ex Voyez ses Progymnasmata : C est

Gratiano*. Il avait traduit en latin le un ouvrage italien. Syntagma Canonum Grcecorum, composé par le moine Mathieu Mastares. (a) Loretwo , Istoria de Poëti greci , pag .

Cette traduction n'est qu'en manus- 4*> *ui»- . ... ,nm

crit dans la bibliothèque du roi (m). //^|l^ug0taéM 8Ur ^ ^ '

Epit. BibliotK Gcsneri. ^tt al4 fe. «èc/e , si *"<m

" Jolv dit qu'on trouve un catalogue plus ejtact , >■ ' ✓//» miel-

de» ou/rate» de QuinUn dan» la Blbiioihe'que de s en rapporte aux conjectures de quel BoursognT. ques savans. ] Rhodoman (i) soutient

(22)Doujat., Prsrnot. canonk. , lib. V, cap. avec beaucoup de raisou. qu'il n u VIII. point vécu avant les grandes conquê-

rmiWTTTC ckx k HV R «ni»o tes du peuple romain; car il intro-

QUINTUS CALABER , poète duit lelde£in CalchaSî qui pr^it grec, a vécu au Ve. siècle, si qu'Énée régnerait en Italie, , et y laisl'on s'en rapporte aux conjectu- serait uue race qui étendrait son craies de quelques savans (A). Il a pire depuis l'orient jusqu'à l'occicompôsé un gros supplément de dent: „ .

l'Iliade, dans lequel on trouve ' la guerre de Troie depuis qu Hec- *»to*»»» t« *** »**,«*™

tor eut été tué, jusques à ce que tù™ ÏkB».

la ville eût été ruinée. Le cardi- bo -^^^^^^ nal Bessarion est le premier qui pera fi™ extendat (*).

ait fait connaître ce poëme (B). Outre cela il fait mention (3) desexer- 11 le trouva dans l'église de cices du cirque , tels qu'ils étaient on Saint-Nicolas, proche d'Otrante ^^^"53^ dans la Calabre; et voila pour- vecu avant les premiers Césars : mais quoi Fauteur a été nommé Quinr

" 7 7 ta» » ». (0 Laurent. RWomu nus, m prafat. «J Ootu-

tus LalaOer. V autres , s aiia-

tum Srayrnteum.

chaut davantage à l'exactitude, j^Coï^» s.y««», w. 34»,r-

le nomment Quinlus , ou plutôt m\i)%b. vi.

QUINTCJS CALABER. 4,3

cette connaissance étant trop vague propiits Bessarion JVicœas cardinalis

pour contenter un esprit curieux , on Tusculani , Me sanè quàm bonus et

itUorlie ■

aliaqu Apuhâ

Tryphiodore, de Coluthus , etc., set , volentibus tradidit , quam et ipse qu il faut dire qu'ils ont vécu en me- olim tlesiderabam (6). Très-peu de me temps. (4) Character ipse'carminis gens avaient fait mention de ce poème ypet/ufitetrtKcôrtpov elaboratus ostendit , (7). Cela doit diminuer notre surprise eum Coluthi { qui ad quint um Christi sur le silence qu'on a gardé pendant nati seculum poëma lepidissimum de tant de siècles à l'égard de Quinte Helenes raptuconscripsit) aliorumque Curce. La première édition de notre illdœtate vigentium, œq^ualem aut vi- Coïntus est celle d'Aide Manuce : elle cinum fuisse. Enimuero si diclionem était pleine de fautes (8). Coïntij Coluthi, Trfphiodori , Mu- (C) Qu'il enseigna la jeunesse à sœi (illum dico , qui Leandri Herus- Smyrne.] Laissons raisonner Rhodoque amores cecimt) et BTonni , ad man. Puisque notre Coïntus témoiexamen criticum vocdris , simillimum gne qu'il a nourri les brebis des Muet ferè eandem sennonis ideam struc- ses dans le beau jardin de Smyrne , turœque rationem deprehendes : undè il faut croire qu'il régentait une écocetate quoque propinquos i nier se fuisse le bien fameuse sur ce rivage d'Ion ie. raliocineris. Ce que Rhodoman ajoute Ce n'était pas une école triviale ; car cfue le nom Coïntus, latin d'origine, il dit que ses disciples étaient illusinsinue quece poète fut honoré delà très : il était donc de ces professeurs bourgeoisie romaine , est une pauvre en philosophie et en éloquence que confirmation de ce qu'il venait de l'on appelait sophistes. Voilà le prédire ,• car quand même ce poète grec cis du raisonnement de ce critique, aurait vécu avant Cicéron, il aurait Rapportons plus au long son latin, pu recevoir à Rome l'honneur de la Ex indicio isto, quod de se ipsefacit, bourgeoisie. Réinésius (5) est bien fon- Musarum oves in liberali Smyrnœ dé à se moquer de ceux qui préten- horto se pavisse te status , scholam in dent qu'il a vécu sous quelqu'un des Ioniœ littore isto nec infrequentem empereurs de la maison Jutia, Ils se nec incelebrem h'abuisse poetam nosfondent sur l'oracle de Calchas j et ils trum, colligere est. Nec triviale maprétendent que Néron étant le der- gisteriumid fuisse apparet indc , quod nier de la famille du premier César , oves suas , id est discipulos , nobiles il faut que le poète ait vécu pour le seu famd illustres , (irtf>tK\ur&) epiplus tard sous le règne de Néron. Mail- theto satis emphatico , appellat , undè vaise manière de tirer des conséquen- si diuinare licet , id tandem elicimus , ces ! Encore aujourd'hui nos poètes Coïntum fuisse ex professione illopourraient introduire Calchas avec rum , quos sophistas , id est philosocette prédiction , quoique l'empire phiœ et eloquentiœ magistros , gramromain soit démembré depuis plu- maticos , qui poëtarum interprètes sieurs siècles. Coïntus n'avait que erant, et juventutis scholasticœ docfaire de considérer les empereurs qui tores ; florens adhuc gratia indigitase disaient descendus d'Énée: il lui bat. Quid enim aliud per musarum suffisait que la ville fondée par Ro- kortum et oves , prœter quatn scholam, mu lu s', issu d'Énée , domin.1t ou eût et discipulos in eâ doctrinœ et elodominé en Orient et en Occident. quentiœ studiis addictos , intelligi (B) Le cardinal Bessarion est le existimemus (9) ? Peu auparavant il premier qui a fait connaître ce poë- avait parlé ainsi (10) : Cum tota ejus me.] Citons un passage de Constantin (G) cousum. Lascam, in GramœaticS, aPud

Lascaris. Poësisautem Homericissimi Lorenzo Cra&so , Isloria de' Pocti greci , p. 436. Q.'linti jam multO tempore Omnibus (7) ffujus prnter unum atque alterumh Grœci*,

ignotafuittet tanquam exlincta:sed el 1uidem 7ce"t™ri\us ' nemo in/c^Ptij «"*

o J y f mentionem faciU Rbodom. , i« prafat.

(4) Rbodomanus , in profit, ad Coïntam (8) Gesner, in Bibliotb. , folio 5*5.

Stnyrn. , folio** verso. (o) Rbodom. , in prcefaU «(/Coiatum Smyrn. ,

(5) Tbom. Rcinrâius, epist. LXVI1 ad Rupcrt. , folio ** a verso.

pag. 5fj3. (»°) Ibidem , pag. 2.

414 QUINTUS CALABER.

vita ignotantiœ tenebris involuta sit , nœum nuncupantj'quia, ipse, lib. xiv,

pallia ta me n soin vindiciis indè as- dicat »emitz\vn7t sive illustribusmu-

serta est. Nam iibro XI f et ha ne et sarum ovibus Smyrnœ pascendis ,

vitœ quodam modo genus exprimit ; operam dédisse : ex quo si de patrid

ubi se Mus arum ovibus pascendis haud certo colligitur , saltem fidemus

Smyrnœ operam dédisse profitetur. scholam non infrequentem prœstan-

Nous allons voir un exemple d'éga- tium discipulorum nabuisse Smyrnœ

rement d'imagination qui nous sur- ( 1 3). Vossius , sans prendre la peine

prendra. Rapportons d'abord les pa- de consulter Coïntus , n'a £ait que

rôles grecques de Coïntus : elles ne suivre la préface de Rhodoraan : il

sont pas dans le XIV*. livre , comme en a tiré la mauvaise citation du livre

Rhodoraani'as<iure,maisdansleXIIe., XIV, et la fausse glose des brebis

etconliennent une invocation aux mu- des Muses , avec toute la conséquence

se9 , au sujet du catalogue de ceux que ce traducteur en a recueillie,

qui eurent assez de courage pour en- Lui et les autres savans font mille

trer dans le cheval de bois. fois de semblables choses. J'admire

„ , que Kéinésius ait approuvé que l'on

Towç /*« m **$ ïwo» *?ti/><y*i!$» explique de cette manière ces vers

o-Âqct p.wa-A% de Coïntus : il veut lui aussi qu'ils

"fcnnô* , o<roi jutTi£»w*n» îto>o/^*t- nou9 apprennent q^ue ce poète ré-

ftoc ïr-xou' 9 gentait dans une école de Smyrne.

'T/u7ty*f ***** A*w ni fy*<n 8»**t Qonvenit autem, dit-il (i 4) , ut quod

«oi<fov > m / maxime , erammatico , qualis fuit

Ufn fto» trapu* K***™S)iitrt*A Qorintus , tudimagistri officia fungi

huxai , x , et docere pueros , quod noster de se

Zpùfi nt t» /**-idWi îr»fi*\(/T* profitetur, l. II (i5), versibusdulcis-

v^uovti* simis : neque faUi sunt viri docti im-

Ouosmîhinwiesingulaùmexijuirenti^MHtm primU Parrhasius , et diligentissimus

perspicui ej us recensitorac interpres Laur. Rho-

Recensete, quoUjuot in multieapacem equum «Jomanus , qui COS de institUtione scko-

Kam «, nuo Mt- UuM mpMd Smrrnenses interpréta*

disds, sunt. 11 a plus de raison dans les pa»

jtnuyuhm inihi circit gêntu lanugo spargere- rôles suivantes, OÙ il rejette l'opi-

rncamvù&nuB inchias ons pascenti (,»). n;on d« CeiJ* 1ui disent <IUe Coïntus

' r J n a prétendu autre chose en cet en-

Vous voyez clairement que cet au- droit-là , que de se vanter de suivre teur dit aux Muses qu'elles le firent Homère. Dubitoque igitur quenquam

Soëte , lorsque n'ayant point encore Ua simplicem esse , qui Smyrnse oves e barbe, il était berger dans les pascere idem esse ac Home ru m seqni, campagnes de Smyrne. Cela peut-il quera bona pars Smyrnœum censuit, signifier qu'il enseignait la jeunesse ; credere uelil , aut ita perspicacem

3ue son école était célèbre \ que ses qui duo ista eadem esse videre possiu isciples étaient illustres ? Un garçon Mihi quidem tam beato esse nondiim à qui la barbe n'est pas encore venue, contigit , et luibeo pro violentd et a peut il exercer une telle profession ? sensu poëlœ alienissimd eam exposir Est-il possible que Rhodoman ait été tionem (16). Je ne saurais me persua* si peu attentif, lui qui a travaillé sur der qu'il y ait là d'autre mystère ce poète plusieurs années ; lui qui en qu'une imitation d'Hésiode. Jetez les a fait une traduction latine, et un yeux sur ce passage de M. le Fèvre. abrégé en vers grecs et en vers latins? Hésiode devint poète en gardant ses Où avait-il vu que Coïntus se vanted'a- moulons : et vous l'en croirez, s il voir nourri les brebis des Muses (ta)? vous plaît ; car il Va dit lui-même : Voyons présentement la paresse d'un et ceux qui l'ont dit depuis , ne l'ont autre savant:iVumr verisimiliiis Smyr-

(i3) Vot«ias, de Poëtis grrci», oag. 81. („) CoïimuSmTTn., lib. XII, vs* soi , p*§. (i4)Thom.Réiné*ias,epist. LXVlUdRapert.,

6io. W 59i'

S? Musarum ovibus pAseendit Smyrnœ (iS) Il fallait dire l. XII.

operam dédisse prvgtcretur. Rhodom. , in prafaL (16) Réiaéfiiu, epist. LXVII ad Rop*rtum, ^/ Coïntum Sinyrn. , folio ** t verso. pag. 5q3.

QU1QUÉRAN. 4'5

il que sur la foi du poêle , ou sur le ces de temps entre le VII*. siècle et

rapport des bergers de Béotie , h qui celui de Tzetzes {12). Fuit autem

cette, aventure avait paru si lieureuse , post Johannem Gramm. Alexandrie

qnils en firent une c/tanson qui ne num , d. Philoponum , teste ipso in

se trouve plus aujourd'hui (17). No- Proœra. 1. de Dial. intermediœ œtatis

tre Coiutus , si je ne me trompe, Grœcos seculo sexto septimove , qui"

a voulu dire que les muses lui avaient bus Grascia etsi a politicd degenerds-

fait la même grâce qu'elles avaient set plurimum , viros tamen doctos et

faite à He'siode (18), Au reste , c'est meniorandos aliquos aluit Pauci

sans aucun ombre de raison que Vô- sunt , quos nominare possumus islo-

laterran et quelques autres le font rum temporum t Johannes Stobauis,

Romain , et que Gesner (19) s'est Georgius Pisides , Theophyl. Simo-

îmaginé que Volaterran ne parle pas cates , Thomas et Goprogenius ma-

du même poëte , dont Aldus publia gistri , Euphronius , Moschopulus ,

les XIV livres derelictorum ab Home' Chœroboscus , Demetrius Triclinius .

Quintus Poêla Romanus de Volater- bus inter memoratos etiam adcensert ran , et le Quintus Calaber imprimé débet Corintus iste. Fuisse in œstimio par Aldus. & non inferiorem tempore quant de-

(D) Réinésius prétend qu'il ne le terminavi indè apparet, quod laudan- Jaut pas distinguer d'un grammai- tur à ypetpi/u&<rtKa$r*.rm Tzetzes , in rien nommé Corintus.'] Voici les pa- Chilliaa. et comm. ad* Lycophr. ubi rôles de Réinésius : Fuit Corintus de Machaone (a3).

grammaticus , cujus libellum de Dia- (E) La meilleure édition est

lectis ad studiosum quemdam juve- celle de Rhodoman."] Je n'ai point

chu m. Sylburg. spicil. ad Herod. Be- contient tout le travail de Rhodoman tuleitisnot ad Lact. 1. 1. c. 6. Joh. sur cet auteur, et les notes de Clau- Talcnton. 1. 3. rer. recondit. c. 19. deDausquéiusi/i QuinlumCalabrum, è cujus vero nomine Kfyirroc amissd Triphiodorum, et Coluthutn*. Un cerwm* lilterula vel prœtervisd a primo tain Jodocus Valareus lit une version descriptore exiit Kontoc (20Ï. Il faut en prose de Cointus, qui fut impriavouer que le changement de Kopivroc niée à Lyon, Tan 1 54 ^ (*). Bernardin en KôïvToça pu se faire facilement , et Baldus en a fait une autre, que l'esprit grammairien règne beau- („} Tieties vivait a u fin du XJl9

COUp dans le poème de notre auteur Voye%la préface de Nicolas Gerbélius sur Tatet-

(11). Réinésius le prouve amplement. MS- #

11 observe que le grammairien Co- pa{^\I^ne$iuSl epi,t* LXV!I ,a RuPertnŒ» Hntus a vécu après Jean Philopo- * J.-C. de Pauw a donné à Leyde, en i734, tlUS, au VIe. OU au VIIe. Siècle, et une nouvelle édition corrige du Quintus de Kho~

cm'on ne saurait le faire plus jeune, ji""*?- °J\ que l'édition commencée par

1 . rn n *m.jT \T MA ™ ■ Th.-<Ji. lychsen n ait pas ete aclirvee. Il a

puisque Tzetzes la Cité. Voila qui ^ruy en 1807, à Strasbourg, le volume de texte

m'étonne , car il y a de vastes espa- iJn second volume deva ït contenir les note?.

M. Tourlet a traduit en français Quintus Calabrr

(17) Le Fèvre , Vie des Poètes grecs , p. m. 10. sous ce titre : la Guerre de Troie , poème en 14

(18) Conférez ce que dessus , lom. VI , pas. chants, par Quintus de Smrrne, traduit en aG3 , dans'l article E*chtle , remarque (C). français , an VIII (1800), a volumes in-8<>.

(iq) In Bibliolb. , folio 5r5 , oit il rapporte les O H y en a une édition précédente , i/»-ia, Anparoles de Volaterran. ▼f™ > aPud Johannem Steelsium, i5q3. Le titre

(,o) Réinésius, epi.U LXVII ad Rupertnm, dïl; ^ P™'"/» «P»«« aedicatoire est du

n(i\ fa * r r *j des calendes du mois d août de cette année-là.

F -rd , Rem. cb.it.

(ai) Nom autem nui Tpi^oJV* quendam r

erattunaticum et consummat* peritiœ tiUerato- QUIQUERAN fo) fPlERRE DE )•

rem ista Paraleipomena teripsisse patet tmpn- ^ ^ v ' ^

mis ex accuratd pJ^J^J^^ («^ Presque tous ceux qui le citent le

senptione , au* diligenUtts nutlto enarrat, quant 1 . y .

aliquis de »uUo poêla faceret ; ut cum, etc. nomment mal Quinqueran ou Qumr|ue-

Reine*ius , ibidem. ranus.

416 QUIQUÉRAN.

evêquede Sénez au XVIe siècle, (A) Les épitaphes que l'on verra était fils d'Antoine deQuiquéran «-<*«*><«.] Je les tire des antiquités

seigneur et baron de Beaujéu f l^JZ^t^A CpT?at a"

T1 . ,. ' . une autre chapelle de Peelise des

(b), en Provence. Il étudia la Au&ustins de Paris, en la nef est

rhétorique et la poétique à Paris l'effigie d'un evéque, h genoux > haut

sous Jacques Louis Strebe , après éleué> et au-dessous deux épitaphes,

mim il naw» Pn Italie mi il «'at- e,ntre lesclufUes d"™ le flanc de la quoi il passa en ittiie ou il s at- basse est eWe a demi.bos$e Vi

tacha beaucoup a 1 étude de la de Renommée, assise sur un monde , musique. Étant rétourné à Paris appuyée sur un luth, d'une main il s'appliqua aux mathématiques, trompe, et a ses pieds sur

. « cQ„ 0« îo*;« |ltfM aes livres , autour d'elle est une sphi-

et a composer en latin un livre re, un compas, et autres instrumens des Louanges de la Provence , son des arts libéraux. La première épitapays natal. II le faisait imprimer ph* «* écrite en lettres d'or. lorsqu'il mourut à Paris ,1e 1 8 Epiuphiu» domi.» Pétri Qui^ni epUcopi

d aOUt lÔOO, à l âge de Vingt- Senecensia.

quatre ans. Sa mère et sa sœur Diimjweniu* hono* , prima Unugine maia* firent achever l'impression decet J^WÎ^K^ST^ ouvrage (c). C'est un petit in- mijTX^^è^^fu,,

follO de 8o feuillets imprime à Otrhn^hùrmfmtT mywttUnhilSrmit

Paris par Lambert Dodu , l'an Si/JSSS^SZ^Z^

l55l . On V îoignit Cent Vers la- v^em?°.r.a> ^turUpomadedUtetager.

tins hexamètres que Quiqueran Aridaque antè suo* poma fuére die*. avait composés sur l'arrivée d'An- NrSdT^!3S^^^f^^

r caaet, eurf volito docta pérora virunu

mbal a Arles. Il y a beaucoup

d'érudition et de curiosités dans m . t f Lantre

1» j . ' ' "IC )itcct nobdis vir reverendus in Christo vatrr

OUVrage de Cet écrivain, qui dominas PetnuQuupteranu*, ep^opZ*^

sans doute serai t devenu l'un des ?:?"y£Ltut doTïï •j4nth?"!Î <?M^«r«'»*

tis et baronis Bellojocam illustnssimi in pro-

plUS S a VanS personnages de SOn vincid : cujus libri très de Laudibu* Provincum

«îîprlp q'i'I pïU inili d'uriP lonmiA e/tMlt disciPfJknaTu>n ™ rerum cognitione ef- SieCJe S 11 eUl JOUI a Une longue Jlorescentes. Obiit anno domini x&o laUtÙ.

vie. Il méritait les beaux éloges "9*"*™ ,5, anno* naiu* ^ (1).

qui lui sont donnés dans les épi- Pierre de Saint-Romuald (a) a eu

taphes que l'on verra ci-dessous §rand tort <*e rapporter la première

(A). Si Ton s'étonne Ae le détail S°c" cPitaPhe« c™™ «oe pièce où

v ' .1 , . , * , 4 1 on témoigne que Qumquéran

quil a donne de quelques-unes était grand orateur , grdnd poète , et

de ses occupations le fasse con- grand tliéologien. Chacun voit que

naître fort éloigné des vérita- JVtaphe ne dit point cela. Cet au-

bles devoirs d'un prélat (B) , on *eur observe qi#l 11 m°urut.' comme u w T ' U.M on pense, avant que d' avoir été sa-

lie considérera pas qu il n était cré.

point parvenu encore à l'âge de (B) Le détail. de quelques-unes

faire les fonctions épiscopales. Il f steJ occupations le fait connaître ,/ -f „irtï.fl „„ 0k„c Jortélotgne des véritables devoirs d'un

régnait alors un grand abus prélat:} Lcs oraemen3 de son épita

de donner des eveches a des en- phe conviennent infiniment mieux à fans. un homme passionné pour les beaux-

arts , qu'à un evéque j mais si vous

(b) Voilà pourquoi il se surnomme BcYLoiocanus (0 AnUqmtes de Pans, par GiHe» Coi-rozet,

J (c) Tué de répitre dédicatoire du livre de > * ^^Tit^Tl ' ,5f ' r r

T ri. n • y ■. 4 i {V Uan* son Journal chronologique , tom. II.

Laudibui Pruvinciœ, faite par Amandus pag. m, sou, le »7 d'aotU. Il aurait dû mettre

Cu.bassius. ïa mort <fc Qutquéraa au 18 *t non pat au 17.

QU1QUÉRAN. 4i7

lisez le livre de Laudibus Prouinciœ y » asiatiques , empereurs romains

tous ne pourrez plus douter que no- » même , et par les peuples habitans

tre évêque de Senez ne s'occupât de » en Italie , où Ton faisait gageure

tonte autre chose que de la con- » de tout son vaillant que tel ou tel

duite d'un diocèse. Il n'étudiait point » coq serait victorieux au combat, je

les maladies de l'âme , et les moyens » voulus aussi de ma part goûter

d'y reme'dier. Sa curiosité se portait » quelque chose de ce plaisir. Le

à la recherche des propriete's des plan- » jugement des anciens ni mon in-

tes, et des minéraux, et des animaux. » clination ne me trompa point, et

Il nourrissait beaucoup de bêtes $ il » souvent j'ai contemplé telles joû-

était grand chasseur ; il se plaisait » tes sans m'y déplaire , de quoi cer-

extrêmement aux combats des coqs. » tains ennemis que j'avais autrefois

Camérarius le cite souvent (3) ; mais » piqués , ne sachant par où me pin*

ce n'est que par rapport à de telles » cer , prirent occasion , tant qu'ils

choses. Il cite nommément l'endroit » purent, de dire que je m'ébattais

où l'auteur avoue que l'on condamna » â voir des coqs s'entrebattre. Ils

ses occupations. « Jean Piérius Valé- » firent tant un jour , qu'hommes ,

» rianus^1) récite que les coqs les plus » femmes, enfans, vieillards accou-

» courageux se trouvaient en l'île de » rurent par troupes en ma maison

j) Rhodes , et dit en avoir vu la preu- » épiscopale , puis publièrent que

» ve en certains apportés de là jus- » Tétais trop adonné à tel passe-temps.

» ques à Rome, ou il y en avait de » Demandez-vous si j'ai dédaigné ,

» grandeur extraordinaire et mer- » ou si je me suis moqué de leur fo-

» veille usement fiers. Pierre Quin- » lie ? Je ne le saurais dire bonne-

» quéran confirme cela, disant (*') : » ment. Peut-être que leur jugement

» On me présenta un jeune coq ap- » m'eût agréé , si je n'eusse su que

» porté de Rhodes , lequel j'achetai » ce sont gens qui n'ont point de ju-

« bien cher. Quoiqu'il n'eût pas » eement (4).»

» plus de six mois, si était-il si Notez que dans le latin de Quiqué-

» courageux et prêt à se battre, qu'un ran il n'y a point que l'on accourut

j> chien n'eût osé entrer dedans ma en sa maison épiscopale. Voici ses

» basse-cour , s'il ne voulait être vi- paroles : Tandem viri , fœminœ , jw

y vement pincé : quant aux autres venesque , senesque certatïm exiliunt,

» coqs ordinaires qui approchaient proclamant , in libellis pro&cribunt

» de lui , il les tuait tous. Je l'ai fait me studiosiorem gallinaceœ pugnœ

j> battre souvent , avec merveilleux (5). Camérarius a corrigé quelaues

» passe-temps , contre un ^ros coq fautes d'impression qui étaient dans

» d'Inde que j'avais , aussi pesant l'original ; mais ses imprimeurs en

» qu'un gras mouton. Les coqs d'In- ont fait d'autres considérables (6).

» de sont extrêmement colères , et Simon Goulart n'a pas toujours bien

» s'élèvent fièrement , témoin l'en- traduit. On en jugera facilement si

» flure de leur cou , et leur cri $ l'on compare avec sa version ces pa-

» combien que leur voix au reste rôles de Quiqucran : mox paulo

» soit plaintive et ridicule. Quant à nequicquhm tentatis omnifariis reme-

» mon joûteur rhodiot , après infi- diis perieiit , ejus solatii ex gallorum

» nis combats il devint malade , et pugnis,historiameadmonuerat.Quip~

» quelques remèdes qu'on essayât pc eas ciim legerem quamfrequen-

» pour le garantir , mourut ; dont ter celebrdsset Delii , quam Athe-

» l'histoire des joutes précédentes nienses decrevi ego quoque ejus

» m'avertissait assez , comme aussi uoluptatis particeps fieri. Goulart

» celle des autres. Mais lisant les suppose que l'auteur a voulu dire

» passe- temps pris en tels exercices que l'histoire des précédons combats

» par les Déliens , Athéniens , Grecs des coqs et celle des autres l'avaient

t tr* . j -M-ij-. i • . (A) Camérarins , Méditations historiques , tom.

(3) Dans le //•. tome de ses Médita Uons h«sto- ^ y A • /Jf 365 , 366*, la ira-

nques. /V"* les pages marquées a l tndtee ^ a& dtt Simo* de

des auteurs cités, au mot Pierre Quinqueran , £yon ,610

dans la traduction française de Simon Goulart. -fo fa^^ de Uudibna Provincial , lift.

(*») En ses Hiéroglyphes. //, fclio 3g.

(*a) Au lie. des Louanges de la Provence. (6) A l'édition de Francfort , i658.

tOMF XII. 27

4l8 QUIRINUS.

assex averti que son coq de Bhodes gneur naquit, et croient qu endeviendrait malade , et ne jouirait core qU'iJ y eut alors en Syrie un être guéri par aucun remède, mais gouverneur , Auguste ne

naient par ces combats lui avait en considération de la gloire qu il donné l'envie de coûter le même venait d'acquérir , la commission

oLÎ^S» S^fc «S/^: spéciale de faire le dëooaibie- Stt^SS^ 1W .^rti ment dont parle Tevangel.s e du plaisir que Ton peut prendre a saint Luc (h) ; car on ne doute faire battre des coqs. point que celui que l'Ecriture

La coutume pouvait excuser en pene Cyrénius (i), ne soit le V^lT^^c^t mime que notre Quirinus. L'esexercice que plusieurs évêques se time qu'avait Auguste pour lui donnaient en ce temps-là, sans se parut hautement lorsqu'il le donsouvenir que les canons le défendent. ^ f g0uverneur à Caïus Ce'- ■ SŒffiS sar%on|elit.fi.s, après la mort contre l'évêque de Bellei , insinue de Lolhus, qui avait eu celte que les oiseaux et les chiens de chasse CDarge. Ou a vu en un autre encoûtaient beaucoup aux évêques (7). ^ |a différence que Tibère

Il écrivait environ Tan mit entre ces <jeux gouverneurs

(7) r«r« z'Anti-BasiiicAc M. c*mu», évalue Je Caïus César. Le mariage de Ac ieuei, pmg. 55o, 55*. Quirinus avec Émilia Lépida est

a\<tit .7 . >~~r - »

coup d'ardeur et d application , il fat son accusateur sur divers

surtout à la guerre. Après son crimes (A) pour lesquels on lr

consulat il commanda une armée condamna au bannissement. 0„

dans la Gilicie (c), afin de sou- trouva si étrange cette procédure

mettre certains peuples (d) qui de Quirinus , que l'on se tourna

passaient pour les plus insur- vers la compassion pour Lépida ,

montablesde ce pays-là (e). Il quoique ce fût une femme dé-

remportait

tenteela au temps que Notre Sei- dans cette occasion opposer sa , , „«r basse naissance à la noblesse de

(a) Dio , lib. LIV, p«g- **• 619.

(b) Tacite , Ana., lib. III, cap. XLVIII.

(c) Id„ ibid.

(h) Au chap.II.

(d) Nommés Homonademes. (') ^ même » "r* *■

(e) Straho, lib. XII t pag. 3ga. (*) Dans la remarque (R) , de rarikU ( H Td . ibid. LoULius , tom. IX, pag. 33a.

(g) Tacit., Annalium, libre III, cap. (/) Taeil., AnnaUum, libre III, cvp,

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