‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 91 sur 142 · RANGOUZE · texte numérisé non relu

RANGOUZE

dit : Les jésuites ont fait imprimer en nés qualités naturelles ou acquises. ] Van i5o,5Ze (*) plaidoyé de Persoris r Toutes les langues se peuvent plainluy , voulant tourner en envie cette dre de leur stérilité ; les unes plus , cause contre l'université, met en les autres moins : elles la sentent priuavant non que Mercerus , ains Ra- cipalement par rapport aux choses mus et Gauandius s'estoyent rendus qui sont privées de la perfection qui solliciteurs de cette cause; mais cela leur est due. Si cette perfection est fut trouvé si esloigné de toute veri- une vertu morale , on nomme roauvaisimilitude , qu'on l'estime une hy- ses ces cboses-là ; si elle est une vertu perbole , pour l'inimitié ouverte qu ils physique , on leur donne aussi le s'estoyent portés de tout temps , la- nom de mauvaises. D'un autre côté quelle les accompagna jusques à la on nomme indifféremment bonnes mort. Inimitié dont Rabelais , Lucian choses celles qui possèdent la vertu de nostre siècle , en la préface de morale de leur espèce , et celles qui son III*. livre, et depuis ce gentil poète possèdent la vertu physique de leur Joachim du Bellay , en lun de ses condition. Un juge inique est appelé plus signalés poèmes , s'en moquèrent mauvais juge $ un peintre ignorant est par placards exprés qui sont les plus appelé mauvais peintre ; on appelle beaux de leurs livres. D'ailleurs Gai- bon juge celui qui est éauitable, et landius ne fut jamais autre que de la bien éclairé 5 on appelle bon peintre religion catholique , apostolique, ro- celui qui sait faire de beauxiableaux. mai ne. Pasquier oublie le meilleur Nous sentons là qjue les mots nous moyen de réfuter ce plaidoyer , c'est manquent (1) , puisque nous sommes que Gallandius,radversaire de Pierre, contraints de désigner par celui de Rarous, était mort depuis cinq ans * , bon , et par celui de mauvais , cent lorsque Versoris plaida la cause des choses d'une nature très-différente, jésuites (q4)- Rabelais n'est pas bien On ne doit donc pas s'étonner que cité; il fallait citer la préface du j'aie mis au nombre des bonnes eno- IVe. livre. ses l'industrie du sieur Rangouze ,

{*) Au feuille* *4 et 3a du Plaidoyer d* Ver- après l'avoir exclue du rang des versoris' tus morales. Elle est bonne au même

• Letlerc observe que Bayte a été ici induit eu eens que nOUS donnons Cet éloge à la

erreur par Pasquier, qui a confondu P. GallanJ. ;* • ^ » i x liA„ïA ,', IV

mort en iSS^ .*« Guillaume G.Hand , sou memOire , a la Vue , a 1 OUie , a 1 C-

successeur. Ce fut ce dernier qui T en i5â4, solli- dorât, etc., quand Ces facultés ont

ciu avec Ramus contre les jésuite*. ]a perfection que la nature leur a

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en langtte grecque y mourut le 3i à août i55r). excepter même celle des ruses et d *NrnrT7i? , <• • aes tromperies, est une espèce de R A JNGOU^E, auteur français perfection . la subtilité de l'esprit sous le règne de Louis XIV , ne est un avantage naturel , tout com- 1 n'est point connu par ses beaux me *a stupidité et la sottise sont de

endroits; car on ne nomme point «"f^ ^Perfections. Moralement . „. \ , a . parlant . la science des tromperies

ainsi 1 industrie avec laquelle' un B>e8t ni bonne ni mauvaise ; mais auteur sait mettre à profit ses physiquement parlant, c'est une fort épitres dédicatoires et ses flat- bonne qualité , c'est un avantage ,

teries. Ce n'est pas que cette in- £est une P?rf?ct">n- Vf^t i A . * " . . d esprit qui n est capable ni de trom-

dustne, tres-mauvaise morale- per ni d'éviter d'être trompée , est ment parlant , ne puisse tenir physiquement parlant un défaut . et un rang fort considérable parmi une mauvaise qualité. Si Ton réduit ce qu'on nomme bonnes qualités ^^^X^a^\t naturelles ou acquises (A). Le mauvaise chose; c'est un crime pu sieur de Rangouze la possédait nissable ; mais quand on punit sur

éminemment (B)» COmme il pa- {i) Note% que la paresse de l'homme et le ca-

„.,îâ„^ . * priée de l'usage se mêlent aussi de cela ; car n

raitia par mes remarques. Von voulaitjon trouverait d'autres mots pour

{ li\ Z> • > , désigner un peintre qui entend ou qui nenUmt

(A) l'arnti ce qu on nomme bon- pas son art.

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la roue certains voleurs dont l'indus- à des bagatelles. Voici ses paroles : -trie , et d'autres qualités naturelles Qui ne sait d'ailleurs que des raisons étaient parvenues au souverain de- très-solides nous attachent quelquegrë de la perfection en leur espèce , fois à des ouvrages qui semblent ne on ne laisse pas d'admirer ce qu'il y Cétre pas , et qu'un devoir caché et avait en eux de bien physique ; on obscur remporte souvent sans injustice déteste seulement le mauvais usage sur cet autre devoir public et éclaqu'ils en avaient fait. Disons donc en tant? Cet homme que vous blâmez a général que l'adresse de s'enrichir , trouvé peut-être que pour rétablir sa soit dans les finances , soit dans le c/i»^ ««* «•"•»<>'- «/»..*. — .uf„~-

peuvent faire les hommes. 11 faut dire chansons qu'à des traités de morale

la même chose de l'industrie d'un et je politique. Si cela est, je le dirai

auteur qui s'enrichit par le travail hardiment , la morale et la politique

de sa plume et par la souplesse elles-mêmes lui ordonneront de faire

avec laquelle il traûque d épîtres des chansons ; et c'est une injustice

dédicatoires , et d'exemplaires en- sans exemple de condamner les oc-

vnvés deca et delà. Vous ne sauriez cunations d' autrui dont on ne. sait

vrait sauf blâm suites tribuent

à cette classe d'auteurs j car us n au- „ en pr0se de nostre temp~. câblent point de tous les traits satin gt ^ ^

ques que Furetiere a rassemblés dans Reuulit accepta, , regaU numisma, Philippos. sa Somme dëdicato^^/^.^1 > » Parla règle de l'Évangile... un arbre

chargés d>ne nombreui^PlnUV „ est bon , qui porte de*si bons fruits, sans patrimoine , sans pension du ^ d ^ ^ ^

public , n ont point d autre voie de x des . ^

subsister que les revenus de leur d 'dont le Aoétes parlenttant,

plume Onéreuse alors la -mulMi- ^. bien d

rire de leurs dédicaces , et 1 on admi- J 1 T. - .

eue ac mur» «ui , ioll„0 » un scoliaste grec de grande foi et

re bien moins uue chacun de leurs , © . , *> ,

ouvraL solt divise en plusieurs to- » « 6™?e autonté cet arbre ne

mes Jedié*" autant de gens diflé- » P°ï**it les pommes d'or qu'en sa

"os et que les secondes éditions " »«"»'.•' non Pas, tou e 1 annee

qliîorn'fdmfr; qu^sTennenfa «ri. Elle par.e d'un auteur ?ui que i wu u-«i m i^-ni... froi$ épîtres toutes prêtes pour un

bon de trouver au bout^ *• ^ m^ f^re, ,rofs personnes fort me la subsistance honorable de leur Jff 'en condition et en mérite :

femme et de leurs enfans et ; que Jl employer celle dont il

m le OnXnd en leur faveur une «"« «*Xg»- f , ^i'it ™ „,.*„„ bel esprit a proposée, personne. Et en effet d ded.a le li-

(*) EHf est imprimée h la fin du Roman bour- Elle dit ensuite, qu'u/t auteur, qui

«0,5. ^r^TrT7r7f^0^fZ (î) Prison . Di-conr. sur les Œuvre, d«

latine dans la préface d\"£»™^^ M. Sarraiin , pag. m. 3g *r 4».

" ^ ' (4) Ccur , lettre L * I. /* , „. u S.

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