Teissier, Addition!» à M. de Thon , tom. I
pag, 3*ji , édition de iCk/5.
(A) Sa patrie fut réduite en cendres ja) ™e0Ptilus B»n°5i«» . in Vil4 Petri ^ a» pays de Liège. ] Cela ne s'accorde F^ Liigm.1 Pri«*, pag. „7. m avec Moréri , ni avec M. Teissier. (4) ^f. Tdssier, Addition» , tom. T, pag. 3;i ,
Celui-là dit que Y aïeul de Ramus croit ^u*Scaliger parle d'une dame; mats Dom. avait été obligé durant les guerres de JJJ aussitôt U commencement de Domiai que de
sortir de Bourgogne , et qu'il s'était /^'"v't- • fi - . c^r..»..
■ • , ? » , .1 1 • • (5) Teissier, /« même. Citant Scaligi rana
re/tre </û/i« /e Kermandois : celur-ci 1 , ne met que neuf ans.
re contre Aristote ; car son livre après l'uso di Parigi , sostener conclusion
mille contestations fut condamné le prima che fosse creato maestro , per
10 de mai i543. Il n'avait alors que bizarria dingegno, propose questa vingt-huit ans. J'aimerais mieux donc sola a qualunque volesse argumenta • croire Banosius, qui raconte qu'à re , dando libero campo a tutti : Q usera" g e de huit ans notre la Ramée fit cunque ab Aristote le dicta sint, falun voyage à Paris de son propre sa, et commentitia esse* La quale hamouvement, etc. Anno œtatis suce vende eccitati contra di lui tutti gl'incirciter octauOfSpontè Lutetiamuenitf gegni, tutte le professioni f - lutte le et indè bis abductus violentid tempo- scuole , egli nondtmeno con tant» ris , bis eodem tamen , quant libet res- prontezza , e soltigliezza de risposte tanlib. ventis reversus , et ardenli la difese , che fe rimaner conjusa e discendi studio incensus ,ab.Honorato stupita la cilta di Parigi : e oen ne' Carpenlerio avunculo victum perali- suoi libti appariscono ancora i segni quot menses pereriguum accepit , ut délia sua audacia. Le bon est qu'il ne artes addisceret : deinceps necessitate nie pas que le soutenant ne défendit çoactus multos annos durant servilu- cette thèse avec tant de subtilité, tem in collegio Navarrœ servivit. Sed que tout Paris s'en étonna. Voyons quùm interdiù dominis suis fidelem ce que Freigius peut nous dire sur opérant prœsiitisset , nocte , Cleanthis cette aventure. Lutetiœ magisterii tiphilosophi exemplo non dissimili , tulnm suscepturus, pro more et conoleo et lucernd disciplinarum lumen suetudine scholarum libérant dispubrevitempore Çantiim sibi comparavit, tandi copiam examinaloribus facere ut artium liberalium laured sit dona- cogebatur. Ploblenta igitur sumpsit : tus (6). Mais voici une forte preuve QuatcumqueabAristoteledictaessent, contre Banosius : je la tire des pro- commentitia esse. Attonili nouante près paroles de Ramus rapportées et insolenlid prob/ematis magistri par Jean Freigius. Confiteor vit a m noslii , cùm authoritatem Aristotelis mihi totam acerbissimis Jluctibus jac- ( qud tanquam^cuto, sese ad omnes tatam esse. Puer vixè cunis egressus inaultus munire consueverunt) sibi duplici peste laboravi : juvenis, invitd ereplam vidèrent , irrilo conatu per modisque omnibus répugnante fortu- diem integrum , magistrandum (ut nd, Luteliantad capessendas artes in- barbari barbare vocant) oppugndgenuas vent, i&dè bis adductus vio- runt. E x hoc forluito successu ansam lentid temporis , bis eodem tamen deinceps seriô et libéré in Aristotelem quamlibet reflantibus ventis reversus, animadverlendi et inquirendi arriatque eb ardentiore discendi stutlio in- puit (9).
census y qub vehementius prohibebar (D) Ses deux premiers Hures
(7) . Si Ramus n'avait eu que huit excitèrent de grands troubles dans ans la première fois qu'il fut à Paris, f université de Paris.'] L'ordre eût el\t-il employé le mot juvenis? n'eût- voulu que les professeurs de Paris,
11 pas dû se servir du mot de puer? qui admiraient Aristote, eussent eût-il manqué de le faire ? réfuté par des écrits et par des leçons
(C) // s'engagea h soutenir le con- les livres de Ramus ; mais au lieu de
trépied d' Aristote sur tout ce qu'on se renfermer dans ces justes bornes
lui voudrait objecter.'} Le Tassoni re- des guerres académiques , ils traf nè-
Sarda cela comme une audace con- rent cet antioéripatéticien devant
amnable *. Ma piit audace , dit-il les juges criminels, comme un per-
(8) , Jù la prova di Pietro Ramo, sonnage qui sapait tous les fondeautore per altro poco degno d'essere mens de la religion. Ils firent tant de nominalo. Qà\sti dovendo , secundo vacarme que la cause fut portée au
• v*.*D**n • » parlement de Paris j mais dès qu'ils
(h Ranosins , xn Viln Petn Rami , pag. 3. S . , 1 .. "
, ' » i ti v ■ v-.« n . s aperçurent qu elle y serait exami-
(-) Jobannes Tliom. Freigius, m Vita Petn / ,> .. ..^ . J , . I 1
R.mi, pag. 7, rx Schrckiano cpilogo F ami. née equitablemcnt et selon les for-
entier.
(S) Àlea»ndro Twsom , Pensieri dÎTersi, Ub. X cap, llly pag, 3;5. (<j) Frcigiu» , in Vit* Pétri Rami , pag. 9 , «>►
448 RAMÙS.
Animadversiones lectœ erant , cum » par lesdits censeurs nous fust don- Petnis Ramus repente non ad hu- » né ledit ad vis, non obstant ledit manam aliquam, et litteris usitatam » appel et autres appellations queldisputationem ah academid vocatur, » conques , suivant lesquelles nos sed ad prœtorii tribunalis capitalem » lettres , eussent lesdits de Govea et contentionem per certos homines fal- » Ramus derechef comparu pardeso academiœ nomine rapitur, noui- » vant lesdits censeurs, et voyant que et antè hune diem inaudit i crimi- » que par iceluy Ramus lesdits livres
Hdc enim oratione aristoteled actio » et qi inslituta est. Hinc aristoteleorum cla- » des dessusdits ; et comme on y voumoribus agitatus ad summum pari' » Ioit procéder, lesdits de Quintin siensis curias consilium traducitur : » et Beaumont , l'un après 1 autre , deindè cum legitimo judicii more res » eussent déclaré ne s'en vouloir plus agh atque apertius iniquissimœ frau- » entremettre. Au moyen de quoy dis invidia percipi viaeretur, novis » eust iceluy Ramus esté sommé et arlibus h senatu parisiensi ad regiam » requis d'en eslire et nommer deux cognitionem disjicitur (10). Le roi or- » autres. Ce qu'il n'eust voulu faire, donna que maistre Antoine de Govea, » et se fust du tout soumis aux trois qui s'estoil présenté à impuener et » autres dessus nommés , lesquels debatre lesdits livres, et leait Ramus, » après avoir le tout veu et considéré qui les soustenoit et défendait , esli- » eussent esté d'avis , que ledif Raivient et nommeroient de chacun cos- » mus avoit esté téméraire , arroge deux bons et notables personnages » gant et impudent , d'avoir reprouconnoissans les langues grecque et » vé et condamné le train et art de latine, et expérimentés en philoso- » logique receu de toutes les nations, phie (i i). Ensuite de cette ordonnan- » que luy mesme ignoroit , et que ce, Govéa et Ramus^hoisirent cha- » par ce qu'en son livre des Animad^ cun deux personnes. Pierre Danes et » versions il reprenoit Aristote , es- François Vicomercat furent choisis » toit évidemment connue et raanipar Govéa ; Jean Quintin , docteur » feste son ignorance. Voire qu'il en décret, et Jean de Beaumont, doc- » avoit mauvaise volonté , de tant teur en médecine , furent choisis par » qu'il blasmoit plusieurs choses , à Pierre Ramus. Le roi élut , pour le » quoy il ne pensa oneques. Et en cinquième , maître Jean de Salignac, » somme ne contenoit sondit livre docteur en théologie. Rapportons l'ex- » des Aniraadversions que tous menposé des lettres patentes. « Par de- » songes, et une manière de médire, m vant lesquels (i a) lesdits de Qoyea » tellement qu'il sembloit estre le » et Ramus eussentestés ouis en leurs » grand bien et profit des lettres et » disputes et débats, jusques à ce » sciences, que ledit livre fust du » que pour interrompre l'affaire , » tout supprimé : semblablement » iceluy Ramus se seroit porté pour » l'autre dessusdit intitulé "Dialecticœ » appellant desdits censeurs , dont » I nstitutiones , comme contenant » nous advertis eussions décerné nos » aussi plusieurs choses fausses et es- » lettres à nostre prevost de Paris , » trangercs. » Rapportons aussi le » ou à son lieutenant , pour con- dictum de l'ordonnance. « Sçavoir » traindre lesdits de Govea et Ramus » faisons , que veu par nous ledit » à parfaire leurs disputes, afin que » advis, et eu sur ce autres advis et , , 4 , „, , » délibérations, avec plusieurs sca-
ulSÎ&ZZtë^l^ïZnZ " «~ « Personnage, eslan,
noiom, de variâ Aristotelis Fortuoâ, pag. 5;, 58, » les nous, a VOUS condamné, SUD-
edit. Paris., iG53. » primé , et aboly, condamnons,
Jlxl^^\l^me,iVxUv^sptUn^ ? » supprimons et abolissons lesdits
roi , datées te 10 de mat i. royex Lannoi, de 1 i> n r r%-
v»riâ AristotctisFortuna , pag. m.' 5a. On trouve » deux livres, 1 Un Institutions IJ laces lettres patentes du roi dans la Bibliothèque w lecticœ , l'autre ArislOteUcœ Ani-
Pi"rr" de u Ra Jée^'" V*u"Priv"' sous u mot » madversiones , et avons fait et fai- ^C'esuà^dirV'ies cinq juges, celui que le » ?on8 inhibitions et défenses à tous roi nomma , et ceux que les parties choisirent. » imprimeurs et libraires de nostre
» royaume, pays , terres, et seigneu- puisqu'elle n'avait pas été divisée , » ries, et à tous autres nos sujets , de ils renvoyèrent l'affaire à un autre » quelque estât ou condition qu'ils jour ; et comme , ils s'aperçurent » soient , qu'ils n'ayent plus à im- qu'ils s'étaient eux-mêmes embarras- » primer ou faire imprimer lesdits ses de telle sorte qu'ils ne pouvaient » livres, ne publier, vendre , ne de- se dégager avec honneur, ils déclarè- » biter en nosdits royaume , pays, rent qu'il fallait recommencer la dis- » terres et seigneuries, sous peine pute, et tenir pour non avenu tout » de confiscation desdits livres , et ce qui s'était passé pendant les deux » de punition corporelle , soit qu'ils jours. iVe non damnaretur Ramas , » soient imprimez en iceux nos nouum consilium initur ut db initia » royaume , pays , terres et seigneu- tota disputatio retexatur, et adhùc » ries , ou autres lieux non estants injudicata induceretur , promue nihilo » de nostre obeyssance : et sembla- haberetur(i6). Ramus se plaignit hau- » blement audit Ramus de ne plus tement de ce procédé , ou non-seule- » lire lesdits livres , ne les faire es- ment les Juges faisaient paraître qu'ils » crire ou copier , publier, ne semer le voulaient condamner , mais aussi » en aucune manière, ne lire en qu'ils cassaient eux-mêmes leur iuge- » dialectique ne philosophie en quel- ment : il les récusa ^ il appella de » que manière que ce soit , sans no- tout ce qu'ils pourraient faire. Son » tre expresse permission; aussi de appel fut déclaré nul par François Ier. » ne plus user de telles médisances qui ordonna que les cinq jugés pro- » et invectives contre Aristote , ne nonceraient en dernier ressort et » autres anciens autheurs receus et définitivement sur cette affaire. Les » approuvés, ne contre nostre dite deux juges choisis par Ramus se reti- » fille l'Université et supposts d'i- rérent , voyant bien qu'ils n'assis te- » celle, sous les peines que dessus, raient au jugement que comme té » Si donnons en mandement et com- moins de l'injustice que l'on préparait » mettons , etc. (i3). » (>7)* Les trois autres prononcèrent Qui n'entend qu'une partie n'en- tout ce que leur passion leur suggéra? tend rien : c'est pourquoi il est bon et l'on prévint de telle sorte l'esprit que je rapporte le récit qu'un ami de du roi par de faux rapports , qu'on Ramus a publié de toute la procédu- obtint la confirmation de leur jugere. Ramus , pour obéir aux ordres de ment. Hœc omnia régis, licet omnium sa majesté , comparut devant les cinq regum et humanissimi et litterarum juges , quoiqu'il y en eût trois qui amantissimi , tamen per falsas et imfussent ses grands ennemis. On dis- probissimèconfictas calumnias indue • puta deux îours. Il soutint que la ti , auctoritate con^rma/iiur (i 8). Nodialectique a' Aristote était imparfai- tez que le roi déclare dans ses patente , puisqu'elle ne contenait ni défi- tes , que Ramus 5e soumit du tout à nition ni division : les deux juges ces troja juges , après le désistement qu'il avait choisis déclarèrent par des deux autres. Ce fait est faux , si écrit, le premier jour, que la défini- l'on en croit l'auteur que je cite : car tion est nécessaire dans toute dispute après avoir rapporté que les deux bien réglée (i4|: les trois autres dé- juges renoncèrent à la procédure , il clarérent par écrit que la dialectique ajoute que Ramus en fit autant , et peut être parfaite sans définition (i5). que les trois autres le condamnèrent Le lendemain ils reconnurent par sans l'avoir ouï. Idemque Ramus ipse écrit que la division est nécessaire non sinè stomacho , cùm a tribus Mis dans la dialectique : mais voyant que contumeliosè illuderetur, Jècit , et se Ramus en concluait cru'il avait raison tempora sperare dixit, quibus taies de condamner la logique d' Aristote , judices de suo facto nequaquam pa-
rem essent voluptatem percepturi. lia (i3) Vore% Laanoi, de variî AriatotelU Fortu- ^ „e/ ceHe hominum quorum-
na , pae. 5a. » . . ». '
{iftOmnem disputationem qua vid et ration* CUWfue Opimone ad tempus oppressa procèdent définition* proficisci debere. Audom. (16) Idem, ibidem.
Talcus , in Âcademiâ , apud Launoium , ibidem, (i«) Ex eo aulem consessu te discedere , quia
pag. 58. se non socios contiliis , se d injuriai quat Fatno
(i5) Ad dialectica» artis perfeetionem défini- fieret adhibitos tesUs intelligerent. Idem tione nihil opus esse. Idem, ibidem. (i8) Idem, ibidem , pag. 5g,