TOME I
lever une école à Melun (B) , où la cour de France demeurait en ce temps - là. Champeaux fit tout ce qu’il put pour empêcher l’érection de cette école ; mais , comme il avait des ennemis qui avaient un grand pouvoir , sou opposition fut la principale cause qui fit réussir le dessein de son rival (£>). La réputation de cemouveau maître de dialectique fit de merveilleux progrès, et éclipsa celle de Champeaux. Ces succès enflèrent de telle sorte Abélard , qu’il transporta son école à Corbeil , afin de serrer de près sou ennemi par de fréquentes disputes ; mais l’application avec laquelle il étudiait lui causa une maladie qui le contraignit daller prendre l’air natal. Il demeura quelques années en Bretagne, et puis il retourna à Paris , ou il trouva que Champeaux , qui avait résigne sa chaire à un autre et embrassé la religion des chanoines réguliers, ne laissait pas d’enseigner chez eux. Il disputa contre lui avec tant de force touchant la nature des universaux , qu’il l’obligea de renoncer à son sentiment, qui était dans le fond un spinosisme non développé (C).
Celafittellementmépriserce moine, et tellement estimer son antagoniste, qu’on n’allait plus aux leçons de dialectique de Champeaux , ét que le professeur même que Champeaux avait substitue à sa place, voulut devenir l’écolier de Pierre Abélard. Celuici ne fut pas plus tôt installé sur cette chaire qu’il se vit exposé de
(b) Quoniam de potentibus terra nonnullos ibidem habebat ermuios , /relus eorum mua ilio , voti met cornpos eatiti , et plunmorum tnthi assert su ni ipsius tnt’idia manifesta con • qmemt, Alia.br di Kpist. I, pag. Ci.