‹ Dictionnaire historique et critiqueChapitre 40 sur 134 · TOME r · texte numérisé non relu

TOME r

i3o ACCURSE.

que s autres ; desquels , avec mention de leur nom et rapport de leur propre texte , je m'aiderai en brie f pour faire une suite du Dictionnaire des Rimes françoises de nostre oncle monsieur le Fèvrc , que je ferai voir un de ces jours .

Ce qui me fait croire qu'il a tenu sa parole , est un passage que je trouve dans la préfacé du Dictionnaire des Mmes françaises, imprime l'an i5g6 , par les heritiers d’Eustachc Fignon , in-octavo. L'auteur débuté de celte façon. J’ai premièrement recueilli , ditil («4) * Par manière de passe-temps , ce Dictionnaire {à peu près tel quil est ) pour la quantité des mots , désireux de subvenir a la défectuosité de ma trompeuse mémoire. Depuis , m’estant venu en main celuy du seigneur Des Accords , enrichi de plusieurs annotations pour la rime , il m'a pris envie de revoir le mien et philosopher aussi un peu sur ce subject , ce qui n’a point esté sans profit.

(E) La seigneurie des Accords est un fief imaginaire qu'il ne fonda que sur la devise de ses aïeux . j Laissons-le parler lui-méme : « Et pour ce que , » dit-il (a5) , par le discours du chan- » gement de surnom (»6) , je blasme a ceux qui l'entreprennent , et qu'il » semble que pour m'estre appelé seid gneur des Accords , je me déclare » digne de la peine que je veux estre w donnée à aulruy : je veux bien que » tu saches que je n'ai point tant des- » daigné ces écrits qu'es Lettres a c- » crosticlu s (**7) des chapitres du pre- » mier livre je n'aye mis mon uom, » et au second tu eognoistras encor a l'an et le lieu où il fut fait. Mais a comme le sujet estoit de légère estolie, » je n’y mis pas mon nom , mais une a seigneurie prise sur ma devise, le a corps de laquelle est un tambour » (a 8), et pour l’esprit j’ai mis ces a mots : A tous Accords , selon que mes

(•>4) Préface de ce Dictionnaire de* Ritnri.

{*5) Préface du IV*. livre de » Bigarrure*.

(»6) C'est le II*, chapitre du le*, livre des Bigarrure».

(■*-) En effet , la première lettre du chapitre I est un E , celle du II*, une S , et ainsi de •cuite jusqu'à la pretnitre du chapitre XV t , qui est un T, etpar là toutes ensemble font E*Tti«m TaaocanT. D'autres avaient déjà fait une telle chose. V oje a M. Baillel dans ses Auteur* déguiaé» , pages 44* , 44G.

(*8) (f /lait donc une deriae parlant* , et une allusion manifesta à son nom Tabourot

a père, ayeul et bisay eul l'a voien t porte » de suite. Tu verras, au chapitre des a particulières remarques sur la poéa sie françoise , l’occasion pourquoy a ceste devise fut érigée en seigneu- » rie. a il est bon de voir ce qu’il m- . conte dans le chapitre où il nous renvoie. Il avait envoyé un sonnet à « une honneste et gracieuse damoia selle , fille de feu ce grand et docte » président de Bourgogne, M. Bégat , a lequel , dit- il (ag) , me faisoit cet » honneur de m'aymer.... Et pour ce, a continue-t-il , qu'au-dessous du sona net j’avois mis seulement ma devise, a A tous Accords , ce fut la première >» qui en sa réponse me baptisa du a nom du seigneur des Accords , coma me aussi son père m'appela ainsi a plusieurs fois : qui a esté cause qu'en a tous mes discours de ce temps-ià j’ay v choisy ce surnom , et même en ces a livres, a II se donna par anagramme le nom de Torvobaiius , comme l’assure M. Baillet (3o).

(«)) Bigarrure* , lie. IV , chap. III , pages

*(Ho) Auteur* déguisé* , papes 44». 607. [ Joly remarque que c'est une Joute de Baillet, qui a été relevée par de la Monnaie , et que jamais Tabourot ne publia nen sous le nom Je Torvobatius. Dans son chapitre des anagramnuiiismes , Tabaurot cite un officier long rois, nommé Jeaa Taruubat, qui anagrammatùa son nom. Toruo— bat est le mol Tabourot retourné; et ce Jean Tabourot était oncle d'E tienne. ]

ACCURSE ¥ , professeur en jurisprudence au treizième siècle , était Florentin. Il s’acquit un très-grand nom par les gloses qu’il composa sur le corps du droit.

On ait qu’il ne commença que sur le tard à étudier la jurisprudence , et qu’il avait bien quarante ans (A) lorsqu’il se mit à ouïr les leçons du fameux Azo. Il s’était appliqué avant ce temps- là à d autres études. Les progrès qu’il fit dans le droit civil furent si grands , qu’il devint un célèbre

Frofesseur en cette science. Il enseigna à Bologne , et puis

* Chavfcpié raconte qu'ayant perdu son nom et son surnom , il retint seulement celui rf*Accorso.

ÀCCÜBSE. t 3 i

s’enfonçant dans la retraite , il composa une glose continue sur tout le droit , laquelle parut si commode et si utile aux jeunes

gens, qu’on ne parla jplusdes gloses qui avaient précédé celle-là , et qui sans doute n’étaient point si bien disposées , ni si complètes.

Les contradictions que l’on remarque dans Accurse viennent , «elou quelques-uns , non pas de son inconstance ou d’un défaut de mémoire , mais de ce qu’en rapportant les diverses opinions de ceux qui l’avaient précédé , il ne faisait connaître les auteurs que par la première lettre de leur nom. Ou veut que cette lettre, étant disparue de divers endroits, ait été cause que les lecteurs aient pris pour son sentiment ce qu’il n’avait dit que comme témoin de la doctrine d’un autre. Son autorité était autrefois si grande (B) , que quelques-uns l’ont nommé l’idole des avocats (a).

La plupart des interprètes ont pris autant (b) ou plus ( c ) de soin d’expliquer sa glose que de commenter le texte même des lois. Quelques critiques, grands amateurs de la politesse du langage, ont horriblement crié contre la barbarie de cet auteur (C); mais on convient assez généralement que c’était un graud génie, et que ses défauts viennent du siècle oh il a vécu (D). Il vécut fort à son aise, ayant belle maison à la ville , belle maison à la campagne , et deux fils qui étu-

(*) Tiré de Paottrol. de Claris Lezum Interpr. lib. It , cap. XXIX , pag. s et

(b) Arlb, Duck de U*u et Autbor. Jurii Cire. Rom. lié. I. cap. V , apud Pope Dlooot. Cens, ctleb. Autor, pag ■ 286.

(c) Fom«fi Ilislor. Juri* Civil, lib. III % cap. XJJ,

diaient bien, comme on le verra bientôt. Il y a des gens qui lui donnent une fille lôrt savante

(E) , et installée à la profession du

droit civil. Il mourut l’an 122g

(F) , à l’âge de soixante-dix-huit ans. Son tombeau se voit à Bologne , dans l’église des Cordeliers , avec cette inscription trèscourte et très-simple : Sepulchrum Accursii , g los salons /e— gum , et Frnncisci ejus Jilii { d ).

Il disait qu’on n’avait que faire de la théologie pour connaître les choses divines (G), puisque les lois romaines nous en instruisaient assez. M. Moréri allègue très-mal le sieur Catel (H). François Hotman n’a pas eu raison de dire qu’Odofred enseigna Àzo et Accurse; car Odofred et Accurse furent tous deux disciples d’Azo, et puis professeurs en même temps à Bologne. Albéric Gentil a remarqué cette faute de François Hotman (e).

( d) Pantirol. de Cl. Le g. Interpr. lib. II , cap. XIX, pap. 146.

(e) Alheric. Gentil, in Dialog. de Juris Interprelibus y fol. 60.

(A) El qu’il avait bien quarante a ns. 2 D’autres disent qu’il n'en avait que vingt-huit. Jam quadragenaiïus , vel , ul alii scribunt , XX El II annos nains , jus civile ah Acnne audivit.

C’est ainsi que parle Panzirole dans la page 147 de la seconde édition , qui est celle de Venise, en i655 (1). M, Pope Blount , citant Panzirole et Konig, met trente-sept ans, et non vingthuit (2). La citation de Konig est bonne ; mais celle de Panzirole ne l’est pas, à moins que mon édition ne soit différente de la première, Forsterus aurait élé plus propre d être cité; car il rapporte qu'Accune devint disciple

fl) Puniiroi. de Cl»r. Lr*. Interpr. lib. Il , top. XXIX.

fa) Pupe Bloaot, Cens. Celebr. Autor. pag. a#6.

i3ü ACCURSE.

d’Azo à l’âge de trente-sept ans (3).

Voyez ci-dessous la remarque (F).

(B) Son autorité était autrefois si grande. ] Je ne saurais rien alléguer ici de plus à propos ni de plus divertissant qu’un passage cité par un des jurisconsultes modernes qui ont le moins estimé les glossateurs : Nnstis quanta sit auctoritas glossatoris. Nonne heri dixit Cyn. glossam timendam propler prcescriptam idololalriam per adi'ocatos , signifie a ns quod sicut antiqui adorabant idola pro dtis , ita advocati adorant glossatores pro évangélistes. Volo emm potius pro me elossalorcm quarn texlutn ; nam si allego tcxlum , die uni advocati diverses partis et etiam judices , crcdis tu quôd glossa non ita viderit ilium textum sicut tu , et non ita benè intellexerit sicut tu ? Ego recordor ( et sit illud pro novo ) quod , düm essem scholarisy eram salis acutus , et dum semel esse mus multi socii in unA collatione , ausus fui unum textum allegare contra sententiam doctoris mei : tantam audaciam habui. Dixit unus socius: Tu loqneris contra glossam quædicit sic, Et ego respondi : Etsi glossa dicit sic ego dico sic , ignarus auctoritatis glossatorum. Credcbam enim quod essent communes apostillée , quales sunt in libris grammaticœ , sicut super V irgilio et (Jvidio : sed tamen non ita est ; fuerunl enim glossatores maximœscientiœ viri et auctoritatis. Etsi al nul non esset quant glossarunt ordinalio , et de quibus potest dici id quod arbitrer de nullo dici posse , vulclicet quod totum corpus juris vider uni. Mugis ergo slandum est eis qui vider uni , quant nobis qui non vidimus (4). Uotman cite quelques autres passages du même auteur , qui confirment la même chose, et qui nous apprennent que, devant, les juges , la glose , mise en balance contre le sentiment de deux interprètes , l’emportait toujours. Si sententia glossatoris duobus doctoribus est contraria , profecto in judiciis prœvaleret sententia ipsius glossœ (5).

(C) Crié contre la barbarie de cet auteur. 3 Louis Vives est un de ceux-

li\ Forst. Histor. Juri» civil, lib. III , cap.

(4) Raphaël Fulgotiut in L. Si in Solutnm, C. de Action, et Oblig. apud Fr. H oitomanun» , Çrœf Gonailiorum.

(5) Idem , ibid. apud eundem.

là (6). Voyez aussi Bernartius dans son Traité du profit qu’apporte la lecture de l’histoire. Il s’est trouvé parmi les jurisconsultes du seizième siècle bien des auteurs qui ont censuré cette barbarie. Il semble que l’Alciat les ait mis en branle,.et qu'il ait commencé de donner du goût pour l’union des belles-lettres et du droit civil. Budée * , l’un des plus ardens censeurs d’Accurse , a contribué aussi à cela (7 J. On uepeut nier que l’ignorance des belles-lettres n’ait fait tomber les glossateurs dans plusieurs bévues. Albéric Gentil s’est fort déclaré leur partisan : il n’a pas voulu avouer qu’Accurse ait mis en usage la maxime,

f'rœcum est , non potest legi (8) , qui ni a été reprochée (9). îl croit que ces paroles ne se trouvent nulle part dans ce glossatcur, et il le fait plus habile dans la langue grecque qu’on ne le pense ordinairement. Quoi qu’il en soit, le proverbe grœcum est, non potest legi , passe pour avoir tiré son origine de la coutume des glossateurs.

On prétend que , lorsqu’ils tombaient sur un mot grec , ils cessaient d'interpréter, et en donnaient pour raison que c’était du grec qui ne pouvait être lu ; et après avoir ainsi sauté cette fosse , ils reprenaient l’explication du latin.

(D) Que c’était un grand génie , et que ses défauts viennent du siècle oit il a vécu. ] Je ne citerai que deux auteurs. liane signiJical\onem in animo habuit F. si ccursius , glossatorum veterunt coiyphœus , homo ingenii prorsits stupendi , qui in tantis disciplinnrum tenebris ipsam disciplinarum disciplina m accuratissimè intellexil , citm non jurisdictionem , sed jurisditioncm scnbcrulum censuit (10). Voilà ce que dit un Allemand : voyons ce qu’a dit

(6) Ludoe. Vive», de Cauni» corrupt. Artium, Ub. /, p. 5a, et lib. VII , pas- ac>6. Vide etiam Bra.ucanum inter Epitlol. F.obani He»*i.

* Jolr dit <fu il faut écrire et prononcer Rud£. C'est ce qu'a fait Bar U , à l'article de ce personnage■ Ce n'est donc qu une faute d'impression que relève Jolr.

(7) V ores Pajqtiier , Recherche de la France, lie. IX, chap . XXXI X , pag . 901 , qui donne le premier rang à Budée, et le second à Alciat.

(8) Alb. Genlili», de Juri* loterpret- fol. a<).

(9) Vide Sich. in Prrfat. ad Codicem Theodo*ianum ; et Alcialum , cap. XVI, lib. //, Diapnnd.

(10) Bartbii Animad. ad Clasdian. in Rufin, lib. II , vs. 85, pag. taoo, iaor.

ACCURSE. i33

un Français. Antiqui (interprètes ju- une observation qui m’a été communs ) inter quos Accursius et Bartolus niquée de bon lieu (17). a Volatcrran principal uni lenent , de sermone non » dit qu’ Accurse commença d’étudier valdè anjcii , rcrum quas tractant eu - » en droit à quarante ans, et qu’il ram sotam habuerunt : quas cum nos- » mourut l’an 1379, en la soixantesent, quantum in illd barbarie et ro~ » dix-huitième année de son âge (18) ; dicum depravatione noue poterant , » d’où il s’ensuivrait qu’il serait né expheare nisi incondilè et barbare ne- » l’an 1201. Cependant Accurse luiquiverunl , quod non tain eis quant se- » même nous apprend , sur l’Authenculn iili tribuendum , quo linguœ et » tique ut prarp. nom . imp. au mot inbntue litterœ pronùs jacebanl{ 11). No* » dictiones , qu’il écrivait actuelletcz que Cnrthius donne à Accurse le » ment en l’année iaao; et sur la loi prénom Francisons : il n’est pas le seul » pénultième au code de accusations qui le fasse (13). J avais suivi ces gens- » bus, qu’il écrivait en l’année *227 : lu dans la première édition j mais je » ce qu’il n’aurait pu faire si le calcul les abandonne dans celle-ci. » de \olaterran avait lieu; autrement.

(E) Une fille fort savante. ] Panzirole n’en parle que par un on dit. Filiam quoque habuisse dicitur, quœ jus civile Bolonïœ publiée dncuil ( 1 3). Dès qu'un fait de cette nature est douteux, il s’eu faut très-peu qu’il ne soit faux ; car de telles choses sont trop singulières pour demeurer dans l’incertitude quand elles sont véritables. Ainsi je n’ajoute pas beaucoup de foi à ce que ic viens de lire dans le Théâtre de Paul rréher, qu’ Accurse eut quelques filles qui , à cause de leur excellente érudition, furent employées à faire des leçons publiques à Bologne (»4)* Fréter agréera, s'il lui plaît, que je me défie de Jean Fraueoiohius , dont il cite un livre allemand.

(F) Il mourut Van 1329. ] Vous ne voyez rien de semblable dans le Théâtre de Paul Fréhcr , qui a été compilé avec tant de peine et pendant un si long temps. Vous y voyez , au contraire, qti’Accursc florissait l’an ia36, qu’il mourut l'an 1170% et qu*il fit les gloses sur les Authentiques l'an *336 (i5). 11 est cité lui-même pour ce dernier fait par Jean Fichard , dans la Vie des jurisconsultes (16).

Cette citation est fausse ; car voici

(11) Rolande» Marf-tio* , F.pi«l. XL, lib. J, pag. t-6, 177, edit. Lrips A. 1687.

(13) Arlb**Duck et Pope Blount le font aussi. Vn ret Pope Blount, C.en». cel. Aat. pag. 386.

>td) Panwrol. de Ck L«g. Interpi. lib. Il, cap. X XI X, pag. j4$.

(14) Paul. Frtbtr, Tlictlr. Yiror. Erudit. fag 784

* Joie critique ceUe date de 1379, ainsi que eetfe de «339 qu'on Ut dans le texte. Il ajout » que d'autres disent 13S9 ou 1360 , mais qu'il est pour 1345.

(15) Idem, ibid.

Ii6) Apud Frebe». ibid.

» Accurse aurait travaillé sur le droit » long-temps avant que d’y avoir étu- » die. Ces époques de *220 et de 1327 » excluent celle de 1336 , qui est fau- » tive , et qui ne peut être admise par » ceux qui mettent la mort d’Accursc » eu 1339. »

(G) Qu’on n’avait que faire de la théologie pour connaître les choses divines.'] Coriugius l’en a cemnré comme il fallait. Voici ses paroles : Ridi cula est Accursii glorialio in el. ad 1. 10 , sect. a. fl', de J. et J. , mhil opus esse theologiœ studio ad cognoscenda donna , ut quœ ex legum mmanarum hbris afl'atim queat peli (19).

(11) M. Moréri allègue très-mal le sieur Catel. ] Comparons le texte de ces deux auteurs l’un avec l’autre : il ne faut que cela pour connaître la bévue. Catel ayant dit que Montpellier est une des premières villes de France , en laquelle le droit romain a été lu publiquement , ajoute : « Car nous » trouvons que le grand et ancien ju- » risconsulte Placentin , qui viroit » avant le glossateur Accurse , a lu j> publiquement le droit dans la ville » de Montpellier, de laquelle il fait sou- » vent mention dans sa Somme, qu’il » composa ( selon qu’il en a escrit sur » les Insti tûtes ) , demeurant à Mont- » pelîier ; ainsi qu’ont remarqué ceux » qui ont escrit sa vie. 11 mourut dans » Montpellier le 13 février 1193 , et » est enterré dans le cimetière Saint-

(17) C'estpar M. de la Monnaie.

(18) VoUterr. lib. XXI, pag. 781. It remarque qu'Aceune commença cette élude sous t'empire de Frédéric //. Or cel empereur régna depuis l’an taia jusqu'à ia5o.

(19) Coaring. de C.ieili Prudenti», cap. III, apuà Pope Bloust Cens. cel. Aol. pag. a8ik

ACCU RS E.

» Barthélemi (ao) t. Or , -voici les paroles de Moréri : Le sieur Catel soutient qu’ A courte, mourut à Montpellier en 1 190. Ce qu’il ajoute a bon l>esoin de correction : D autres , dit-il , comme Fischard , et Trithèmê , le placent dans le siècle suivant ; même le dernier dit qu’il professait à Bologne en ia4° Mais peut -titre se sont- ils trompes , en confondant ce grand homme avec François Accurse son fils , qui avoit beaucoup de science et de mérite , et qui fui professeur en droit à Bologne, et conseiller de Richard , roi tV Angleterre. On a dû placer le père au XIUr. siècle , et on ne courait en cela précisément aucun risque de le confondre avec le bis : de sorte que le doute de M. Moréri est très-mai fondé.

11 n’y avait point en ce temps - là un roi d'Angleterre nommé Hicnard.

(m) C.alel, Mémoire* de I* Histoire do Lingue-

doc , pag. ag3.

ACCURSE (Cervot), fils du précédent, se hâta beaucoup plus que son père de se faire graduer; car il voulut être docteur en droit avant l’âge de dix-sept ans , et il vint à bout de sa demande, après qu’on eut long-temps discuté si les lois le permettaient (u). Il se mêla de faire des gloses , et les joignit avec celles de son père ; mais on n’en fit pas beaucoup de cas. Deterior interpres ineplas glossas et longe à vero distantes paternis addidit , quœ Cervotianœ vocatœ ut plurimum reji ciuntur {b).

(a) Pamir, de Cl. Leg. Intcrpr. lib. //, cap. XTX, pag. 149.

(b) Idem , ibidem.

ACCURSE ( François) * , frère aîné du précédent , fut si estimé par ceux de Bologne , que , lorsqu’ils eurent appris qu’il devait suivre le roi d’Angleterre en France poury enseigner le droit, ils lui défendirent de s’absenter,

• Joly est d'avis d’écrire, François , fils

tl*Acriirae.

et le menacèrent de lui confisquer tous ses biens , s’il sortait hors de leur ville. Il crut être plus fin qu’eux en vendant tous ses biens à un ami ; mais sa finesse fut nulle : on ne laissa pas de les confisquer. Cela le contraignit de revenir, et il en obtint la restitution. Il avait enseigné à Toulouse , et s’était trouvé un jour fort embarrassé en expli-

Îuant la matière des intérêts.

acques de Ravanne , l’un de* plus doctes jurisconsultes de son temps, se fourra parmi les auditeurs incognito y en faisant de l’écolier, et lui fit des objections qui demeurèrent sans bonne réponse. Quelques - uns ont dit qu’Accurse , à son retour à Bologne , y fut professeur en droit avec Bartole , et qu’ayant eu aved lui une dispute sur la leçon d’une loi , il fallut envoyer àPise pour y consulter l’ancien manuscrit des Pandectes. Mais quelle apparence qu’il ait vécu jusqu’au temps que Bartole était professeur (A) (a) ?

(à) Tiré de Pamirol. de Clar. Lcg. Interpr. lib. //, cap. XIX , pag. 1^8.

(A) Qu’il ait vécu jusqu’au temps que Bartole était professeur ? ] Bariole naquit l’an i3i3, et fut reçu doeteuren droit à l’Age de vingt et un ans, c’est-à-dire l’an i334 (*) : il faudrait donc qu’Accurse le fils eût vécu pour le moins six-vingts ans , s’il avait vu Bartole enseigner le droit ; car il avait été émancipé de son père (a).

Prenons qu’il n’eût que quinze ans lorsqu’il fut émancipé , et que l’année de son émancipation ait été la dernière de son père, c’est-à-dire l'an 1*29 ; nous ne laisserons point de trouver

Ïu’en i334 il aurait eu six-vingts ans.

a conjecture de Panzirole est assez bonne : c’est que l’ Accurse qui fut

(1) Pantin»!, dr Cl. Leg. Interpr. cap.IAtrII. (a) Idem , ibid- cap. XXIX.

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