‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 89 sur 142 · TOME XII · texte numérisé non relu

TOME XII

45o RAMUS.

causa est. Condemnanturigiturtrium- facilè acquieuU , nequè acerbîus quîc virali sententid, non modà indicta , quant in eum statuit (10). sed incognito plajiè causa, Animad- (E) Ses ennemis firent paraître leur versiones aristotelicœ ( 19). Prenez joie avec un éclat surjtrenant. "] Ils fibica garde que Ton narre ainsi la rent plus de fracas à proportion , que chose , non pas dans un livre anony- les princes les plus fastueux n'enafiecme mais dans un écrit qu'Orner tent après la prise d'une grande ville, Talon dédia au cardinal de Lorraine, ou après le gain d'une bataille très- Si l'on s'y fie , on rejctera comme importante. La sentence des trois juune fable ce que conte Pierre Gai- ces fut publiée en latin et en français land. H dit que François ICr. ayant dans toutes 1

laod. H dit que François ICr. ayant dans toutes les rues de Paris, et dans appris les invectives continuelles d'un tous les lieux de l'Europe où on la put certain Sophiste contre Aristote, con- envoyer. On fit des pièces de théâtre tre Cicéron et contre Quintilien , avec un grand apparat , dans lesqaelavait résolu de l'envoyer aux galè- les Ram us fut bafoué en mille manières - mais que Castellan lui suggéra res , au milieu des acclamations et des un 'autre genre de punition : ce fut applaudissemens des aristotéliciens d'engager ce sophiste à une dispute (ai). Triumphus de tant nobîli uictorid où il ferait voir sa folie par le silence mirijicus agitur, tristis Ma et horrenà quoi on le réduirait. Le roi goûta da triumvirum sententia impressis et cet expédient ; et lorsqu'il eut su la latinâ et gallicd oratione iibeliis , non confusion que ce personnage avait modà per hujus urbis compita, sed per reçue , il se contenta de cette peine, orbis teiTarum loca omma , quo ex- C'est de Ramus que Pierre GaJland pectari potuit (aa) , promulgatur. Luveut parler : mais souvenons-nous di magno apparatu celebrantur, ubi qu'il était son grand ennemi. Chm spectantibus et plaudentibus aristotein hdc schold antè annos octo sophis- teis , omni ludibrii et convitii génère ta,famosus musis iratis natus, gloriœ Ramus afficitur.

popularis siti inexplebili prœceps , (F) On les avait chicanés en plu-

uiristotele , Cicérone, et Quintiliano sieurs manières."] Je ne rapporte pas

stettm

piiusquam prœsentem litterarum sta- autres plaintes ne faisaient pas assez

tum labefactâsset , et ad suant libidi- d'impression , on accusa Ramus de

nem peruertisset; permulti doctrind et pervertir la jeunesse par des semen-

pirlute conspicui homines* audaciam ces d'hérésie et de pjrrhonisme.

tam ptvdigiosam indignissimè tule- Unius primàm accusationem grauis-

runt. Càmque de eo apud regem ita simam audivit , Ramum academtcum

conquesti essent , ut Me , pro sud nominantis , et inauditd calumnid

perpétua in litteras et litterarum pro- describentis , humanarum divinarum-

fessores benevolentiâ , hune indigna- que remmhostem et inimicum, qui de

bundus , ad remum damnatum trire- humants divinisque legibus addubita-

mibu s addicere statueret,regis animum ret , deque Us dubitare discipulos suos

faceti leporis suavitate emollitum , ad doceret : qui lubricos divi Auguslini

tnitiorem sententiamtraduxit. Sophis- locos suis auditoribus ad effrœnatam

tant nugantem et ineptè philosophan- et intpiam libertatem proponeret. qui

tem ab humanissimo vege nullo capi- ( quo Jaciliùs incautis animis abute-

tali supplicio puniendum esse. V eritm retur ) omnes logicas disputationes

cum doctis hominibus coram grauibus toile ret (a4).

disceptatoribus in disputalionis certu- GaIIandlus .„ yhi Petri Caate!la.

men commissum , arguments convin- ni numm ^ pa^ ^ ^ cendttm , et ratione aliqud leviore ad (n) Idem , Talnus , apud Launoium , de varia

sanitatem reducendum. Quorum sen- Aristoteli* FortunA , pag. 59. JJût« aussi U Vie

*MWC" , ... . V. . de Itamus , par Jean Thoma s FrciRins , pas. 1-.

tentia Cum lllum rex inSCltiœ , impu- (2î) C'P<t ainsi qn'on lit dans M. de Liom», dentiœ , et temeritaÙS lUtmnatum , de variâ Aristotelis Fortunâ , pag. 60 ; mais Y m-

silentiique pwnd multatum vidisset , «" Vitâ Rawi , 17 , rapportant l« mf-

1 * me fiti*.*a£ e de Talarus , ait quo etportan potuit.

(îq) Aoaom. Tala;ns, in AcadcmiS , apud Lan- (aH) Fçeigins , in VitA llami , pag. 18 et s~]. iom , de variâ Arwtotclt» Fortun», pag. 69. (34) Idem, ibtdtm , pag. ao. Cela est ttrr de.

ftAMUS. 45t

(G) La manière dont lai et ses col- in parisiensi academid anteregios pro* lègues prononçaient la lettre Q. ] Les fessores usitati : quos barbnrismos si professeurs royaux corrigèrent entre colle g a aliquis imitari nollet , acerbe autres abus celui qui s'était glissé et contumeliosè accipiehatur , qubd dans la prononciation du latin. Quel- collegiiconsnctudinem violare diceques ecclésiastiques suivirent cette retur. E schold regid tum primiim réforme , maigre le chagrin des Sor- quis , qualis , quant us , mihi labonistes contre cette innovation. Mais tinè et romanè sonuerunt, et pudor un bénéficier se trouva fort mal d'à- fuit , regiis professoribus tanquam revoir déplu là-dessus à la Sorbonne : gis ipsius uoei palhm reclamare (a5). elle le fît dépouiller de ses revenus : C'est une aventure si étrange et si il se pourvut au parlement ; et com- incroyable, que je n'ai pas cru que me les professeurs royaux craignirent ie dusse omettre aucune parole de ce- «ju'il ne succombât sous le crédit de lui qui la raconte. Jl en apporte tout la faculté de théologie , pour avoir de suite une autre qui m'étonne enosé prononcer la langue latine selon core plus , et dont ie voudrais bien leur réforme, ils se crurent obligés voir les monumens dans les archives* de le secourir : ils allèrent donc à car sans cela je ne conseillerais à per- I'audience , et représentèrent si vive- sonne d'y ajouter une entière foi , non ment a la cour l'indignité d'un tel plus qu'au procès de kanhanet kiskis. procès, que l'accusé fut absous. Quas Voici cette autre aventure : II fallut nouas turbas innovata pronunciatio contraindre par l'autorité publique peperit? Sub annum millesimum quin- plusieurs docteurs de Paris à renongentesimum quinquagesimum , ciim cer A cette thèse qu'ils soutenaient professores regii sinceriorem latinœ opiniâtrement, egoamat est une aussi linguœpronunciationem senslmintro- bonne phrase que ego amo. Citons ducere cœpissent , molesté Jerebant Frcigius. Increaibile propè dicta est cum alii t tum prœserûm sorbonici , sed tamen verum et editis libris prodiinueteratam loquendi consuetudinem tum , in parisiensi academid doctores Llo rum improbari , ut quee puen extitisse , qui mordicus tuerentur ac didicissent , se nés perdenda fateri co- defenderent , ego amat , tam commogerentur :in primis uerbde sono ipsius dam orationem esse , quam eço amo • litterœ Q ambigebatur: regiis sic , uti ad eamque pertinaciam comprimen-

tiisse (16)

ie pas

choses

kankam. Jam cum sacris addictum au XVI*. siècle dans la faculté de hominem ob genuinam pronunciatio- théologie de Paris, qui la font rougir nem amplissimis proeentibus sorbonici aujourd'hui quand elle y songe. Elle spoliandum curassent , et lite coram en fut bien bernée.

, — — -~ , 7 9 •* " y Tvuuiata uiuu uuc rrcigius n CUt pas

excideret , penculum esset : professo- 8upprimé les circonstances de cette res tegii , et inter hos Petrus Ramus , retraite : je voudrais surtout au'il en facto agmine, in curwm convolant, et eût marqué le temps : mais peut-être

reconsulti de tegibus regiis disputare nee {\ n>y cut pas micux réussi

soliti, ad grammaticorum legesdi- quaild U a dit( } ,es AnimHad

judicandas sese dimisissent , judices uersiones de Ramus furent condam-

ith commoverunt , ut sententns suts nees ran ,5^5 avcc dtrfense a ,eur

non modo saceidotem absolurent , auteur de se mciler de philOSOphie •

secl et impumtatem de grammaiicd * 1

pronunciatio ne dispulandi tacito as- Freigius, in Vitâ Rami t pag.

sensu, in perpetuum stabilirent. Ergb (16) Idem , ibidem.

kis, et ha lis et hantUS, et miki , et (") Tiré <T Agrippa, au cîiap. de Grammaiicd,

s imites eottismi et barbarismi erant est,,e 3e- de son de Vamtate Scientiarum.

0 Vovex la note 8 sar le ebap. 19 du I". livre de

la. bai rangue inaugurale de Ramus, prononcée Rabelais. Rem. crit.

l'dtn m55i. (27) Idem , ibidem , pag. 14.

mais que Ramus , réhabilité Par le roi cation Il est certain que le recteur Henri m à la sollicitation Su cardi- n'avait point déhbere sur cela arec »af de Lorraine , fit une harangue , ceux qtfû savait affectionnés a l'église \\n >546 , deStudiis Philosophiœ et réformée (34).

^Luenfi* co*,™^*. Quoi qu'U (1) C'était un grand auteur ] Je fnsoit il insinue clairement que le n'en veux pomt d'autre preuve que roi n'osant accorder à Ramus une ce témoignage de Brantôme : x\ conprotection ouverte, l'envova à Fontai- tient un fait qu'on «e trou ve pas ail - Slhloau nour le sauver de la fureur leurs. Voici ce que dit Brantôme, en de ses ennemis. Paucis mensibus per donnant la liste des hommes savans veliaua aeometriœ mysteria pervasis- que Henri II entretenait. « M. Ualanset nli cursus industriœ per fatalem » dius Torticolis en l'art oratoire; nuàndam calamitatem abrup lus fuis- » mais M. Ramus son ennemy le pas- %?Mceptisigituraregelitteris,ad » soit , qui estoit un fort disert e reaiam Fontisbellaquti bibliothecam » éloquent orateur , et peu s en est-d nnfectus , mathematicas superiorum » veu de semblables , car il a voit une CW prœlcctiones ab initia pie- » grâce inégale à toute autre, qui «ni* et uberius rétractant et conside- » secourait davantage son éloquence, Zuit (*Q) .. Uœe meditantem solitude » jusques-là qu'au bout de quelque erlorum ne sylva diutïus occulere » temps luy sWant rendu huguenot, non votuit. In ïtaliam tiim cogitavit, » et estant en la compagnie de mesaulipsum Bononia honorificè inuitd- » sieurs le Prince et l'amiral au îat In Germaniam nostram ipsius „ voyage de Lorraine , et leurs Reisiiris mathematum amoribus clarissi- d très qu'ils avoientjait venir ne voumarn sœpè respexit, séduis omnibus » lant passer vers la France qu i s ,e,rormortis intentus ac pavor : rumor » n'eussent de 1 argent , après qu ils etiam Prœlei sui indignis modis direp- » en eurent un peu touche par queltitkm bibliothecœcharissimis quibus- » ques bourcillemens que les hugueaue rébus spoliatœacdepopulatœ, ad » nots eurent faits entr eux , et que reeiam f^incennarum propius urbem » M. Ramus les eust haranguez , ils reîocdrunt : quin alia vis etiam gra- >, en furent gagez et menez au cœur lior accidit, ut è Vincennis per inuia « de la France pour faire assez de ilinera profugiendum esse , et subindè » maux (35). »

uarùs in locis delitescendum : infugâ (K) // était... éloigné de l avance , tamen et latebris otium lucemque re- sobre , chaste. ] Il refusa des profesverit (3o). Eanosius nous apprend que sions qui auraient été fort lucratives, R imus se retira à Fontainebleau pen- et aima mieux régenter dans le colledant la première guerre de religion , ge de Presle où d /avait point de c'est-à-dire l'an i56a(3i). ga*es publics (36) *. Il n acceptait

Une lettre de Languet (3î) , datée point les présens que ses disciples lui de Paris le i«r de février i56a , nous voulaient faire (37) , et il faisait subannrend aue Ramus se mit à la tete sister à ses dépens quelques écoliers de quelques suppôts de l'université (38). Il refusa d'aller en Pologne, quoi- (33) , qui firent savoir à Catherine de ^ lcs islw de rnnive,

Médicis qu'ils n'avaient aucune part sité ^7^rpdpu Boulay, tom. vi, p.g. 549.

à la requête présentée au parlement &\sent au contraire que Ramus seul combattit If

mr le recteur, au nom de toute l'u- projet d'envoyer une deputation à la cour i

par le recieui , a F de8 Mnt^meas de l'université.

¥iîvpr«iîté aux uns que 1 on ne pu- 1W * , -.-j bUatTsVéditdc^v^r et qu'au

contraire ils en demandaient la publi- tom 7/< pag, 55.

, , , (36) Thom. Freigiu», in Vitâ Rami, pag. 15. (a8) Henri U ne commença de régner qu en m% deWtnde avec qaoi Ramu» fit «» lirait i54-;. Ramus fut interdit l an béralités et se* économies, s'il n'avait pas de g»- (arj) Freigtns , in Vitâ Rami , pag. a6. publics. Pour prouver qu'il avait des ga?«. (3o) Idem , ibidem, pag. 38. \\ assure qne Ramus n'avait point eu de patn- (30 Banosius, in Vità Rami , pag. ao. moine. Quelle qu'en soit l'origine (patrimoine ou (3a) La LXVIII du W. /.Vre, /dition de gages) le bien qu'il faisait n'est pas conteste. H II finn. 0") *demt ibidem.

U ' . . ^,..~~t A»r 0tt P#- (ïk\ Solebat in vatriam proficiscens bon* i»- (33) Eorum qi» rectorem accusant dux est ^ W * ' ? fU'is sumptibus fort,,; trus Bamus. Languet. , epu*. LXVIII , hb. //, dol ,^ "«^Jg p#wW ^ tnformaict p<>%. aoi. '

qu'on lui promit de payer libérale- évitait comme un poison les conver-

ment les éloges qu'il donnerait au sation9 malhonnêtes. Cœtebs vixitho-

duc d'Anjou. * Il répondit que l'élo- nestirsimè , ab scortalionis non tar*~

quence ne doit pas être mercenaire , ihm crimine , sed etiam suspiciotjfc

et qu'il faut que la qualité d'homme semper immunis : eolloquia obscœna

Ramo , ut s£cum pruficisceretur ad dans ses disgrdces. ] Tout autre que Henrici , qui nuno est , Galliarum lui eût quitté Paris après l'arrêt fouregis laudes deeantandas , magno droyant de François 1er.* dont ses adpretio persuadere conatus est. At ve- versairesse glorifièrent avec tant d'inroy ait , oportet oratorem non tantùm suites > mais il tint bon dans le collège dicendi peritum , sed uirum bonum de Presle, et les laissa criailler ta ut esse : nec uiri boni lingua uenalis esse qu'ils voulurent. 11 ne répondit rien débet (39). Nous apprenons là un fait aux écrits qu'on publia contre lui. Il digne de remarque : c'est que Monluc n'aurait osé, me dira-ton; car le se voulut servir de l'éloquence de roi lui fît défense de rien dire <j ni Pierre Ramus pour éblouir les Polo concernât la philosophie. Mais, réponnais , afin de leur donner plus d'envie drai-je , s'il n'eût pas eu une grande de choisir le duc d'Anjou pour leur force sur ses passions , il s'en fût alré roi ; car il ne faut pas révoquer en hors du royaume , pour avoir la lidoute cjue celui <jui fit à Ramus la berté de se défendre. Le silence «*st

Ïiroposition que j'ai rapportée , ne fût peut-être la chose du monde la plus e même Monluc, évêque de Valence , difficile à un auteur attaqué et déc^ui négocia si heureusement l'élec- chiré de toutes parts. Voilà pourtant tion de Henri I J I , et qui se servit en- une chose dont Ramus a été capable, tre autres moyens de l'éloquence de Laissons-le dire à un auteur qui l'a. quelques personnes qui élevaient exprimé fort bien. Adversùs contujusqu'au ciel par leurs vers et par melias doctorum quamlibet eteruditoleurs harangues les qualités du duc rum kominum perpeiuum silentium d'Anjou. 11 eut le bonheur d'éviter le jurauerat. IVil ùoveano , Gallandio , piège d'une maxime d'Horace (4o). Perionio , Turnebo respondit : nilin- La tempérance de Ramus fut exem- 8enu' et doetrinœ per universam Gerplaire : il se contentait du bouilli ; il maniant principi Melanchthoni res^ mangeait peu à dîner ; il fut vingt pondit : nil aliis Germants , nil Italis ans sans boire du vin, et ne commença nonnullis respondit. Càmque dîvuld'en boire que par ordre des médé- 8atis Per orbern terrarum gallicd et cins ; il couchait sur la paille 5 il se iotind lingud probris esset notants , levait de grand matin (4 1) ; il étudiait puhlicis ïudis ignominiosissimè tratout le jour (4a) ; il garda le célibat d**ctus : consttictd lingud, uinctis maavec une pureté qui ne fut pas même nihus prohibitus quicquam de philososoupçonnée de quelque tache : et il P"** vel publiée vel privallm dicere ,

scribere , cogitare etiam (si menti tan-

disciplinas : ex quorum numéro plerique supÊr- tùm potuisset imperari ) pmhlbituS

sunt viri doctissimi. Banosius , in Vitâ Rami , esset : advenus tant a s tôt acerbitatum pae' plaças unicum patienliœ remedium

aJ3ïïJ?T^n!^:ï£j in <"»"»°?ue — V-ri/W

fut tué quarante-huit jours après la mort de Si- habuit :

gismond Auguste , arrivée le 7 juillet iSni. Il au- „

rail pu ajouter que Henri , duc d'Anjou, au nom GcaU »upe,v«n,et » 1** n0° «perabitur Lo~

duquel le texte de Bayle donne à croire qu'on ap- ra (44)'

pel. Ramus en Pologne, ne fut élu roi que le 9 ^ auteur a ouhHe' une circonstance

(3g) Idem, ibidem, pag. i3. qui pouvait donner un grand relief

(4o) Multafidemprotnissa levant, ubi pleniiu à CC triomphe , je VeUX dire à la force cequo

vénales qui vult extrudere merecs. (4i) Ibidem.

?°rât* * epi*t* " 1 /7' VS' I0* * Leclerc prétend que Bayle exagère ici pour

(40 Banosius , in Vil. Rami , pag. 11. faire valoir Ramus. •

(40 ItUm , ibùlcm. (44) Frcigius , in Vit» Rami , pag. 34.

de se taire , dont il loue Pierre Ra- Il est vrai qu'il Pavait fait drun air mus. Ce professeur recouvra au bout un peu trop altier , et qu'il avait te'de quatre ans la liberté' de la plume , rooigoé trop d'affectation de dénouiletlalihertédela langue» par rapport 1er ce philosophe de toute sa gloire : à la philosophie. Il nous l'apprend il lui ôtait autant qu'il pouvait les lui-même dans la première harangue ouvrages qu'on lui attribue , et quand qu'il prononça depuis qu'il l'ut p rotes- il le reconnaissait pour* l'auteur de seur royal. Misero rexJlenricus, Uer- quelques-uns , il en condamnait la cules videlicet Gallicus, adjuit, me- doctrine, et passait jusqu'à l'invecque quarto abhinc anno ad poslulatio- tive contre la personne, par la desnem Caroli Loiharingi cardtnafis , cription odieuse des vices et des acetmanibuset lingud solvit, solutpaue tions d'Aristote (48). Voyez les deux eloquentiœ et pluiosophiœ doce/idœ , harangues que Périonius publia l'an exerce ndœ , iltuslrandœ , poteslatem i544*

fecit (45). Voici d'autres preuves de (M) Son dessein fut . . . renversé sa constance. La première fois cru'il ,fans Un synode national. ] Il voulait expliqua sa logique dans le collège introduire dans l'église le gouvernede Cambrai, les émissaires de ses en- ment démocratique : il prétendait nemis n'oublièrent rien pour lui faire que la puissance des clefs, conférée perdre patience , et pour le con- au peuple par Jésus-Christ , ne doit traindre d'abandonner sa leçon : ils être commise aux consistoires , qu'asifflèrentj ils firent des huées ; ils fin qu'ils forment les premières délîbat tirent des mains et des pieds, bérations, ou les premiers jugemens,. En vain : il ne se déconcerta pas ; il qui soient ensuite proposés au peuple, s'arrêtait de temps en temps jusques et qui ne puissent passer pour loi à ce que les cris cessassent, et il qu'en cas qu'ils soient confirmés par acheva ainsi sa leçon à plusieurs re- les suffrages des chefs de famille. 11 prises. Cette fermeté les étonna , et disait qne sans cela l'on introduisait rabattit dans la suite leur audace, dans l'église l'oligarchie et la tyran- Anno i55a , cum in Cameracensi nie. Son sentiment fut examine dans schold frequentissimo audilorio suam ,in synode national (4ç)) , qui le rejeta. dialecdcam auspicaretur , ab œmulis Théodore de Bèze travailla de toutes ctamores , strepiius , sibili intentes ses forces à la rejection de cette déper summam petulantiam excitari m ocra lie ecclésiastique, qui dans le eœpére* Hdc insolenliâ nihil ipse per- vrai serait une source de confusion, motus , cum se oratorem prœstitit, ut et une pure anarchie. Il craignait que, multum diuque licet obnitentibus ad- s{ Pierre Ramus n'aquiescait au jugeversarus , per interyalla tamen cla- ment du synode, cela ne causât morum , incredibili constantid , nec beaucoup de troubles ; car il le preminori cum glorid perorârit. Qud nait pour un grand brouillon. Voici ejus virtute consternati inimici , in ses paroles : Pseudodialecticus Me, posterum minus ei fuére moUsti (46). quem $£ov *p«oç jampridem docti multi On lui fit les mêmes insultes à Hei- cognomindrunt , conlentionem non delberg , et avec aussi peu de succès , pàrvam excitavit de lotd ecclesiastipendant les leçons qu'il y fit l'an i568 cà* tôr&ÇU , quam inquit democraii- (57). Cela nous montre qu'il s'était Cam esse opportere , non aristocrate rendu odieux à pl usieurs personnes cam sola irpofiwKiùpL&TcL presbyttrio en Allemagne aussi-bien qu'en France, relinquans. Synodus ob eam causant. pour avoir osé écrire contre Aristote. Nemausi ineunte maio coacta , cui

etiam interfui % dogma istud plane ,

(45) Ramas, in Oratione habita anao i55i , meoiudicio .absurdumet perniciosum, circa mit., pag. m. 7. r . .• * • - 1 1

(4(^Frrigi«;,nViUR.»i,w34. rcfutaUs contrats omnibus argu-

(47) Proinde minus débet mirum videri, si dum mentis damnait , CUI SI cum *UIS

librru Ircatione regupermissu, tertio civilibello pauculis ille obseqitatur, oene cru :

ardente Gallidfungitur , in Heidelbergensi aca- sin TninÙs , certc lurbas dalit homo ad demid principali autoritate ad projîtendum adductus , consimiles (finulontin clamores invicto

animo pertulit, tantd quidetn constantid ut ad- . (48) r»r" Keckerman , in Precogmli» Lo6i-

wrsarios sua petulantiœ pudere meritô debueriu C1" > P^- O5 » lA

Wcm , ibidem. (4o) Tenu a Nimes , au mois de mai i5~j2.

turbanda op tinta quœque comparait** on Ta va ci-dessus (56). III. Ce qu'ils

(5o). Ramus n'était pas assez fou pour disent de la fondation d'une chaire

demander l'abolition de la disci- de mathématiques est vrai ; mais on

pline: il attaquait seulement la juris- est porté à croire par leur récit que

diction des consistoires et des syno- Kamus pendant sa vie faisait compter

des; il pre'tendait que le peuple de- cinq cents francs toutes les années à

vait juger de la doctrine, choisir les celui qui remplissait cette chaire. Je

le pouvoir des démagogues d'Athènes, revenu , pour être comptée au proou celui des tribuns de Rome : car fess'eur qui serait choisi conformécomme il était fort éloquent, il eût ment aux conditions qu'il avait presexcité dans l'assemblée du peuple crites. Son testament est rapporte telles passions qu'il lui aurait plu. tout entier par Banosius (57) : Û le fit 1 lie nescio quem adeb christianum po~ le 1er. (58) d'août i5G8, étant prêt à pulum somnians ut semper a Spiritu s'en aller voyager pour voir les aca- Sancto regatur , solaque irpet/èwxw- démies étrangères. Il ordonna, parce pt*vetpresbyteriorelinquens, nihilvult testament, que des 700 livres de ratura haberi , nisi quod prœsens po- rente dont il jouissait sur Fhotel-depulus rogatU expressisque suffragiis ville de Paris , cinq cents servissent decreverit , quod ni fiât , clamitat oli- de gages à un professeur qui enseigarcliiam ac tyraknidem invehi in gnerait pendant trois ans f'arithmé ecclesiam , nihil interea ochlocratiam, tique, ta musique, la géométrie, reformidans , in qud nimirum ipse , et l'optique, la mécanique, l'astrolo ejus similes dominentur. Contendunt gie, la géographie, dans le collège Udem quibusvis etuun Utwrtttç prophe- royal ; et il nomma pour le premier tandi partes in ecclesid concède ridas , professeur qui jouirait de ce revenu , hitc detorto Pauli loco ex cap. pria- Frédéric Reisnerus. Il y a sur ceci une ris ad Cor. 14 (5a). . faute si puérile dans les Recherches

(N) Je ferai quelques petites obser- de Pasquier, que je n'ose la reprenvalions sur le récit de MM. Moréri et dre. Ce docte homme avait par un Teissier. ] I. J'ai déjà marqué (53) long travail de quarante-cinq ans leur méprise touchant le pays de tiré de son épargne cinq cents livres l'aïeul de Pierre Ram us. II. Ils rap- de rente (*) a prendre sur l'hôtel-de* portent une faute de M. de Thou ville de Paris , dont il légua cent sans la corriger. Ce grand homme livres h un sien oncle maternel; cent suppose (54) que Pierre Ramus avant autres a un sien neveu , enfant de enseigné les belles-lettres , la philo- sa sœur utérine , et les cinq cents sophie , et puis les mathématiques , livres restons à celui qui par son sa~ dans le collège de Presle , et ensuite voir se trouverait le plus digne île la dans le collège royal , forgea enu'n chaire des mathématiques (Îk)). Voilà une fausse philosophie opposée à ce que dit Pasquier ; voilà un exem- Aristote (55). Il se trompe: Ramus pie de ces absences de jugement dont débuta par attaquer Aristote , comme j'ai parlé autrefois (6c») : celle-ci est

pire que si l'on disait dans une aildi-

(50) Tbeodor. Bexa , epist, LXVII : elleestda- i-n J^-;»Umiît;,ril« 3 rrt:c «y. -,4

ufl du i«. de juillet i57a. *loa d. arithmétique 5 lois 7 lont 22.

(51) Contendebat non adversîts disciplinam , Pasquier » devant ses yeux une sed pénis quos esset ecclesiastica gubernatio : vo- -

lebat enim non pênes paucos , sed penès univer- («>) Dtins lf remarque (D).

sont ecclesiam esse judicium doctrine, electio- (S;)/'» Vitâ Rami , pag. i5 et seq.

t ministrorum, excommunicationem , et ahso- (58) Et non le 8 , comme l'assure Pasquier, Re-

nett

lulionem. Simler. , m Vit. Bullingeri y folio 45. cherche» de la France, liv. IX, châp. XIX,

(5a) Theodor. Beia, epist. LXVIII, de tné*„ie pag. m. 835.

date que l'autre. (*) I-es dernières édition* des Recherches de

(53) Dans la remarque (A). Pasquier sont très-fautives , nommément celle de

(54) Thuank, lib. Lll, pag. 1078, ad ann. Paris, i6'f3. Cependant on lit dans celle-ci , sept xS^a. Sponde fait la même faute, ad ann. iS^a, cents livres , cl non pas cinq cents livres. C'est h num. i5. la page 835. H», ceit.

(55) Postremb erroneam in philosophicis doc- ( 5çi) Pasquier, la même.

triuam invexit , Aristotelem voce et scriptis im- (60) Dans l'article CiTtua, ton. IV , pag.

portunè oppugnans. Idem Thuanus, ibid. 58a , remarque (C).

somme de 5oo francs : il en été cent touchait au but ; car assurément d'un côté , et cent de l'autre , et néan- Pierre Ramus ne s'attendait pas que moins il y trouve encore 5oo francs : Bèze lui fût favorable , et il n'avait

il lit et relit sa période sans voir le point de raison de s'y attendre. On mécompte. Si ce n'est pas lui qui a lui fit néanmoins des c<

icomplimens ; on

nous donc les quarante-cinq ans de étaient remplies ; les fonds destinés

son travail et de son épargne? Le aux gages des professeurs ne nou-

père du Breul (61) suppose que Ra- vaient être augmentés ; et l'académie

mus ne légua que cinquante francs à était résolue à ne point souffrir

son mathématicien. IV. M. Moréri a d'autre système que celui d'Aristote.

raison de dire que nous voyons dans Duo tantum obstant quo minus quod

les Lettres de Bèze , que Ramus sou- optas , et nostrum collegium alioqui

haitoit de se retirer h Genève, où il vehementer cuperet, commodè nunc

demandait (Tes ire professeur en phi- confici posse videatur. Unum , quod

losophie. Les deux lettres que Bèze nuîlus nunc sit in scholâ vacuus lo-

lui écrivit sont remarquables , et té- eus , nostrorum vero tenues adeb ac

moignent clairement que leur ami- penè nullœ sint facultates , ut nec

tié était fort petite. La première de aubère possintprofessorum numerum,

ces deux lettres est datée du 3o de nec constituas antea stipendiis , quœ

septembre 1 569. On y satisfait à sanè perexigua sunt , quicquam ad-

quelques plaintes de Ramus; mais jicere ; alterum, quod nobis oertum

c'est en lui déclarant que l'on con- ac constitutum sit et in ipsis traden-

damnait sa logique , et sa maladie in- dis losicis , et in cceteris explicandis

ve'térée de censurer les plus grands disciplinis , ab Aristotelis sententid

auteurs ; et qu'on approuvait ses ad- ne tantillùm quidem deflectere. Hœc

versaires. Illud ego multis sœpè dixi, ad te ingénue scribo ex vetereformu-

el ad teipsum scripsi non temerè, ut la. Interbonosbenèagier oportet(6$).

nem judiciorum aleam posilis scripto- tait un Genève, il ne put l'avoir.

ribus reprehendendis cacoëthest pro- V. M. Teissier nous apprend ceci sur

bare nunquàm potui , ac ne nunc les vocations que ce philosophe re-

quidem possum Miror autem a fusa. Après la mort de Romulus

me requiri quod tam multi doctissimi Amasée , la ville de Bologne lui of-

viri tam accuratè et verbis et scriptis frit mille ducats pour P obliger à rem-

prœstiterunt , quibus summo consensu plirsa place. Le roi de Pologne td-

tuas in AristotelemAnimadversiones cha de C attirer à Cracovie. Jean, roi

prorsùs displicuisse non ignoras, de Hongrie, le demanda pour lui do n-

Cum istis si ferre non potes ut a te ner la conduite de l académie de

dissentiam , tuo sanè judicio fruere W eisemburg (65). Ces paroles de

(6a). Voilà les douceurs que Bèze lui M. Teissier répondent à ce latin de

écrivait. Dans l'autre lettre il se Banosius. Nulla est christiani orbis

plaint que Ramus ne lui ait point natio quœ Rami sapientiam non ama-

communiqué son dessein touchant le verit, et praemio laudando redimere

professorat en philosophie dans l'aca- studuerit. A misso enim Romulo A ma-

demie de Genève , et il prend cela sœo , qui mille ducatorum stipendiis

pour une marque de défiance (68). Il ^uam alio rogari ^m komines

soient , sed quod indè conjiciam te nonnihil de (61) Antiquité» de Paris, pag. 568, édition de tneo in te animo dubitare cetpisse. idem, epist. Paris, 1639, «"*4°- XXXVI. Elle est dat/e du i«. de décentre

(6a) Bexa, epist. XXXI V. i57o.

(63) Mnllem ex te ipso luiim hoc de ornandâ (f>4)Beza , epist. XXXVI. nostrd schold consifiwn quàm ex amicis inteU (65) Tessier, Additions aux Kloges , tom. /,

lexisse, minime id quidem quod abs te vel qtto- pag. 373, 374»

i RAMUS. 4^7

in ccleberrimd bononiensi academid tout l'empire de la philosophie, toto

docuerat, Angélus Papius totius philosophiœ regno. VII. M. Moréri

académies consensu illum in demortui ajoute qu'on / accusa d'hérésie à

locum evocavit. Ab Andred Duditio cause du Hure intitule : De Religione

imperatoris legato Cracoviam est in- ebristianâ , qui fut imprimé à tranc-

vitatus. Johannes rex Pannoniœ Al- fort quelque tems après sa mort. Ce

bœ Juliœ administrandœ magnd pro- livre ne lut point connu pendant la

positd mercede prœficere voluit , et vie de Fauteur : on en sauva l'origi-

petite censure, Romulus Amaséus Je crois qu'on peut défier tous les mourut Pan i558 *, plusieurs an- amis de M. Moréri de prouver que nées après que le pape Paul 111 l'eut jamais Kamus ait souffert aucune tiré de la profession de Bologne, persécution pour ce livre-là. On avait Ramus ne fut donc point appelé »our assez d'autres preuves qu'il était bon remplir la place que la mort de ce protestant : une harangue publia Romulus laissait vacante ; il fallait une action qui sentait un peu 1 i

ue , îco-

nomuius laissait vacante $ u iaiiait une action qui sentait un peu i îcodire qu'on lui offrit cette profession , noclaste (70) , et la réponse qu'il fit lorsqu'Amaséus la quitta pour aller à un important qui lui demandait instruire à Rome le petit- lits du pape pourquoi il allait à la messe si rare- Paul III. Que si elle ne lui fut oilèrte ment, l'en pouvaient convaincre, qu'après la mort d'Amaséus, il fallait Hujus zelo inflammatus, publied conduire simplement qu'on lui oflrit à cione parisiensis scholœ monachos Éoloene un emploi trés-honorable et graviter admonuit , ut puriorem theotrès-lucratif , celui- même qu'Ama- logiam ex Evangelio , reliais sophisséus y avait eu autrefois. Car enfin tarum lacunis , aiscerent. Jdola gymc'est nous tromper que de nous dire nasii Prœlei amoveri et recondi jusque Ramus refusa la chaire que la $it ne conspicerentur. Missœ autem mort de Romulus Amaséus laissait nxro intererat. Interrogatus verb hdc vide : c'est nous débiter que Romu- de re à viro gravissimo , strenuè res- 1 us Amaséus mourut à Bologne dans pondit: È toto V 'etereNovoque Testasa profession \ or cela est faux. VI. mento nihil quidquam magis à novissi- M. Moréri se trompe, quand il dit mis christianis aepravatum et corrup' que par le jugement que les commis- tum esse , quam secundummandatum saires de François 1er. rendirent , Ugis et cœnœ sacramentum , ut ho- Hamus fut banni. On lui défendit mo in ut roque per speciem religionis seulement de se mêler de philoso- in exsecrabilemidololatriamlaberetur phie ; et tout aussitôt il se mit à en- (71). 11 se tint caché pendant la preseigner les belles-lettres dans Je col- mière guerre civile : il suivit le lége de Presle. Je m'imagine que ces prince de Condé dans la seconde ; et paroles latines d'Orner Talon auront ^1 professa hautement eu Allemagne, trompé ou M. Moréri, ou ceux qu'il pendant la troisième, les sentimens de a copiés. Auctori Animaduersionum Calvin. Il communia à Heidelberg et Inslitutionum toto philosophiœ avec ceux de la religion (7a). 11 dit regno velut aqud et igni, gravi etiam entre autres choses dans une harangue pœnd additd , interaicitur , ne un- publique à Bâle, qu'il avait eu le quam vel scribe ndo , %>el docendo in bonheur de la composer au même ullam philosophiœ partent ingredere- (68) B,BOsill. , in Vit* Rami , pag. *8.

tur (67). Faute d attention, quelqu'un (69) L'édition dont je me sers est de Francfort,

s'est imaginé qu'on bannit Ramus de l594 maùîjp Vie de .Rama» 91» »t à bitte,

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