AM AM A
dans la 111e. partie de ses Anirnadversiones (3).
(D) On réimprima son Anli-Barbarus après sa mort.'] Ce fut à Franeker, l’an i656, in-4°. C’est de cette édition que M. Baillet a parlé dans scs Anli , à la page 3 1 5 du IIe. tome. Il ne faut pas oublier , dit-il, I’Anti- Barbare , qu’un professeur en hébreu de i université, de Franeker en Frise , nommé Sixlinus A marna , publia sur le texte de i Ecriture Sainte , l’an <656, in- 4-°» dans la ville où il enseignait. ... L’ouvrage est farci de diverses petites dissertations et discours qui ne rendent pas son économie fort agréable . Notez qu’on a inséré dans la uouvelle édition des Grands Critiques (4) sa Censure de la Vul-
5ate au Pentateuque, et ses Notes in .ibros Uisloricos , Psalmos , Proverbiay et Ecclesiasten , qui n’avaient jamais été imprimées.
(E) Ses raisons portèrent des synodes,.... a ordonner qu’on ne recevrait aucun ministre qui n'edt au moins une légère intelligence des langues originales de V Ecriture.] Voici les termes de l’acte qui fut dressé sur cela par le synode de Frise , tenu à Harlingcn l’an i6a4 ’ Décrétant est ut in posterum theologiœ candidat i quotquot ad examen ministerii E celés, admitti desiderabunt, prœter testimonia senatils academici et theologiœ professorum exhibeant eliam testimonia professorum ebrœœ et Grœcœ linguœ , quibus doceant se in prœdictis linguis eos saltcrn progressas fecisse , ut originalem Feleris Bionique T eslamenti textum mediocritcr p os suit inlelligere , utque in classe isldt cujus examini se offerunt , cjus quoque rei spécimen edere leneanlur.
U parait par le même acte , que ce fut la Supplex Parœnesis d’Amama (5), dont on avait distribué des exemplaires à la compagnie qui fit prendre cette bonne résolution.
(F) Il témoigna beaucoup de zèle pour purger l’académie de Franeker du vice de 1 ivrognerie .] Les vigou-
(3) Imprimée à Leide , l'an ifçj8.
(4) C’est celle de Hollande , en 1698. f^oyet la Hibliollieca novorum I.ibrorum , au mois' de juillet et d'août 1698 , pag. 453.
(5^ hile fait partie de l'Anti-fiarbaru* Üibli- , et avait déjà été imprimée deux fou.
reuses résolutions qui furent prises contre ce désordre ne doivent pas être principalement attribuées à Sixtinus Araama : il suffit de dire qu’il y contribua pour sa part: et, quand il n’aurait fait que haranguer et que féliciter publiquement ceux qui avaient réformé l'académie sur ce chef, il mériterait bien des louanges.
Il reconnaît qu’Amesius, professeur en théologie, et Hachting, professeur en logique , ayant été agrégés- au sénat académique , et se trouvant bien soutenus par le recteur de l’université, entreprirent courageusement, avec un heureux succès, la réformation de ce désordre. 11 les en félicite, et leur dédie à cause de cela sa harangue de Barbarie Alorum. On ne sera pas fâché de voir ici comment il s’exprime et les difficultés qu’essuyèrent ces réformateurs. Ad primam occasionem.... intrepidis et commascu latis animis horrendas illas et J'eroces belluas ebrietatem et iicentiam, quœ hic slabulabantur , ex academiâ ejecistis , ac christianam disctplinam jam desperatam , Dco supra quant a quoquam sperari potuis?et benedi cenle , academiœ redondstis . Cujus prœclari et œternd gralitudine dtgntssimi facinoris , sicuti invidtam apud dissolutam et barbaram juventutem sustinuistis , et quasi prœpilatis haslts objecti fuistis soli , ith et œquissimum censeo} ut vobis quoque prœ aliis tans egregü operis gloria transcribatur (6).
Il dit des choses affreuses touchant la débauche qui régnait dans quelque* académies. Tous les nouveaux venus s’y enrôlaient au service de Bacchus , avec certaines cérémonies solennelles; et on les faisait jurer par un saint Etienne de bois , qu’ils dépenseraient tout leur argent. Si quelqu’un avait plus d egard au serment qu’il avait prêté au recteur de l’académie , qu'à c,e Pretendu serment bachique, les écoliers débauchés le harcelaient de telle manière, qu’ils le contraignaient, ou de son aller, ou de faire comme les autres. 11 a joint à sa harangue
Suelques fragmens des complaintes ’Alstedius sur le «même sujet. Be!larmin déplore avec beaucoup de véhémence , dans son XXe. sermon ,
(6) Sis tin. Amamj »n Preeliminar. Anti-Barbari Biblici.
AMASEUS.
l’ivrognerie qui régnait dans l’université de Louvain (7).
(G/ Un de ses fils a témoigné sa reconnaissance dans l’épitre dêdicatoire d'un livre.’] H fut imprimé l’an i65t. C’est un in-8°. de 600 pages, intitulé Disse rtationum Alarinarum Decas , où il y a beaucoup de lecture, et où, sans s’attacher à la nouvelle philosophie, on s’éloigne trèssouvent des opinions d’Aristote. 11 n’est pas jusqu’à l’orthographe que l’auteur n’ait innovée.
(7) A marna le remarque dans V /pitre dédie aloire de sa harangue de EbneUtc.
belle que V italienne , ils n’ont jamais été imprimés ( d ). Quelques-uns disent qu’il mourut l’an i558, à l’âge de soixante-neuf ans (B). Il laissa un fils, qui s’appelait Pompilius , et qui ne dégénéra point ; car ce fut un homme qui sut du grec , et qui semêla d’en traduire. Il fut meme professeur en cette langue à Boulogne (e) Je crois que ses traductions se bornèrent à deux frag— mens du sixième livre de Po-
AMASEUS (Romulus), professeur en grec et en latin, à Boulogne , au XVIe. siècle (A) , et secrétaire du sénat (a) , se rendit célèbre par son érudition * et par ses emplois. Il était originaire de Boulogne ,et natif d’Udine, dans le Frioul. Le pape Paul III l’attira auprès de soi , ourle faire précepteur d’Alexanre Farnèse son petit-fils (£L On l’employa ensuite à des affaires plus importantes : on le députa à l’empereur et aux princes de l’empire , et à la cour de Pologne.
11 n’y avait point de savans à Borne , sous le pontificat de Jules III , qui brillassent plus que lui. Il fut secrétaire de ce pape.
Il fit paraître son intelligencede la langue grecque par la Traduction de Pausanias , et par celle d'un ouvrage de Xcnophon (c). Il a fait aussi un volume de Harangues , et Scholas duasde Ralione instituendi. Pour
lybe (C) : il y fit paraître plus de capacité que Perot et Musculus n’en ont témoigné en traduisant cet auteur ( f ). Un habile homme ne laissa pas de l’accuser d'avoir passé tous les endroits difficiles, se contentant d’avertir qu’on en pouvait trouver ailleurs l’interpretation (#•). Quant à son père , l’on convient qu’il s’attachait extrêmement à l’élégance et à la clarté : il étendait ce qui était trop concis, et serrait ce qui était trop diffus; il éclaircissait les endroits obscurs (h). Sa Traduction de Pausanias a eu besoin de la révision de Sylburgius. ‘
(d) Tiré du XXIr . livre de M. de Tbou , p. 4 3a , et des Additions de iïf. Teusicr.
(e) Bu mald us, cité par Baillet, Jugement des Savans, /ont. IP , pag. 400.
{/) C'est le jugement de Casauboo. Voyez Baillet , là meme.
(g) Huetius, de Claris luterpret., p. 12a, edit. Balav.
( h ) C’est le jugement de M. Huet , là meme.
ce qui est des deux livres qu’il avait écrits , ou il faisait voir que la langue latine est plus
\à) Voyez la remarque (B).
* Leclerc dit qu’il avait quelque réputation à Home dès l5l3.
(b) Et non par son neveu , comme Du Ricr a traduit le mot nepos de M. de Thou. (t) 7/Kxpcdjlion du jeune Cyrus.
(A) AMASEUS ( RoMUtos ) professeur en grec et en latin vivait
au XPP, siècle .] Moréri ne s’était pas trompé dans cette chronologie :
il ne fallait donc pas la changer comme on a fait dans l’édition de Hollande, où, au lieu du seizième siècle , on a mis le quatorzième. Il y avait trois choses à corriger dans cet article , que l’on u’aurait pas dù
486 AMBOISE
laisser en repos : i°. Il était trop sec et trop décharné, a®. Il devait être sous Amaseus , et non pas sous Romulus. 3°. Il fallait dire , non pas qu’Araaseus à traduit les oeuvres de Xéoophon ; mais qu’il a traduit les sept livres que Xénophon a composés de l’expédition de Cjrtis le jeune.
(B) Quelques-uns disent qu'il mou rut l’an i558, à l’dge de sçixanle-neuf ans.') M. de Thou s’est trompé en mettant la mort de Romulus Amaseus à l’an i558. Car ce Romulus était mort dès l'an 1 55a *, Nous en avons la preuve dans une lettre de Giovan Antonio Serone , intime ami de Romulus , datée du ao octobre de celte annee-lh , et insérée dans le recueil du Turchi , pag. m . tx5,j. Voilà ce que M. de la Monnaie m’a fait la faveur de m’écrire. Au reste, si Amaseus était mort l’an i558, on aurait raison de dire qu’il vécut soixante-neuf ans , car le jour de sa naissance est marqué dans les ligures de Luc Gauric au a4 de juin 1489 (i). J’ai trouvé dans cet ouvrage de Gauric trois ou quatre particularités que j’insérerai ici. Amaseus était maigre, de grande taille, chauve, et avait la tête petite. 11 fut secrétaire du sénat à Boulogne , et il enseignait l’éloquence dans la même ville, aux gages de trois cents écus par an. 11 enseigna ensuite dans Rome , sous Paul III. , et eut pour cela une
Ïsension de six cents écus : Nuiu Paui J II, ex lecturd in urbey habebat 6oo aureos. M. de Thou ignorait cela.
(C) l<cs traductions de Pompilius Amaseus se bornèrent h deux fragment du P 7e. livre de Polybe.) Pompilius Amaseus, ayant traduit ces fragmens qui traitent de la discipline militaire des Romains, les éclaircit par un Commentaire qui est parmi les manuscrits de la Bibliothèque de M. de Thou (a).
Ce manuscrit est en italien. L’auteur a traduit tant en latin qu’en sa langue maternelle ces fragmens'là.
* Le Duchal confirme cette date dr i5St.
(i) Voye * le folio 7», verso , édition de Ve- • nise , en i55s , de cet Figure* de Garnie.
Voye* la pag. 453 du Catalogue de celle Ribliothcque.
AMASTRIS, nièce du dernier Darius , et femme de Denys , tyran d’Héraclée. Cherchez son histoire dansl’article de ce Denys.
Vous y trouverez aussi la ville d’AMASTRis , fondée par cette princesse.
AMBOISE (François d*) , Parisien , mérite une place parmi les personnes (pie la profession des lettres a elevées aux honneurs du monde. Il était fils d’un chirurgien de Charles IX , et il fut entretenu, par la libéralité de ce prince , au collège de Navarre , pendant ses études de rhétorique, et pendant celles de philosophie. Il enseigna ensuite dans ce collège ; car on trouve , qu’en 1572, il avait déjà régenté la seconde classe pendant quatre ans. On le fit alors procureur de la nation de France. Il s’attacha depuis au droit, et devint fort bon avocat au parlement de Paris; après quoi, il eut une charge de conseiller au parlement de Bretagne ; et enfin , il fut maîtres des requêtes (a) et conseiller d’état (b). Il voyagea en divers pais loi ng tains (A). Il publia , pendant sa jeunesse , quantité de vers français , et uelques pièces latines , qui sans ou te ne lui semblaient pas des endroits fort honorables *, quand il sévit élevé aux dignités; car ces sortes d’ouvrages sentent un homme qui court après les matières du temps , et qui envoie ses muses à la quête de part et d’autre , tantôt par des compli— meus de condoléance, tantôt par
(a) Ex Michael. Thirioti Laudatione Hadriani Amboesii. Vide pag. 35 6. 709 et 800, Hùtoriæ Gymnasii Navarre Joan. Lauooii .
ib) Dans l’édition des Œuvres d'Abélard, il a le titre «/'Equités, Regis in sanctiore Consistons) Consiliarii, Baronis Chartrse , etc.
* Leclerc dit , au contraire , que Fr. cC dmboise se Jit toujours honneur de sa profession d’homme de lettres ; et c'est ce que confirme Joljr.
AM BOISE, .487
des félicitations ; un homme , en marque que François d’Araboise/eù à un mot, qui aurait été pourvu ^ "'so* te une Description du royaume
en titre d’office de la charge de „ * ™ns':i8ncur
porteur des complimens du Par- France, fut es/eu roy de Pologne nasse chez les grands seigneurs. (*)• Voilà Pu n de ses voyages. On ne On verra ci-dessous les titres de jurait déterminer par les paroles que
quelques ouvrages de François veàuVoi8 nî.\’iï l? ^ 8Ulle dU,dou* J»» \ • /T>\ ti , • y vtau roi, ou s il se trouva en Pologne
d Ainboise (B). Ils doivent, ce lorsqu’on v fit 1 élection du duc d’Anme semble , moins contribuer à jou. Ce dernier sens serait le seul l’immortalité de son nom, que <lu ^^“drait donner à ces paroles , si
la peine qu’il a prise de recueillir l* c°“-
les manuscrits de Pierre Al)é— Voyez le Traité des Devises de Franlard (C;, et d’y joindre une Pré- cois d’Amboise , où l’on trouve (3) face Apologétique , qui se voit qu’au temps de cette élection il était à la tete de l’édition de l’an paj»"1» chez l’évêque de Va-
1616 (D). Cette préface m’ap- C Ce Traité des Devises est posthume, prend une chose que je n’avais II fut imprimé à Paris, l’an i6ao *, point trouvée dans l’histoire du Par Adrien d Ambojse , üls de l’auteur.
collège de Navarre : savoir , qu’il Ce fils puMiV’a""ei; suivfaD,e > à a publie un petit imite du Loft— iule Devises morales, cite ** , et une Préface sur l’His- (B) On verra ci-dessous les titres de toi re de Grégoire de Tours (E) , quelqucs:uns de scs ouvrages . ] Les
dans laquelle il justifie cet histo-
I ien contre les accusations de de France , avec un panégyrique latiu
Flacius Illyricus, et l’abandonne et ode française sur le desastre de la
sur le sujet des deux Denys , l’A- France en i568 (4). Panégyrique sur
réopagitç , et celui de Corinthe*1. ^mar“f df mom,<!“Wc du.c d'Guise, T1 -T 1 . r Henry de Lorraine , et de madame
II tient Son rang, SOUS le faux Catherine de Clcves, comtesse d’ Eu , nom de 7 Viîerry de 'Fimophile , en 1570 (5). Le Tombeau de Alessirc dans la liste des auteurs déguisés, Gilles Bourdin , procureur général du
que M. Baillet a publiée. * ParUme,u,a Par‘s >
J ai uue addition a donner tou- duitc du ^li/4 d> Antoine Falet , qu’en
chant l’édition des Œuvres de hendécasyllabcs latins , en 1570 (6).
Pierre Abélard, ordinairement A** Amours de ClLon, où se voit un
attribuée à notre François d’ Ara- intitulé, les Désespérée, o..
. p - Jbglogues amoureuses , en 1073 (7).
DOi se (r ) . Amours Comiques , contenant plusieurs
Cet opuscule est , dit Leclerc , intitulé: histoires facétieuses , et entre autres l'Impossibilité dn Concile , tel qu'il a été cellequ il nomme les IVeapoUiaincs en dem«iod(f par requtte au roi, et des Inconvé- l5S4« Ces Néapolitaines étaient la tra~ nions qui en pourraient arriver. Paris (1608),
(a) Du Verdier, Biblioth. Française, p. 365.
(3) A la page 4a.
* Joly remarque que c’est par faute iTim pression que les Mémoires de Nicéron disent i6a6.
(4) Du Verdier, Biblioth. Franç. ,pag. 3 65.
(5) La Croix du Maine , Bibliolb. Française, (A) Il voyagea en divers pais loing - pag. 8*.
tains (i).] " Du Verdier Vau-Privas re- Jg) 1,0 Verdier . Bibliothèque Franç.ise , p.
fi) La Croix «1« Maine, Bibliolb. Française , (7) La Croix do Maine , Bibliolb. Fr.\pçaij« ,
pag. 86. P«à- 87.
i/»-8° de 63 pages, réimprimé à Lyon, 1608, in- 12-
** Leclerc j'it qu'au lieu de Corinthe il fallait mettre Paris ; et que d’Amboise soutient que le premier evéque de Paris est saint Dents l’areopagUe.
ÀMBOISE.
duction d'une comédie italienne. Il se nomme à la tête de celle version, Thierry de Timophile , G Picard, et il prit aussi le même masque à la tête des Regrets funèbres de quelques animaux , qu'il traduisit de l'italien en 1576, et à la tête du Dialogue et Devis des Damoiselles , qu'il publia l'an r583. La Croix du Maine, qui m'apprend cela, dit que cet auteur avoil connaissance de beaucoup île langues , et qu’il avoit
fiublié plusieurs ouvrages en langue atiue. Son recueil de Devises fut public à Paris après sa mort, l'an
(C) Il a recueilli les manuscrits de Pierre Abélard .] Il fit ses diligences là-dcssus d'une manière à mériter la gratitude du public : c'est à ses soins que nous devons une fort bonne édition des écrits de ce fameux, dialecticien. Elle comprend , i°. les lettres qu’Abélard et Héloïse s’écrivirent, qui sont précédées de la relation qu’il Ct lui -même de ses infortunes ; i*. les lettres qu’il écrivit à quelques autres personnes, et celles que saint Bernard, l’abbé de Clugni , etc. , écrivirent au sujet de ses erreurs , ou de sa condamnation , eu de sa mort , avec quelques traités qu’un de scs disciples publia pour lui ; 3°. quelques traités dogmatiques d'Abélard , comme l’Exposition de la Prière Dominicale, celle du Symbole des apôtres , celle du Symbole de saint Athanase, la Réponse à quelques questions d’Héloïse , un Commentaire sur l’Epîtrc de saint Paul aux Romains; 4°* plusieurs Sermons sur les principales fêtes ; 5°. une Introduction à la Théologie , où se trouve son livre sur la Trinité; 6°. de savantes notes d’André du Chesne sur l’histoire des calamités d’Abélard. Il y a encore quelques ouvrages de cet auteur , qui ne sont pas imprimés. On en peut voir les titres dans le Supplément du père Oudin (8), avec les bibliothèques où ils se trouvent. François d’Ainboise a fait traduire en notre langue les règles qu’Abélard avait marquées aux religieuses du Paraclet.
Sa préface apologétique a déplu à bien des gens , et quelques-uns ont débité qu’elle fut cause de ce que l’on lit à Rome contre l’ouvrage qu’il publia. El ce que depuis naguère s les
rs )Pag. /,«3.
OEuvres de cet Abajelabd , ayants été imprimez , ils auraient passé par l'indice expurgatoire de Rome , je crois que la Jaulle n’en daibt tant cslre imputée à l’auteur qu’à celui qui auroil fait la préface ; en laquelle , au lieu d’avertir le lecteur d éstre sobre en la lecture de tels et tels passages o’Abajelaro , il sc serait ingéré de le vouloir deffendre : et de là le désordre.
C’est ainsi que parle l’auteur des Anti-
a ni tés de Melun , avocat ail parlement e Paris (g). On ne peut pas dire dans la bonDc exactitude qui) ait fait la Vie de Pierre Abélard (io) : il n’a donné qu’un court récit des principales aventures de ce personnage. Ce récit contient un assez bon nombre d’erreurs : ce n’est pas ici le lieu de les critiquer ; mais, sans sortir du véritable sujet de cette remarque , je puis fort bien dire que François d’ A Danoise n’a nas procuré à Pierre Abélard toute la gloire qu’il croyait lui procurer par l’édition de ses OFuvres. Le public n’a point trouve dans les écrits de cet auteur cette grande subtilité, cette grande force qui le# rendirent si célèbre durant sa vie. Ecoutons encore une fois, Sébastien Roulliard :
Quant aux escripls de cet Abajelabd , dit-il (i i) , certainement ils ne m’ont semblé remplir la capacité ni correspondre à la grandeur des titres et éloges à lui donnez par tant d'insignes aut heurs. Et partant me suis-je persuadé que l’excellence de cet homme gisait en un esprit prœsent , en un discours facond et fcecond , et en la force d'un génie philosophique qui le rendott redoutable et invincible en toutes sortes de disputes. Comme on ha veu de nos jours deux ou trois personnages avoir aquis grande estime par aucunes de ces perfections ; et néanmoins ce qu’ils ont fait imprimer de leurs escripts s'est trouvé beaucoup inférieur à ce que chascun en auroil attendu.
(D) Il a mis une préface apologétique aux OEuvrcs d'Abclard de l’édition de l’an 1616. ] La commodité des chiilres a ses incommodités. Lesimpri-
(9) Srbast. Roulliard , paç. 35o. Son livre fut imprime à Paris , l'an i6a8, in- 4°.
(10) On te Hit pourtant dans le Catalogua Aulorum Catalogorum , etc. de 3t. Tei»icr , p.
JÇR».
(ii) Uiîl. de Melua,p«£. 3$8.
AMBOISE
meurs y font mille fautes que les correcteurs n’aperçoivent pas , et cela multiplie furieusement les êtres sans nécessité. Nous en avons ici un exemple. Quelques-uns mettent cette édi- «iition d’Abélard en l’année 1606 (i a), et quelques autres en l’an i6a6 (i3).
Ne doutez point que cela ne fasse dire à plusieurs auteurs , que les Œuvres d’Abélard ont été imprimées trois fois dans l’espace de vingt ans^ et comme quelques-unsfdisent qu’on les imprima in-folio l’an 1616 (>4) , c’est un nouveau moyen de multiplier les éditions sans nécessité. ,
(E) U a publié une pré face sur C Histoire de (*régoire de Tours . 3 Je ne doute point que ce ne soit celle dont M. l’abbé de Marolles a parlé ainsi (i5) : Son Histoire des François (il s’agit de Grégoire de Tours) , qui est le plus beau de ses ouvrages , fut autrefois traduite par Claude Bonnet , gentilhomme du Dauphiné (16), qui se qualifiait docteur en droit civil et canon , sur laquelle M. Hcmery d’Amboise , maistre des requestes , a fait une assez longue Préface adressée à madame Henriette de Balzac , marquise de F srneuil , et fut imprimée à Paris , i/i-8®. , chez Claude de la Tour , en 1610 *.
(F) J’ai une acLlition a donner touchant l'édition des Œuvres de Pierre Abélard , ordinairement attribuée à notre F. d’Amboise.'] Cette remarque n’est noint de mon crû , et je la donne dans les propres termes de celui qui nie l’a fournie (17). « Il y a des exem- » plaires des Œuvres d’Abélard qui » portent à la tête le nom dcM. d'Am- » boise ; mais on en trouve d’autres » où l’on voit celui d’André duChesne ,
(ta) Launoius , Hiat. Gymnaaii Navarr» , p. Soi .
(i3) Le P. Oudin , Supplément! de Script. Eccletiant. , pag. 4» 3.
04) Spixcliua, Specim. Bibliotb. univers Ko* nig. llibl. vet. et nova; Chrisioph. Hendreich, dans l*t premières feuilles de Fandeclar. Brandenburg.
fi5) Préface sur Grégoire de Tours.
( 1 6) Il n'est point dans la Bibliothèque de Dauphiné du sieur Allard. J Chalvet , qui a donné en 1797 une nouvelle édition de celte Bibliothèque , n’a consacre’ que deux lignes a ce Bonnet. J
* Réimprimé , dit Leclerc , sous le titre de T raité ou Discours sur lTlistoire Sacrée de saint Grégoire , tCt/J-
0 7 ) Mémoire manuscrit , communiqué par .V. Lancelot , T un des sout-bibLothécaircs de la bibliothèque Maiannt a Paru.
» avec ce titre : Pétri Abœlardi , Sanc- » ti Gildasiiin Brittannid Abbatis , et » Heloissœ conjugis ejus , quœ post- » modum prima Cornobii Paraclitcnsis » Abbatissa fuit , opéra, nunc primiim » cruta ex MM**. Codd. et in litcern u édita studio ac diligentid André ce » Quercetani , Turonensis. Parisiis , » \ic. Buon , 1616, in-4°. Il y a beau- » coup d’apparence que c’est vérita- » blcinent à ce célèbre Tourangeau » eue nous devons cette édition. Dans » 1 abrégé du privilège qui est au com- » mencement de l’exemplaire qui por- » te le nom de du Chesne , on n’a pas » manqué d’y dire que ces Œuvres « él iient imprimées par les soins d’An- » dré du Chesne, édita studio A ndreœ >» Quercetani ; au lieu que dans l’exem- » plaire qui a le nom d’Amboise , le » privilège ne dit pas un mot de celui » qui a pris soin de recueillir cesŒu- » vres. Ainsi , s’il était permis de conw jeettrer, on pourrait croire que par » quelque motif secret et qu’on n’a pas » jugé à propos de transmettre à la » postérité , du Chesne aurait cédé la » gloire de son ouvrage à M. d’Am- » boise , qui était alors en état de re- » connaître un sacrilice de cette na- » turc. Quoi qu’il en soit , les deux » exemplaires de du Chesne et d’Ara- » boise que j'ai vus ne sont pas sera- » blables en tout : par exemple , celui » de du Chesne commence par une » épître dédicatoire adressée à M. Ben- 1? jamin de Brichanteau , évêque de » Laon , et abbé de Sainte-Geneviève.
» Cette épître manque dans la préten- » due édition de M. d’Amboise, aussi- » bien que la Préface que du Chcsné » ajouta , où , après avoir dit en géné- » ral qui étaient Abélard et Héloïse, il » rena compte de ce qu'il a fait pour » rendre l’édition de ce célèbre diah lecticien la meilleure qu’il a pu : il « parle honorablement de tous ceux » qui l'ont aidé de leurs manuscrits , » et avoue devoir à M. d’Amboise les » lettres et quelques autres petites piè- » ces. Après cette préface , suivent les » Testimonia V sterum de Abœlardo et » Hcloissd , qui manquent aussi dans » l’exemplaire de M. d’Amboise. De » son coté , l’édition de ce conseiller » d’état a une préface apologétique » pour Abélard , qui manque dans ré- » dition de du Chesne. Pour le reste, » tout est semblable , et ces deux
AMBOISE
» exemplaires se répondent page pour St.— André à Paris ; et enfin , en « page. Il ne sera peut-être pas inutile pann^e i6o4 , on le fit évêque de
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Treguier. Il mourut le 28 de juillet 1616, et fut enterré dans sa cathédrale , où son épithaphe lui donne de grands éloges (B).
Je ne sache point qu’il ait composé d’autres écrits qu’une tragédie française , intitulée Holo -
» d'avertir le public de ce douhle ti » tre , de peur qu’un jour il ne soit » cause qu’on augmente encore le n nombre des édition» d’Abélard ,
» comme on l’a déjà remarqué *. »
* » 7/ n’r a peut-être , dit Joly , aucun fait » littéraire pins difficile à débrouiller que ce- <■ lui-ct.... J'avoue que je ne comprends pas " pourquoi une partie des exemplaires port t le
• nom d’ Amboise, et l'autre celui de duCheme. ~~ ^ • /• . '1>
• Peut-être chacun d'rux se persuadait-il que jCrilC , qui tut imprimée 1 an
• PAbclard verrait le jour tous ion nom setl. ...
• L‘ édition étant prêle à paraître , ils ne parent » apparemment s'accorder ; et , au lieu de con- » venir qu'elle porterait le nom de l'un et de « l’autre , ils convinrent mal à propos qu’une » parité des exemplaires porterait le nom tf Am- » boise, et l’autre celui de du Chesne. •
* La Bibliothèque des Théâtre* ( par Mau* poin ou MaupoinV , >733, tnS° ., attribue à Adrien les Napolitaines , comédie qut est de François , ainsi que le remarque Joljr.
~ (c) Launoii Hist. G ymnas. Navarr. , pag .
AMBOISE (Adrien d’) , frère *°°-
puîné du précédent, ne s’avan- (A) Thiriot lui a donné ta louange J’ é-
ça pas moins que lui, puisqu’il tre sorti d’une très-noble famille.'] rïéan-
parvint jusqu’à la prélature. Il m°ins cet auteur fait expressément
* + * i ; t mention de la chirurgie du pere dans
6ut pdri comme lui ûux Iibcrâ* . j /*i 11 > 1 «• j
v . cet eloge du fils. J emprunte de M. de
iltes de Charles IA, qui 1 entre— Launoi ce néanmoins ; car voici eomtint assez long-temps au college me il parle : >» Allamen Thiriotus ail de Navarre. 11 trouva la même « Badrianumfundatissimâetnobilissigrâce auprès du roi Henri III. » sa‘““ esse familii. Uu cun
Il était de la maison de Navar— » jn duorum inferiorum Navarrie so-
re (
recteur
receptus est.
lorsqu’en 1570 on l’élut » dalitiorum disciplinam r leur de Tuniversite de Paris. » et Caro,i IX hberalitate ad rhetori-
Pendant son rectorat , 1 umver- „ eruditusî Dei„dè , humaniores littesité demanda au roi la confir— » ras ibidem docuit, etc. (il* Un mation de ses privilèges, et il très-bon moyen de tirer d’aflà ire ces porta la parole, suivi d un grand £cu.x auteurs ; serait de dire que nebi-
nombre de docteurs. Il reçut ses les Fra 'çais appeUe£t fj£uk très-nohcences en théologie 1 an l552 , ble , famille de gentilhomme ; car si et fut préconisé en cette rencon- Thiriot avait ainsi entendu son latin, tre par Michel Thiriot , qui , 11 eût Parle' P™ «»<*«“«* = la c>‘-
entre autres louanges, lu' donna sion8 d>un ‘gentilhomme. Si M. de celle d etre sorti d une très-noble Launoi avait pris la chose en ce même famille (A). Il était prédicateur sens d eût apporté des preuves sans et aumônier du roi , et grand »***•>«<*. el ses preuves n’auraient eu
maître du college de Navarre (^) , de prouver que l’on a donné la qualorsqu’en 1594 l’université de Paris prêta serment de fidélité à Henri- le- Grand. Environ ce temps-là, il obtint la cure de
( a) Socius Navanricus. Lauooius, HistorUe Gynmasii Navarræ pag. 36o.
[b) Ibid. , pag. 371 , 373.
lité de gentilhomme à quelqu'un lorsqu’en propres termes on a dit qu'il est né d'une famille très-noble, an sens que les Français entendent ce mot $ et si , pour prouver un fait de cette évidence on alléguait la qua-
(1) I.aunoiut, Hut. Gymnasii Nararr. , pa£ :«)9i 800 •
AMBOISE
litc de boursier et celle de régent de seconde , que ce quelqu’un aurait eue dans le college de Navarre , il est sûr qu’on ne songerait pas à ce qu’on dirait. Pareilles preuves de noolesse ne furent jamais de mise, il pourrait donc être que non-seulement Michel Thiriot, mais aussi M. de Launoi, ont pris noblissima J'amUia , pour une famille considérable et qui faisait belle figure, et non pas pour une famille de entilbomme. C’est à quoi il faut prenre garde dans les éloges latins des hommes de lettres : on se tromperait si l’on prenait pour des gentilshommes tous ceux dont on dit nobili loco , no bili genere , nobili prosapiâ oriundi fl. Je sais bien que François d’Amboise se qualifie écuyer dans l’édition d’Abélard j mais cela prouve tout au plus que son père ou lui avaient été anoblis, et nullement que son père eût été chirurgien et gentilhomme tout ensemble. Il me vient une pensée que je donnerai pour ce qu’elle me coûte : c’est que peut-être les prédécesseurs de François d’Amboise ayant dérogé , il obtint la réhabilitation de sa famille. Que sait-on même si, du côté gauche, il ne descendait pas de l’illustre maison d’Amboise +* ? C’est ce qui paraît le jilus vraisemblable ; car il raconte qu il alla au couvent du Paraclet pour y ramasser tout ce qu’il pourrait des Œuvres de Pierre Abélard , et qu’il y fut très-bien reçu par l'abbesse, Marie de la Rochefoucaut sa parente, dont i aïeule paternelle , «lit-il , Antoinette d' Amboise , femme du seigneur de Barbesicux , chevalier de l’ordre , était Jillc unique de Guy d Amboise , et petite-fille et héritière de Charles , seigneur de Chaumont , maréchal de France : de sorte qu’elle recueillit toute la succession de cette très-ancienne famille, et qu’elle trans-
Sorta les biens de la branche aînée ans la maison de la Rochefoucaut :
Totam vetustissimam familiam crevit et primogenila nostra ad Rupifocaldos transtu Ht (a). C’est une chose assez singulière que le fils d’un chirurgien de Charles IX ait parlé ainsi (*). Notez
** Chevalier , et non écuyer , dit Joly.
* 7 Cette conjecture de Bayle semble probable il Joly , maigre' l’avis du généalogiste d’ If osier.
(?) Franc. Amboesius , Prxfatione Apologet. in Opéra Abxlawli.
(*) La postérité «le cet homme suppose préaeutement , niais irès-fausscmcut, »ur la co n/or-
qu’il ne faudrait pas nier absolument que quelque branche de l'illustre mai-
mité du nom , qu’elle est une branche de l’illustre maison d’Ainboise ; mais ou peut assurer tris-po»itivement :
s°. Que Jxah d'Amsoisc , pire de François d'Amboise , était natif de la ville de Douai en Flandre; qu’il fut successivement chirurgien des rois François 1er., Henri II , François II, Charles IX et Henri III ; qu'il fut naturalisé par lettres du afl de janvier de l’an i5G6, en qualité alors de valet «le chambre et chirurgien «lu roi Charles IX; qu’il mourut le i3 de décembre de l'an l584, et qu'il fut enterré dans l'église de Saint-Cervais , à Paris, avec Marie Fromager, sa femme, Gile de Jeao Fromager, aussi chirurgien juré au châtelet de Paris, et chirurgien du roi.
a0. Que Fasnçots n'Aatsoiix, fils de Jean, fut baron de la Cbartre-sur- Loire , et seigneur d'Hémrri et de Vexenl en Touraine , etc.; conseiller , puis président au parlement de Bretagne; avocat général au grand conseil l’au i586; maître des requêtes en i5 9" ; et conseiller au conseil privé, et eofin conseiller d'état en i6o4î
Ïu’il épousa le i5 de janvier i5<)4 Marguerite lousinel, fille d’un notaire de la ville de Meaux, vivante encore l’an 1 6.^4 » S11’*'1 mois de juillet de l’an 1589 , le roi Henri III le créa cheval.er, en considération des services que son père avait rendus à quatre «le» prédécesseurs de ce prince; et voici la copie de ces lettres de chevalerie.
Lettres de chevalerie , données par le roi Henri III , au mots de juillet 1S89, a François d’Amboise , président au parlement de Bretagne.
• Henri, par la grâce de Dieu roi de France » et de Pologne , à tous présens et à venir ,
» salut. Comme il soit chose honnesteet raison- » nable que les personnes ornées et décorée» «le » vertus soient élevées en titre et «legré d hon- » peur convenable à leur mérite , afin de donner « courage et désir aux autre» de. parvenir par • vertu à telle ou plus grande dignité ou su- » blimntion ; savoir faisons que nous, dûment » accrtené» des notable», louables , et vertueuses * œuvres, actions et comportemens «le notre cher » et bien amé M. François d’Amboise , sieur de • Vescul, notre conseiller et avocat général en » notre grand con-cil , et président au parlement ■ de Bretaigne, remémorant les services ^ue feu - son père a faits aux quatre rois , nos predéces- • seurs , et à nous, et considérant les grands , » agréable» et fidèles services que ledit d'Am- » boise nous a faits , tant en plusieurs charges » et commissions qu’il a eues en celui notre * royaume , et voyage qu'il a fait lors de notre • élection en Pologne , qu'en l’exercice de aes ■ deux états en «leux de nos cours souveraines , • et ie»quels services ledit d’Amboisc continue * ordinairement près et alentour de notre pera sonne en plusieurs et maintes manières , et ■ espérant que de bien en mieux il fera le temps a à venir, voulant aucunement l’en récompenser a et exfolier au titre et degré d'honneur , comme a sesdites vertus et œuvres le méritent , afin qu’à ■ son exemple , tant sa postérité que les autres • personnes d'honneur et sertu soient induites à ■ faire le semblable , à nous et cette couronne ; > icclui pour ce» causes et autres à ce nous moua vans , avons fait et créé chevalier , et dn titre a d’icelui décoré et décorons en présenco do a plusieurs princes et seigneurs de notre sang ,
AMBOISE
son d’Amboise ne soit demeurée ou ne soit tombée dans l’obscurité. Le
• et autres grands et notables personnages étant
• près de nous ; pour par lui |Ouir et doresna- » vaut user dudit titre de chevalier, en tou»
» droits de noblesse , honneurs , autorités , pri- » viléges , exemptions , prérogatives et préémi- > uence» en toutes et honorable» assemblées ,
• tant en jugement qu’ailleurs , ou besoin sera,
» comme au semblable ont accoutumé d’user les
• autres chevaliers créés , tant de notre main ■ que de nos prédécesseurs rois. Si donnons en
• mandement à nos amer et féaux les geus tenant » no» cours de parlement, baillifs , sénéchaux,
• prévôts, juges ou leurs lieutenant, et à tous - nos a mé» , justiciers , officiers et sujets , cba-
• cun en droit soi , si comme il appartiendra , x que ledit d'Amboise ils fassent , souffrent et x laissent jouir et user pleinement et paniblea ment desdits droits de chevalerie , honneurs , x prérogatives, privilèges, franchises et libertés x qui y appartiennent ainsi que dessus est dit , et
• qu’eu tel cas est accoutumé. Car tel est notre
• plaisir. Et «Gu que notre présent don et octroi x soit et demeure à jamais valable à 1a décorax tion dudit d'Amboise et de se» successeurs , et x qu'il en soit mémoire perpétuelle, nous avons x fait mettre notre teel à ces présente». Donné à x Pontoise, au moi» de juillet l'an de grâce i58g, x et de notre règne le seixième. Signé Hen*i , x et sur le repli, par le roi , Potier , et à conté x est écrit , vira comentor. signé Comul d , et x scellé du grand sceau de cire verte en lacs x de soie verte et rouge. »
3°. Qu’AifTOiHE d’Amboise , son fils , baron d'Hémeri, etc, épousa le ao d’octobre de l’an x f >3-2 Anne de la Hilièrc , fille de Jean Gabriel de la Hilièrc, gouverneur d'Amboise, et de Louise du Ga»t : et qn’après avoir été lieutenant de l'artillerie eu i634 , puis mestre de camp du régiment de Touraine, et gouverneur de la ville et citadelle de Trin en Piedmont, il mourut lieutenant-général des armée» du roi.
4°. Que Ci a* les- Jules d'Amboise , son Cl», aussi mestre de camp du régiment de Touraine, épou»a le ii septembre de l’an 1(171 Charlotte du Ga«i , sa cousine.
Et 5°. que de ce mariage est sorti Gilks-Akto inb d'Amboise , vivant et demeurant dan» la ville d'Amboise en Touraine, ou il épousa le 17 de janvier 1700 Paule Guichard , fille du maire de ladite ville, de laquelle il a un fil» et deux filles , vivans en 1710.
On suppose dans un petit livre, intitulé Index future us Chirurgorum Parisiemium ab anno i3i5 ad annum 1714 » imprimé à Trévoux, chex Estienne Ganeau , en iri4, in-ia , que François, Adrien et Jacques d’Amboise (*') fils de Jean , étaient sortis de l'illustre maison d’Amboise (**) ; et c’est sur cette fausse supposition ,
(•*; Jacques d'Amboise , frère de François , épousa Marie Longis , file de Joseph Longis , procureur au Parlement , mourut le 5 d'août x6o5 , et fut enterre’ dans le cimetière de Saint- Nicolas- des -Champs à Paris. Il fut père d' dune d’Amboise, fille unique , mariée arec David de Mondnir , gouverneur de la Fire en Picardie , pim lieutenant au gouvernement de V erdun.
(*Q M. Joahxnes d’Amboise , patrr, Castellelli Chirurgus B e gius , ex Nobilitsirnd dm hoesianorum g ente oriundus , 1res habuit filios, in suo quisque statu percelebres.... Fkakcisccs, sciluet, Aumanu» , et Jacobii. Index funerru* CLiiurgorunt Parriensium , p. 11 , 3o, 3a , etc.
chirurgien de Charles IX était peutêtre de cette branche.
(B) Son cpttaphe Lui donne de grands éloges . ] je ne crois pas que l'on soit fâche de la voir ici. Je la copie sur M. de Launoi :
Amboeti , paler eruditionum ,
Argivd et Latia madens Minervd^ Paulind in Cathedrd diserte prmeo , Idemque hsereseoi severe censor , Prtscorum nova nurma Episcoporum ,
A nlis te s pie , pauperum palrone ,
Custos virginitati* atque amalor ,
Tu quocunqui ieris , sequens a g nui*.
que celui qui reste aujourd'hui le seul de la postérité de François d'Amboise , usurpe les arme» pleines de cette puissante maison.
Lorsque feu M. Bayle commença à travailler i son Dictionnaire Historique , s'il m’avait consulté , il aurait traité plus exactement et pin* sûrement qu’il ne l a fait beaucoup de faits généalogiques qu'il a avancé» dans son ouvrage, et qa’ca n'a pas rectifié» depuis, et qui resteront contre la vérité dans toutes les éditions que l’on fera àe cet excellent livre. [ Tire’ d'un Mémoire coswuaniqué par M. d'Hotier, en 1716.] Rem- cxit.
AMBOISE (Jacques d*), frère cadet du précédent , s’attacha à la profession de son père , et il devint très- habile; mais après qu’il eut assez fait connaître sa capacité dans la chirurgie , il monta plus haut de quelques degrés : il devint docteur en médecine (A). Cette promotion se fit entre l’an i58z et l’an 1697 ; car Pineau témoigne dans un livre composé en 1 597 touchant les marques de virginité , qu’alors Jacques d’Amboise était docteur en médecine ; mais qu’il n’était que maître ès-arts et bachelier en chirurgie , lorsqu’avec beaucoup de dextérité , et en présence de plusieurs grands maîtres , il fit la dissection d’une femme qui avait été pendue l’an 1579, pour avoir tué son fruit (a). Nous savons d’ailleurs qu’il n’était encore que chirurgien , l’an i5$2 (£), et qu’il était licencié en xné-
(a) Voyct ci-dessous la remarque (A.’'.
(b Midi. Tbirioti Lauilat. Hadr. Amlo-ïsii , i5S2, apud Launoium , llistortm Gvœuasii >avarr«c pag. 799.
AMBOISE. 4q3
deciue et médecin du roi , l’an 1594 , lorsqu’il fut élu recteur de l’université de Paris (c). Le serment que cette université prêta à Henri-le-Grand, et le procès qu’elle intenta aux jésuites , tombent sous ce rectorat. On a deux Harangues latines que Jacques d’Ainboise prononça au parlement, en qualité de recteur, le 12 de mai et le i3de juillet 1594 :
elles sont sanglantes contre les jésuites. Il avait été membre du college de Navarre , avant que d’être recteur ( d ).
(c) Launoii Historia Gymnasii Navarre , pag. 368. Voyez aussi /'Apologie pour J. Chastel , pag. ig^.
{d) Launoius , ibid.
(A) // t'attacha à la chirurgie, où il devint fort habile , et devint docteur en médecine.} Cela paraît par ces deux passages : l’un est de Thiriot(i):
JYatu minimus paternarn , hoc est ulceribus medendi artcmamplcxatus , multis salutarem manum felicissimè prœbet ; et l’autre de Pineau : Jacobus Ambosianus in artibus magister et in chirurgid baccalaurcus ( nunc autem in utrdque medicind doctor et medicus regius ) (a). M. de Launoi entend parla le chirurgien de Charles IX , et se trompe.
(1) A pu J Launoium, fïiiL Gymnas. Navarr., P*S- 799-
(1) Pinseua , de Virginit. Noria , Ut- II , cap.
AMBOISE (Michel d’ ), écuyer et seigneur de Chevillon *, vivait au Xv Ie. siècle. Il se donna dans ses ouvrages un noin de guerre , ou plutôt un nom poétique («), qui ne leur a point servi de grand relief, et qui 11’a pas empêché
• Chaufcpié , qui a consacré un petit article à Miche! if lm boise , a pris tout ce qu’il en dit de Nicéron. Il présume que M. d’ A taboue . frère naturel de Georges, né en l5o6, mourut en l5^7.
^a»; L’Eaclare fortuné.
qu’avec le grand nombre de ses poésies, il ne soit tombé dans les ténèbres de l’oubli. Il ne paraît as plus que François d’Amboise ans le vaste Recueil de M. Baillet : cependant il y a quelque apparence qu’il espera que le titre de ses ouvrages entretiendrait long-temps la curiosité des lecteurs. L’un de ses livres , intitulé les Épistres vénériennes , Fantasics , Complaintes , Épitaphes , trente-quatre Rondeaux et trois Ballades , fut imprimé à Paris en i556. Un autre s’appelle Le Blason de la dent [b). Les Contre - Épistres d' Ovide (c), c’est-à-dire, les lettres qu’il composa pour réponse à celles que les héroïnes d’Ovide écrivirent à leurs maris ou à leurs galans , semblaient devoir être un grand attrait ; et néanmoins elles ont subi la destinée des autres poésies de Michel d’Amboise. On ne sait plus ce que c’est. Il se mêla de traduire : il mit en vers français IV satires de Juvénal ( d) ; le Xe. livre des Métamorphoses d'Ovide , les Èglogucs de Baptiste Mantouan (e) , et le Traite italien d’Anto— nio Phileremo Fregoso, intitulé Ris de Démocri te et Pleur d*Héraclile {f).W a écriten vers héroïques la Déploration de la mort de mess ire Guillaume du Bellai , seigneur de Langejr (g) ; et en prose , le Guidon des gens de guerre {h). Voyez la Bibliothèque de du Verdier Vau-Privas.
(6) Imprimé à Lyon , en
(C) Imprimées à Paris , en i54l.
(d) Imprimées à Paris , en i5a3.
(c) Imprimées à Paris , en i53o.
( f ) Impr. à Paris, en 1 547- (g-) Impr. à Paris , en 1 5.'j3. La Croix du Maiue , Bibliothèque Française , par.
(h) Imprimé à Paris , en l5^3.
494 AMÉLIÜS.
AMBROISE, général «le l’ordre aussi ÿ 4°. Ces paroles de Virgile : de Cainaldoli. Cherchez Camal- Au*u* ^nnaparum Uma muu^u D0U. ne prouvent point que de son temps
. . i •»! j»t t r* on CT|hnat les vignes d’ A me ha. Ce AMELIA , Ville d Italie. Un vers ne signifie autre chose . sinon
l’appelait anciennement Améria. qu’on trouvait au territoire de cette Elle est située entre le Tibre et ville> Ae branches souples
la Néra. Caton débite qu’elle fut 'TJS't ï
fondée neuf cent soixante-quatre gas de quibus vîtes religantur ; qui r
ans avant la guerre de Persée(tf) : virgt v abondant circa Amerinum o p-
si bien que cette guerre ayant ptfusm... ahi genus salicis dieunt , *• * „ ° j « 1 *i dispart colore a cœtcrd sauce : nam
commence l an 5t5i de Rome, il estrrubra et ad connectendum apllor , s’ensuivrait qu’ Amena aurait été quia prœler morem lenta est (a), plus ancienne que Rome de trois (B) I^andrc Albert a besoin aussi cent quatre-vingt-trois ans. Fes- **». «;•<;<«*• 1 11 impute à Caton
tus donne le nom d Amirus i pjus ans avant ja guerre de
fondateur de cette ville. Il parait Persée , et qu’elle fut bâtie premièpar des inscriptions , qu’elle de- renient par ceux de Veies , peuple de
vint une de ces villes que les Ro- J“scaû î 80Um’.a ,'onduiîe f A“'!ro' • mains appelaient Mumcipium. ]( 8uppose que piine a ait qu’elle fut Cicéron le confirme dans le beau bâtie 964 ans avant la guerre de Perplaidoyer qu’il fit pour Roscius sée , et il fait de Caton et de Pline AmériuuS. Elle acquit le droit déni chefs d’opinion. Ensuite, il tra-
de colonie romaine sous Auguste ni è„ dont u ,.y prend. ,a chrono. ( b ). Elle est situee dans un ter— logie de l'un convient assez avec la roir fertile , et les coteaux qui chronologie de l’autre , dit-il (3). Ca-
l’environnent ont de beau» vi- <on /»<* *| Plu! dc 9p° un. avant U
gnobles c). Il n est pas C r 1 avant cette même guerre. H est
qu’anciennement on estimât les donc aisé de les mettre d'accord en vignes d’ Améria. Comme je ne semble. Que si l'un d’eux emploie le fais cet article que pour rectifier d* rebâtir, et l'autre U terme
Celui de Moreri (A;, je II cinerpour cela qu’ils assurent choses
pas fort long. Léandre Albert a besoin aussi d’être corrigé (B).
(a) Apud Pliaium , lib. III , cap. XIV . (ô)Cluverii liai. Anliq., lib. II, cap. VII. (c) Leandri Alberti Descriptio Itali* , p.
(A) Je ne fais cet article que pour rectifier celui de Morèri.] i°. 11 n’y a point d’auteurs qui aient écrit qu' Arnéria fut bâtie du temps de la guerre de Persée ; a0. Pline ne soutient point quelle était bâtie 964 uns avant cette guerre. 11 rapporte simplement que Caton avait dit cela \ 3°. Cicéron n’a point plaidé pour un comédien né en cette ville : le Roscius A mérinos , pour qui il plaida , était différent du Roscius comédien , pour qui il plaida
g mer pour cela ai
contraires ; car le mot condere dont se sert Pline , se prend indifféremment , et pour fonder , et pour réparer. Ces vaines et chimériques disputes tombent par terre , à la honte de cet auteur , dès que l'on consulte Pline ÿ car on voit qu’il ne forme pas de sentiment , et qu’il se contente de dire Ameriam... Cato ante Persei hélium condilam annis 964 prodidit (4).
(1) Virgil. Georgicor., lib. /, Vi. a65- Ce r#r/ a clé irèt'inal rapporte par Moréri.
Atque Amerina parent tenta reiinacuia mit.
(■») Sema» io Virgil. , ibidem.
(3) Leandri Alberti De»cript- lUiiar, p. *44-
(4) Plinius, lib. III , cap. XI V , injîae.
AMÉLIUS , philosophe platonicien , au IIIe. siècle, était de