DES ACCORDS
l'abondance leur en engendrera un » dégoût qui les occasionera de mct- » tre le nez aux bons livres, et lire » choses dont ils pourront retirer du » fruit ; car je suis ferme en cette » opinion, que la multitude et facilité » grande des livres que nous avons
^ ommirri ma a» a 1
• Aj>perceu que le* mot* gras
- N entrent vivement dans l’ame
• Pour suborner une dame ,
• Comme les mignards appas. »
Je me souviens ici d’une pensée de Sorel. Les poêles , dit-il ( ry) , qui composent des ouvrages sujets à la cen-
» aujourd huy abastardissent les es- sure de la justice , et que l’on brûle en * pnts de rechercher et lire curieuse- place de Grève , sont de grands sots, car » ment les bons livres , mesrae quand iis s’imaginent que cela est fort agréa- » ils s’estiment assurez d’avoir des re- hle à ceux qui aiment le plaisir des » cueils qui leur enseignent où gist le femmes , et cependant Con ne scauroit » lièvre , et où sont les via ides tou lire leur Cabinet Satyrique que l'on » tes maschées prestes à avaler. Quant n'ait envie de quitter le déduit pour » à la lasciveté , je ne puis penser long-temps , à cause que cela est si » qu’elle les puisse tant offenser que sale et si vilain , que cela fait de l'hor-
Y) IPS nrift nPPQ <i P Virmlp Jni ovo m m AC' r#»ur Paiip no rion «liooi rwitl».. Z I C a
~ ««"“Ci i ci u ici loui ce qui oun-u , en ce cas-ia i on me pour -
» est de plus beau et rare en l’anti- roit dire qu’il n’en faudrait donc pas « quité qu’on leur propose comme défendre la lecture , puisqu'elle fait » choses sérieuses et à imiter , devant hayr le vice : mais ceci n’est entendu » jes yeux ; au lieu que les lascivetez que par Us bons esprits , et l'on ne » icy rapportées représentent folastre- doit pas donner des pénitences qui » ment ce qui y est comme chose lé- puissent faire entrer en tentation. U » gère et de peu d’eflect. Du surplus, il n'y a que trop de personnes qui se plai- » n'y a rien que curieux , gentil et in- sent à vivre dans l’ordure.
» eenieux en ce livre . «i ne .’en A e- (D) On lui attribue un Dictionnaire
des Rimes françaises. ] La Croix du
» genieux en ce livre ,et ne s’en de- » vroit pas l'auteur cacher, sous om- » bre qu’il estime le subjcct si léger. » Cela veut dire que Des Accords se donnait cette licence , non pas pour favoriser les passions du coeur, mais pour amuser l’esprit , et pour n’ùter pas à ses vers le sel qui les pouvait rendre plus agréables et plus piqtians,
Maine l’avait fait auteur du livre intitulé, des Rythmes françaises (ai)- mais ’ se rétracta, et il reconnut (aa) qu’il illait l’attribuer à Jean le Févre, na-
fallait
tif de Dijon , secrétaire du cardinal de Givri , et chanoine de Langres.
Cette rétractation est juste; car Des
selon le goût oui régnait depuis plu- Accords reconnaît que cet ouvrage ne sieurs siècles, il n’ignorait pas la raaxi- lui appartient point. Voyons ce qu’il me que les saletés grossières sont moins dit en finissant son chapitre de la poédangercuses que les délicates (17); car sie française. Je réserve , dit-il (a3) , voici comme il la mit en œuvre pour d'en dire plus amplement mon opinion
sc disculper.
« Des Amadis (18).
- Qui voudra voir cesescrits,
- Le» lise auprès de va mie ,
- Car il» donneront envie
* A tous deua d’e»trc lascifs. «
n D'un lecteur d’ Amadis qui Lias - » mnit les Bigarrures.
» Toi , qui permets les lectures
- D'Amadis , et oe veux pas •• Qu’on li.e les Bigarrures ,
- Cautelcnsement tu a»
V ores mon Eclaircissement sur les Ob- Kroiltf , num. XII.
(18) De» Accord» , aux Touches imprimées arec les Bigarrures, à Paris, cher Maucroy , en 1661 , 10-ia , pag 83.
au recueil que je fais des arts poétiques français , oh Pelletier fort doctement et laborieusement , Ronsard divinement et fort à propos comme toute chose t et le Quinlil Censeur assez gentillement , selon son temps, ont desjà desf riche les espines avec quel-
(19) Sorel , Remarques sur le Berger extravagant ZiV. Kl, pag. 3^9 1 édition de Rouen , en 1646 , en a vol. in- 8.
(ao) Là même , pag. 379.
(ai) Bibliothèque Française , pag. 1 56.
(aa) Là même, pag. aaa : et notes qu'il dit que ce Dictionnaire des Rvthme» française» fut imprimé à Paris , chei Galiol du Pré, l'an lÿja.
(a3) Des Accords , Bigarrures , livre IV ' chapitre III , tout à lafn, page 494 de V édition déjà citée.