AL PA I DE
Le concile de Pise avait envoyé à la faculté de théologie de Paris le livre de ce cardinal *l , afin qu’elle le fît réfuter. Elle choisit Almain pour cette corvée *a, et n’eut pas sujet de se repentir de son choix. Ce docteur mourut assez jeune, l’an i5i5. On fit une édition de toutes ses Œuvres (A) à Paris, deux ans après (<*). Ceux qui ont dit qu’il était moine se trompent (B).
* 1 Leclctr'reprocJic à Bayle d’appeler car- • dirai, à l’occasion d'un livre publie en i5l2, Cajetan qui n’eut la pourpre qu’en ibiq .
** I^ecterc assure qu’ Almain entreprit cette réfutation uniquement de son chef.
( a ) Launoius , ilulor. Gjcun. Navarr. , p.
(A) On fit une édition de toutes ses OEuvres. ] Ce fut Olivier Lugduucus qui prit cette peine , et qui y
i ‘oignit une Préface, où Almain est oué très-amplement. Les principaux de ses Ouvrages sont quatre Traités de Morale. Expositio cirta decisiones quceslionuni magtsiri Guil/eimi Occam de pntestate summi Ponlijicis.
De auctoritale Ecclcsia: et conci^io rurn. Dirtala super sententias ma gistri Roberti Holcot (i).
(B) Ceux qui ont dit qu’il était moine se trompent. ] Le père Labbe (a) accuse Gesner et son abréviateur Simler , d’avoir avance faussement ce fait : M. Moréri n’a point manqué de copier en cela le père Labbe. M. de Launoi intente cette accusation à Gesner , mais un peu mieux circonstanciée ; car il le blâme d'avoir dit dans sa Bibliothèque, qu’Almain avait été de l’ordre des franciscains : il ajoute que Poste vin , dans son Apparat , s’est contenté de le faire moine (3). Le père Labbe n’a pas employé cette distinction : il a dit qu’Almain a été moine, selon Gesner: mais
3 ne, selon d’autres, il a élé de l'orre de saint François. Je ne crois point que Gesner ait dit ce qu’on lui impute j car je n'ai pu rencontrer aucun lieu dans sa Bibliothèque , où il
(f) Launoius, Hi»t. Gymna*. Navar. , p. Gts (s) De Script. Ecd., loin. /, png. 4^8.
(i) Launoi» Hisl. Gjmnas. Navar. , pag. 6»4-
soit parlé d’ Almain. J'y ai bien trouvé un néuédictin nommé Almannus ; mais on lui assigne pour le temps où il a vécu l’an 890. Quant à Simler , il est fort vrai qu’il a dit que Jacques Almain , moine , a fait un livre contre le cardinal Cajetan. Au reste, M. Moréri n'a pas bien su l’âge de cet écrivain : iljlorissait encore , dit-il , au commencement du XW siècle. Dites plutôt qu’il ne commença à fleurir qu'en ce temps- là.
ALPAIDE , concubine de Pépin , et mère de Charles Martel.
Quelques auteurs assurent , sans beaucoup de fondement , que Pépin se maria avec elle , après avoir répudié Plectrude (A). C’est une opinion assez générale , que Lambert , évêque de Liège, n’eut jamais la lâcheté d’approuver les amours de Pépin pour cette maîtresse , et qu’Alpaïde , indignée de la liberté quil prenait de les censurer , fit consentir Pépin au dessein qu’elle forma contre la vie de ce prélat (B). On ajoute ue Dodon , frère d’Alpaide , fut exécuteur de cet abominable dessein ; et qu’après avoir fait ce meurtre , il tomba dans une maladie qui fit naître une infinité de vers sur son corps , et qui l’obligea à se jeter dans la Meuse (a). Lambert a été canonisé : il fut , ditron le seul prélat qui osa dire ses vérités à Pépin (C), et il éprouva le même sort que saint Jean-Baptiste. Sa morale était si pure, qu’il ne voulut pas même donner la bénédiction qu’on lui demandait à table pour le verre d’Alpaïde (D). Cette femme se retira enfin dans un monastère (b) , et y mourut. Un
{a) Mêlerai, Abrégé Chron. , tom. T, pap. lyi , à l’anrué 707. Cordcmoi , Hist. de F rance , tom. I , pag. 38 1 .
(//) Moréri dit que ce monastère ax ait été
ALPAIDE.
cloître est ordinairement aux personnes de cette espece ce qu’était autrefois Ligourne aux banqueroutiers.
fondé par Al p aidt à Orp-le-Grand , dans le Brabant.
(A) Quelques auteurs assurent , sans beaucoup de fondement , que Pépin l'épousa , après avoir répudié Pied rude."] M. de Cordemoi (i) remarque qu’ils ne s’appuient que sur le second continuateur de Fredegaire, qui dit que Pépin épousa j4.lpa.idc.
« Mais outre que cet auteur, qui écrivait (comme tout le monue sait) » par les ordres du frère et du neveu » de Charles Martel , n'avait garde de >» parler des amours de Pépin et d’Alv jtaïde autrement que comme d’un » mariage, il ne dit pas que Plec- » trudeait été répudiée. 11 reste même » plusieurs actes, qui font voir que r» Plectrude n’a jamais vécu séparée *» d’avec Pépin $ de sorte que , ni se- >» Ion les lois ecclésiastiques, ni selon » les lois civiles, Alpaïde n’a pu être j> regardée comme sa femme légitime :
» et ,* s il l’a épousée , il a eu deux » femmes à la lois, m
(B) Indignée contre Lambert , évêque de Liège »... qui censurait ses amours , elle forma un dessein contre la vie de ce prélat. ] Il ne faut pas s’étonner que le second continuateur de Fredegaire ne dise rien de cette conduite ac Lambert , ni des suites funestes qu’on prétend qu’elle eut^ il ne pouvait toucher à cela , sans encourir la disgrâce des parens de Charles Martel , qui se servaient de sa plume : ainsi son silence n’est d’aucune force ; mais l’auteur des Gestes n’cn dit rien non plus (i). Un auteur, qui vivait alors , dit seulement , Que saint Lambert fut tué par un seigneur appelé Dodon , qui voulut venger la mort de deux de ses parens , que les gens de ce saint évêque avaient tués sans qu'il le sût (3). Si nous savions de quel parti était cet auteur , s’il tenait pour Charles Martel ou pour Plectrude, s’il espérait ou s'il craignait
(«) Cordemoi, Hiat. de France, roi. /, ». 38 1.
(*) Cordemoi , là mfme
(3) Godetcalr. in Vit! S. Lamberti, eap. VU, etU par Cordemoi , Ut mfme.
quelque chose , nous pourrions connaître les conséquence de son silence.
M. de Cordemoi ajoute , qu’il ne paraît point par aucun mémoire du temps , ni que ce Dodon fût frère d' Alpaïde, ni qu'elle l eût excité à tuer saint Lambert; quil y a véritablement quelques mots dans les martyrologes faits vers ce temps , qui font connaître que cette violence avait été faite par ordre de la cour , et que comme Pépin en était le maître , ceux qui ont écrit depuis ont cru devoir expliquer au désavantage de ce prince et d1 Alpaïde ce qui est en paroles couvertes dans ces martyrologes (4). Le plus sûr, à mon avis, est de renvoyer ceci au nombre des faits douteux. Ceux qui disent que le seul Lambert, évêque de Liège, osa reprendre Pépin , et parler hautement de sa bigamie comme d’un adultère public , sans se laisser ébranler ni par les promesses , ni par les menaces de Dodon, frère d’Alpaïde(5), n'ont écrit que long-temps depuis (6) : cela les éloigné un peu de la qualité d’un témoin certain. D’ailleurs le fils Alpaïde était un sujet si redoutable ,
3u’on ne peut rien inférer du silence es auteurs contemporains.
(C) Lambert fut le seul prélat qui osa dire ses vérités h Pépin.] L’auteur d’un dictionnaire historique aurait mille et mille occasions de remarquer qu’il n’y a point de plus
f’rands flatteurs des puissances que es gens d’église. Leurs prédications , leurs prières , leurs harangues , leurs epîtres dédicatoires, sont si remplies délogés outrés, qu’on ne saurait mieux représenter l'état où ils mettent un auditeur et un lecteur bien honnête homme , que par le proverbe , date pelvim. Pépin , me dira-t-on , n'était point roi. Pépin, répondrai-je, avait en sa main la clef des bouches et des plumes , les peines et les récompenses : il ns lui manquait que le titre de souverain ; il en avait la réalité, il en faisait les fonctions. Les flatteurs ne s’arrêtent pas à un vain titre : ils adorent plus dévotement
(4) Cordemoi , Hitt. de France , voL / . », 38a.
(5) Amelm. Laodicent. Canonicus , Sigibrrtu* Monachut Genblacentit , Nicolaüs Laodic, Canomc . V tner . et alii , cités par Cordemoi , pas. 38s.
(6) Cordemoi , pag. 38i.
46o ALSTEDIUS.
celui qui a le pouvoir sans le titre, que celui qui a le titre sans le pouvoir.
(D) Lambert refusa la bénédiction qu’on lui demandait h table pour le verre d' Alpa'ùle.] Voici comment un historien moderne raconte le fait :
Ad epulas invitalur ( li. Laodebcrtus) a principe . Pippinus cceletique illustres tari qui ancrant, scjrphum quisque suum ab antistite benedici , aut , ut ahi dicunt , de manu ejus poculum ac cipere , pid ambilione cupiebani- Cüm A /pais ( nam et ipsa pleno convivto intererat) scjrphum suum à Landtberlo signa ri nptaret , indignabundus épis copus palatin ercessit , convivarum hilaritate confusd (7). Conférez avec ceci les histoires rapportées dans les Nouvelles Lettres contre le calvinisme de AI. Alairobourg (8).
(-) Tfalrian. Valetii Rerom Francicarara
Ub. XXXII I.
(8) Pag- 6i4 et *m>.
ALSTEDIUS ( Jean Henri ) , théologien allemand de la religion réformée , a été l’une des plus fertiles plumes du XVIIe.
siècle. C’était un écrivain infatigable, et qui soutenait merveilleusement son anagramme ( a ).
Il fut long-temps professeur en philosophie et en théologie à rlerboru , dans le comté de Nassau , d’oii il passa en Transylvanie , pour professer à Albe-Jule (b). Il y mourut, l’an i638 , à l’Age de cinquante ans. II avait été l’un des pères du synode de Dordrecht. L’une de ses principales occupations était de composer des méthodes, et de réduire en certains systèmes toutes les parties des arts et des sciences.
Sou Encyclopédie (c) trouva grAce devant les catholiques romains (A); car elle fut réimprimée à Lyon , et a eu assez de
(a) Le mol Sedulilas se trouve précisément dans Alstedius-
(6, Wilte , D»tt. Riograph., iom. J.
(c) Elle est lU'falio , divisée en 4 tomes.
débit en France. Quelques-uns tiennent qu’un de ses meilleurs ouvrages est un rIYésor de Chronologie , dont il y a plusieurs éditions : d’autres en parlent avec mépris, \ossius n’en dit rien : il se contente de marquer en général V Encyclopédie , et en particulier le ! Traité de V Arithmétique (d). H reconnaît que cet auteur avait beaucoup de lecture , et que son érudition était fort diversifiée. Ceux qui jugent de lui avec le moins de flatterie conviennent qu’il y a du bon dans ses Méthodes et dans ses Systèmes (B). Il n’a pas persuadé à beaucoup de gens ce qu’il a tâché d’établir dans son Triumphus Biblicus , qu’il faut chercher dans l’Écriture les matériaux et les principes de toutes les sciences et de tous les arts. II était impossible qu’il publiât un si grand nombre de livres * , sans se servir du travail d’autrui ; mais il s’en servait trop : il copiait sans scrupule les autres auteurs ^C), et en prenait à toutes mains.
Jean Himmelius, théologien de la confession d’Augsbourg , et professeur eu théologie à Iëne , est un de ceux qui ont écrit contre lui (D). M. Moréri n’a point su l’année de la mort d’Alstedius(E), et il eût mieux fait de n’eu rien dire..
Je ne devais pas oublier qu’il fut millénaire. Il publia en 162un Traité de mille Annis , oii il débita que les fidèles régneraient avec Jésus-Christsurla terre pendant mille ans , après quoi arriverait la résurrection de tous
( d ) Vossius, de Scienl. Malfaem. , p. 3dS.
• On en trouve la liste dans le tome f\ 1 dm Mémoires de Ntcéron,
ÀLSTED IüS.
les homme3 , et le jugement der^nier. 11 prétendit que ce règne commencerait l’an 169^. Nous savons très -certainement qu’il s’est trompé. Son gendre Bisterfeldius suivit la même opinion (e).
(e) Heideggeri DisscrUlio de Chiliasmo,
pag. 65a.
(A) Son Encyclopédie trouva grdce devant les catholiques romains ] Lorenzo Crasso a mis Aistedius entre les
{grands hommes dont il a public l’éoge. C'est de là très -apparemment ue M Moréri a tiré l'encens qu’il onne à Aistedius. Je vois qu’on renvoie les lecteurs à un ouvrage de Sorel (1) , pour apprendre des nouvelles de ce savaut Allemand. 11 fallait qu’il fût plus connu et plus estime que bien d’autres parmi les catholiques romains. Le père Lami , de l'Oratoire , juge qu’ALtedius est presque le seul d'entre tout les faiseurs d' Encyclopédies et de Systèmes de Sciences , qui mérite d'étre lu, et de tenir son rang dans une bibliothèque choisie ^2).
Voyez la remarque suivante.
(li) On convient qu'il y a du bon dans scs Méthodes et dans ses Systèmes. ] Voici ce que M. Baillet a tiré de l’Allemand anonyme qui a fait la Jiibliographia curiosa hislorico- philo logica. « Aistedius renferme à la vé- » rité beaucoup de bonnes choses ; » mais il n’est pas assez exact en plu- » sieurs endroits : néanmoins il n’a » point laissé d’étre reçu du public » avec de grands applaudissemens , » quand il parut pour la première fois : *> et il n’est pas inutile à ceux qui m étant d'ailleurs destitués des autres » secours, et n'ayant pas les auteurs, » veulent acquérir quelque connais- » sauce des termes de chaque profes- » sion et de chaque science. Au reste, » on ne saurait trop louer sa patience v et son travail , le discernement et » le choix des bons auteurs qu'il a » fait pour en tirer ses abrèges : car » ce ne sont pas de simples lam- » beaux et des rapsodies mal cou*
(1) De la Perfection «lu Chrétien , pag. 5gi , cité par tvoni^, Ribliotbec* veter. et nova , p. a*)
’ (a) Entre!. sur le* Science* . cil / par Raillet, Jugement det Savant, loin. Il , nwn. 2Ü9 , p. 3*9.
4Gl
u sues; mais il donne les principes » des sciences et des arts , avec beati- » coup d’ordre : il tâche même d'étre » uniforme partout , quoiqu'il y ait » des pièces meilleures les unes que » les autres, et qu’il s’en trouve même » qui ne valent rien, comme son Hisu toire , sa Chronologie , etc... 11 faut » avouer qu’il s’est souvent trop era- » barrasse , pour avoir voulu se ren- » dre trop clair ; qu’il est trop chargé » de divisions et de souv-divisiotis , et » qu'il affecte une méthode trop gê* » née (3). » Lorenzo Crasso rapporte
Sue quoiqu'il y ait plus de sueur que e génie dans les ouvrages d' Aistedius, ou n’a pas laissé de les estimer, et d’avoir pour scs fatigues une admiration qui le fait entrer au temple de la gloire : Con gloria del suo nome s’è ammirata la Jatica fat ta ru. lin Storie , e rie lia Ci onologia de' Tempi: le quali cose , quantunque in Libri diversi di Scrittori illustri sacri e prof uni Iruovansi , e vi conçoira in taie raccog/irnento plis sudore chc ingegno , tullavia l’ordine dalo da Giovanni Errico aile sutiette fatiche sloriche è stato da gli uomini anuitori délia anlichita , e deli erudizioni assai comme ndato (4).
(C) Il copiait sons scrupule les autres auteurs. ] Voici ce que remarque Thomasius (5). Hune tn Paralillis Thcnlogicis quicquid de silenlio su crorum offert (**) , observo propè de verbo descripsissc è Casaubone (**) , qneni nominari latnen ctiam lectoris intererat , ut sciret undè plura sibi haurienda forent, f^ereor auteni ne qncrcum eandem alibi quoque ex eussent, cütn in ipso ad lectorem principio reperiam periodum unam alterarnque dedicationis Casauboniance.
(D) Himmeltus... est un de ceux qui ont écrit contre /nid Son ouvrage est intitulé A nti- Aistedius. sive Examen Theologiœ Polemicæ Joannis Ile nr ici Alstcdii . Quand cette remarque ne servirait qu'à marquer le titre d'un des principaux ouvrages d'Alstedius , elle ne serait pas entièrement inutile.
(3) Raillet , Jugcmens de* Savant , lom. Il , pag. 3a8.
(4) Cor. Crasso, Flogii d’Huomini Leiterati , pag. 214.
45) Dant ion Trailé de PUgio Lilernrio, ntim. , pag. «55.
("•) T U. initiait , pag. 1G6 , 167, 168.
(**) Exerc. XI I ad Baron., nnm. 4 3, p. 3tjg
462 ÀLTAEMPS.
(E) Moréri n’a point tu Vannée de la mortd' Alstedius.'] Alstcdius , dit-il, mourut ver» l'an i645 ou tfè ; d’autre» disent l’an i64® , âgé de cinquantedeux. Des trois auteurs qu’il cite , il y en a deux (6) qui ne disent rien dfe cela. Lorenzo Crasso , qui est le troisième, dit seulement qu'Alstedius publia les IV tomes de son Encyclopédie à l’âge de cinquante-deux ans (7).
(6) Votai as et Zeiller.
(7) Lorenzo Crmo , Elogii d'Huomini Lettenli , loin. II , pag. 3ia.
ALTAEMPS (Marc) , fils d’une sœur de Pie IV , fut l’un des cardinaux qui présidèrent au * concile de Trente. Wolfgang Altaemps , son père , était comte de l’empire , au diocèse de Constance. Quelque belle que fût la dignité de légat du pape dans ce concile , ce cardinal ne l’obtint que par les souplesses des gens malintentionnés. Les Borromées, parens * du pape au meme degré que lui , voulant l’éloigner de la cour , firent en sorte qu’il fût envoyé à Trente (a). Il y demeura depuis le mois de janvier 1662 jusque vers le commencement du printemps de i563(A).
Le pape le rappela pour lever des troupes; car ayant appris que les ducs de Saxe et de Wirtemberg et le landgrave de Hesse en levaient , et que les Allemands avaient envie de saccager Rome , ou ils avaient trouvé un si grand butin l’an 1 527 , il ne voulut
Eas se laisser surprendre (û). La arangue de Pibrac déplut beau-
• Leclerc et Joly remarquent qitil fallait dire : aux huit dernières sessions du Concile de Trente.
(a) Voyez Amelot de U Tioussaie dans ses Noies marginales de la version de /’Hist. du Concile de Trente de Fra-Paolo , p. l\lfi, ou il cite une lettre de M. de CI le au roi , datée du 9 de décembre 1 1 .
(b) Fra-Paolo, Hist. du Concile de Trente, pag. (5^8 de la version d’Amelot.
coup à ce cardinal. Il fut d’avis qu’on y fit une réponse vigoureuse ; et il dit meme , quil fallait réprimer Vinsolence de ce légiste qui ri avait accoutumé de traiter quavec de petites gens (c). Il lut promu à la pouiyre l’an i56i ; et, peu avant sa légation , les chanoines de Constance l’avaient choisi pour leur évêque. Il n’avait ni la science ni l’expérience nécessaires pour présider à un concile ; mais Pie IV, son oncle , n’ignorait ^asque les autres présidens suppléeraient ce qui manquerait à celui-ci ( d ) , et lui apprendraient le manège des conciles œcuméniques. Lorsque ce pape l’envoya nonce auprès de l’empereur Ferdinand , l’année 1 56o , il lui donna pour pédagogue le fameux Cornelio Musso, éveque de Bitonte (e). Altaemps possédait alors l’évêché de Cassane. Cette famille augmenta dans la suite ses dignités ; car nous trouvons un duc d’ÀLTAF.MPs qui mourut l’an 1620 (f). Il était savant ; et c’est lui , si je ne ine trompe, qui ramassa, la bibliothèque qui a été si long-temps célèbre à Rome sous ce nom , et qui n’était pas encore tout-à-fait vendue lorsque dom Mabiilon fit son voyage d’Italie (g). Ce duc d’Altaemps 6e nommait Jean Ange, et a publié la Vie du pape Anicet. Un autre duc d’ Altaemps, nommé Gaudentius , mort Fan 1 677 , n’a pas été moins curieux de livres , ni moins docte. Il a
(c) Là meme , pag.
(d) Pallavic. Hisl. Coac. Trident., lib. XVy cap. XIII , num. 10
(e) Ibid. , lib. XIV , cap. XIII.
(y*) Wilte, Diar. Biogr. , tom. II , p. 26.
(g) En\t>S5 Voyez ton Musaeum Italie uni, tom. I , pag. 78, 79.
ALTHAMÉRUS.
publié la Vie de saint Chrj'sos tome , et la Sainteté persécutée triomphante (h).
{h) Witte, Diar. Biogr. , pag. Il6.
(A) Il demeura à Trente depuis janvier i56a, jusqu'en i5G3. ] Pallavicin a repris le père Paul , d’avoir dit que le cardinal Simonette et le cardinal Altaemps, furent nommes légats du pape en même temps , pour être ajoutés aux légats qui avaient déjà été nommés. C’est n’avoir point su que Simonette avait été honoré de la légation du concile en même temps qu’Osius et Seripande , plusieurs mois avant qu’on leur donnât pour collègue‘le cardinal Altacmps (1^. Il le censure d’une autre chose : c’est de n’avoir fait mention d’Osius et de Seripande , qu’en parlant des choses qui suivirent d’assez loin leur légation. Ces sortes de fautes ne sont pas bien importantes : et néanmoins , on ne peut justement trouver mauvais qu’un censeur les porte en compte ; car il est du devoir d’un historicu de les éviter.
(l) Pallavic. Iîist. ConciL Trid. , lib. XV, cap. XIII tnum. 11.
ALTENSTAIG (Jean), docteur en théologie , a vécu au XVIe. siècle. Il était de Mindelheim , en Allemagne, et il composa un Lcxicon Theologicum , qui est assez bon (A).
(A) Il composa un Lcxicon Theolo- Çicuin, qui est assez 60/1.] Il le dédia a l’évêque d’Augsbourg , le Ier. d’octobre 1 5 1 ^7. Kouig en a mis la première édition à l’an 1 5 1 Q (i). Je ne l’ai point vue; mais j’ai vu la seconde, qui est d’Anvers, chez Pierre Bellerus, en 1576, in-folio, sous ce titre, Lex tcon Theologicum conlinens y ocabulerum Descripliones , Dcfiniliones , et Intcrpetaliones pcrutiles, Theologiœ Sludiosis eoncuinatum.
(1) Konigii BibliotheCa , pag. ag.
ALTHAMÉRUS ( André), ministre luthérien à Nuremberg , avant le milieu du XVIe. siècle
(a) , publia non-seulement quelques ouvrages de théologie (A)-, mais aussi des notes sur le Traité de Tacite de Situ , Movibus et Populis Germaniœ. Elles furent imprimées à Nuremberg , l’an 1529 et Tan i536, in-40 (b) , et à Amberg, l’an 1609, in-8°.
(c) ; et elles ont été insérées par Simon Schardius , au Ier tome des écrivains d’Allemagne. Il fut si ardent à rejeter la doctrine du •mérite des œuvres , qu’il s’emporta contre l’apôtre saint Jacques avec la dernière brutalité
(d) . Cela nous donne l’occasion d’examiner un endroit des disputes de Grotius et d’André Rivet (B). On verra dans cet examen que notre Althainérus assista en i5?.b aux conférences de Berne , qui furent le précurseur de la réforme ecclésiastique de ce canton-là.
(а) Micrælii Hist. Ecclesiast. , pag. 734.
(б) (resneri Riblioth,, folio 38, verso.
( C) Herlsil Bibliotli. Qurtnaa.
{(1) Voyez la remarque (B).
(A) Il publia quelques ouvrages de théologie. ] En voici les titres : Conediatinnes Locorum Script une , qui specie lenüs inter se pugnare videntur.
Annolatinncs in D. Jacobi Epislolam. De Ptccato Originis. DeSacramentn Altaris . Il fit aussi un dictionnaire des noms propres que l’on trouve dans la Bible , Sylva liiblicornm IYominum , etc. Cet ouvrage fut imprimé à Bàle , l’an i535. Les Conciliationes Locorum Scripturæ furent imprimées à Nuremberg , la même année , et à Wittemberg , l’an i58a. L’Epitome de Gesner ne marque que ces deux éditions; mais il est certain qu’elles avaient été précédées d’une autre , qui avait paru avant l’année i5a8(i).
(B) Afous examinerons un endroit des disputes de Grotius et tf André hivet . ] La première pièce de cette partie de leur procès contient ces
(i) I!o«pioiani Hiat. Sacram., pari. //, psg.