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^utfTiiav , oirw to t 'AuQi Âpiarr,
oit Q»TI io^&KXÜç ,
E<f'i~cLTL pttyUTtL @ N Collai ftÔfl{,
Ai/toÎti» 67txqiç , nati rtrpapiçat li-
Ci rca quem locum oraculum fuit Am phiaroï , ollm cultum : ubi Jug tentent Amphiaraüm , ut ail Sophocle s ,
« Thebanus haut il pulvit hiatu prwpeie ,
» Arma ri quadrige* absorbent timul et n- . mm. •
Strabon veut prouver que l’oracle d’Amphiaraüs, au territoire d’Orope , était situé au même lieu où ce devin fut englouti par la terre ; et il apporte en preuve deux vers de Sophocle , qui témoignent que la terre se fendit dans le territoire de Thèbes , pour engloutir Aftiphiaraüs et son chariot. Saumaise critique cela avec beaucoup de raison (a3). Isaac Vossius a pris le parti de Strabon ; mais , en cctte’renconlre, iPh fait voir qu’une envie trop ardente de trouver des fautes dans les écrits d’un adversaire est un guide dangereux. Desinat quoque mirari , dit-il (24), quôd multi Oropum urbem in regione sive agro Thebano collocârint. keetc enim hoc ab illis J'aclum , cùm Oropus non s tu juris , sed propria fütrit Thebanorutn. Hoc manifesté Diccearchus docety n /i irbxit ’Clperriati oint**
0*C«» tçi. En premier lieu , la proposition de Dicéarque, prise généralement, et pour tous les temps, •'est
S oint vraie. Oropc fut un long sujet e dispute* entre les Athéniens et les Thcbains. Ceux-là en acquirent enfin
Pleinement la possession , après que hilippe de Macédoine eut pris 1a ville de Thèbes (a5). En second lieu, de ce qu'Orope appartenait aux. Thébains, il ne s'ensuit nas qu’elle fût au territoire de Thèbes , in agro Thebano. Un auteur, cité par Plutarque, assure que la ville de Harma fut nâtie où se donna le combat entre les Argiens et les Thébains, et ou Amphiaraüs fut englouti (a6). C’est
(a*) Strabo, lib. IX ,JPat- (i3) Salai a». Esercit. Plio. in Salin., p. *<*7. (a4) l«ic Vo*»in« in Pompon. MeUm., p. «Sx (*5) Pausan. . lib. /, pag. 33. Verre dane ta* Noirs de Pinedo sur Etienne de Byxnuc* , nus mot ft^ÛITOC, quelques partager qui proat-c-nl que crue ville appartenait aux Ath/menr.
(xG) Trisimocbuâ , lib. III , de eotsditt* ürbibux, apud PlaUrch. tn Paralleii» , pag. 3a*?.
AMPHIARAÜS. 537
une faifte de géographie, mais beaucoup moins ridicule que ce que conte le meme auteur, que le jour oui précéda le combat, un aigle enleva la lance d'Amphiaraüs pendant que les généraux dînaient ensemble : l'ayant portée bien haut , il la laissa retomber : elle se ficha dans la terre , et devint un arbre. To It mtytv t» y» fiq- ?» iyii *to. F.a terra i/ifixa in tùurum est mutala (27). Voici des paroles du scoliaste de btace , qui ont été critiquées : Civitas in 1U0 hco po st est eondda , in quo hiatus ierrœ Amphinraurn teccpity quœ Atnphiarma vocal ur y ut Momerus ait , quoil tllic currus qucm Grceci éifpa. vocant décidé rit , in quo etiam oraculuni est uod grrecè Amphiaraon vocalur.
arthius (28) prétend que cé scoliaste allègue mal à propos le témoignage d’Homère, puisqu'on ne trouve rien de semblable dans le livre de l’Odyssée où il est parlé d’Amphiaraüs (29). 11 ajoute, que peut-être le nom d^Homère est entre là par la faute des copistes , et que si Ion ne suppose point cela , il faut dire que le scoliaste a fait un péché de mémoire qui lui est assez familier, et a beaucoup d’autres : Eel ahum ergo auctorem nnminavit intruso nunc Homeri titulo Lutalius , vel errorem errai'it nec ipsi insolitum , nec a/iis paris moment i auctoribus in fréquentent ( 3o ). Cette critique n’est pas juste : il la fallait diriger ailleurs. Il fallait dire premièrement, que la ville qui fut bâtie où Amphiaraüs périt , s’appelait tiarma , et non Amphiarma.
Secondement, qu’Homère s’est contenté de la nommer , sans faire aucune remarque étymologique “Oit àfxq ipux m/uorro, quique circum Mar ma habitabant (3i). En troisième lieu , que l’oracle de ce prophète n'était point à Harmu.
Finissons cette remarque par un passage de Barthius, qui nous apprendra an’on prétend que les païen* ont fait allusion à l’aventure de Corc «t d’Abiram : Placct non plant absur-
(*7) Id. i bid.
(a8) Barthiiu in Sut. Tlieb. , Lb. VIII , vt. *07 , toi». IJ , png. 8J1.
(19) odju. xv, vt . 345.
(30) Barlhitu in Sutii Theb. , lib. VIII , ton*. II , pag. 8 ?» 1 .
(31) Homer. Iliad. , Hb. II , vt. foj.
dam conjeciuram v etc ri s adnotatoris propnnere , per hune casum altudi à paganis scriptnribus ad vindictam di vinam in sacerdotes hebrœi populi , Datamum nimirùm et Abiramum , qung non rite rebus sacris mimstranlcs Deus omnipotent coram omni ilLî gente vivos ad inferos per hialum ierrœ subitum dejecerit. Ei rei respondere nonmhil etiam posleriùs dicti vocabulum ; facile enim ex Ahiramo gentil lum deliria Amphiaraum Jecisse , quem , Israëlitd gente jam eo loco remota , quo loco ista absorptio accident, consecrdssv postmodum , Salaria instiluentc oraculuni. Et indè cultum impii hnminis aliorsùm longé laièque pmpagatum (3a).
(C) Il y a eu des réflexions assez mauvaises sur cette espèce de mort.] On a cru que l'ordre ae la nature y avait été renversé : cet ordre, dis -je , selon lequel les parties d’un composé qui se dissipe doivent retourner chacune en son lieu: par exemple, quand l’homme meurt , son âme doit s’envoler vers le ciel, d’où elle a été tirée, et son corps , pris de la terre , y doit retourner. Amphiaraüs n’avait point joui de ce bénéfice ; la terre 1 avait englouti en corps et en âme : elle ne s’était pas contentée de reprendre ce qui lui appartenait , elle avait aussi retenu ce qui ne lui appartenait pas.
Le devin Tniodaraas lui en fait une espèce de reproche :
Lierai, preeor, ordine belli
Pugnaces ejjlare animas , et reddere ccrlo.
Ite râpe Utm tubiht spiranlia corpora but lu. propera : veniemmt enim quo limite cuncti
Qud licet ire vid (33).
Un commentateur dit là-dessus : /ni quitas manifesta Telluri hic tzprobratur , qud animant Amphiaraï cum corpore egerit deorsùm (34). 11 venait de rapporter une doctrine d’Epicharme , qui est très-belle : L'homme avait été fait par l assemblage de deux parties ; elles se séparent , ei chacmne retourne d’où elle était venue , la terre h la terre , et l'esprit en haut : il n'y a rien là de mauvais. Ketxtîç ou» ô ’Eiri- ^ot^/uoc xvi t qnxi , k ai /iixfida , kai «tTNxSiv e$«f nx9i ttÂkiv, yâi piv tic yiv , iri 1 vp a éi aiiart rûr i% ^«ixivoy ;
Chs) Bartb. in Vil lih. Thcbaid. Sutii, vt. 784 , pag. 773, tom. III.
(SS) Statius, Theb. . Ub. I III. vt. 3s3.
<?4) Barlhic» in Stalium, ton». III , p hfo.
AMPHI ARAUS.
où J* *». Pftrclarè igitur Epicharmus , cnncretum , inquit, fuit et discretum est , redtlque undè vénérai , terra deortiim, spiritu» sursùnt. Ouid ex hit omnibus iniquum est ? iVihil (35). On trouve cette pensée dans les écrits de
fdusieurs païens (36) , et même dans es poésies de Lucrèce, comme je l'ai dit ailleurs (37). C’était pour le moins connaître en gros la vérité' : mais ceux qui s'imaginaient que l'Ame d’Ampliiaraüs n'avait pas joui de la liberté de se réunir à son principe, se trompaient grossièrement. Quand même elle n’aurait pas été immatérielle, mais de la nature désastres, elle aurait trouvé aisément une bonne issue pour remonter. Les poètes qui dirent
211'il vivait encore quand il arriva ans les enfers, mettaient plus d'obstacles au retour de son esprit vers les régions célestes: car il semble qu’il soit plus facile de gagner le haut, si Ton commence à y tendre un peu au dessous de la surface de la terre , que si Ton s'enfonce jusqu'au centre, avant que de commencer son vol vers le ciel mais ces fantaisies poétiques sont trop éloignées du sérieux , pour mériter que l’on s’y arrête , et je crains que mes lecteurs ne trouvent mauvais que je copie ceci :
. . . Ecce allé preeceps humus, ore profundo DttJilu , inqutf vteem timuerunt sidéra , et umbrtw.
Ilium ingens ha uni specus , et transire parantes
Mergil equos , non arma manu, non frena remisa :
Sicuterai , rectos defert in Tartan currus (3#).
A la vue des Parques , il vivait encore : elles ne rompirent le fil de sa vie qu’après avoir eu bien peur de voir ée prophète en chariot dans les pays infernaux :
Quin cominus ipta
F atorum deprensa eolus : risoque patente* Augure , tune demain rumpebani slamina Fartes (39).
On*lrouvera moins étrange que j’observe la contradiction où ce poète s’est jeté. Il suppose qu'Amphiaruüs,
(35) Plnlarcli. de Con*olat. , pag. no.
(36) V ores Bartliiu» , qui en cite plusieurs dans son Commentaire wr Suce , lam. II , p.
(37) Dans la remarque (E) de V article P tourner..
(38) Sutin» , TheW. . lit. ni , M. 816.
(29) ld. 1 bid. , lib. FUI , vt. u.
un peu avant que d’être erifelouti , rendit à Phœbus les -enseigues prophétiques , comme une chose qiu ne
Souvait pas être portée au royaume e Pluton :
Aeeipe commis sum capili de eut, accipe la unis Quas Erebo de j'erre nef sis (4o).
Ailleurs, il suppose que Phccbus avoue que son prophète descendit dans les enfers avec toutes les enseignes de sa charge :
XJtinam indulgere preearUi
F ata dorent ! en ipse met ( pudei ) irritas arma .
Cul torir , frondesque sacras , ad ira ni a vidi Tariara , et in me met versos descendero ndlus (4i).
Barthius , qui a relevé cette faute , observe qu’il y en a plusieurs do même nature dans la Thébaide de ce poète : Hoc genus p/urima connivet magnanimus hic valet , et duotlecim tamen annorum limant re ferre vttlt tuant Thebaïdem (4^).
(D) On a cru qu’ A mphiaraüs sortil des enfers.'] Quelques auteurs affectent de dire qu’il disparut : 'A/uqtatfsLic éc Xusovrtc rïc yit t/jrrvresi tiç ro Xsli-us*. fit ta tou àU/jLBLToç etqxvHç tytivri (43). Amphiarnüs verb déhiscente terra code ns in hialnm cum curru incontpicuus evasit. Apollodore ajoute cette raison : c'est que Jupiter lui donna
l'immortalité : ’O /i rùi rû
ixpvqQn kbls Ztùç 'ÀQÂiAToy autos t-rw*- (44)- i* vero absnrptusest et postait nunquam visas : ilium enim Jupiter immort alita te donavit. Voilà qui peut obliger les hébraïsans à dire , que les
Saïens ont fait allusion à l’bistoire 'Enoch. 11 y a d’autres auteurs qui ne biaisent point : ils supposent qu’A.mphiaraüs mourut , et qu il descendit actuellement au royaume de Pluton; mais qu'ensuite il remonta aux régions supérieures. Ils indiquaient même le lieu par où fut faite son ascension- C'était une fontaine T Moche du temple que ceux d’Orope f45) lui bâtirent. Le culte de cette fontaine était, singulier : on n’y faisait point de sacrifices ; l’eau n’en était employée ,
(4o) Id. ibid. , lib. VII , ut. 784.
(40 Id. ibid., lib. IX , es. 65a.
(4>) Barlh. in Statinm , lom. III , pag. 77Î. (43) Diod. Siculuf , lib. IV.
(445 Apollodoro» , lib. III , pag . *ç»3.
<4>) Ville situer entre V Auiqtte H la Be'ottc»
AMPHIARAÜS
ni aux purifications , 'ni à se laver les mains : seulement ceux qui guériasaicnt d'une maladie par le moyen de l’orade jetaient une pièce de monnaie d’or ou d’argent dans cette fontaine.
*£c» ^ ’flflû*rio!Ç T*y» TrMttriov T OU falot/ y
Sf ’AuQiupeLou KfltAovoiv , ovrt ôùorrtt o t/Jtt i( etûriir , où /’ ’rrutaQ apatoit » fi Ci yo/uiÇoyrtç. Norou <ft dxtr-
6iiTH c ailé' fi [XAT'ttùfjLAfroi ytyo/Atyov y xat* ôiç'MXi? ipyt/poy <z<ptnau xoli %pvToy ixlffAfjioT ic •rè* x*y»i’ mûr* yàp ciytxQùy noy ’ A/uqiâpctty \iyouny à«f» 6*ô» (46). Est etiam apud Oropios Jons templo proximus , quem Amphiaraï nuncu parti : ad quem neque divinam rem faeiunt , neque aut ad lustrandum , nul ad manus /avandas , aqud ed uti fat putant : solùm , qui rnorbo oracuti mn~ nilu levait fucnnl , signatum aurum argenlumve more majorum in fonlem ahjiciunt. JUinc enim jam deum Amphiaraum adscendissc tradunt. Hôte* que tout le monde ne croyait pas 'la résurrection U’ Amphiaraüs, et qu’on osait la nier en plein théâtre ; témoin ce vers allégué par Cicéron :
Audit ne heee , Amphiarai sub terrant abdue (4:)?
(E) On lui consacra des temples :
son oracle fut très-célèbre.'] Les habitans d’Orope furent les premiers qui déifièrent Amphiaraüs. Ils lui bâtirent un temple à douze stades de leur ville , dans l’endroit où la terre s’entr’ouvrit , et l’engloutit et lui et son chariot (48)* Nous avons vu ci-dessus (49) qu'il y avait divers sentimens sur la véritable situation du Heu où il tomba dans un abîme. Quoi qu’il en soit , toute la Grèce se conforma au goût des Ovopiens sur l'apothéose de ce prophète : elle convint que c’était au temple qu’ils lui bâtirent qu’il fallait consulter l’oracle de ce nouveau dieu (5o). Pausanias nous apprend qu'un Recueil d'oracles en vers hexamètres contribua fort à donner aux peuples une grande idée d’Amphiaraüs , parce cjue l’auteur de ce Recueil y inséra la réponse que ce devin avait donnée touchant la guerre de Thèbes.
(46) Paa»»n. , lié. /, pag. 33.
(4") Cicero, Toicnl. Question., lib. II, cap.
XXŸ. . ,
(49) P*n«»i»i**, hb. I , png. 33.
(4$) Dans la remarque (fl).
.(So) P*us*n. , lib. / , pas 33.
C’était lui donner beaucoup de relief; car l'on était prévenu de cette opinion , qu’anciennement il n'y avait que les personnes inspirées d’Apollon qui répondissent de vive voix anx consultant, je veux dire en forme d’oracle. Les autres devins ne s’occupaient qu’il expliquer , ou les présages des oiseaux et des viotiraes, ou les songes. Mais quelque avantage que cela donnât à notre Amphiaraüs sur ses confrères, on ne demeura point persuade que sa véritable fonction dût être semblable à celle de la divinité de Delphes ; car on ne le consulta que pour recevoir en songe la réponse qu’il avait à faire. C’est une marque que, pendant sa vie, il s’adonna principalement à l’explication des songes. Voi^p , ce me semble, le précis de la narration de Pausanias (5i). Je ne trouve point que Ronmlus Amasæus l’ait bien traduite, «t j'aimerais mieux m'en fier à la version de Vigéncre quoi qu’elle ne seit pas assez exacte. La voici : Jopkon Cnnsien, l’un des interpréteurs des cracles , publia ceux d' Amphiaraüs en vers hexamètres ; ce qui attira tellement les peuples , que tout soudain ils y accoururent de toutes paris. Car pas un des devins y hors mis ceux qu anciennement la fureur d’ A pol Innesmou voit y ne rendoit les oracles ; mais enoient tous y ou interprètes de r>ngest ou jugeoient les choses advenir far le vol des oy seaux , ou par les entrailles des bestes sacrifiées. Au mnym de quny il semble qu’ Amphiaraüs se soit principalenurnt addonné a la prédiction par Us songes. Ce qu’on collige de cecy ; qu’ après qu’il eusl esté Uéijié, il institua cette manière de devinenens. Et faut en premier lieu que ceux qui vont à f oracle a lui , soient bien et deuement purgez ; laquelle purgation ou nettoyement consiste à sacr.fier comme U faut a ce dieu , cl acconqrlir les cérémonies requises tant envers lui que tous les autres dont les noms sont là escrits. Cela fait y et ayant immolé un mouton , ils estendent sa peau en terre , et s’endorment dessus , attendons l es tlaircis sentent de leur fait , qui leur doibl apparoistre en songe ( 5a ). Philostrate
(5i) Idem , ibidem.
(5a) Vigénèti' «ur l'Antpfciaraui de PUiU»*(ratf, pag. 4°o du l*r. tome.
AMPHIARAÜS
va nous apprendre quelques autres cérémonies que l’on observait en ce lieu-là. Le i dieux , dit-il (53), sont coustumiers d’octroyer les oracles h ceux qui sont sobres. Car il se trouva
moment de celui d’Amphiaraüs (57) :
voilà donc un second témoin contre le héros de Philostrate. Disons en passant qu’il en fait mention dans un autre heu, que son traducteur a perverti. Le
une fois en Gièce un prophète appelle voici : "H tôt ’A/sqiiptar rot ovt r uclsr- Aniphiaraus. J’estime ( interrompt le tu toiç iari Gafatc ç-purtôo-eLn pi*, ytt li roy ) que vous voulez dire celuy qui ràç Ixiov abj»Ttmç irptAîmpot qtpo/uoto r. fut fils d’Jocléc , et en s’en retournant A ut Antphiaraüm, qui cum septem de Thébes fut englouty dedans la terre, qui adversùs Thebas bellum gesse runt , Celui-là sans autre , respondit Apol- J'ertur Trojd capta und gc ne ratio ne lonius , lequel jusqu au jour d’huy rend fuisse posterior : il fallait dire prior t des oracles au territoire athénien , et (58).
envoyé a ceux qui l’en requièrent , des • Hérodote nous peut apprendre comsonges sur ce qu’ils luy demandent, bien cet oracle était estimé ; car il dit AJais les prestres .du lieu enjoignent à que de tous ceux que Crœsus , roi de
ceux qui viennent là se conseiller , de s'abstenir un jour entier de toute viande, et trois jours de vin; à celle fin qu’ils puissent mieux en leur pensées pures et nettoyées concevoir et
Lydifc, fit consulter, il n’y eut que celui-là et celui de Delphes qui tirent de bonnes réponses, et qui reçurent des dons magnifiques de la part de ce monarque (09). Je m’étonne de ce
r’ accueillir tes raisons des choses qui qu’il observe que les dons envoyés leur seront manifestées en songe. Là par Crœstis à l’oracle d’Amphiaraüs
ou St le vin estait un médicament propre à dormir , ce sage Amphiaraüs sans double l’auroit ordonne aux songeurs, et que , remplis jusqu au regorger de mange aille , et de ce breuvage somme une bouteille, ils des ccndisscnt en la plus secrctle partie du temple où se rendoient de tels oracles. Prene: garde que Philostrate assure
au’au temps d’Apollonius l'oracle 'Amphiaraüs conservait encore sa réputation : cependant Plutarque corsfesse que tous les oracles de la Béotie (54) , entre lesquels il met celui-là ,
furent mis au temple d'Apollon Ismédans la ville de Thches 160).
nien
Pourquoi ne furent-ils pas consacrés dans le temple mUnae d’Amphiaraüs ?
Pourquoi, au défaut de cela, ne furent-ils nas portés dans toute autre ville , plutôt qu'à Thèbes , dont les habitans avaient encouru une note désavantageuse par rapport à cet oracle ? Car il leur était défendu de s’endormir dans le temple d’Amphiaraüs -, et c’ctait le seul moyen de consulter l’avenir en ce lieu-là. La raison pourquoi cette défense leur fut faite avaient cessé (55). Ne faisons point était qu’Amphiaraüs ayant offert aux d'incident sur ce qu'Apollonius met Théhains, ou de leur servir de devin, cet «racle dans l’Attique , et non pas ou d’être leur compagnon d’armes , dan* la Béotie , comme Plutarque. Ils ils choisirent le dernier parti. Voos
Iiarbnt du même lieu ; mais comme trouvez toutes ces choses dans lléroe territoire d'Orope fut un sujet de dote (61), et avec une distinction si contestation entre les Athéniens et les Tlubains, ceux-là prétendant qu’il appartenait à la Béotie , et ceux-ci qtnl appartenait à l’At tique (56) : de là est venu que certains auteurs ont
pu dire que le temple d’Amphiaraüs parlant d’un Européen qui fut em-
». â .1 1 Il / . â î . . X I A * *1 - 1 .... aa aa m Al n Mal a. Ma aa*M H A a « M AaV M «il aa ■»
claire entre le temple d’Apollon Jsiuénieu , et celui d’Àmphiaraüs , qu’il est fort étrange que Barthius ait pu dire qu'ils n'étaient pas différons (6a). Au reste, Hérodote raconte cela en
était dans la Béotie, et les autres qu'il était dans l’At tique. Clément a’Aiexandrie , reprochant aux païens la cessation de leurs oracles , parle nom-
(53) Pbiloatrate , Vie d’Apollonin» , lie. IT , chap. XI , pan. 476. Je me sert de la traduction rf-i Vigénère.
(;ï4) Plutarcb. de Orarutor. defeetu , p. $11
(55) Il excepte celui de Lebatlte.
(56; Vorex Pau»aniaa , lib. I , pag. 33 ; et Strabon, Ub. IX, pag. 375. * «
ployé par Mardonius pour consulter les oracles de la Grèce. Il n'a point su
(57) démena Alexandrin, in Protreptico, p. o.
(58) Idem , Stromal. , lib. I, pag 334 • Barlbiua »ur Stace , tom. II , pag. t <8 , aàoph* la faute du traducteur , et t impute h Clément d’Âlexnmlrie.
(5t)) Herodot. , lib. I , cap. XIVl et sexfg. (6*o ) Id. ibid. . cap. LU.
(<5i) Idem, Ub. y tll, cap. CXXX1V.
(6 a j Barthin» io Statuas, tom. II , pag. i i;.
ÀMPHIÀR AUS.
par • quel songe Amphiaraüs fit connaître à ce général au roi des Perses la mauvaise destinée qui l'attendait.
Plutarque était mieux instruit làdessus; car il rapporte ce songe (63).
11 y a des auteurs qui disent qu’Arapluaraüs s'apparaissait aux consultans: A/uqutpct'jÇ fjîty yÀp ttxt Tpo^àvioc «v Boio»tj* juti Ayu^tAo^oc il Ait» Ai* tytr/ueefouTt ts rtu ovtoi Jt
'ra.vrctX'OÙ <rîç ysz J'txxét.rrt.urti ôitnrtp •Lç-iptç va/uVoxoi (64). Je crois qu'ils veulent dire qu'il sc faisait voir en songe. Quoiqu’il en soit, son oracle n'était pas moins révéré que celui de Delphes , ou que celui de Dodone , ou que celui de Jupiter Hammon ; c’est Valère Maxime qui le dit : Eadeiu gens iuntmo consensu ad Amphiaraüm de corandum incubuit , locum in quo humains est , in Jormatn condilionernque templi redtgendo , atque intlè oracula eu pi instiluendo.Cujus cineres idem honoris possident , quod Pjrthioas Cftrlinœ , quod aheno Dodonæ , quod Hammonis fonti dalur (65). Cicéron n’en a pas dit tout-à-fait autant ; mais neanmoins il en a parlé avec éloge : Amphiaraiim sic nonoravit fama Grcecice , de us ut haberetur, atque ut ab ejus solo , in quo est humatus , oracula peterentur (66).
Notez qu'il y avait à Corintne un temple d’Amphiaraüs (67); mais n'a-
J’outez point de foi, ni à Pomponius fêla (68), ni à Solin (69), qui disent qu'il y en avait un à Rhamnus. Ils se trompent. Il n'était point là ; mais proche d'Orope, comme je l'aidéjà dit, et comme on le peut prouver par Dicéarque, parStrabon, par Pausanias, etc. Voyez Isaac Vossius, à la page i5i de son Commentaire sur Pomponius Mêla.
(F) Il excella principalement h deviner parles songes; mais.... il fut l’inventeur des divinations qu’on fait par le feu ] À l’égard de cette invention , je ne puis citer que ces paroles de Pline : Aruspicium Delphus (invenit), ignispicia Amphiaraüs, auspicia
(63) Plutarch. de Oraculoram defectu , pag.
(64) Aristide* , Ont. in Asclepiadaa , apud Barthium in Sutium , tom. II, pag. »38.
(65) V«l«*r. Matimu* , Ub . VIII , sub fin.
S 66) Cicero, de Oiriiut. , Ub. I , cap. XL. 67) Paunn. , lib. II , pag. 65.
68) Pnmpontu» Mria . Ub. II , cap. III. (6q) Sulitmt , cap. VII.
avium Tiresias Thebanus , inter pretationem ostenlorum et somniorum Araphictyon (70). Stace ne parle point de cela , quoiqu’il se niaise à parler souvent de l'habileté d'Amphiaraüs à deviner par plusieurs moyens :
Ouix mihi sidéré ot lapsus, menlemque sinistri
rulgurii , aut c ce sis salial quod nuinen in exlis ,
Quasi J o lier, uruli mon », quee saris uUÏis armis ,
Quce pacem ma gis hora relit, quii jam omise fiumrmm
Proferet , aut cum quo rolucres me a fala Itquerstur (71) ?
C’est ainsi qu’il exprime les regrets de toute l’armce sur la mort de ce devin. 11 dit dans un autre lieu :
.... Quantum subito dire r su s ab silo
Qui tripodas laurutque sequi , qui do dut it omni
Nube salutalo rolucrem cognoscere Phæbo (:>)•
Je laisse plusieurs autres passages de la môme force , et j'aime mieux observer que ce poète n'insiste pas sur la principale propriété de ce devin :
c’était de prédire par les songes, comme je l’ai déjà dit (78). H fut le premier qui s’abstint des fèves comme d’une chose qui nuisait à cette science (7 j). Ilf» T0Ç «fi ÀTiir^tTO tuséiueti A y.qtxpxoç , Del ritr Jt ort/p a»? uav rn'xv (7 5) . il ne sera pas inutile d'indiquer ici de quelle manière il devint prophète. Il entra dans une maison aussi ignorant qu’un autre des choses futures ; mais le lendemain il en sortit bien capable de les prédire. Cette maison demeura fermée depuis ce temps-ià , et fut appelée fatidique. Elle avait, à l’égard des divinations, la même vertu que les poètes attribuaient au Parnasse à l’égard des vers :
Nec in bicipiti sotnnidste Pamatso
Me mi ni , ut repenti sic poêla prodirem (76).
On y devenait prophète dans une nuit ; et c’était alors que l’on pouvait dire que le bien venait en dormant. Vou3 verrez dans le passage que je vais citer que ce changement d’Amphia-
(70) P lin , lib. VII , cap. LVI.
(71) Statu», Toeb. , lib. VIII , rs. 177,
(7a ) t *bid , lib. VII , es. 706.
(73) Dans la remarque (F.).
(741 Voje a la remarque (I) Je V article Pi-, mooiu.
(75’ Geopoweor. Ub. Il , apud Baitbitim »* Slatium , tom. Il , pag. 137,
(7^) Persi», , *» Prulogo, es. ».
54a AMPHIAR AUS.
raüs se fit â-Phthie (77). 'Oiruréts fi «rïç àyopéLf , iç'i» oîaoç ofOfUtÇt/Âtfoc^ viro qbtAoî en /u«t»T»*ô«* if toDto» Kpqtcqust ixôà» , x*j t»v vint* Jy* AT**oy*»ô«if , ju<tvT»(/«ri)«u tôt* yrpétrov , *c 01 ♦Xiano» ^*.«» , ipÇetrt.' T »*c ii »» ’Apqiérfatoc t» *x*»»a*v xôy® > <7m»t»c ti xai où yuaVTiç* xaù To oixby.*. àir'o toc/TOI/ «x^x*xM»ç"<*i TO» 7r*»Tat »/« ;tf0»0» (y®)* 7/i posticdfori parle domus est , quant Phliasii Fatidicam nuncupanl. In eam enim ingrc s su s Amphiarnus ( qucntadmodùm ipsi narrant Phliasii) citm noclem unam obdormisset , statlm divinare caepit , cüm anlè indoctus plané fuisset; id cüm ità evenisset , in rtliquum omnc Un/ pus occlusse illce cédés fuerunl.
(G) On lui a donné .... entre autres éloges , qu'il traçai liait h être honnête homme y et non pas à le paraître.’] Adraste, dans ses complaintes pour la mort d’Amphiaraüs, déclara qu’il avait perdu l'œil de son armée, tin homme également propre a prophétiser et à se battre ;
rio9*o» ç-f* T»<ïc
’Oq>ô*tytov i/txctç , àjU^ÔT tpoy ,
Marris r dyctSov
Kai «foc /fi pt apuirDeu (79).
Desidero exerciliit Oculum mei utrumque,
V aient bonum ,
El ad pugnandmm ha tld.
En effet, ce n’était pas un devin qui n’agît que de l’esprit : son bras était redoutable , et il excellait dans les exercices du corps. On prétend qu’il fit un carnage horrible des ennemis le jour qu’il mourut :
Ardet inerplelo swi Mavortis amore ,
Et fruilur dexlrd , a [que animd flagrante superbit.
Hic hominum canut tenir» et demere falit Jura frequent y quantum subito diversus ab itlo
I nnumeram ferra plebem ctu lelhifer annut , dut jubar adversi grave stderit immolai umbrit
Jpte nuit (8t).
En un mot , c’était un prophète brave , et tel que le devait être celui qui joignait la royauté avec la scicxfce de
(77) fritte du Péloponnèse.
(78) Paasanias , lib. II , pag. 56.
(7 çj) Pindar. Od. VI Olyrapion., vt. *6.
(80) Ce qui manque ici a /*/ cité dam la retnmrque precedente , citation (-a).
(81) St*lioj , Ti><4>. , Ub . VII , vt. 703.
l’avenir. S ta ce le nomme le roi prophète :
Jamque eril ille die s , que le quoique couicié
Jad
Temples calant y reddalque luut rerpoasa tacerdot ,
Talia ranoico peragunt tolennia R ic» (82}.
Pour ce qui est de l’adresse dans le* exercices où les Grecs se piquaient tant de remporter la victoire, il me sutfira de remarquer que notre A n> phiaraùs gagna le prix de la course et celui du disque aux jeux Kéméens , que les généraux célébrèrent pendant qu’ils marchaient contre la ville de Thèbes (83). Prenex garde à ces paroles de Stésichore :
0/>*<nt»» jul» yàp' A/utqi*f*.sç s "Axotti Ji vi'jutov» M*x*atypoç (84) S al lu quidem me Amphiarnùs ,
Jaculo vero tuperat Meleager.
Quant aux belles qualités de son iœe , voyez le VIIIe, livre de la Thébaide , et la tragédie d’Eschyle intitulée ‘Earna. iri 0a'£«tc , Septem contra Thebas . dont je citerai un passage dans la remarque (1) , et trois beaux vers dans la remarque suivante. Voyez aussi les éloges que l’on donne à sa modestie daus un fragment de l’empereur Julien (85).
(H ) Sa maxime de travailler plus i être honnête homme qu’à le paraître .
est un grand sujet à réflexions.] Rapportons d’abord le fait : Aristide « ia- » mais, pour honneur qu’on lui üst » ne s’esleva, ni pour rebut ou refus » qu’il souffrist aussi ne s’abaissa , » ni ne 6e troubla , ayant opinion » qu’un bon citoyen se doit loQsjouri » également tenir prest, et offrir corps » et esprit à servir la chose publique , » sans en espérer ou atendre aucun » lover mercénaire, ni d’argent , ni » d’honneur et de gloire. Et pourtant, x un jour que l’on prononçoit au théf- « tre certains vers de l’une des tragé- » dies d’Æschylus , faits en la louange » de l’ancien devin Amphiaraùs , doat u la substance estoit telle ; *
• Il ne veut point sembler juste , mais Ver**.
* Aimant, vertu en pense'e profonde .
*■ Dont nous voyons ordinairement naiiire » Sages conseils , où tout le inonde ubvr.de ;
Sf) Id. ibid. , Ub. VIII ,
5j Apollndor. Bibliothec- , Ub III , p. ,
4) Albfn., lib. IV , cap. .XX/. pas?. »*i. (85) A (n page 3o3 des OEuvra de JtdW», édition de Leipuck , en iCgfS.
AMPHI A RAUS. 543
» tout le monde jeta incontinent les » yeux sur Aristide» , comme sur ce- » lui à qui véritablement , plus qu’à » nul autre appartenoit la louange » d’une si grande vertu : car il n’es- » toit pas seulement ainsi ferme et » roide pour résister à faveur et à » grâce seulement, mais aussi à ire et » a haine semblablement ; pour ce » que là où il estoit question de jus- » tice , amitié ne lui eust sceo rien » faire pour ses amis , ni inimitié » contre ses ennemis (86). » Voilà le plus bel éloge du monde. Amphiaraüs était digne d’admiration s’il le méritait : Aristide , qui a paru le mériter, est un homme incomparable. Voici les paroles d’Eschyle à la louange d'Amphtaraüs , dans la tragédie intitulée ivi ©s'Catc , Septem contra
Jhebas , vers. 544 :
Où yàf eToxinr etpç-oç , aixx 1 7»*i ô«X»l.
BatÔnatv ÀXoxet Sut qptioç xat/tfroè^UTOf,
’E£ «c tÀ XléVat/Sxatç'é.M» (éWKiÙ/UATcL .
Non enint optimui vitleri ^ ted este volet.
• Profundo mentis tulco Jruent ,
Ex tfuo sana germtnmsu consulta.
Faisons quelques réflexions sur un sujetquien peut fournir une infinité, et disons, i°. que, si les païens n’ont
Îioint pratiqué la véritable vertu, ils 'ont du moins bien connue : car ils ont loué ceux qui, en faisant une belle action, ne se proposent pour récompense , ni un intérêt pécuniaire , ni l’approbation publique ; et ils ont mé-
Imsé ceux qui ont pour but , dans 'exercice de la vertu , la réputation , la gloire , l’applaudissement de leur prochain. Soyez désintéressé tant qu’il vous plaira quant au profit , à l’acquisition des richesses ou des charges, si vous ne l’étes point quant a la louange, vous ne faites que ramper ; vous n’êtes point guéri de la maladie de l’amour-propre, vous n’étes sorti que des pièges les plus grossiers, vous ne faites que porter une chaîne plus déliée : en un mot, vous vous trouverez dépeint dans le traité de M. Esprit , sur la Fausseté des vertus humaines. Appliquez à toutes les vertus la belle réglé que Sénèque vous a prescrite par rapport à la libéralité; elles seront véritables : mais sanseela elles
(86) PluUrcba» in Vît» Aràlidii, png. 3ao. Jr me sers de la version tT Amyot. V t net le mfme Plutarque dan* »r* Apoplithegrurs , png. 1 86, et de A u J» radia Poéli», ftag. 3a.
ne le seront point. Voici la morale de ce philosophe; il répond à cette objection : « Quoi! celui à qui j’aurai » fait du bien ne saura pas <de qui il » l’aura reçu ? » Quid ergb! iUe nesciet a quo acceperil ? Pritnùm nesciat si hoc ipsum benejxcii pars est : deindè multa alia Jaciam , multa tribuam, per qtue intelligal etillius auctoretn. Denique iUe nesciat accepisse se : ego sciant me tiédisse . P arum est , inquis , Parum, si Joenerare cogitas; sed si dare quo genere accipienti maximè prrifuturum erit , dabis : contenlus cris te teste. Alioquin non benefacere de - • leclat , sed videri benefecisse. P'nlo , inquis , sciât : debilorcm quarts, y vio ultque sciai ; quid , si illi utilius est nescire ? si honestius , si gratius ? non in aliam partem abibis r P olo sciât i ita tu hominem non servabis in tenebris ? Non nego , quotas palilur res , percipiendum gaudium ex accipientis voluntalc : sut adjuvari ilium et op octet , et pudet ; si qund prœstamus of- Jendit , nisi absconditur : beneficium in acta non milto. Quid ni? ego illi non sutn indicaturus me dedisse : cüm inter prima præcepta ac maxime neces saria sitt ne unquhm exprobvem , imo ne admoneam quidem ? Hœc tnim beneficii inter duos lex est : alter statlm oblivisci débet dati , alter accepti nun • quant (87)*
Ma deuxième réflexion est qu’il arrive rarement que le but d’être loué soit la fin unique de ceux qui ne se contentent pas du témoignage de leur conscience. Observez bien les personnes qui aspirent à ces deux choses, l’une d’être honnêtes gens,Tautre de le paraître , vous verrez que leur ambition ne se borne pas à joindre ensemble la réalité et les apparences de la vertu. La vapeur subtile de l’encens ne leur suffit pas : ils souhaitent qu’il s’y mêle quelque chose de plus grossier. La réputation toute seule leur paraît une récompense trop spirituelle ; ils travaillent à l’incorporer avec les commodités de la vie, et ils font bientôt servir la louange et l’ap*
Srobation à s’acquérir du crédit auprès e ceux qui distribuent les charges, et puis ils se servent de ce crédit pour s’enrichir ou pour contenter toutes leurs passions. Ainsi la plus sûre voie
(87) Sente» , de Bencfic. , tib. Il , eap. X
544 AMPHIARAUS.
pour conserver la pureté de son âme , ccst de faire ce que l’on a dit d’Araphiaraüs et d’Aristide. Travaillez à être honnête homme: que ce soit votre grand but : ne cnerchez pas à le paraître; car cette recherche a des suites plus dangereuses que vous ne pensez.
3°. On attribue à Socrate d’avoir dit qu’il n'y a point de plus court chemin pour parvenir à la vertu que de travailler à être tout tel que ron veut paraître : Semper id egisti ut qualis haberi velle s faits esses : quant viam ad gloriam proximam et quasi compendia riant Socrates esse dicebat (88). Voici les paroles mêmes de Socrate : 2l/»T0/K»TatT>l Tl XCtl Ârqe IktÇ'Â'Tti Xûù xAKXÎçn Uoç , a fyiTÔCouXi , oti dit jSoû\» J'c.xtn àyetdoç tir ai, tg«/to kai ytriabAt ÀyAÔor irufiç’At (89). y elint , â Critobule , scias banc esse brevissimam , securissimam , oplimanu/uc ad haec omnia viam, in quocunquc volueris bonus apparere , in eodem effici quoque bonus conari. Ce conseil est lort sensé; car la passion de jouir d’une glorieuse apparence et d'obtenir l’applaudissement public est si forte et si commune parmi les gens même qui n’ont pas beaucoup d’envie d’être vertueux intérieurement , qu’on peut promettre de grands progrès dans la vertu à toute personne qui s’efforcera de mettre une parfaite conformité entre l’état réel de son âme et l’opinion qu’elle veut que l'on ait d'elle.
Mais il faut avouer qu’il y a moins de désintéressement dans cette route que dans celle d’Amphiaraûs: Parois set honnête homme , soyez-U ; jouissez d’une belle réputation , mais soyez-en digne : n’usurpez point l’estime de votre prochain. Voilà ce que conseillait Socrate : il ne voulait point priver de la fumée des éloges. Amphiaraüs vous aurait dit : Soyez honnête homme , et ne vous mettez point en peine si on le saura , si on vous en louera.
4°. Vous me direz que l’un ne va
(88) Petrus Alcyonio* , in Medice Lrgalo pnore , ci rca fintm.
(8g) Xeuopbonli* Memnrab., Ith. //, p. 4'4 , et de la traduction de Ch*rp«*ni»*T, pag. itio. Voies aussi PUlon , F. pitre / V, pas ta?4 l l*g Office, de Cicéron, lie. II , chap. XII , p. 3375 ce qu'a dit P o* tel dans CÉptire dtdiealoir* de
Z s Histoire* Orientales sur ce vers de la XVI*. ptirc du /** livre d'Horace :
Tv rcciè mil, ai curas esse quoi audb.
oint sans l’autre, et que, puisqu’aveo e fausses vertus , c est-i-dire , avec l’adresse de couvrir d’une apparence d’honnête homme une mauvaise âme, on vient à bout d obtenir une belle réputation , on l’obtient encore plue sûrement avec des vertus réelles. Vous conclurez de là qu'Amphiaraüs et see semblables se faisaient honneur de mépriser une chose qu’ils savaient bien qui ne leur manquerait pas. Et moi je vous répondrai qu’assea souvent il est beaucoup plus facile d’être honnête homme que de passer pour honnête homme, et qu'il n’y a point de conséquence nécessaire de l’une de ces deux choses à l’autre, par quelque bout que vous commenciez. Vous n avez besoin , pour être honnête homme, que de vaincre vos passions ; mais, pour le paraître , il faut combattre les passions d’autrui , et en triompher. Vous avez des ennemis artificieux et violens qui répandent contre vous cent sortes de médisances.
Ceux qui les édbutent sont crédules , et deviennent de nouveaux distributeurs de calomnies : s’ils sont incrédules, iis forment des difficultés, et ils apprennent par-là à vos ennemis comment il faut proposer les calomnies , afin de les rendre plus vraisemblables.
Vous ignorez quelquefois toutes ces machinations ; et quand vous les sauriez, ou en tout, ou en partie , pourriez-vous aller de lieu en lieu tous justifier? Étant honnête homme, comme je suppose que vous l’êtes , pouvezvous savoir les fourberies de vos ennemis, et les biais obliques par ou i!
faut prendre les esprits vulgaires?
R’aimez-vous nas mieux laisser une populace dans l’erreur que d’employer tout votre loisir à disputer le terrain à des calomniateurs ? Votre vigilance suffirait-elle jamais à renverser cc que leur malignité bâtit sur des cœurs crédules, mal tournés, et infiniment plus flexibles au procédé de ces gens -là qu’à toute votre éloquence et à toutes vos raisons ?
On serra dans la remarque (L) de l’article d«- César, que la même louange qu’Eschyle donne a notre Amphiaraüs a été donnée par Salluste à Caton d’Utique.
(I) Un le compte parmi Us gens sages qui ont eu le malheur d'être e ngages à des entreprises dirigées par des
étourdis.] Peu importe que ce soit moi ou un autre qui fournisse les paroles du commentaire de ce texte. 11 ne s’agit point ici de style , mais de faits , ou ue pensées. Employons donc hardiment le vieux gaulois d’un commentateur de Philostrate (90) : Icy pouvons - nous remarquer et apperce voir L'un des eschantillons de nostre pauvreté et misère , qu’il faille que les prudens et bons personnages portent ainsi la folle enchère pour les insensez et pervers : qu’un fol estourdy de Tydeus y accariastre , querelleur , et escervellé perturbateur du repos public , nonobstant qu’il soit estranger , nonobstant toutes les belles remonstrances , toutes les prédictions et admonesternens du plus sage homme de la Grèce , et tenu mesme pour prophète , ait ainsi voix en chapitre et soit creu pour faire entreprendre une guerre non aucunement necessaire y et qui leur retourne à perdition et ruine pour tous. El si faut encore que ceux qui y contredisent avec de très-apparentes et plus que légitimes raisons , communiquent au péril et danger des esventez qui l’ont suscitée , voire en ayenl leur première part : tant a tousjours accoustumé davoir de crédit le mauvais conseil desbauché par dessus celui qui est sain.
u4u moyen de quoi , non sans cause , ny à la voilée , s’exclame le poète Eschyle en la tragédie des Sept à Thèbes, desploranty soubs la personne d’ Ethéoclés y le bon et sage Amphiaraûs , en cette sorte :
<t>tv roû cuva.kA.etTrot'rot opyiôoc /Ê^oToîç
Aixaio» àvcfpst roioi J'vo-TtCtç’tp oiç.
’Er 7rxvn vpayu <T M’ o/udJx ç xxxûc
K atxj&v, oùJiv xaprr oc où xopuçtoç :
Et ce qui suit après.
u 0 le malheur , dit-il , qui associe „ un homme de bien h des mortels im- » pies et détestables ! Il n’y a certes » rien pire en tous les affaires du mon • « de , que la mes chante compagnie , dont l °u nc peut jamais rapporter aucun fruict... Ce detùn-cy (le „ fils d’OicleüSy dis -je y) prudent, >1 juste t sincère , et dévot personna- » ge y grand annonciateur des choses » advenir y pour s’estre meslé avec des » médians présomptueux , privez de
fqo) Vigénère , sur l’Amphiaraüs de Philo-
•trate \ pag. 4° 3t 4°4 du /et vol. , l dition 1/1-40.