TOME I
2*6 ADONIS
voyait des temple9 d’ Adonis (5).
otez qu’Antonius Liberalis conte que Alyrrha, qu’il appelle Smyrna , était ne'e au mont Liban , et que son père «'appelait Theias (6). Apparemment Panyasislui avait donne' le même nom, et non pas celui de Thoas, qu’on lit auiourahui dans Apollodore (7). On le lit aussi dans Probus sur la Xe. églogue de Virgile , avec cette circonstance, que ce Thoas était roi de Syrie et d’Arabie : c’est d’Antimackus que Probus emprunte cela.
(B) V inus .... l'enleva. ] Ce fait n’a été guère remarqué par les anciens écrivains : je m’en étonne , car il était connu d’un chacun. Les peintres en faisaient la matière de leurs tableaux, tout comme du ravissement de Ganymède : c’est ce que Plaute nous apprend :
Ms. Die mihi: numqua vidisti tabulant pi clam in p art rte,
Vbt aquila catamitum raptret , aut ubi V ênut Aduneum ?
Ps. Sape (8).
(C) Le ciel lui sembla un séjour peu agréable en comparaison,... des vois où elle suivait Adonis , qui était un grand chasseur .] Lisez ce passage d’Ovide :
AbtUnet et calot cala prmfertnr Adonis.
Hutte tenel : Unie cornet etl : assuelaque semper in timbra
Indulgere sibi ,fonnamau« augere colendo ,
Perjuga , per sjlvas , dumotaque taxa vagalur (9).
Virgile représente Adonis sous une autre idée que sous celle de chasseur :
Wec te paniteat pecoris , divine poêla ,
El forma tus ove t ad flumina pava Adonis (10).
Peu de gens , ce me semble, ont parlé de ce mignon de Vénus comme d’un berger. Servius débite sur ce passage certaines choses qui ne sont pas moins éloignées de la traditive commune que celle-là. Quelques-uns ont dit que cette inclination pour la chasse était l’ouvrage dc9 Muses (n). Elles voulaient
Slrnb. , lib. XVI , pag. 5i<>.
Antonio. Liberali* , cap. XXXIV.
Muurlieii Nota* in Ilygio. , cap.
(8) Plant, in Men*cbmi., ati. /, scen. II , i‘s. 34.
9) 0*id. Mt-latn. , lib. X , vt. 53a.
to) Virgil. Eclog. X , vt. 17.
(«ij T»cui* sur Lvcopluoo.
du mal à Vénus , de ce qu’elle avait inspiré à plusieurs d’entre elles de l’amour pour les mortels Afin d’en tirer vengeance , elles chantèrent devaut Adonis quelques airs qui lui donnèrent une passion violente pour la chasse. C’est peut être par-là qu'il devint odieux à Diane ; car gens do même métier ne s’aiment pas trop.
Quelques-uns ont dit que la colère de Diane fut cause qu’un sanglier tua cc jeune homme ( 1 a) .
(D) Lorsqu'un sanglier lui eut tué son cher Admis.'] Théocrite feint que Vénus s’étant fait amener ce sanglier, le querella rudement ; mais quil lui fit ses excuses sur la passion violente qui l’avait saisi à la vue d’une si belle cuisse. Il la voulut baiser , et le fit d’une manière trop emportée. 11 en eut tant de regret, qu’il trouva que scs défenses méritaient d’être coupées, et qu’il les brûla lui-même (i3). C’est ainsi qu’un écrivain docte et poli (r 4) a expliqué le dernier vers de cette idylle de Théocrite. Les éditions portent îxstu to»ç excussil amores;
mais il croit qu’il faudrait lire o/ottcic dentes, au lieu d’if Ce terrible baiser me fait souvenir d’une pensée du cavalier Marin : il introduit le dieu Pan , qui se vante que les taches qu’on voit sur la lune sont les impressions des baisers qu’il lui a donnés. Il fallait qu’il y allât d’une grande force. Quelles caresses! pour peu qu’on y ajoutât, elles ressembleraient à celles des singes. Ondit qu’ils étouffent quelquefois leurs petits à force de les caresser. Qu’aurait dit Horace sur tout ceci, puisque pour une bien plus petite chose il a parlé de cette manière?
........ Sive puer furent
Impressit me more ni dente labrit notant.
Won , si me salit audiat ,
Speres peipetuum dulcia barbare
Lee de sdem oscula , quet Venus
Quintd parte tus neclarit imbuit (i5)
Nous parlerons peut-être de ces sorte* de morsures dans l’article Flora.
Notez qu’un très bon critique m’a fait savoir que la correction ôJov'ta; pour ipetraç n’est point nécessaire. La
(19) Apollod. , lib. III , pag. a38.
(1 S) Throc. Kich/XÀ. XXXI , ou XXX sr
Ion d'autres éditions.
(•4) M. dr Longepi«rre. Vuret sa trad ui lion de D100 , pag. 47 , édit, de Paris , en ttiSé ,
in-ix.
(tï) liorat. 0<t. XIII , Itb. I, es. il .
ADONIS
véritable explication de ce vers, dit-il, es* que le sanglier rte xup't TrpotnxÔay , en se jetant dans le Jeu , ïnetn reiç ipei- Tat , brdla en même temps ses amours.
IL y a non- seulement de la raison 9 mais de la finesse , à dire que ce san-
tus esset Juturus in luclu (ao) ? Saint Augustin approuve cette raillerie :
Sacra sunt Keneris , dit-il (ai), ubi amatus ejus Adonis aprino dente exslinclus juvenis Jormosissimus plangitur. Les peuples de Syrie étaient en-
glier, brûlé auparavant parsonamour, core plus fous à cet égard-là que les avait trouvé a son tour le secret de le Grecs , puisqu'ils ne se contentaient
ils
se
apres pleuré ,
ses vers d'amour. A joutez h tout ceci , ils faisaient le sacrifice des morts pour qu’il est bien difficile de s’imaginer Adonis , et se rasaient la tête. Les comment! amoureux sanglier aurait pu femmes qui ne voulaient pas être mettre ses dents au feu et les brûler , rasées devaient se prostituer tout un sans se briller lui-même. jour aux étrangers $ et l’argent qu’elles
(E) Grand attirail de cérémonies gagnaient était employé à un sacrianniversaires.') Aristophane dans sa iice qu’on offrait à Vénus. Le deuil comédie de la Paix compte la fête d’A- finissait par la joie \ car on feignait donis pour l'une des principales fêtes qu1 Adonis avait recouvré la vie. Ludes Athéniens. Presque tous les peu- eien , qui nous apprend ccs circon-
ples de la Grèce la célébraient : les femmes y jouaient le principal personnage , en pleurant la mort de ce galant, ou de ce mari (i 6) de Vénus : reminœ miserabili planclu in primœvo flore succisam spem gentis solilisfle
stances , dit aussi que les Syriens prétendaient qu’Adonis avait été tué par un sanglier dans leur pays (aa). Voyez la remarque (/), où nous dirons , entre autres choses , que cette fête sc célébrait encore à Alexandrie» au temps de
tsbus conclamabant , ut lacrymare cul- saint Cyrille. La procession était pom triees f^eneris scepè spectantur in so- peuse , puisque la reine même y portait lemnibus Adonidis sacris (17). Elles y le simulacre d’ Adonis. Arsinoe, femme faisaient des funérailles en peinture , de Ptolcmec Philadelphe , reçoit sur comme nous l’apprend Plutarque, cela de l’encens de Théocrite (a3). Les dans la Vie d'Alcibiade, et dans celle femmes qui accompagnaient la reine de Nictas. Les courtisanes n’étaient portaientdes fleurset des fruits, eteent pas des moins empressées à célébrer autres choses. On prétend une tout cette grande solennité, comme on le cela, et le simulacre même d’Adonis,
Sure de Vénus, et dans l’autre celle pages 75 et 76 de son lérologie des ’Adonis. C’est ce qu’on apprend de anciens Grecs. Les jardins d’Adonis Théocrite (iq). Les esprits forts se ont passé en proverbe, pour signifier moquaient d un culte de religion qui une chose de passade, et qui n’est pas consistait à pleurer : Quid absurdius faite pour durer. C’est manifestement
quam. . . . hommes jam morte deletos en ce" sens-là que Platon, que Plutarreponere in Deos , quorum omnis cul- que, et que l’empereur Julien,
(16) Vénus , Jant t Idylle XXXe . de ThcocriU , te nomme son mari .
/uto rov £lSf inri/^au;
Ton * meum virum percussisli?
ftion dans t'Idrlle sur la mort iP Adonis , représente V enus, ftbrjt*?dL T05"i V , appelant son mari: et Cicéron, de N'aturâ Drorura, lié. III, cap. i3, parle iTune Vénus de Syrie , mariée a Adonn.
Voret t'Idrlle XV de Théocntt ; et Firni. Ma- Icraua , de Error. prof. Keli^. , pag. ai.
(r)Amn. Marcel. , lib. \ IX, cap. I (ié) Atbeo. , lib. VII , pag. aga.
i *9) Tbeocm. Eidyll. XV.
se sont
servis de ce proverbe, dont l’origine venait de ces pots et de ces corbeilles de fleurs qu’on portait en procession pendant la fête d’Adonis. Voyez Erasme à la page de ses Adages. Au reste, il y a de l’apparence que la célé*
(ao) Cîe. de NeinrS Deor-, lib. ! cap. XV , (11) Augiiat- de Civil. Dei, lib VI, cap. VII. Vo/et aussi Firiu. Mater, de Errore profan. Hetig. , pog- *i-
faa. Luciami», de Deâ Svrià.
(a 3) Theocrit. EidjU. XŸ. V êjet U sommaire de ctUe Idylle.
22 8 ADONIS
bration de cette fête n’a pas moins duré à Antioche qu’à Alexandrie. Julien l’Apostat fit son entre'e dans la
firemière de ces deux villes, l’an 36a , orsqu’on y célébrait la fête d’ Adonis, ce qui fut pris pour mauvais augure.
Evcnerat autem iisdem dicbus , annuo cursu compfeto, Adonia ritu vctcri celcbrari, amato F cricris , ut fabules fingunt, apri dente ferait deleto , quod in adulto flore scctarum est indicium frugum . Et vis uni est triste, quod amplam urbem principumque domteilium introc unte imperatore nunc primiim ululabtles undtque planctus et lugubres sonus audiebantur (aO* Une Pa" reille chose parut de mauvais augure aux Athéniens en deux occasions (a5).
(F) Favori de énus et de Bacçhus .}
Dans l’endroit où Athénée rapporte quelques exemples d’expressions énigmatiques (a6y , il n’oublie point l’oracle qui fut rendu à Cinyras ; le voici :
fl Kivwpat, / ri*.TthiZ KuTfion air J'féet i'ATUVfôntrees ,
riatàc <r&« KUKhtçrot pth ÔeU/yuoiç-ÔT*-