A L BUT I US
pose , outre cela , que ce dernier se
registres
du
servit des
nius , pour convaincre
crieur Gra Scévola , et que sa preuve fut jugée insuffisante, uranius fut très-aise de l'absolution de Scevola , et en fut raillé , comme s’il se fût réjoui que les juges n’eussent
voulu dire que Scévolu fut mêlé dans sunt libelli , diccbat in Albano funle procès de concussion qui fut inteu- dum suum pastiombus semper vinci h té à Albutius } et tellement mêlé , que villa , agrum entra minus dena milita de sa condamnation devait résulter la reddere , villam plus vicena (o5). a°. justilicatiou d’Albutius. Je suppose , Il n’est pas vrai que Lucilius se soit selon cette conjecture , que Scevola moqué a Albutius, comme d’un horaplaida sa cause a la charge d’Albutius, me qui mêlait des mots grecs avec son et que de là est venu qu’il a passé latin : Charles Étienne n’a pas pris le pour l’accusateur. Je suppose qu’il se sens de ce poète : il s’est imaginé que - tira pleinement d’affaire , ce qui ser- le %,eupt appartenait à Albutius ; cevit à la conviction d’ Albutius. Je sup- pendant , c est à Scevola et à ses gens
qu’il le faut donner. Messieurs Lloyd et Hofman n’ont point corrigé ces deux fautes. Prenez bien garde que je ne prétends pas nier qu'Albutius ne mêlât du grec à son latin. 3°. Ce que Charles Étienne , Lloyd et Hofman supposent est très-incertain , que le eu aucun egard à scs livres ou à ses père de l'empoisonneuse Canidia soit procès verbaux. Voici les paroles de le même Albutius dont il est parlé Cicéron: Bclla etiam est familiaris re- dans la IIe. satire du IIe. livre a’Hoprehensio quasi errantis,utquùm objur - race. M. Dacier croit que ce sont deux gavil Albius Granium , qubd quitta Albutius (a6). 4®. Ces trois auteurs de ejus tabulis quiddam Albulio proba - Dictionnaires se trompent lorsqu'ils tum videretur , et valdè absolulo S ccevola gauderel , neque intell igeret contra suas tabulas esse judicatum (a il.
Si l’on voulait d’autres preuves de l’inimitié d’Albutius et de Scévola , je pourrais dire que Lucilius a introduit Scévola se moquant du style d’Albutius (aa). Je voudrais bien savoir d’où le père Proust a pris que la colère de Lucilius contre notre Scévola venait de l’amitié qu’il avait pour Albutius , contre lequel Scévola avait plaidé (a3) ? Si Lucilius était ami d’Al-
Srenncnt l’Albutius de la IIe. satire u IIe. livre d’Horace pour un avare fieffé. Nous verrons bientôt que cela est faux. 5°. M. Moréri se trompe <iuand il s’imagine que l’Albutiu& dont Cicéron parle au commencement du /er. livre des Fins , n’est pas le même nue celui dont il fait mention au Ier. livre de la Nature des Dieux , et au Ve. livre des Questions Tusculanes. 6°. Il n’est pas vrai qu’Horacc dise qu’il y avait un Albutius , le plus avare de tous les hommes , qui avait
butius , il a vérifié la maxime, qu’un accoutumé de châtier ses domestiques railleur préfère ses railleries a ses avant qu’ils entreprissent ce qu'il leur
commandait , de peur , disait-il , qu’il n oubliât de le faire s’ils oubliaient de se bien acquitter de ce qu’il leur commandait. M. Moréri , qui donne tout ce discours à Horace, a été tron pé par Charles Étienne , encore que ce dernier n’attribue pas formeUeraent à Horace ce petit conte. Voici tout ce que dit Horace sur ce sujet :
amis (a4) ; car nous avons vu comment ce poète satirique se divertissait aux dépens d’Albutius.
(F) Les Dictionnaires ne sont pas ici exempts de fautes. ] i°. Charles Étienne prétend que Varron a parlé de notre Titus Albutius j et cela , comme d’un poète qui avait fait «les satires à la manière de Lucilius , Lu ciliano stylo. Mais, quand on consulte Varron , on trouve qu’il a parlé d’un Lucius Albutius : IVonne item L. Albutius , homo ( ut scilis ) opprimé doctus , cujus Luciliano characlere
(il) C.iccro, lib. Il, de Oratore , cap - o. (n) Voyet ci-dessous la remarque (G).
(i3) Pron»t. Comment, in usuni Delphini in Cicéron, de Oral. , lib /, num. p.
(a4) Dttmmodù ritum
Exculiattibi, non hic cuiquam parcetamico.
Horatii Sat. IE, lib. /, */. 34-
Mundus erit , qui non offendet sordidus , nique In neutram partent cuit iis miter. Hic neque servis
Albul! senis exemplo , dum munia didu ,
S revus erit : neque , sieul simplex Nmvius , unctam
Convivis preebebil aquam (17).
(15) Varro de Re Rusticâ , lib. II /, cap. II.
(16) Dacier , Remarq. sur la Satire Ix *. du IIe. livre , pop. 4°-
(17) floral. Salir. Il , lib. //, »’/. 65.
ALC
Il établit que la véritable propreté n’est point outrée , et quelle s’éloigne, non -seulement de la saleté, mais aussi d’une exactitude trop scrupuleuse et trop recherchée (28). S’il avait vu le soin excessif et servile que l’on prend de la netteté des maisons en quelques endroits de Hollande , il aurait nommé cela une fausse propreté.
Albutius et Nævius sont les deux exemples qu’il apporte de l’extrémité vicieuse : le premier est 1 exemple du trop de façon ; le dernier est l’exemple du trop peu de façon. Quelques interprètes ont pris le change : ils ont pris Nævius pour un prodigue , et Aibutius pour un avare (29). Mais peutêtre ne s’agit-il point là d’avarice et de prodigalité : peut-être ne s’agit-il que dé propreté et de malpropreté.
Cedernier défaut est joint quelquefois avec la dépense superflue. 11 y a des gens prodigues , et en habits , et en meubles , et en repas , qui cependant ne passent point pour se mettre bien , ni pour donner aux ornemens de leurs chambres un arrangement bien entendu, ni pour avoir une bonne table.
Quoi qu'il en soit, Albutius n’est point ici un exemple d’avarice. Je finis par observer que la barbarie d’Albutius pour ses esclaves n'est pas une chose que M. Moréri ait forgée : il l'avait lue daris son patron (3o) : mais il n'a point su que la source en est dans un ancien scoliaste : Asper in exigendd à singulis impensi ratione casligandoque , adeo ut servos nonnunujuam casligaret priiis et cœderet quant peccdssent , dicens uereri se ne ciim peccdssent , cœdere tune ei non vacarel (3i).
(G) Je ne crois pas que ce soit le même que celui dont Horace parle. ] Nous venons de voir que l’Albutius d’Horace était d’une exactitude outrée , qu'il ne pardonnait rien à ses domestiques , qu’il voulait que l’un fît précisément ceci , et l’autre cela , et qu’il entrait là-dessus dans un détail pédantesque. Celui , dont parle Lucilius , qui affectait si fort en t ut la politesse et l’élégance des Grecs
(*8) V oye% M. Dacier , sur ce passage.
(nj) Le vicu* Commentateur, Lambin, Craquius , etc. , d. I.
(3o) Charles Etienne.
(3iJ Vêtu» CommenUter in HoraU d. I.
qu’il voulait passer pour Grec (3a) , était justement taillé pour fournir l’exemple dont Horace avait besoin j car tout homme qui affecte les manières des pays étrangers , y mêle je ne sais quoi de forcé et d’exorbitant qui fait passer la chose dans le ridicule.
Voyez ce que font certains provinciaux si souvent joués par Molière , à l’égard des modes qu'ils ne savent jamais tenir dans le milieu. J’ai de la peine à croire qu’Horace ait amené sur la scène Albutius le Grec , l’Albutius de Lucilius $ mais je ne trouve pas si étrange que Torrentius ait cru cela. M. Dacier aime mieux dire que 1 Albutius d’Horace était fils de celui de Lucilius. Je crois que l’affectation d’Albutius pour le grec regardait le langage principalement , où l’on sait d’ailleurs , par les railleries de Lucilius , qu’il aimait un artifice trop étudié : Collocationis est componere et struere verha , sic ut neve asper eorum concursus , neque hiulcus sit , sed
Îuodammodn coagmenlalus et lœvis.
n quo lepidè soceri (33) persona lusil is qui eleganlissimè idfacere po~ luit , Lucilius ,
Quàm le pidilexeit composta , ut tcsseruUe omnes
A rte, pavimenlo , atque emblemale vcrmiculalo.
Quœ citm dixisset in Alhutium i/ludens , etc. (34)- Ces vers de Lucilius représentent une certaine espèce d’écrits qu’on pourrait nommer un ouvrage de marqueterie , un ouvrage à la mosaïque.
(3») Fore* M. Dacier, Remarques sur la Satire Ir*. du II*. livre d’Horace.
(33> Muûus l’augure ! d ou nous apprenons que Luciiiu* le faisait quelquefois parler dans ses Satires.
(34J Cicer. de Oratore, lib. III, cap. 43. V vj es aussi son Orator. , cap. 43 et seq.
ALCASAR (Louis de) , jésuite espagnol ( a ) , naquit à Séville , Pan i554. 11 entra chez les jésuites , Pan 1569, malgré la résistance de sa famille , qui possédait de grands biens. Après avoir régenté la philosophie , il enseigna la théologie à Cordoue et à
(a) On l'a fait Portugais dans l Index de /'Apocalypse de Al do Meaux. (Bostuol.)
À LC AS A R.
L’ouvrage qu’il a composé w » . . .
sus est un des meilleurs que les sous le titre de Mjrsterium Ba-
catholiques romains aient pro— byloms magnce (f.)
duits sur l’Apocalypse (A). Il est (*) Kltg&mhe lui avait donné soixanU-trxH* intitulé Vestigalio arcani sensûs ans • U père Sotucl a corrigé cette faute.
in Apocalypsi , et il a été impri- if) * * * « '« D'**rUlion-
mé diverses fois (B). On prétend ^ Son Commentaire, en un des
que Grotius y a pris beaucoup meilleurs que les catholiques romains de ses idées (c). L’auteur soutient aientproduils sur V Apocalypse. a ici
que l’Apocalypse est parfaitement ce qu’en dit Nicolas Antomo :% B . , vv« nem posuit operam in adornando ai -
accompliejusqu au AA .chapitre, ^ uiustrando Apocalypsis Ubro obs~ et il y trouve les deux témoins curissimo. Edidit namque lucubraùosans parler d’Élie ni d’Énoch (d). nés suas ad ipsum , ingeniosas quulcm,
U ne fait aucune difficulté d’a- eruditas , elahôratasque , ut censet , . * . Cornélius a Lapide. Sed quisnam
bandonner les anciens pères ; et $pQnsor erit 9 telo eum quam^ts acuto
comme toutes ses principales etu- etforti scopum tetigisse f i) ? Je suis des n’avaient pour but que l’ex- sûr qu’il n’y a point de banqueroonlication de ce livre , l’autre ou- , ni de prisonnier pour dettes ,
pucauo , » qui ne trouvât caution bourgeoise plus
vrage qu on a de lui n es qu aisément que n’en trouveraient lesex- Commentaire des endroits du plicateurs de l’Apocalypse, s'il y avait Vieux Testament , qui ont du un tribunal sur la terre qui taxât à
rapport aux révélations de saint de grosses sommes ceux qui auraient rappui . cautionne les fausses explications.
Jean. 11 fut imprime apres sa pen(jant qU’0n flatte ses passions , en
mort sous ce titre : In eas r eleris croyant sans rien risquer , on est crê- Testamenti partes quas respi- dulc : mais pour les cautions que Dos
Clt Apocalypsis , nempè canlica Nicolas Antonio demande , c’est en w r J i . 1 j vain que vous les demanderiez.
canticorum, psalmos complu- [mprimé diverses fois.] Le père
res , multa Danielis aliorumque Alegambe ne marque que l'édition librorum capita , libri V- Voilà d’Anvers, chez Jean Keerberge, en
donc deux volumes in-folio, qui >6'4i ettout aussitût.il dit que Vaut*
uuu , . volumefut posthume. Si le premier n a
ne sont a proprement pa er vait Réimprimé qu’en 16,4, Ü aurait qu’un Commentaire sur 1 Apo— c:té posthume : et ainsi , on n’aurait ^alvnse* mais il y a un appendix pas eu raison de distinguer par-là fan
à chacun : celui du premier vo- d’-ec l’autre. 11 faut donc croire . u ^ - r i q • comme le remarque Nicolas Antomo .
lume est un traite ae oaens qae ]e premierfat imprimé à Aoven,
Ponderibus et Mcnsuris ; et ce— chez Jean Keerberge, l’an 1604 Outre
lui du second un Traité de Ma — cette édition , Nicolas Antonio parie
lis Mcdicis. Alcasar mourut à <le celle de 1619 , Aniverpiœ , apud iHcwivw JYutios , et de celle de Lyon, en 1616.
, b) Sotuel , CiMiotb. Script. Socict. Jc.«u, Draudius cote ces deux dernières éditions , et outre cela, une d’Anvers ,
pag. 557.
(c) M de Meaux . pré/. Je f Apocalypse , pag 33, édition de Hollande.
(r/j Là même.
(1) Nicol. Antoaii Bibliolh. Scripr.
Cow. JI , pag. 14.
HWr
AL CEE, 3n3
chez Keerberge , en i6it (a). Le P.
Sotuel , avec l’édition de i6i 4 » ne marque que les deux dernières de Nicolas Antonio , et continue de dire que l’autre .volume a été posthume.
Sa révision d'Alegambe n’a donc pas été' aussi exacte qu’elle devait l’étre.
(î) Draad. Bibliotbeca CUuica , pag. aa.
ALCÉE , natif de Mitylène , dans file de Lesbos , a été un des
Fl us grands poètes lyriques de antiquité. Il y en a qui veulent qu’il ait été l’inventeur de cette espèce de poésie (a). Il florissait dans la 44*- olympiade ( b ) , en même temps que Sappho , qui était deMitylène aussi— bien que lui. La chronique scandaleuse (A) dit qu Alcée s'avisa un jour de demander je ne sais quoi à Sappho , et que Sappho , qui n'était pas ce jour-là de si belle humeur que d'ordinaire , lui refusa ce quelle lui offrit peut-être le lendemain (c). Quoi qu’il en soit, il se mêla d’autre chose que de vers : il voulut donner des preuves de son courage à la guerre , et n’y fut pas tout-à-fait heureux ; car il ne se sauva qu’en fuyant et qu’en abandonnant ses armes , lorsque les Athéniens ganèrent une bataille contre ceux e Lesbos (d); mais il trouva dans cette disgrâce une assez douce consolation , puisque les vainqueurs firent appeudre ses armes au temple de Minerve à Sigée :
ce qu’ils n’eussent point fait avec cette distinction , s’ils n’eussent jugé qu’elles seraient un monument très-glorieux de leur vicia) Die Latinum ,
Barbite , carmen Lcsl/iu primittn modulait Cil'i.
lierai. 0.1- XXXU, lib. I , i’S. 3.
(b) Eusi-b. in Clirnnic.
(c) Le Fèvrc, Vie des Poêles grecs, p. 27. 'dj Lit roi , lib- V , cap. XCV .
toire (e). Alcée n’oublia point cette circonstance dans les vers tju’il fit sur le malheur qui lui était arrivé (B). Sa muse , à laquelle il donnait de l’occupation au milieu des armes , soit pour des chansonsà boire, soit pour des chansons d’amour, et pour louer la personne qu’il aimait (y'), qui n’etait que trop une aide semblable à lui (C) : sa muse , dis-je , ne garda point le silence sur la défai te des Lesbiens. On sait d’ailleurs qu’elle ne badinait pas toujours , et qu’elle pouvait traiter noblement les matières les plus graves (D) , et surtout un beau lieu commun contre les tyrans., Alcée suivait alors une pente fortifiée par ses propres aventures et par ses intérêts personnels ; car il avait été aux prises avec ceux qui avaient voulu empiéter sur la liberté de sa patrie , et nommément avec Piitacus (E) , qui ne laissa pas de devenir usurpateur , quoiqu’il ait été un des sept sages de la Grèce. Il remit en liberté Alcée , qui était devenu son prisonnier , et dit que la rémission d’un crime vaut mieux que le châtiment (g-). Il y en a qui disent qu’Alcée fut chassé avec beaucoup d'autres ; mais qu enfin il se mit à la tête de ces exilés , fit la guerre aux tj-rans , et les chassa (h). Je 11e trouve dans Denys d’Halicarnasse , sinon que les habitons de Mitylène élurent Pittacus pour leur chef, contre le poète Alcée et ses
(e) Là même.
C/) Horace : Je rapporte ses paroles cidessous dans la remarque ■ C).
(g) Heraclitus, apud Diogenem Lacrt. in Pillaco-, lib. I , num. 76.
(h) Dacicr , sur /’O.lc XI/ J du II*, lin s r/’Horacc.
3 fj ^ AL CEE.
adhérens , qu’on avait bannis (i).
D’autres veulent qu’ayant abusé de la clémence de Pittacus , et n’ayant point cessé de cabaler et d’invectiver, on cessa d’user de support à son égard ( k ) ; et que c’est ce qu’Ovide a voulu signifier par ces paroles î
Utfjne lyrm va tes fertnr periisse severa, Causa sil exitii dextera Icesa lui.
Cela est d’autant plus vraisemblable , qu’Alcée passait pour un homme qui s’opposait aux. innovations , non pas parce que c’étaient des innovations , mais parce que d’autres que lui les introduisaient (/). C’est un défaut qui lui est commun avec bien des gens. Il ne nous reste que des lambeaux de ses poésies.
(i) Dionys. Halicam. Ant- Rom. , lib. V , cap. LXXXII.
(k) Vide- Dionys. Salvagnium Boessium ,
Comment, in Ibin, pag. 102 et io3 .Edit. ia-l\ •. t " t
(/) Oùl' «tt/Toç xct 9ctptuaev t*v roiovratv vt<*rifi<ruMv , Pie ipse quidem punis studii cjusrnodi novandarutn rcrum. Strabo , lib. XJII , pag. 4*5.
(A) La Chronique scandaleuse , etc .] J’ai rapporté les propres paroles de M. le rèvre, et je suis fort trompé s’il a pris ailleurs que dans la Rhétorique d’Aristote ce petit conte. Aristote cite ces mots d’Alcée :
0«à» tÎt i'rrtiv. àxxat pu xoo.Cu
A liai Z y
et cette réponse de Sapplio :
Ai J’ uct c r icrkéèv ï/utfcç , » xetAeâv ,
K oii jjlï) ti iiirur y\to<r<r ixùxa xoexo»,
Ai«T»ç xt vo er oi/£ ti£tv ofA/sanr'y
"A hh ixtytç mpi t» Sixauot (i).
Voici le sens de ces vers. Alcce déclare qu’il voudrait bien dire quelque chose ; mais que la honte l’en empêche. Sappho lui répond que s’il avait désiré des choses bonnes et honnêtes ,
(l) Amtot. Rhetoric. , lib. I , cap. IX. Notre que je range n que f accentue ce grec comme StJtligcr »ur l.usèbe , pag. 85, édition de i658.
et si sa langue n’eût pas été prête à rononcer quelque malhonnêteté , la onte ne lui serait point montée au visage , et qu’il ferait une proposition raisonnable. Ceux à qui il est donné de juger des livres de M. le Fèvre , gens /comme il a dit dans sa première Journaline , qui ont l'dmc capable de plusieurs formes , et qui sentent à demi-mot le beau et le fin des pensées et des expressions , voient bien que ce3 paroles d’Alcée sont une de ces déclarations d’amour qui demandent l’heure du berger, et que Saj pho comprenait parfaitement ce qu’il voulait dire. Sa réponse est sage $ mais elle est peut-être d’un trop grand sangfroid , selon cette supposition.
(B) Il a avoué le malheur qui lui était arrivé de fuir (a) ] Celui de tous les poètes latins , qui ressemble le mieux à Alcée,a confessé aussi-bien que lui dans ses poésies , qu’il s’était sauvé du combat , en jetant ses armes comme un meuble très-inutile à des fuyards :
Tecum Philippot et celerem fugam
Senti , rrlictd non benè par mulet ,
Qu'uni fracta virtus et minaces Turpe solum teugfre mémo (3).
Arcbilocbusavaiteula mémeaventure avant Alcée , et s’en était confessé publiquement (4). Horace n’aurait pas été peut-être ae bonne foi jusqu’à ce point, s’il n’avait eu ces grands exemples devant les yeux. Chabot se trompe quand il soutient que Plutarque a réfuté Hérodote sur la fuite d’Alcée (5). Plutarque s’est contenté de dire qu’Hérodote a supprimé une belle action de Pittacus , mais non pas la mauvaise action d’Alcée (6).
(C) La personne qu’il aimait n’était que trop une aide semblable h lui. ] Horace nous apprend que la maîtresse d’Alcée était un garçon qui se nommait Lycus , et qui avait les yeux et les cheveux noirs :
Qui ferox bello , tamen inter arma ,
St ve jactatam reh g lirai udo Littore navtm ,
I.iberum et Mutas , P eneremque et illi Semper heerenlcm puerum canebat ,
(a) Ilerod. , lib. V , cap. XCV ; et Strab© , lib. XIII , pag . 4«*. 4'3.
(3) Horti. Od. VII , lib- II. vs. 9.
(4) foret la remarque (H) de son article.
S) (.liabo». in Horat. Od. A III , Ub. Il . lij rîulair. de Malign. IlcroJoti , p«g* 858.
ÀLCÉE. 3t5
El Lycum nigns oculis , nigroqne Crine décorum {"}).
C’est apparemment le meme que celui qui avait une tache au doigt, laquelle lui servait d’une parure tout-à-fait charmante , selon le goût de ce poète:
Nœvus in articulo pueri delectat Alcœum , at est corporis macula ruevusy illi tamen hoc lumen videbatur (8).
Cicéron dit en un autre lieu , qu’encore qu’Alce'e eût témoigne' beaucoup de courage , il avait rempli ses vers d’une excessive pédérastie : Fortis vir in sud republicd cognitus , quœ de juvenum amore scriput A/cæus (9) ?
En tant qu’amoureux, il se compare à un pourceau qui , mangeant un grain de gland , en dévore déjà des yeux un autre. Moi pareillement , disait - il , pendant que je jouis d’une belle fille , j’en souhaite une autre. ’A uç t<*v /3etx*for rat* ptiv %X •*» t*» F ipareu XctCùv. K èyei irait* jutxàv tav pnv tfa* , tÀv J ipcujutti xaCiiy. Scipion Gentilis rapporte cela dans scs Notes sur l’Apologie d’Apulée, page 65.
(D) Sa muse pouvait traiter noblement les matières les plus graves. ] C’est ce qui a fait dire à Horace :
El le lonanlem plenïut aureo ,
Aie are, plcclro , durit nafit ,
Dura fugtv mala , dura belli !
Thrumque sacra digna silenlto ,
Mirantur umbrte dicerc : sed inagit Pugnas et exactos tjrrannos
Ùensum hume ns bibit aure vulgus ( 10).
M. Dacier remarque sur ces paroles , i°. Que le style a Alcée était noble et fort , et quii traitait des matières plus relevées que celles que traitait S appho , qui dit de lui dans Ovide ,
Nec plus Alcteut coruors palriœtjue Lyraquc Laudu habtl, quamvis grandtus ille sonel.m
a°.Qu’Horace lui donne le plectre d’or, parce qu'il parle de celte partie de ses ouvrages , où il décrivait les guerres civiles qui étaient arrivées à Milylènet et les diverses factions des tyrans Pitt ficus , Myrsilus , Megalagyrus , les Clcanactides , et de quelques autres (il), et que ces poésies étaient appelées JïXoç’ctTtatç’uiÀ iroinpar* , poésies sur les séditions. Il cite ce passage de
(-) Hnrat. 0,1. XXXII , lib. I , vt. 6 18) Cicero dr Nalurâ Drorinu . lib. /, cap. a8. (qi Idem , TimcuI. Que»!. cap. 33.
fia) florjt. OJ. XIII , lib- II t M. iti.
■ Oviil. Epiai. XV, vi. 3p.
(il) Slrab. , lib. XIII , pag. 4?4.
Quintilien : Alcaeus in parte operis aureo plectro merito donatur qud tyrannos insectatur. Miillum etiam mort bus confert , in eloquendo brevis , et magnificus , et diligens , plerùmque Homero similis , sed in lusus et amores descendit , majoribus tamen aptior (ta). Joignez à cela l’épithète de menacanteSy qui a été donnée à scs muses,
Et Alcæi MiMACts ,
Slttichoriquc graver C amante ( 1 3).
(E) Il fut aux prises avec Pittacus.~\ 11 vomit contre lui des injures fort
grossières : il l’appela pied-plat , grosse edaine , etc. , comme nous l’apprenons de Suidas , sous le mot Tttpiirovty et de Diogene Laèrce , dans la Vie de Pittacus. La modération de celui-ci fut fort louable , et a paru telle à Valère Maxime : Pittaci quoque modéra tione pectus instructum , qui Alcœum poëtam et amaritudine odii et viribus ingenii advenus se pertinacissimè usum y tyrannidem a civibus delatam adeplus , tantummodà quid in oppri vtendo posset admonuit (i4).
(u) Quint. , lib. X, cap. I.
(i3) H oral. OJ. IX t lib. IV y vs. -.
(i4) Va 1er. Mutiin- , lib. IV , cap. J, exi.
ALCÉE , Athénien (a) , poëte tragique, fut le premier, selon quelques-uns , qui composa des tragédies. Si l’on en croit Suidas, il est différent d’ALCÉE poëte comique , le cinquième de l’ancienne comédie , et fils de Miccus. Il renonça , ce semble , à sa patrie , qui était la ville de Mitylène, et se dit Athénien (b). Il laissa dix pièces dont l’une était intitulée Pasiphaé : ce fut celle qu’il produisit lorsqu’il disputa avec Aristophane, en la4*. année de la 97e.
olympiade (c). Athénée cite quelques-unes des autres. O11 ne sait as bien si l’Endymion cité par ollux appartient à Alcée le tragique ou à Alcée le comique ;
(a) Suidas.
(b) MiTüAiirstioç, srrot ’A6»v<t7o{. Idem (e) Scholiast. Aristophan. in Arg-rmcnto Pluli.