ACCURSE
«olicgue de Bartolc était fils d’un Accdrse qui enseignait le droit à Reg-
E'o sa patrie , vers l’an 1*^3 , et qui t aussi à Padoue (3). Guillaume Duranti fait souvent mention de lui.
Donnons eneore ici une observation de M. de la Monnaie. « Antoine Au- » gust in parle en plusieurs endroits (4)
» de ses Entend aliones de cette disv pute de Bartole touchant la leçon » d’un certain mot du paragraphe » dernier de la loi si creditor au D . de » distract, pign. , et incline à croire 3) que ce fut plutôt avec Balde qu’avec n François fils d’Accurse * , que Bar- » tôle eut cette dispute. Alexandre, » d’imola , cité par le même Antoine *» Augustin , a aussi cru que c’est en- 3» tre Balde et Bartole que la contes- » tation était survenue. Mais Bartole » lui-même ayant positivement écrit » que c’était avec François fils d’Ac- * curse , l’expédient que Panzirole >» fournit parait le plus recevable : » et, comme on le vient de voir , c’ert aussi le parti qui m’a paru le plus probable.
{1) Idem y ibid. cap. XLIJ , pag. 160, 161. (4) Et surtout au lie. IV , chap. XVII.
* Jolr remarque que dans le texte de Bartole il r a seulement François Accarae, lequel , riant collègue de Bartole en i34o , ne saursùt être François fis tPJccurte , professeur avant 1270.
ACCURSE (Marie-Ange, en latin Mariancelus) est un des ori tiques qui ont vécu au seizième siècle. Il était d’Aquila (A) , dans le royaume de Naples. Sa grande passion était de chercher et de conférer les vieux manuscrits, afin de corriger les passages des anciens.
Les Diatribes, qu’il fit imprimer à Rome , in-folio , Tan 1 5î4 , sur Ausone , sur Solin et sur Ovide , montrèrent de qnoi il était caable en ce genre d’érudition.
I avait fort travaillé sur Clou dien (B); mais cet ouvrage n’a point été publié , encore que l’auteur eût fait savoir qu’il y avait corrigé environ sept cents passages sur les anciens manuscrits.
Barthius a témoigné du chagrin
de ce qu’un pareil ouvrage n’est point sorti de dessous la presse {a) , et de ce qu’on ne réimprimait point les autres (b). Il ne méprise point Accurse du coté de l’esprit , et il le trouve souvent judicieux. Ce critique faisait des vers en latin et en italien (C) ; il entendait et la musique et l’optique, et il voyagea au septentrion (D). Ceux qui nous apprennent cela pouvaient ajouter qu’il entendait parfaitement la langue française , l’espagnole et l’allemande ; qu’il ramassa un grand nombre d’antiques qui furent mises dans le Capitole , et qu’il passa trente-trois ans * à la cour de Charles-Quint, auquel il était fort agréable , et dont il reçut bien des faveurs (c). Il ne faut pas oublier que son édition de Marcellin est plus ample de cinq livres que les précédentes (d) (E). Cette édition est d’Augsbourg, en i533. Il prétend avoir corrigé cinq mille fautes dans cet historien (e). Il publia, en la meme année et dans la meme ville, les Lettres de Cassiodore , en douze livres, accompagnées du Traité de Vdme ; et c’est à lui que l’on doit la première édition
(a) Bartli. in Slalium , tom. Il , pag. 3gq ; tom. III , pag. 1602 ; in Claudian. pag. 82 b ;
Advcrsarior. lib. XX, cap. XI III.
{b) On Cafail à Végard cTAusonc dans F édition d'Amsterdam , en 1671 , mais non pas selon tonte T étendue du titre qui promet Notas intégras Accursii.
• Charles-Quint ayant abdiqué en i555, et Accurse étant encore à Borne en tôoij. Joly remarque qn’ Accurse ne peut avoir passé 33 ans à la cour de ce monarque. Ce serait tout au plits 3l , qu’il faut réduire de beaucoup , si A. M. Accurse est mort en i535, comme le croit Joly.
(c) Nicolo Toppi , Biblioth. Napolctana , pag . 206.
(d) Ilinr. Valosii Præf. in Ammian. Marcel).
(e) Toppi, Bibliulh. Napolet-, pag. 206.
i36 ACCURSE.
de cet auteur ( f ). Comme il y avait de son temps quelques écrivains latins qui aimaient à se servir des termes les plus surannés, il se moqua d’eux fort plaisamment dans un dialogue quil publia l’an 1 53 1 (F). Il y joignit un petit traité de Volusius Metianus , ancien jurisconsulte (g). Il a fait aussi un livre touchant l’invention de l’imprimerie (G). On l’accusa de plagiat au sujet de son Ausone ; caron débita qu’il s’était approprié le travail de Fabricio Yarano , évêque de Cainerin ; mais il s’en purgea avec serment, et protesta qu’il n’avait jamais lu de livre dont il eût tire quelque chose qui eût servi à ornerïe sien .
La forme de son serment est remarquable (II). On aurait vu sortir de dessous la presse plusieurs ouvrages de sa façon , si son fils Casimir , qui était homme de lettres (I) , avait vécu plus longtemps (h).
( f Lronardo Nicodemo , AddiYioni alla Bibliot. Napolet., pag 170.
(g) Il a pour titre y Distributio, item vocabula ac noise partium in rebu* pecuniarii*, pondéré, numéro, meusurâ.
(A) Toppi, Bibliolb. Napolet. , pag. 206.
(A) Il était tf A qui la. ] Outre le témoignage du Toppi , approuve par le silence de Leonard Nicodème , voici des vers qui confirment cette vérité. #
Vt volucrum regina snpervolal eethera , et alli Immotum lumen tout in orbe tenet;
Sic illd genilns Mariangelus urbe ....
Altle qutr à Jorid nobile nomen habet ,
Feltci ingtnio solers speculatur , etc.
Ils sont dans une pièce de Fraucois Arsillus(i), imprimée à la fin d'un recueil de vers , intitulé Coryciana , qui fut publié è Borne, l’an i5a4. Il y a dans ce recueil un protreplicon de notre Accursc ad Corycium (a), qui
(0 b. Nicodemo le nomme mal Anilius dan t tes Addition'» alla Bibliolb. Napolet. ,jnrg. 1 70.
(a) C'était un Allemand , nomme ’ (rorilt, u ee que f ni apprit de M. de la Monnaie.
contient 87 vers. La pièce d’Arsillus a pour titre, de Poëlis urbanis ad Pau * tum Jovium. Pierius Valerianus , contemporain d’Accurse , le surnomme Aquilanus , non-seulement dans son commentaire sur le XIIe. livre de l’Enéide ; mais aussi dans des vers latins (3) qu'il lui adresse. Comptons donc à coup sûr pour une faute ce que Barthius a dit de la patrie d’Accurse.
Il l’a fait naître à Amiterne (4)- K.onig , n'ayant point su que cela fût faux , l’a adopté tout du long. Ces paroles d’Accurse : JVec placuil reticere , ne quis ( quod Sallustius civit ait meus) , moaestiam in conscientiam duceret (5) , ont trompé Barthius. Or, voici pourquoi Accurse a traité Salluste de compatriote ; Salluste , dis-je , qui était natif d’Amiteme : c'est que la ville d’Aquila a profité de la ruine d’Amiterne, et lui a été substituée en quelque façon. Elle n’est qu’à cinq milles des masures d’Amiterne. Consultez M. Baudrand.
(B) Il avait fort travaillé sur Claudien. 3 Puisque les fatigues de son voyage d’Allemagne et de Pologne ne l’empêchèrent pas de corriger près de sept cents fautes dans ce poète , on
f>eut s’imaginer que pendant un meileur loisir il s’appliqua fortement au même travail. T ali s , dit-il (6) , non aies legitur in codtcibus ( Clandiani ) etiam novissimè récognitif. Qui tantum abest ut non etiam mine versibus sint claudi ac déformes , ut eos ex va* tustis exemplaribus , diim Germaniatn Sarmatiasque nuper peragramus , septingenlis ferè mendis inter equitandum eluerimus.
(C) Faisait des vers en latin et en italien. ] Voici ce qu’Accurse nous apprend sur ce sujet dans une fable intitulée Testudo , qu’il a jointe à ses Diatribes. Il y raconte les persécutions qu’il souffrait à Rome de la part de ses envieux , et comment ils lui faisaient un crime des choses les plus innocentes. IVovistis , dit - il en s’adressant à deux jeunes princes de la maison de Brandebourg , auxquels il
(3) Lib. IV Amoram , apnd Nicodem. Add.
•lia Biblioth. Napolet., pag. 170.
(4) Ipte Sallustii eivis , A mile minus nempè. Barth. tn Sial. tOm. Il y pag. 3çtçp
(5) Mariang. Acrnrs. in Tealitudinc.
(6) Accar*ii Diatr. in Au*onium. On a retranche ces paroles dans P édition d’Au»ouc de 1671.
ACCU
« dédié son livre, ipjt principes, quant mihi vcstitum propi ( ut aiunt ) militarem probro verlerinl , tiun fidibus scire musicen callere , philosopha indignum prœdicent , quantùmque invaserint , quod et opticen cum littera rum studiis , vernaculosque cum latinis numeris conjunxerim. II dit là qu’il travaillait à l’histoire delà maison de Brandebourg , sur les mémoires qu’on lui fournissait.
(D) Et il voyagea au septentrion. ] K ou s l’avons déjà entendu lui-méme , faisant savoir à ses lecteurs le çrand nombre de passages qu’il corrigeait sur les arçons delà selle, en traversant l’Allemagne et la Pologne. Ce qui suit nous apprendra qu’il remarquait jusqu'aux moindres choses , jusqu aux chansons avec quoi l’on endormait les enfans; mais il n’en tirait pas de fort bonnes conséquences. On le va voir : Pt upc r y dit-il (7), non in Pannonid sol um , atque adeo apud septemtrionales plerosque populos , verüm etiani ultra Sauromalas , non sine admiratione audivimus , ad suadendum nutricio more infantibus somnum , dici ii lu , li lu , tùm et la lu, la lu , et la la , la la. Quod nostrales Jerè nan na , nan na , et nin na , nin na , etiam mord quddam vocem suspendentes passim dicere consueverunt. Movit porro nos majori quddam admira tione , quod infantes ipsi et horriduli et sordiduli vixdiim fari incipientes mamman atque tatam latinè bal buliunl y ipsis quoque matribus non intcllecti. Ut viaeri possint et ha quoque voces natui aies ma gis quant arbitraria. Il a tort de s'imaginer que les mères n’entendissent pas ce que leurs petits enfans voulaient dire; c'étaient elles qui leur avaient appris ces mots.
(E) Son édition de Marcellin est plus ample de cinq livres que les précédentes. ] Le Toppi avait de mauvais mémoires sur cer fait. 11 n’a point dit ce
Î|u’il fallait dire , et il a dit ce qu'il ne allait pas avancer. Il n’a point dit qu’Accurse eftt joint cinq nouveaux livres à ceux quon avait déjà; il n’a parlé que du sixième. Or il est faux que le sixième ait été trouvé : il nous manque encore les treize premiers livres de cet historien. Léonard Nico-
dème a relevé là-dessus comme il fallait Nicolas Toppi (8>.
(F) Dans un dialogue qu’il publia l’an i53i. ] Comme tous ceux qui auront mon livre n’auront pas celui de Léonard Nicodèmc , copions amplement le titre de ce dialogue. Osco ,
olsco , JRomanoque éloquent id interlocutoribus , Dialagus ludis Romanis aclus. In quo ostenditur verbis publicd monetd signatis utendum esse , prisca verb nimis et exoleta tanqu'um scopulos esse fugienda. Si quid i toque y lectoroptinte,antiquitalcm amas, ut sanc debes , libellum hune ingenti quamvis pecuniâ à bibliopolâ te tibi redemisse non pœnitebit. JVam prœter quant quod vocibus partim Oscis, partira V olscis conscriptus est , latina quoque istueverba cxoletioranimi sque prisca quibusAborigincs,Picus,£vandrus, Carmentaque ipso loquebantur , ajj'atim collata sunt. Queeque om ni a apud Ennium , Pacuvium , Plautum, aliosve hujus nota priscos auctores abstrusiora leguntur. Itemque reccntiorum cacatas Apulei et Capellœ chartas , hujusmodive aliorum . Quœ ut certè sunt evitanda , ita tnmen ab eo qui docti ttomen ferai agnoscenda sunt , ut cùm aliquando in eas offénderit . de illorum sensu ei turpiter hæsitandum non sit ^9). Voici le jugement qu’André Schottus fait de ce livre : DcApu leinmetamorphoseosex LucioPatrensi , seu Luciano , scriptore audi , amabo , quœ in Dialogo olim ante hos ipsos oc ingin ta an nos à Mariangelo Accursio t homme , ut illis temporibus pererudito , qui que IVasonem , Ausoniumy ac Soltnum Diatribd illustrant ) oscè ac vols cè conscripto , ut sæculi degenerantis nimiitm à primâ eloquentid insaniam veluti acelo aspersa salira pcrstnngeret , audi, inquam , et risum confine , si potes , etc. ( »o).
Notez que ce livre de notre Accurse est in-8°. mais notez surtout ce qui m a été communiqué par M. de la Monnaie. « Le dialogue de Marie-Ange » Accurse contre ccs corrupteurs de » la langue latine peut avoir été im-
(8) Leonardo Nirodemo , Addition* alla Bibl>otn NapoIeL, pag. 170.
(9) Tire de Leonardo Nicodemo , Addition* alla Riblioth. Napolel , pag. 170.
(10) Andr. Sclioltua, lib. I . Quant. Tullianar., pag. 5q, apud Leon. Nirodmiura, Addition* alla Bibl. Napolelana , pag. 170.
(7) Diatrib. in Anton.
1 38 ACHÉE.
» prime l an i53i $ mais il fant croire » qu'il avait déjà paru quelques an* » nées auparavant , puisque Geoffroi » Tory le cite dans son Oi amp fleuri, ■» imprime par lui-mérae, in-j0. l’an iS'jg Semblablement , dit-il , mille » autres façons Je dire que Hieronyme » Avance , natif de U trône , allègue » au commencement de ses Annotait lions au il a très-diligcntemenl faites » sur les œuvres du p<>ëte ancien i» nomme ÏMcretius , que je laisse aux » curieux et amateurs d’antiquité , et » de laquelle chose on peut amplement » voir et lire en un dialogue intitule 51 Osci et F olsci Dialogue lu dis Hast munis actus. Cette pièce est désignée » par Paul Jove dans l’éloge de Bapt» tiste Pio , quelle attaquait princi- * paiement. Le titre du dialogue est » assez particulier, et bien honnétej> ment long : mais j’ai peine à en conj» struire les premiers mots : Osco, » f ois co , Romanoque eloquentid init terloculonbus. 11 faudrait , ce me a semble , et eloquentid , etc. u (G) Un livre touchant i invention Je F imprimerie. ] Je ne me vante point de l’avoir vu : * j’avance cela sur la foi du Toppi (u) ; mais voici un fait dont je suis bien assuré. On a cru que notre Accurse avait écrit de sa main au premier feuillet d’une grammaire de Donat imprimée sur papier vè lin , que ce Donat , avec un autre livre intitulé Confessionaba , étaient les pie tniers livres imprimes , et que Jean Faust , Bourgeois de Mayence , inventeur de l'ait , les avait mis sous fa presse l année i4$o lia). M. Chevillier observe que cet Accurse vivait eu l’an i5oo (i3) ; et néanmoins i! met quelque différence entre son témoignage et celui qui fut rendu par Ulric Zel , libraire de Cologne, l’an- 1499 • üy met, dis-je, quelque différence à l’égard du temps. Il y avait , dit-il , un plus long temps que le Donat était imprimé , lorsqu’ Accurse écrivait cela , que lors-
* L* lier» dont part e le Toppi n'existe pat , pinu que le remarque Joly. Le Toppi a métamorphosé en livre la note sur le Donat.
(n) Toppi , Bibliolb. pïapolrf., pag. îo6. (ta) Chevillier , Origine de l'Imprimerie de Parte, pag. ai. Jl cite le livre de Bibliothcci V « Ucaoa , composé par Ange Roccba , et impriîrL'4* °me *an I%1, ^otltottuo»» dans son Theetre HoUaudei», pag. i38, cite fort au long Ct pa.,age d'Ange Roccba.
(t3) Chevillier , Origine de l'Imprim. de Pari» , pag. ai et a8t.
que Zel en parlait («4)- Chacun comprend qu’une année de plus ou de moins est ici sans conséquence. De plus, doit-on dire qu’un nomme qui a passé trente-trois années à la cour de Charles-Quint, vivait l’an i5oo? **
(H) Im forme de son serment est remarquable. ] La voici : Quod dii hominesque , fat , fidesque audiat , sacra menti re/igione , ac si quid est jusjurando lanctius , affirme , idque rite pariter ac sine dolo malo dici , cœtensque accipi volo , me nec ullius unquàm scripta perlegisse me ne conspexisse quidem , undè vel tantiUùm tucubrationes nnstrœ redimiri juvari que dalum fueiit. Quin immo labordsse , quoad ejus péri lieuerit , ut si quippiam al tenus , post observationem quoque meam , edilum occurrerit , è nostris protinùs abo lever imus. Quod si pejerem , tüm pontifex perjurio , malus aulem genius Diatribis cnntin gat , usque adeo ut , si qua bona aut s a Item mediocria in ipsis fuerint , imper ilorum turbee pessima , bonis leviuscuta tricisque viliora censeantur , James si qua manent munera , vento evolenl , prnquc vulqi levitate Jerantur (i5).
Combien de réflexions pourrait- on faire sur ce serment !
(I) Son fils Casimir ** était
homme de lettres. ] C’est apparemment celui que le docte et le fameux pafron des doctes , Vincent Pinelli , eut pendant quelque temps dans sa maison ; car , encore que le Gualdo donne le nom de François au filsd’Aocurse , il a peur de se méprendre eu le lui donnant. Voici comme il parle.
Prœter hos domi habuit Benedictum Octavianum , res philosophicas theologicasque doctum... Mariangcli Accursii filtum Fraticiscum , ni fnllar , insigne m moribus et doclrind (16).
i4) T, à meme , pag. *8$.
1 Jol#, sur l* poids <lt< témoignages de Zel et Accurse, dit que le pins rapproche des temps où les faits ont eu lieu a le plus de poids ; que Zel est anléi ieur à Accurse , et conclut que le raisonnement de Chevillier a été à tort attaqué par Parle.
(15) Mining. Arcuriiu» ia Tetludine ad catcem Diairib.
** Ce Csuimir était, suivant Joly, non le fils , mais le petit-fils d' Accurse.
(16) Goaldu» , in vilâ Vioc. Pinelli.
ACHÉE , en latin Achæus , cousin germain de Séleucus Ce-
ACHÉE. i3<>
raunus et d’Antiochiis-îe-Grand péra , eu que cette expédition fe- (A) , rois de Syrie, devint un rait périr Ànlîochus, ou qu’elle puissant monarque , et posséda serait si longue , qu’il aurait le long-temps les états dont il s’é- temps de s’emparer de la Syrie tait emparé; mais enfin ses usur- avant le retour de ce monarque, pations furent punies d’une ter- Il compta aussi beaucoup sur la rible manière. Il rendit d’abord rébellion de quelques provinces de très— grands services , et avec qui venaient de se soulever. Il une admirable fidélité, à ses sou* partit donc de Lydie avec une verains; car , ayant accompagné grande* armée, et pendant sa Séleucus Céraunus dans l’expedi- marche il écrivit aux sujets d’Àntion contre Attalus, il fit mourir tiochus ; mais, quand il fut proies deux capitaines qui avaient che de Lycaonie, il s’aperçut que dté la vie à ce Séleucus , et il re- sessoldatsne voulaient point porgogna toutes les provinces qu’Al* ter les armes contre leur ancien talus avait conquises , et refusa roi. Celafitqu’ii leur déclara qu’il le titre de roi que les suffrages se désistait de son entreprise. Il des troupes et la faveur des cir- rebroussa chemin, et ayant pillé constances lui mettaient en main 1® Pisidie, il leur distribua un (a). Il résista généreusement à butin si considérable, qu’il regaces tentations , et ne voulut vain- gna entièrement leur amitié ( d ). cre que pour le successeur légi- Inférons de là en passant que tinte du monarque dont il avait ceux qui disent qu’il se déclara vengé la mort, c’est-à-dire pour roi de Syrie parlent sans exac- Ào tiochus, frère puîné deSéleu- titude. An tiochus, ayant finiglocus. Mais la bonne fortune l’a- rieusement la guerre qu’il avait veugla ; car, dès qu’il vit que ses faite à Artabazane, envoya des victoires l’avaient rendu maître ambassadeurs à Àcliée pour se de tous les états d’Attalus, si vous plaindre de ce qu’il prenait le tien exceptez la seule ville de Per- tre de roi , et favorisait ouvertegarne, il se fit appeler roi. Il sou- ment les Égyptiens (e). Ce retint cette usurpation avec beau- proche ne fut pas entièrement coup de prudence et de courage , sans effet ; car nous trouvons et il n’y eut au-deçà du Tau- qu’Antiochus fit une trêve avec rus aucun prince qui se fit crain- leur prince ( f ) , parce qu’il sadre autant que lui (b). Les grau- vait qu’Achée , son allié en appa- 4e* et belles provinces qu’il pos— rence, était réellement dans leurs sédaitau— deçà de cette montagne intérêts. Cela montre que l’usur- ®e saffirent pas à son ambition ; pateur eut quelques égards pour iJ songea aussi à la conquête de les plaintes d’Àntiochus, et qu’il la Syrie, quand il eut appris ht semblant de se joindre à lui
fgu’Antiochus était allé faire la guerre à Artabazane (e), 11 es-
(a) Ce /ut ms rs la fin de la l3g*. olympiade, et l'an d* Home 533. Calvuii Oltt o tool , pag 278.
(S) Tiré de Polybc, lio. IV. ch. XIII , p. 3u.
ip) Prince dont les états étaient situés pr<>-
contre Ptolomée , roi d’Égypte.
Celui-ci tâcha vainement de le
che de la mer Caspienne. Tores Polybe , lia. P. chap. XIII . pag. l\ 08.
1 d't Poljrhii Hislor. lia V, cap. XIII. l\ 10 (e) Idem , ilnd , pag. /joy.
‘/)/dem, iOid. cap. AP, pag.
ACHÉE.
faire comprendre au traité de paix ; Antiochus en rejeta tou— ]ours la proposition , et ne pouvait souffrir que le roi d’Égypte osât lui parler pour des rebelles (g-) ; et, dès qu’il eut les mains libres, il s’appliqua fortement à recouvrer les états qu’Achée avait usurpés : il en vint à bout ; il le confina dans Sardes , il iy assiégea , il prit la ville après un long siège (h) , et il se trouva des traîtres dont l’intrigue fit donner Acbée dans le panneau. Ils rengagèrent à sortir de la citadelle ae Sardes , et ils le livrèrent à Antiochus, qui le fit punir du dernier supplice , cruellement et ignominieusement : il lui fit couper les extrémités des membres, et puis la tête, qui fut cousue dans une peau d’âne , et il fit attacher le reste du corps sur une croix («*). Ceci se passa l’an 54 o de Rome. Ce fut un exemple propre à servir en deux façons (B). Je ne marque point les fautes de M.
Moreri :on lesconnaîtra aisément par la seule comparaison de son narré avec le mien ; mais pour les fautes de François Patrice, je les marquerai nettement (C).
(g) Idem , ibid. pag. 4*8
(A) Idem , ibid . lib. fil, cap. III.
. (i) Idem , ibid. lib. VIII y cap. V et VI,
(A) Cousin germain de. Seleucus Céruunus , et d’ Antiochus-lc-Grand. ] Il était ûls d’Andromuque , qui était frère de Laodice , femme de oéleucus Callinirus , et mère de ces deux princes (i). Observons qu’il fut bon fils : car , ayant su qu’Andromaque était en prison dans Alexandrie , il n’oublia rien pour le tirer de cette captivité. Les Rhodien* , ayant connu làdessus ses dispositions , envoyèrent des ambassadeurs au roi Ptolomée
(i) PoJvbii HUlnr. lib. IV . cap. XIII, pag- 3*4 ; *t lib. VIII , cap. VIt pag. 53».
Sour lui demander Andromaqne. Leur essein était d’en faire un présent à Achée , afin de l’engager à ne pas tenir aux Byzantins Ja promesse qu’il leur avait faite de les secourir. Il y avait, alors une forte guerre entre le* Rhodieus et les Byzantins. Le roi d’Egypte fit quelque difficulté de se dessaisir d'Andromaque : il savait qu’un prisonnier tel que celui-là lui pourrait être de quelque utilité en temps et lieu ; car il était encore brouille avec le roi de Syrie , et il n'ignorait pas la grande puissance d’Ac.hée. Mais, pour faire plaisir à ceux de Khodes , il voulut bien enfin leur remettre ce prisonnier ; afin que, s’ils le jugeaient à propos , ils l'envoyassent à son fils.
C’est ce qu’ils firent; et par ce moyen , et par quelques autres , ils se procurèrent l’amitié d’ Acbée , et ôtèrent au Byzantin le principal fondement de ses espérances ( a). Notez qu’ Achée fut marié à Laodice, fille du roi Mithridate (3) , laquelle avait été très-bien élevée par Loebasis , bourgeois de Sclge , ville de Pisidie (4). Cette dame soutint le siège de Sardes avec son mari . et se vit contrainte de se rendre après qu’il eut été mis à mort (5).
(B) Ce fut un exemple propre h ser-
vir en deux façons, j Car ce fut un avertissement de se tenir dans la défiance , et de ne point abuser des faveurs de la fortune. Copions les paroles de Polybe , l’auteur de cette moralité. KatTct /vo sùx
ùjrbJuyjutt y yybptyoç Toîç tTQphw *«tô’ bet /Lits , 'rfo ( to prnfïy) mç’tùuy ictfuaç’ xetH' Irtpoy Jï , -rp'o c ro pn utyct\crj%uv •f.Tat*ç tùirp&ylAKf Triy /I irporfonÂ* «tr- 6peérrov( ovTetç (6). Etemplum posteris duobus modis utile : primüm , ut nemini temerè esse credendum discamus:
deindè , rebus lœtis , ut spiritus ne attollarnus , sed. ut homines , humani nihil à nobis alienum putemus.
(C) Pour les fautes de François Patrice f je les marquerai nettement. ] Il
E rétend que les sujets d Achce , accalés d’impôts , se soulevèrent et le massacrèrent avec toute sa famille , et jetèrent sou cadavre dans le Pactole
(а) Polyb. lib. IV. cap. XIII.
(3» Idem , lib. VIII , cap. VI . pag. 53i. (4) Idem, lib. XV, cap. XVII , pag. 4»5. (.v Idem , Ub. VIII . cap. VI . pag. 53a.
(б) Idem , Ub. VIII , pag. 5a8 , cdit. C«- ••ubooi.
ACHÉMÈNES.
pour lui faire boire des eaux dorces.
Ac/ueus , Lydiœ Mœoniœque rex , gentilitio avaritiœ crimine ardcbal ; is siquidem crebra ac qravia populis tributa sernper imperabat , in quibus exigerais s ce vus, improbus , atque incxorabilis erat : verixnt cüm tantam injuriant diutiüs pnpuli Jerre acquirent , nncturnd tesserd inter se data , subito hominum concursu ilium cum omni familid trucidaverunt , et rcgia incensd ejus cadavtr unco tractum in Paotolum Jlumen demerserunt , ut aurtjeras aquus scmper potnret (7). Remarquez d'abord qu’il se trompe en prétendant que notre Achce e'tai t Lydien , issu des anciens rois dn pays , et héritier de leur avarice. 11 songeait et aux richesses de Crésus et aux demandes de Midas (8) : il eût mieux valu se souvenir qu’Achée était Syrien. Mais cette faute est petite en comparaison du reste ; car tontes les circonstances de ce narré sont des mensonges. M. de Boissieu se persuade que les mauvais interprètes de ces paroles d’Ovide,
•Morte vel intereas eapti suspensus Acheei , Qui muer auriferd teste pependil aqud (9),
ont trompé cet écrivain. Il observe avec raison qu'elles signifient qu’on pendit le corps d’Achée proche du Pactole (10). 11 ajoute que Zarottus est le premier qui ait entrevu la pensée du poète , et que Léopardus l’a connue pleinement: et qu’ainsi Lipse n’a pas dû se glorifier de la première découverte du vrai sens de ce passage.
Hanc essepoëtœ nos tri mentent primus uidit Zamttus , sed quasi per nebulam ; et omnino Puulus Léopardus Ernendat. lib. / , cap. ao , ideo non erat , qw'j Justus Lipsius , lib. 1. de Cruce , cap. 4 , priricipem sibi hujus loci explanalioncm tribueret. Paleat autem Alcutlu» cum sud ilfd explicatiene , quant hbro IX , capitc a4 » Parergon Juris inseruit (1 1). Quoi qu’il eu «oit, François Patrice place très-mal ses exemples. Achée ne fut point puni pour son avarice , mais pour son am-
(7) Franrinco» Patricia* , de Régi» limitation?, Itb. /F, lit. IX , p«R.
(8) Ovidii Mrbm. lib. XI , et. xo3.
49) Chridia», in ibia , es. 3oi.
(»o) Oionj*. SaWagniÿ Roewii Note in libellant Ovidii in Ibia , pag. 63.
4* t) Idem, ibid.
bition. Aqtiilius , qu’on lui associe (ia) à cause que Mithridate lui fit verser de l’or fondu dans la bouche , n'a rien de commun avec la vengeance qu’Antiochus employa.
(ia) Patricia» , de Reg. Ia*tit. lib. IF, Ut. IX, pag. 743.
ACHÉMÊNES a été le père de Cambyses, et le grand-père de Cyrus, premier roi de Perse, si nous en croyons Hérodote (a).
Il y a d’ autres passages où cet auteur semble parler d’un Achémènes beaucoup plus ancien que celui-là; car il dit que la nation persane était divisée en plusieurs espèces dont la plus illustre était composée des Pasargades, sous lesquels étaient compris les Achéménides , dont les rois de Perse descendaient (b). Il introduit ailleurs (c) Cambyses , fils de Cyrus , exhortant au lit de la mort les principaux seigneurs de Perse, et surtout les Achéménides , à ne point souffrir que les Mèdes recouvrissent la royauté. Cela semble donner l’idee d’un Achémènes , tige de ces Achéménides , beaucoup plus ancien que l’aïeul de Cyrus. Étienne de Byzance fait mention d’un Achemines , fils d’Égée , qu’il prétend avoir donné son nom à une province de Perse nommée Achéménie.
D’autres disent que cet Achémènes fut fils de Persée (d) ; d’autres infèrent cela de ce que les rois de Perse étaient descendus de Persée (A). Presque tous les commentateurs d’Horace veulent ue l’Achémènes dont il parle ans l’ode 12*. du IIe. livre com-
(a) Herodot. lib. VII % cap. XI.
{b) Idem . lib. /, cap. CXXV.
(c) Idem , lib. III , cap. LXV.
(rf; Niculaüs, lib. II , Hutor. apud Ety mol. luagni Autorem .
,42 ACHÉMÈNES.
me d’an homme trcs-opulent , nom de JW» ; une outre qu’il ait eteun roi de Perse (B) mais, ü ^ ^ AchëJnide* AiUeuw(4), si cela est, il faut qil il ait régné jj dit bien que les Perses acquirent le avant que les Mèdes eussent sub- nom de Perses depuis que Persée, (ils
iufiué les Perses; car, depuis que de Jupiter et de Danac, leur eut laissé
J ‘-î . i* . j » »'»n Perses ou il asaiteu d Andro-
ceux-ci eurent fonde cette gran- mède . m1is ü
ne dit pas , comme le
de monarchie , que 1 on compte 8Upp08e M. Clievreau , que les rois de pour la seconde universelle , on -» «-etrartmi. <U
ne leur voit aucun roi de ce nom-là. Cy rus passe constamment pour leur premier roi ; et ceux qui veulent qu’il y en ait eu deux avant lui les distinguent fort net-
tement et de son père Gambyses et de son aïeul Achémènes
Perse tirassent leur extraction do Persee. Le raisonnement de M. Chevreau va là , que Cyrus n’était point inférieur en naissance aux rois de Médic ni aux rois de Perse , puisque ceux-ci descendaient d’Achéracn aussi bien que Cyrus : il prouve qu’ils en descendaient , parce que les Persidea en descendaient. Outre les fausseté»
^ que j’ai déjà relevées, il suppose celle-
(e). Quoi qu’il en soit , l’épithète ci , que le premier qui porta le nom
à* Achémemens est souvent don- d'Achémen. était anterieur a ^ersée,
, r» il • (ils de Jupiter. RI. Dacier avait fort
née aux Perses dans les anciens : - u 1 ...... . .
Soëtes latins, et encore aujour- ’hui la Perse se nomme Azcmia (/), et les Perses A gémis {g).
(«) Marsham. Chron. Can. pag. tk>5, édiL Lips.
(f) Biaari, HUt.Per*. lib. I, pag. 5.
(g) Teittra in Itiner. ladiœ , cap. VI , apud Pinedo in Steph. By«. pag. i<p.
bien retenu ce qu’il cite de mémoire de cet endroit de M. Chevreau (5).
(B) Ait. été un roi de Perse. ] M. Moréri dit bonnement qu’Aehémènes a été le premier roi des Perses , et que de lui sont descendus tous les vrinces qui ont xowerné cette monarchie jus -
Sues à Darius. Mais d’abord je vourais bien lai demander pourquoi t quand il parle de Cyrus , il lui attri- (A) De ce que les rois de Perse bue la première fondation de la mo* étaient descendus de Persee. ] M. Chc- narchie des Perses ; et pourquoi , en vreau attribue à Hérodote d’avoir dit donnant la liste des rois de Perse , il que les Persides , c’est-à-dire ceux de ne met point Achémènes au-dessas la maison de Pcrsis, ou Persee , étaient de Cyrus , mais celui-ci au-dessus de sortis des Aehéraénidcs alliés des Pa- tous les autres. Il ne faut point se sargades (i). 11 assure dans la même mêler de se tromper , ou il faut le page que, selon le témoignage d’Hero- faire conséquemment. Puis je voudotCy Us rois de Perse venaient de Per- drais bien qu’il me dit de quel Darius sée ou Persis, et que tes Persides étaient il parle ; car il y a eu deux ou trois descendus des Achéménides , c’est- rois de ce nom en Perse. Parlc-t-il de à-dire du premier t/ui eut le nom d’ A- celui qui fut vaincu par Alexandre-lechæmon dans cette famille. Tout cela Grand? Mais, en ce cas , il ferait est fort brouillé. Hérodote ne dit point trop le décisif ; les anciens ne demeueu général que les Persides fussent sor- rent pas d’accord que ce Darius fût Hs des Achéménides : il ne dit cela de la famille royale. S’il parle de Daque des rois de Perse (s) ; c’est à-dire , rius fils d’Hystaspes , il s’exprime mal : de Cyrus , et de ceux qui ont régné ce terme de tous les princes n’est pas après lui (3). Il distingue les Perses en à propos , quand de plus de douze on plusieurs classes, parmi lesquelles il ne veut parler que de deux. Je ne sai» y en a une qu’il qualifie en particulier pourquoi M. Dacier borne l'épithète
d’ Acnémt:nidcs au temps de Darius
(i) Chevreau , But iîm «(nul* , La. I, chap. fripas. 95. ÿi , édition de Ilullande, en 1G87. (3) Berwlot. Itb. 1 , cap. CXXr.
(B) ritfvéèi yéctsiXiK,... Kfcaip.l'twi •*-
■ <yovo». Per. arum repet.... ah Achmmeneg dm erre. PI»to *• AMburf. pag. 44° * *•
enm
fils d’Hystaspes , quand il dit que les descendons d’ Achémènes ^roi de Perse ,
(4) H rrodol. lib. Vit , cap. T.X1.
(5J Dacier mr Horace, tom. Il , pag. u43.
ACHERI.
portèrent son nom jusqu'à ce Darius (6). Je ne doute point qu'ils ne l’aient porté encore après lui ; car * outre
Xerxès son fils rapporte son extraction en ligne directe à Achemines (nj , nous voyons en ce même temps un Tigrancs , général des Modes* qua?
lifié Ac héntén û/e ( 8) : et nous trouvons on Achéiuènes , dont je parle ci- dessous , qui était frère de Xeriès. Je ne dis rien de Sapor , appelé Achtmènés dans Arannen Marcellin ; c’est un passage corrompu (a). M. Chevreau , étonné sans doute Je voir cinq générations entre ce Xerxès et Cyru% croit que ce prince compte d’un côté ses ancêtres paternels, et de l’autre ses ancêtres maternels ; en sorte qu’il ne se fasse sortir d’Achémènes que du côté maternel : mais c’est ce qu’on ne trouve pas dans Hérodote ; à moins qu’on ne change le texte grec , selon la conjecture fort vraisemblable de tt^de Saumaisc (m).
(G) D»cier *ur TTorace , tom. II , pag. a43*
<-} Herodot. lit- 1*11, cap. XI.
(k) Ibidem, cap. LXII.
(Uj y„ret M. He V*loi* in Am». Marcell. lib. XIX , cap. If, f>ae. %u>.
(io. Salma». Exerçit. Pkinian., pag. n83.
ACHÉMÈNES , fils de Darius premier du nom , roi de Perse , et frère de Xerxès de père et de mère (a ) , eut le commandement de l’Égypte après que Xerxès l’eut remise sous le joug de l’obéissance qu’elle avait osé secouer (&)t Quelque temps après , il commanda la flotte d’Égypte dans la fameuse et funeste expédition contre la Grèce (c). On ne trouve point quels autres emplois il eut pendant la vie du roi son frère; mais on voit que , l’Égypte s’étant encore révoltée après la mort de ce monarque , on y envoya Aeliéinèues pour la remettre dans son devoir (d).
Cette entreprise fut malheureuse,
<*) Herod. Hisi. lib, VII , cap. XCVII.
fê) I b vient , cap. VU.
{c, Ibidem r cap. XCVII.
{d- Ib.dem lib. III , cap XII Diüd. Sic ut. Lb. Xt.
car il fut battu par Inarus, chef des rebelles , assistés des Athéniens. ’
ACHERI ( Luc n’ ) , bénédictin de la congrégation de Saint- Maur, naquit à Saint-Quentin , en Picardie , Pan 1609. Il s’est rendu célèbre par la publication de plusieurs livres qui n’étaient encore qu’en manuscrit dans Pobscurfté des bibliothèques. Il commença en i6{5 par l’édition de l’épitre attribuée à saint Barnabe.
Le père' Hugues Ménard , religieux de la même congrégation , avait eu dessein de publier cette * épître, et Pavait déjà éclaircie par diverses notes ; mais , la mort Payant empêché d’exécuter sa résolution , ce fut le P. Luc d’Acheri qui l’exécuta. On vit donc sortir de dessous la presse, par ses soins , V épître de saint Barnabé , en grec et en latin , avec les notes du P. Ménard, eu Pannée 1645. Au bout de trois ans, dom Luc publia la vie et les OE livres de Lanfranc , archevêque de Cantorbéiy , et la Chronique de V Abbaye du Bec. En i65i , il publia la Vie et les Ouvrages de Guibert , abbé de Nogent , avec quelques autres Traités.
Ayant ensuite ramassé plusieurs pièces rares et curieüses , et espérant d’en recouvrer un grand nombre de semblables , il forma le dessein d’en publier la plus ample compilation qu’il pourrait, sous le titre modeste de Spicilége. Il fit voir le jour à . son premier tome Pan i655. Ce volume a été suivi de douze autres, dont le dernier fut imprimé en l’année 1677 («). Ce recueil ,
* («) Vojyez dans If Journal des Savant , da
144 ACniLLE.
en treize volumes in-4°. » est fort estimé de ceux qui cherchent à éclaircir dans un grand détail les matières ecclésiastiques ; mais on n’y trouve guère de traités qui n’aient été composés depuis la décadence de l’empire romain en Occident. Le même auteur a publié la Réglé des Solitaires , composée par le prêtre Grimlaïc, et quelques ouvrages ascétiques (A). Ses préfaces et ses petites notes font voir qu’il avait ae l’habileté. Il a eu part * au travail critique qui paraît dans les premiers volumes des Actes des saints de V ordre de. saint Rendit , et c’est à lui et au P. Mabillon que le titre de ces actes attribue le travail de les avoir assemblés et publiés. Luc d’Acheri mourut à Paris le 29 avril i685, dans l’abbaye de Saint-Germain-des- Prés , ou il avait été bibliothécaire (b).
7Üb de février 1678 , pourquoi ce Spicilégc n’a pas été continué.
* Joly reproche, à Bayle de faire la part du P. d’Acheri trop petite.
(b) Voyez le Journal des Savans du 26 de novembre i685; et M. Baillet, tom. III des Jugem. dos Savans, pag. 5i8.
(A) Et quelques ouvrages ascétiques. ] 11 ne mit pas son nom au recueil qu’il en publia , *f et dont je m’en vais donner le titre , tel que je le trouve dans la Bibliotheca Biblioihecarum du P. Labbe. Asceticorum , vulgb spiritualium , Opusculorum ,
Îuœ inter Palrum Opéra reperiuntur , ruliculus Christiarue pietatis euftoribus ab Ascetd Benedictino Congregatinnis sanrti Mauri digestus. Paris iis, ûi-4» , 1648. M. Teissier , dans ses additions à cet ouvrage du P. Labbe , dit que Luc d’Acberi publia la Vie de saint Augustin , ** à Paris , en la même année.
*■ Le litre mfme de ü ouvrage , dit Joly , prouve que ee n’est point un recueil , mais un Catalogue raisonné.
•> U fallait, dit Joly . ajouter raoin* et »yi*Lr« de la l»ian«le— Bretagne.
ACHILLE. II y a eu plusieurs personnes de ce nom. Le premier qui l’ait porté n’avait point d’autre mère que la terre, et rendit un fort bon office à Jupiter ; car, ayant reçu la déesse Junon dans son antre lorsqu’elle fuyait les poursuites amoureuses de ce dieu , il lui tint des discours si persuasifs , qu’elle consentit à consommer le mariage (A). On ne nous a point appris comment elle témoigna sa gratitude à un hôte qui sut lui inspirer une telle docilité ; mais nous savons que Jupiter, en reconnaissance de ce service, promit à Achille que désormais tous ceux qui s’appelleraient comme lui feraient parle* d’eux. C’est pour cela que le ni* de Thétis a été célèbre. Le précepteur de Chiron se nommait Achille , et de là vint que Chiron imposa le nom d 7 Achille au fils de Thétis, son disciple. Cela seul suffirait pour renverser toutes ces étymologies froides et forcées du mot Achille , cjue l’on fait dépendre des qualités personnelles du fils de Thétis (B). L’inventeur de l’ostracisme parmi les Athéniens s’appelait Achille. Un fils de Jupiter et de Lamie porta ce nom. C’était un si bel homme, que, parsentence du dieu Pan , il remporta le prix de beauté c^u’on lui disputait.
Vénus, indignée de ce jugement , rendit Pan amoureux d’Echo, et le changea de telle sorte (C) qu’il devint un objet affreux. Un autre Achille , fils de Galate , vint au monde avec des cheveux blancs. Il y a eu cinquante-quatre autres Achilles très-renommés , deux desquels ne se distinguèrent que par des actions de chien (a). Nous
(a) Tiré du VI*. Livre de Ptolomfe, fils
allons faire un article à part pour celui de tous qui a eu le plus de gloire
d’Héphtestion, Novae ad variant Eruditionetn Historûc , apud Photium, num. iqo, pag.
* Dans la première édition , après ces
mots , on lisait t \
• Mais avant cela je dois arrêter ici mon lecteur pour un moment. Voici pourquoi :