‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 85 sur 142 · AUD · texte numérisé non relu

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bon gré de la peine qu'il a prise de publier un catalogue de ses ouvrages. C'est en ce genre-là une fortbonne composition: elle avait paru à part, et on l'a mise depuis à la tête du XXe. tome de ses OEuvres, qui est celui qui a pour titre : Apopompœus.

On voit dans ce catalogue 1 occasion et le sujet de chaque liVre de cet écrivain , et quelles en furent les suites ; je veux dire qui furent ceux qui les attaquèrent , et ce qu'on leur répliqua , et telles autres particularités fort agréables à ceux qui aiment l'histoire des livres et des auteurs. Il y manque une chose assez importante , car l'ordre chronologique ne s'y trouve que très~iinparfaitement. On y voit bien qu'un tel ouvrage est le premier que l'auteur ait publié, qu'un tel autre est le second, le troisième, et ainsi de suite; mais .on n'y voit ni l'année ni le lieu de l'impression , ni le nombre et la date des éditions qui ont suivi la première. Ceux qui crurent que le libraire qui entreprenait d'imprimer en vingt volumes in-folio les écrits de ce jésuite, s'y ruinerait , se sont fort trompés (P).

(A) Il a passé pour Français. ] Alegambe a dit nettement qu'il l'était : IVatione Gallus , patrid Cespitellensis (1). Ce latin renferme ce

3u'on nomme dans les écoles contraictionem in adjecto ; car Cespitellum ou Sospitellum est incontestablement en Italie. Voyez M. Baudrand , soas ces deux mots. Le père Oldoïni a censuré Alegambe de cette faute , et il a mis notre Théophile au nombre des écrivains nés en Ligurie. Le Soprani Vy a mis pareillement (a). Us

(») Alegambe , Biblioth. Script, tociet. Jesu , pag. 431.

(2) Oldoiniu et Soprani ont publie le catalogue det auteurs de cette partie de ? Italie.

RAYNAUD. 43i

ont plus de raison que Sotuel, qui qui furent flétris par V inquisition. ~\

ne s'exprime qu'en doutant. Natione II se donna tant de mouvemens pour

Gallus, dit-il (3) , an potiùs I talus? faire lever la censure , qu'enfin il

patrid Cespitellensis in comitatu Ni- obtint la permission de les faire réim-

censi *. primer, moyennant qu'il les corri-

(B) Sa vie a été. .... traversée de geât (8 ). Ces traités sont : celui de plusieurs disgrâces ; néanmoins il ne Martyrio per Pestent; celui de Comse laissa jamais persuader de sortir munione pro Mortuis ; et celui de de sa compagnie. ] Voici les paroles Confixione Librorum (9). Comme les 4e Sotuel : r icationis suœ religiosœ goûts sont diffe'rens , il ne faut point tenacissimus , quamvis et utiiia et s'étonner que ce jésuite ait pris à konorifica extra societatem ei promit- cœur une disgrâce de cette nature, terentur à primoribus ; si hanc inter quoique d'autres écrivains la craiaspera quœ subindè patiebatur , de- finent si peu qu'ils sont quelquefois serere vellet, nunquam eos oscultare bien aises que leurs ouvrages paraisvo/uit (4). Voyez ci-dessous (5) le pas- sent dans l'index, ou fâchent les insage de Monconys , et celui d'un jan- quisiteurs. C'est bien souvent une séniste (6). preuve qu'un livre est bon. Voyez ce

(C) // ne perdait que fort peu de Qu'un habile homme (10) a rapporté temps, soit à se nourrir, soit à écouter depuis peu à l'occasion de la censure des dévotes."] Il était fort sobre, et des Acla Sanctorum.

ne demeurait à table qu'un quart (E) Les jésuites mêmes en avouent d'heure; et lors même que son grand quelque chose. ] Ils disent qu'il était âge pouvait mettre hors de tout pé- mal endurant, et qu'il n'avait pas ril et de tout soupçon ses entretiens épargné le père Bollandus , son conavec des femmes , il ne leur prêtait frère de religion et son bon ami, qui l'oreille que dans des cas de necessi- lui avait rendu de très-bons serté , et achevait en peu de mots. Je ne vices, et qui ne s'était- exposé à sa suis ici que le traducteur de Sotuel. colère que pour avoir soutenu une In victu valdh abstinens , dit-il (7) , opinion différente touchant un évèpaucis et communibus semper us us que de Lyon. Si l'on n'avait pas supcibis , vix amplius uno quadrante primé tout l'emportement de Théodabat nusnsœ. Puritatis amalor s unir phile , on aurait vu Bollandus bien mus , mulierum colloquia ciun evant maltraité dans la seconde édition de necessaria , etiam senex , paucis ver* Vlndiculus Sanctorum lugdunenbis definiebat. Il eût bien voulu que sium. C'est le père Papebroch qui a tous les autres ecclésiastiques l'eussent révélé ce petit mystère. Ita Jactus imité en cela , comme il le témoigne erat Theophilus , dit-il (11), ut nedans son livre de sobrid alteriu* Oc- minem contradicentem sibi patienter xds Frequentatione. Mais cette morale ferret, et nisi prœsentes adfuissemus, pour l'ordinaire n'est poir.t du goût citm prœlo iterian pararetur Indicudes directeurs de conscience ; ils s'en- lus Sanctorum lugdunensium , nosn aient peu avec leurs dévotes, s'il en que maturè aliquis admonuisset , infant juger par la longueur de leurs veniretur ibi acriter perstrictus P. entretiens , et par la répétition fré- Johannes Bollandus in S. Ancmundo quente de leurs dialogues. lugdunensi episcopo , sub regimine

(D) // publia quelques ouvrages S. Bathildis occiso , quia ad 26 jais) Watan. Sotuel , Biblioth. Script. societ. Jesn, ™arii eun^ ^uerat cum S. Del-

pag. 757. pno contra lheophili sententiam, cui

Leduchat explique l'expression d'Alegambe. a lia s Bollandus amicissimus erat et

SîSr^ii S""11" dr vl" P/r Bai;W in ^andâ operum ipsius impressionc

regardait comme Français, et s il a dit que Ray- * ' i -h . ,

naud était natione G al lus , c'est que cbex les ^nt^crpiœ merttUS de 1U0 optimè.

Romains, dans la langue desquels il écrivait . la /ox « „ . , . .

ville de SospiteUwn (SospeUo) laisait partie de la {?> Postga ? auctore abeddem sa-

Gaule Cisalpine. * crd congregaUone , «nno ifcjo , recudi permi.ua

(4) Natan. Sotuel, Bibloth. Script, societ. Jcsu, " ^erh dutrahi. Id. , .Kidem , pag. ^

(4) Natan. Sotuel, Bibloth. Script. .. pag. -j5S. (g) Idem , ibidem.

(5) Dans la remarque (L). (10) L'auteur des Lettres historiques , mou de

(6) Dans la remarque (K). nws 1696, pag. 2^5.

(*) Sotuel, Biblioth. Scriptor. wcict. Jesn, (11) Papebroch., Elucidât. Hiat. Actorum in 757. Controv. Carmelit. , cap. VU, in fine , p. no.

(F) Les bibliothécaires de sa com- » au'il affecte de se servir de termes

pagnie ne s^accordent pas sur son » uifliciles et de moU tirés du grec.

dge. ] Alcgambe (la) dit que le père » Il a aussi quelquefois des pensées

Théophile, Agé de seize ans, entra » assez extraordinaires, comme lors-

dans leur ordre, Tan 1602$ mais se- » que ayant à traiter de la bonté de

Ion le pèreSotuel (i3) il y entra Tan » Notre Seigneur dans un chapitre

i5ç)i f âgé de seize ans. Puis donc » du II«. volume, il l'intitule, Chris-

qu il mourut Tan i663 , il a vécu , » tus bonus, bona, bonum. Sa grande

selon le père Alegambe, soixante et » érudition lui fournissant une infi-

dix-sept ans, et selon le père Sotuel, » nité de choses sur toutes sortes de

quatre-vingt-sept. Or s'il avait vécu » matières , il s'éloigne souvent du

quatre-vingt-sept ans , cette exprès- » sujet dont il s'était proposé d'écrire ;

sion du père Sotuel serait mauvaise , » comme dans le Traite de la Rose

Octogenario major. migravit ad » bénite, dont il emploie une bonne

ij ✓ O — — m J- —

J)ominum : elle n'est bonne que pour » partie à examiner de quelle manièdes gens qui ont peu vécu au delà de » re on observait le Carême dans la

le père Théophile a vécu soixante et » rapporter ce qu'il avait lu dans les dix-neuf ans. C'est une chose étran- » anciens auteurs, et se servant souce que les jésuites mêmes, chargés » vent de leurs paroles pour exprid'office de faire l'éloge de leurs écri- » mer ce qu'il aurait peut-être mieux vains, ne sachent pas nous marquer » dit lui-même. Tout cela n'empêche combien a vécu l'un des plus célè- » pas que ses ouvrages ne méritent bres. » d'être estimés, et ne soient très-

de ce de pai

dition de tous les ouvrages de cet chant le XVe. et le XVIe. volumes,

auteur, que M. l'abbé Gallois en par- intitulés Heteroclita spiritualia. « Cet

le dans son Journal du \\ de mars » auteur y traite plusieurs coutumes

1667. Cette édition comprend 19 vol. » suspectes que l'excès du zèle ou le

in-folio : elle parut à Lyon l'an i665. » relâchement ont introduits dans le

Cet habile journaliste ayant fait con- » culte de Dieu et des saints, dans

naître en peu de mots le contenu de » les bonnes œuvres que l'on fait

chaque volume, nous donne ce ju- » pour soulager les âmes qui sont en

gement. « On voit, par les ouvrages » purgatoire , dans l'usage des sa- » de cet auteur, qu'il avait l'esprit. » cremens , et dans tous les autres

» hardi et décisif, l'imagination vi- » exercices de piété. 11 examine tou-

» ve , et une mémoire prodigieuse. » tes ces dévotions douteuses avec

» Ces avantages de la nature joints » beaucoup de sévérité : il condamne

» au travail infatigable avec lequel » les unes , il défend les autres , et il

» il s'était applique à l'étude depuis » appuie son jugement de quantité

» les premières années de sa jeunesse » de savantes remarques tirées de

» jusqu'à l'âge de soixante-dix-neuf w l'histoire ecclésiastique et des

» ans qu'il est mort , l'avaient rendu » pères. C'est particulièrement dans

» un des plus savans hommes de son M cette matière qu'il a triomphé :

>j siècle. Mais il était trop piquant » car comme il était piquant et sa-

» et trop satirique ; ce qui lui avait » tirique , il ne réussissait jamais

» attiré l'inimitié de quantité de » mieux que lorsau'il fallait criti-

>» personnes. Son style, quoique d'ail- M ticjuer et reprendre (16). » Voyons

» leurs très-net, paraît obscur à cause aussl ce qu'il dit touchant les ouvrages qui n ont pas été insérés dans les

Alegambe, Biblioth. Scriplor. societ. Jesu, dix-neuf volumes. On ne les a point

*mf'jFi' . „ mis dans ce recueil pour des raisons

W 75:? ' pt°r* *°cie1, Je*u' particulières. On n*y trouve point les

(i4) G.lloi», Journal des Sav»nç, au i{ de (i4) Gallois, là mfnuf.

mars 1G67 , yag. m. ia7. (l6) Galloi» , là mftru- , pag. m. 113 , «î.

hAYNAUD.

apologies contre Hurtado, qu'il a intitulées Depilationes , parce que ce religieux est d'un ordre qu'on appelle en Italie Pelosi. On n'y voit point le livre dans lequel il traite , si l'on peut se confesser par lettres, ni celui qui est intitulé Hipparchus , oh il examine s'il est permis aux religieux de se mêler au trafic. On n'y a point mis non plus le traité de Imraunitate Cyriacorum à Censuris, qui est contre les jacobins , ni celui qui a pour titre : Religio Bestiarum , où la prédétermination des thomistes est réfutée ; ni un autre qui est contre le père Oombésis. Il manque encore dans ce recueil quelques autres traités de cet auteur , qui sont faciles a connaître par le catalogue de ses œuvres, qu'il a fait imprimer plusieurs fois, il voulait faire un volume de tous ces livres , et l'intituler Apopompaeus, ui est le nom que les Juifs donnaient cette victime qu'il chargeaient de malédictions, et qu'ils abandonnaient au désert ; mais la mort interrompit ses desseins (17). Notez que le pere Sotuel observe que le XXe. volume , intitule Apopompœus, a e'të actuellement imprime' après la mort de l'auteur (18).

Encore ce petit mot de M. Gallois (19) : Ce qu'il y a de plus remarquable dans le VIIe. volume , intitulé Marîalia (ao) , c'est le second traité , qui est pour défendre la dévotion du scapulaire ; et le cinquième, qui peut servir de preuve pour faire voir la grande érudition et la fécondité de l'esprit de cet auteur. Car ayant h prêcher sur les sept antiennes solennelles que l'église chante avant la féle de JYoèl, et qui commencent par un O , il ne prit que cette seule lettre pour le sujet ae ses sermons ; et dans la stérilité de ce sujet il trouva

(17) Gallois, Journal des Sa vans, du î^de mars 1667 , fW. ia4, ,a5«

(18) Tomum A.Y , quem Apopompieum vacant, edtderunt tdii post obitum Thtopnili, sine approbation* superiorum socictatis, undé hatc illum tanquàm partum legitimum non agnoscit. Sotuel, Bibfiotheca Script, soc. Jean, pag. n5g. J'ai un exemplaire de cet Apopompaus , oh l'on a mis au titre : Tomqs vigesimus et j>osthumus per tnonymam digestus , nnnc primum in lucem prodiit Cracovise , sumptibus Annibalis Sangoyski, bibliopolse , 1669.

(19) Gallois , Journal des Stvans, du «4 mars 1067 , p*fr "8, 119.

(30) Parce que tous les traites qu'il comprend ont pour objet les perfections ou le culte de la Vierge. La même , pag. \ 18.

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