‹ Dictionnaire iconographique des figures, légendes et actes des saints tant de l'ancienne que de la nouvelle loiChapitre 391 sur 413 · N° AL · texte numérisé non relu

N° AL

Note sur les agapes chrétiennes.

Parmi les peintures des Catacombes, on cite avec une certaine vénéralion celles qui représentent ces genres de repas de charité dits Agapes : voir ce que nous signalons à ce sujet dans notre Dictionnaire des monuments de l'antiquité chrétienne , tom. [°", pag. 27, et la note. L'ouvrage de Blanchini, Demonstratio historiæ ecclesiasticæ, comprobata monumentis, etc., renferme aussi de savants documents sur les agapes. Voir le texte, tom. 11, pag. 343 à 346.

Paciaudi, dans son ouvrage Anfiquitales christianæ , 1 vol. in-k°, pag. 155, cite une dissertation de Muratori, de Agapis sublalis, insérée au tome 1“ des Anecdotorum Græcorum, Patav., 1709. On trouve encore , pag. 345 du même ouvrage de Paciaudi, d’autres indications, à savoir, un traité de Stolbergius, de veter. Christianorum Agapis, Vitemberg, 1673; un autre de Schurzfleischius,de veter. Agaparum ritu, Vitemb., 1690; de Quistorpius, de Agapis nascentis Ecclesiæ christianæ, Rostochii, 1711, et enfin Boehmerus, in Disserlatione juris ecclesiastici, etc., tous écrivains que Ciampini déclare être orthodoxes (notissimos orthodoxos scriptores), ce qui est très-important en pareille matière. On peut lire aussi avec fruit ce qu'a écrit sur les agapes Magri ou Macri, dans son Hierolexicon, pag. 15, qui résume en deux colonnes {out ce que la discipline de l'Eglise avait réglé au sujet de ces repas. Les Pères el les conciles y sont cités en grand nombre, ainsi que divers auteurs ccciésiastiques qui ont traité ectte matière.

Nous comptions trouver de nouvelles lumières sur les peintures des Calacombes qui représentent, dit-on, les agapes, dans le savant ouvrage de M. l'abbé Gerbet, Esquisse sur Rome chrétienne, que nous avons cité souvent dans ces Appendices; mais nous n'avons rien trouvé à ce sujet dans les deux volumes publiés. Sans doute que l’auteur, qui à tout vu el avec tant de soins dans

déployé toute leur poétique richesse, voir leurs développements, pages 224 et suiv, du tome ler, (1) Comme le prouve ce texte de Cicéron : Asinius

les Catacombes , n’a pules passer sous silence sans quelque motif grave, ou qu’il en parlera dans son HI‘ volume; autrement celte lacune serait inexplicable.

En attendant ce qu’en dira le savant abbé, nous allons lâcher d’y suppléer de noire mieux par l’analyse d'un Mémoire consacré à l’étude de ces peintures qu’il est assez difficile de se procurer dans les bibliothèques, et qui est d'autant plus coûteux à acheter qu’il fait partie d’une suite volumineuse d'autres Mémoires dont il est rarement détaché.

Recherches sur les agapes et les peintures chrétiennes qui les représentent aux Catacombes. (Extrait du tome XHIE° des Mémoires de l’Académie des inscriptions et belles lettres, nouvelle série.)

Les peintures des Catacombes qui représentent le repas des agapes, sont-elles des types primitifs de l’art chrétien, et d’un art purement chrétien, ou les artistes chrétiens se sont-ils inspirés sur des monuments de l’art antique pour exprimer leurs idées?

Telle est la question doublement importante qui à déjà orcupé les antiquaires et qui est traitée à fond dans un mémoire d’un savant archéologue de l{nstitu!, dont nous allons essayer de donner une analyse succincte qui se rattache tout naturellement à divers articles déjà publiés sur lesantiquités chrétiennes dans ces Appendices.

Le cimetière de Saint-Pierre et Saint Marcellin passe pour le plus ancien de tous les cimetières des Catacombes, après celui de Saint-Calixte, puisqu'il doit correspondre, en partie du moins, à ces carrières nommées dans l'antiquité, arenariæ eæquiliniæ, pratiquées sous Rome dès le temps de la république romaine (1). C’est là que se trouve la représentation la plus complète d'un des usages qui caractérisent le plus le génie de la primitive Eglise, en même temps qu'il se rattache plus directement aux traditions de

aulem..…. quasi in hortulos irei, in arenarias quasdam extra porlam Exquiliniam perductus occiditur,.. (Pro Cluentio, cap. 13.)

l'antiquité profane (1). Il s’agit de ces repas, nommés agapes (2), qui succédaient, dans les jours de fêtes des martyrs, à l’accomplissement des saints mystères, et dont les peintures des Catacombes nous ont conservé les précieux souvenirs et les traces nombreuses (3). Il y avait plusieurs sortes d’agapes: celles des mariages, des dédicaces, des naisgancrs et des funérailles (connubiales, dedivatoriæ, funeroles, natalitiæ (k); et c'est surtout de ces dernières agapes que Îles peintures des Catacombes ontle plus conservé de nombreux el intéressants souvenirs.

On sait, dit Juste-Lipse (5), que ce fut une coutume généralement observée chez les anciens, de célébrer das les familles, par des libations et des sacrifices, suivis d’un repas, l'anniversaire du jour qui avail enlevé un membre de la famille. Ce repas élait nommé chez les Grecs, repidermvo, "Exarns Seirs.s: chez les Latins, compotatio, silicernium (6), et célébré pendant neul jours après les funérailies, cœna novemdialis (T), et avait lieu près des tombeaux des families, dans la partie du tombeau nommée tricéinium funedre (8), du moins pour les riches. Les pauvres ou les familles moins opulentes se contentaient, au retour du repas funèbre, de déposer sur le tombeau ou dans l’intéricur des aliments, teis que du vin et de l’eau et d’autres comestibles (9). Tel était ce repas chez les anciens, constaté par une foule de monuments grecs et romains, surtout à Naples, et par les tombeaux étrusques récemment découverts.

Les savants qui ont écrit sur les antiquités ecclésiastiques, tels que Sévérano (10), Buonarotti (11), ainsi que Paciaudi (12), Mamachi (13), Casalius (14), out recueilli tous les témoignages qui prouvent lancienneté du repas des agapes en usage dans la primitive Eglise (15). Où peut en effet en faire remonter l'instilution au temps même des

(4) C'est ce qui fait précisément le sujet des diversités d'opinions qui divisent les savants depuis Bosio jusqu'a nos jours.

(2) Da mot grec &yarn, qui signifie charité, amour.

(3) Voici les auteurs eu les ouvrages iles plus remarquables qui s'en sont occupés : Aringii, Rom. sotteran., H, 599, 608; Buonarotti, Verri anichi, 115 et 131; Boldetti, Osservazioni, etc., 68; Mamachi Auntig. Chrishan., NE, 344; Georges-Fréd. Faut, Dissertai. de Agapis, Upsaliæ, 1895 ; Théoph.-Fréi. Drescher, de veterum Christ. Agapis, Giesæ, 1824 ; Pellica, Eccles. Christ. med, œvi politic., in-8”.

(4) Sur les Natalitiæ, voir teme XI des Mémoires de l'Académie ; sur celles des chrétiens, voir les précieux documents donnés par lPaciaudi, Anquitates christianæ, ete,, in-4°, pag 88 et suiv.

(5) duste-Lipse est un des savants les plus versés dans la connaissance des antiquités romaines, Îl a écrit en 1500 environ.

{6j Festus, verbe Silicernium.

(7j Tacite, Annales, vi, 5. Juste-Lipse, loco citato.

(8) Voir dans Micali le plan d’un tombeau avec son triclinium nouvellement découvert à Chiusi,

(9) Les vases étrusques représentent souvent ces sortes de cérémonies funèbres, indiquées par un homme couché sur un lit devant une table garnie de mels, eh une ou plusieurs personnes de la fanulle assi-

APPENDICES

apôtres; car, sans s'arrêter au texte contesté de la Lettre de saint Jude, vers. 12, ?» raie dyaraïs duëv, C'est bien des agapes qu’il est question dans la °° Epître aux Corinthiens, x1, 33 et dans les Actes des apôtres, où ces repas sunt désignés sous le nom de Tpureta , V1, 2, et sous celui de rpzn, 11, 46; et, d’après saint Paul, on voit que l’abus des agapes est presque aussi ancien que leur institution. Il est curieux de retrouver dans la fameuse leltre de Pline à Trajan {x, 97) la preuve de cet usage chez les chrétiens...

Coire ad capiendum cibum promiscuum , tamen et innoxium.

Ce quiest plus important encore et ce qui n'est pas moins avéré, c’est que le principal molif qu'ont eu les chrétiens en s’emparant d’une pareille institution, d’origine toute païenne, en lPappropriant au génie de leur culte, fut d'attirer au sein de l'Eglise, par une avalogie apparente, les esprits grossiers d’une multitude familiarisée depuis des siè cles avec l'usage de ces repas funèbres. Il entra de tout temps dans ce que l’on pourrait appeler la sage et industrieuse politique de l'Eglise, de tirer des erreurs et des faiblesses humaines tout le parti que pouvail comporter la sévère doctrine de l'Evangile, afin de multiplier les conversions.

L'iustitution des agapes, imitée du stlicernium des anciens, fut comme un innocent stratagème employé par la primitive Eglise pour gagner les cœurs à -la foi chrétienne.

Les lémoignages de saint Grégoire de Nysse, de saint Paulin de Nole et du pape saint Grégoire Le Grand suffisent pour ne laisser aucun doute à cet égard (16). A l’aide d'une pratique si connue , dont l'Eglise se bornait de changer l’objet et de purifier linteuton, le peuple, toujours esclave des anciennes habitudes, se laissait tout doucement attirer du culte païen des mânes au culte chrétien des martyrs. Dans celle heureuse transition d’un

ses ou debout près le personnage couché, Voir Passeri, Monumenti del Museo Nano, planche XXXV...

Quelqueluis au-dessus du personnage se voit la parue antérieure d’un cheval, bas-relief du Museo di Mantua, &, planche XHH. Journal des savants, février 1834, page 77. Ce genre de scènes domestiques où de Pintérieur de famille a été l'occasion de plusieurs dissertations intéressantes et remplies d'érudiiion, insérées dans la Revue archéologique, publiée par Leleux, libraire-éditeur à Paris. Voir Panuée 1846, piges 9, 85, 92, 97, 218, 347, 549.

(10) Sévérano, de Cryptis Vaticanis, À vol. in-8.

(11) Osservazioni istoriche sopra alcuni medaglioni. Rome, 10958, in-4°, sans noi d'auteur. Osserrazioni sopra alcuni framenti di vasi artichi di Vetro, in-4°.

(12) Antiquitates Christiane, sive de cultu Joannis Baptistæ, in-4°, pages 159, 345.

(15) Origines et antiquitates Christiane.

(14) De Kitibus Christianorum, in-4°, page 132,

(15) Voir aussi tous les au eurs cités par Fabricius, Bibliotheca antiquaria, in-4, p. 564.

(16) Ces témoignages sont recueillis dans Boldetti, Osservaziont, page 406. Bäronius, in prænoc. ad M:rlyrol , ©. 4, rapporte en Lémoiguage un texte positif de saint Grégoire le Fhaumaturge, (S. Paulinus Noi., Natal. 1x S. Fcliciæ. S. Gregor., w Regist., Lin. epist. 74, ad Melituim.}

système à l'autre (1), des festins célébrés sur

des tombeaux servaient à la fois de lien avec l’ancien ordre de choses, et d’appât pour le nouveau. Les chrétiens les plus éclairés, tel que saint Augustin (2), s’applaudissaient même de celte espèce de douce surprise et de contrainte innocente, exercées au profit du nouveau culte sur les habitudes du paganisme.La charité qui présidait aux agapes et qui en avait fourni le nom, fut un de ces moyens employés pour en rendre l'effet plus salutaire, moyens dont l'humaïité avait à se réjouir autant que la religion elle même.

L'abondance de ces repas, ordonnés par la libéralité des riches, servait, en certaines occasions, à alimenter toute une commune chrétienne, et les pauvres qu'on y invitait comme convives s’en reliraiient souvent prosélytes; c’est encore saint Augustin qui nous l'atteste (3), et l'usage touchant qui s’est conservé parmi les catho'iques, d'admettre aux funérailles des gens riches plusieurs pauvres à qui l’on donne un cierge, des vivres et des vêtements, pourrait bien être une tradilion des agapes primitives. L'on connaît les tristes abus qui se glissèrent dans celle sage instilution et les invectives des autorités ecciésiastiques contre les désordres qui finiren! par la défigurerentièrement. À Antioche, on se livrait à des danses profanes, jusque dans le sanctuaire de l'église et près des tombeaux des martyrs (k). En Espagne, l'iubumalion des chrétiens fut souvent profanée par des cérémonies païennes et même des sacrifices, contre lesquels s'éleva avec véhémence le zèle de saint Cyprien (5). Ailleurs, ces pieuses solennités furent converties en occasion de fêtes toutes profanes, en foires et marchés qui alliraient un concours immense de curieux, de marchands et de spéculateurs (6).

Dès le temps de Cassidore (7), on voit ce mélange de sacré et de profane, de religion et de commerce déjà dans toute sa force, et c'est encore là une de ces traditions de l’anliquilé qui sont venues jusqu'à nous à {ravers tous les siècles, le moyen âge (8:,et toutes les formes de la civilisation. D'autres

(4) L'auteur aurait pu dire, d'une religion lausse à une religion vraie,

(2) S. Augustin,, de Civit. Dei, vin, 27.

Confession., vtr, 2.

(3) August., contr. Festum, lib, xx. cap. 20, et les Sacri Monum. Antichi di Milano du P, AHegranza, p. 190, qui y cite à ce sujet le témoignage &e l’ancien au teur des commentaires sur Job attribués à Origène.

(4) Théodoret, Histor. eccl., 11, 27. Chrysot, homil. xxvn. Grégoire de Naz., Carm. x. S. Paulin de Nole, Epist. xur, 11.

(5) Cypran., Epist. 67

(5) On sait à quoi s'en tenir à ce sujet. Mais c’est su Loul à notre époque qu'il faut voir les fêtes soi-di- Sant patronales de la banlieue de Paris : les programmes sont ordinairement ainsi conçus : Grand bal, Courses d'ânes qu de chevaux, J'oûtes sur l'eau, Valtiges, Feu d'artifice, Hluminations, ete. Quant aux saints eux;imêmes , il n’en est pas plus question que s'ils n'avaient jamais véeu, c’est à l'Eglise à s'arranger avec eux : il faut que le peuple s'amuse!

(1) Célèbre fondateur de mouastères vers l'an 540,

Idem,

APPENDICES

excès, qui s’introduisirent rapidement au sein de celle pieuse institution, en amenèrent la suppression.

Qu'on était loin alors de ces temps où, lorsque l'Eglise persécutée célébrait sur les tombeaux de ses martyrs la mémoire de ces glorieux champions de sa foi, la vue de ces lombeaux, qui rendait alors à chaque instant présent à tous ces esprits le souvenir de leurs vertus et celui de leurs souffrances, ne permettait pas de se livrer en des lieux si respectibles aux éclats d'une joie toute profane et surtout licencieuse! Alors la fi était dans toute sa sévérité, ceux qu’on admettait dans les assemblées chrétiennes étaient moins nombreux et plus choisis, lerespect profond, le silence sévèrement gardé, toutes les intentions pures. Alors les agapes devaient se célébrer avec autant de modestie que de frugalité, el comme le comportaient la nécessité des {temps et l’objet de ces picuses réunions. Tertullien nous a tracé un tableau à la fois sévère et touchant de la charité, qui faisail des agapes un devoir de charité et un acte de tempérance (9). La poésie chrétienne n’a pas oublié ce texte de Tertullien, pour tirer de l’indigence primitive des agapes une éclatante lecon de sobriété chrétienne (10). Mais lorsque la terreur des persécutions fut passée et que la célébration des agapes fut transportée de la sombre obscurité des Catacombes à la lumière du jour, du voisinage des lombeaux et du sang des martyrs, dans les pompeuses habitations des riches, alors la modestie el la tempérance de ces repas de charité ne furent bientôt plus qu'une occasion pour le riche d’étaler son luxe et sa vanité, et aux pauvres de se livrer à l'intempérance

et à des joies dissolues ; et ces repas, d’abord

si recommandables par leur institution, farent presque changés en de honteuses orgiesoules pauvres n'étaient plus admis. Saint Ambroise les condamna sans restriction, attendu qu’ils n'étaient plus qu'une imitation complète de la superstition paienne({1). Saint Augustin, tout en défendant encore le principe, s’éleva sévèrement contre ies abus. Les excès en vinrent à un tel point, que, non

et qni à considérablement écrit sur toutes sortes de questions ecclésiastiques et philosophiques. H'avait réuni dans sa belle solitude du Mont-Cassin une bibliothèque aussi riche que bien choisie.

(8) On sait avec quelle véhémence et quelle conslance, souvent infruciueuses, les évêques et les con ciles se sont éievés à cetie époque et même plus tard contre les désordres et les extravasanees des fêtes, soi-disa:l chrétiennes, dites de PA, des Fous, des Saints-Lanocents, du Feu de la Saint-Jean, dont tant d'écrivains mal intentionnés ont vré de pertlides inductions, mais toujours açant lhypoerite attention, pour mieux tromper les ignorants, de garder un profond silence sur les efforts réilérés de l'Eglise pour s'opposer à tont ce qui est contraire aux bonnes mœurs et à une piété éclairée.

(9) Voirses Œuvres apologétiques, pige 96 de la traduetion de lPabhé de Gourey, et page 406 da He voi. de ia Bibliothèque sacrée, de lab! é Guillon,

(10) Miuutius Féiix, tome HH, page 284.

(41) S. August. , Confess., v1, 2. S, Ambroise, Contra Faust., xx, 21.

content de souiller l'institution, on arriva jusqu’à profaner les cimetières chrétiens, qui devinrent souvent des théâtres d'ivresse, et les tombeanux mêmes des martyrs servirent quelquefois de tables à des repas effrénés dont les catacombes et les basiliques furent même quelquefois les tristes témoins (1).

Les païens, trop habitués à se livrer aux plus honteux excès, furent facilement portés, dès le commencement, à d’odieuses suppositions, pensant se disculper en diffamant leurs adversaires et se faisant de leur propre honte un moyen de calomnies. L’A4pologie de Minutius Félix (2) fut en partie faite pour repousser des impulations absurdes et d'autant plus odieuses qu’à celte époque les agapes n'étaient pas encore tombées dans les abus criants dont plus tard elles furentsouillées, et d’ailleurs les imputations des païens s’atlaquaient au saint sacrifice même et en dénaturait la plus imposante cérémonie.

Mais venons à l’examen des peintures des Catacombes qui nous ont conservé l’histoire si curieuse de ces repas, et voyons comment les chrétiens surent mettre à profit les monuments de l’art païen pour formuler leurs propres idées.

De ‘toutes les peintures relatives aux agapes, une des plus curieuses est sans contredit celle de la Catacombe des saints Marcellin et Pierre, reproduite par Rottari (3), tom. IT, tabul. cxxvu, p. 168. Cette peinture occupe l’arc d’une niche sépulcrale ornée, dans sa partie supérieure, d’une figure du Bon Pasteur. On y voit un homme entre deux femmes, assis autour d’une table nommée sigma, parce qu’elle a la forme d’un croissant, devenu à cette époque le nom d’une lettre grecque. On n'y voit aucun mets, attendu que, suivant l’usage antique, ils se posaient sur une table (4) voisine, ainsi que les vases el autres ustensiles d’un repas.

On y distingue le couteau, deux pains et un auimal entier. Le jeune homme debout, vêlu d’une (unique courte, est sans doute l’un de ces esclaves qui remplissaient la fonction de verser à boire aux convives, de découper les viandes et de les servir, et même de goûter les boissons et les viandes, suivant que nous l’atteste le témoignage de toute l'antiquité (5). Quant aux deux femmes , M. Raoul Rochette, à qui nous empruntons

(1) Mais du moins si des chrétiens furent assez aveugles, assez coupables, pour ‘tomber dans de tels excès, bien souvent grossis par la méchanceté et la haine des paiens, l'Eglise et ses ministres ne cessèrent de condamner ceux qui les commirent, tandis que dans le paganisme ces excès faisaient partie de la religion et de son eulte ; les dieux en donnaient l'exemple, et leurs infamies étaient consacrées par des apothéoses. Les chrétiens coupables sont toujours condamnés et même chassés de l'Eglise lorsque les scandales le réclament , le pardon n’est accordé qu’au repentir sincère. Le paien n’est même pas coupable : il honore les dieux en insuliant la morale et les mœurs.

(2) Minutius Félix, Oectav., ç. xxx1. Tertullien, Apolog., ©. Vi el xxx1x,

APPENDICES

tous ces détails, pense que ce sont deux de ces præqustatrices, ou peut-être deux joueuses de flûte, dont les fonctions sont clairement élablies par les deux inscriptions placées au-dessus de leurs têtes.

Les noms qui sont grecs sont assez significatifs. Ce sont ceux de la Paix et de la Charité, pour exprimer le but même des agapes, destinées dans le principe à entretenir {a paix et La charité parmi les chrétiens, qui suivaient en ceci l’usage des anciens d'avoir de l’eau chaude et de l’eau froide pour les mélanger avec le vin dans une proportion déterminée (6).

IRENE DA CALDA. AGAPE MISCE MI.

Le nombre de trois convives ici représentés est d'accord avec une règle attestée par Varron et Horace, qui prescrit ni moins de trois ni plus de neuf.

Tout donc dans cette peinture, meubles, vases, habits, usages, est emprunté à des données antiques. Tout prouve que cette peinture, qui est chrétienne, est une réminiscence fidèle des mœurs antiques, à tel point que les peintures des Catacombes peuvent servir à expliquer bien des particularités d’une autre civilisation qui s’y retrouvent à chaque instant. C’est le fond de la même s0ciété, dont une portion sanctifie par le christianisme des usages et des prescriptions pris au foyer domestique et dans les habitudes de ia civilisation en vigueur. Ce qui est une preuve de la nécessité de les éludier sous leur véritable point de vue, pour ne pas tomber dans l’erreur de quelques savants (7) qui ne voulaient y voir que des objets d’antiquités ecclésiastiques, tandis que d’autres (8) n’y voulaient voir que les tristes monuments de la décadence, mais qui, envisagés complétement et sous toutes leurs faces, offrent à l’antiquaire une foule de traditions et de réminiscences propres à éclairer à la fois le génie de l'antiquité et celui du christianisme.

Une autre peinture du cimetière de Saint- Calixte, publiée aussi par Bottari (9), représente six personnes, bommes et femmes, assises à un banquet funèbre autour d’un coussin en guise de table. Près d’eux une femme voilée qu’un personnage vêlu vieut d’introduire dans la salle du festin. Cette composiion semble avoir été copiée sur une de ces peintures antiques représentant l'dne intro-

(3) Pitture e Sculiure sagre.

(4) Cette table, ordinairement ronde et posée sur trois pieds, se nommait cibilla, comme on en voit si souvent sur les bas-reliefs et sur les vases peints et les peintures murales.

(>) Ces témoignages sont réunis dans Bottari, page 170. (Pitture e Sculiure sagre.)

(6) Les témoignages relatifs à cet usage antique sont recueillis par Georges-Christ Gebauer, dans une dissertation, De Caldæ et Caldi apud veteres potn; Lipsiæ, 1724. Voir aussi le Banquet d'Athénée, Liv. 1, c. 16, page 123, tome 1, page 471, édiuon Schw.

(7) ‘rels que Buonaronti.

(8) Tels que d'Agincourt.

(3) Putture e Sculiure sayre, iome JE, pages 1, 119 er 218.

duite par Mercure dans l'asile du repos éternel (1). L'arbre qu’on y voit représenté est un symbole des Champs-Elysées, comme le prouve une foule de monuments antiques , comme sur des monuments chrétiens ils représentent le Paradis.

Bottari a vu dans cette peinture une vierge chrétienne, introduite au banquet céleste par son ange gardien. M. Raoul Rochette ne conteste pas cette manière de représenter une parabole chrétienne, et d'interpréter le sujet qui nous occupe; mais il prétend que cette peinture est dans tous ses détails empruntée à une composition antique, comme le prouve l'amphore de vin, dont Bottari ne fait pas mention, et dressée contre la muraille au moyen d’un ustensile de bois nommé en grec &yy)6à a, dont il est fait mention dans quelqres auteurs anciens (2)

M. Raoul Rochette examine avec une grande érudition plusieurs autres peintures, dont l’une représente, suivant lui el Bottari, le Christ et sa inère; etil se livre à ce sujet à diverses considérations sur les types des figures de ces deux personnages : à savoir, si le Christ doit être représenté barbu ou non ; quelle est la véritable origine du nimbe que porte Jésus-Christ, et cite à ce sujet {3) les opinions de plusieurs savants, tels que Visconti, Bottari, Marangoni, Munter, dont il

APPENDICES

résume les avis divers plus ou moins rapprochés.

Puis vient une autre peinture représen— tant les dmes chrétiennes reçues au tribunal du souverain juge (k), que M. Raoul Rochette prouve presque calquée sur un basrelief antique, représentant Mercure con= duisant les âmes aux enfers, mais dont il conteste l’explication qu’en fait Bottari, qui pensait y voir la parabole des Vierges se rendant au-devant de l’'Epoux de l’'Evangile, lorsque cette parabole est réellement el très - exactement représentée dans une peinture de la catacombe Sainte-Agnès (%). où lon voit cinq vierges dont la première semble frapper à la porte de l’Epoux et tient un flambeau allumé avec un vase d’eau lustrale, tandis que les autres portent avec le même vase un objet mal figuré qui doit être un rameau ou un flambeau. Nous pourrions pousser ces détails beaucoup plus loin, mais ceux-ci suffisent au but que nous nous sommes proposé, à savoir, de faire connaître l’importance des peintures des Catacombes, l’orisine des agapes chrétiennes, et la ma pière dont le christianisme sait sanctifier les choses les plus simples et les ramener au seul point de vue qui puisse améliorer les hommes sans les faire rompre avec les traditions depuis longtemns consacrées.

Corporations et confréries, étendards, patrons, processions, figures des métiers, ateliers, etc.

Les confréries et les corporations sont deux des fleurons les plus poétiques et les plus remarquables du moyen âge, à cette époque où l'esprit de foi et de famille était si vivace, si fort, si enraciné dans toutes les institutions religieuses, civiles et militaires de l’Europe chrétienne, el servait comme de ralliement et de sauvegarde à toute la s0ciété, Nous n'avons pas la prétention de vouloir essayer le tableau de ces deux institulions, nous n’en avons ni le talent, ni le temps ; mais comme, dans notre Dictionnaire iconographique, nous cilons des séries de saints el de saintes invoqués comme patrons et palronnes des confréries et des corporations, el souvent représentés sur leurs éltendards et leurs bannières (6), sur leurs sceaux, leurs armoiries, leurs insignes, etc., nous voulons ici indiquer, du moins d’une ma-—

(1) Bas-relief antique grec du Museo di Mantua, tome , tavola 11.

(2) Athénée, lib, v, page 210 CG, tome Il, page 5iv, edit. Schw. Venuli, Saggi di Cortona', 1ome 1, dissert. viir, page 83. Raoul Rochette, Wouce sur les vases de Bernay, page 27. Buonarotti, Verri entichi, page 215.

(3) Voir page 148 et suiv. du Mémoire, tome XIE des Mémoires de l'Académie des inscriptions et belleslettres.

(4) Bottari, table n1, pages 114 et 218.

(5) Aringhi, Roma subterranea, tome I, page 49). Boltari, Püture, ete,, tome HE, table cxzvur, page 70,

(6) A ce sujet nous ne pouvons passer sous silence yne des planches gravées dans ia Chronique générale d'Alsace, À vol. in-4°, par Jacob de Konigshoven, 1698,

nière succincte, les auteurs et les ouvrages qui s’en sont occupés plus spécialement.

Ainsi l’on trouve, pag. 70 et 71 de l’Zkonographie der Heiligen du colonel Radowitz, que nous citons page 18 de notre /ntroduclion, une liste des saints ou saintes invoqués par les diverses corporations d’arts ou métiers pendant tout le moyen âge. Il à para en 1849 une notice de M. A. Perreau, intitulée : Recherches sur les corporations des méiiers de la ville de Maestricht et sur les méréaux de ces réunions industrielles. A la fin de sa Notice se trouvent plusieurs planches représentant une suite de méréaux où se voient quelques-uns des saints qui servaient de patrons à ces métiers.

En 1847, M. Félix Vigne, déjà connu par d'importants ouvrages, a publié un livre fort curieux, intitulé : Recherck s histori-

qui représente une suite de figures des divers chefs de corps des métiers de Strasbourg, marchant en guerre contre Berthold de Buchect, achevêque de Sirasbourg, avec lequel ils étaient en réclamations. On y voit dix-huit bannières de divers métiers précédées de celle de la ville représentant la sainte Vierge, sa patronne, qui à les bras élevés et tient l'enfant Jésus bénissant. Sur ces bannières sont les divers outils des professions. Ces deux curieuses planches ont été exécutées d’après des vitraux provenant d’une église de Strasbourg et déposés depuis longtemps à la Bibliothèque de cette ville. Pour plus amples détails, voir au mot Métiers , suppléments de notre Dictionnaire iconographique des monuments portefeuille n° IX, à la bibliothèque Mazarine,

ques sur les costumes civils ef militaires des Gildes et des corporations de métiers, leurs drapeaux, armes, blasons, etc., avec une introduction historique par M. G. Stecher. Ce livre est accompagné de planches tirées en couleurs, où l’on trouve représentés divers patrons sur les armoiries, drapeaux, écussons, ete., de chacun des métiers. On y trouve citées également {ce que Île titre ne dit pas) une foule de confréries avec les noms de leurs bannières (Voir pages 19, 20, 38), une liste de saints patrons des métiers, pag. 59 et suiv. Viennent ensuite ceux des nations, ou corps de métiers, voir page 58, planche 16. On donne les détails du magnifique collier des chefs de la corporation des Orfèvres, chef-d'œuvre de travail et de dessin (1).

Les noms des banniéres des méliers sont donnés page 63 (2); la forme, les couleurs, l’étoffe des drapeaux, page 68; la description d’une procession qui eut lieu au commencement du xvi° siècle. Voir même page.

En 1846, l'abbé Lochet du Mans à publié une notice , intitulée : Coup d'œil général sur l'histoire des confréries ou corporations de métiers dans la province du Maine... I

était beau, dit l’auteur, de voir, à la fête du,

Saint-Sacrement, défiler, chacune selon son rang et dans un ordre admirable, ces confréries d’une même ville ayant à leur tête la châsse, la banuière et l'image du patron qu'elles s'étaient choisi parmi Îles saints dont plusieurs avaient bien souvent (3) exercé durant leur vie le même métier que les confrères; mélant ainsi les splendeurs de leurs richesses de corporations aux pompes maguifiques de la religion.

En 1837, M. de la Fontenelle de Vaudoré,

(1) On trouve représenté sur ce collier tout ce qui concerne le travail de l’orfévrerie depuis l'extraction de la matière première jusqu'aux détails les plus curieux de la fabricauon et de la confection.

(2) En 1467, soixante-douze de ces bannières, qui servaient de signe de ralliement dans les fréquentes séditions du peuple de Gand, de Liége et d'ailleurs, furent déposées aux pieds du duc Charles le Téméraire, après la défaite des Liégeois, el envoyées par ses ordres à B u'ogne-sur-Mer pour être suspendues dans la chapelle de Notre-Dame, en face de son iniage, Comme un gage de sa victoire et de sa recounaissance. Voir l'Histoire de Notre- Dame de Boulogne , par l'abbé Antoine Leroy, chanoine de la Cathédrale d'Arras , etc. , in-8°, page 45, édition de 48359, On trouve dans ce curieux volume l'énaméra- Uüon d’une fouie d’offrandes faites en ex-voto à cette chapelle. Voir pages 46, 48, 50, 51, 52, 57. Quant aux offrandes de Louis XE, elles sont d’un caractè e si peu honorable, que nous les passons sous siienee : l'ambition et l'hypocrisie en faisaient tous les frais. Puis viennent les offrandes et les ex-voto plus désintéressés et vraiment religieux de Char les VIH, de Marie d'Angleterre, de Louis XH, d François Ir ; puis celles de princes, de seigneurs, de grauds digaitaires, qui tous viennent rendre leurs honunages à la Reine du ciel. On en trouve les délails pases 06 à 74.

(à) Les coufréries se chaisissaient quelquefois des patrons parmi les saints qui n'avaient jainais exercé leurs méiers; ainsi saint Nicolas est quelauelois le patron des avocats; saint Louis, celui des

APPENDICES

membre de plusieurs sociétés savantes, a pu blié une savante brochure intitulée : Les Arts el Métiers à Poitiers pendant les xn°, xiv° et xv° siècles. On y trouve des détails curieux sur les règlements et statuts des diverses confréries ou corporations des métiers pendant ces trois siècles du moyen âge, et l'on y remarque que, pendant ces siècles que l’on à voulu faire passer comme des temps d'oppression et de barbarie, les ouvriers étaient plus protégés, plus estimés et moins malheureux, lorsqu'ils étaientainsiorganisés sous l'influence paternelle du christianisme, qu’à nos époques de prétendu progrès, où, abandonnés à eux-mêmes, livrés à tous les genres de corruption, exploités sans pitié par des maîtres sans religion, ils ont pris eux-mémes l habitude de s'affranchir des pratiques religieuses, qui les laissaient réellement li.

‘ bres, entourés d’une considération méritée

par leur bonne conduite, et de privilèges qui garantissaient leur avenir, et les sauvaient, pour le plus grand nombre, de ces idées de fausse indépendance, qui se résolvent ordinairement en mauvaises habitudes, finissent tôt ou tard par porter le trouble dans la famille, et préparent d’une manière effrayante tant d'éléments de dissolution sociale (4).

En 1846, M. A. Leymarie, archiviste du département de l'Yonne, publia une Histoire du Limousin, 2 vol. in-8°, dans laquelle cet auteur n'a pas oublié ce qui concerne les corporations. Voir le tome 1°" depuis la page 241 jusqu’à celle 311. Page 285, l’auteur donne des détails très-élendus sur Porigine des confréries et toutes les associations religieuses.…. I dit, page 288, qu'il y avait au moyen âge trois espèces principales de

marchands, des perruquiers, ete. ; sainte Anne, celle des tonneliers ; saint Pierre , celui des serrururiers; Saint Barthélemy , celui des bouchers ; sainte Geneviève, celle des ciriers ; la sainte Trinité, celle des tailleurs, ete. Les motifs de ces choix , qui nous paraissent souvent bizarres ou ridicules, doivent être consignés dans des livres ad hoc, mais nous ne les connaissons pas assez pour les indiquer.

(4) On aura beau faire, jamais les utopies philanthropiques ne pourront remplacer l’action si simple, si facile à comprendre et à appliquer, du christianisme, qui, lui, ne dévore pas la substance du pauvre par des spéculations ruineuses, lointaines el toujours personnelles, mais lui donne, avec le pain, le sentiment de sa dignité d'homme, en lui disant qu’il est l'égal de celui qui lui donne, que !+ riche n'est que le dispensateur ce la Providence, qu’il lui demande ses prières pour prix de sa charité, le soigne, le console et le siuve, sinon de la misère, mais toujours du désespoir. Quelle parole eonsolante la philauthropie adresse-t ele au pauvre? Elle ne jui parle que de ses intérêts matériels, elle le nourrit peut-être, mais elle le laisse toujours vis-à-vis de Ini-mêime et saus avenir meilleur. Après-sa mort, le pauvre, pour la philanthropie, est comme S'il n'avait jamais existé, Dans le christiinisme, après sa mort, le pauvre devient bien souvent le patron du riche et son protecteur auprès de Dieu. Des phrases emphatiques ou rouflantes ne peuvent combler l'abime du cœur humain ; riche ou pauvre, il'lui faut une éternité.

confréries, celles de dévotion, celles de charité, celles des métiers... Le caractère et le but de chacune de ces confréries sont expliqués avec beaucoup d'intérêt. On y remarque celle qui se consacrail à accompagner les condamnés à mort, el dont les associés montaieut sur la charrelte où le patient était attaché, lui prodiguant {ous les secours que la religion chrétienne senle peut dosner, en excitant le repentir et en lui donnant l’absolution de son crime, s’il s’en repentait avec sincérité. Pages 302 à 398, il est question des cérémonies religieuses, des bannières, des costumes de fêtes, des mystères, des processions, desex-voto,elc., qui venaient chaque année remelire en vigueur Îles vieilles tradilions de chaque institulion.

M. de Marchangy, tome V de {a France au xiv° siècle, parle aussi des confréries comme ayant pour batde maintenir Punion, la paix et la liberté légitime des classes ouvrières. Les princes s’y sant quelquefois alfiliés. On y chantait le Vent Creator entre le second service el le dessert, Voir les autorités que cite l’auteur à la page #36, et à la page #37 une description de repas des confrères. Tome V1, page 273, il parle du classement des corporations; il y nomme celle des Frères Poatifés, ou constructeurs de ponts, dont le patron était saint Bénézet (1). (Voir page505.)

En 1849-50, il à paru, à la librairie Le Brument, à Paris,une Histoire des anciennes corporalions d'aris et métiers et des confréries religieuses de la capitale de Normandie, par M. Ch. Ouin-Lacroix, théologien de l’université de Rome, ete., 4 frt volume in-&, enrichi de 29 dessins représentant les armoiries des métiers.

Les Armoiries des corps de méliers dans le Tonnerrois, { vol. in-8°, par M. Le Maistre, correspondant du Comité historique, ete., 4 planche double, donnent les armoiries de 21 corps de métiers. Paris, 18%,

Dans l'ouvrage intitulé: La Touraine ancienne el moderne, par Steph. Bellanger, 1 vol. in-8&, on trouve une planche, sous le n° 5, représentant les armoiries de 13 à 14 corps de métiers distincts (2).

Au portail ouest de l'église saint Vulfranc d’Abbeville, qui date du xv° au xvi‘ siècle, on voit sculptés les patrons des confréries existantes à cette époque, qui sans doute ont concouru à la construction de l’église. Chacune de ces statues tient un écusson aux armoiries ou attributs de chaque métier. (Gibert aîné, Description de l'église Saint-Vulfranc. Paris, 1835.)

(1) Histoire de saint Bénézet, entrepreneur du pont d'Avignon, in-42, sans nom d'auteur, Aix (sans date), n° 6:01 du Catalogue de la Jibrañie ancienne de M. Toulouse. Ce Catalogue est très-remarquable et très-utile,

(2) Er effet, l’on doit faire attention, que dans ce moyen âge si maltraité par plusieurs, chacun alors exerçail son industrie et faisait son état, sans s’emparer arbitrairement du commerce de ses voisins, comme nons ne le voyons que trop, dans notre prétendu siècle de civilisation avancée et de progrès. Le fils ne rougissait pas d'exercer la vrofession de

APPENDICES

Sur le grand sceau des chefs de métiers de la ville d'Arles, au xni° ou x1v° siècle, publié avec son revers, dans la n° partie du livre intiluié : Mémoires historiques et critiques sur l’ancienne république d'Arles, in-f2, par Anibert, Avignon,{781, planche If, page #15 du texte, on voit saint Trophime, porté par deux anges ; autour du sceau est écrit : Sigillum capitum et mysterisrum Are= latis pro quibus elevatur et orat sanctus Trophimus, Arelatis dominus, etc. {Voir notre Dictionnaire des monuments, Suppléments.)

Dans la publication intitulée : La Touraine ancienne el moderne, 2 volumes in-8°, par L. Lemercier,on trouve, planche 5, une suite d'écussons d’armoiries de 29 professions et métiers différents, représentant aussi les patrons de chaque métier. On y remarque les hôtelliers ayant pour patron un évêque, et cependant les martyroluges disent que c’est saint Theodotus, cabaretier, martyr à Ancyre,honoré les 18 et 26 mai; puis viennent les tanneurs, ayant pour patronne sainte Barbe, qui l'est aussi des artificiers, des vaisseaux, etc. ;

Les lailleurs, ayant pour patronne Ja sainte Trinité;

Les médecins, saint Cosme et saint Damien, elc.

Dans un Manuel des connaissances utiles aux ecclésiastiques sur divers objets de l'art, 4 vol. in-12, excellent ouvrage dû à M. l’évêque de Belley (Lyon, 1833), on trouve des détails qui ne laissent rien à désirer sur l’origine , l’organisation , l'existence singulière et les travaux des confréries ou associations nominées les bâtisseurs d'églises , consirueieurs de ponts, au moyen âge et dont Chartres fut le berceau vers le milieu du xi° siècle (3).

Nous avons cité quelque part les cérémouies religieuses qui précédaient la construclion des églises à cette époque de foi vivace, et dopt un auteur anglais, Bériugion, donne les détails dans son savant et curieux ouvrage, l'Histoire littéraire au moyen âge, 2 voluines iu-8°, traduits par Boulard. Il y est question de la construction du monastère de Croyland, petite ville d’'Angieterre, dans le duché de Lincoln. Voir la par= lie des x°, x1° el xi1° siècles, page 191. L'abbé Haimon, qui écrivait en 1145, dans une lettre adressée aux religieux de l’abbaye de Tullebury (Angleterre), raconte, comme en étant témoin oculaire, que les hommes puissants et riches, habitués à une vie molle et efFémi-née, s’atlachent aux chariots chargés de

son père, qui lui transmeltait les traditions de la famille avec sa longue expérience et surtout sa probité. La société d'alors ne se dévorait pas, el chacun pouvait esp rer, nou pas de faire fortune en peu d'années, mais de conserver à ses enfants le fruit de ses économies el les moyens de continuer honorablement la profession que lui avaient transmise ses aucèires ; tout ne s’en faisait que mieux et plus loyalement,

(5) Ceux qui ne pourraient pas trouver ce Hanuel peuvent lire ces intéressants détails dans l'Un:versé catholique indiquée ci-dessus.

pierres, de sables , de charpente, etc., pour contribuer à la construction d’une église.

Pendant la nuit, dit ce pieux abbé, on allume des cierges qu'on place sur ces chariots, el l'on passe une partie de la nuit à chanter des cantiques et des hymues à la gioire de Dieu. Les ecclésiastiques interrompent ces chants par des exhortalions à la pénitence, etc. Voir les Annales de l'ordre de Saint-Benoit, tome IV, reproduites par l’Université catholique, tome IV, page 308 et suiv. Une gravure du Magasin pittoresque en 18h46, planche pag. 265 représentant la consiruction de l’église de Cologne, peut servir à donner une idée assez exacte de l’aspecl que pouvait présenter au moyen âge la réunion desouvriers construisant un édifice religicux.

Enfin, non parce que les indications manquent, mais parce qu'il faut savoir s’arréter (1), nous terminerons cette note en cjtant encore l'Histoire des ducs de Bourgogne, de M. de Barante, dans laquelle il est souvent question des corporations el des confréries,

APPENDICES

et de la résistance qu’elles opposerent plus d’une fois aux duretés ei aux exigences des seigneurs et du terrible duc Charles le Téméraire, dont l’humeur emportée et par trop guerroyante s’imaginait qu'il n’y avait rien à lui refuser et qu’il n’avait rien à octroyer. L'on trouve, dans le VIII volume surtout, un de ces exemples de protestations populaires qui se terminent (ôt ou lard par deg explosions effroyables qui engloutissent tout ou sauvent tout. La célèbre procession de saint Liéving, le grand patron des Gan- Lois, y est décrite avec les couleurs du temps et une énergie remarquable; il est étonnant qu’un drame historique de cette importance n’ait pas encore été traité et mis en scèné par quelqu'un de nos poëles tragiques ou de nos peintres d'histoire ; l'étoffe ne manque pourtant pas, les costumes sont riches, les physionomies tranchées , les monuments dignes du tableau : il y à là plus qu’il ne faut pour remuer et intéresser le public, sans démoraliser les lecteurs.

Note sur une plaque en cuivre ou bronze, représentant quelques saints de l'Eglise grecque.

Colonne 710, au nom Procopius, nous ci- {ons une plaque en cuivre ou bronze, sur laquelle nous avons cherché pendant longtexps quelques documents touchant sa provenance et sa destination. Après bien des tentatives infructueuses, voici ce que nous avous recueilli de plus satisfaisant. — M. Micheli, à qui l'original appartient, nous a dit que les hommes compétents pensent que cette plaque, dont l’épaisseur est d’environ 4 à 5 lignes, avait dû être coulée pour servir de matrice aux orfèvres ou autres ouvriers de ce genre , pour obtenir des figures en feuilles de cuivre repoussées, comme on en voit sur beaucoup de châsses, reliquaires, rétables , calices, coffrets et autres sortes d’ameublementdes églises. In’y aurait rien d’impossible non plus que cette plaque eût été un

(1) On sera peut-être étonné de ne pas voir citer parmi les ouvrages qui traitent des gens de métiers, le célèbre livre de Schoppérus, la Panoplia, sive de Artibus liberalibus et illiberalibus, etc., si recherché des curieux, à cause des planches dont l’a orné Jost Ammon ou Amman. La ‘raison en est toute simple : C'est que cet ouvrage ne nous offre rien au point de vue religieux : il est purement industriei. (Voir ce que nous disons de ce livre, Dictionnaire iconographique des monuments, au mot Mériers.) Nous regrettons également de ne pouvoir citer, pour le même motif, le manuscrit des Leges Pulatinæ (vers le xive siècle), dont le texte et les nombreuses miniatures, représentant des gens de divers métiers ou états , des hauts fonctionnaires et une foule de détails sur la vie privée du moyen àge, ont éié publiés et gravés dans le IIS volune du Mois de juin (Acta sanctorum) des Bollandistes.

Du reste, nous pouvons assurer que le curieux volume de Schoppérus et de Jost Ammou sera habilement reproduit, Toutes les planches, calquées el gravées eu bois, formeront un volume spécial, publié par les directeurs du Moyen Age et la Kienais+ sance, sous le titre de Livre d'or des métiers. Les

diptyque, ou une porte de larbernacle dont on aurait fait disparaitre les gonds ou charnières. Nous livrons ces modestes conjectures à la sagacité de plus habiles que nous. Espérons que , comme tant d’autres objets d’art chrétien, cette plaque laissera échapper quelque jour, le secret de sa provenance et de son usage véritable. En attendant , nous le signalons de notre mieux, et nous pouvons assurer qu’il sera publié en entier dans le Moyen Age et la Renaissance el dans le travail que prépare depuis longtemps M.

Gailhabaud, sous le titre d’Encyclopédie archéologique chez tous les peuples anciens et modernes, elc. (2).

En attendant la réalisation de ces puhlications, nous rappellerons que cette plaque importante est citée dans les Mélanges d’ar-

planches publiées jusqu'à ce jour nous semblent d'une exactitude scrupuleuse, où l’on trouve tout l'esprit des gravures originales. Ce livre, qui devient de plus en plus rare, sera done incessamiment mis à la portée de toutes les bourses, puisqu'il est publié par livraisons. C'est un véritable service rendu aux Curieux et aux travailleurs que la reproduction de ce volume, dont le prix est Loujours très-élevé quand, par hasard, il paraît dans une vente de livres, et dont peu de bibliothèques publiques possèdent un exemplaire.

Quant aux figures du manuscrit dit Leges Palatinw, voir ce que dil de ce précieux document, du xiv° ou xv° siècle, M. Vallet de Viriville, dans son Méoire sur le Cérémonial et l'Etiquette, tome IV du Moyen Age et la Renaissance , publication remarquable citée ci-dessus.

(2) Ge titre peut être modifié; mais c’est, à peu de chose près, le fond de sa coutexture. L'auteur qui a déjà fait ses preuves dans diverses notices de la pu-

blication intiulée : Monuments anciens et modernes

(Didot frères, éditeurs), à déjà réuni des matériaux considérables, texte et planches, pour son Encyclopédie archéologique.

chéologie, de littérature et d'histoire, publiés par les PP. C. Cahier et Arthur Martin, in-4°, texte et planches, tome I:", page 38, comme preuve du costume guerrier à l'époque du ix° siècle, au Bas-Empire. La méprise du P, C. Cahier au sujet de l’ivoire qui a provoqué cette indication, méprise ;qu'il a luimême reconnue avec franchise et relevée énergiquement dans la Revue archéologique (1), n’infirme en rien ce qu'il dit de la plaque qui nous occupe.

Nous ajouterons, en terminant celte note, que, outre la figure de saint Procopius, cité colonne 710, on voit aussi sur cette plaque les figures en pied de deux autres guerriers

APPENDICES

chrétiens, qualifiés tous trois d'officiers du Bas-Empire ; l’un des deux se nomme Nestor et l’autre Démétrius.

On trouve plusieurs saints du nom de Nestor dans les martyrologes : nous ignorons quel est celui nommé ici. Il se pourrait que ce fût celui porté au 8 octobre (2).

Quant au saint Démétrius, nous ne pouvons non plus rien assurer à son sujet. Nous en trouvons un honoré comme martyr au iv° siècle, à la même date et au même mois que saint Nestor. Le Martyrologe lui donne le titre de proconsul. Cette particularité de leur réunion sur la plaque qui nous occupe est importante à remarquer {3).

Note sur les ex-voto.

A la note, colonne 469 à 470, nous disons quelques mots de l'usage des ex-voto (k);au moyen âge. Nous avons oublié d’y citer les ouvrages indiqués à ce sujet dans la Bibliotheca antiquaria de Fabricius , in-#°, p. 629, article xt, et surtout l’ouvrage de Fontapini, De disco votivo velerum Christianorum, de orbiculis seu de thoracibus et clypeis, in quibus olim votivæ imagines pingi aut cælari consueverant, elc., où celte matière est traitée ex professo. Nous renvoyons encore à ce que dit sur les ex-voio des papes, des empereurs et d'autres grands personnages, M. Digby, dans son savant ouvrage Mores catholici, édition anglaise , in-8°, page #19.

Nous indiquerons aussi une figure de la sainte Vierge, portant pour ditre: Nuestra Sennora dela Desaparados où Desmanparados (5), honorée à Valence (Espagne), et dont on trouve deux ou trois gravures dans un portefeuille intitulé : Vierges mystiques, au Cabinet des estampes de Paris, in-f°, R. D.

On l'y trouve représentée tenant l'enfant Jésus, et ayant devant sa robe comme une chapelle où sont accrochés ou suspendus à des tringles une grande quantité d’ex-voto.

La seconde de ces deux pièces, qui diffère peu de l’autre, porte en bas, au coin à droite, Mariette excudit. Ce qu’on doit regretter, c'est que toutes ces pièces ne soient pas

(1) Année 1849, page 516. Voyez aussi planche 113, même Revue, même année, à la page 6. (2) Chastelain, Martyrologe universel, loco citato. Nous citons aussi plusieurs saints de ce nom dans notre Dictionnaire. Noir colonne 440.

(3) Même auteur et même ouvrage.

(4) Nous plaignons sincèrement ceux qui ne veu- ‘Jent voir dans ces témoignages loujours respectables d'une pieuse reconnaissance, que des actes de démence, de stupidité ou de jonglerie, comme nous les avons vus qualifiés dans certains livres. Les païens avaient fait une divinité de la Reconnaissance, et des hommes qui se diseut philosophes et rationalistes, se font un mérite de ridiculiser ceux qui remercient à‘leur manière le Dieu des chrétiens des bienfaits qu'ils en ont reçus ; comme si la reconnaissance, de quelque manière qu’elle s’exprime , ne commandait pas le respect le plus profond, en supposant même qu'elle püt se tromper, sinon dans le motif, du moins dans l'expression qui sert à le constater ; el ces

DiICTIONN, ICONOGRAPHIQUE,

fixées ; que beaucoup, d’une petite dimension, peuvent s'échapper du portefeuille ou étre soustraites par des curieux peu délicats.

Dans l’ouvrage de Gumppenberg, l'Atlas Marianus, édition in-32, Monachii, 1757, cité colonne 753, est une estampe, page 200, qui représente une image de la sainte Vierge dite Imago miraculosa Borckoviensis (Pologune). On y voit la sainte Vierge à mi-corps, tenant l'enfant Jésus ; en bas de la figure sont placés 15 à 16 ex-voto pieux. On y remarque un éperon, un cœur, des bras, des jambes, etc. Parmi les nombreux exemples que nous donnons d'ex-voto accomplis, page #61 du 11: volume de notre Dictionnaire iconographique desmonuments de l'antiquité chrétienne ct du moyen dge, nous avons oublié de citer un bas-relief que nous présumons du x1m° ou xiv° siècle, du plus haut intérêt et qui est gravé sous le n° XV et expliqué pages #4 et suivantes de l'ouvrage intitulé : Lipsanographia, sive Thesaurus reliquiarum Electoralis Brunsvico-Luneburgicus, 1 vol. in-k», Hannoveræ, MDCCLxxxIII, Sans nom d’auteur (6). Cette sculpture représente tous les détails d’une translation de reliques du pape saint Clément, données par le pape Adrien II à Louis dit le Débonnaire, qui régnait en 866. Il est important de remarquer ces mots: Cæsaris ad voiu (pour ad votum), qui sont

mêmes hommes, si moqueurs quand il s’agit du christianisme et de ceux qui le pratiquent, se pâàment d’admiration quand ils parlent des usages des peuples les plus barbares, el se surprennent quelquefois émus devant les monuments de la piété des paiens ; ils se font même les apologistes des superstitions les plus ignobles et les plus hontenses, pensant y reconnaitre , sent-ils, l'expression d'un hommage de l'homme à la Divinité, Nous voulons bien croire à leur sincérité, mais leur partialité contre le christianisme est inexplicable,

(>) Un Espagnol nous a certifié que le véritable mot à mettre ici, était Desamparades, qui veut dire affligés, désespérés, malheureux ; c'est donc La Vierge des affligés qui est honorée à l'endroit indiqué cidessus. Un autre Espagnol nous assure que ce mot veut dire Les abandonnés : le fond est toujours à peu près le même.

(6) En tête de ce curieux el rare volume, qui nous apparlicnt, est une préface de Jo. Henr. Jun-

tracés entre la figure du pape et du roi qui recoit la capsula reliquiarum des mains du saint pontife.

D'après les nombreux monuments que nous ayons étudiés, nous remarquons diverses espèces d’ex-voto qui reviennent plus fréquemment,

4° L’ex-voto qui consistait à faire consiruire une église, une chapelle, quelquefois une abbaye tout entière, représemé par un modèle d'église placé dans la main du donataire, Les sceaux en offrent quelques curieux exemples : nous cilerons, comme très-remarquable et bien exéculé, celui qui représente le comtede Champagne, Henri dit le Large ou le Magnifique, au xy° siècle, offrant à un saint le modèle de la chapelle qu’il fit bâtir en son honneur. Ce sceau est gravé dans le Trésor de numismatique, Sceaux des comimunes, des abbayes, etc., à Paris, chez la veuve Lenormand, in-fol., pl. XH1, n° 9. C’est le plus beau type de ce genre que nous ayons rencontré parmi tous les sceaux que nous avons vus.

Une statue du roi Charles V (1), provenant de l’ancien couvent des Céleslins de Paris,

ravée dans les Monuments de la monarchie Punpdisé de Bernard de Montfaucon, tom. II], pl. 12, n° 6, représentée debout, tenant un petit monument, peut être citée comme une figure de ce genre d’ex-voto. La même statue, mieux dessinée, est publiée dans la Statistique monumentale de Paris, par M. Albert Lenoir, architecte du gouvernement, in-fol., Monographie du couvent des Célestins, pi. V, n° 1.

% L’ex-voto qui consistait à offrir une portion d’édifice, comme une croisée, une porte d'église, des stalles, ete. Nous trouvons un exemple de ce genre d’offrande, représenté au bas d’une verrière de l’église de Bourges publiée dans la belle Wonographie de l'église de ce nom (Vitraux), in-fol., pr les PP. C. Cahier et A. Martin, pl. XVII.

3° Celui qui consistait à offrir un reliquaire, une châsse ou tout autre objet de dévotion servant à décorer une église ou une chapelle. Une figure présumée de saint Louis à genoux, tenant une espèce d’étui ou reli-

gius (*) qui apprend que ce travail est de Gérard Molanus, abbé de Lucques et théologien, directeur des études ecclésiastiques, sans doute en Hollande, et que c'est au célèbre Leibnitz qu'on doit d'en connaître l’auteur.

(1) Après la destruction des couvents en 4793 ou environ, cette stalue a passé au Musée des Petits- Auguslins, Où des Monuments français, où elle fut placée dans deux salles, à savoir, dans celle du xuie siècle, comme représentant saint Louis, dont la figure manquait à la série des rois de cette

(*) Ce Jungius est lui-même auteur d’un volume in-4°, non moins curieux, intitulé: Disquisilio antiquaria de reliquiis. Hannoveræ, 1788.

(‘*)Ainsi certe statue est encore aujourd’hni placée dans une galerié du Palais de justice à Paris, sous le nom de saint Louis, et Sous le mêtre nomau Musée de Versailles. De plus, une tête en pierre ou en plâtre doré, du même Charles V, et donnée comme us saint Louis, est placée dans une des chapelles sépulcrales des caveaux de Saint- Denis, où le gardien répèue à tout le moude, aux savauts

APPENDICES

quaire, est publiée dans les Monuments inédits de Willemin, än-fol., t LE, pl. XCVI; pour le texte, voir pag. 60. Cette figure est tic rée d’un vitrail de la cathédrale de Chartres.

Dans une suite de vitraux , représentant divers sugets des Croisades et de la vie de saint Louis, on voit une figare à genoux devaut une pelite statuette de saint Louis, à qui ele offre comme un cierge ou bougie tournée en Spirale. Voir les Monuments de lamonarchie française. de Montfaucon, in-fol., tome 4, pl. L, n° 1 à'8, ou dans l'Univers Putoresque, publié par les frères Didet, France, planches 286, 287.

On dit qu’en Halie, lorsqu'un homme fait le vœu de pardonner à son ennemi et de ne

pas le tuer si l’occasion s’en présentait. l'of-

fénsé vient suspendre son poignard aux murailies d’une chapelle ou le déposer aux pieds de la Madone , dans laquelle il a mis sa confiance.

h° L’ex-voto qui consistait à déposer aux pieds de Tà statue du saïînt ou de la sainte, à suspenüre aux murailles de leur chapelle, la représentation d’un membre guéri miraculeusement, ou dont on demande la guérison. Nous en indiquons quelques exemples dans nôtre Dictionnaire iconographique des monuments, elc. Voir page 16% du tome II.

Nous citerons encore ici une jolie gravure de Raphaël Sadeler, d’après Jean Stradan, représentant une réunion de lieux de pèlerivage , Chapelles, tombeaux de saints, églises, oratoires, où se font des processions et des prières ; des pèlerins sont à genoux de tous côtés; les uns apportent leurs malades, d’autres brûülent des cierges, d’autres font toucher des linges aux reliques, statues, elc. Dans une chapelle à main droite, on voit une jambe, des têtes ; à gauché, deux tombeaux où sont suspendues une main, deux jambes, des têtes; sur le devant une grande figure de pèlerine à genoux prie avec ferveur, un chapelet à la main. Nous ignorons d’où vient cette planche, Voir l’œuvre de Sadeler et de Stradan et notre collection, portefeuille n° 12 (Pélerinages), bibliothèque Mazarine, n° 4778 (G). Au Cabinet des estampes de Paris, près la grande

époque ; puis dans sa salle du xv° siece, où aile représentait alors, et à juste titre, Charles V, dont elle était le type incontesté. Depuis cette singulière attribution , la statue de Charles V fut baptisée du nom de saint Louis, et les méprises (**) qui s'ensuivirent durèrent jusqu’à ce que M. de Guilhermy eut le courage de contester cette attribution et lui fit rendre son nom et sa véritable place. Voir son Mémoire à ce sujet, inséré au tome VI des Annales archéologi= ques de M. Didron, page 179.

comme aux ignorants, que cette tête est bien celle de saint Louis. Mais ce qui est plus grave, c’est que la même statue de Charles V citée plus haut fut placéé plus tard, par un des architectés de Saint-Denis, dans la chapelle dédiée à saint Louis, où cette statue reçoit les honneurs que J'on rend aux images des saints. Une grande partie de ce qui concerne l’iconographie de saint Louis dans notre Dicfionnaire iconographique des monuments , ele, , est erronée, ayänt été rédigée sous l'influence de ces fàcheuses méprises,

bibliothèque, il existe quelques portefeuilles où l’on peut trouver des figures de ce genre. Voir ceux qui renferment les {mages des vierges mystiques ; les planches de cette collection n'étant pas fixées, il nous est impossible de rien indiquer d’une manière plus précise.

5° Vœu de la victoire de Bouvines. — En

1214, Philippe Auguste, prêt à livrer la ba-

taille de ce nom sur les impériaux commandés par l'empereur Othon IV, fit vœu d’élever une église en l'honneur de la sainte Vierge, s’il remportait la victoire sur ses ennemis. Après la bataille, Philippe se hâta de remplir son vœu, et c'est ce qui nous à valu l’église de l'Abbaye, dite de la Victoire (1). Pour perpéluer encore la mémoire de cet événement, une pierre gravée en creux représente plusieurs figures des sergents d'armes qui avaient défendu avec ant de bravoure le pont de Bouvines. Cette pierre (2) est gravée dans plusieurs ouvrages que nous indiquons page 334 du 11° volume de notre Dictionnaire iconographique des monuments du moyen âge, au mot SERGENTS D’ARMES (3). Ce monument vient d'être gravé avec plus de soin dans un voluine intitulé :

Monographie de l’église royale de Saint-Denis, in-12, par M. Île baron de Guilhermy, avec des planches par M. Fichot, excelient dessinateur d’une foule de monuments, à Paris, à Ja librairie archéologique de M.

Victor Didron. Voir aussi les Annales archéologiques, à la même librairie, tome VIT, page 297. |

6° On voyait autrefois dans le grand cloître des Chartreux de Paris un tableau de 15 pieds de large sur # de hauteur, peint sur bois et scellé dans le mur du côté de l’église, représentant à genoux Jeanne de Châtillon, filleuniquede Jean deChâtillon,comte de Blois et autres lieux, et Alix de Bretagne, femme de Pierre de France, 5: fils de saint Louis,

(1) Construite l'an 1222, sur les dessins et la direction d’un religieux nommé Menard. Voir page 288 du Culte de la sainte Vierge, in-8°, par M. Egron, Paris, 1842, chez Gaume frères, les détails historiques qui y sont consignés.

(2) Ce curieux monument, après avoir été recueilli dans le Musée dit des Monuments français ou des Petits-Augustins, salle du xin° siècle, est placé maintenant, dit-on, dans les caveaux funéraires de l'église de Saint-Denis près le tombeau de Philippe- Auguste.

(3) Il faut surtout lire, au sujet dé l’époque où celte pierre a pu réellement être gravée, les sages et lumineuses observations de M. Potier, page 73 du 1£* volume de son texte sur des Monuments inédits publiés par Willemin. Ce qui nous étonne, c’est cette figure qui tient un long scepire et qu'on dit être celle de saint Louis’, ce qui serait très-important pour son iconoyraphie, si la désignation est exacte, mais qui laisse à penser (*), lorsqu'on exa-

(‘) Il ne serait pas étonnant que cette figure prétendue encore celle de saint Lonis, ne fût bien plutôt celle de Philippe Auguste, quiést mort à près de soixante ans, et

APPENDICES

suivi de {4 Chartreux aussi à genoux devant l’image de la sainte Vierge , tenant l'enfant Jésus entre ses mains. De la bouche de la princesse sortait une banderole sur laquelle était écrit le vœu de fondation de 14 cellules de Chartreux. En haut du tableau étaient représentés 17 écussons aux armes de France et de Châtillon alternées. Cette curieuse peinture (4) est assez bien gravée et publiée dans les Antiquités nationales de Millin, t. V, planches du n° 52. Nous en possédons une épreuve placée dans notre Topographie de l'ancienne France (Paris, Chartreux), donnée à la bibliothèque Mazarine. V. n° k778 (G. T.) du catalogue de cette bibliothèque, Collection de gravures. 4

7° Enfin, ce qui est le plus fréquent dans ce genre de dévotion , ce sont les tableaux dans lesquels les personnes qui offrent ou qui demandent quelque chose à Dieu, à la sainte Vierge et aux saints, se font représenter à genoux, ayant leurs patrons placés près d’eux en pied et toujours debout, pour exprimer leur supériorité sur les donataires du tableau. Ce genre d’ex-voto est considérable : les musées publics en possèdent un grand nombre, ainsi que les collections particulières. M. Dusommerard a publié plusieurs belles peintures où sculptures de ce genre de sujet. Nous citerons la miniature tirée des belles Heures d’Anne de Bretagne, Album, 9° série, plañche XXXVI. On y voit celte princesse ayant près d'elle ses trois patronnes. Un triptyque du xv° siècle représentant la messe dite de saint Grégoire pape, accompagnée de figures de donätaires et de leurs patrons et patronnes, Album, Ge série, planche XJII; peinture allégorique et votive, Album, 6° série, planche XXXVI ; autre de l’Atlas, même collection, planche VI du chapitre 6. Deux donataires à genoux ; près d'eux, leurs deux patrons.

mine celte figure presque décrépite qui n’a jamais été celle de saint Louis, mort dans la force de l'âge. On croirait voir ici le vilain masque du roi Louis XI, de sinistre mémoire. Du reste, cette sculpture est présumée faite au xiv® ou mêrne au xve siècle, suivant M. Potier, dont la sévère critique, même pour ses amis, est connue.

(4) Cette représentation fut d’abord sculptée en bas-relief, mais cette sculpture s'étant dégradée, les Chartreux la firent copier en peinture sur bois, et ce tableau, celui cité ci-dessus, fut appliqué sur le bas-relief qu'il finit par faire oublier. Fort l'eureusement Millin à fait graver te bas-relief ët sa peinture, qu'il ne faut pas confondre avec la représentation d’une autre fondation de cellules par Pierre de Navarre, même ouvrage et mêmes indications , textes et planches. Voir aussi l'édition ‘de cet ouvrage donnée par Barba, libraire-éditeur, 2 volumes in-4°, Paris, 1811, tome Il, pages 414 el suiv,

à qui d’ailleurs ce qui est représenté sur le bas-relief dont nous nous occupons serapporte personnellement, et non à saint Louis

APPENDICES

Recherches sur les images pieuses et eur propagation.

Parmi les ouvrages que nous citons pour l'étude des attributs des saints, pag. 19 et 20 de notre Introduction, nous avons fait deux erreurs, savoir, dans le titre et le nom de l’auteur.

Ainsi, au lieu de ce titre erroné : Attributen der Heiligen, etc., it faut lire: Die Attribute der Heiligen Alphabetisch Geordnet, ouvrage qui n’est pas du colonel Radowitz, mais d’un auteur anonyme, qui signe, A.

Nous avons oublié en outre d’y citer cet autre : Die Heiligen Bilder oder die Bildende hunst und die Theologische Wissenschast in ibrem Gegenscitigen Berhaltniss historich dar-

ersellt (14), von D' Heinrich Ult (ou Alt) ;

erlin 1845. À la fin de ce volume, qui est in-8, se trouve un Calendrier dressé en 5 colonnes,

Savoir : 1° Saints de l'Eglise romaine;

2° Saints de l'Eglise de France;

3° Saints de l'Eglise Evangélique ou Protestante ;

L&° Saints de l'Eglise anglaise ;

9° Saints de l'Eglise grecque.

Il existe aussi d’un nommé Agobara, archevêque de Lyon vers l’an 840, un traité De sacris imaginibus, que nous n'avons pas vu, mais sur lequel nous trouvons ce qui suit :

Page 338 du Il* volume de l’ouvrage de Eckhard, Commentarii de Rebus Franciæ orientalis,etc., in-fol.Virceburgi, 1729: Agobardus quoque archiepiscopus Lugdunensis , Ludovici imperat. et Judithæ Augustæ adversarius, Lotharii vero assecla, Ebonis restitulioni non subscripsit, quod non omisisset, si in vivis fuisset. Unde eum hoc anno defunctum esse statuo. Mabillonius in veterrimo codice Bedæ, qui olim Ecclesiæ Lugdunensis fuit , Cyclo paschali in margine adscriplum invenit : Hoc anno DccexL, sanclæ memoriæ Agobardus Lugdunensis episcopus obüit, viir idus Junii.. Opera Agobardi Stephanus Baluzius publicavit et notis illustravit. In libro de Sacris Imaginibus , præfervidum Agobardi ingenium notant, quas satis putat abjicere et comminuere, quam supersliltiose a Græcis ficri Michael et Theophilus imperatoris colere et adorare.

Le savant ouvrage des deux Blanchini de Vérone, Demonstratio ecclesiasticæ historiæ comprobatamonumentis, elc., 3 vol.in-f, est un arsenal pour les documents qui inté-

(1) Ces deux ouvrages nous ont été communiqués par M. Leblanc, employé du Cabinet des estampes de Paris, dont nous avons annoncé quelque part un Manuel des graveurs et des gravures, dans le genre de celui de Brunet pour la librairie.

(2) Cette curieuse publication existe à la bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris.

(3) Un travail qui serait bien essentiel et qui pourrait se faire sans attendre la fin des Acta Sanclorum, qui menace de n’arriver qu'à la fin du monde (attengu la lenteur du travail, oui du reste

ressent les images saintes. C’est un véritable musée chrétien, comme il le nomme p. 197, t. I. Nous allons donner ici un relevé succinct des principales images décrites dans cet ouvrage.

Dans le II: vol., pag. 207, n° 33; p. 215, n° 2; p. 216, n° 3; p. 218, nes 5, 6,8; p. 225, n° 16; p. 228, ‘n° 20; p. 231, n°93; p. 233, n°5 25, 26,27; p.310, n° 3; p. 327, n° 24; p. 336, n° 31; p. 342, n° 36; p. 343, n° 37; p. 351, n° 45; p. 366, n° 59; p. 367, n° 60.

Tome HI: pag. 471, nos 93, 2; p. #72, n° 25; p. #76, n° 29; p. 487, n° 43: p. 91, n°5 4,5; p. 495, n°s 15, 16: p. #96, n° 17; p. 497, n° 18; p. 498, n° 19; p. #99, n°s 20, 21; p. 500, n°s 22, 23; p. 501, n° 24 ; p. 502, n° 26; p. 503, n° 28; p. 505, n° 29; p. 511, n° 36; p. 513, n° 40; p. 516, n° 42; p. 518, n° 43; p.519, n° 47; p. 593, u° 1; p. 594, n°5 2, 3; p. 596, n°° 7, 8; p. 597, n°: 11, 12 ; p. 593, n° 13; p. 594, nes 16, 17, 18; p. 600, n° 19; p. 605, n°s 22, 923; p. 606, n°° 2% et suiv. (On y trouve un Calendrier avec l’indicalion des saints désignés par le titre de Discipuli Domini, les jours où ils sont honorés et leurs historiens.) Pag. 615, nos 925, 26; p. 619, n°5 33, 3k; p. 623, n°° 40, &1; p. 624, nes kh à 4G; p. 625, n°s 51,52, 54; p. 628, n°: 56, 57; p. 641, n° 85, p. 662, n° 133; p. 667, n° 142; p. 669, n° 148; p. 695, n°5 190; p. 701, n° 197; p. 715, n° 225; p. 711, n° 226, p. 724, n° 228, p. 726, n° 231, p. 727, n° 232.

Nous citerons encore le traité du cardinal Paleoli (Gabr.), De imaginibus sacris et profanis, 2 volumes in-#.

Le savant Père Brunati a aussi donné deux Dissertations, sur ce sujet, dans la Collection des Mémoires de l'Académie Etrusque de Cortone, publiés à Venise dans la cé- Jèbre collection dite de Calogera, 80 volumes in-12, de 1727 à 1806, sous ce titre : Raccolta d'opuscoli scientifici et filologici, etc., publiée par Dom Pez et le Père Calogera (2). La 2:

dissertation du Père Brunati est insérée dans le XLJII: volume de la collection.

L'on trouve quelques documents précieux sur le même sujet dans l'ouvrage de ThéophileReynaud, intitulé : Hagiologium Lugdunense, in-f. Voir à la table des matières, aux noms Antonius, Georgius, elc.

A propos d’images saintes, nous nous permellrons une petite observation aux savants continuateurs des Acta sanctorum (3) des

ne peut s'improviser), ce serait de donner la Liste générale et alphabétique de tous les noms des saints renfermés jusqu’à présent dans les cinquante-quatre volumes qui sont imprimés, comme les Bollandistes modernes l'ont fait pour ce qui reste à publier, nous voulons parler de l'Elenchus Sanctorum qu'ils ont donné en 1838. Ce serait un véritable service rendu à ceux qui s'occupent encore aujourd’hui d'études sérieuses. Nous nous proposons de faire ce travail que nous avons conçu; resle à savoir si notre bonne volonté ne serait pas une lémérilé À

Bollandistes. Puisque l’on continue (ce qui du reste est une bonne idée) à admettre des figures de saints, des tombeaux, des reliquaires et d’autres objets de ce genre qui se rattachent à la vie de quelques-uns, les collaborateurs de cette importante publication devraient bien faire quelques sacrifices pour nous donner un meilleur choix de planches mieux dessinées et mieux gravées. Ainsi les planches que renferme le VIf: volume d’octobre (du 1# au 15), où se trouve la vie de sainte Thérèse, sont réellement indignes, pour la plupart, du volume où elles figurent et qu’elles gâtent; l'iconographiede sainte Thérèse est cependant assez riche en France et en Allemagne, pour qu’il fût facile de donner de bonnes planches, qui entretiennent la piété, forment le goût, donnent une grande idée du. personnage ,et quine fissent pas disparate avec là beauté del’histoire des saints.

Au nombre des publications qui s’efforcent de reproduire les figures des saints avec dignité et avec le sentiment religieux que leur avait imprimé une forte croyance, nous citons souvent celle qui se fait à Dusseldorf, depuis 1842, el qui est à sa 8° année de publication. Le véritable titre de cette publication est Société pour la propagation d'images religieuses publiées à Dusseldor/, etc., dont le dépôt se trouve à Paris non plus chez Jacques Lecoffre , comme nous le disons quelque part, mais bien chez Alcan, rue de Vaugirard, n° #3, en face l’église des Carmes, lequel'se charge de compléter toute celte suile avec de grandes facilités.

Nous ajouterons ici aux nombreux ouvra- ‘ges que nous citons à l’article IMAGES s41IN- TES, dans ce Dictionnaire, celui de Jos.-Sem. Assémani, { vol: in-k°,de Imaginibus sacris, sans planches ; le traité de Grelzer intitulé : De imaginibus non manu factis, qui se (trouve dans le XV° volume de ses Opera omnia, page 179 (1). si

Quaremius , dans son ouvrage de Terra Sancta’ (2), tome If, liv. 1v, chip. 12, donne aussi quelques détails sur les images saintes. M. l'abbé Gerbet a recueilli une: foule de documents sur les images pieuses , si. fréquentes en Italie. On en trouve les. détails épars dans les deux volumes de sonexcellent ouvrage : Essais sur Rome chrétienne, dont le IIL° se termine. Voir surtout au tome 1* J'important chapitre des Catacombes, à partir de la‘ page 144.

A toutes ces indications, nous joindrons les curieux documents consignés dans la

Cette fable généraie et alphabétique de tous les saints, devant faire un volume à part, pourrait se - joindre à tous les exemplaires des Acta Sanctorum et même aux deux éditions d'Anvers et de Venise (*) que nous connaissons de ce grand ouvrage. Quant à la différence qui peut exister pour la pagination eutre les deux éditions, cette variété ne peut rien

{*) L'une, publiée à Anvers en 1689, et l'autre à Venise

en 1749, peuvent être aussi bonnes l'une que l'autre pour le texte (ce que nous ignorons), mais sont loin d’être égales sous le point de vue des planches qu’elles renferment : celles de l'édition de Venise sont généralement

Revue archéologique de Paris (3), juin 1850, p. 175 et 321, sous ce litre : Notions sur l'iconographie sacrée en Russie. On y trouve ci'é un mémoire de M. Debolsky, sur les règles à suivre pour la peinture des images saintes, inséré dans le Journal de l'instruction publique, publié sous les auspices du ministrede ce département; puis dans l’Artiste Russe (k), de 1847, qui en à publié une traduction française par M. Belsky.

Sous le titre de Peintures d'images que le Moskowskii Sbornikk (ou le Recueil de Moscou) a donné en 1847, M. Tchjoff entre dans des considérations savantes sur la différence des styles qui caractérisent l’iconographie russe et ses productions. Ces observations critiques sont également traduites en français et publiées par M. Belsky, dans le journal l'Artiste Russe (année 1847).

MM. Sneguireff de Moscou et Saccharoff de Saint-Pétersbourg ont publié deux brochures sur la peinture des /mages saintes, citées pag. 175 de la Revue archéologique de Paris.

Il se publie en ce moment en Russie un grand ouvrage, intitulé : Antiquités de l’empire russe (ou Drevnosti Rossiiskago Kosoudartva), sous les auspices du gouvernement russe; les dessins exécutés par M. Sontsoff, artiste d’un grand mérite, el tirés en couleur par le procédé de la lithochromie, se rattachent, en grande partie, à l’étude de l'iconographie russe.

M. Saccharoff publie, de son côté, un ouvrage intitulé : Recherches sur l’iconographie russe: on y trouve , 1° le Podlinnikk ou Guide-manuel de la peinture russe des images saintes; 2 la biographie des anciens peintres russes et une appréciation de l’influence qu'ils ont exercée ; 3° la revue des images saintes russes et byzantines existant en Russie; 4° l'examen des miniatures des manuscrits depuis le x1° siècle; 5° l'étude raisonnée des grandes mosaïques byzantines et des fresques qui ont décoré ou qui déco rent encore les églises et les monastères russes; 6° une analyse de la partie technique du Podlinnikk où il est traité des couleurs, de la dorure, de la préparation des murs pour peindre à fresque.

L'auteur doit exposer aussi le plan d’une école spécialede peinture des images saintes. Nous sommes heureux de nous rencontrer ici avec l’auteur , dans les quelques mots que nous avons dits ailleurs à ce sujet, ignorant alors que quelqu'un eâteu la même pensée que nous. Notre voix, moins soli-

faire à la table des noms, puisqu'on les indique par la date du mois, ce qui ne peut varier.

(4 et 2) Nous devons ces deux renseignements à l'obligeante érudition de M. l'abbé Caron.

(3) Fondée et dirigée depuis 1830 par M. Leleux, libraire-éditeur à Paris.

(4) Rédigé par M. 3. Guillou, à Paris.

mal exéculées, soit qu'elles aient été recopiées sur l'édition d'Anvers, Soit que les planches de cette édition, étant épuisées, aient été retouchées; dans lun et l’autre cas elles ont été dénaturées par un graveur maladroit ou mal payé

taire, pourra peut-être un jour avoir quelque retentissement.

Nous pouvons annoncer d'avance, et comme l'ayant vue et lue , une lettre faisant suite à lPimportaunt article de la Revue archéologique cité plus haut, qui renferme des documents étonnants sur lhistoire de da peinture religieuse et murale des églises en Russie; on y trouve la solution d’une foule de questions sur l’art byzantin, qui renouvelleront toutes les idées acceptées jusqu’à ce jour à ce sujet. Nous y avons vu, à notre grande surprise, la révélation d’une école de peinture en Sibérie, ce pays l’épouvantail de l'humanité et dont le nom seul fait frémir les soldats français. Cette lettre renferme des noms de peintres moscovites, heureux héritiers destraditionsbyzantines, des détails techniques sur les couleurs des draperies, tirés d’un ouvrage qui serait antérieur au Manuel de peinture de Panselinos, dont on doit la publication à MM. P. Durand et Didron aîné, Des détails historiques sur plusieurs églises de Moscou ou d’autres localités non moins importantes , terminent cette lettre, qui, dit-on, sera suivie d’une deuxième devant servir à compléter l’histoire de la peinture en Russie. Nous profitons de cette circonstance pour rappeler à ceux qui l’auraient pu oublier, le beau travail de M. Cypr. Robert sur les peintures murales des églises de Russie et surtout de Moscou, formant trois ou quatre mémoires publiés dans l'Université catholique, t. VII, k34; VIII, 104, h25; 1X, 29, 114, 182; XI, 23, 112, 194, 325, h21; XI, 26, 344.

Au milieu de tous les détails communiqués par l’infatigable explorateur, nous sigualerons comme se rattachant plus particulièrement au but de cet Appendice, ce qu’il dit des iconostases, ces riches et pieuses images qui couvrent les murs du sanctuaire des églises

APPENDICES

en Russie. Ici M. Cyprien Robert nous promène comme à travers des palais enchantés, où l’imagination a peine à le suivre dans ses brillantes descriptions. On croit assister soi-même à quelque vision apocalyptique.

Comme il nous serait impossible d'analyser ces curieux détails sans les affaiblir, nous y renvoyons le lecteur. Voir t. XI, depuis Ia page 195 jusqu’à 197, puis p. 199, 200, 203.

Nous regrettons que tant de poétiques tableaux soient assombris par la réflexion désespérante qui termine la page 204, où nous apprenons que toute cette merveilleuse poésie, tout ce précieux symbolisme s’altère ou s’efface de jour en jour, avec la gravité des mœurs antiques de la Russie, et que bientôt il n’en restera peut-être plus que ce que nous lisons avidement dans les pages si chaleureuses du savant et pieux voyageur.

Au moment où nous terminons ces notes, nous recevons communication de l’ouvrage de M. l'abbé Gerbet : Esquisse de Rome chrétienne, 2 volumes in-8. Dans le 1°’, nous hisons pag. 248, 286, 316, 336, 346 (1), 347, 848, 349, 350, 352, 374, 316, 382, 389, 403, 407 et suiv., une suite de détails des plus précieux sur l'importance et l'origine des premières images chrétiennes, et la lutte de divers papes et des conciles contre ceux qui voulaient les détruire sous le faux prétexte d’idolâtrie. On ne peut analyser de si belles pages, il faudrait tout copier, nous sommes donc foreé d'y renvoyer les lecteurs, qui ne pourront plus les quitter une fois qu’ils auront commencé cette intéressante lecture.

Dans le IE° volume, le savant auteur à consacré un paragraphe du chapitre 1x à la Vénération des imares. Voir pag. 204 et suiv.

La liturgie, la discipline, l'archéologie, tout y marche de front.

Note sur Le CazeNpamium Benepicrinum de Ranbeck et les gravures de ce livre.

A la colonne 501 de ce volume, nous citons le Calendarium Benedictinum (2), sur lequel nous ne pouvions alors nous étendre, attendu que la connaissance que nous en avions n'était fondée que sur des ouï-dire.

Depuis, nous l’avons vu par nous-mêime,

(1) Il y est question de la précieuse suite chronologique des portraits des papes depuis saint Pierre jusqu'à Innocent 1°, peinte sur les murs de Saint- Paul, extra muros, avant son incendie, et dans quelques autres basiliques. |

(2) Cet ouvrage, si important pour notre travail, a failli nous manquer, comme nous le disons à la colonne 764 de ce volume. Il est d'une excessive rareté à Paris, puisqu'il paraîtrait n’en exister que deax exemplaires, que presque aucun libraire ne le connaissait, et que nous avions été induit en erreur sur la richesse et le grand nombre de matériaux qu'il renferme. Ce n’a été que bien tard et prévecupé des embarras de corrections d'épreuves et de recherches d'ouvrages, qu'il nous à été enfin donné de

(*) En effet, c’est à son ouvrage intitulé : Histoire de dom Mabillon, 1 vol. in-80, Paris, 1843, que nous

devons la connaissance du Calendarium Benedictinum

et nous en pouvons parler un peu plus exactement. Il est intitulé ainsi : Calendarium annale Benedictinum, per menseset dies sanctis ejusdem ordinis inscriptum, & vol. iu-k°, per P. Ægidium Ranbeck (3) e Soc. Jesu... Augustæ Vindelicorum, 1675.

pouvoir le dépouiller; ce qui nous à demandé plusieurs séances de deux à trois heures chacune,

Nous devons dire que c'est à l'érudition de M. Emile Chavin, auteur de plusieurs ouvrages eslimés, et bibliothécaire du palais du Luxembourg, que nous devons d’avoir été éclairé (*) sur l'importance iconographique du Calendarium , et que c’est à sa recommandation que nous sommes enfin parvenu à en avoir communication au séminaire de Saint-Sulpice (**). Malgré un travail assez long, nous n'avons pu tout indiquer, Car le temps nous à manqué.

(5} Ecrit quelquefois Rambeck, par quelques auteurs, tels que Lenglet du Fresnoy, dans sa Méthode pour étudier l'histoire, tome HI.

d'Ægidius Ranbeck, qui y est cité avec éloge page 354.

(*) Où il en existe un très-bel exemplaire dans la bibliothèque des professeurs.

Chaque volume renferme la vie des saints de trois mois, el est orné d'autant de planches qu'il y a de jours dans chaque mois, ce qui porte le total des planches à 316, en raison des titres à figures et de quelques portraits de personnages accessoires qui se {rouvent ajoutés à quelques-uns des mois.

Ces planches, tirées à même le texte, sont généralement bien exécutées. Elles sont gravées par divers artistes allemands, dont les plus fréquents sont B. Kilian, J. Frauck, Waildrech, G. A. Wolfgang (1), Melchior Kusel, d’après les dessins de J. Umbach et Joh. Fischèr ou Fisches. Umbach en a composé la majeure partie.

Ce qui surtout donne un grand intérêt à ces gravures, c'est le grand wombre d’attributs qu'on y trouve; les légendes fourmillent, et il y à de quoi, en lisant le texte, faire plusieurs volumes de détails, sur tout ce que représentent ces gravures et leurs

légendes.

Nous avons tâché de faire un relevé, le plus exact que possible, des attributs, que l'on trouvera distribués dans notre Répertoire alphabétique formant la n° partie de notre ouvrage.

Malheureusement ces planches, du reste fort bien exécutées, nous le répélons, comme dessin et comme gravures, sont presque toutes erronées au point de vue du costume (2). Les mitres, les crosses et les vêtements des évêques sont presque tous à refaire pour les mettre en rapport avec l'époque où ont vécu les personnages. Les ameublements, les édifices, tels que les églises et les habitations, sont dans le même cas, c’est-à-dire, ignorance complète du style des époques. Mais, comme nous l'avons dit, il faudrait presque tout rejeter, si l'on ne voulait donner que des choses exactes, C’est à chacun à étudier l'époque du personnage et à restituer les choses inexactes comme style et comme forme.

Malgré l'inconvénient que nous signalons, ces planches n’en sont pas moins précieuses au point de vue des légendes et des attribats. C’est une mine riche à exploiter, et que doivent étudier tous ceux qui sont appelés à représenter les saints et leur histoire. Guire les abbés et les religieux représentés dans les divers volumes, ontrouve aussi beaucoup de saintes, d’abbesses, de fondatrices ou de réformatrices d'ordres. Voir aux noms Amelberge, Adélaïde, Austreberte, Bathilde, Erentrude, Françoise, Gudule, Julienne,

(1) Au moment de livrer ces quelques notes à l'imprimerie, nous venons de trouver au Cabinet des estampes , dans une enveloppe portant le uom de ce graveur, plusieurs planches qui proviennent d’un exemplaire du Calendarium Benedictinum, ou peutêtre tirées à part pour les amateurs de l'époque, ou ce qu'on nomme aussi des épreuves d'artistes. Du reste, nous devons la connaissance de ces pièces à l'obligeance d'un de nos amis, M. J. Durand, celui-là mème qui à bien voulu nous communiquer un travail spécial sur l’iconographie de la sainte Vierge qui esi

APPENDICES

Landrade, Paule, Salaberge, Scholastique, Walburge, elc., etc.

Par son titre, le Culendarium Benedictinum semble devoir faire comprendre qu'il ne renferme que de saints personnages sortis de l’ordre de Saint-Benoît, el qui apparliennent exclusivement à sa règle ; mais en lisant la liste des noms, on voit que cet ouvrage est tout simplement une Vie des saints où figurent indistinctement lous :ceux qui ont été canonisés ou simplement béaltifiés à diverses époques, el pris nonseulement dans les divers ordres religieux connus dans le monde chrétien, mais uême dans les différentes classes de la société.

Ce Calendarium était, à ce qu'il parait, qualifié Benediciinum parce qu'il avait été rédigé pour l'usage spécial des maisons de l’ordre de Saint-Benoît ou que lordre (euait à houneur d’enrôler sous sa bannière toutes les illustrations chrétiennes, comme l’idée en prit, un jour, à Maximilien d'Autriche, de faire entrer plus de 200 saints detous pays dans sa famille. Du reste, à cela près de la singularité, l’idée avait quelque chose de grand et de noble. L’antiquité

recque ou romaine à imaginé, pour grandir ses héros, des généalogies bien autrement bizarres, qui onttrouvé des poëtes pour les chanter et mêmede graves historiens pour les jascrire danses fastes des nations, et personne ne s’en plaint.

Quant au mot même de Calendarium ou Kalendarium, Du Cauge n’en donne que cette bien courte explication : Data, temporis nota.

Macri, dans son Hierolexicon , est bien plus satisfaisant : Cujuslibet mensis sanctorum nota, quod Radulfus, MATRICULUM SANG- ToRUM appellavit : puis il renvoie, pour plus de détail, au mot ManryroLoGiuM, nola sève catalogus, quem ad Ecelesiæ notarios antiquitus speciabat confici , eæ saneli Clementis pape institulione : sed in recenti Martyroloegio nedum marlyrum, verum et confessorwm aliorumque sanctorum natales nobantur.

.…. À Gelasio papa in concilio Romano et in canone 63 sexiæ synodi multa acta et historiæ sanctorum apocryphka declarantur.

Episcopi Græcorum in visitatione ecclesiarum solebant diligenter acta sanctorum in ecclesiis inventa recognoscere, Hine Balsamon in prœdicium canonem 63 sextæ synodi referé Nicolaum Muzalum episcopum in ejus visitatione narrationem cujusdam sancii fabulose scriptam invenientem statim illam comburi jussisse. Voir aussi dans le même ouvrage, l’Hierolexicon , les mots Catalogues

venu enrichir nos Suppléments. Voir col. 718 à 757.

(2) H n’y a guère que le costume des moines et celui des abbés qui sont exacts, parce qu’ils n’ont jamais changé, n'étant pas soumis aux caprices des confectionneurs, des donataires, des titulaires et des peintres, qui souvent ont oublié la simplicité évangélique pour le décorum des cérémenies souvent imaginaires, ou plutôt pour donner carrière à leur talent, comme, par exemple, Paul Véronèse dans son tableau des Noces de Cana, où tout est vrai, excepté ce qu’on devait y voir.

sacer, Datarium Calendarii, Fasti sanctorum, Menologium, Passionalia, etc.

Pour les cas où l’on doit faire des génu-

APPENDICES

flexions en lisant le Martyrologium, voir à Genuflexio, même ouvrage.

Note sur les collections d'estampes de diverses bibliothèques publiques.

Aux diverses collections d’estampes que nous citons dans notre Zntroduction,pag.1#, il faut ajouter celles qui se trouvent à la bibliothèque de l’hôtel de ville de Paris (1).

On en trouve aussi à la belle bibliothèque du palais du Luxembourg , mises en ordre et à la disposition des travailleurs par les soins intelligents (2) du nouveau bibliothécaire, M. Chavin de Mallan, qui, pour ledire en passant, y a formé un magnifique exemplaire du Monasticum Gallicanum , dont l'existence n’y était même pas soupçonnée jusque-là, et qui a dressé une liste des planches par ordre de localités ou des noms des abbayes.

Nous citerons encore celle du Louvre, rendue publique depuis 1848, et qui possède une collection considérable de volumes à estampes de la plus grande beauté. Cette catégorie est l’objet d’un catalogue spécial assez étendu. Nous y avons trouvé des matériaux précieux pour. notre travail. ;

La bibliothèque de la Sorbonne à aussi sa collection de gravures soit en portefeuilles, soit en volumes, sous la rubrique Livres rares et de curiosités. On y trouve une belle suite des Saints par Jacq. Callot, celles des Solitaires par Martin de Voset les Sadeler, etc., etc.

Enfin, la bibliothèque de l'Institut , ce sanctuaire ouvert seulement à un petit nombre d'élus, renferme de précieux matériaux à consulter au point de vue iconographique, C'est là que nous avons eu la communication du grand ouvrage sur les Vitraux de la cathédrale de Bourges; de l'ouvrage de Cicognara sur la Sculpture en Italie , si riche en statues de saints ; des magnifiques ouvrages sur l’église Saint - Marc de Venise, sur le Palla d'Oro ; de la Bavaria sancta, Bavaria pia; du Monasticum Anglicanum de Dugdale, etc. Les anciennes histoires des villes, des provinces, des royaumes y sont nombreuses.

Il serait à désirer que le bibliothécaire daignât penser un peu à cette branche des études historiques, et charger quelqu'un de ses employés de cataloguer et de réunir ce qui existe de volumes spéciaux de gravures pour en former une collection qui serait sans doutenombreuse etbien choisie. MM. les membres de l’Académie des Beaux-Arts de-

(4) Cette bibliothèque, depuis sa nouvelle disposition dans le bâtiment neuf qui en termine l'ensemble, offre surtout de précieux documents sur la t0opographie de l’ancien Paris.

(2) Ainsi, jusqu'en 1849, cette bibliothèque, qui était fermée au public, ne présentait que des livres de diplomatie, des collections de journaux, de codes, de recueils de législation. Le nouveau bibliothécaire, Comprenant sa mission, à fait un nouveau classement au moyen duquel l'hi,toire, l'archéologie,

vraient s'intéresser à l'exécution de cette mesure, qui regarde d’une manière plus particulière leurs études favorites.

La bibliothèque Mazarine de Paris possède, comme nous l'avons dit dans divers endroits de notre Dictionnaire, une assez belle collection de volumes et de portefeuilles renfermant des gravures de sainteté. Elle en offre bien d’autres qui renferment des trésors enfouis jusqu’à présent et ignorés du public.

Nous sommes heureux de pouvoir annoncer que messieurs les conservateurs de cette belle bibliothèque ont conçu depuis longtemps l’heureuse idée d'ouvrir une salle dans laquelle on trouverait réuni tout ce que la

bibliothèque possède en ce genre, et d’en

faire jouir les travailleurs.

Ce que nous connaissons de ces précieux volumes ou portefeuilles, nous fait vivement désirer qu'une si bonne pensée se réalise ; déjà le conservateur de cette salle ou Cabinet d’estampes est nommé, et il est digne du choix qu’on a fait de lui, La salle est également désignée, mais il faut la disposer pour sa nouvelle destination, et la question d’argent n’est pas peu de chose, dans l’époque où nous vivons, assez peu soucieuse des arts et des monuments.

Déjà depuis longtemps la. bibliothèque Sainte-Geneviève a formé une collection de volumes et de portefeuilles de gravures et de matériaux pour l’histoire des arts. Elle est réunie avec les manuscrits, et sera sans doute placée avec honneur et d’une mauière toute spéciale, dans la nouvelle bibliothèque élevée sur la place du Panthéon, dont on attend l’ouverture avec impatience.

A la bibliothèque de l’Arsenal, on s’occupe aussi de réunir ce qui s’y trouve de volumes spéciaux renfermant des gravures. Il y en à peu, et cependant on y trouve encore beaucoup de documents curieux , dont, pour notre part, nous remercions messieurs les conservateurs, qui nous en ont fait la communication avec beaucoup d’obligeance. Un de ces conservaleurs a commencé la classification ou l’arrangement de ces volumes.

Espérons que sa bonne volonté et sa persévérance viendront à bout de la tâche qu’il a entreprise (3).

les beaux-arts , etc., sont mis à leur place et offrent une mine riche à exploiter.

(5) A ce sujet nous nous permettrons une réclamation qui nous semble d'une certaine importance, et dont la portée est beaucoup plus grande que ne le pense la majeure partie des bibliothécaires, hommes savants sans doute, mais étrangers le plus souvent aux beaux-arts et surtout à l'iconographie. On parle depuis quelque temps de refaire les catalogues des bibliothèques, Une commission de révision est

APPENDICES

Note additionnelle, 1° sur les martyrs; % sur les vases de sang trouvés dans leurs tombeaux.

Colonne 406 de ce Dictionnaire,nous citons, à la note 3, parmi les apologistes des martyrs, ce qu'en pensait le célèbre philosophe Diderot ; mais nous ne pouvions alors donner le passage en entier, surtout dans une note. On ne sera sans doute pas fâché de le connaître intégralement : c’est un monument curieux.

«… Nous voici arrivé, dit le philosophe, à l'endroit où le poëte (1) passe la brosse sur toutes les scènes des férocités que la peinture “expose dans nos temples. Poëte, tu prétends sentir le prix de ces chefs-d’œuvre (2), et tu oses y porterla main! Ahltues presque aussi barbare que les fanatiques (3) qui préparent à l’art ces terribles et sublimes imitations. En les effacçant, il fallait du moins les remplacer par d’autres aussi belles et plus intéres— santes ; il fallait du moins s'emparer des mêmes sujets, et me les montrer plus pathétiques et plus grandioses. Est-ce que la férocité tranquille du prêtre (des faux dieux) qui présente son idole (#) au martyr étendu sur les chevalets, n’est pas une belle chose ? Rien n’excite plus mon admiration que la vue de l’homme supérieur à toutes les passions.

Si je m'adresse à la religion (du Christ), elle

même nommée à cet effet. Il serait important de profiter de. ce travail pour signaler d’une manière toute particulière. les ouvrages qui renferment des planches ou des figures, et sommairement ce qu'elles représentent : histoire, archéologie, blason, hotanique, minéralogie, chasse, arts, Sciences , portraits, médecine, chirurgie, ete., etc. Ce point de vue des livres est d’un intérêt réel et servirait à guider les conservateurs el les employés dans les demandes que le public fait des livres dont trop souvent il ignore l'intérêt spécial. | Malheureusement, beaucoup de personnes savantes traitent les gravures avec dédain; il semble, quand on leur en parle, que cet objet n’est bon qu’à amuser les enfants ou les oisifs, ou que les artistes seuls peuvent s’y intéresser : erreur grossière, méprise déplorable ; les gravures ou images facilitent ou complètent les meilleures descriptions qui sans elles seraientinintelligibles. Faites donc comprendre à qui que ce soit le plan d’un bâtiment, les rouages d’une machine ou d’un instrument quelconque sans un dessin! Le plus grossier crayon donnera plus à comprendre souvent que la description la plus scientifique. L'histoire, l’allégorie, les arts, les monnaies, le blason, les costumes, les diverses branches de l’industrie, la diplomatique, les cérémonies, les figures des grands hommes, leurs tombeaux, les mouuments élevés à leur mémoire, tout ne prend une animation et une physionomie palpable qu'à laide du crayon ou du burin. Les livres à figures sont inappréciables, et notre siècle, essentiellement positif et investigateur, le comprend bien : jamais on n’a tant publié d'ouvrages à figures du à planches. La lithographie est venue en aide à la gravure, plus durable, mais trop lente au gré de notre imagination mobile et de notre ardeur pour voir et connaître, qui dévore le temps et les moyens de reproduction. Tous les pays se sont mis à la tâche, la presse à marché, et les .bibliothèques conservatrices montrent à qui veut les consulter, les monuments des temps passés et leurs ruines prêtes à disparaître ;

me fournira d’autres armes contre l’opinion de Lemierre. Cette troupe d’hommesflagellés, déchirés, est bien faite pour marcher à la suite d’un Dieu couronné d’épines, le côté percé d’une lance, les pieds et les mains cloués sur le bois {de la croix). Ces victimes de notre foi, sont devenues les objets de notre culte (5). Et quoi de plus capable, continue Diderot, de nous réconcilier avec les maux de la vie et les misères de notre état, que le tableau des tourments et de la constance par lesquels les martyrs ont obtenu la couronne que tout chrétien doit ambitionner ? L'homme est-il sous les coups de l’infortune, je lui dirai, en Jui montrant son Dieu: Tiens, regarde, et plains-toi, si tu l’oses!

Quelle est la femme dont l'aspect du Christ

uu,étendu surles genoux de sa mère, n'arrête le désespoir de la perte d’un fils? Je lui dirai : Vaux-tu mieux que celle-ci? Ton fils valait-il mieux que celui-là (6) ? Le christianisme est la religion de l’homme malheureux (7).»

Colonne 902, nous citons ce qu’on nomme les Vases de sang trouvés dans les Catacombes et regardés généralement comme un des signes caractéristiques du tombeau des martyrs. On peut joindre à ce que nous y

tout est dessiné , conservé, classé avec intelligence, et sans les perturbations des sociétés modernes, on porterait un déli au temps et aux destructeurs. Donc les images sont loin de n'être bonnes qu'à amuser les enfants ; donc il est important et même indispensable de les signaler, de les indiquer par tous les moyens possibles , et surtout par les Catalogues des bibliothèques publiques , près desquelles on devrait former un bureau spécial de rédaction.

(1) On sait que c’est le Poëme sur la peinture, par Lemierre, qui écrivait au xvune siècle, dont il est question ici.

(2) Lemierre admirait la main du peintre, mais il ne voulait pas des sujets : ils blessaient sa délicatesse d'homme du monde.

(3) Les fanatiques dont parle Diderot, ce sont les persécuteurs et les bourreaux.

(4) Sans doute Diderot avait présent à la mé more le magnifique tableau de: Lesueur, représentant saint Gervais, qui, à genoux, prêt à être décapité, détourne la tête d’une manière si énergique, pour ne pas voir l’idole que lui veut montrer le vieux prêtre placé devant lui.

(>) On sait que ce n'est Loujours qu'un culte d’im pétration, c’est-à-dire que nous prions les saints de prier Dieu pour nous, et de nous obtenir ce que nous demandons. Nous honorons les saints, nous adorons Dieu seul.

(6) Ce que dit le philosophe est bien vrai, mais le christianisme s'exprime avec plus de douceur ; il invite le malheureux à se résigner, en prenant exemple sur le Fils de Dieu qui s’est fait victime pour nous. Il dit à tout chrétien qu'il faut porter aussi sa croix à la suite de Jésus-Christ, mort sur une croix pour sauver les hommes et leur donner l'exemple de la résignation. La religion ne brusque rien, tout en préchant la pénitence. La rudesse du Sloïcisme est loin de la charité chrétienne.

(7) Et comme le sort commun de tous les hommes est de souffrir, ils devraient se rattacher tous au christianisme,

rapportons ce que M. l’abbé Gerbet dit à ce sujet dans son excellent ouvrage ÆEsquisse de Rome chrétienne, tome 1‘, page 103, et tome 11, page 233. Les indications qu'il donne ne sont pas basées sur des ouï-dire, mais sur ses propres explorations, Nous regrettons de ne pouvoir transerire ici ce qu’il rapporte sur cette malière d’un si haut intérêt. Voir tout le chapitre Catacombes, t. I°.

Casalius dans son ouvrage de Rilibus sa-

APPENDICES

cris Christianorum, in-k°, page 336, nous apprend l’origine de ce pieux usage: Recondebatur in sepuleris martyrum eorumdem sanguis in vasis; refert sanctus Paulinus in Vita sancti Ambrosii apud Surium, k Aprilis, de sancto Nazario. Vidimus autem in sepulcro, quo jacebal corpus martyris, sanguinem mar lyris ia recentem quasi eadem die fuisset effusus, etc.

Note sur quelques imayes de la sainte Vierge.

Peut-être remarquera-t-on que quelquesunes des images de la sainte Vierge qui figurent dans notre travail, colonnes 633 et 711, sont reproduites dans celui de M. J. Durand, que nous donnons aux colonnes 718 à

La réponse est bien simple, et la voiei sans détour. Lorsque notre Dictionnaire s’imprimait, nous ignorions encore que M. Durand s’occupât depuis longtemps de réunir des matériaux écrits ({) pour une histoire des images de la sainte Vierge. L'un et l’autre nous travaillions sans nous être rien communiqué. Lorsque nous avons été à même de connaître M. Durand, nous avons su seulement alors ce qu’il préparait, et son travail était déjà fort avancé. Les communications qu’il à bien voulu nous faire, et les observations qu’il nous à adressées sur notre travail, nous ayant mis à même de juger à quel point il possédait la matière, nous donnèrent l’idée de lui proposer d'imprimer son travail à la suite du nôtre, dont il différait du reste pour l'étendue, la division du plan, et surtout pour le mérite de la rédaction. C’est une véritable bonne fortune pour notre Dictionnaire que ce travail de M. J. Durand, et si nous parlons quelquefois tous les deux de la même figure, nous reconnaissons que les détails qu’il donne sont généralement plus étendus, et nous paraissent plus satisfaisants et plus méthodiques.

C’est par erreur que nous disons, colonne 703, que la statue de la sainte Vierge, provenant de l’église Saint-Denis, n’a été trans-

(1) Outre ces documents écrits, M. Durand possède une collection très-nombreuse et très-précieuse des monuments peints ou sculptés, de livres à figures réunis à force de. temps et de patience , qui tous se rattachent d'une manière spéciale au culte et à l’iconographie de la sainte Vierge depuis Les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. Get amateur, élant encore jeune, doit arriver à former une collection très-importante par son objet et son étendue.

(2) C'est Pie VIT qui a reconsacré l’église profanée : on sait que cette belle basilique, la plus ancienne de Paris maintenant, fut mise à la disposition d’un nommé Lalande, pour en faire un dépôt et une fabrique de salpêtre. Nous nous rappelons avoir vu les chapelles du rond-point noircies et rongées par l'action destructive de cette opération, digne des Vandales de 93. Lalande avait établi le quartier général de sa direction dans le presbytère, où il avait son logement; les chariots attelés allaient et venaient

férée à celle de Saint-Germain-des-Prés que lors de la destruction du musée des Peti(s- Augustins. Celte statue, nous a-t-on assuré, fut placée dans l’église lors de la réouverture des églises, vers l’époque du Concordat passé entre le premier consul et notre saintpère le pape Pie VIL (2), et ce fut quelque temps après que la guérison miraculeuse eut lieu, comme nous la dit une personne digne de foi, presque lémain oculaire et qui vit encore.

Cette statue paraît, du reste, avoir deux noms différents ; nous la connaissions sous celui de Notre-Dame la Blanche, et c’est ainsi que nous la désignors colonne 702, M. Durand l’a trouvée désignée sous le nom de Notre-Dame des Grâces, et c’est ainsi qu’il l'indique colonne 733.

Parmi tous ies ouvrages que nous citons sur les images et les pèlerinages établis dans tous Les pays de l'univers pour honorer la vierge Marie, nous croyons avoir oublié de ciler celui intitulé : Le Cülte de la sainte Vierge dans toute la catholicité, principale ment en France et dans le diocèse de Paris :

Etudes religieuses, historiques et artistiques, sans planciües, 1 fort volume in-8, par A.

Egron (3). Cet ouvrage est rempli de documents recueillis à grands frais de temps, de patience et d’érudition. Les recherches sont immenses. Ce livre si intéressant, si instructif, qui résume tant de faits, serait d’une plus grande utilité si l’auteur eût pensé à faire une table alphabétique et raisonnée des lieux, des noms, des pèlerinages et des ima-

dans l'église comme dans une usine. Les dalles furent enlièrement brisées, défoncées ; un puits qui existait dans le chœur, et auquel se rattachaient des traditions pieuses, fut réouvert et mis à l’usage des ouvriers salpêtriers. Nous avons vu la fumée des fours à chaux sortant par les fenêtres défoncées des chapelles changées en autant de fournaises ; nous étions en pleine barbarie, et la déesse dite de la Raison trôuait sur l’autel de Notre-Dame de Paris. L'église Saint-Sulpice était la halle aux grains des x° et xi° arrondissements ; Celle des Carmes, une prison , en attendant qu'on en fit une boucherie, ete., etc. Et les utopistes de 1850 sont tout prêts à recommencer, si on les laisse faire !

(5) Publié à Paris ea 1842, chez les frères Gaume, libraires-éditeurs. M. Egron est auteur de plusieurs autres ouvrages sur la Terre sainte, d'une Vie de saint Antoine, abbé de la Trappe, sur la vie et les travaux des anciens imprimeurs, etc.

ges de la sainte Vierge cités dans son ouvrage. L'auteur a eu une bien bonne idée en donnant, à la note de la page xvii de sa préface, l’énumération des principaux ouvrages cités dans la Bibliotheca Mariana du Père Marracci, religieux de la congrégation des Clercs de la Mère de Dieu. On ferait aussi une bibliothèque curieuse el volumineuse des pèlerinages érigés en l’honneur desMarie et cités dans cet ouvrage.

Nous félicitons M. Egron du beau chapitre de son ouvrage qui porte pour titre :

Beaux-arts consacrés à la sainte Vierge; peinture, sculpture, gravure, ivoires, lapisseries, vitraux, etc. Voir pag. 6k9 et suiv. L’histoire et la description des Pélerinages en l'honneur de Marie dans tous les pays du monde sont admirables et occupent depuis la page 227 jusqu’à celle 268. Le chapitre consacré à la description des Monuments élevés en France et dans les pays étrangers à la gloire de la sainte Vierge offre une foule de détails historiques du plus grand intérêt au point de l’art et de la piété. Voir pag. #88 à

16. A la chaleur du stylé, à la vivacité des images et des descriptions, on sent partout dominer l'entrainement de la conviction.

Les Annales archéologiques fondées et publiées par M. Didron aîné, et que nous citons assez souvent, donnent aussi de nombreuses citations de monuments peints, sculptés, ainsi que de gravures et d’ouvrages consacrés à représenter ou honorer la sainte Vierge. On en trouve l'indication dans la Table alphabétique et raisonnée des mutières que nous avons rédigée pour les dix premiers volumes de celte savante publieation. M. l’abbé Gerbet, dans son ouvrage Essai sur Rome chrétienne, que nous avons déjà eu le plaisir de citer à propos des Catacombes de Rome, n’a pas oublié non plus les images de la sainte Vierge, peintes ou sculptées dans la capitale du monde chrétien. Voir ce qu'il en dit page 207 du tome H. Nous nous étonnons que le savant et pieux abbé ait passé sous silence ces belles fresques qui se voient dans plusieurs basiliques et qui offrent de si belles images de la Vierge immaculée. Ciampini aurait dû lui revenir à la mémoire, et nous espérions

trouver quelques observations sur l’état actuel de ces antiques peintures... Mais qui peut penser à tout! Et d’ailleurs, on attend un II]: volume, auquel travaille M, abbé Gerbet, et dans lequel ilreviendra saus doute quelquefois sur ses pas pour revoir divers détails qu'il a été forcé d'interrompre Lors

APPENDICES

de la révolution de 1848, qui a failli ensevelir, avec toutes les ruines accumulées dans Rome, la religion et la civilisation toute eutière dans un même tombeau.

Nous disons quelques mots sur l’image miraculeuse de la Vierge de Rimini, colonne 758,aux suppléments. Depuis que nous avons écrit ces quelques lignes, il nous a été communiqué une Notice (1) où nous trouvons ce qui suit :

Le lieu où se passe le miracle est Rimini, l'antique eité des Malatesti, dans une pelite église dédiée à sainte Claire quiestdépendante d’un ancien couvent des religieuses de l’ordre de Saint-François, occupée maintenant par les PP. Missionnaires da Précieux Sang, congrégation instituée par le chanoine del Bufalo. Parmi les tableaux qui décorent ce modeste sanctuaire est une image de la sainte Vierge vénérée sous le titre de Mère de Miséricorde ; c'est un petit tableau d’environ 60 à 65 ceutimètres de haut sur 45 environ de largeur, peint à l'huile, sur toile, copié par G. Solari, peintre de Rimini, sur l'original qui est du Dominiquin. Cette copie a été donnée par le peintre à sa sœur, morte religieuse Clarisse dans le couvent en question. C’est lé 12 mai que le miracle a commencé à se manifester.

Le tableau, depuis le concours des pèlerins, a été transporté de la chapelle sur Île muître-autel. Après une procession solennelle, Pimage à été placée dans Péglise de Saint-Augustin, etc., ete. Voir les détails curieux donnés par la Notice citée ci-dessus. On trouve une gravure du tableau miraculeux, chez M. Alcan, éditeur d'images pieuses et autres objets de dévotion, rue de Vaugirard n° #3. En bas de la petite image, on lit cette légende : Vierge miraculeuse de Rimini, dont les yeux se sont levés au ciel (ou abaissés) en présence d’une multitude de fidèles, en mai et juin 1850 ; elle est vénérée en l'église de S. Chiara des RR. PP. Missionnaires du Précieux Sang, sous le nom de Mère de Miséricorde, à Paris, chez Basset.

Il en existe une plus grande, lithographiée à Rome par L. Gregori, portant pour titre :

Imagine della SS. Vergine che sotta il rotolo di Madre della Misericordia sivenera in Rimini e nel maggio del ha mosso prodigiosamente gli occhi. Cette planche, très-bien dessinée, portant environ 7 pouees de haut sur 4 ou 5 de large, a été envoyée par la nonciature de Rome à M. Camus, chez qui ou en trouve des réductions.

Page 1