‹ Dictionnaire historique et critiqueChapitre 68 sur 134 · AGIS · texte numérisé non relu

AGIS

Lac&lemone. Voici un passage grec qui nous apprend qu’Agésilaüs regretta la perte de ce collègue. ’A^ns-i'xaoc <T* rot/ro Àx'jCrcLt y « ti etv «mto , céç ctvTt Tel Afin , aixx* xsti iJÂx.püTi xa li *to- 6»9-i tjiv s-kvo i/riiy (af). sigesilaiis his auditif , non, ut quidam ex mimassent o b adversarii casum lætalus est, sed hurnaniler mortem illius lachryrnatus est , et consuetudiuem desiderawit.

(a4) Xenoplion , de Gesl. Gr*c. , Itb. V , p.

AGIS , roi de Lacédémone, issu d’Agésilaüs II en droite ligne (a), eut une fia très-malheureuse. Il s’était mis en tête de réformer son royaume par le rétablissement des lois de Lycurgue ; mais il succomba sous le poids d’une entreprise qui ne pouvait être que désagréable à tous ceux qui possédaient de grands biens , et qui s’étaient tellement accoutumés aux douceurs

d’une vie voluptueuse , qu’ils n’étaient plus capables de s’accommoder de l’ancienne discipline de Lacédémone. Agis, à la fleur de son âge, par un désir de gloire assez raffiné (A), conçut le dessein de cette réforme, et la pratiqua tout le premier en sa personne : ses habits et sa table étaient selon les manières du vieux temps ; ce qui méritait d’autant plus d’admiration, qu’Agésistrata , sa mère , et Archidamia , sa grand’mère , l’avaient élevé mollement ( b ). Lorsqu’il sonda la disposition des esprits, il trouva les jeunes gens moins opposés

(ai) Il était éloigné de lui de cinq degrés de génération. Plut, in Agide, pag. 796.

(b) EvTtôeatiUiasvoç arXot/Toiç xati rpuqxiç yuvsuxûi thç <Tt ' AyHonçpaL-

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'TXfjç'at ^enyMfitTci AatxtJaiiyuoriav ixtxtmvto. Enutritus essel in opibus et deliciis muliebribus matris Agesistratcv et aria; Arçhidamiœ , quet in Lacedacmoniis erant pecu niosissinur. Plutar. in Agidc, pag. 797.

à son projet que ceux qui avaient joui du relâchement de discipline plusieurs années. La plus grande difficulté paraissait devoir venir de la part des femmes (B). Elles avaient alors plus de crédit que jamais; car leur règne n’est jamais plus grand que lorsque le luxe est à la mode. La mère d’Agésilaüs ne trouvait nullement son compte à cette ré formation ; elle y aurait perdu ses richesses,

3ui la faisaient entrer de part ans mille sortes d’intrigues ; ainsi elle s’opposa d’abord au dessein d’Agis , et le traita de vision.

Mais Agésilaüs , son frère , qu’Àgis avait engagé dans ses intérêts, la sut tellement manier, qu’elle promit de seconder l’entreprise.

Elle tâcha de gagner les femmes ; mais, au lieu de se laisser persuader, elles s’adressèrent à Léonidas, l’autre roi de Lacédémone, et le supplièrent très-liumblement de faire avorter les desseins de son collègue. Léonidas n’osa point s’y opposer ouvertement, de peur ^irriter le peuple, à qui la ipPormation était agréable , parce qu’elle devait lui être utile. Il se contenta de la traverser par des intrigues , et en semant des soupçons, comme si Agis eût aspiré à la tyrannie par l’abaissement des riches et par l’élévation des pauvres. Agis ne laissa point de proposer au sénat ses nouvelles lois, qui portaient l’abolition des dettes et un nouveau partage des terres. Léonidas , soutenu par les gens riches , s’opposa si fortement à ce projet , qu’il y eut un suffrage de plus pour la rejection que pour l’admission. Il paya chèrement le succès de son affaire. Lysander,

AG

l’un des éphores , qui avait été le grand promoteur de la réforme , le mit en justice, allégua les signes célestes (C), et poussa un prince du sang royal , qui s’appelait Cléombrotus , et qui était endre de Léonidas, à s’assurer u royaume. Léonidas , transi de peur, se réfugia dans un temple, ou sa fille , femme de Cléombrotus , l’alla joindre. On le cita ; et, parce qu’il ne comparut point, on le déclara déchu de sa dignité, et on la conféra à Cléombrotus. Il obtint la permission de se retirer à Tégée. Les nouveaux éphores firent un procès d’innovation à Lysander et à Mandroclidas : ceux-ci persuadèrent aux deux rois de s’unir et de casser ces éphores. La chose fut exécutée , mais non pas sans que la ville fût dans lin grand trouble.

Agésilaiis, l’un des éphores substitués à ceux que l’on venait de casser, aurait fait mourir Léonidas sur le chemin de Tégée , si Agis ne lui eût envoyé une bonne escorte. La réforination aurait pu alors s’établir si Agésilaiis n’avait trouvé le moyen d’éluder les bonnes intentions des deux rois.

Sur ces entrefaites , les Achéens demandèrent du secours : on leur en donna ; et ce fut Agis qui eut le commandement des troupes.

Il acquit beaucoup de réputation dans cette campagne (D). A son retour il trouva les choses si brouillées par la mauvaise conduite Agésilaiis , qu’il lui fut impossible de se maintenir. Léonidas fut rappelé à Lacédémone :

Agis se retira dans un temple , et Cléombrotus dans un autre. La femme de ce dernier se conduisit d’une manière qui la rendit

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