‹ Dictionnaire historique et critiqueChapitre 4 sur 134 · DISCOURS PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

DISCOURS PRÉLIMINAIRE

Les libraires de Rotterdam se proposaient d’abord d’imprimer séparément les additions , afin que les possesseurs de l’édition de 17021 pussent ainsi compléter leurs exemplaires, c’était l’intention formelle de l’auteur (16); mais l’incident arrivé à Genève ( c’est ainsi qu’il appelle l’édition faite en cette ville ) décida Bolim à en user autrement $ il craignait , s’il eût donné un supplément, qu on ne le réimprimât (17). Malgré cette précaution , les libraires de Genève publièrent, en 1722 , un Supplément au Dictionnaire historique de M . Bayle , pour les éditions de 1702 et de 1715 , un volume in-folio. On voit, par l’intitulé même de ce supplément, qu’il ne s’adapte pas à l’édition de 1697 5 en l’y réunissant, on se trouve privé des additions faites en 1702. Les éditeurs de Genève prétendaient que ce que les éditeurs de Rotterdam annonçaient, en 1714 et 1716, pour des éditions de Bayle , n’était point de ce grand homme , et voici comme ils ont distribué leur supplément . I. Articles nouveaux ou communiqués ; IL Additions aux articles ; III. Remarques critiques . Disposition incommode , puisqu’elle met le lecteur dans la nécessitéy de consulter quatre alphabets. Enfin , à la tête du volume de 1722 est reproduite Y histoire de M. Bayle et de ses ouvrages ( déjà mise en tête du premier volume de 1715), revue , corrigée et augmentée sur de nouveaux mémoires , et formant ainsi quarante-sept pages in-folio.

1730. Cinquième édition.

Cette édition en quatre volumes in-folio , dont chacun a sa pagination , est intitulée quatrième , par la même raison qui avait fait appeler troisième celle de 1720 (18). On y a mis à leur ordre alphabétique les articles ohmis , les articles communiqués , et même les remarques critiques. On ne s’est pas contenté de mettre en tête du premier volume une vie très-étendue de M. Bayle par Dcsmaizeaux , on a rempli une grande partie des lacunes qu’on avait laissées en 1 7 20 ( 1 9).

(16) Voyez tome XVI, pag. 18 et 19.

(17) Voyez tome XVI , pag. 27.

(18) Voyez ci-dessus la note i3.

(19) Les articles dans lesquels les lacunes sont remplies sont ceux de Bouchik , Braukbom ( dans les additions et corrections qui sont à la suite de la lettre de Desmaizeaux a J^amotle , après Y Avertissement , tome I«r. ), Gcigkard , Lasiciüs, Mütics, Pacard , Parts (des) , Sanderos , J. Savonarole, Schüttihgiüs , Schutze , Stifelius ; sur vingt-cinq articles qui présentaient des lacunes , l'éditeur de 1730 en a donc complète douze; je fais ici sanart, à cause de la témérité que j'ai eue de dire dans la Bibliographie de la J^rrntce, i8aa, pag. 509 , qu’à cet égard j’avais pu faire « plus que tous mes de- » vanniers réunis ». Cela est faux, comme on le verra.

DE LA ONZIÈME ÉDITION

On a vu que les éditions de 1702 et 1720 n’avaient qu’une seule pagination pour tous leurs volumes. Le volume le plus gros de 1780 ne dépasse pas 916 pages ; et cependant dans la table, au mot Bodin , on renvoie à la page 1902*, au mot Cotin on renvoie à la page 1771. On a oublié dans ces deux endroits de changer les chiffres , chose très - désagréable pour le lecteur, mais très-pardonnable dans un travail aussi fastidieux, et dont je ne parlerais pas si ces deux fautes ne se trouvaient dans l'édition de 1740 , où elles sont inexcusables.

1734* Sixième édition.

Ce fut à Trévoux (alors principauté de Dombes) que se fît, pour le compte de libraires de Paris, une édition en cinq volumes in-folio. C’est une réimpression de 1780. Cette édition de 1784 est très-décriée: de ce qu’elle a été faite à Trévoux , où s’imprimait le Journal des Jésuites (20) , on a conclu que les révérends pères y avaient mis la main , et qu’ils avaient mutilé l’ouvrage*, cependant je n’y ai aperçu aucun retranchement. L’article David y est double et sans aucune suppression ^ c’est dans le corps de l’ouvrage qu’on a mis la première version } l’inverse avait été fait en 1702 et 1780. Les éditeurs de 1734 ont admis dans leur édition l’article Villars ajouté en 1715 (21).

Dans la table ils ont aperçu les deux fautes que j’ai signalées dans 1730, et ils ne les ont ni conservées ni corrigées *, ils ont ( qu’on me pardonne l’expression \ je viens de parler des jésuites), ils ont escobardé, et se sont permis de mettre des chiffres au nQmbre de trois , mais à tout hasard , et qui se trouvent de faux renvois.

Du reste les éditeurs de 1734 n’ont rempli aucune des lacunes qui existaient avant eux.

C’est à tort toutefois , ce me semble, que leur édition est tombée dans le discrédit. Imprimée en plus gros caractères que les autres, elle fatigue moins la vue : c’est déjà quelque chose. Mais un avantage très-grand de cette édition ce sont les remarques critiques (de l’abbé L.-J. Leclerc) sur divers articles , placées à la fin de chaque volume. Ces remarques sentent trop souvent la robe que portait leur auteur $ mais elles ne sont point à dédaigner , et suffisent , selon moi , pour

(ao) Ce journal, cite communément sous le titre de Journal de Trévoux 9 était intitulé : Mémoires pour servir a l'histoire des sciences et des beauxarts.

(ai) Voyez ci-dessus, page viij. • «

xvj DISCOURS PRÉLIMINAIRE

faire préférer cette édition de 1734 à toutes les autres du même format.

1738. Septième édition.

C'est à Bâle que parut cette édition en 4 volumes in-folio ; elle porte du moins le nom de cette ville et ne m’a fourni le sujet d’aucune remarque particulière.

1740* Huitième édition.

Cette édition faite à Rotterdam, en 4 volumes in-folio , est intitulée cinquième , parce qu’on n’a pas fait entrer en ligne de compte les éditions exécutées hors de la Hollande. Elle est très-vantée , et peut-être l’cst-elle trop ; car ce n’est

?[u’une copie de l’édition de ijio, sur laquelle elle a été âite le plus souvent jour par jour et sans aucun travail préparatoire ; c’est du moins ce que semble indiquer la répétition des mêmes fautes : ainsi dans l’édition de 1730 on trouvait aux pages 914 et 915 des remarques critiques sur divers articles qu’on avait oublié de mettre à leur place ; ces omissions sont, dans 174®, réparées de la même manière et au même endroit. Les deux fautes de la table dont j’ai parlé (22) y existent et sont très-graves. Les éditeurs n’ont consulté ni l’édition de 1715, ni celle de 1734.

Mais en jugeant sévèrement le travail de ces éditeurs, je dois ajouter qu’ils ont rempli quelques-unes des lacunes laissées en 1720 (23) ; je ne conjpte pas pour une faute la suppression totale qu’ils tirent de la remarque F de la vie de Bayle par Desmaizeaux , ils donnaient pour raison que la pièce contenue en cette remarque était écrite en flamand ( V. tome XVI, p. 761). Je crois les justifier en transcrivant ici cette remarque.

[ (F) Les états de Frise le nommèrent pour être professeur en philosophie dans V académie de Franeker. ] Voici les termes de leur résolution. •’ t *

Extract uit een regis ter der résolut ie van de Edele mogende heeren Gede put eerden staten van Friesland.

Doininus Baylius geeligeert lot professor philosophiæ tôt Franeker op een tractement van seven honderd ïvyfpig Caroli

» 1} \ 1 <ii» * * 1 t! ,1 ’i

(sa) Voyez ci -dessus , page xv. ui 11b? i

(a3) Les articles dans lesquels les lacunes ont été remplies en 1740 sont : Carbon, Chalvet, Haroenberü , J. JJoksïius, Rat 'Lohelli ; celle du l’article Loyer n’est remplie qu’eu partie.

DE LA ONZIÈME ÉDITION. xvij

Guldens buyten hondert wyfrig Caroli Guldens weyens imrauniteyt. Resolutie 29 maart 1684.

Accordeerl met hot voorrz register gemaakt en berustende onder my ondergeschreve.

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