TOME I
tant de bonheur, qu’aucun de ceux qui en mangèrent ne fut ni tué ni blessé.
Pour entendre Cet usage de la table , souvenez-vous de ces paroles de Martial :
Ttœc ubi sorte dalur tergendis spongia mentis
UtiUs (a6).
(L) Les modernes aient ose en débiter tant de choses particulières.] Je me servirai de la judicieuse réflexion de l’historien qui m'a servi de principal guide dans cet article. L'on ne peut trop remarquer , dit-il(a7), cette journée, et l’on ne peut assez blâmer les anciens annalistes de n’avoir rapporté aucune circonstance d une action si mémorable. Mais , d'un autre côté , quand on aime un peu la vérité, on a peine h excuser ce que des auteurs modernes (a8) , dont le mérite est grand d’ailleurs , ont écrit de cette bataille. Ils en parlent comme s'ils avaient été presens a tous les conseils , et comme s ils avaient vu tous les mtntvemens des deux armées; ils décrivent, nonseulement les armes des Français et des Sarrasins , mais la manière dont Charles et Abdèrame rangèrent leurs troupes. Ils rapportent de longues harangues remplies de choses qui ne sont ni vraies , ni convenables ; ils disent de quelles ruses se servit Abdèrame , l’adresse dont Charles en évita V effet , et achèvent par la description des postures différentes où on trouva les corps de ceux qui demeurèrent sur le champ de bataille , sans oublier la plainte des mourons , et les louanges que les chefs de l'armée de France, c’est à-dire, Charles et Eudes, se donnèrent l’un à l’autre .
(/>G) Martial. Epie. CXLIV , lib. X IV.
l*-) Cordemoi, Histoire de France, ». <4o6.
(a8i II cite en marge Paul Emile et Fauchet.
ABDÈRE , mignon d’Hercule.
Voyez la remarque (D) de l’article suivant.
ABDÈRE , ville maritime de Thrace , proche l’embouchure du Nestus {a). Il y en a ( b ) qui veulent que la sœur de Diomède l’ait bâtie (A) , et qu’elle lui ait donné son nom; mais qu’en la 3 1 e. olym-
(a Herodot. , lib. VII , cap. CIX, CXXVT.
(A' Solin, chap. X. Voyez aussi MéU.
lib. //, cap. II.
34 ABDÈRE
piade, ceux de Clazomène la re- et plusieurs autres dont lescatabâtirent , et lui firent porter le loques des hommes illustres faileur. Si Ton en croit Hérodote , saient mention (h). Rien n’est plus ils ne firent qu’en jeter les fou- étrange que la maladie qui régna deinens, sous la conduite de Ti- pendant quelques mois dans Abmésius (c) : on les chassa (B) , on aère (H), au temps de Lysimachus rendit nulle leur entreprise ; et (i). C’était une fièvre chaude qui ce sont les Téiens qui , à pro- se dissipait au septième jour par prement parler, bâtirent Abdère, quelque crise; mais elle causait lorsque, se voyant près de touf- un tel trouble dans l’imagination ber entre les mains d’Harpagus, des malades , qu’elle les converlieutenant de Cy rus, ils aimèrent tissait en comédiens. Ils ne faimieux abandonner leurpatrieque saient que réciter des morceaux de se voir sous la domination des de tragédie , et surtout de l’Anbarbares. Ilss’embarquèrentdonc dromède d’Euripide , comme s’ils tous , et allèrent achever ce que eussent été sur le théâtre : de sorte Timésius n’avait fait que coin- qu’on voyait dans toutes les rues mencer(</). Il en courut un pro- je ne sais combien de ces acteurs verbe (e) qu’Érasme n’a pas trop pâles et maigres qui faisaient des bien entendu (C). Je ne parle pas exclamations tragiques. Cela dura de l’opinion qui attribue à Hercu- jusqu’à l’hiver suivant , qui fut le la fondation de cette ville (D) : fort froid , et par-là plus propre à il vaut mieux se souvenir de quel- faire cesser cette rêverie. M. Moques singularités qu’on a débitées réri rapporte très— mal ce fait (I). touchant Abdère. Les pâturages M. Béger (k) , qui a publié -ses des environs avaient une telle conjectures sur une médaillé des force, qu’ils donnaient la rage Abdérites (K) , qu’il croyait avoir aux chevaux (J'). Il y eut une si été frappée pour être un raonugrande multitude de grenouilles ment de cette fâcheuse maladie, et de rats dans cette ville (g), au a changé de sentiment lorsqu’il temps de Cassander, roi de Ma- a vu la belle dissertation qui lui cédoine, que les habitans furent a été écrite sur ce sujet (/), où contraints de se retirer ailleurs l’on trouve bien des choses concer- (E) ; mais il faut croire qu’ils y re- nant la ville d’ Abdère. J’en raptournèrent bientôt (F) , ou que porte quelques-unes dans la derd’autres allèrent occuper leur pla- nière remarque. Il se faisait à cerce. Les Abdérites ont été fort dé- tains jours , dans cette ville, une criés du côté de l’esprit et du juge- espèce de cérémonie qu’on pourment (G); et néanmoins il est sorti beaucoup de grands hommes de (A) nx*7ç-o» <T ‘ aCJ^ita» ùrb t£v tw* leur ville : un Protagoras , un Dé- IM***9 Ptoi* autm,
. « 7 Abdenta esrshtcre , de qiubus doctorum vt-
mocnte , un Anaxarque , l histo- Torum indices commémorant. Slephauus Byrien Hécatée , le poète Nicænétus *«*• • verbo A
* (i) Lucian. Quomodô Histor. sit conscri-
(c) Voyez son article. benda , initio.
{d) Herudot. , lib. J , cap. CLXVIII. (*) Laurent lus Beaerus. Son livre a été im-
(?) Strabo, lib. XIV pag. 443. primé à Berlin , 1/1-4.. Van 1691.
(y) Pliai us , lib. XXV, cap. VIII. (/) Par Jf. Ecdcbicl Spanheiu. Elle est im-
(g) Justin, lib. XV, cap. II. primée avec le traité de M. Beyer.
ABDÈRE
rait appeler en quelque manière auto da fé; car c’était sans doute un acte de religion. On dévouait une personne , et puis on l’assommait à coups de pierres. Je crois qu’il n'y a qu’Ovide qui en parle ; il met cela entre les malédictions qu’il souhaite k son ennemi :
Aul te devovtat certis Àbdera diebus , Saxa/jue devotum grandme plura pétant (m).
Les commentateurs sont muets sur ce passage. Il faut qu’on ne trouve pas l’origine ni les circonstances de cette cérémonie. Je dirai ailleurs (n) qu'il y avait dans Abdère un temple de Jason que Parménion fit détruire.
(m) Orid. io lbim . vers. 494- Dans l’article J AU)*.
(A) La sœur de Diomède Paît bâtie .] H n'y a point d'homme qui puisse ajouter foi à M. Moréri sans être persuadé qu' Abdère, bâtie par les Te'iens, a porte le nom de Diomède , qui en était roi , * et que cest Hérodote qui nous l'apprend. Or , ce n'est qu'un tas de mensonges : car, en premier lieu , ce qui regarde Diomède est un fait du temps poétique ; mais l'abandon de Téos par ses habiéans , et leur retraite dans la Thrace, où ils bâtirent Abdére , est un fait du temps historique et qui se rapporte à la 59'. olympiade. C'est donc une étrange bévue que de joindre ces deux choses de telle manière , qu'on met le temps de la fable après celui de la vérité. Si vous voulez suivre Hérodote touchant la construction d'Abdère par les Téiens, ne nous allez plus parier de Diomède, qui, en cas qu’il ait jamais été, était mort depuis plusieurs siècles j ou , si vous voulez parler de cet ancien roi de Thrace, avertissez-nous que vous rapportez une opinion différente de celle qui concerne les Téiens. En second lieu , Hérodote , quand il parle de la construction de cette ville , ne fait pas plus de mention de Diomède que du ^rand-turc. Enfin il n'est pas vrai qu Abdère ait porté le nom de
Diomède. Il fallait dire que , selon Solin , la sœur de Diomède l'avait bâtie et lui avait donné son nom, d’où M. de Saumaise a eu grand droit de conclure
aue cette soeur s'appelait Abdéra (1).
! y a dans Goltzius une médaille où l’on voit une tète de femme , avec cette iuScription ABAHPA2 KOPA2 (a). Nos plus sa vans méda illistes la rapportent à la sœur de Diomède « fondatrice d'Abdère (3).
(B) On les chassa. ] Hérodote le dit expressément ûro GptnxS r t£txa9«îc, à Thracibus expulsas (4). Nous verrons, dans la remarque suivante , une raé-
( irise de Pinedo sur ce sujet. Toutes es apparences veulent que les imprimeurs soient la seule cause de cette autre méprise , Thracibus ejeciis , qui se voit dans la docte lettre de M. de Spanheim à M. Béger. Ils ont mis ejectis au lieu de ejeclus.
(C) Un proverbe au Erasme n'a pas trop bien entendu. ] Voici le proverbe : "Aw/ty* k et an Tni»v ÙTouuoLj Abdère la belle colonie des Téiens. Cela veut dire , selon Érasme : Si vous me chagrinez trop , je sais bien ois je me retirerai. Hoc œnigmate proverbiali signi * ficamuty non deesse quo confugiamus , si quis prœter modum pergnt esse mo les tus (5). Le Portugais Pinedo , contraint d'abandonuer sa patrie , afin de se garantir des avanies de l’inquisition , adopte ce proverbe en ce senslà ; mais il ajoute qu'il n'en prend pas toujours bien de faire ces sortes de retraites, et qu’il en parle par expérience. Quo (proverbio) signijicabalur non deesse quo confugiamus , si nobis contumeliœ inferantur , ut fecéreTcii :
sed hoc non semper féliciter solct evenire : et doctus et erpertus loquor (6). S’il n’avait pas eu plus de raison de se plaindre que de dire , comme il fait dans la même page , que les Téiens avaient chassé le Clazoménien Timésius , qui commençait à bâtir Abdère, ses plaintes seraient les plus mal fondées du monde. Mais revenons à Érasme. Ce que j’ai à lui critiquer n’est
(1) Salmasii Exerciut. Pliniaim, page 160. (aj Abdera virginit ; xèf &> do rie i , pro xop*(.
(3) Spanbemii Epiât, ad Laurent Brgerum.
(4) Herodot. , Lb. t , cap. CIXVHI.
(5) Kraimua , Adag. , chiliade II, cent. ir, nu/n. Si.
(6) Pinedo ta Stcpbaa. de Urbib. , p S.
36 ABDÈRE
pas tant l’explication du proverbe que ce qu’il ajoute , que peut-être Cicéron a fait allusion à cela dans ses épîtres à Atticus. 11 en cite deux endroits (7), dans lesquels il est visible que Cicéron ne parle d’Abdére que pour la représenter comme un lieu ou les affaires se traitaient sottement , et sans rime ni raison. Mais si Érasme , qui s’est senri d’un peut-être , ne laisse pas de mériter quelque censure , que dirons-nous de ce ton affirmatif de Moréri, Cicéron fait sans doute allusion ? Qu'eu dirons-nous, lorsque nous saurons à quoi l’on rapporte cette allusion ? Ce n’est pas au fait qu’Érasinc a conjecturé ; la faute serait plus légère ; c’est à un certain éclat qu’ii est sur que ceux de Clatomène , chassés de i Asie , donnèrent à la ville d’Abdère , qui la rendit si célèbre , et qui donna l’occasion a ce proverbe des Grecs , Abdère la belle. Je le répète encore, il est visible que Cicéron ne parle d’Abdère que pour en tourner en ridicule le gouvernement. C’est donc une grande faute que d’avoir dit qu’il fait sans doute allusion à l’éclat , à la gloire et à la beauté de cette vüle. Mais , de plus , il n’est pas vrai que les Clazoméniens soient la cause de ce prétendu grand éclat qui fit naître le proverbe. J'avoue que, selon Solin, ils rebâtirent Abdère que le temps avait fait tomber en ruine, et qu’ils la firent plus grande qu’elle n’était : mais voilà tout ce que nous lisons d’eux ; et si l’on consulte Hérodote, on trouvera que les Thraces ne leur donnèrent pas même le temps de la bâtir.
Après tout, n’est-il pas certain que Strabon rapporte expressément le proverbe aux Téiens, qui, pour n’être pas exposés à l’insolence des Perses, se réfugièrent à Abdère ? Le nom des Téiens n’est- il pas contenu dans le proverbe ? Outre cela, que Moréri nous dise un peu où il a trouvé que, quand les Clazoméniens vinrent bâtir cette ville dans la Thrace, on les avait chassés de l’Asie. Hérodote ni Solin n’en disent pas un seul mot. Enfin je ne vois personne qui n’entende le proverbe lutôt au désavantage qu’à l’avantage ’ Abdère. Érasme même n’a point rejeté l’explication de Vadianus , quoique peu glorieuse à cette ville. Existimat
le) Eput. XVI , libr. IV , cl Epi*t. VI It lib.
convenirc prov erbium ubi quis foriunam tenuem , sed cum libertatc conjunctam , anieponit amplis opibus, sed obnoxiis servituti. Cujus senlentiæ non rejragor ; nam damnatus e*t Abderitarum aër , et item pascua . Voyez Isaac Vossius sur Pomponius Mêla (8).
(D) Qui attribue à Hercule la f ondation de cette ville.'] M. de Saumaise (9) n’a prouvé , que par le temoinage de Tzetzès, que la fondation 'Abdère ait été attribuée à Hercule :
il pouvûit en donner un meilleur garant ; car nous apprenons d’Apoîlodore (10) qu’Hercule, ayant enlevé les cavales ae Diomède, fut averti que les Bistons avaient pris les armes ; que là-dessus il donna ces cavales à garder à un jeune homme qu’il aimait , nommé Abdère , et marcha contre les Bistons; qu’il en tua une partie; qu’il mit les autres en fuite ; qu’il tua aussi Diomède ; mais qu’à son retour il trouva que les cavales avaient mis Abdère en pièces; qu’il bâtit une ville auprès du tombeau de ce jeune homme, et qu’il livra cos cavales à Eurysthée. Étienne de Byzance dit seulement que la ville d’Abdére fut ainsi nommée à cause d’Abdère , mignon d’Hcrcule (n) ; il ne dit point si ce fut Hercule qui la bâtit , ou si ce fut le jeune mignon. Ce dernier sentiment est rapporté par Marcien d’Héraclée (12). Le septième livre de Strabon , si on l’avait tout entier , déciderait peut-être la chose : les extraits que 1 on en a marquent seulement que le nom de la ville d’Abdère est celui d’un homme qui fut mangé par les chevaux de Diomède. Remarquez qu’Hygin semble dire fort clairement
3 u’ Abdère était un des domestiques e Diomède, et qu’il fut tué par Her-
(8) Page i35.
(9) SaltuAsii Exercitat. Plinian., page i6e.
(10) Apollodori BibiiolH., lib. II.
(11) ’Atto ’ACJVipTov Toî îuo ü '.HfetxAtoc/C ipeeuhot/. Saumaise a fort bien dit quau lieu d’AC/upTOV il faul lire ACJ*pou , qui est le nom qu' Ipollodore ( il dit Apollonius) a donné au mignon d Hercule . Pinedo el Berkeliu* disent qu'il faut corriger ainsi ; mai s il* n'avertissent put que S* u mai te V avait remarqué avant eux. Le premier * cita Apollonius , et n'a pas pris garde que c'était une faute d'impression , ou de mémoire , dans Saumaise pour Apollodore. On pouvait citer Philotlratc. '
(13) stpud Salntasn Exercit. Pliniau. p. 6e.
cale : Diomedem , regem Thraciœ> et des grenouilles ne s’emparassent mal' equos quatuor ejus , qui carne humand gré'lui de tout un pays ? M. Morëri ,
vescebantur , cum Abdcro famulo irtterfccit (»3). M. de Saumaise dit làdessus qu’il ne faut point chercher Funiformité dans les fables : il a rai-
pays
qui apparemment n’avait jamais su qu’on eût demande raison de cette peur à l’historien Justin , a fait tout
.... ce qu il fallait pour lui épargner cette
son ; on trouve le blanc et le noir sur censure; car il déclaré que Cassander les mêmes choses dans les écrivains reçu! les Abdéritains dans la Macé du temps fabuleux; mais peut-être doine avec beaucoup de bonté . Ceux qu on pourrait dire qu’Hygin a voulu qui s’en fieront à son dictionnaire ne signifier qu Hercule, secondé d’Ab- songeront pas à critiquer cet ancien dere , tua ce cruel roi de Thrace qui historien. On ajoute que cette bonté nourrissait de chair humaine ses che- de Cassander se déploya l'an 365o du vaux. Je ne garantis point ce sens. Vi- monde , selon la chronologie d' Eusèbe . généré avait déjà remarqué l’opposi- Qui croirait , en lisant cela, uu’Fu-
„ , — — i ~ J aunces au
pollodore : car il veut (i5) que Dio- monde ? Venant au fond, je disque
roede ait abandonné Abilère à ses ca- selon Justin , les Abdérites furent pla-
V elles : Gltl Hereillf» ullimt /Ip'livmr BAn rA nor ruccon/l/if £ r. i
- uc uumiHuic d sgi cava- uc 5 en ueiaire i an du monde ooii * les (16). Philostrate ne veut point, ainsi la chronologie de notre homme* comme Apollodore , qu’Hercule ait est aussi fausse que la bonté de Casfait bâtir une ville auprès du sépul- sander est contraire au seul historien cre de son ami. Mais d ailleurs Apol- qu’il a pu suivre, lodore ne dit point, comme Philostra- (F) Qu’ils y retournèrent bientôt , te, qu’Hcreule ait ordonné des jeux ou etc.] Ce que Lucien rapporte de la des exercices en l’honneur d’Àbdère. maladie des Abdérites arriva sous le Je crois qu’il n’y a qu’un seul auteur règne de Lysimachus , et, par consé- (17) qui ait dit que Patrocle fut frère quent, est postérieur à l’aventure des de cet Abdère. On prétend pouvoir grenouilles; car, selon Justin (ai) , prouver par les me’daiiles que les Ab- elle précéda le temps auquel Lysimadérites aimaient mieux rapporter le chus et Cassander prirent la qualité nom de leur ville à Abdéra , sœur de de roi. Ajoutez à cela qu’au temps du Diomède, qu’au mignon d’Ucrcule dernier roi de Macédoine, la ville 08); d’Abdère était assez florissante. Le
(E) De se retirer ailleurs . ] Justin préteur Lucius Uortensius la pilla; dit que Cassander , ayant peur qu’ils mais sa conduite fut désapprouvée par n'envahissent la Macédoine , entra en Ie 8«h»at romain , et la liberté fut rentrait^ avec eux , et les plaça sur les due aux Abdérites (aa). frontières. On s'est un peu moqué de (O) Les Abdérites ont été fort décette peur de Cassander (19) ; lui qui encs du côté del’espritet du jugement.'] faisait trembler toute la Grèce , pou- a déjà vu comment Cicéron les acvait-ü craindre que les habitans d une commode dans ses lettres à Afticus. 11 seule ville qui fuyaient des rats et »’est parf plus obligeant dans un autre
livre (a3) où , après avoir rapporté (*3) typai XXX. une opinion qu’il croit ridicule , il
dX Jtâ&ÎT'* *” U omnia .uni pu-
(t5) Philo» tr. in iconib. tna Dcmocnn quàm Dcmocrito di~
(.6) vigéoère du faussement <,ue Tatîen , 8nior*- Juvéoal , ne pouvant nier que
dans son Discours contre le» Gentil», ditqu'Hen- DémOCrite n’eût beaucoup d’esprit et tule trouva /tbdïre à demi mang (. 1
(.7) Ptolrm. Hephwt. apud Photium , page („) Moréri suit ordinairement la chronologie
de Ctltiiiai.
(18) Sp*nl.eir»ii Epistola «ri Latir. Begcr. (aï) Juslia. f /4$. XV, cap. //.
(19; Voret GUreana», dam le Justin Vario- (ai) Livius , lib. XLlll c. A ext
ram de M. Gnrvüis , page 333. (a3) Cicero de Natur. Otu., Ub /,‘e 4a.
ABDÈRE
de sagesse, prétend que c’est une preuve que les grands hommes peuvent naître sous un air grossier et dans le pays des sots :
Cujui pruJentia mon'trat
Summot potse viros , et magna exempta datant
Vervecutn in palrid , crat toque sub aire nasei ^4).
Martial n'a guère juge plus avantageusement des Abdérites, quand il a ilit :
Si patient , fortiufue tibi , durutque videiur , Abdenlanae peclora plebis habet (35).
Vigénère s'abuse grossièrement sur ce passage ; il le croit adressé au criminel qui représenta sur le théâtre l'action de Mutius Scévola en mettant la main dans le feu (36); mais il s’adresse à ceux qui seraient si dupes , qu'ils prendraient cela pour un acte de constance , vu que ce criminel ne l’avait fait que pour s'exempter d’étre brûlé vif.
Nam cum dicaiur tunied présente molesta l/re maman, plus est dicere, non Jdcio (37).
ïsaac Vossius, qui était quelquefois assez singulier dans ses pensées , a fait pour les Abdérites une apologie d’un tour nouveau. 11 avoue que plusieurs d’entre eux naissaient ou devenaient fous; mais il prétend que ce n’était pas une marque de stupidité, vu que la folie ne s’attaque pas à des lourdauds et à des stupides qui n’ont rien à perdre, et qu'elle s'empare très-souvent des plus grands esprits (a8). Et cpiant à ce au 'Hippocrate a fait mention de plusieurs Abdéritains dont la fièvre avait été accompagnée de délire (39) , M. Vossius prétend que ce n’est point de là qu’est né le proverbe qui décriait cette ville; mais plutôt de la passion agréable qui succédait à leur fièvre. Ex ajfectu jucundissimo , ui ipsorum febribus succedere soient , ut testatur Lucianus scripto de Cnnscriberuld Historié (3o) , ils devenaient passionnés pour les vers et pour la musique, et ils faisaient les corné-
diens dans les rues. Une folie comme celle-là , dit-il , ne tombe point sur des gens grossiers et flegmatiques :
Tarn élégant insania noncadii incrassos et pituitosos, nedùm in vervecea capita. Cet auteur aurait dû se souvenir de la maxime d’Aristote , qu’une hirondelle ne fait pas le printemps. Pourquoi tourne-t-il en coutume et en habitude une suite de fièvre qui n’arriva qu’une fois ? Ce qu’il cite de Lucien est un fait unique qui ne fonde point de tels proverbes. Je dirai en passant
au’Erasme n’a pas bien pris la pensée e Cicéron (3i); car on doit inférer des paroles de ce Romain , non pas que les habitans d’Abdère fussent stupides , mais que, par un grand égarement d’imagination , ils donnaient dans des paradoxes incroyables et insoutenables. Abderilanis naturd pecu liarem f uisse mentis stuporern indicat M. Tull. in libris de Naturd Dearum , c’est ce que dit Érasme (3a). De fort habiles gens (33) citent cela comme le propre texte de Cicéron , tant il est vrai que les recueils de nous autres
f;ens de lettres tiennent du naturel de a renommée ; ils acquièrent de nouveaux traits en changeant de place (34). Ceux qui prétendent que le terme d’A&frpoAÔ^oç , qui se trouve
Proverbialement dans le discours de atien contre les Grecs , signifie un conteur de sornettes , un donneur de billevesées, ne confirment point l'accusation de stupidité que l’on intentait aux Abdérites : un niais , un sot , un butor , n’en donnent pas à garder aux gens. Outre que Tatien applique son mot aux doctrines de Déraocrite , qui sans doute n’étaient pas les rêveries d’un gros animal.
(H) La maladie qui régna pendant quelques mois dans Abdère. ] Lucien , qui en a décrit les symptômes , a prétendu en trouver la cause dans ce que je m’en vais dire. Archçlaüs , bon comédien, avait joué l’Audromède d'Euripide devant les Abdéritains, au milieu d’un été fort chaud; plusieurs sor-
04) Jmrenal. Salir. X, vert. 4o- (35) Martial. Fp.gr. XXF , Ub. X.
(76; Vigénère, Annot. tnr le Sépulcre d’Abdère , de PliiUutrate.
(37) Martial. F.pigr. XXV, Ub. X.
(38) fsnac.Voftaiua in Pompon. Melam. p. i35. (19) Hippocr. lib. ///., de Morb. vulgar. (3e) U. Vumîui , in Pomp. Melam , p. s 35.
(3i) Celle qui est au Itr. livre de Naturè D co-
rn ni.
(3s) Adagior. chil. IF, eentur. y J , num. 37. (33) Cicero, de Naturd Deorum , Abderitanoa •tiipori menti» obnoaio» « cribil . I.aur. Rrgerua . Oliaerv. in Nuniism. qtieil. pag. 16. Foret aussi Lloyd et Hoffmann, au mot Abdera.
\S/j)$lobililate viget , vire s que acquirit eundo. Virgil. Æu. , Ub. IF , vert 175.
ABDÈRE
imprime* de la tragédie , les rêveries que la lièvre leur causa ne faisaient que leur représenter Andromède, Persée , Méduse et ce qui s'ensuit , et réveillaient de telle sorte les idées de ces objets et du plaisir de la représentation , qu’ils ne pouvaient s empêcher de réciter et d actionner à l'imitation d’Archélaüs. Je pense que les
tairnt du théâtre avec la fièvre , et , rares ) aiixerunt porter ;frequens enim comme ils avaient l’imagination tout corisessus theatri , in tjuo sunt mulier-
cuire et pue ri , movelur audiens tam grande cartnen :
Adsum aUjue advenio Acherunte vix via alla alq ut anlua ,
Ptr tpeluncas taxis slruclaj as péris , pendenubtu ,
Max uni • , ubi rigida constat cratta caligô inferwn (38).
(I) M. Moréri rapporte très-mal ce
S remiers qui donnèrent cette comédie Jmt (3p) . ] Il n'est pas vrai que les ans les rues , après que leur fièvre Abdérites mourussent sur les théâtres, continue fut passée, gâtèrent plu- ni que la maladie qu’ils eurent alors sieurs autres convalescens.. Lisdispo- ait donné lieu au proverbe, abderitica citions étaient favorables alors aux mens. On mettrait bien en peine les progrès de cette contagion. L'esprit gens, si on les obligeait de prouver «t sujet aux maladies épidémiques qu’il y a eu autrefois ua tel proverbe : tout comme le corps; il n’y a q*i’à corn- il ne suffirait pas de soutenir que les mer.cer sous de favorables auspices Abdérites passaient communément et lorsque la matière est bien prépa- pour des sots : il faudrait montrer rée Quil s’élève alors un héré.Marque qu’on se servait des propres termes , ou un fanatique dont l’imagination abderitica mens , pour signifier cette contagieuse et les passions véhémentes opinion générale ; or il est sûrqu’Ésaclicnt bieo se faire valoir, ils infa- rasiuo n’a cité personne qui ait e ruineront en peu de temps tout un pays, ployé ces termes. Mais laissons cet inoa , pour le moins , un grand nombre cident : abandonnons même comme de personnes. En d’autres lieux ou en fausse la réflexion que voici : c’est d'autres temps, ils ne sauraient ga- qu’une chose aussi passagère que le fuer trois disciples. Voyez - moi ces fut cette maladie des Abdérites ? de filles de Milet qui furent pendant quel- laquelle Lucien est le seul qui ait que temps si dégoûtées du monde , parlé , et encore ne l’a-t-il fait que qu’on ne put les guérir de la fantaisie pour en former l'exorde d’une disserde se tuer qu’en menaçant d’exposer tation : c’est, dis-je, qu’un fait comnues aux yeux du public celles qui me celui-là ne semble pas pouvoir se tueraient (35). Le remède seul té- donner lieu à un proverbe qui diffame moigne que leur passion n’était qu’une éternellement tout un peuple ; car si maladie d’esprit , où le raisonnement l’on me dit , par exemple , que le serd n’avait nulle part. On vit à Lyon quel- sapiunt Phryges pouvait n avoir été que chose de semblable, vers la fin du fondé que sur une seule faute des quinzième siècle (36). La différence Phrygiens , je donnerai d’abord une qu’il y a entre ces maladies et la peste bonne différence , puis qu’il est ceroa la petite vérole , c’est que celles- tain que, dés que la chose eut été tourci sont incomparablement plus fré- née en proverbe, on ne l’appliquait queotes. Je croirais volontiers que le pas aux Phrygiens plus qu’à une auravage que le comédien Archélaüs et tre nation, au lieu que les reproches le soleil firent dans l’esprit des Abdé- qu’on faisait aux Abdérites les regarnies (3?) est moins une marque de «aient. littéralement et continudlestaoidité que de vivacité; mais c’était ment, et de la manière que ceux quTon toujours une marque de faiblesse ; et fait aux Normands et aux Gascons reje mVn rapporte à ceux qui ont obser- cardent ceux à qui on les fait (4°)- Té quelles gens étaient les plusébran- Mais, encore un coup, traitons cela ae lés de la représentation d’une pièce fausse chicane , et contentons-nous de
représentation d'une pièce de théâtre. Quos ( terrares ou er-
(35) Plulareh. je Forlibu* f*ct. mulierom.
(36) Brodcui, Mitcdl., hb. V., cap. XXVII.
(37) La mariant ordinaire des philosophes , M>t et ho ai n generaat hominea, était ici véritable d'une façon spéciale.
chichi
(38) Cicero , TimcuI, lib. /. cap.t XVI.
(39) Il a commis bien d’autres fautes • Voyex les remarques (A), (C) et (E).
(40) Il est sdr que Us proverbes qui attaquent la Normandie et la Gascogne sont fondes sur des défauts vermanens et À habitude , qui passent de génération en génération.
4o ÀBDÈRE.
cc coup à bout-portant. Le proverbe de M. Moréri, abderitica mens, ne servait qu’à imputer aux Abdéritcs beaucoup de betise: or, la maladie dont parle Lucien n était point bêtise ; ce n'était qu’une imagination déréglée , et une sorte de folie qui attaque plutôt les gens de beaucoup d’esprit qu’un sot et un hébété: donc M.
Moréri a eu tort de dire que son proverbe eut pour fondement la fureur
Ïue Lucien a rapportée. Si je nomme ucicn , ce n’est pas que je ne sache que M. Moréri n a cité que Cœiius Rhodiginus, comme on le lui a déjà reproché (40- C’est Charles Étienne qui lui a fourni cette citation. Lui et une infinité d’autres gens ont rempli et remplissent tous les jours les espérances que cet auteur italien conçut en se résolvant de ne point citer. 11 espéra qu’on le citerait lui-même , ce que l’on n’aurait point fait s’il avait mis à la marge de son livre le nom des anciens qu’il copiait.
(K ) Sur une médaille des Abâérites .] D’uu côté , elle représente un griffon , et de l’autre une tête d’homme sans barbe, couronnée de laurier, avec ces mots: EIII AI02 AAIOT. AJ. Béger conjecturait que cette médaille , consacrée à Apollon sous le titre de Jupiter malfaisant^ sub Jove sinistro , la même chose qu’à home, sub Vejove , avait été destinée à signifier les trop chaudes influences du soleil qui étaient cause des imperfections pour lesquelles on diffamait les Abdcrites , et qui cependant les rendaient de bons disciples d’Apollon. AJ. de Spanheim entend par cette inscription le
Srétcur ou le gouverneur d’Abdère ja) , et il dit que, le griffon ayant été le symbole de Téos , comme il paraît par plusieurs médailles, il ne se faut pas étonner que les habitans d’Abdère, colonie des Téieus, aient ' marqué le même symbole dans leurs monumens publics. C’est ainsi que les colonies en usaient à l'égard cfe leur ville mère : l’exemple de Syracuse et de Corfou, qui avaient pour armes un Pégase , à l’imitation de Corinthe, en est une preuve. Pour ce qui est de la tête couronnée de laurier, elle représente ou Abdérus , Je mignon
(4«) Pans V édition de Hollande de son dictionnaire.
(40 Epidtus, J ati Glius.
d’Hcrcule , ou Tisamènes le Clazoménien , révéré comme un héros par les Téiens domiciliés à Abdère (43)- Isaac Vossius entend par l’inscription de cette médaille , Jupiter frumentarius ; comme si Çtù ç x«uoç était la même chose que £«èç t7rix«tp;r»&ç (44) t et *1 fonde son explication sur ce que la ville d’Abdère était environnée d’un bon terroir , propre partout ou aux moissons ou aux pâturages , d’où vient
aue les Triballes, dans leur extrême isette , se jettent là, selon Diodore de Sicile , comme sur la plus fertile campagne que l’on pût trouver (45).
AI. de Spanheim ne lui nie point cela, et il rapporte un autre passage de Diodore de Sicile où Abdère est comptée pour l’une des plus puissantes villes qui fussent alors dans la Thrace (46) • 11 en rapporte aussi un d’une lettre attribuée à Hippocrate, où l’on se contente de dire qu’Abdère n’est pas une ville obscure, /usa. ?rôx*»» ot/* ion/uoç: mais il ne laisse pas de réfuter Vossius sur le sens de la médaille. Je ne finirai point sans remarquer qu’on aurait grand tort de prendre pour une preuve de peu d’esprit ce qui se passa entre ceux d’Abdère et Hippocrate au sujet de Démocritc (47)* Le rand intérêt qu’ils prirent à la Santé e ce fameux philosophe , leur concitoyen, fait honneur a leur jugement.
11 est vrai qu’Hippocrate ne confirma point l’opinion qu’ils avaient conçue touchant Démocrite : ils le croyaient fou , et il parut plus sage qu eux à Hippocrate. Cela n’y fait rien $ je suis sûr que dans toutes les villes de la Grèce on aurait jugé de Dcmocrite comme ses compatriotes en jugèrent.
On en ferait aujourd'hui autant d’un philosophe qui se moquerait de tout , qui dirait que l’air est rempli d’images , qui étudierait le chant des oiseaux , qui s’enfermerait dans les sépulcres , etc. , et il n’y aurait que les esprits du premier ordre et qui volent au-dessus des préjugés qui fussent capables de juger sainement de lui : or , ces gens-ià sont très-rares en tout
(43) C'est ainsi que M- de Spanheim nomme celui «/'Hérodote, appelé Tiwjinoç.
(44) I*. Vomi a* in Pomp. Mclarn, pag. »35. (4*»', Diod. Sicul., lib. Xy, p. 354- (4<3) Idem, lib. XII I , pag. a<>4*
(4t) y°.rft Ie* l*Ure* écrites de part et <T attire a ce sujet parmi celles <f H ippocnle
ÀBDIÀS.
temps et en tons lieux. Ils sont aussi nres et peut-être plus que les gens de bien qui, au dire de Juvénal, égalent à peine le nombre des embouchures du Nil (48).
' h an quippè boni ; numéros vix est loù-
drm. , <fuol
Tkebarum ourttr , »el divitis ostia JNili.
Jméual, sot. XIII , t>. ab\
ABDIAS de Babylone, auteur qui mérite d etre «lacé parmi les plus hardis légendaires. C’est un imposteur qui se vante d’avoir tu Notre-iSeigneur Jésus-Christ , d’avoir été l’un des soixante-douze disciples, d’avoir assisté aux actions et à la mort de plusieurs apôtres , d avoir suivi en Perse saint Simon et saint Jude, et d’avoir été établi par eux le premier évêque de Babylone. L’ouvrage qui court sous son noin est divisé en dix livres, et a pour titre :
HLstoria certaminis apostolici. * Wolfgang Lazius ( a ) en trouva le manuscrit dans une caverne de Carinthie; et quoiqu’il fût habile homme , il se laissa tellement tromper par cet écrivain fabu— leux , qu il se prépara à le donner an public comme une pièce importante. II ajouta foi à l’inscription de ce manuscrit, qui portait qu’Abdias , évêque de Babylone, établi par les apôtres mêmes, avait composé en hébreu cette histoire de leurs actions , et qu’Eutropius Pavait traduite en grec (ô), et Africanusen latin. 11 la publia à Bâle ( c ) , 1 an 1 55 1 , avec quelques
Chanêffepié , au mot Aidias . promet des rcmairjues sur V auteur de cette histoire . qui * est , dit-il , ni d.' A bdias ou Adée , ni de Cra • thom . etc ; mais il n'en nomme pas V auteur y qu'U croit avoir vécu dans le septième siècle] ms peut-être plus tard.
Médecin à Vienne en Autriche , et hisrxogmphe de l'empereur Ferdinand I. Vnjcs r r pitre dcdicatuirc de son édition.
(A) La préface de Julius Africanus dit qsf’iMtruptiu était disciple lAiLdui.
autres vies de saints. Elle a été depuis imprimée plusieurs fois en divers lieux (À). M. Fabrice remarque que ceux qui ont dit qu’elle a été insérée dans la Bibliothèque des Pères se trompent (d). Laurent de La Barre l’inséra dans son Histoire des Pères, à Paris , en 1 583 (e). Ce n’est point Ie pape Gélase , comme M. Mo— réri l’avance , mais lepape Paul IV qui a rejeté comme apocryphe 1 ouvrage de notre Abdias(y). Plusieurs écrivains , tant parmi les catholiques que parmi les protestans, ont reconnu l’imposture.
Ceux-ci prétendent avoir dessillé les yeux aux autres (B) ; on ne leur accorde point cela (C). La gloire serait au fond très-petite ; car ce fourbe a usé de si peu d adresse , qu’il a cité l’Hégésippe, qui a fleuri cent trente ans ou environ après l’ascension de Notre- Seigneur (g). Il a parlé aussi d’un disciple des apôtres nommé Crathon , qui jxt , dit-il , une histoire en dix livres de tout ce que saint Simon et saint Jude avaient fait et souffert dans la Perse pendant treize ans ; laquelle histoire , poursuit-il , Africain V historiographe a mise en latin ( h ). Ou trouverait-on cet Africain, qu’en la personne de Julius Africanus , mort environ l’an 23o (i) ?
(c) Chez Oporin , in- fol.
Jo. Alb. Fabricius in Codice Apocry»
pbo Novi Test. , pag. ^Ol.
(<) & non pas en i58i, comme veut Moréri.
(f) Labbe de Script, ecclea- , tome I , p. 3. (v) *r°jrcz Vossius de Hist. Græcij, p.200. (n) Abdite Hist. certain. Apost. /. Vl,p.)bZ. (/) Cave , Histor. litter. , p. 7a.
(A) Imprimée plusieurs fois en divers lieux.] M. du Pin, qui a marqué le» éditions de i557, de f56o et de ,^71 1 e* > outre cela , une e'dition de
42 ÀBDISSI.
Bâle de i53a (i) , et une de Paris de i583 , a oublié la première qui était la plus digne d’être marquée. Comme je n’ai point sa Bibliothèque ecclésiastique de l’édition de Paris , je n’oserais mettre sur son compte la prétendue édition de Bâle de 1 53a. Or, à cause qu’il ne marque qu’une édition de Paris, qui est celle de i583, ses lecteurs ont lieu de croire que les autres , qu’il a marquées ne sont point de Paris cependant il est certain que cet ouvrage y fut publié l’an i56o, in-8°. , avec fa préfacé d’un docteur de Sorbonne nommé Jean Faber. L’abréviateur de Gesncr et M.
Cave en marquent une de Paris, en 1 57 1 , in-8°. Dans V JEnonjrmofogium de Magirus, on avance faussement que cet ouvrage fut imprimé la première fois à Paris, en 1 55 1 .
(B) Avoir dessillé les yeux aux au très.] Consultez Rivet, au chapitre VI du I*T. livre de son Criticus Sacer , où , après avoir observé la prévention de Lazius , et l’autorité qu Hardingus et Bellarmin ont donnée à notre Abdias, il ajoute: ejus nu g as elme/ulacia non est quàd operosiüs perscquamur , quia jam oculatioribus pontificiis ita
patent , EX NOSTRORCM AN1MAOVERSION1”
eus , ut eos tant pulidi commenti pudeat (a). Il cite Baronius, Molanus, Possevin , et même Bellarmin devenu plus sage ; il les cite , dis-je , comme des auteursqui convenaientde la bâtardise de cette histoire des apôtres.
(C) On ne leur accorde point cela '] Le père Labbe s’emporte d’une étrange manière contre Rivet , à cause du passage que l’on vient de voir. 11 peut avoir raison de soutenir que les catholiques ont reconnu l’imposture, avant uue les protestans leur fournissent làdessus aucune lumière : mais on ne saurait l’excuser de son aigreur injurieuse j car voici comme il parle (3) : Hasce quisquilias ab otioso Jabulalore, qui mérita jure pseudo-Abdias diciturt confie la s interpolatasve , nullius fidei atque auctoritatis esse apud eruditos docuerunt jampridem calholici traetntores , Sixlus Senensis , Joannes Hesselius , Joannes Molanus , Cardin ,
(1) C’est ainsi qu’il JT a dans V édition <C Amsterdam , tom. /, pag. 18.
(a) Riveti Opprum tom. Il , pag. 1076.
(3) Phil. Labbe, DiMern «le Sccipt. Eccles. , tom. /, pag. 3.
Baronius , Possevinus , Salmero , Mirceus , aliique , ut sileam Vossium, Cocum , llivctum , similesque heterndos os criticos , in alienis ab ecclesid cathoUcd caslris militantes , atque ex calholicorum dunla.t at script is et observationibus sufjarcinatns . Ment tur enirn pro more Andréas Hiv et us , qui libri I , cap. VI , cjfutire ausus est, oculatiores pontiftcios ex suorurn , hoc est , hœrcticorum hominum aniniadrers'mnibus edoctos , nuças et mendacia illius operis deprehendisse , ita ut cos lam putidi commenti pudeat. S cil , amabo , qui s Cal vint catulus hoc comment uni subodoratus est ante üesselium , Molanum , Sixtum , ipsum que adt o Paulum IV, romanum pontijicern , qui inter scripta à se dumnata rejicit ? Je crois que l’on condamna encore ce livre à Rome depuis la mort de Paul IV : car je ne pense pas que Claude d’Espense veuille parler de la condamnation faite sous ce pape , lors-
Su’il dit: Qualiscumque autor sitAbias , su péri are certè quant hœc scriberemus anno , à romanis inquisitoiibus
{iroscriptus est. Ces paroles sont dans e chapitre V du livre V de la Continence. Le continuateur de Magirus a tort d’en conclure (4) que 1 année dont il s’agit là est »568. Lct ouvrage delà Continence ne fut-il pas imprimé en iÔ65 (5) ? Pierre-Paul Verger , auteur protestant , mort en i565 , avait crié contre l’imposture de cet A bdias , dans son ïdolum Laurctanum , composé en italien, traduit en latin et imprimé en 1 554 * in*4°*
(4) F.ponymol. Critfc. , pag. a.
(5) Vojct Launoii Hi»t. Colleg. N»vtrr.,pa£. 7x0.
ABDISSI (A) , patriarche de Muzal , dans l’Assyrie , au delà de l’Euphrate, vint à Rome Pan i562 ; et, ayant rendu ses hommages à Pie IV, reçut de lui le pallium. Comme le concile de Trente était alors assemblé, le cardinal de Mula , protecteur des chrétiens orientaux, ne manqua pas d’écrire sur ce sujet à cette assemblée. Ses lettres lurent lues dans la vingt-deuxième session.
Elles apprenaient que les peuples
ABDÏSSI. 43
sujets a ce patriarche avaient été instruits à la foi par les apôtres saint Thomas et saint Thadée, et par un de leurs disciples nommé Marc ; que leur créance était toutà-fait semblable à la romaine ; qu'ils avaient les mêmes sacremens et les mêmes cérémonies ; qu'ils en gardaient des livres écrits dès le temps des apôtres ; ue ce patriarchat s'étend jusque ans le cœur des Indes , et comprend beaucoup de peuples , les uns sujets du Turc, les autres du sophi de Perse, les autres du roi de Portugal. L’ambassadeur de ce dernier protesta tout aussitôt que les évêques orientaux qui étaient sujets du roi son maître , ne reconnaissaient aucun patriarche.
On lut ensuite la confession de foi d’Abdissi, datée du 7 de mars §56-2 (/ï), où il promettait d’avoir et d’enseigner à ses inférieurs une parfaite et perpétuelle conformité de sentimens avec l’église romaine. Enfin on lut les lettres qu’il écrivait au concile pour s’excuser de ce qu’il n’y allait pas (B) , et pour supplier les pères de lui envoyer leurs décrets, qu’il promettait de faire observer ponctuellement. Toutes ces choses avaient été déjà lues dans une congrégation , sans exciter autrement les réflexions de personne; mais la protestation de l’ambassadeur de Portugal fit prendre garde aux .absurdités de ce récit. On commençait à murmurer; les évêques portugais allaient prendre la parole, quand le promoteur, au nom des légats, détourna le coup. Voilà comment
*!<*) Elle est dans Onafre, in Vitâ Pii IV; dams Surius, Commentai-. , pag. -5^ et dams Spoode , Contin. Annal. , ad ann. tS6a.
Fra Paolo conte le fait (b) : nous examinerons ceci en un autre lieu (c).
(b) Hist. du Concile de Trente, liv. VI.
(c) Dans l'article Hebed Jku.
(A) ABDISSI. ] Onufre Panvini le nomme Abdysu , ce qui , dit-il , signifie sert' us Jesii (i). SuriusetM.de OTonde lui donnent le même nom ; M. de Thou le nomme Abisius , et ajoute qu’il était fils de Jean , de domo Jjlarciâ , de la ville de Gezire sur le Tigre 0). J’avoue que je n’entends pas assez ce que c’est que ce domus Marciâ pour me contenter de la traduction française que j’en pourrais faire. Je n’acquiesce donc pas à cette maison de Marc qu’il a plu à M. Moréri d employer. Aubert Le Mire nomme Abdiesu le patriarche en question , et dit qu’il était religieux de l’ordre de saint Pacôme (3) ; qu’il avait succe'de'au patriarche Simon Sulacha (4), moine du même ordre , qui était venu se soumettre au pape Jules 111; qu’il était d’une érudition admirable; qu’il entendait beaucoup de langues , et qu’il savait extrêmement bien les saintes lettres. Les mémoires de M. de Thou portaient que cet homme entendait le cbaldéen, l’arabe et le syriaque , et qu’il répondait pertinemment aux questions très-difliciles qu’on lui faisait. Panvini , Surius et M. deSponde assurent la même chose avec plus de circonstances. Dans la profession de foi qu'ils rapportent , il dit qu’il avaitété moine de St.-Antoine dans le monastère des saints Rochas et Jean, frères. Il avait fait faire beaucoup de progrès à la foi romaine , si nous en croyons Aubert Le Mire; mais ses successeurs laissèrent tout dépérir; de sorte que Léonard Abel , évêque de Sidon , nonce apostolique en ces payslà, en l’année i583, trouva que le patriarche Donha Simon , qui était le second depuis Abdiesu , s’était retiré vers les confins de la Perse. Les affaires du pape n’étaient pas en meilleur
(1) Panvin. in Viti Pii IV.
(a) Thaan. Hi.tor., lib. XXXII .
(3) Aubertm Mimas, Polit i je Ecclcs. lib. II, eap. V , pag. 917.
<4) M. Ae Thou le nomme Salafca . M. de Spondr , Sulaca. V ojet la remarque (A) Je l'article I!il«ld-Jk«u.
ABEL
état lorsque Pierre Strozza , secrétaire de Paul V , publia à Rome et à Cologne, en 1617 , sa dispute de Chaldœorum dogmatibus (5).
(B) Pour s'excuser de ce qu’il ny allait pas. 3 Cela montre que M. Moréri s’est fort trompé lorsqu’il a dit qu1 Abdissi se trouva au concile de Trente , et qu’il y présenta sa profession de foi , en la session XX 11. Aubert Le Mire a commis la même faute, ui et Tridenlino concilio inlerfuit , it il (6), en parlant de son Abdiesu.
Ce qu’il y a de plus surprenant est ue Moréri a cité MM. de Thou et de ponde, dont le premier ne dit pas un mot de ce prétendu voyage au patriarche au concile , et le dernier dit expressément qu’on lut les lettres où Abdysu faisait ses excuses de ce qu’il n’allait pas à Trente. Je remarquerai par occasion une faute qui s’est assurément glissée dans M. de Thou; il dit (7) que ce patriarche était venu ad apostolorum limina pontijiccm salutaturus , ut ab eo corfirmatus par tem de corpore sancti Pétri acciperet.
Qui ne s’imaginerait là-dessus qu’il était venu pour demander le bras , ou quelque autre morceau du corps de saint Pierre ? car c'est faire sa cour à Rome que de déclarer qu’on y est venu pour en remporter de tels présens. Mais je suis persuadé qu'au lieu de parlent il faut lire pallium , comme il y a dans M. de Sponde , qui , à cela près, se sert des mêmes expressions que M. de Thou. C’est ce qu’on peut voir dans sa Continuation des Annales de Baronius, à l’année i56a.
(5) Aubcrtns Mirseus , Politi* Ecdes. lit.JI , cap. F.pag. 7 19.
(6) Idem , ibidem , pag. 117.
M Tbuani II Ut. , lib. XXXII , pag- f>4°* col. 7. Edit- Franco f., anni i6a5.
ABEL , second fils d’Adam et d’Ève, fut berger. 11 offrit à Dieu des premiers-nés de sa bergerie, dans le meme temps que son frère Caïn offrit des fruits de la terre. Dieu eut pour agréable l’oblation d’Abel , mais non pas celle de Caïn; ce qui chagrina de telle sorte ce dernier, qu il s* éleva contre Vautre , et It tua. C’est tout ce que Moïse nous en ap-
prend (a). Mais , si l’on voulait s’étendre sur tout ce que la curiosité de l’esprit Jjumain a enfanté là-dessus , on aurait une infinité de choses à dire. Nous n’avons garde de nous embarquer dans une telle déduction , ni de hasarder des conjectures sur l’âge qu’avait Abel lorsqu’il fut tue. 11 est impossible d’avoir quelque certitude sur cette matière, tant parce que l’on ne sait pas combien a duré l’état d’innocence (A) qu’à cause que l’on ne sait pas de combien Abel était plus jeune que Caïn (B), ni en quelle année du monde il fut tue par son frère (C). Je ne hasarderai point non plus mes conjectures sur la question s’il mourut vierge (D) , ou sur la querelle que Caïn lui fit.
Les uns veulent que leur différent ait été une dispute de religion (E) ; les autres qu’ils se soient brouillés pour une femme (F). On ne parle pas moins diversement de la manière dont se fit cet abominable fratricide (G).
Quant à la manière dont ils connurent la préférence que Dieu donna à l’oblation d’Abel , il 11’y a pas tant de disputes. On croit assez communément qu’il tomba un feu céleste sur la victime d’Abel (H), et que rien de semblable 11e parut sur les offrandes de Caïn.
Mais , comme on n’a que trop de penchant à entasser suppositions sur suppositions , afin de faire trouver du merveilleux en toutes choses , il s’est trouvé des gens qui ont dit (b) qu’il parut une figure de lion au milieu des flaihines qui tombèrent sur le sacri-
(<*) Genèse , chap. IF,
\b) A p ud Salianum , lom. 1, pag. 190, et apud Duclium Ruiuar. illustr. , décade 1 , pag. 221 , 273
ABEL
fice d’Abel , ce qui , selon eux , avait relation au liou de la tribu de Juda , dont la venue avait déjà été promise. J’ai rassemblé dans les remarques un assez grand nombre de différens sentimens sur les choses qui concernent Abel .
C’est avoir rassemblé bien des mensonges et bien des fautes.
Or , comme c’est le but et l’esprit de ce dictionnaire, le lecteur ne doit point donner son jugement sur ce ramas sans se souvenir de ce but. Et cela soit dit une fois pour toutes.
et pour remplir la terre ? Ln plus solide raison qu’on puisse alléguer pourquoi cette consommation ne se lit qu’après la chute , c’est que la femme fut tentée et séduite aussitôt presque que formée. Voilà comment saint Augustin satisfait à cette difficulté : Mox creatd muticre , antequam convertirent , facta est ilia transgressio (3). L’autre raison qu’il allègue, savoirqu’il fallait attendre l’ordre de Dieu (4) , est toutà-fait nulle : car, comme je l’ai déjà dit, cet ordre avait été uotrtié authentiquement. Si l’on pouvait une fois rouver que l’innocence du premier omme dura plusieurs jours , on rendrait presque indubitable l’opinion de ceux qui disent que, sans le fruit défendu, Adam et Évc auraient éternel-
(A1) Combien a duré l'étal d'innocence.] Les auteurs sont fort partagés sur ce point. Quelques-uns veulent qu’Adam ait péché le jour même de sa création, et qu’il n’ait demeuré dans le Paradis que six, ou sept, ou dix heures (i). D’autres allongent le terme jusqu’à six, à huit, ou à dix jours $ d autres, jusqu’à trente-quatre ans.
Ils se fondent presque tous sur des rap-
Erts qu'ils imaginent entre Adam et *us-Christ : car, par exemple, ceux qui disent ou qu’Aaam demeura quarante jours dans le Paradis terrestre, ou qu’il y demeura trente-quatre ans, en donnent pour raison ou que Jésus- Christ fut quarante jours sans manger, ou qu’il vécut sur la terre trente-quatre ans (a). 11 serait superflu d’avertir les gens d’esprit que cette sorte de raison ne prouve rien. On peut faire d’assez bonnes objections a ceux qui ne font durer que quelques heures l’état d’innocence ; mais on en peut faire de beaucoup plus fortes à ceux qui le font durer des semaines ou des années.
Car, n’en déplaise à quelques rahhins, c’est un fait certain par le texte de Moïse qu’Adam ne connut sa femme qu’apres la sortie du Paradis. Or, pourquoi aurait-il tant différé la consommation de son mariage? N’avaitii pas reçu la bénédiction nuptiale de la bouche de son créateur? N'avait-il pas ses ordres dûment expédiés et signifiés pour foisonner, pour multiplier
(i) Pereriu», in Geneaim, lib. VI, Queest. I. (■m) Corael. à Lapide >n Genes, , cap. III,
lement gardé leur virginité, et que ce ne fut que sur la prévision de leur chute que Dieu produisit la diversité des sexes. Quoi qu’il en soit, nous ne saurions dire certainement à quel âge ils commencèrent d’engendrer. Nous réfuterons ailleurs (5) les rêveries de ceux qui ont dit que Caïn ne fut conçu que long-temps après le péché d’Adam, soit que son père se fût voulu sevrer des plaisirs du mariage plusieurs années par pénitence, soit qu’il se fût attaché à une autre femme qu'à Ève.
(B) De combien Abel était plus jeune que Caïn.'] La narration de Moïse semble prouver clairement que Caïn et Abel n’étaient point frères jumeaux : néanmoins l’un des plus judicieux interprètes * de l’Écriture a cru avec quelques rabbins qu’ils l’étaient. liabbini, et ex eis Culvinus , putant ex eodem conceptu Evam peperisse qemellos Caïn et Abel (6). Quand on lui accorderait cela , toute l’incertitude ne serait pas évanouie, vu qu’on ne sait pas avec précision l'année de la naissance de Caïn. Mais, encore un coup , d n’y a nulle apparence qu’Ahelait été son frère jumeau; et il n’y a nulle certitude qu’il soit né un an
(3) Angut., lib. /X,d«Genesi «d lit., cap. IV.
Potest eliarn dut quia nondum Drus j testerai ut convertirent : cur enun non ad hanc rem divina expectaretur aucloritaj , ubi nttUd concupiscenlid tanquàm stimplts, inobedtenùa carnis urgebal ? Id. Ib.
(5) Dans la remarque (B) de l’article rf Ève.
* Joly reproche à Bayle de donner ces e' publies a Calvin.
(6) Corael. à Lapide, in Gcnejim , cap. IV, e. a.
ABEL
après Caïn. Reconnaissons pourtant bable que ce meurtre fut commis la qu'il est très-probable que Caïn naquit meme année que Set h vint au monde, Pan premier du monde, et qu’Abel c'est-à-dire, la i3oe. d'Adam : on le
premier au monde, et qu naquit l'année d'après. La révélation de Méthodius est une pièce apocry-
{»he et une cbimcre. On a dit (n) qu’il ui fut révélé d’en-haut, pendant sa prison pour la foi, qu’Adam et Eve sortirent vierges du Paradis ; qu’ils demeurèrent en cet état quinze années consécutives , entièrement occupés à pleurer leur chute ; qu’au bout de ce
trouve, dis je, probable, quand on songe qu’Ève , donnant le nom de Seth à un fils dont elle était accouchée, se sert de cette raison , car Dieu nia donne une autre Lignée au Heu d" Abel que Caïn a tué (10) Mais il faut tomber d'accord que cela est beaucoup plus propre à prouver que Seth fut le premier iils qu Ève mit au mon*
terme ils engendrèrent un iils et une de depuis la mort d'Abel qu’à proufille tout à la fois, savoir Caïn et Cal- ver que cette mort ait été bientôt suimana ; qu'ensuite ils se remirent dans vie ae la naissance de Seth. Saint Aula continence pendant quinze autres gustin ne veut pas même accorder à années, après quoi ils engendrèrent Seth le droit d’aînesse sur tous les enun fils et une fille, comme la première fans qu’Adam et Ève ont engendres fois , savoir Abel et Delbora ; et qu’en depuis le meurtre d’Abel. Il explique l’an i3o d’Adam arriva le meurtre les paroles d’Ève , non pas d’un rem-
É’Abel par Caïn , ce qui jeta Adam et ve dans un deuil qui dura cent ans, après quoi ils engendrèrent Seth. Les habitans de l’île de Ceylan prétendent
3ue le lac salé qui est sur la montagne c Colombo est l'amas des larmes <ju Eve répandit cent ans entiers sur
placement de fils, mais d’un remplacement de vertu , c’est-à-dire , que Seth fut considéré comme celui qui succéderait à la piété et à la sainteté d’Abel. Potuit Adamdivinitiu admonitus dicere postea quant Seth natus est , suscita vit enim mihi Deus semen a mort d’ Abel (8). Les rabbins veu- aliud pro Abel (i 1); quart do talis erat lent qu’Adam ait pleuré cette même Juturus qui impleret ejus sanctitatem mort cent ans durant dans la vallée ( ta). Il est sûr que tout ceci n’est que des Larmes auprès d’Hébron , sans au- matière à conjectures , et que , si les cun commerce charnel avec sa fem- paroles d’Ève , rapportées ci-dessus ,
me (9) , ce qui aurait peut-être duré plus long-temps, si un ange ne l’eût averti de la part de Dieu qu’il eût à s’approcher d’Ève , puisque le Messie ne voulait pas descendre de Caïn. Pures chimères; le monde n’avait pas alors besoin d’un tel deuil : il detnan-
aissaient à nos réilexions toute leur iberté naturelle, nous ferions remonter bien haut le meurtre d'Abel ; car voici à quoi la lumière naturelle nous conduit. Caïn et Abel firent leurs offrandes à Dieu dès que la récolte de l'un et la bergerie de l’autre leur en
dait , au contraire, qu’on se consolât fournirent les moyens; ils s’aperçurent bientôt par la réparation de la brèche; dès la première fois (1 3) que Dieu metde sorte au’il est très-probable qu’A- tait de la diilérence entre leuis prédam et Ève adoucirent promptement sens; le dépit de Caïn le précipita peu leur ennui par la consolation récipro- après dans le dessein de tuer son frère, que de se donner un nouveau fils à la ll-le tua donc avant l’âge de soixante place de celui que Caïn leur avait tué. ans, car ce fut l’au 5o du monde, à Cependant on ne saurait croire com- ce que dit Eusèbe , qu’Adam assigna à bien cette fable de la longue sépara- ses deux fils le genre de vie qu’ils au* tion d’Adam et d'Eve , quant au lit, a raient à suivre. Ce n'était pas s’eu été prônée. Nous en parlerons dans aviser tard, dit on, puisqu’en ce tempsl’article de Lamech.
(C) En quelle année du monde il fut tué par son frère.'] On trouve pro-
(7) Auctor. Historié Scbolast. in Hist. Libri Genes. . cap. XXV, aptul Pererium,in Gènes., cap. IV.v 1 .
(8) Vorex Chevreau, Histoire du inonde, tome IV , pag. a55, édition de Hollande , en
(9) dpud Saliao , tom. I, pag. 190.
(10) Genes. , chap. IV, y. a5.
(11) Saint Augustin attribue d Adam ce qui ne fut dit, telon l'Écriture, que par Eve.
(ia) Augu.it. de Civil. De» , lib.XV, cap. XV.
(l3) L'Ecriture ne parle que d'une oblation de ce* deux frère t ; ainsi la supposition du P. Salian, tome I, page i85, que Catn ne reconnut qu'à la longue et après plusieurs offrandes réitérées sa rejection et la foreur ae son frère auprès de Dieu , est nulle.
ABEL
là l'enfance durait à proportion autant que la vie. A la bonne heure , je ne contesterai rien là-dessus ; que Caïn et Abel n'aient donc pas été en état avant l'âge de cinquante ans , l’un de labourer la terre, l'autre de garder des brebis , au moins en auront-ils été capables à cet âge-là. Or , cela posé , qu'y a-t-il de plus na t urel que de croire
3a' ils tirent leurs oblations au bout e deux ou trois ans, pour le plus tard ; et que, dans un semblable intervalle pour le plus tard, l’envieux et le jaloux Caïn se délit d’Abel ? Qu’y a-t-il de plus éloigné de l’apparence que de dire, comme l’on fait ordinairement , que les deux frères commencèrent l’exercice de leur vacation l’au 5o du mondf; qu ils tirent Ipurs offrandes l’an 100 , et que Caïn tua Abel l’an *3o ? La raison ni l'Ecriture ne nous conduisent point à supposer un ressentiment caché si long-temps dans le cœur de Caïn (i-f). Un auteur fort judicieux (i5) a mis la naissance de Set h environ cent ans avant la mort d’Abel. Quelrjues auteurs (16) ont mis cette mort à l’an du monde 102 : mais la foule est pour l’an i3o, que l’oa croit être le même que le 129 d’Abel.
Je pourrais citer , pour ce sentiment, Cajétan , Torniel , Pérérius , Cornélius a Lapide , Salian , et plusieurs autres commentateurs, dont les ouvra-
§es peuvent être comparés aux enfans l’une même famille ;
...... . Faciès non omnibut ima ,
Nee dtvena latum , qualem drcet esse sorvrurn (17 .
Tous les partis, tons les corps, toutes les communautés ont ainsi plusieurs auteurs qui se moulent les uns sur les autres.
(D) S'il mourut vierge."] Quelques pères de l’Eglise ont soutenu l'affirmative ( 18), et les hérétiques, dont je parlerai ci-dessous, qui prenaient leur nom d’Abel , la soutenaient aussi : cependant il ne paraît guère probable à
04) Vom ce nui sera rapport / ci-dessous, remarque F) du Targum «le Jérusalem, et des Annales d’Kutycliiu*.
05) r.unatus île Hen. Helir., lib. I , cap. III.
Sont KnmuaKI, Abrégé rbronol.
O7) Ovidius, Melam., lib. //, v. 1 3.
(18) Saint Jérôme, saint Basile, saint Ambroise, dans Cornai, à Lapide, in Gènes., cap. IV, y. 3; mais le P. Salian, Annabum tom. J *PaS- *84 i nontre que joint Jérôme n'a pas été de ce sentiment.
ceux qui croient qu’Abel a vécu cent vingt-neuf ans qu'il soit mort garçon.
Il était alors trop nécessaire de peupler le monde pour se piquer de continence. Le père Salian ne fait pas difficulté de reconnaître que le célibat d’Abel n'est nullement vraisemblable; ni de montrer que saint Jérôme et saint Augustin n’ont point douté de son mariaee (19) , et, que saint lrénée n’a point dit ce que Gérébrard lui a fait dire (20) ; savoir , qu’Abel a été vierge, prêtre et martyr : trois qualités qui ont été cause que l’on a dit
Sue l’Église avait commencé en lui.
'est un autre auteur qui lui attribue ces trois belles qualités (21). Mais s’il fallait que la tradition d’Eutychius , qui sera rapportée ci-dessous , fût véritable, il ne faudrait plus révoquer en doute la virginité d'Abel; car sa mort, selon cette tradition, précéda le mariage des deux frères.
(E) Ait éle une dispute de religion.] Le Targum de Jérusalem débite que, lorsqueCaiu et Abel furent auxehamps, celui-là soutint qu'il n’y avait ni jugement, ni juge, ni vie éternelle, ni récompense pour les justes , ni peine pour les impies ; et que le monde n’avait pas été créé par la miséricorde de Dieu , ni n’était point gouverné par sa miséricorde : attendu , dit - il à son frère , que mon oblation n’a pas été acceptée , et que la vôtre l’a été. Al>el lui répondit selon les mêmes paroles dont Caïn s’était servi, si ce n’est qu'il mit le oui ou l'autre avait mis le non : et quant au principal grief, sa réponse fut de dire que , parce que ses œuvres avaient été meilleures que celles de Caïn , son oblation avait plu, et non pas celle de Caïn. La dispute s’étant échauffée , Caïn se jeta sur Abel et le tua (22). Ce fut un mauvais commencement des disputes de religion , et un fâcheux présage des désordres épouvantables qu’elles devaient causer dans le monde. Voilà de plus un exemple de la sotte vanité
(ip) SalianiK , Annalium tom. I,pag. 184 (ao) Chronol., lib. I.
(ai) Aurtor mirab.Sacr* Script, apud Alignât., tom. II! . Ub. /, cap. III , citante Saliaoo, Annalium tom. I, pog. 184.
(aa) Parapbr. Ilicroaoljin. apud V agium, citante Satiano, loin. I, png. 188. Vv\et sur ce sujet ili\>*rs jeux de rhétorique de Jran Bi«»«liuü, jésuite allemand , llbutr. Kuioarum Vecad. /, pag. aa8 et icq.
ABEL
de l’homme : il n’est jamais tant porté à douter de la Providence que lorsque les choses n’arrivent pas scion ses souhaits. Quand elles lui sont favorables , il dissipe ses doutes : c’est qu’il s’imagine tenir un rang assez relevé dans Yunivers pour ne pouvoir être méprisé par un dispensateur équitable et judicieux des biens ctdes maux. Estis ïo superif ait Slatius , cùm convaluisset à periculoso morbo vir eximiœ probitnlis Jiutiliu* Gallicus. jit contra , ubi qûid contigeral contra quhm cequum esse censercnt , deos aut nul los esse , aut crudeles , aut injustos
esse dicebanl Itaque in morte Ti-
buLli (Jvidius ,
Cism rapianl mata Jata bonot , ignoscile fasso , Sollicilor nullos esse pulare deos.
C’est ainsi que parle l'un dés meilleurs orateurs du 16e siècle (33).
(F) Se soient brouillés pour une femme. ] Eutychius, patriarche d’Alexandrie , dit, dans ses Annales ( 24 ) , qu'Evc enfanta, avec Caïn, une fille nommée Azrun ; et avec Abel une fille nommée Owain ; et <juc le temps de marier les deux fils étant venu , Adam destina Owain à Caïn, et Azrun à Abel ; et malfVaita Caïn , parce qu’il voulait sa sœur jumelle, qui était plus belle. Eutychius ajoute que pendant que les deux frères allaient présenter leurs oblations sur une montagne, par ordre d’Adam , qui voulut qu’ils fissent cet acte de religion avant que d’épouser leurs femmes, et que le succès de leur sacrifice décidât de leur différent, Satan inspira secrètement à Caïn de se défaire if Abel , pour l’amour d’ Azrun : ce qui , empêchant
2 ue sou offrande ne fût agréable à lieu , augmenta le dépit de Caïn contre son frère ; de sorte qu’ils ne furent pas plus tôt descendus de la montagne, qu’il lui donna un coup de pierre sur la tête, et le tua. La belle Azrun , que Caïn épousa après ce coup (u5), et qu’il emmena avec lui dans son exil , fut donc la cause du crime de Caïn. Il est vrai qu’elle en fut la cause innocente ; mais c’est toujours vérifier ce qu’a dit
(t.\) Muretu», Orat. III . vol. II.
(*4) Tlutvclni Annale*. Je me sers de la traduclion île Porockiu*. L'imprimeur de f Hisloria Palriarch. Heitleggeri , tom. I , pag. iga, a mu Procopius.
Ça5) Eutycliiui. Vtde Hottingcr. Histmam Orieul-, pag. 37.
un poète latin , touchant l’antiquité des guerres suscitées pour des femmes:
Nam fuit ante Helenam connus tetemma bitii Causa (a6).
Les archontiques (37) et les cabalisles (38) s'accordent avec cette tradition d'Eutychius. J’ai lu dans le Commentaire du pèryülnrsenne sur la Genèse, à la page i \ 1 5 et à la 1 43 1 , qu’il y a quel -
Sues rabbins qui disent qu’Àbel eut eux sœurs jumelles, et que Caïn souhaita de les épouser. Ce fut , disentils , la cause de la dispute. Le désir de la polygamie serait donc bien vieux.
Au reste , il paraît, et. par le récit du Tarfeum , et par celui de ce patriarche d’Alexandrie , que la mort d’Abel suivit de près le sacrifice où Dieu se déclara pour lui. Cette chronologie est mille fois plus probable que la vulgaire , qui met un espace de trente ans entre l’oblation des deux frères et le fratricide de Caïn.
(G) De la manière dont se fit cet abominable fratricide. ] Nous venons de voir que ce fut avec un coup de pierre, selon quelques-uns. D’autres disent que Caïn déchira son frère à belles dents. Hcbrœorum nnnnulli tradunt eum fuisse morsibus à Caïn dilaceratum (39). D’autres , qu'il l’assomma avec une mâchoire d’âne : Ips peintres se règlent sur cette supposition. D’autres veulent qu’il se soit servi d’une fourche. Saint Chrysostome lui met en main une épée; saint Irénce lui donne une faux ; Prudence lui donne une manière de serpe :
Frater probal ce sanclitatis trmulus Germana curvo eollo f rang il sarculo (3o).
Voyez Salian et Bissélius : celui-là , à la nage 1 89 du 1 Cr. volume de ses Annales ; celui-ci à la page a34 , et à la 357 du premier tome des lllustrium Ruinarum . En tout cas , dit-on (3 1 ) , si bel ne fut ni noyé , ni étrangle ; car r Écriture témoigne qu’il périt avec effusion de sang. Quelques-uns sup-
hier»
Horat., salira II F, lib. f, v. 107.
Hérétiques dont saint Epiphao e parle %
(a8) Hrideggeri Historia Orient., pag. iqi. Sel.* ‘ '
Vojet aussi Selrienua , de Jure Nat. et Gent.. Itb. III, cap. II t qui cite Kabbi Elieter in Pirke, cap. XXI.
(ag) Pererins, in Genesim, lib. VII , ad v. 8 et 9, cap. IV.
(3o) Prudent, in Hanartig. prtef. i5.
(Il) Pererius, ia Genesim, cap. 1V^ r. 8,9.
ABÉLARD
posent qu'il se défendit courageuse- Le» païens «e sont vantés de cette ment, et qu il eut d’pbord tout t'avan- sorte ae marques extraordinaires de tage : il jeta Caïn par terre , et lui fit l’approbation du ciel en quelques un bon quartier , mais Caïn se releva, lieux, comme nous le montrerons et le tua. Le père Mersenne rapporte dans l’article Egwatia. On sait assez cette vision dans la page 1 43 x de son que le diable est le singe du vrai Dieu, commentaire sur la Genèse.
ntaire sur la benese. * ntfr a t»t\ / \ ’i
Qu’il tomba un feu céleste. ] ABELARD ( Pterre ) , en latin
l'Ecriture. Niai ilia interprétatif» vera V ^ ..
aset , quam fflimdntion posuit : Et (^)> a quatre lieues de riantes en
inflammavit Dotninus super Abel et Bretagne ; et comme il avait l’essuper sac rificium ej us; supra Caïn verb prit fort Subtil, il n’y eut rien
dans ses études à quoi il s’appliquât avec autant de succès qu’à la logique. 11 voyagea en divers lieux , par la seule envie de s’aguerrir dans cette science , disputant partout, lançant de tou-
et sacrificium eju$ non inflammavil j (33). Elle est communément approuvée par les pères de l\iglise. Ce qui la rend vraisemblable, est qu'en plusieurs occasions un feu descendu du ciel a fait connaître que Dieu agréait le sacrifice. A lu consécration d’Aaron on eut ce signe de l’approbation de Dieu
(31). Gédéon , David, Salomon (quel* tes parts ses syllogismes, et cherques-uns y ajoutent Néhémie) , ont été chant avec ardeur les occasions honores.de celte faveur spéciale de se s;„na|er conlre une thëse. dans quelques- uns de leurs sacnuces , . °. , .
(35). Cornélius à Lapide dît que Cal- Jaraais chevalier errant ne cher-
via et Lu tlier se sont moqués , comme cha avec plus d’avidité les occad’une fable judaïque, de cette des- sions de rompre une lance en
centcdufeucelestcsuria victimed’A- l’honneur des dames. Abélard terbel{ 3o) ; mais M. Heidegger lui cite un . » r» • « -i
passage de Luther qui témoigne visi- min? S®5 courses a Pans, OU il
biemcntlc contraire. Etsi Moses illud trouva un célèbre professeur en signnm, quo Deus ostendit $ibi Abel philosophie, nommé Guillaume mutera firaia este, non ostcrulii , ta- dcs Champeaux (a). Il fut d’a-
demissum , quo oblatio hausta et con- bord son disciple bien-amie; mais sumpta in oàulis omnium (if). Les cela ne dura pas long-temps , le théologiens prolestans ont donné en professeur avait trop de peine à
foule dans cette hypothèse (38) , et répondre aux subtiles objections
quelques-uns d enxl ontcontirroee par . * ». . . '
lès paroles d’un psaume (39) que Clé- àe ce disciple pour ne concevoir
mentMarot a traduites de cette façon: pas du chagrin et de la haine
De ut offert** ei service* contre lui. Les factions naqui-
Ei faine tou/ °*s 'sacHjî ce * rent bientôt ; les écoliers avancés
En cendre devenir. en ^ge ^ transportés d’envie COI1-
rj») Hîeroa. Tradition. Rebraïc. * tre Abélard , secondèrent la pas-
\lÿ u™;£I;xhtkn‘'- sion du maître. Cela ne fit qu’aug-
(j5) Consulte t. le livre de* J ng'. ekap. Fl; menter la présomption de ce ieu-
/•*. livre de* Roi» , chap. XFIIl; le I*r. . * . * . , > .
— * - - -* • ne homme; il se crut désormais
trop habile pour ne s’ériger pas en docteur. Il choisit pour cela un grand théâtre; car il s’en alla
de* 4-brooiq. , chap. Fit ; le II*, de* Chroniq. chap. Fit ;le II*, de* Macbabée* , chap. I.
(36) Corne), h Lapide , in Geoes., cap. F , et. 4 . Pag- 97*
(3~) Latbern», ad Gene*. , cap. IF, vs. 3. frpiaA Heidegger, Hist. Patriarch., loin. 7» W- »84-
(38) Foret Saldeai O lia Thaol., pag. 33?.
(39) Céstle XX.
(a) Guillelmus CampeUeruû. Il était archidiacre de Paris.