‹ Dictionnaire infernalChapitre 104 sur 368 · M — DAN · texte numérisé non relu

M — DAN

sait pourquoi alors elles prirent le nom de danses macabres. On fit des images de ces danses qui furent révérées par le peuple. — Les danses macabres se multiplièrent à l'infini, au quinzième et au seizième siècle; les artistes les plus habiles furent employés à les peindre dans les vestibules des couvents et sur les murs des cimetières. — La Danse des morts de Bâle fut d'abord exécutée dans cette ville en 1435 par l'ordre du concile qui y était rassemblé. Ce qui l'a rendue célèbre, c'est qu'elle fut ensuite refaite par Holbein. « L'idée de cette danse est juste et vraie, disait, il y a quelque temps, un rédacteur distingué du Journal des Débats : ce mondeci est un grand bal où la mort donne le branle. On danse plus ou moins de contredanses, avec plus ou moins de joie; mais cette danse enfin , c'est toujours la mort qui la mène ; et ces danseurs de tous rangs et de tous états, que sont-ils? Des mourants à plus ou moins long terme. — Je connais deux Danses des morts, poursuit le même écrivain, l'une à Dresde, dans le cimetière audelà de l'Elbe; l'autre en Auvergne, dans l'admirable église de la Chaise-Dieu. Cette dernière est une fresque que l'humidité ronge chaque jour. Dans ces deux Danses des morts, la mort est en tête d'un chœur d'hommes d'âges et d'états divers : il y a le roi et le mendiant, le vieillard et le jeune homme, et la mort les entraîne tous après elle. Ces deux danses des morts expriment l'idée populaire de la manière la plus simple : le génie d'Holbein a fécondé cette idée dans sa fameuse Danse des Morts du cloître des Dominicains. A Bàle, c'était une fresque, et elle a péri comme périssent peu à peu les fresques. Il en reste au Musée de Bàle quelques débris et des miniatures coloriées. La danse d'Holbein n'est pas, comme celles de Dresde et de la Chaise-Dieu, une chaîne continue de danseurs menés par la Mort ; chaque danseur a sa mort costumée d'une façon différente selon l'état du mourant; de cette manière, la danse d'Holbein est une suite d'épisodes réunis dans le même cadre ; il y a quarante et une scènes dans le drame d'Holbein, et dans ces quarante et une scènes, une variété infinie. Dans aucun de ces tableaux vous ne trouverez la même pose, la même attitude, la même expression, Holbein a compris que les hommes ne se ressemblent pas plus dans leur mort que dans leur vie , et que , comme nous vivons tous à notre manière, nous avons tous aussi notre manière de mourir. — Holbein costume le laid et. vilain squelette sous lequel nous nous figurons la mort de la façon du monde la plus

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