TOME XII
une infinité de belles choses dont est composé ce traité.
(H) // était fort estimé de M. Patin.] « Martin us Schookius quia écrit
» beaucoup de livres.. est aussi
» savant que ces anciens sophistes m qui disputaient et écrivaient de » tout ce qui se pouvait savoir. Lui » et Conringius en Allemagne, sont » en cette façon de science et d'écrire » les plus savans hommes de l'Euro- » pe. Le père Théophile Ravnaud les » passait tous fdeux 5 car il était jé- » suite, et avait sa théologie romaine » et loyoliticjue en suprême degré » dans l'esprit ; mais sans cela , et » le respect qu'il avait pour ses sui> périeurs , il était bien capable de » s'échapper , et d'en faire plus que » trois autres , en toute sorte de ma- » tières \ car outre la doctrine et la » merveilleuse mémoire qu'il avait , » il donnait à tous ses ouvrages et » à tous ses livres un tour de perfec- » tion qui n'appartenait (ju à un » grand maître (ai). » Voici nn autre passage : Si jamais vous voyez le père Théophile , obligez-moi de l assurer de mes services, et lui demander quand ce sera que 'nous verrons sa réponse a un livre imprimé contre lui a Amsterdam , in-8°. , intitulé : Antidotus duplex contra duplex venenum, etc. 8 Hîspali 1657. L'imprimeur a caché ou déguisé le nom de sa ville, car il a été imprimé en Hollande , et non pas h Séville : je lui en ai envoyé un , et il m'a depuis mandé, en me remerciant, qu'il lui répondrait bientôt. T ai plusieurs lettres céans de ce bon père , et suis de ses amis ; même j'en suis un peu glorieux , car il est fort savant homme , in génère multiplie! : je voudrais bien qu il eût fait imprimer beaucoup de pièces manuscrites qu'il a devers soi ; il a bien de la doctrine en tous ses livres (2a). Ces éloges sont doutant plus considérables , qu'ils viennent d'un homme qui avait plus de penchant à dire du mal qu'à dire du bien , et qui ne gardait pas le silence sur les défauts qu'il croyait trouver dans les livres ae ce jésuite. Citons-le encore. L'au-
(ai) Gui Patin, lettre CCCXXVIII, à la page 663 du II*. tome.
(11) Le même, lettre CCIX, pag. »3o du mfme volume. Voyex aussi la lettre CCXLY, png. 3^3 du mfme volume.
leur du Sanctua Georgius Cappadox apparere ferulalius mag. in utrâque est un homme rare , singulier , et lingud : et si enim latinam benè caltrès-savant , hormis qu'il se fait pois- leas, at graecam prorsùs ignoras (i5). son nier la veille de Fdques, et qu'il On lui avoue qu'il entend bien la affecte d'écrire d'une manière qui latine ; mais cet aveu n'est pas de
n est plus en usage , et néanmoins grand poids ( a6 ) , puisqu'il
tous ses livres sont bons : est enim d'une personne qui faisait des solé-
vir multi-jugac cruditionis ac infini- cismes dans chaque page. (37). Bar-
tae lectionis , comme disait M. Gro- bararum lexeon , et solœcisntorum
tius de Jeu M. de Saumaise. Le tanta uberlas est in Hurladi opère ,
style du père Théoplùle Haynaud ut si tenui diligentid adhibitd , notare
rcdolet Lipsianum, quo tamen est grammaticas ejus stribUigines liberet,
raulto deterior ; il n'y a aujourd'hui totumpenè ejus volumen esset exscri-
aucun auteur qui écrive de même, si bendum. f^ix très lineas ex ara t, quin
ce n'est peut-être M. Blondel , notre solœcismis adeo pinguibus contami-
doyen, qui bien qu'il soit un des plus net, ut miserationem moveat. (28).
s ai' ans hommes du monde , affecte J^homas ffurtado vix unquàm
cette espèce de barbarie, et eddem emisit periodum qui non sordeat striscabie laborat cum Tertulliano, Lin- bili^ine aliqud grammatied , et indisianus seu Lipsiomimus vel Lipsio gna colaphizalione Prisciani. On en minus, qualisaHqnandô fuit Erycius rapporte quatre exemples dans la Puteanus , Petrus Grutcrus , /heo- même page. Deus expavescit nos philus Raynaudus, et pauci alii quos (39) : opus benè executum : débet fuma obscura recondit (a3). J'avoue populus ma gis exhortari ad commuant je ne saurais comprendre sur niunem : agendum esse de tactis (3o). miel fondement on accuse ce jésuite On mit à la fin du livre (3i) une lis-
de ses livres, et j'y ai trouve' partout jésuite. Son adversaire se défend làun autre langage , un style qui ap- dessus : j'imite les pères , dit-il (3a),
S roche beaucoup plus du prolixe que Nonne in multis pathbus inveniuntur u court, un style qui prend ses ai- similcs non ith vigorosœ in lalinitaie ses et qui ne se gêne point par des locutiones? Et il dit ( 33 ) que Jean coupures, par des suspensions , et Busée a fait une table de plus de deux par de semblables défauts des singes cent cinquante barbarismes de Pierde Lipsc. 11 n'est point poli, à la vé- re de Blois.
rite ; mais s'il est rude et barbare, ce (1) Von tîvuve qu'il a été un peu n'est point par l'affectation de la trop loué de M. Patin , et qu'à l'évieille latinité, de cette latinité far- gard de son style il n'en a pas été cie de phrases de Plaute ou de gré- bien repris.] « Théophile Raynaud cismes , qui fait les délices de » donnait à tous ses ouvrages un tour quelques'savans ; c'est plutôt par le )> de perfection qui n'appartient mélange de plusieurs termes emprun- » qu'aux grands maîtres. Ce jugetés des scolastiques. Je remarque » ment, qui est de Gui Patin , n'est même qu'il censura dans l'un de ses » pas entièrement vrai. Le tour de adversaires l'emploi de quelques mots » perfection qui n'appartient qu'aux grecs : on lui répondit que ce n'était » grands maîtres, comme ont e'té par pas à lui a parler de grec , vu qu'il
. ignorait cette langue. Mira hominis ^. 453. buccaftetidi audacia , cœcus cum sit , ^ yoye% Hurtado, ibidem, vag. 10. vult de coloribus judicare , et cùm (27) Leodeg. Quiotinu» , apùJ Hurudo, Aat,
prorsùs id.ota sit grœci idiomatis, ju- Paë- 4*7»
dicare de vocibus grœcis quid vis <a8> » eundem^
0 1 (ao) Pour dire nous fait peur.
(a3) Gui Patin , lettre CLXXI1I , pag. 65 du (3o) Pour dirf »ttouch émeus. Ils. volume. (30 r0Je* Uurtado , in doptid Ànùdoto.
(aA) M. Gallois, ci-dessus, citation (i5), lui Paê' &7' reproche d'ftfectcr de se servir de mot» tirés do Ihidem , pag. 43g.
Srer. (33) Ibidem.
m exemple les pères Petati et Sir- j'ai tiré ce passage il continue à ré-
» mon d, manquait à The'ophile Ray- futer cette critique : les moyens de
» naud. Ses desseins étaient bizarres, 1 » son érudition sans choix, et son » style, quoique bon de lui-même,
» g;1té en bien des endroits par des de l'élégance du discours. Jl dit (38)
» affectations puériles : outre que que saint Augustin se négligeait fort
» l'auteur était un homme rude et là-dessus, et il noirs renvoie aux
» sans nulle urbanité (3{) » Prolégomènes de Bernard Vindincus
Ou a déjà vu (35) la réfutation du ad Crilicum Augustinianum casliga-
jugement ijue M. Patin a fait du style (uni, où il y a un chapitre qui traite
de ce jésuite $ mais il faut retoucher des solécismes et des barbarismes de
un peu cette affaire-là. Théophile saint Augustin. Après tout, il ne
Raynaud remarque qu'il y a fort peu convient point que la censure de Ca-
de gens qui aient dit que son style mérarius soit bien fondée j il en lais-
était grossier. L'unique censeur qu'il se le jugement aux. lecteurs non
nomme est un certain Camérarius * préoccupés, f^ideor vanissimam et
qui l'a bl.lmé d'employer un style ineptissimam criminationcm obtriuis-
rude et bouffi , et parsemé de ter- se multb pluribus quam nécessitas
mes barbares , et d'avoir plutôt suivi postulabat. An verb stylus scriptio-
un Pétrone et un Apulée, que les num mearum , adeb uel jaceat , uel
cicéroniens. JYon défait , qui nieisty- horreat, quam sibi Jingit Caméra'
li squalorem opponerel. Arguebat rius cujus fuit hœc criminatio , pro-
sanè Gulielmus Camérarius prœfa- nuncient atii affectu quo itle duceba-
tione ad sua m (ut inscripsit) Antiqui- tur Uberi (39). Je recours à la même
tatis de Novitate Victoriam , qudd voie pour me défendre contre ceux
stylus scriptionum mearum scaber es- qui voudront dire que j'ai censuré
set ac lumens : qubd uoeespassim bar- injustement la censure de Gui Patin.
haras, et a nitore et lenitate Tullii J'en appelle à tous les lecteurs qui ,
aliénas adhiberem : et qubd Pelronio avec la connaissance nécessaire, feuil-
poliiis ac ApuletOy tumidis et inflalis leteront sans préjugé les écrits de ce
scriptoribus , quam probatœ latinita- jésuite. Qu'ils les ouvrent en divers
tis , stylique puri ac nalivi magistris, endroits , qu'ils en lisent quelques
inter scribenaum inhœserim (36). Je pages par -ci par -là , je m'assure
cette censure. Dissertatio hujus et téanus, comme Patin le préteud. Je
aliarum Camerarii calumniarum de- crois bien qu'ils jugeront que son
pulsoria , édita est hoc titulo : Non style n'est point châtié , ni poli , ni
Causa ut Causa, subjuncta vera Cau- agréable ; mais non pas qu'il soit
sa ; Elcnchus sophismatis Gulielmi concis, pointilleux, et rempli d'ellip-
Camerarii Scoti (3^). En lucubratio- ses ténébreuses, et de locutions su-
ney à la pag. 16, quam ridicula sit hœc rannées, et que l'affectation s'y fasse
criminatio , et quam absurdum sit sentir. 11 n'est pas malaisé à des lec-
voces è JVizoli ciceroniand pinacothe- teurs qui ont de bonnes teintures de
cd anxiè snblegere, indidacûcis prœ- l'art critique de s'apercevoir que
sertïm scripiionibus (cujusmodi ferè l'auteur dont nous parlons écrivait
sunt omnes nostrœ , eaque nominaùm rapidement , que son attention au
adversùs quam Camerarii œstus in- style était moins que médiocr*, qu'il
Jerbuit ) , plenè et accurate démons- ne corrigeait point son travail , et
tratur. J'ajoute qu'au même lieu dont qu'ainsi ses paroles et ses phrases im-
.„ __„ „„. . primées peu veut passer pour une fi-
(34) V.gneol-Mam le Mélange* d H.sto.re , £ • . j d minute, et queles pretom. //, pas. 3n3 , édition de Roterdatn , 1700. . . * - - . . v' . 1 7 *
(35) Dans la remartjue précédente. mierftS effusions de Sa plume étaient * Guillaume Camérarius, Ecossais , était prêtre aussi les premières eflusions de SOU es-
propnis , pay. 6 Apopomptti, col. a. ts%) Idem, ibidem , pag. 8 , eol. 9.
(i-j) Idem, ibidem. (ty) Idem, ibidem , pag. 10, col. t.
436 RAYKAUD.
qui se rencontre dans ses ouvrages, soit pour rassembler ces antiquailles, et
q ue son défaut procède de ce qu'elle est ces vieux haillons , que les Bcmbes et
trop antique , soit qu'il vienne de ce les Manuces pour écrire poliment,
qu'elle est trop nouvelle, doit passer On ne saurait dire s'il y a plus de
non pas pour affectation ou pour ar- mauvais goût que de vanité dans ce
tifice, mais pour un fruit naturel. C'é- caractère d'esprit; mais il est sûr
tait un homme de grande mémoire : que ceux q^ui affectent cette sorte de
il avait lu dans sa jeunesse les auteurs langage s'imaginent grossièrement
classiqi d>] tien
logiens modernes. Sa mémoire très- pour savoir ce qu' heureuse comme je l'ai déjà dit , leur procurera l'avantage d'être ads'était remplie des phrases de toutes mirés. Ce travers d'esprit a été touces sortes d'auteurs, et les fournissait jours condamné par les personnes de à sa plume très-facilement, de sorte jugement. Les railleries que Phavoque sans qu'il donnât des secousses à rin employa contre un jeune homme son sac, il en sortait tantôt un terme grand amateur des vieux mots , sont de Plaute , ou une expression de Lu- admirables. Si vous ne voulez pas
une expression <
nobes, ou de Saint-Hilaire, ou de Sido- faites-vous en vivant bien comme nius Apollinaris; tantôt une exprès- nos ancêtres ; mais parlez comme sion de saint Bernard, ou des com- l'on parle aujourd'hui. Favorinus menta leurs de Lombard , et du doc- philosophus aàolescenti veterum verteur Angélique, etc. ; mais les termes borum cupidissimo , et plerascjue voordinaires et plus usités se présen- ces nirnis priscas et ignotissimas in taîent plus souvent, et il prenait ce quolidianis communibusque sermoniqui s'offrait le premier : par consé- bus expromenti : Curius , inquit , et quent son langage n'est point affecté, Fabricius et Coruncanius antiquissile mélange des vieux mots et des ex- mi viri nostri, et Iris antiquiores Hopressions barbares y entrait natu- ratii illi trigemini, plane ac dilucidè
Pe- Ita-
ver-
vait en relisant son écrit. Si je me bis locuti sunt. Tu aillent, pixtindè trompais en cela , je serais du moins quasi cum maire Evandri nunc lohors de toute atteinte à l'égard du quare, sertnonc , abhinc multis annis point principal de ma censure de jam desito uteris, quodscire atque in- Y atin ; car jamais deux auteurs n'ont telligere neminemvis , quœdicas. JVoété plus dissemblables en fait de sty- mine, homo inepte, ut quod vis abunle , que Théophile Raynaud et Juste de consequaris, lacères ? sed antiqui- Lipse. Celui-ci affectait de finir ses tatem tibi p lacère ais , quod ho nés tu périodes à chaque ligne , et d'en re- et bona et sobria et modesta sit. Vive trancher plusieurs mots qu'il donnait ergb moribus prœteritis; loquere verà suppléer et à deviner à son lecteur, bis prœsentibus (4o). 11 conclut par le Le jésuite est plutôt diffus que con- renvoyer â un précepte de Jules Cécis ', et n'est nullement obscur par la Sar: Qu'il faut tuir comme un écueil disette des paroles. 11 les répand avec les termes qui ne sont plus en usaprofusion dans des périodes dilatées. ae (fr). L'empereur Auguste ne s'é- La comparaison entre lui et Pierre [oignait pas de ce sentiment; il ne Grutérus est encore plus injuste , car
ce Grutérus n'était pas un écrivain à (40) Aulus Geiiius, lib. /, cap. X.
qui les Vieux mots échappassent quel- (40 « quod a C. Cmsare excrllentis ingenii
cjuefois : il les entassait le, uns sur rj^Xùl^^^ les autres avec une^ affectation ridi- „ectûrei ut tamquàm scopulum, siefugiat inwcule j et il se donnait autant de peine Uns verbum. idem , ibidem.
pardonnait pas à Tibère l'affectation se cicéronienne , s'ils eussent , pu y
de se servir de vieux mots (4^), et il substituer une expression prise des
traitait Marc-Antoine d'insensé pour Fragmens de Pacuvius , ou trouvé in
une semblable affectation de chercher Versibu' quos olim Faunus vatesque canebtmi,
plutôt à être admiré qu'à être enten- Cum neque Musarum icopulos quisquam supe-
clu (43) Aulu-Gelle raconte qu'un Nec ^^i^ erat m
avocat cio son temps se faisait siffler ' à cause des mots inintelligibles dont Us méritaient d'être appelés mortuail se servait (4'f). Il s'éleva au XVR ria glossaria (48). Horace s'était déjà siècle une certaine faction d'anti- plaint d'une pareille maladie (49), ce quaires de grammaire , que les plus <{ue je remarque comme une preuve habiles gens combattirent de toutes que les mêmes dépravations de goût leurs forces, afin d'empêcher qu'elle ressuscitent de temps en temps. Pasne s'accrût , et qu'elle ne corrompît serat ne fut point le seul qui déclama
annis uiginti proximis , non dis simili, et l'on peut voir dans la Rhétorique
laboranles insanid, novi quidam A n- du père Caussin leur condamnation
tonii , utinàrn minus multi, quorum en bonne forme (5i). Je pourrais
caussa , ne quid dissimulent, hanc nommer bien d'autres savans (5a) qui
prœfaliunculam institui. Si quidem n'ont pu souffrir cette manie de vieux
me facturum opère pretium putavi, mots , et qui ont renouvelé le procès
si isium a ni mi morbum vel arte ali- qu'on fit à Salluste. S'ils n'épagnaient
qud persanarem, quod in us diflicil- pas cet ancien historien, quelle devait
limum est, qui sic œgrotare malunt être leur indignation coutre les mo-
quiim ualere, vel ali qud ex parte dernes? Quid a uod è quibusdam sal-
i/nminuerem : idque saltem assequerer lustianis verbis tantd soll'tcitudine
ne hœc apud nostros laliits serpat inter prisci sermonis maceriem et
contagio. Peu après il dit que les uer- ruinas conquisitis , et in illâ ipsâ lam ,
sonnes qu'il veut guérir ne trouvaient laudatd composilione nonnulla pro-
rien qui leur semblât trop antique , h*tu et intellêctu sunt noua , quœdam
et qu'ils tâchaient de trouver des putidiuscula et pumicata , quœdam
mots beaucoup plus vieux que les ita scrupea , ut in ea uox impingat se
vers des Saliens. Sordent nobis Tul- tanquàm in saxea fragmina uetusta-
lius , Cœsar , Terenlius : falerii '« (53). C'est ainsi que parle un écri-
Anliatis, Cincii, Cœlii , Pisonis , vaia très-poli. Il avait déjà déclaré
Fabii Pictoris, Qadrigarii, Sisennœ q"'*1 faut e'viter le mélange des pa-
annales requirimus.Undè tamdelica- roles surannées (54) : Pcrtimescunt
tumfastidium. CotO, et VarVO , uix m Enoiu^ apud Cicérone™, de Oratore,
ad slomachum faciunt : uix avidita- folio D. , et in Bruto,/o/io io3, C.
tem noslram expient primi consulum (4*) Mera estit 1 ut M. 'Cato ait , mortuaria
4' /' 1 1 j elossaria. Nam qui collieitis lexidia , resta:-
Jasces, etjastorum incunabula : de- %aj et inanes etHrrivola* tanviuam mulierum
cemuirales tabulas, leges regias, sa- wees prtrficarum'. Aul. Genius, lib. XVIII ,
liare carmen, icta cum Sabinis fœ- caP- v0»
dera, fecialium jura formulasque ^an"!*™ '
transcendimus , ut penetremus in set- Quas bis quinque Un sanxerunt : fatdera re-
monern Aborisinum tanquàm sirnus g
cum Egerid Numœ, aut cum Evan- ?eLf?biiWel cum rieid" fi"**" sf™ :
. . 0 * .,//»v /-i Ponttjicum Itbros : annosa valwmna vatum,
drx Carmenta locutun (46). Les gens- Dictitet Albano Musas ih tnonu heutas.
là eussent effacé volontiers en cor- Horatins, epist. I, Ub. II.
rîgeant leurs Compositions Une phra- (5°) Remarque (F) de l'article Accomb (Marie
Ange), tom. /, paç.
. (4^) Sneton. , in Augtuto , cap. LXXXVI. (5i) Vide Caussinum , de Etftqnentiit aarri et
(43) M. quidem Anlonium ut insanum incre- huraanâ , lib. II, cap. X et XXII, pag. m. pat; quasi en scribentem quœ mirentur potiits g5 , 111.
fiomines quàm intclligant. Idem , ibidem. (5î) Voye% Philippe Paréus , in Vitâ Davidi*
(44) Aulus Gellius, lib. XI, cap. VIII. Parei , pag. m. 18.
4.r>) Paaserat., jii&fal. in Cit oruiiis cpislolam (53) Carolu» Pasthalius , de Optiino geoeie1
ad Hirlium et Casarem , pag. m. 171. Eloriitinnis, pag. i53.
(46) Idem, ibidem , pag. \-th. (54) Idem, ibiilem, pag. inj.
RÀYNAUD.
( verba bumilis dicendi generis ) so- Je ne pense pas que présentement ciari verbis rubiginosis , spinosis , m- il y ait en France beaucoup de gens miùm reconditis et abstrusis , titm in- qui soient frappés de la maladie que termortuis et conclamatis : Passera t voulut guérir. Voici pourvu* prUcis memorata Catonilus, atqut Ce- tant ce que j'ai trouvé dans un outhegis vraee imprimé l'a
Nune situs mformïs premit, et déserta vetustas?).
Mais prenez garde que cet auteur si
Ïk>H est un censeur trop rigide de 'historien Salluste, et fiez-vous plutôt à Jean Passerat , qui a très-bien distingué l'affectation excessive des modernes , d'avec la licence de Salluste (55). Je sais bien qu'Asinius Pollion a prétendu que Salluste s'était trop servi de vieux mots (56) ; mais peut-être qu'au lieu de le critiquer si sévèrement, on aurait dû le remercier de la peine qu'il avait
Srise de rajeunir certains termes, et 'empêcher que la langue des Romains ne les perdît tout-à-fait. Nous devrions souhaiter que nos grands auteurs rendissent un semblable office à plusieurs termes français qu'on laisse périr. S'ils daignaient les employer, ils arrêteraient la prescription , ils encourageraient les jeunes plumes à les employer, et cela conserverait l'abondance de la langue.
'an i685. « 11 est un
» genre de savans qui me serait sus* » pect, comme les intervenans à la » requête de feu M. Blondel : des v cens qui consomment leur vie, sur » Je Sénéque et le Plaute, à chercher » des archaïsmes, pour faire de bel- » les thèses bien morales, impéné- » trahies, et à l'épreuve de tous les » vocabulaires (5q). » Ce M. Blondel est l'un des auteurs que Patin a comparés à Théophile Raynaud :
c'est une comparaison injuste; car on peut fort bien entendre les écrits de ce jésuite sans avoir besoin de consulter à tous momeos Nonins Marcellus, ou Y A ntiquarius de Lauremberg, ou même le Calepin. Il n'est pas vrai non plus qu'il fourrât des termes grecs dans ses ouvrages.
C'était la mode des plus savans humanistes. Casaubon en est un exemple dans ses lettres. Balzac n'approuvait point cette coutume (fia).
(K) Les jansénistes ne font pas
Virgile en usa ainsi. Horace conseil- *P«*8"* l*ur tour ] Son dix^hui-
lait cette conduite : tle,n]e v0,lurae es\ remPU f es °""ra8eJ
, , au il a écrit contre le père Oibicuf.
Obscurata dm vopulo bonus eruet atnue \ r j „ i » Ç r - \
Profère in lucem speciosa vocabula rerum M' Arnauld , M de Launoi, et Quar priscis memorata Catonibus (57). quelques autres auteurs. On ne peut
C'est-à-dire, selon la version de M. Da- Pas nier 7U>|7 les ait souvent trai- » cier : « 11 aura la bonté de ressusci- *« atvec troP d'aigreur. Aussi dit-on » ter des termes qui sont morts de- au " ai'ait résolu de retrancher de ses » puis long-temps pour le peuple ; et ouvrages beaucoup de choses, si la » de remettre en lumière ces mots mort ne Veut point prévenu (6i). Ces » propres et énergiques qui étaient dernières paroles du journaliste ne » en usage du temps de Céthégus et 80ïlt autre c,,ose <\"f ■ )e rapport d'un » deCaton, et qui sont aujourd'hui Petit mensonge officieux; car il est
sans apparence que la dernière édition des ouvrages du père Raynaud ne soit pleinement conforme à ses intentions. Lisez
ce narre