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DISCOURS PRÉLIMINAIRE

l'eût enlevé fort jeune (i) , peu après la prise de Nottbourg.

Pierre Lefort, neveu du général , et fils d’Aini Lefort , qui possède

( i) Il mourut à Moscou après s’ctrc trouvé au siège de Nottbourg , en 1703, âgé d’environ vingt ans.

les premières charges de la république de Genève, est actuellement (A:) au service du czar, qui Ta fait brigadier de ses armées.

Il a épousé en 1713 la fille du général Weide.

(A) On écrit ceci en x^I^.

Les éditeurs de Genève crurent sans doute que ces deux articles sur Lefort et sur Villars donneraient un grand prix à leur édition. Les augmentations qu’ils peuvent avoir faites dans le courant de l’ouvrage n’étant pas du chef de Bayle , j’ai dû les laisser de côté. Je n’en ai pas , au reste , aperçu beaucoup. Comme mon intention était de les passer entièrement sous silence , je n’en ai pas pris note ; je ne m’en rappelle même qu’une seule qu'on trouve à la fin de la remarque F de l’article Budé (10). Après le mot excederc , on lit dans 17 1 5 :

« Jean Sleidanf contemporain de Guillaume Budé , confirme comme il fut un des principaux restaurateurs des belles-lettres et le Mécénas de la France : et il nous dit en même temps l’année de sa mort, et sa modestie au sujet de ses funérailles : Au mois d'août, à Paris , fan i5/}o, ditil («) , mourut Guillaume Budé , maître des requêtes , homme de grande érudition , et digne d' être loué au temps à venir. . . Il fut cause que le roi François fit un acte singulier ; c'est quil ordonna honnêtes gages à Paris pour les professeurs des sciences et arts. On ne saurait croire les grosses rivières qui sont issues de cette fontaine , et se sont répandues tant par la France que par les autres pays. Budé voulut être inhumé sans pompe. »

Une note marginale apprend que cette addition vient d’un Mémoire manuscrit de M. de Lange , donné à cette 3e. édition.

Dans la liste alphabétique des articles qui est à la suite de Y Histoire AI. de Bayle en 17 i5 , on a marqué d’une étoile ceux qui ont été ajoutés à cette qouvelle édition ; et les articles marqués d’une étoile sont très-nombreux *, c’est que l’on a conservé ce signe aux articles qui l’avaient dans la liste de l’édition de 1702. On l’a mise aux articles Lefort et Villars, les seuls qui avaient été ajoutés en 17 1 5, et qui ainsi

(10) La remarque F , dans les éditions de 1697 , 1702 , 1715 , est devenue la remarque H par les additions posthumes, en 1720, de ce qui forme aujourd’hui les remarques B et F.

(a) Les œuvres de Jean Slcidan, livre i3 , pag. ao4-

DE LA ONZIÈME ÉDITION. xj

11e se trouvent en rien distingués des articles qui existaient depuis 1702. Je dois remarquer que l’édition de 1715 ne contient qu’une version de 1 article David , mais du moins c’est la complète , la première , celle de 1 697 .

Les mêmes libraires de Genève publièrent plus tard un Supplément dont je ne parlerai qu’après l’édition de 1720.

1720. Quatrième édition.

Bayle avait légué les articles qu’il avait composés pour le Supplément de son dictionnaire , au libraire Leers , qui avait publié les deux premières éditions de ce livre. Leers ayant vendu son fonds à MM. Fritsck et Bohm, ils publièrent, en 1714* un prospectus d’une nouvelle édition $ ce prospectus était intitulé : Projet de la nouvelle édition du dictionnaire historique et critique de M. Bayle ( 1 1 ). A peine ce projet fut-il connu , que les éditeurs de Genève cherchèrent à discréditer l’entreprise (12). Les libraires de

(1 1) Ce Projet était in-folio. Je n’ai pu m’en procurer un exemplaire. 11 est à regretter que les amateurs de livres ne conservent pas en tête de leurs livres les prospectus. Au reste, les regrets ici doivent se réduire à bien peu de chose. Le Projet de Lanouvelle édition , etc., a été réimprimé avec quelques additions dans le Journal littéraire , juillet et août 1714 , toin. IV, seconde partie , page 364-386.

(ia) Voyez V Histoire critique de la République des lettres , VI , a5i. Ce morceau est daté du 30 avril 1714- Un article très-étendu , sous le titre de , Avis important au oublie sur l’édition fausse et tronquée du Dictionnaire de AI. Bayle , qui se fait a Rotterdam , fut imprimé , pag.. 326-376 du tom. X de Y Histoire critique de la République des lettres . ( Il a été reproduit dans Y Histoire de AI. Bayle et de ses ouvrages , pages 536*676 , où il est intitulé ; Factum des amis de M. Bayle , ou Avis important , etc. ) Prospcr Marchand y répondit par la Défense de la nouvelle édition du Dictionnaire de AI. Bayle , qui se fait a Rotterdam. Cette Défense est imprimée dans le Journal littéraire , tome VIII, pages qo-ii5. La réimpression, qui parut peu après , de Y Histoire de AI. Bayle et de ses ouvrages , par AI. de la Monnoic (lisez par l’abbé du Revest ), décida P. Marchand à écrire une nouvelle Lettre aux auteurs de ce journal , suivie d’une Déclaration authentique touchant les manuscrits laissés par feu AI. Bayle. Le Livre et la Déclaration sont dans le Journal littéraire y tome VIII , pages i34*»53. Jean Leclerc , à propos de cette Déclaration authentique , dit dans sa Bibliothèque ancienne et moderne , tome VI , page a33 , qu’on a attaqué Prosper Marchand avec trop de passion. Bernard , dans ses Nouvelles de la République des lettres , septembre et octobre 1716, page 63 1 , parle de la fausseté de l’ accusation qu’on avait formée contre lui . Les adversaires de Marchand écrivirent alors une Lettre à messieurs Leclerc et Bernard contenant des éclaircis se me ns sur quelques endroits de leurs derniers journaux , ou il est parlé du Factum des amis de AI. Bayle , contre la nouvelle édition de son Dictionnaire , qui s’imprime a Rotterdam. Cette lettre a été imprimée dans les Alemoires de littérature , par AI. de S*** ( Sallengrc ), tome II , seconde partie , pages a33-a93. J’ai indiqué les principales pièces de cette polémique. Je crains qu’une nomenclature plus étendue ne soit fastidieuse. Malgré les déclamations acharnées des éditeurs de Genève contre l’édition de 1720, c’est elle qui a servi de base ou de copie pour celle de 1730 , sur laquelle ont ensuite etc faites les autres réimpressions.

xi) DISCOURS PRÉLIMINAIRE

Rotterdam confièrent à Prosper Marchand le soin de diriger leur nouvelle édition, qui, commencée en juillet 1714»' ne fut achevée qu’en 1720. C’est de cette dernière année qu’elle porte la date} elle est en quatre volumes, dont la pagination est continuée de 1 à 3i3î, non compris les titres , préliminaires et tables (i3). Les deux versions de l’article David sont à la suite l’une de l’autre.

On trouve à la fin du quatrième volume I, des Articles obmis pendant le cours de cette troisième édition ; Il , des Articles communiqués à T auteur , (ces articles sont au nombre de huit) ; III, des Remarques critiques sur quelques endroits de ce dictionnaire communiquées par diverses personnes .

Cette disposition n’est pas sans inconvénient. Pour s’assurer de l’existence d’un article et de ce qui le concerne , il faut consulter l’ouvrage en quatre endroits.

Les articles obmis se composent , en général , d’articles dans lesquels les citations ne sont pas remplies. Bayle , en com4 posant ses articles , ne s’amusait pas à transcrire le texte des auteurs qu’il citait } il se contentait d’en copier les premiers mots qu’il faisait suivre de points , et de cette phrase à T imprimé jusqu à ( tel mot) inclusivement (ou exclusivement ). Lors de l’impression , il fesait remplir les lacunes en communiquant les livres de sa bibliothèque , ou en fournissant copie des passages («4) ; mais la bibliothèque de Bayle n’existait plus lorsque Prosper Marchand s’occupa de la réimpression du-Dictionnaire. Il eut beau faire , il ne put se

Ï>rocurer tous les ouvrages cités par Bayle. Dans l’espoir de es avoir avec le temps*, il prit le parti de garder , pour la fin de l’ouvrage, les articles qu’il se trouvait hors d étal de compléter. Malgré ses soins , il ne parvint à se procurer qu’un très-petit nombre des volumes qui lui étaient nécessaires *, c’est ce qui explique pourquoi, dans l’édition de 1720, quelques-uns seulement des articles obmis sont sans lacune , et pourquoi tous les autres en ont.

( 1 3) Michel Bohm, dont le nom seul se voit soit sur les frontispices, soit au bas de l’e'pître dédicatoire, ne comptant pour rien la réimpression de Genève , intitula la sienne, troisième édition.

04; Voici un accidenhqui est re'sulte' de cette disposition. Bayle , dans la remarque E de son article Gombauld, ayant dit que Despréaux ne fait aucun cas des sonnets de ce poète , cite les vers de V Art poétique: mais depuis i683 V Art poétique porte

A peine dans Gombauld , May nard et Mallevillc En peut-on admirer deux ou trois entre mille.

Boileau avait d’abord mis : en peut-on supporter , etc-; et c’est ce texte , comme je l’ai remarqué (tome VII, page 110), que Bayle dut avoir pré* sent à la pensée quand il écrivait son article Gombauld.

DE LA ONZIÈME ÉDITION

C’est sur le texte des auteurs qu’il rapporte, que Bayle appuie ses raisonnemeus , ses argumens. On sent toute l'importance du rétablissement des passages qu’il indique ; aussi les éditeurs de 17^0 ont-ils fait, ainsi que ceux de 1740» quelques recherches pour remplir ces lacunes. Je n’ai pu , à mon grand regret, faire tout ce qu’ils m’avaient laissé à faire.

Il est à croire que quelques-unes des remarques critiques , ajoutées en 1720, sont de Prosper Marchand; mais il est certain qu’une partie est de Leduchat. Dans une des remarques critiques imprimées en 1720, on proposait, à l’article Gournày (Voyez tome VII, page 186) , on proposait de lire prière au lieu de brie ve. Mais dans le Ducatiana , parmi les nouvelles Remarques sur le Dictionnaire de Bayle (tome I, pages 145-217 ), on lit, page *212 : Au lieu de prière que j'avais substitué à brïeve , lisez brigue. L’expression n’est pas équivoque. D’après ce qu'on lit dans le Ducatiana, pages 211, 2i5 et 217 , on peut encore regarder Leduchat comme l'auteur des Remarques critiques sur les articles Drusius , VI , 3 1 , Louis XI (Voyez ma note, IX , 425), et Tirésias , XIV, 22 1 . J’irai plus loin : comme Leduchat a beaucoup travaillé sur Rabelais , je lui attribue toutes celles des Remarques critiques où le curé de Meudon est cité ; et il l’est souvent.

L’édition de 1720 du Dictionnaire de Bayle fut dédiée au duc d’Orléans, régent. Le portrait de ce prince devait être mis en tète de la dédicace; mais on imagina de graver sur le meme cuivre , au bas du portrait, dix-neuf vers de Limiers. Les louanges n’étaient pas ménagées au prince tout-puissant ; on le louait surtout de ses opérations financières , etc. Il paraît que le tirage du portrait n’était qu’à peine commencé lorsque intervint l’édit du 21 mai 1720 , portant réduction de la valeur des actions de la compagnie des Indes et des billets de banque. Les éloges donnés quelques jours auparavant au système de Law se trouvaient être devenus une ironie ; cela arrive quelquefois. Il fallut en faire le sacrifice : on rogua de la planche de cuivre la portion qui contenait les vers , et l’on reprit et continua le tirage. Les vers ne se trouvent ainsi que dans un très-petit nombre d’exemplaires ; et ce sont les exemplaires où ils se trouvent qui doivent être recherchés à cause de cette particularité.

Ces vers , que mes prédécesseurs avaient omis , me semblent appartenir à l’histoire littéraire , et je n’ai pas manqué de*fc reproduire (i5).

(i5) Tome XVI, pag. 29.

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