‹ Dictionnaire historique et critiqueChapitre 96 sur 134 · G ALCÉE · texte numérisé non relu

G ALCÉE

mais il y a de l’apparence que la tous ces Alcées souffrit pour ses pièce intitulée Cœlum était du impudicités un genre ae mort premier , puiscjue Macrobe la ci- bien singulier (B). M. \ossius , te comme tragédie [d). Je trouve à la page de ses notes sur Cadans Plutarque un poète Alcée tulle, croit que ce fut celui qui qui différé de tous les précédons satirisa Philippe , roi de Macé— ( e ), et qui est peut-être le même doine. Il le prend pour le comique celui dont Porphyre a fait que , et se trompe , puisque ce mention comme d’un faiseur comique était contemporain d’A* d’iambes satiriques et d’épigram- ristophane. mes, qui avait fait un poème touchant les larcins de l’historien Éphore (f). L’ Alcée de Plutarque vivait en la 145e. olympiade, l’an de Rome 555 , comme il paraît par la chanson qu’il composa sur la bataille que Philippe , roi de Macédoine , perdit dans la Thessalie. Cette chanson faisait genre de mort bien singulier Vosfuir Philippe plus vite qu’un cerf, et amplifiait le nombre des morts , afin de lui faire plus de dépit. Néanmoins Plutarque assure que Titus Flaminius, qui avait gagné cette bataille , se trouva plus choqué des vers d’Alcée que Philippe , à cause que la chanson nommait les Étoliens avant les Romains , et semblait par— là donner aux Étoliens le principal honneur de cette victoire. Philippe se défendit contre la chanson d’ Alcée par une dt* J» vénal sur ces paroles de la Xe. Sa-

(A) Philippe se défendit contre In chanson d’ Alcée par une antre chanson ] Voici quelle en était la substance :

Sans feuille aucune , et tans etcorce aussi , Ami pa> tant , on a fait ici tendre ,

Sur ce costeau cette potence-ci ,

Expressément pour AUttut j pendre («).

(B) Un de ces Alcées souffrit un

sius rapporte (a) cette épitaphe tirée d’une Anthologie , qui n'est encore qu'en manuscrit :

’Axxcti'et/ Tatapoç owtoç o» Ixre trt» à rÙQuky oc

Tt/ut»p6( (jloiXjZ'1 yttç Ôt/yATnp fâ- <patT0f.

Cela signifie qu'Alcée mourut de la peine des adultères, qui consistait dans une certaine manière d’empaler. C’est

au'on leur fichait au fondement une es plus grosses raves que l’on trouvât. Au défaut de raves , on prenait un poisson, qui avait la tète fort grosse, comme nous l’apprend le scoliaste

tire , quosdam mocchns et mugi lis intrat. Par-là , ou comprend cette menace de Catulle :

autre chanson (À). Il faut avouer que Plutarque donne au consul romain une sensibilité bien outrée. On parle aussi d’un Alcée messénien qui vivait sous l’empire de Vespasien et sous celui Lucien parle de cette sorte de punide Titus (g). Il y a quelques-unes t*on i ma'8 ü ne décide pas si lecriroi-

de ses epigrammes dans l’Antho- ncl f » n’est pa. peu djflë-

, . ,r ° . . , , . rent de son scoliaste. ils disent tous

logie. Je 11e sais point lequel de

Ah ! tiirn te misirum , malique fati , Quem atiraclit pedibn* , patente porta , Percurrent raphanique mugiletque (3).

(d; Macroh. Saturn. , hh. V , cap. XX.

(e) Plut, in Flaminio , png. 3^3.

( f) Porpliyr. apud Euscb. Prœpar. Evang. h h. X, cap III , pag. 467.

(g) Tsctscs in Lycophr. apud Gyrald. de Pvet. Dial. X, pag. 5 13, cdit ■ anni l6y6.

(1) C'est ainsi yu’Amiot a traduit ce grec: *A<pXo»oç xat 1 oç , oJoiTop* , rù f «y*

vcptû' Axxat io> ç'ctvf'oç miyvurxt ii>jCcLTz.çm Plntarcli. in Flan». , pag. Sri.

(a) l aar Vosaiu* in Catulium , pag. 4’ - (3) ( atnl. Kpigr. XI'I , et. 17. Voyex sur ce patsa^e Partheniu» , Muret , Achille Sutios.

leux qu’on battait bien le paillard j nais le scoliaste dit qu'on ne lin ichait la rave que lorsqu'il était près l'expirer sous les coups qu’il avait ecus. Lucien nous insinue tout le :ontraire -, car le rufîen dont il parle, tyantété bien battu , sauta en bas du oit, et s’enfuit avec la rave qui lui touchait le derrière : KctTat'roy 'riyoï/c Lxo/Jtvof JitQuy t ftttyst v««f» t»» frt/ynv hCuo-juivtiç (\). De teclo dcsiliens au - ’ugit nalibus raphann oppletis . M. Vosius ne devait pas conclure de ce pasage de Lucien , que ce supplice n’éait pas mortel ; car il y a bien de upparc ce que , si le patient ne se ut sauvé , il lui en eût coûté la vie tôt •u tard. Les deux vers que M. Vossius ite , et qu’il prend pour le discours l'une adulteresse, qui disait à sa comnère que si , au lieu de la rave, on se ers ait du supplice de la croix contre eurs galans , personne ne viendrait dus vers elles : ces deux vers, dis- je, ont une meilleure preuve que les paolrs de Lucien (5). Les comment aeurs de Diogène Lacrce ont fort bien ompris à quoi Menedème visait, lors ;u il dit à un adultère insolent , que e suc des raves était utile : IT/oç It t ôt P*<ryr ôptttot /UOI^O» , ctyvoiîç , i<pn , oti ù uo»6» Kfcty.Cn ^i/Xov ï^ti 5» , atxxat ati pctq&vîj'tf (6). jiudacter cxulianli

dulttro...,. n Ignoras inquit......

on modo brassicœ succum inesse utirm , sed et raphano ».

(4) Lncisn. «te morte Peregrini.

(5) Ex Hrsyihio in pat.^ctnS'aeQnveU. Vore» itti /* Scotisme J'Ari«loniun« »ur le» Nuée». (6 Diog. Liort. , Ub. II, num. ia8. Vide •i Aldobrandinum et Menagium.

ALCHINDUS. 377

en i52i , avec les corrections d’Antoine de Fantis, médecin de Trévise , en Italie (b). On ne sait pas bien en quel temps a vécu

Alchabitius.

(6,. Gesner. in Bibliotli. et ex co Vossius de Scient. Mat hem. , pag. 354 et 3t>9.

(A) // a compose une Introduction a la (Connaissance des influences célestes ] Le titre du livre dans Gesner et dans Simler, est Isagoge ad mugisierium judiciorum aslrorum , vel ad scrutanda stellarum magisteria. Vossius le donne d'une autre manière , mais qui revient au même sens r Isa goge ad scrutanda aslrorum indicia (t).

Je pense que ma traduction française y revient aussi ; maisM. Moréri, ayant pris un mot pour un autre dans Vossius, initia pour indicia, nous a donné un titre assez incompréhensible , F Introduction pour connaître le commencement des astres II parait que Vossius avait cru lire indiciorum , où Gesner et Simler ont mis judiciorum.

Notez que le Traité d'Alcliabitius , de la Conjonction des planètes , a été traduit en français par OronceFiné (a); et que M. de la Marc , dans sa préface sur les Œuvres des quatre frères Guiions * , cite les notes manuscrites de Pierre Saumaise, conseiller au parlement de Dijon , sur Alchabitius de Inimicitiis Planetarum. Je tiens cela de M. de la Monnaie.

£1) Vomîq», de Scient. Mathcm. , pag. 3pç).

(7) Dn Verdier, Bibliothèque française,/), ao.

* Leclerc dil t/uil fallait écrire Cuyon.

ALCHABITIUS , astrologue rabe , a composé une lntroducon à la Connaissance des in — luences célestes (A). Il a écrit ussi de la Conjonction des Pla êtes, et un Traité d * Optiq ue q u i it trouvé dans un couvent d’Alnnagne , et apporté à l’auteur 11 livre de Lumine animœ. Ses uvrages d’astrologie , traduits ar Jean de Séville ( a ) , furent «primés à Venise en 1491 , avec exposition de Jean de Saxe , et

a) Joannc* Hupa’emi»,

ALCHINDUS , médecin et astrologue parmi les Arabes. Cardan l’a compté entre les douze esprits sublimes qu’il regardait comme les premiers de tous ceux qui ont excellé dans les sciences (a). C’est renchérir sur Albohazen Haly, et sur Haly Rodoan , qui lui ont déféré le titre de grand astrologue ; et sur Rasis et Mesué , qui le traitent de trèsdocte et très-expérimenté méde-

(<*) Cardan, de Suhtilit. , !ib. XVI . Naudc, dans son Apolog des grands Hommes , pag. 354. ampli fie trop le témoignage de Cardan.

ci n , et sur Averrocs et Wimpina , qui l’appellent subtil philosophe. On peut juger de son esprit et de son érudition par les deux livres imprimés que l’on a de lui : de Temporum Muta lionibus , et de Gradibus mcdic inarum composilarum investi gandis. On en trouve beaucoup d’autres cités fort souvent par les auteurs sous les titres de Ratione sex Quantitatum ; de Qùinque E ss eut iis; de Motu diurno ; de Vegetabilibus , et de Theoricd Magicarum Artium. Ce dernier ouvrage a donné sujet à tous les démon ographes de parler d’Alchindus comme d’un pernicieux magicien. François Pic et Conrad Wiinpina ont discouru amplement des hérésies , des blasphèmes et des absurdités qu’on remarque dans ce livre. Le fameux Jean Pic ne paraît pas en avoir jugé si désavantageusement , puisqu’il a dit qu’il n’avait reconnu que trois hommes qui eussent effleuré la magie naturelle et permise : savoir , Alchindus , Roger Baccon, et Guillaume, évêque de Paris. Ce qu’il y a de plus certain au dire de Gabriel Naudé , dont j’emprunte cet article , est , i° que cet ouvrage est rempli de superstitions et de doctrines tout-à-fait contraires à notre foi , et telles qu’on le doit attendre d’un mahométan qui écrit fort librement ce qu’il pense; 9°. qu’il n’y aurait nulle apparence de l’accuser de magie , puisque, bien loin de s’amuser à la magie théurgique ou goétique, son dessein n’a été autre que de rapporter à la nature tout ce que l’on attribue aux anges bons ou mauvais ; c’est ce qu’ont fait de-

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