RAOUL
toutes les grandes affaires de son II fit encore rebâtir Châteautemps (g) ; et ce fut lui qui cou- Gourdon dans le Saisseau. Cette ronna dans Limoges , roi d'Àqui- ville était de son patrimoine i il y taine, en 855, le jeune Char- mille corps de saint Satire ; ce les , fils de Charles-le-Chauve qui a donné occasion au nom de (h). Il se trouva avec le même Saint-Satur , qu'elle porte au- Charles-le-Chauve au concile te- jourd'hui Elle est située pronu à Savonières , proche Toul , che Sancerre , qui était le chefen 859. La manière dont les pères lieu de l'autre partie du Saisseau , de ce concile en usèrent avec lui, possédée par Wïfroi, comte de et les termes soumis dont ils se Bourges , et que sa fille Agaue servirent à son égard (t), font porta en mariage à Robert , frère connaître qu'il était d'une très- d'Ingeltrude , femme de Pépin grande considération à la cour Pr., roi d'Aquitaine (r). Ce Roet dans le clergé II fut un des bert est le même que Roberfc-learchevêques choisis par ce conci- Fort.
le pour juger sur les plaintes Un ancien auteur (s) nous
que Charles-le-Chauve fit con- apprend que saint Raoul gouver*
tre Wénillon , archevêque de na le peuple qui lui était soumis
Sens (k). Il s'était trouvé, en 855, avec tant de prudence et de gran-
auparavant au concile de Meaux deur d'âme , qu'il pourrait avec
(/), et il assista dans la suite à justice être appelé, par tous les
celui de Tusei , en8>o (m), et grands de l'Aquitaine, le père
aux assemblées tenues à Pistes , de la patrie (/). Il eut un soin
en présence de Charles-le-Chau- tout particulier de son clergé ;
ve , ès années 862 et 864 («)• H et ce fut pour l'instruire et pour
fondade son patrimoine plusieurs l'édifier qu'il composa quinze
abbayes, celle deDèvre enBerri , canons ou ordonnances, que M.
transférée depuis à Vierzon (o); Bal use a fait imprimer. Il en fit
celle de Beaulieu en Limousin j encore quelques autres que le
celle de Végennes dans le même même M. Baluse promet de donpays , et celle de Sarasac en Quer-
ci. Ces deux dernières sont rui- M, H»1- de »aint MartU,« ///e- P***>
, pag. Si5.
neeS {p)> (r)Domini, AnsbertiFamilia'redmTa. Du
tom. I, pag. ï5l et i5*. Patriarch. Bituri- Bouchet, Véritable Origine de la mai-
e„, cap. JUW ««Biblioth Lahb.,<om./J 80n <le France. Labbe, Tableaux genealogi-
Pafc 1À Thaumù*sière , HUt. du Berri f pag. (f ) Fragment™ Vit. saneti Jacobi Eremit.
\T' r ° relatum in Patriarch. Bituncensi , cap.
(À) Besli, Hist. des comtes de Poitou et LXyiI , Labb. Biblioth., iom. I.
Annal. Bertini , ad ann. 855. (0 Intereà vir Domini Jacobus inter lot
(i) Sirm. concil.Gall., tom. III. Cap. XI % prteclara bonorum operum exerâlia illus-
pag. lâi. tralus gratiâ divinâ prœdixit obitum prats-^
{K) Ibid.y pag. 144. tantissimi pontificis Rodulphi , qui insitâ
(//Sœc. BenedictuslV, tome II, p. i65. sibi prudent iâ , animi quoque nobiiitate,
(m) Sirm., Goncil Gall. Tome ///, pag. sua tempestate plebem sibi credilam oplimè
Ig0- regens, merilà paler patria à cunctis Aqui-
(n) Ibidem. taniœ Gentis Primorifms dici poleral. Idem
(0) Cron. Vierzon. , in Biblioth. Labbe , refertur in Vilâ Sti. Jacobi Eremil*, apud
tom. II, Act SS. Beoedict. Sax. IV, ton. Mabillonium , S*tc. Benedicl. IV. tom. Il ,
// , pag. i58rt seq P<*g- *5(S, in Elog Hist. sanct Hodul. Archi.
(p) Ibidem. Bitulic.
464 RAPHELENGIUS.
ner. Il est le premier archevêque faire son vassal (bb). Ranulphe»
de Bourges que nous sachions frère puîné de Godefroi , conti-
incontestableraent avoir été jpa- nua la postérité. La branche aî-
triarche et primat des Aquitaines née de ses descendans finit à Sol-
et des Narbônnaises (a). Ce fut à pice , qui porta Turenne par
ce sujet que le pape Nicolas Ier. mariage dans la maison de Cora-
îui écrivit un longue lettre qui bo m (ce). La branche puînée,
nous apprend que les primats ne qui a pris le nom de Souillac ,
devaient point connaître, en lorsque les surnoms sont devenus
première instance, des affaires héréditaires, subsiste encore et
des clercs des antres diocèses sou- continue la postérité de ces prin-
mis â leur primatie , mais seule- ces , comtes , seigneurs de Turen-
ment par voie d'appel (x). ne sortis de même tige que Wi-
II mourut le 20 ae juin 866 : froi , comte de Bourges,
il a été mis au nombre des saints .... , . Q.
* (bb) Biblioth-, clutuac, pag. tty.
( jr), (ce) Justel , Preuves de l'Hist. de Turen.,
Lui , ses frères , et la postérité w »8
de ces mêmes frères , furent très- RAPHELENGIUS ( François),
attachés à Robert-le-Fort et à ses ne- (à) ea xFlandres le 27 de fé-
descendans. vrier 1439 , se rendit illustre
Deux de ces frères , savoir Go- par l'intelligence des langues defroy et Robert , laissèrent pos- orientales. Ayant commence ses térité. Celle de Robert finit à études à Gand (&), il perdit son Aimar, vicomte du basLimousin, pere ? et fut obiige par 8a mere a abbé laïque et restaurateur de se destiner à la marchandise ; l'abbaye de Tulle. Il rendit aux mais comme ses maîtres renvoyéreligieux de cette maison la di- rent a Nuremberg chez des pergnité d'abbé , et la manse abba- sonnes qui lui laissèrent la coratiale : elles étaient dans safamille modité de satisfaire son inclinadepuis son trisaïeul , qui les avait tion pour les lettres , il se remit obtenues de la libéralité de nos à étudier. Étant retourné en Flanrois (2). dres ^ il trouva une occasion d'al-
Le comte Godefroi combattit ler à Paris , où il fit de grands
contre les Normands, à la bataille progrès dans la langue grecque
de Briéserthe , avec Robert-le- et dans la langue hébraïque. Les
Fort qui y fut tue (aa). Il laissa guerres civiles le contraignant de
deux fils ; le comte Godefroi > de chercher une autre demeure , il
qui saint Eudes , abbé de Clugni , passa en Angleterre , et enseigna
dit , qu'il voulut obliger saint quelque temps le grec dans l'a-
Géraud, comte d'Aurillac , de se cadémie de Cambridge. 11 revint
(«:> Gall. christ., à Saom. tom. /, pag. ensuite dans le Pays-Bas , et fut i5ieti52. correcteur d'imprimerie à An-
t^k^:Tl;^Pag. ™». .<*« le célèbre Christophic 164. Plantin. Il s'acquit de telle sorte
(t) Àppendix ad canones Rheginonis à
Stephano Balusio , pag. 528. Justel , Preu- (a) A Lanoi proche de Lille.
ves de I II istoire de Turenne ,pag. i5. (b) Et non pas à Louvain comme Moréri
(a«) Annal. Berlin., ad ann. bot). le dit.
RAPHELENGIUS. 465
les bonnes grâces de son maître, trot ; versionem interlinearem avortant par sa capacité que par sa "f1 ! gnmmaticam hebrœam , ex oPj1 »m j * . t Umis quibusque erammaticis , et un
candeur , qu il devint son gendre juJiciJet cu& c0!iectam , addit Epi-
lan l5b5 (c). Il lui rendit de tomem Thesauri linguœ hebreœSaw
très-grands services dans Pim- tis Pagnini infinitis vocibus auget,
primerie, et surtout à l'écard de el. i"numeris lécis emendat; quodsa.
1 édition de cette fameuse Bible tani y inter Prolegomena prœmisso ,
qu'on nomme d'Anvers ( A ). patet. Multa iisdem annis ad orna-
Plantin s'étant transporté à Ley- nienta librorum , quos socer excude-
de pour être plus loin des trou- bat , prœcipuè in linguis orientalibus,
l. i i • comgendo , illustrandoque , prœsti-
Dles, laissa ses presses SOUS la tit; quarm>ts rarb nomen suum ad-
direction de son gendre; mais scribipateretur{\).
lorsqu'il retourna à Anvers, Tan (B).// avait a combattre deux ennemis domestiques.'] M. Moréri a fait ici le sophisme qu'on appelle a non sujjficienti enumeratione partium , et c'est la moindre chose qu'on lui puisse primerie que son beau-pere y reprocher ; car on pourrait dire qu'il
avait, et il se rendit si recom- ne rapporte ni en tout ni en partie la j t i j i, pensée de 1 auteur qu il a cite. Com-
mandable aux curateurs de laca- £arons ses paroles ^avcc cclles de
demie , qu ils lui conférèrent la Meursius. // mourut, dit-il , de douprofession en hébreu. Il la remplit leur d'avoir perdu sa femme. C'est bien , et il employa une partie *{™ rend ce ,a*in : Mors <!ua'n
j , \, ,~ j j „* , t.oto trtenmo prœ tœdio amtssœ uxo~
de son temps a 1 étude de 1 arabe. ^ et paraiysi afflictatus sœpè opta- Il composa même un dictionnai- verat, virum optimum humants exere de cette langue (d). A peine ro&(a). Vous ne voyez point là que Teut-il achevé qu'il mourut, le 20 Jf P"to,de sapfenlT falt m°Urir
1 . ... p 1 Tl .... de douleur haphelengius , vous y de juillet 1597. Il souhaitait la voyez seulement que le chagrin de
mort depuis trois aus; car il l'avoir perdue , joint à une paralysie ,
avait à combattre deux ennemis lui faisjÉk souvent souhaiter la
domestiques (B) qui l'incom- mort dep^s trois ans. Si vous répon-
1 • •« '* , . dez pour AI or en que ce chagrin
modaient beaucoup; 1 un était ayant pu former la paralysie, Ton a
le déplaisir d'avoir perdu son eu droit de réduire à une les deux
épouse , l'autre était une paraly- causes de Meursius , je répliquerai
/ s " au'un copiste ne doit jamais nous
* '* . donner ses raisonnemens et ses con-
(c) Et non pas Van i555 , comme dit jectures pour des faits tirés des au- Moréri. teurs ou il nous renvoie. Mais lais-
(d) Il fui imprimé avec des Notes d'Erpé- sons là ces vétilles ; passons à une nius, l'an »6i3. remarque plus importante. Raphé-
(e) Tiré de Meursius, in Athenis Batavia, lengius regretta sa femme, et s'estipag, 140 etseq. ma malheureux de lui survivre ; c'est
une marque qu'il l'avait aimée , et
(A) A l'égard de l'édition Recette „ue 8on mariage lui avait causé bien
fameuse Bible qu'on nomme f^n- £es douceurs. Ce fut donc un maria-
vers. ^ Je me servirai des paroles de ge très-heureux. Or considérez un
Meursius , pour représenter ce que peu ies suites d'un mariage si fortu-
notre Raphelengius y contribua. In n£ . ce furent trois années d'une es-
horum edilione incredibile quantos p£ce je désespoir. Que sera-ce donc labores Raphelengius sustinuerit, dùm
accuratissimè singula recognoscit ; (g) Menrsius , kthm. Bal. , pag. i^o.
annotationibus , ubiopuseratt illus- (*) Meursius, ibidem.