‹ Dictionnaire infernalChapitre 114 sur 368 · DIA · texte numérisé non relu

DIA

« Je veux savoir si tu es à l'épreuve du feu... » Le diable recula, et chercha à gagner la porte. « Fais-toi connaître bien vite, ou tu es mort... » Le démon se hâta de se démasquer et de mettre bas son costume infernal. On trouva, sous ce déguisement, un voisin du bon marchand, qui faisait quelquefois des dupes et qu'on n'avait pas encore soupçonné. Il fut jugé comme escroc , et le négociant apprit par là que le diable n'est pas le seul qui soit disposé à nous nuire. — Nous nous représentons souvent le diable comme un monstre noir; les nègres lui attribuent la couleur blanche. Au Japon, les partisans de la secte de Sintos sont persuadés que le diable n'est que le'renard. En Afrique le diable est généralement respecté. Les nègres de la Côte-d'Or n'oublient jamais, avant de prendre leurs repas, de jeter à terre un morceau de pain qui est destiné pour le mauvais génie. Dans le canton d'Auté, ils se le représentent comme un géant d'une prodigieuse grosseur, dont la moitié du corps est pourrie, et qui cause infailliblement la mort par son attouchement ; ils n'oublient rien de ce qui peut détourner la colère de ce monstre. Ils exposent de tous côtés des mets pour lui. Presque tous les habitants pratiquent une cérémonie bizarre et extravagante, par laquelle ils prétendent chasser le diable de leurs villages : huit jours avant cette cérémonie, on s'y prépare par des danses, des festins, etc; il est permis d'insulter impunément les personnes même les plus distinguées. Le jour de la cérémonie arrivé , le peuple commence , dès le matin , à pousser des cris horribles ; les habitants courent de tous côtés comme des furieux , jetant devant eux des pierres et tout ce qu'ils trouvent sous leurs mains ; les femmes furètent dans tous les coins de la maison, et récurent toute la vaisselle, de peur que le diable ne se soit fourré dans une marmite ou autre ustensile. La cérémonie se termine quand on a bien cherché et qu'on s'est bien fatigué; alors on est persuadé que le diable est loin. — Les habitants des îles Philippines se vantent d'avoir des entretiens avec le diable ; ils racontent que quelques-uns d'entre eux, ayant hasardé de parler seuls avec lui, avaient été tués par ce génie malfaisant : aussi se rassemblent-ils en grand nombre lorsqu'ils veulent conférer avec le diable. Les insulaires des Maldives mettent tout en usage lorsqu'ils sont malades pour se rendre le diable favorable. Ils lui sacrifient des coqs et des poules. — On a publié à Amsterdam une mstoire du diable, 2 vol. in— 1 2, qui est une espèce de mauvais roman, où les aventures du diable sont accommodées à la fantaisie de l'au-

Page 1